jeudi, 09 septembre 2010

Lifting ou pas lifting ?

Suite à deux plaintes quant à la lisibilité d'Un Blog de Sel, je suis passé à la police Aria pour «essayer». N'hésitez pas à me faire part de vos commentaires quant à ce choix. Je m'adapterai, démocratiquement, au choix de la majorité.

 

Note : pour la taille, tous les navigateurs permettent aujourd'hui d'agrandir la police (pomme-+ dans Safari sur Mac ; je ne connais pas le raccourci clavier sur PC).

Flamands, Européens, et résidents bruxellois se lèvent ensemble.

L'inquiétude est vive en Belgique. Si vive que, chaque jour, un universitaire apporte sa pierre à l'édifice baroque que l'information sur la scission du pays est en train de devenir. L'un annonce qu'elle est possible, l'autre qu'elle est totalement irréalisable, le troisième, qu'elle est inévitable, le quatrième qu'elle est indispensable. Mais quoiqu'il advienne, tandis que certains esprits s'échauffent de toute évidence devant le marasme politique (organisé ?) clairement communautarisé, d'autres regardent la situation sans a priori, ne s'intéressant qu'à l'intérêt bien pensé du citoyen. C'est le cas de cette lettre ouverte à Kris Peeters, ministre-président de la Région flamande, que je publie ici exceptionnellement dans son intégralité, et en version anglaise (merci à Caro Van Wynsberghe qui l'a transmise sur Twitter), tant je puis (presque) la signer des quatre mains. Elle a été écrite par un groupe de citoyens qui se décrit comme «Flamands, Européens et résidents de Bruxelles», qui interviennent «en qualité de membres de la société civile». Elle est envoyée en copie au gratin politique belge et européen, aux ambassades, à la presse nationale et internationale. J'ose espérer que la presse belge publiera cet appel à la une. Rien ne compte plus que le maintien de la paix à l'intérieur de la société civile. Rien ne compte plus, à Bruxelles, que la préservation des droits de la minorité néerlandophone historique, vecteur culturel incontournable, et le maintien et la mise en place d'administrations ouvertes sur le monde, polyglottes, reflet de cette ville cosmopolite s'il en est. On l'aura compris : je salue cette initiative courageuse, je la soutiens. Elle m'incite néanmoins à penser que si les consciences se réveillent aujourd'hui, c'est parce que nous vivons une crise gravissime, donc personne ne peut imaginer les conséquences à moyen terme. Les points supplémentaires que, selon un sondage de La Libre, la N-VA aurait engrangés depuis les élections, incitent à voir quelque désespoir dans le geste de ces citoyens, une bouteille à la mer d'un Nord qui se perd.

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mercredi, 08 septembre 2010

Inge Faes et La Meuse s'envase.

La Meuse est tombée un peu facilement dans un panneau grossier, en accusant Inge Faes, députée N-VA, de «négationnisme» sur son site internet. Résumé : lorsqu'on clique sur l'adresse web de Inge (http://www.ingefaes.be) reprise sur le site du Sénat belge, on tombe sur une page d'un kitch à faire pâlir les Rubettes (voir ci-dessous). En cliquant là où on peut (le site est si mal fait qu'on ne sait pas trop où ça clique), on tombe sur des pages carrément négationnistes. D'où la conclusion de La Meuse : Inge est une négationniste patentée. Sauf que, quand on s'intéresse au propriétaire de l'affreuse réalisation web (en faisant une recherche WHOIS dans DNS.BE), on découvre que celui-ci n'est autre qu'Herbert Verbeke, négationniste condamné, grand admirateur de Vincent Reynouard, autre révisionniste condamné. Et quand on va voir le site du sieur Verbeke (qui appartient, lui aussi à Verbeke Herbert, d'après WHOIS.ORG), on retrouve le même goût du design sobre et clair, et des textes du style (traduction de l'allemand) : «L'axe américano-sioniste a phosphorisé les enfants allemands, atomisé les enfants japonais, traité les enfants vietnamiens à l'agent orange et les enfants irakiens à l'uranium affaibli» pour finir par évoquer (les dégueulasses gardent toujours je «meilleur» pour la fin) «le mythe de la "Shoah"». Je vous rassure tout de suite : la sénatrice nationaliste n'a rien à voir là-dedans (du moins, c'est ce que je crois). Que s'est-il passé ?

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L'état intellectuel d'Yves Leterme à la BBC

Dans le célèbre programme de la BBC HARtalk, où l'exercice consiste à mettre un homme politique face à ses contradictions, Yves Leterme n'a pas fait forte impression. Tout d'abord, il n'a pas pu répondre aux attaques relatives à sa célèbre interview de 2006 dans Libération (Jean Quatremer). Non seulement, il n'a pas retiré ce qu'il a dit sur la capacité intellectuelle des Francophones, mais en plus, il s'est largement emmêlé les paluches en affirmant que le problème (qui l'a amené à affirmer que les Francophones n'étaient apparemment pas en état intellectuel d'apprendre le néerlandais) venait du fait que les gens ne parlaient pas le… français (au lieu du néerlandais), particulièrement les politiciens, et que c'était un problème de langue qui n'avait rien à voir avec la réforme de l'État, qui elle, selon ses dires, doit permettre à la… Flandre (!) de gérer ses problèmes. Ce faisant, il n'a pas regretté ses propos d'il y a 4 ans. Pire, il les a en quelques sortes remis sur le tapis, en réaffirmant que si ces Francophones ne parlaient pas le néerlandais (en substance, puisqu'il a dit «French» au lieu de «Dutch»), c'était forcément soit une question de volonté, soit une question de capacité intellectuelle.

Je signale à Yves Leterme qu'en Belgique, il y a trois régions, sans compter la communauté germanophone, et que donc, une Réforme de l'État ne doit pas servir la Flandre, mais bien toutes les régions. On est stupéfait que vu son rôle européen, il en arrive encore à se focaliser sur sa région d'origine à la BBC ! Je lui ferai ensuite remarquer que les Francophones, contrairement à ce qu'il prétend, parlent tous plutôt bien «French», surtout les politiciens. Enfin, à l'issue de cette interview d'un premier ministre censé représenter la Belgique en pleine présidence tournante de l'Union, l'on en vient à se demander si Yves Leterme est en état intellectuel de répondre à une interview de niveau international en anglais. Après la bourde de Karel de Zucht («Charles-le-soupir» pour ceux qui ne seraient pas en état intellectuel…) sur les lobbies juif et la «croyance de la plupart des Juifs d'avoir [toujours] raison», après l'absence de réaction coupable d'Herman Van Rompuy face à Nigel Farage qui le traitait de serpillère au Parlement européen, on en vient à se demander si la Belgique n'est pas en train, du moins au niveau communicationnel, de concurrencer la Tchéquie en matière de pire présidence européenne jamais enregistrée.

Et enfin, même sans être un Francophone rabique, on aura noté que tous ces personnages sont flamands : les Francophones ne sont pas, ou peu représentés au niveau international, bien qu'ils représentent 42% de la population belge. Mais qu'on n'en déduise rien de particulier : c'est heureusement un autre flamand, Guy Verhofstadt qui rendit ce lundi à notre pays un peu du lustre que tous ces politiciens à l'étoffe très locale lui font perdre.

mardi, 07 septembre 2010

Un peu de lumière (Verhofstadt au Parlement européen).

Ce matin, au Parlement européen, Guy Verhofstadt a, dans son intervention en anglais sur l'État de l'Union, préconisé une nouvelle vision et de nouvelles réponses à la crise économique, après avoir constaté la lenteur de la réaction européenne à la crise grecque. Sans langue de bois, il a plaidé pour une seule vision économique européenne, pour «plus de solutions européennes (…) nécessaires aujourd'hui.» Et a plaidé pour une nouvelle crédibilité européenne, que seule une voix commune (et non 27 opinions) peut soutenir. Avec force, il a harangué l'Europe à retrouver (j'aurais dit : à trouver) son leadership, notamment au niveau du problème climatique.

La suite de son discours fut en français et je vous la livre : «Je dois vous dire mon désarroi à propos de ce qui est fondamentalement la raison d'être de notre Union, c'est-à-dire la protection des libertés civiles et des droits humains, et ceci, tant à l'extérieur, mais encore plus important, à l'intérieur de l'Union européenne. Et je veux dire avec solennité que ce qui se passe en France, selon moi, est inacceptable…» Des voix lui rappellent alors que ce n'est pas à lui de décider «des sujets», ce qui ne l'empêche pas de continuer avec vigueur. «Mais, ce n'est malheureusement pas un cas isolé. Moi, j'observe comme beaucoup d'entre vous, que plusieurs gouvernements aujourd'hui, comme ils sont confrontés à la crise économique, sombrent progressivement dans une sorte de tentation de populisme, xénophobie, et même parfois racisme. En fait, ce qu'ils font, c'est qu'ils instrumentalisent (…) la peur de l'autre. Ils stigmatisent les minorités. Et je dirais même qu'ils font des amalgames autour de la migration, et je le dis avec force : cette attitude est incompatible avec les principes et les valeurs qui font notre Union, une des plus belles et des plus grandes idées politiques...»

Il n'a pas évoqué les problèmes de son pays, la Belgique, où un parti, la N-VA, suivi par le CD&V, tente d'installer une sécurité sociale différente pour les habitants néerlandophones et francophones de la ville où l'Union a son siège. Il n'a pas non plus évoqué le refus flamand, adoubé par son propre parti en 2004, de ratifier jamais «la Charte des Minorités» du Conseil de l'Europe, adoptée par l'Union et rendue obligatoire pour tout nouveau membre. Mais il me revient en mémoire que dans un brillant article paru dans le Standaard, il avait fustigé le nationalisme flamand, rappelant que la logique ultime du nationalisme était le génocide. Il me revient aussi qu'Els Ampe, membre bruxelloise désormais éminente de son parti, s'était exclamée, en plein discours du 11 juillet (fête «nationale» flamande) d'un Jan Peumans qui confondit sa fonction réputée neutre et la propagande flamingante : «Arrêtez, vous salissez les Flamands avec votre nationalisme !» Guy ne l'a pas dit ouvertement, mais on peut espérer qu'il le pense : l'Union européenne ne s'arrête pas aux frontières de la Région de Bruxelles-Capitale.

On espère qu'un jour, il nous haranguera, nous les Belges, pour que nous nous sentions investis d'une mission sacrée, non pas celle d'une Flandre pour le Christ, non pas celle d'une Wallonie française, ni d'une Bruxelles francophone, mais bien celle d'un pays qui a cofondé cette Union européenne, et qui en héberge les instances les plus importantes. Au moment où la question de la poursuite de l'expérience belge se pose plus qu'elle ne s'est jamais posée, l'on attend peut-être de Guy Verhofstadt, le plus grand de nos hommes d'État aujourd'hui encore en fonction, dépassant de loin la mentalité étriquée et protoflamingante de l'actuel président européen, qu'il éclaire son propre parti de la lumière qu'il projette sur les plénières du Parlement européen. Parce que si la «petite» Grèce a pu menacer l'Europe financièrement, et entraîner l'euro dans une crise qui aurait pu plonger rien de moins que le monde dans un nouveau marasme économique, la «minuscule» N-VA peut tout autant ruiner des décennies de construction d'«une des plus belles idées politiques» et par effet de dominos, entraîner l'Europe dans un régionalisme creux et ingérable, axé sur des «peuples-nations» qui n'ont plus de sens depuis 1945, fondée sur les identités, donc sur les différences, et dont elle ne se relèvera pas.

lundi, 06 septembre 2010

André et Danny, ou comment gravir l'Everest en slaches.

Les mauvaises langues diront que si André Flahaut et Danny Pieters sont les seuls qu’on ait trouvés pour une mission de médiation destinée à relancer les négociations pour l’avenir du pays, on est mal embarqués. Reconnaissons que ce sont de mauvaises langues. Moi, je ne suis pas une mauvaise langue, je suis pire. Mon opinion ? André et Danny pour sauver le pays, c’est comme mettre des slaches pour escalader l’Everest. Non pas que ce soient deux tongs patentées, mais c’est quand même une paire sans pointures.

Entendez-moi bien : je ne me moque pas des capacités intrinsèques des deux membres de ce nouveau duo, que ce soit pour gérer leur ville ou chaire universitaire, ni même pour diriger leur parlement. Mais leur aptitude à rassembler me paraît faiblarde. Ce sont bien sûr d’éminents hommes politiques, et André Flahaut a été ministre de la Défense pendant de nombreuses années sans démériter (l’armée existait toujours après son passage, et était, semble-t-il, plutôt bien adaptée aux missions qui lui étaient assignées ; son idée d’armée humanitaire était séduisante). Le problème n’est pas là.

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samedi, 04 septembre 2010

Un grattage qui démange : le lotto au Gordel.

La Loterie Nationale belge sponsorise le Gordel. Tout comme la Sabam soutient la Fête du Chant Flamand, qui réunit le gratin du flamingantisme extrémiste, de la N-VA au Vlaams Belang — des chants nazillards s'il en est. La différence, c'est que la Sabam représente les artistes, et que visiblement, ceux-ci n'en ont pas grand chose à cirer du fait qu'on utiliser (peut-être) leur apport à cette société privée pour aider les âmes brunes à entonner les chants de l'exclusion. Pour la Loterie Nationale,c 'est différent. Il s'agit bien d'une société anonyme de droit public, mais sous la tutelle de… vous allez rire… Didier Reynders ! Ce n'est pas un parastatal, mais il s'agit clairement d'une entreprise représentative de tous les Belges. À ce titre, sponsoriser un événement flamingant est parfaitement inacceptable.

Comme le disait Carla Galle, administratrice générale du Bloso (Adeps flamande) «Le Gordel est un événement purement sportif et festif. Mais aussi inextricablement lié à l'engagement flamand dans les communes de la périphérie.» Autrement dit, c'est un événement purement sportif qui ne l'est pas purement, puisqu'il est inextricablement politique. Limpide, non ? Lier la politique au sport n'est pas très démocratique. C'est au contraire un mélange assez malodorant des genres.  Politique ? Oui : à Carla Galle qui évoque le fait qu'une scission de BHV rendrait le Gordel inutile", Eric Van Rompuy répond : «C'est en partie vrai, mais d'un autre côté, nous devons continuer à préserver le caractère flamand de cette région et les Francophones ont encore toujours l'ambition de rattacher ces communes à Bruxelles». Comme le dit l'un de mes commentateurs : le Gordel est du niveau d'une marche orangiste en Ulster, à ceci près qu'on a fait croire à de braves cyclistes et marcheurs que ce n'était rien d'autre qu'une promenade. Le Gordel est un événement éminemment politique, ségrégationniste, antidémocrate, et facteur de séparation du pays (les indépendantistes s'y manifestent chaque année avec vigueur». Le sponsoring du Lotto est donc clairement un soutien de la Loterie Nationale à un événement flamingant. À partir de ce jour et à titre tout à fait personnel, je boycotte donc la Loterie Nationale. Malheureusement, ça ne va pas leur faire grand tort : je ne joue jamais !

vendredi, 03 septembre 2010

Les Francophones se préparent à la séparation. (mise à jour)

Mise à jour : Elio Di Rupo a remis sa démission au roi et a demandé instamment d'être déchargé de sa fonction de préformateur. Sa déclaration en conférence de presse fait le constat que le prix exigé par les partis flamands nationalistes et confédéralistes (CD&V, N-VA) n'est pas acceptable pour les Francophones. en même temps, Philippe Walkowiak (RTBF) propose qu'on envisage la séparation de la Belgique. Cette éventualité hier encore très hypothétique devient une potentialité. Voici mon article de cette nuit :

II y a des signes qui ne trompent pas. Voici deux semaines, à un Bart De Wever qui menaçait d'en finir avec la Belgique, Laurette Onkelinx répondait que le PS s'y préparait. Ce matin, et La Libre, et Le Soir préconisent de «préparer le plan B», à savoir, de commencer à nous habituer à la scission du pays. Ce matin encore, outre Philippe Moureaux qui disait se préparer au divorce national, Mark Eyskens, sur Bel-RTL, avait un point de vue étonnant. Après avoir affirmé que la scission de la Belgique n'était pas possible, il ajouta en substance : «mais ce qui est possible, c'est que la Flandre fasse sécession». Et d'avertir de l'aventure que cela constituerait, soit la perte de Bruxelles, de la Périphérie Sud, et même de la perspective d'être affiliée à l'Union européenne.

Tout cela n'est peut-être que de la musculation, de la fatigue, de l'abandon, et ne prêtera éventuellement pas à conséquence. N'empêche. C'est la première fois qu'autant de signaux séparatistes s'accumulent dans le ciel médiatique et politique francophone.

Une chose est sûre : ce que j'annonçais dans Walen Buiten, écrit il y a deux ans, et publié en mars de cette année aux Éditions Jourdan est de plus en plus perceptible : les Francophones ont perdu, et l'espoir, et la volonté de faire entendre leur voix auprès de la Flandre institutionnelle, qui a, par ses attaques permanentes, ses insultes larvées, sa condescendance insupportable, fini par avoir raison de l'envie des Francophones de partager encore quoi que ce soit avec elle. Si la scission s'annonce vraiment, au-delà des combats, peut-être physiques, qu'il faudra mener pour soustraire Bruxelles et certaines communes périphériques à l'unilinguisme et à l'obscurantisme de la moitié du paysage politique flamand actuel, il y aura celui de protéger la minorité flamande de Bruxelles et d'ailleurs en Wallonie, faute de quoi la Petite-Belgique ne sera qu'une copie en négatif de la Flandre rabique.

Par manque de courage d'une presse concentrée, de part et d'autre, sur sa conception de la Belgique, incompatible avec celle de l'autre, par excès flamingant et par absence de prévision francophone, nous sommes donc peut-être déjà en train de dire au-revoir à un pays qui aurait pu, ou plutôt dû, être formidable.

Le commissaire De Gucht : antisémite ou incompétent ?

Hier matin, 2 septembre, sur Radio 1 (la radio publique flamande), le commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht (Open VLD, libéral flamand), expliquait pourquoi les négociations de paix au Proche-Orient étaient si difficiles. Dès le début de l’interview, il a eu une approche assez étonnante : «Dans le camp juif, on ne peut que constater que la politique juive s’est durcie. Chacun s’est durci du côté de la politique juive, et de plus, l’on ne peut pas, à l’intérieur de cette politique juive, appeler Netanyahu une colombe, n’est-ce pas ?» L’ai-je bien entendu parler de «politique juive» ? Et moi qui pensais que la politique d’Israël était fatahlement «israélienne» ! Bon. Pas de mauvais esprit (de Sel). Nous mettrons ça sur le compte d’un manque d’information. Un peu ballot quand on est commissaire européen. La suite est, comment dirais-je… plus corsée…

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jeudi, 02 septembre 2010

Échec et mat (des bourdes fort de café)

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Quand on négocie avec Bart De Wever, un stratège brillantissime qui n’est pas tenu de respecter la Vérité dans ses discours (celle-ci étant au service de son nationalisme — voir mon article «Le Silence des Moutons»), il y a des erreurs qu’on ne commet pas. Depuis le 13 juin, Elio Di Rupo en avait déjà commis quelques-unes. Et l’Olivier avec lui. Mais la dernière en date a permis aux nationalistes flamands d’emporter, en douce, une splendide victoire face à leur électorat. Le constat qui en découle, c’est que la négociation menée par les socialistes n’a fait qu’éloigner le pays de la perspective d’une indispensable refondation. C’est déjà un constat d’échec.

Bourde : apparemment, Di Rupo a voulu jouer, justement, aux échecs avec De Wever, en le mettant devant un choix cornélien : soit celui-ci acceptait de revenir sur sa décision de refuser les 500 Mio promis préalablement pour Bruxelles, soit Di Rupo faisait de lui son bouc émissaire de l’échec des négociations. Mais comme je l’ai expliqué, les nationalistes ne fonctionnent pas comme les démocrates, et les petites manigances de ce genre marchent peut-être à l’intérieur du PS, ou dans les sphères franco-francophones, mais dès que l’on entre en contact avec le nationalisme et la machine de guerre communicante de la N-VA, il faut être beaucoup plus subtil que ça. Ou alors plus radical… L’échec était annoncé. Elio s’est mis mat. Quand Bart met pat.

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