Le problème avec Greta. Acte 2 : un message simpliste, des exigences dangereuses.

Suite de l’Acte 1 : La naissance d’un Mythe.

Tout au début de sa jeune carrière, Greta Thunberg a tenu une conférence TEDx qui révélait ses incontestables talents d’oratrice. Comme toute bonne conférencière, elle partait d’un constat, établissait les responsabilités, et terminait sur les solutions. La parfaite dissertation.

Le constat ? La terre se réchauffe. On le sait depuis 30 ans. On n’a plus que 6 à 12 ans. Les responsabilités ? La presse, qui ne pipe mot de la crise climatique, les politiciens, qui ne font rien. La solution : arrêter toute consommation de pétrole et arriver à la neutralité carbone dans 6 à 12 ans.

Ce constat — on le verra dans un Acte suivant — repose uniquement sur les chiffres les plus alarmants du dernier rapport du GIEC.

Les responsabilités, elles, visent principalement les politiciens et les journalistes, (les deux cibles favorites des populistes, soit dit en passant : ceci aurait dû inquiéter). À propos des journalistes, elle clame : « Personne [ne parle de l’urgence climatique]. Il n’y a […] pas de gros titres, pas d’alertes info ». Faux. Exemple : le thème « réchauffement » dans le moteur de recherche du Monde donne sept pages de résultat pour la période entre le premier janvier 2018 et le 19 août. Et rien qu’en juillet 2018 (donc avant la grève), il y a eu plus de 35 articles sur le sujet.

Quant aux politiciens qui n’écouteraient pas, Greta demandait : « Pourquoi nos émissions continuent-elles d’augmenter » ? Alors qu’elles venaient de diminuer de 2,9 % cette année-là en Suède. Elle affirmait aussi que « les faits ne signifient clairement rien pour nos politiciens ». Cette idée d’inaction politique est une constante depuis le début du combat de Greta Thunberg. Pour justifier sa première manifestation devant le parlement suédois, elle avait affirmé que son gouvernement « ne faisait rien ». Faux.

Des informations pour le moins tronquées
La Suède est au contraire le pays d’Europe qui a le plan climatique le plus ambitieux. Au moment de la première grève de Greta pour le climat, le pays avait déjà théoriquement atteint ses objectifs annoncés pour 2030, avec douze ans d’avance ! Et ce gouvernement scandinave si « inactif » était déjà parvenu à 54 % d’énergies renouvelables ! En 2017, la Suède émettait deux fois moins de gaz à effet de serre que la Norvège voisine, avec un taux d’émissions de 5,44 tonnes d’équivalent CO2 par habitant, soit quatre fois moins que les USA — un score plus proche de celui de l’Irak que de la Chine !

La France, une autre cible de Greta Thunberg, qu’elle poursuit « en justice » à l’ONU, et où elle a tancé un parterre de députés conquis d’avance (et qui sont retournés au business as usual dès qu’elle a quitté l’Assemblée), produit 7,19 tonnes de GES par habitant par an (tonnes métriques d’équivalent CO2, pour être précis), transports internationaux inclus, ce qui la place désormais largement sous la consommation individuelle chinoise, loin derrière l’Allemagne (11,27 t/ha) et même en-dessous du Danemark, pourtant régulièrement brandi comme le champion du renouvelable en Europe (8,78 t/ha). De 2008 à 2017, La France avait déjà réduit ses émissions de GES de 11,26% (source Eurostat). Pour les réduire encore de 3,5% en 2018 après, il est vrai, une période de stagnation.

Ce qui lui permet d’enregistrer ces chiffres, c’est notamment l’énergie nucléaire. On m’objectera que le nucléaire pose des problèmes de sécurité et de stockage. Je suis totalement d’accord. Mais si l’avenir même de l’humanité dépend bien des émissions de GES, ces critiques ne peuvent que passer à la trape : réduisons d’abord les émissions, sans exclusives, occupons-nous d’améliorer le mix ensuite.

L’UE, une référence climatique qui peut mieux faire
Dire que l’Union européenne ne fait « rien » est tout aussi abusif. C’est la seule région au monde qui ait réduit ses GES continuellement et ce, depuis très longtemps (bien avant Kyoto). Et c’est en vertu des objectifs contraignants qu’elle a fixés que la plupart des pays membres font des efforts continus pour réduire les leurs. En 2014, elle prévoyait une réduction des émissions d’au moins 40% par rapport à 1990. Elle prévoyait aussi 27% d’énergies renouvelables, une proportion qu’elle a augmenté à 32% en 2018. De même pour l’amélioration d’au moins 32,5 % de l’efficacité énergétique, elle aussi augmentée en 2018 (l’objectif de 2014 était de 27%). L’UE a prévu la neutralité carbone d’ici 2050. Soit, en gros, ce que les partis politiques qui se réclament de Greta Thunberg ont dans leur programme !

Le problème principal n’est donc pas que les politiciens « ne font rien ». Mais bien qu’il est impossible, et même nocif de réduire (beaucoup) plus vite. Socialement, d’abord — rappelez-vous que le mouvement des Gilets jaunes est né après l’annonce d’une augmentation du diesel, et comment il a pu déstabiliser la République.

Ensuite vient le problème pratique. On voit ainsi en Allemagne que l’installation d’éoliennes et de PV (panneaux voltaïques) pour remplacer les centrales « polluantes » coûte beaucoup plus cher que prévu au contribuable et pose de gros problèmes de terrains et de recyclage. L’arrêt immédiat de près de la moitié du parc nucléaire en 2011, exigée notamment par les verts allemands, s’est traduit par l’émission de millions de tonnes de CO2 supplémentaires, qui ont bel et bien réduit le « budget climat » du pays et de l’UE. Ce n’est qu’en 2017 que l’Allemagne a commencé à recueillir les fruits de sa politique volontariste et très chère (500 milliards d’euros sur une décennie, soit plus que le PIB annuel de la Belgique), en enregistrant une baisse de 4 % de ses GES par rapport à 2017 et de 5,4% en 2018.

L’UE plafonne à 9% des émissions de gaz à effets de serre mondiaux, un pourcentage en baisse constante.

À cela s’ajoute le fait que des tas de pays, et notoirement ceux qui contribuent le plus aux émissions de GES (Chine et USA principalement) font le contraire de l’UE et ne comptent pas arrêter. À eux seuls, ces deux recordmen (USA et Chine) projettent environ 40% des gaz à effets de serre d’origine humaine (« anthropiques ») dans l’atmosphère. À Trump, Greta refuse de parler. Mais elle flatte Barack Obama. Pourtant, même sa stratégie à long terme — que les USA ont abandonné depuis — plaçait déjà la barre de sa consommation en 2050 de 2 à 8 fois plus haut que l’UE ! Quant à la Chine, elle continue à construire des centrales au charbon alors qu’elle s’était engagée à arrêter, et prévoit d’augmenter ses émissions au moins jusqu’en 2030. L’UE, elle, plafonne à 9% des GES mondiaux, un pourcentage en baisse constante.

Certes, l’UE importe des biens chinois (par exemple) produits de manière très polluante en matière de GES. Cela fait par exemple monter l’empreinte carbone par Français-e de 43%. Mais l’on constate que plus un pays riche produit « proprement », plus la différence entre son empreinte et ses émissions est importante. Et la raison est simple : ce que la France importe est beaucoup plus émetteur que ce qu’elle exporte. Les clients de la France (y compris l’Allemagne) achètent donc des produits à empreinte carbone nettement inférieure à celle de leurs produits. Si tous les pays qui exportent vers la France produisaient plus proprement, l’empreinte carbone des Français serait donc aussi plus basse.

Si l’Europe cessait d’importer des produits à (plus) haute empreinte carbone, elle enverrait plusieurs pays à la misère.

La France exporte des biens produits de la manière la plus « propre » au monde. Et cela compense en partie l’empreinte carbone de ses importation. Mais elle ne peut évidemment pas diminuer les émissions des pays auxquels elle achète. Quoique. La solution pour réduire l’empreinte carbone des Français-es serait évidemment de cesser d’acheter dans les pays émergents ou en Chine. Ce qui reviendrait à les renvoyer à la misère. Eh oui. Rien n’est simple.

Les simplismes, utiles ou contreproductifs ?
L’Europe est certes en retard par rapport à ses propres normes. Mais on ne peut nier qu’elle écoute la science et qu’elle agit. Ce n’est pas en tronquant ou en refusant de prendre acte de ses résultats qu’on la contraindra à plus de rigueur, mais bien en la confrontant de manière pragmatique à ses propres ambitions déclarées et à ses propres normes.

On comprend évidemment que les simplismes facilitent le recrutement de jeunes manifestants. Mais les exigences des Thunbergiens sont si éloignées des réalités qu’elles finissent par être improductives, comme le montre l’énervement d’Emmanuel Macron après l’action juridique de Greta — avec la bénédiction de l’UNICEF — pour atteinte à la convention de l’ONU sur les droits de l’enfant. On verra dans la suite que la France n’aura aucun mal à justifier sa lenteur.

Au passage, quoi que l’Europe fasse, ce ne sera jamais assez. L’on considère ainsi que les pays riches doivent tenir compte de leurs émissions historiques dans leur plan de réduction — ce qui n’est pas illégitime. Mais ce faisant, certains en arrivent à suggérer que l’Europe devrait parvenir en 2050 à des émissions négatives (!) de minimum -2000 MtCO2/an pour atteindre sa part fair share d’émissions dans le cadre de l’accord de Paris ! Autrement dit, même si on arrêtait toute utilisation d’énergie, ce ne serait pas encore suffisant !

Pourtant, l’UE a agi tout azimut, y compris sur l’industrie, réputée si peu vertueuse, où le système d’échange des quotas européen devrait contribuer à réduire de 21% les émissions des industries d’ici à 2020 par rapport à 2005. Grâce aux différentes régulations mises en place, les émissions industrielles européennes n’ont d’ailleurs pas cessé de baisser, avec parfois des résultats spectaculaires : en Wallonie, entre 1990 et 2017, le recul est de 60%. En Union européenne, la baisse est d’environ un tiers entre 1990 et 2014. Au contraire, l’industrie américaine a connu de nouvelles hausses d’émissions de GES de 5,7 % rien qu’en 2018 ! Concrètement, aucune région du monde n’a obtenu des résultats comparables à ceux de l’UE.

Le choix de Greta : la catastrophe, ou la catastrophe
C’est aussi lors de ce TedX qu’apparaît une revendication répétée à l’infini depuis : « les pays riches devraient parvenir à zéro émissions dans six à douze ans pour que les habitants des pays pauvres puissent avoir un standard plus élevé ».

Greta Thunberg parle en fait de « neutralité carbone ». Autrement dit, elle demande que les émissions de GES ne dépassent pas (je schématise) la capacité d’absorption du carbone par la nature, qui peut être améliorée par les captages de CO2 via l’utilisation des terres, leur changement d’affectation et la forêt. En France métropolitaine, on estime que cette capacité d’absorption était de 36 MT en 2017, soit 7,6 % du total des émissions actuelles. C’est donc (en résumé) le maximum qu’on pourrait consommer pour obtenir la neutralité carbone. 

L’UE a prévu de descendre à ce niveau d’ici 2050. Mais pourquoi pas en six à douze ans comme l’exige Greta Thunberg (Extinction Rebellion exigeant la neutralité pour 2025) ? Parce qu’il faut, pour y parvenir, remplacer la plupart des facteurs d’émissions (centrales électriques, véhicules, systèmes de chauffage), rendre un maximum de logements passifs, transformer la mobilité comme jamais auparavant, et développer des nouvelles méthodes de captation du carbone.

Et tout cela prend du temps. D’autant que « la révolution énergétique » envoie elle-même aussi des GES supplémentaires dans l’atmosphère ! Rien que la construction de batteries pour remplacer les voitures à carburants fossiles par des véhicules électriques représenterait — en France — une augmentation de 4% de GES chaque année pendant dix ans. Pile au moment où il faut réduire !

Si on devait baisser les émissions au rythme où le demandent Greta Thunberg et ses plus proches partisans, on n’aurait même pas le temps de remplacer les facteurs d’émissions actuels ! 

Prenons un exemple concret, sur base d’une moyenne de temps (entre 6 et 12), à savoir aller à la neutralité carbone d’ici 2028 (en partant de 2018 – soit neuf ans). Et prenons la France, où l’énergie nucléaire rend l’exercice théoriquement plus facile. Je vous rappelle qu’il faudrait donc passer de 100% d’émissions de GES à 7,6% en neuf ans. Un rapide calcul m’indique que cela revient à baisser les émissions de 25 % par an, tous les ans, pendant les 9 ans (voire moins) restants, en commençant immédiatement. Concrètement, dès cette année, et chaque année qui suit, tous les Français devraient consommer un quart en moins. Produire un quart en moins. Et probablement travailler un quart en moins que l’année précédente. 

Mais ce chiffre de 25% ne dit pas tout. Les principales sources de GES en France sont

  • le transport (29%),
  • le résidentiel et le tertiaire (20%)
  • l’agriculture (19%)
  • l’industrie (18%).
  • l’énergie (11%)

L’énergie française est difficile à réduire, parce que déjà très peu émettrice de GES. Et même la remplacer demande… de l’énergie. L’agriculture (19%) ne pourra pas être réformée aussi rapidement sans causer de graves problèmes de production et de distribution de nourriture. L’effort devra donc porter principalement sur les 67% des émissions des trois autres secteurs. Un autre rapide calcul m’indique que cela implique que l’on réduise TOUTES nos consommations en matière de déplacement, de commerce, de résidentiel et d’industriel de… 37%. Chaque année. Jusqu’à arriver à zéro.

Le plan Thunberg : un film d’épouvante
Pour l’exercice, j’ai fait une projection à « seulement » 25% de réduction par an, basée sur une répartition plus « pratique » des consommations, ce qui permet de couper là où c’est le moins nocif pour la collectivité.

J’ai dû relativement épargner la partie « services publics et investissements industriels ». D’une part, on a besoin des investissements industriels pour produire des outils moins émetteurs de GES. D’autre part, réduire les services publics de 25% par an (soins de santé, enseignement, police, sécurité, voiries, transports en commun), serait tragique. De même pour l’alimentation. Dans le même temps, la construction devra pouvoir légèrement augmenter ses émissions, puisqu’il faudra isoler un maximum de logements. Les autres postes devront donc livrer l’essentiel de l’effort.

Voyons ce que ça donne concrètement. Accrochez-vous : en quatre ans seulement, nous devrons pratiquement supprimer tout loisir (-92%), tout achat de biens (-93%), nous passer presque totalement de restaurants et de vacances (-75%), ne plus du tout prendre l’avion (-83%), sauf pour des raisons économiques ou scientifiques, baisser notre consommation d’électricité (-27%) et le chauffage de (-54%) — essayez déjà de réduire d’un quart, vous allez rire… jaune —, émettre six fois moins de GES dans nos déplacements (-83%), et cesser tout achat de matériel de communication ou d’informatique (-93%), non sans réduire drastiquement leur utilisation. Quant aux services publics, ils devront tout de même baisser de 35%. Imaginez simplement le nombre d’hôpitaux qui devront fermer…

Un rapide calcul théorique laisse augurer un chômage de 90% en 2028…

Après ces quatre ans, nous devrons encore réduire au même rythme, pendant cinq autres années. Avec un peu de chances, l’isolation des logements aura apporté un peu de réserve. Mais cela ne concernera que ceux qui en auront eu les moyens. Pour la majorité des gens, il faudra sabrer dans le vital, jusqu’à vivre d’amour et d’eau fraîche ! Quoique l’eau ne parviendra plus à nos robinets, faute de services publics, qu’il faudra également sacrifier. Il restera… l’amour. Un autre rapide calcul théorique grossier et très schématique à partir d’une telle décroissance laisse augurer une perte d’emplois similaire, soit un quart de travailleurs en moins, chaque année. Jusqu’à arriver à, mettons, 90% de chômeurs en 2028. 

Là, je vous laisse imaginer les mouvements sociaux, la misère, et une guerre permanente pour la survie dans la rue. Un bon scénario pour un VRAI film d’épouvante post-apocalypse ! Et là, en effet, les enfants pourront porter plainte pour avoir été plongés dans une misère absolue.

Les classes les plus pauvres ne survivraient probablement pas à une réduction rapide des émissions de GES.

Ce qu’exige Greta Thunberg, pourtant soutenue par d’innombrables journalistes, des activistes en pagaille, des politiciens d’une hypocrisie crasse et même (wait for it…) des scientifiques et des économistes, implique en fait la catastrophe économique la plus épouvantable de tous les temps. À côté, la crise de 1929 était une sympathique gnognote. Pour rappel, cette crise et ses 25% de chômage à Berlin ont largement contribué à la montée du nazisme, et à l’élimination physique de millions d’innocents. Les classes les plus pauvres ne survivront tout simplement pas.

En s’inspirant de la violence produite par la seule augmentation du diesel en France, on se doit de réaliser qu’entamer même le quart du programme exigé par Greta Thunberg placerait rapidement tous les pays d’Europe sous la direction d’un dictateur probablement d’extrême droite. L’écologie sera haïe par tout le monde. Toute idée de diminution de la production sera brandie comme une horreur. La famine sera passée par là. En Europe, mais pas seulement.

Entretemps, les GES auront effectivement baissé drastiquement. Mais au prix de combien de morts ?  L’Europe sera un désert économique, un enfer social et politique. En revanche, les pays qui n’auront pas écouté Greta s’en sortiront un peu mieux : ils auront bien sûr perdu notre marché, colossal, mais seront maîtres sur tous les autres.

La fin du pétrole… et des pays pétroliers
La solution de Greta Thunberg, qui conclut cette conférence TED —, solution encore récemment rappelée dans un clip vidéo incitant à voter pour des partis écologistes, — est d’arrêter rapidement toute consommation de produits pétroliers. En Europe, 48% des produits pétroliers concernent le transport routier. Il faudrait donc le convertir à l’électrique en moins de 12 ans. À supposer que d’ici-là, l’on puisse se passer de pétrole (et de charbon) pour la production d’énergie… Parce que la propreté du véhicule électrique dépend de celui de la centrale qui l’alimente.

Mais là aussi, il y a un autre élément dont il faut tenir compte. L’arrêt plus ou moins rapide de l’achat de produits pétroliers dans le monde serait une catastrophe grandeur nature pour une série de pays émergents. Ainsi, pour l’Algérie et les Algériens, qui exportent pour environ 35 mia $ de gaz naturel et de produits pétroliers — soit 97% de ses exportations, pour un PIB de 180 mia $ qui serait donc amputé en très peu de temps de 20%. 

La situation au Vénézuela est un bon exemple de ce que plusieurs pays émergents vivraient en cas d’arrêt rapide de l’achat de pétrole.

Pour la Libye et les Libyens, c’est pire : le pétrole apportait 93% des recettes extérieures et représentait 36% du PIB en 2005. Si on veut une famine généralisée dans ce pays déjà exsangue, c’est un bon moyen. L’Irak et les Irakiens, c’est 41 mia $ de ventes de pétrole en 2010, soit près de la moitié de son PIB.

Nous avons un bon exemple de la catastrophe que la seule baisse de la vente et de la consommation de pétrole représenterait pour les habitants de ces pays, avec le Vénézuela. Le pays a vu sa production baisser de 2,3 millions de barils à 700.000 barils par jour, après avoir souffert de la baisse du prix du baril. Résultat : recul du PIB de 40% en quatre ans, inflation à cinq zéros, misère et violence généralisées, exode massif des habitants. Auparavant, le pétrole représentait « seulement » 25% du PIB et 95% des exportations.

Ajoutez à cela que moins on achètera de pétrole, plus son prix baissera. Avec des conséquences désastreuses pour tous les pays producteurs, dont les plus grands sont les USA, l’Arabie saoudite, la Russie, le Canada, la Chine, l’Irak, l’Iran, les EAU, le Brésil et le Koweit. Certains de ces pays ne s’en remettront pas.

Le deuxième problème avec Greta
Et voilà où se niche le deuxième problème « avec » Greta : le simplisme. Elle ne cesse de marteler que la solution est « simple » et qu’il suffit d’obtenir que les politiciens « fassent quelque chose » plutôt que « rien ». Je pense avoir démontré que l’action climatique impose une gestion du temps long et une réflexion continue sur l’influence des changements qu’on impose à l’économie sur l’ensemble du système économique et social. Et cela, que le pays visé soit capitaliste ou communiste.

Le simplisme du message favorise certes l’action, et même Emmanuel Macron a reconnu qu’il avait besoin d’une mobilisation des jeunes pour faire pression sur l’opinion. Mais le minimum n’est-il pas que la presse, plutôt que d’encenser ce mouvement et ces discours, sans commentaire et sans analyse, informe correctement le citoyen, à charge et à décharge ?

Et peut-on laisser un monopole à une telle désinformation auprès des jeunes ? Une enquête belge a récemment révélé que les élèves des deux dernières années du secondaire ne savaient pas réellement de quoi on parle. « La moitié des sondés (52%) confond l’effet de serre avec le trou dans la couche d’ozone […] 60% [et 70% en Belgique francophone] pensent erronément que les centrales nucléaires seraient de grandes émettrices de CO2 [et 15% des Francophones] pense encore que le charbon […] fait partie des énergies renouvelables […] 40% des élèves croient à tort qu’un déplacement en train émettrait autant, voire davantage, de CO2 par voyageur qu’un déplacement en voiture. »

Savent-ils seulement qu’eux et leurs parents sont une composante fondamentale de la production de GES par nos sociétés ?

Étrange : Greta Thunberg cible les politiciens, les journalistes et le monde économique dans tous ses discours et omet quasi systématiquement de viser le premier responsable des émissions — vous et moi. Pourtant, la même personne a efficacement converti ses propres parents aux bonnes pratiques que nous devrions tou-te-s tenter d’appliquer dès aujourd’hui.

À suivre : Acte 3 : La science, vraiment ?

Image de couverture par CC0 Marion Wunder, pixabay.com


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59 Comments

  1. mib
    octobre 06, 07:46 Reply
    Ce qui pourrait être ausssi intéressant serait de connaitre la tranche d'age de ceux qui critiquent Greta Thunberg, ce à quoi ils croyaient, ce qu'ils faisaient, contre quoi et comment ils manifestaient quand ils avaient son age. Bref, en ce qui me concerne, critiquer Greta Thunberg me ferait penser que je suis devenu un vieux schnock. Sa présence et sa médiatisation sont, je pense, indispensables. Ce qui n'empêche pas d'avoir des positions nuancées, différentes ... sur ses paroles, ses solutions.
    • marcel
      octobre 06, 11:01 Reply
      Critiquer le message de Greta Thunberg n'est pas critiquer Greta Thunberg. Vous pouvez fouiller dans mes articles, mes positions sont parfaitement nuancées. En revanche, ce qui ne l'est pas du tout, c'est cette façon de balayer toute critique en prétendant qu'elles viennent forcément de "vieux schnocks". Pour moi, le vieux schnock est celui qui a cessé d'être curieux. Ça peut arriver à 12 ans. Donc, à son âge, je croyais — comme aujourd'hui — au pacifisme, à l'écologie, au partage des richesses, aux droits humains, aux droits du travail et aux libertés (Voltaire, Rousseau, Montesquieu me fascinaient). Et je résistais — comme aujourd'hui — aux simplismes, aux incantations, aux héros qu'on voulait me faire adorer qui, à l'époque, s'appelaient Mao, Trotsky, etc. Seule différence, je pensais que je pouvais changer le monde. Je suis devenu plus humble depuis. Je me contente d'essayer de relever efficacement certaines dérives de l'opinion.
      • Eridan
        octobre 21, 11:06 Reply
        M.S. : « Je me contente d'essayer de relever efficacement certaines dérives de l'opinion. » N'auriez-vous pas dû écrire l' « Opinion » ? Je me demande en tout cas comment vous pensez pouvoir la cerner et si vous ne la confondez pas avec mode médiatique (ou journalistique). Mais, M.S. : « Je suis devenu plus humble depuis ». Votre texte et vos diverses réactions vont bien plus loin que seulement relever de supposées dérives : que vous vous sentiez capable ou non de "changer le monde", il y a beaucoup de militantisme dans vos propos.
  2. Dominique Banneux
    octobre 06, 09:32 Reply
    Bonjour, je suppose que dans l'article suivant vous nous détaillerez le coût des migrations, des guerres, de la raréfaction de l'eau, de l'augmentation du coût des soins de santé et des catastrophes naturelles qui vont aussi plomber l'économie ? Je peux vous assurer que toutes les grandes organisations, y compris l'UE sont occupées de changer leur fusil d'épaule, et je pense que sans le mouvement lancé par Greta cela n'aurait pas eu lieu. Effectivement, comme vous le décrivez bien, le problème est énorme et transversal, effectivement cela risque de prendre du temps et de faire des dégâts. Si on ne fait rien, croyez moi, des dégâts, il y en aura encore bien plus. Greta et les autres qui suivent son mouvement ont raison d'être en colère, les responsables politiques ont été bien lents à la détente et on peut se demander pourquoi. Les jeunes ne savent pas de quoi on parle ? On pourrait imaginer d'ajouter un minimum d'information dans les programmes scolaires par exemple. L'UE a déjà fait sa part ? Nous faisons encore partie des plus gros pollueurs. Et il y a encore et toujours 3 états membres qui ne veulent pas bouger ! Cibler vous et moi ? Pourquoi ? Cela ne suffit pas. il faut que les responsables prennent des mesures, il faut que l'on arrête d'investir dans les entreprises polluantes, que l'on éduque, que l'on modifie les politiques agricoles... cela ne viendra pas de vous et moi ... ou plutôt si ... cela viendra de vous et moi, si nous montrons dans la rue, et dans nos votes que c'est ce que nous voulons. Quant à expliquer que c'est un énorme problème, les politiques et les journalistes sont effectivement conviés à le faire, cela fait partie de leur job.
    • marcel
      octobre 06, 10:40 Reply
      Vous vous trompez (désolé de le dire brutalement). L'UE est active sur le sujet depuis bien longtemps. Je montre dans l'article qu'elle a justement augmenté ses exigences en 2018 par rapport à 2014. Ça n'a absolument rien à voir avec Greta Thunberg. Toutes les baisses qu'on enregistre aujourd'hui sont relatives à des décisions prises depuis le début du siècle. Par ailleurs, il y a un gros problème avec ce « on ». La Belgique est en retard sur le plan climatique en effet. Mais ce n'est pas le cas de la plupart des autres pays de l'Ouest qui baissent effectivement leurs émissions. Le problème est que nous ne pouvons difficilement étendre ce « on » autour de nous. Nous n'avons pas de levier sur les USA, ni sur la Chine. Et nous ne pouvons pas réduire dans l'affolement si c'est pour leur permettre d'émettre plus. Les solutions (si on parvient à les mettre en place) sont donc à long terme, soit 20, 30 ans. En attendant, il y a bien une chose que nous pouvons faire, c'est sensibiliser la population, non pas à manifester, mais bien à s'impliquer tous les jours, par des actes. Or, ce n'est justement pas ce que fait Greta Thunberg. Et je n'ai hélas pas encore vu un article de journal disant que VOUS (et moi) devez faire quelque chose, et ce que vous pouvez faire. Or, en attendant la « révolution énergétique » qui est bien en route (dans certaines régions de France, les éoliennes poussent comme des champignons), la réduction de l'empreinte carbone ne peut venir que des citoyens.
  3. Julien Lejeune
    octobre 06, 11:31 Reply
    >repose uniquement sur les chiffres les plus alarmants du dernier rapport du GIEC. Celui qu'on suit actuellement donc: "Current trends in annual greenhouse gas emissions, globally, are consistent with RCP8.5." https://nca2018.globalchange.gov/chapter/1/ Les chiffes les plus optimistes du GIEC se basaient sur une action avant 2012 et sont aujourd'hui impossible à atteindre. Depuis 2012 les émissions mondiales n'ont pas diminué ni stagné mais augmenté. La plupart des scientifiques partaient d'ailleurs du principe que quelque chose serait fait ou va être fait: Voici la courbe qui doit être suivie pour rester (66% chance) sous 2°C https://twitter.com/Jumpsteady/status/1168799873317113857 on en est très loin (révolution agriculturelle, capture du co2 de l'atmosphère, intégrité des écosystèmes) D'ailleurs météo france considère que même avec le meilleur scénario on va les dépasser d'ici 2050 https://twitter.com/meteofrance/status/1173870348183527430?s=20 Pour limiter à 1.5°C il faut diminuer les émissions industrielles de CO2 de 65 à 90%, 50 à 80% pour 2°C " CO2 emissions from industry in pathways limiting global warming to 1.5°C with no or limited overshoot are projected to be about 65–90% (interquartile range) lower in 2050 relative to 2010, as compared to 50–80% for global warming of 2°C (medium confidence)." P17 du rapport du giec https://report.ipcc.ch/sr15/pdf/sr15_spm_final.pdf P23 " For instance, pathways that 13 overshoot 1.5°C run a greater risk of passing through ‘tipping points’, thresholds beyond which certain 14 impacts can no longer be avoided even if temperatures are brought back down later on." https://report.ipcc.ch/sr15/pdf/sr15_faq.pdf A noter que l'urgence n'est pas que climatique mais aussi environnementale, donc la voiture électrique n'est pas une solution (la production de batterie est très polluante https://www.wired.co.uk/article/lithium-batteries-environment-impact , le réseau actuel n'est pas prêt pour plus de 25% du parc automobile https://cleantechnica.com/2018/02/25/electric-car-myth-buster-electrical-grid/ et c'est un moyen très capitaliste de répondre à la crise, en forçant l'état à investir pour permettre au privé de vendre une solution court terme car bien que les batteries de voitures électriques sont facilement réutilisables (je n'ai pas dit recyclable) pour d'autres but, il n'y a pour l'instant pas d'intérêt économique à le faire, les systèmes de stockage d'énergie n'arrivent pas à se vendre, et les constructeurs cherchent doucement des solutions sans trop s'en faire Renault par exemple les considère comme "disposable" càd jetable). Je pense personnellement qu'il faudrait s'éloigner du principe de moyens de transports personnels et investir lourdement dans les transports publics à la place) Je suis d'accord pour dire que certaines solutions semblent simplistes et non axées sur le long terme mais il n'y a plus de place au long terme concernant la crise climatique actuelle même si celui-ci devrait être aussi mis en place pour l'après, il aurait fallu agir il y a 30 ans. Il est évident qu'une transition énergétique brutale va coûter des vies (pauvres en général) et avoir un impact négatif sur certains pays mais dépasser les +2°C va avoir un impact bien plus terrible surtout dans les pays à fort taux d'humidité https://www.theguardian.com/environment/2018/jul/31/chinas-most-populous-area-could-be-uninhabitable-by-end-of-century ainsi que pour tous les gens en précarité niveau nourriture https://www.pnas.org/content/116/14/6673?utm_source=hootsuite&utm_medium=social&utm_campaign=general%20social%20media Il est évident que les gens seront contre tout changement drastique d'où l'importance des politiques pour l'obliger. C'est un effort de guerre qui serait nécessaire pour éviter la catastrophe climatique et il serait opportun que la presse le présente comme tel. Je conseille de regarder les vidéos suivantes : https://twitter.com/Jumpsteady/status/1163718889139818496 donnée par une climatologue australien en 2018. Si rien n'est fait (et il est encore possible de faire même si on parle de mesures drastiques), pas plus d'un milliard d'humain ne pourront survivre en 2300 et il faudra des milliers d'années pour retourner à des températures normales. Malheureusement je n'ai pas eu le temps de tout passer en revues et je comprends qu'en tant qu'européens on a tendance à se dire que les efforts doivent être fait ailleurs mais il ne faut pas oublier que nous avons été les plus gros producteurs de CO2 https://observablehq.com/@drsimevans/bar-chart-race-the-largest-cumulative-co2-emitters-since-17 et qu'une grosse partie est toujours présente et participe à l'impact sur le climat.
  4. antoine dellieu
    octobre 06, 12:08 Reply
    Vous évitez de critiquer les mécanismes qui nous ont mis dans cette situation (obligation de prendre de gros risques économique pour éviter de gros risques climatiques), et préférez tirer sur le messager. Libre à vous. Pour les raisons que vous évoquez, il y a peu de chance qu'on évite effectivement la crise climatique. Nous ne sommes pas assez adaptables et refusons de voir baisser notre niveau de vie, et de changer notre modèle économique (le problème des 90% de chomeurs ne se pose en effet que dans un système de rétribution basée sur le travail, qui actuellement nous entraine dans un processus de surproduction à outrance). Notre seule chance serait de considérer les éléments que vous mettez en avant comme des difficultés à résoudre, mais vous et d'autres avez fait le choix de présenter cela comme des impasses, pour surtout ne pas avoir changer de modèle. Voir le rapport du GIEC pour connaitre le prix de cette attitude.
    • Eridan
      octobre 08, 11:07 Reply
      @Antoine Delieu : « Notre seule chance serait de considérer les éléments que vous mettez en avant comme des difficultés à résoudre ». Bien dit ! Toutefois, « Nous ne sommes pas assez adaptables ». Je suis bien plus fataliste que vous : « notre » (éventuelle) adaptation d'Européens joue très peu devant la machine monstrueuse du développement mondial sur le modèle libéral occidental qui en est toujours aux principes du XIXe siècle...
  5. ut'z
    octobre 06, 16:56 Reply
    bonjour Marcel, savez-vous ce que pense Greta (Tintin Eleonora Ernman) Thunberg du dernier gouvernement flamand avant la fin du monde...
  6. mib
    octobre 06, 19:20 Reply
    On doit mal se comprendre parce que c'est exactement ce que j'écris! 'Les bourgeois' de Jacques Brel !
  7. Dominique Banneux
    octobre 06, 19:20 Reply
    Non, je ne me trompe pas. L'UE a fait beaucoup de promesses, a un peu agi (c'est la moindre des choses, comme je l'ai dit, nous faisons partie des trois premiers pollueurs du monde), mais maintenant elle passe à la vitesse supérieure et je suis sûre que les mouvements actuels y sont pour quelque chose. Je travaille pour les institutions et je fais partie des 10 300 fonctionnaires qui ont signé une pétition pour que l'on en fasse encore plus, parce que voyez-vous, nous devons mendier pour avoir le financement pour lutter contre le réchauffement, contre la perte de la biodiversité, pour un meilleur accès à l'eau, contre la pollution. Parce que voyez-vous, il y en a encore qui n'ont pas compris que si on ne fait rien, on va le payer cher, très très cher. Je signale que ces 10 300 fonctionnaire travaillent dans toutes les Directions générales, le Conseil, le Parlement. Ils viennent d'horizons différents, donc chacun avec des formations et des expériences différentes, pourtant, ils sont tous bien d'accord : il y a urgence. Par contre, ils reconnaissent tous effectivement la difficulté à gérer le problème tant il est énorme. Greta a raison. En ce qui concerne un éventuel financement de Greta, quand bien même ce serait le cas, ce ne serait que la réponse du berger à la bergère : https://www.smithsonianmag.com/smart-news/meet-the-money-behind-the-climate-denial-movement-180948204/?fbclid=IwAR0kpU5FPmEuw_Am5wpza0RYJ3R_N7L32QChFjygNGeZjvWMy2jeHttWcIM je sais cet article est daté, mais cela vaut la peine d'y jeter un oeil. Et pour la désinformation, je vous invite à visiter cette page : https://euvsdisinfo.eu/why-is-the-pro-kremlin-media-afraid-of-greta/?fbclid=IwAR287hH2MVEzdv832i8iX0tKxliF1eJDWXY8JTzgtzON3rYKbvQ2qEdaXHA. A qui cela profite-t-il que l'on ne réagisse pas ? Pourquoi est-ce toujours la droite qui nie le problème ? Le On n'est pas un problème, le On c'est nous, mais il faut, il est nécessaire que les actions soient initiées par les responsables politiques. Comme vous le soulignez les solutions doivent être articulées et doivent être transversales, cela ne peut donc être fait qu'au plus haut niveau. J'en reste là. J'attends avec impatience vos prochains articles.
  8. Ludovic NYS
    octobre 06, 22:41 Reply
    Du bon sens, rien que du bon sens ... et au passage une belle analyse critique. Certaines projections chiffrées sont elles-mêmes toutefois peut-être un peu réductrices (les évolutions étant multifactorielles, il est très difficile de développer des modèles de prévision crédibles), mais sur le fond, la réflexion critique est pertinente. Il y a cependant un autre facteur important que vous ne prenez pas en compte (vous n'abordez les choses que du point de vue de l'acteur qu'est l'homme), c'est celui de la nature indépendamment de l'Homme. Deux exemples : les cycles climatiques naturels (glaciations et réchauffement) dont les mécanismes sont à ce jour encore très mal connus et le cycle de la photosynthèse. Saviez-vous par exemple que dans la France du XVIIe siècle, la couverture forestière était trois fois moins importante qu'aujourd'hui en raison de l'utilisation massive de bois, notamment pour la construction des vaisseaux de la flotte royale et pour le chauffage domestique ? La captation de carbone par la végétation, pour rappel, est l'envers du processus d'émission de CO2 actuel, le charbon et le pétrole que nous consommons n'étant autre que du végétal fossilisé à l'ère du paléozoïque pour l'essentiel, mais aussi de la fin du mésozoïque. Le problème est toutefois que l'on ne permet pas à ce carbone de retourner à l'état latent, le bois en zone forestière étant systématiquement exploité pour être débité ou consommé à son tour. L'une des solutions devrait être de "resanctuariser" des zones forestières complètes, à savoir laisser ces zones redevenir ce que l'on appelle des "forêts primaires", comme c'est aujourd'hui encore le cas d'une partie de la "Sumava" dans le sud-ouest de la Bohême (Tchéquie). La diversité animale n'aurait d'autre part qu'à y gagner au passage.
    • ut'z
      octobre 07, 23:07 Reply
      perso Tourn', l'essai de sphère de pipi långstrump dans son rôle de grande personne m'exaspère guère... au xviie en france il y avait aussi la flotte négrière, ceci dit seules les forêts en croissance sont des puits de co2, les dites "forêts primaires" sont en équilibre respiration(production de co2)/production de cellulose(utilisation de co2), suis étonné perso que bolsonvaro n'ait pas assez d'expert pour utiliser cet argument..."bon sens" quand tu nous tiens, je comprends toujours pas perso pourquoi une diminution de 25% de dépense énergétique des services publics veut dire 25% de service public en moins, perso il me semble que la performance a déjà eu lieu (enfin pour le %age de sp je veux dire sans penser à l'énergie dépensée par les sp pour ses usagers) bàv (uit vl barbant)
      • Ludovic NYS
        octobre 11, 09:30 Reply
        Vous m'avez identifié ... éh éh ... vous êtes un p'tit futé vous
  9. Eridan
    octobre 07, 14:02 Reply
    M.S. :"On comprend évidemment que les simplismes facilitent le recrutement de jeunes manifestants" A vous lire ("Quoique. La solution pour réduire l’empreinte carbone des Français-es serait évidemment de cesser d’acheter dans les pays émergents ou en Chine. Ce qui reviendrait à les renvoyer à la misère" ; entre autres nombreux exemples), on obtient la démonstration que le même simplisme aide à recruter de vieux manifestants !...
    • marcel
      octobre 07, 16:17 Reply
      Ne pas confondre simplisme et schématisme. Le simplisme revient ici à présenter des choses utopiques comme réalisables (cesser d'émettre des GES en six ans, par exemple). Le schématisme revient à résumer une situation plus globale (si la France arrêtait brutalement d'acheter aux pays émergents et aux pays pauvres, il s'en suivrait une crise dans ces pays. L'exemple du pétrole du Venezuela est valide, on en a bien d'autres, comme le blocus de l'Irak qui a provoqué une famine colossale. Je résume une situation où plusieurs pays riches acheteurs arrêteraient d'acheter à plusieurs pays pauvres ou émergents vendeurs).
  10. Janssen
    octobre 07, 15:13 Reply
    Merci Marcel, Enfin une analyse chiffrée argumentée qu'aucun média n'a encore été capable de produire. Où sont nos journalistes ? A l'affût d'une fake-news sur Internet pour faire le buzz ? "Mais c'est bien sûr!" comme disait l'inspecteur Bourrel dans "Les cinq dernières minutes" Deux neurones dans le cerveau, font plus que les ridicules écoles buissonnières dans les rues, de ceux qui devront construire leur propre avenir sans s'autoriser à systématiquement culpabiliser leurs aînés. La "Machine" Greta Thunberg, est du même parfum que la précédente Al Gore en 2002. Mais de cela, personne n'en parle, car depuis 2012, il y a toujours des glaces qui recouvrent nos pôles. Commencez par vous instruire, gamines et gamins, c'est bon pour le climat et pour votre avenir.
  11. Eridan
    octobre 07, 19:10 Reply
    @ Julien Lejeune : « Je pense personnellement qu'il faudrait s'éloigner du principe de moyens de transports personnels et investir lourdement dans les transports publics à la place » Pour ma part, personnellement en personne, je ne le pense pas : j'en suis convaincu (cherchez la nuance). Le problème, c'est que seuls les pouvoirs publics pourraient être motivés et avoir les moyens de tels investissements (excepté les entreprises devenues plus puissantes que les états). Or, cela va complètement à rebrousse-poils de la vague néolibérale initiée par le couple diabolique Reagan-Tatcher dans les années 70 (http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire?iddictionnaire=1609), récupérée par le patronat conservateur, qui a gravement contaminé le monde socialiste et qui a conduit chez nous, entre autres, au démantèlement de la SNCB (et aux scandales bancaires du genre de BNP-Fortis) et qui reste sur sa lancée. Le piquant de l'affaire, c'est que le libéral Bellot lui-même déclare aujourd'hui que cette subdivision était un non-sens. Si on parle de climat, que d'énergie gaspillée ! Que de ravages sociaux ! Et puisqu'il est question de SNCB, il faudra sans doute encore TRES longtemps avant de pouvoir arrêter ce train (libéral) fou...
    • marcel
      octobre 07, 22:17 Reply
      Ah oui, ces horribles libéraux. Saviez-vous que Margaret Thatcher était parmi les personnes qui ont soutenu la naissance du GIEC ? Quant à supprimer la voiture individuelle, comment comptez-vous faire ? Si c'est en taxant, je vous préviens que ça signifie qu'on revient aux années 20-30, où seuls les riches pouvaient disposer d'un véhicule individuel. Il reste la contrainte. Ou alors, aidez-moi à comprendre votre solution.
      • Salade
        octobre 08, 08:50 Reply
        Perso, tant que le RER francophone n'existera pas (25km par ex entre Ottignies et Bxl lux: c'est si compliqué??) , ne comptez pas sur moi pour rouler moins en voiture au carbone.(et j'ai utilisé le train pendant des années, et c'est de plus en plus pénible: wagons bondés, parkings bondés et hors de prix, retards ou durée des arrêts intermédiaires gigantesques, trains supprimés). Par ailleurs la voiture électrique : pas assez de bornes, même un temps de chargement de 20 minutes sur un parking c'est trop long (et s'il n' a qu'une borne, imaginez!), le prix de l'auto c'est trop cher, autonomie faible pour les longs trajets, et ça augmente la proba de backout si tout le monde s'y mettait, pbm des piles usagées...). Par ailleurs dans tous les cas les infrastructures deviennent déplorables. On finira tous dans le villes: voilà la solution!
        • Eridan
          octobre 08, 10:59 Reply
          @ Salade : « j'ai utilisé le train pendant des années, et c'est de plus en plus pénible: wagons bondés, parkings bondés et hors de prix, retards ou durée des arrêts intermédiaires gigantesques, trains supprimés » très juste. J'ajouterai : nombreux arrêts supprimés, lignes démantelées, matériel mal entretenu, services techniques déstructurés, réduction de l'offre aux entreprises (extrême lenteur -pour ne pas dire « immobilisme » dans l'approche du ferroutage). C'est justement de cela qu'il est question (notamment!) dans le « développement » des transports en commun. ...Et si on investissait dans le rail les sommes pharamineuses utilisées pour réparer les routes dégradées principalement par les camions et pour mettre les autoroutes à 3 bandes... (et toutes les conséquences qui en résultent). Lisez : https://www.persee.fr/doc/bagf_0004-5322_1989_num_66_2_1472; C'est autre chose que le « tout ou rien » de Marcel Sel, non ? ...Qui semble ne plus connaître que le « schématisme » quand il faut commencer à réfléchir. « Par ailleurs : la voiture électrique... ». Idem, en effet ; et où va-t-on aller chercher l'électricité ?
          • Salade
            octobre 13, 15:00
            Le ferroutage éviterait aussi les accidents comme ce camion à Nimy. De toute façon il y a trop de camions. Ce modèle sans stock est foireux. En ce qui concerne les investissements: rien pour les piscines, rien pour l'entretien des digues des voies navigable, https://plus.lesoir.be/29019/article/2016-03-04/le-reseau-wallon-souffert-dun-manque-dentretien-chronique, manque d'entretien des bassins d'orage, https://www.rtbf.be/info/societe/detail_vetustes-les-egouts-wallons-ont-besoin-d-entretien?id=8932672, https://brabant-wallon.lacapitale.be/179256/article/2018-01-19/brunehaut-manque-dentretien-pour-les-arbres-de-la-n-507, https://www.rtbf.be/info/regions/detail_les-mauvaises-herbes-envahissent-cimetieres-et-espaces-publics-a-qui-la-faute-et-comment-y-remedier?id=10281737. Il n' y a plus d'argent sauf pour les projets de prestige (style pour l'aura des gars de Liège et de Mons)
      • Eridan
        octobre 08, 10:42 Reply
        Vous avez tendance à confondre « schématisme » avec caricature, déformation du propos, ou raisonnement « tout ou rien ». Pourquoi le développement des transports en commun signifierait-il « supprimer la voiture », même quand celle-ci est nécessaire ? Les dernières décennies libérales écoulées ont surtout signifié « destruction des transports en commun » et des services au public en général (avec la complicité du monde dit « socialiste »).
        • marcel
          octobre 08, 10:52 Reply
          Aha. Et vous ? « Les derniers décennies libérales ont surtout signifié 'destruction des transports en commun'. Euh… la STIB est un bon contre-exemple, non ? 8% de voyageurs en plus en 2018… (de mémoire). Prenons la SNCF, par exemple. Destruction, dites-vous ? https://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/la-sncf-a-reussi-ses-vacances-dete-1127499.
          • Eridan
            octobre 08, 11:42
            « La STIB est un bon contre-exemple, non ? 8% de voyageurs en plus en 2018… » C'est ça que vous appelez un contre-exemple ? Et le passif du passé, vous en faites quoi ? De 1950 à 2000, le nombre de passagers avait dégringolé de 50 % (et 85 % pour le tram !). La fréquence de passage a dégringolé de 20 % depuis les années 2000-2005. https://journals.openedition.org/brussels/1760 (très intéressant !). Un peu plus nuancé, non ? Depuis 2005, la Région a fait un effort : la nécessité d'un développement des transport publics bruxellois n'est guère mise en cause par le monde politique (mais bien par vous, peut-être?), mais cela n'a aucune de valeur de contre-exemple pour ce qui concerne le train. Tant qu'à lire, voyez aussi : https://www.persee.fr/doc/bagf_0004-5322_1989_num_66_2_1472. « Prenons la SNCF, par exemple. Destruction, dites-vous ? https://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/la-sncf-a-reussi-ses-vacances-dete-1127499 ». Ce résultat est basé essentiellement sur la grande vitesse. Il ne parle pas des RER bondés et inconfortables. Depuis 1970, le trafic fret a dégringolé de près de 70 %.
          • marcel
            octobre 11, 09:40
            Ah, évidemment, si vous trouvez que la popularisation de l'automobile, qui mettait les classes sociales inférieures au même niveau que les plus riches, était un scandale… 
          • Salade
            octobre 08, 19:55
            http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2018/02/28/31003-20180228ARTFIG00143-fermeture-de-lignes-sncf-un-pas-de-plus-vers-la-desertification-rurale.php grâce au TGV trop cher et pour les riches: quasi plus d'investissements en dehors du TGV un choix de société. De droite.
  12. Eridan
    octobre 09, 10:02 Reply
    M.S. « Le problème principal n’est donc pas que les politiciens « ne font rien. Mais bien qu’il est impossible, et même nocif de réduire (beaucoup) plus vite ». Si cela, ce n'est pas du simplisme ! Les politiciens ne « font pas rien », d'accord. Pour ce qui est de ce qu'il font, il y a déjà davantage matière à s'interroger. Mais quant à affirmer qu'il est impossible et même nocif de réduire plus vite, c'est le modèle même de l'affirmation gratuite et de pure mauvaise foi ; du Trump tout craché ! M.S. « À cela s’ajoute le fait que des tas de pays, et notoirement ceux qui contribuent le plus aux émissions de GES (Chine et USA principalement) font le contraire de l’UE et ne comptent pas arrêter ». C'est justement cela le vrai problème ; celui qui nous condamne, quoi que nous fassions. M.S. « La solution pour réduire l’empreinte carbone des Français-es serait évidemment de cesser d’acheter dans les pays émergents ou en Chine. Ce qui reviendrait à les renvoyer à la misère. Eh oui. Rien n’est simple. » En fait, présenté comme vous le faites, c'est plutôt carrément simpliste ! Ce qui est en cause, c'est le modèle capitaliste de production concentrée, au moindre coût de main d'oeuvre, sans se soucier notamment de l'impact du transport absurde sur longue distance. C'est cela qui condamne les gens à la misère. M.S. « Rien que la construction de batteries pour remplacer les voitures à carburants fossiles par des véhicules électriques (...) » Et la production d'électricité pour ces voitures !? Rien qu'en France, il faudrait au minimum 50 centrales nucléaires supplémentaires pour fournir les 500 milliards de kWh que bouffe le trafic automobile chaque année... ! Si le fait d'aborder des réflexions sur ce thème éminemment complexe et passionnant (et sûrement aussi l'un des plus importants qui soient) est incontestablement très louable, vous devriez, dans votre argumentation, et s'agissant de simplisme, certainement réfléchir à la parabole de la paille et de la poutre...
    • marcel
      octobre 11, 09:46 Reply
      J'ai démontré dans ce papier qu'il était impossible d'arrêter les GES sur le temps demandé par Greta Thunberg. Ce n'est pas un simplisme, je pense. La façon dont je présente le problème de l'arrêt de l'achat à la Chine n'est pas simpliste mais schématique. Remplacer « Chine » par « pays émergents » et dites-leurs qu'on va acheté tous nos achats chez eux dans, mettons, un an. Je vous laisse gérer la crise. Je vous rappelle que le système communiste était en effet plus efficace : à par la nomenklatura, ce sont TOUS les gens qui étaient condamnés soit à une vie plutôt frugale, soit carrément, eh oui, à la misère. Ce que vous dites sur les voitures est absolument faux. Les voitures électriques sont trois fois plus efficaces énergiquement parlant que les voitures à fuel, et il faudrait certes renforcer le grid et ajouter l'une ou l'autre centrale, mais on parle de quelque chose comme 5-15% d'énergie électrique à produire en plus (de mémoire, pas le temps de retrouver les bons chiffres). La voiture électrique est de plus une forme de stockage spontané d'électricité, ce qui permet une optimisation de l'énergie.
      • Eridan
        octobre 11, 20:17 Reply
        M.S. «Ce que vous dites sur les voitures est absolument faux » Ah ?   Les centrales nucléaires françaises produisent +/- 500 TWh (milliards de kWh) avec +/- 60 unités. Une simple règle de 3 donne que, pour fournir l'énergie équivalent aux 50 millions de m³ de combustible fossile consommées annuellement en France par le trafic routier (soit +/- 500 TWh bruts), il faudrait, à rendement optimisé de la voiture électrique (supposons sur base de votre comparaison de rendement 3 pour 1), au moins 20 unités nucléaires supplémentaires, soit une augmentation de 30 % au moins. Si, compte non tenu de l'évolution future du trafic et des contraintes et autres pertes techniques (voir ci-après), nous sommes à ce stade sous les 50 unités de mon message précédent, nous sommes aussi 2 à 6 fois au-dessus de votre optimiste 5 à 15 % en plus. ...Et cela, en laissant de côté le fait que les centrales électriques ont un rendement de l'ordre de 35 % de l'énergie réellement consommée (les 65 % restant étant de la pollution thermique, sauf, pour partie, cogénération souvent très difficile à mettre en place) (ce qui n'est guère mieux que la voiture à combustible fossile), outre 7 à 15 % de perte dans les lignes de distribution. ...En sans parler de la pollution des unités de production. Et sans parler de la concurrence sur l'uranium et de la terrible fragilité des lignes d'approvisionnement et des dispositifs de contrôle face aux risques de piratage. Et sans parler de... Etc. Bref. Très loin de moi pour autant l'idée de défendre l'automobile à combustible fossile. Ce qui est frappant dans votre propos est votre volonté de défendre la bagnole à tout prix que vous semblez considérer comme le symbole entre tous de votre liberté individuelle. La même liberté, sans doute, que celle de tous les benêts qui éprouvent le besoin d'aller faire la crêpe à l'autre bout de la planète pour se sentir en vacances... Pour ma part, j'ai fait jusqu'ici un très grand usage des transports en commun et je n'ai jamais ressenti un quelconque manque de liberté, bien au contraire. La seule chose que je déplore, c'est justement la dégradation du service résultant des contraintes budgétaires et surtout idéologiques, au lieu du nécessaire développement de ces transports sur le plan local.
        • marcel
          octobre 13, 10:30 Reply
          Vous êtes totalement à côté de la plaque. Ici, le chiffre est de 7% pour la France en 2040, pour 15 mio VE. Si on double, on arriverait à 14%. Aujourd'hui, au R-U, les éoliennes offshore produisent 45 TWh/an, soit déjà de quoi couvrir plus de la moitié des besoins français. La France est en retard sur l'éolien, mais il ne faut pas négliger sa capacité offshore. L'avantage de la VE, c'est que c'est un stock de réserve colossal pour les énergies intermittentes (solaire/éolien/hydraulique). Et qu'après recyclage, ses batteries peuvent encore renforcer ce stock. Il y aura bien sûr rapidement un moment où il y aura trop de batteries, mais elles pourront encore servir dans les pays émergents. De même, les 7 à 15% de déperdition sont une figure théorique, en France, je crois que c'est 6%. Bref, écoutez la science plutôt que d'inventer des chiffres. C'est déjà assez compliqué comme ça. https://selectra.info/energie/actualites/insolite/consommation-vehicules-electriques-france-2040
        • Eridan
          octobre 13, 13:55 Reply
          M.S. « Bref, écoutez la science plutôt que d'inventer des chiffres » Sans blague : vous auriez la prétention de faire passer pour « scientifique » la discussion « café du commerce » qui se tient ici, à partir de votre billet truffé d'affirmations on ne peut plus tendancieuses ? Il est sidérant de constater que tout ce bavardage à cent sous a pour objectif principal de justifier le statut-quo des principes de société actuels, dûment calqués, bien sûr, sur le « vertueux » modèle occidental, et en particulier le recours à la sacro-sainte bagnole. Ne vous en déplaise, de plus en plus de villes prennent déjà des mesures pour la chasser de leur centre, qui vont aller en s'amplifiant, et, une fois que le pli sera pris par rapport aux normes de pollution, je gage que le mouvement se poursuivra sur le thème de l'occupation de l'espace public, mieux utilisé par les transports collectifs et plus écologiques (et c'est même déjà de plus en plus le cas aussi). Malheureusement, tout cela sera bien trop lent par rapport aux enjeux climatiques.
          • marcel
            octobre 15, 08:21
            Je dis juste : il serait temps que les supporters de Greta lisent… les rapports du GIEC.
  13. Achille Aristide
    octobre 10, 21:39 Reply
    Bonjour. Je n'ai pas vu cette conférence TEDx de Greta Thunberg, par contre je l'ai entendue demander avec insistance qu'on suive les recommandations du GIEC. Or le GIEC n'a jamais à ma connaissance demandé d'atteindre la neutralité carbone en 6 ou 10 ans. Au contraire dans leur rapport de 2014 sur la mitigation ils envisagent des scénarios très progressifs, dont le principal présente d'ailleurs un "overshoot" de la concentration en CO2 à 500 ppm pour ensuite redescendre et se stabiliser à 450 ppm. Le GIEC mentionne aussi comme solutions le nucléaire et le renforcement des méthodes de recapture du CO2, donc sûrement pas une disparition de la consommation de combustibles fossiles ni l'abolition de l'aviation. Mais il faut bien reconnaître que les "COP" jusqu'à présent sont truffées de dérogations et d'exceptions qui empêcheront si on ne réagit pas d'atteindre même les objectifs les plus modestes proposés par le GIEC. En ce sens on ne peut que donner raison à Greta Thunberg. Votre démonstration est intéressante pour répondre aux plus radicaux qui aimeraient bien nous renvoyer tous dans la forêt vêtus de feuilles mortes et nous nourrissant de racines et d'insectes, mais en ce qui concerne Greta Thunberg cela me fait penser à l'argument de l'épouvantail.
    • marcel
      octobre 11, 09:52 Reply
      Bonjour, Greta Thunberg a réitéré cette demande d'atteindre la neutralité carbone en 6 à 10 ans dans pratiquement tous ses discours. C'est son leitmotiv. Elle dit « d'écouter la science » tout en prenant elle-même ce qui l'arrange dans la science. En réalité, elle court-circuite le message du GIEC. La Suède, par exemple, est dans une assez bonne trajectoire par rapport à ces rapports. Greta Thunberg a aussi récemment fait une pub pour demander l'arrêt rapide des fuels (dans plusieurs de ses discours, elle parle d'arrêt immédiat). En ce sens, Greta Thunberg est une radicale qui parle aussi de « changer le système ». Et donc, son message doit être critiqué, ne fût-ce que parce qu'il est destiné aux jeunes. Elle joue effectivement un rôle de catalyseur, ça, je ne l'ai jamais nié. Mais l'engouement univoque de personnalités et des médias qui n'ont qu'éloges à son égard est pour moi extrêmement inquiétant. Qu'est-ce qui empêche de dire « Greta Thunberg, c'est bien, mais attention à son discours, qui est trompeur » ?
      • Salade
        octobre 11, 11:18 Reply
        Mais les politiques eux, ont des comptes à rendre sur les mensonges d'une promesse (qui n'engage que ceux qui y croient comme chacun sait) de zéro-carbone par-ci par-là à échéance disons (à tout hasard) < 2100. Ces objectifs basés sur UN chiffre à atteindre sont débiles. Remarquez que les incantations des sujets médiatiques quels qu'ils soient tournent toujours autour d'un (seul) chiffre sacré quel que soit le sujet (nb de morts de loin en premier). Plus aucun graphique par ex. et pas d'analyse, pas de plan détaillé consultable, etc...
  14. Eridan
    octobre 12, 10:13 Reply
    M.S. « On m’objectera que le nucléaire pose des problèmes de sécurité et de stockage. Je suis totalement d’accord. Mais si l’avenir même de l’humanité dépend bien des émissions de GES, ces critiques ne peuvent que passer à la trape : réduisons d’abord les émissions, sans exclusives, occupons-nous d’améliorer le mix ensuite. » Le problème, c'est que le parc nucléaire doit être renouvelé. Or, à voir comment les choses se passent à Flamanville (retard de plus de 10 ans sur un planning initial prévu de 5 ans -...à supposer que la centrale démarre un jour!-, coût estimé actuellement de 13 milliards au lieu des 3,4 milliards initiaux -et cela risque d'augmenter encore-, ce qui place le nucléaire loin au-dessus de l'éolien et du solaire ; sans parler du scenario terrifiant de la gestion d'une éventuelle fusion du réacteur, pour ne citer que le risque le plus spectaculaire ; sans parler des déchets et du démantèlement, bien sûr !), cela n'a pas l'air d'être gagné d'avance !. Vous balayez les risques avec une désinvolture sidérante ; vous faites à mon avis un pari sur un canasson très peu fiable qui, en outre, va faire peser un passif phénoménal sur notre société. Et voyez déjà aujourd'hui les levées de bouclier quand il est question d'implanter une innocente éolienne ; alors, quand si s'agira de construire (et reconstruire) quelques dizaines d'installations merdiques du genre de Flamanville, on peut deviner que cela n'ira pas tout seul... Et ce sera tant mieux !
    • marcel
      octobre 13, 10:20 Reply
      Flamanville est un EPR, soit une toute nouvelle génération, pondue à une époque où les normes sont excessivement contrôlées. On peut construire des REP beaucoup plus vite (et plusieurs EPR tournent déjà). Flamanville est un cas, pas tout le nucléaire.
      • Eridan
        octobre 13, 13:29 Reply
        Flamanville est un EPR, soit une toute nouvelle génération, pondue à une époque où les normes sont excessivement contrôlées". « Excessivement » ! Je suis bien content que vous ne soyez pas en charge des contrôles ! « On peut construire des REP beaucoup plus vite ». On peut. Pourquoi qu'on le fait pas, alors ? « Flamanville est un cas, pas tout le nucléaire. »Alors, pourquoi l'a-t-on construite, d'après vous ? Juste pour jouer ?
        • marcel
          octobre 15, 08:22 Reply
          « Excessivement » dans le sent « énormément ». Pas dans le sens « à l'excès ». Flamanville a été construite pour offrir un nucléaire plus performant, state of the art comme on dit, ensuite pour l'exporter. Curieusement, les EPR fonctionnent déjà dans d'autres pays.
      • Eridan
        octobre 14, 08:00 Reply
        Je réagis encore à "Excessivement" !!! Vous vous basez sur quoi pour utiliser cet adverbe super-irresponsable ? Avez-vous entendu parler du corium ?? Avec cette saloperie, même la plus outrancière des normes ne suffit pas encore...! https://www.sortirdunucleaire.org/Le-recuperateur-de-corium-ce-qui-est-sur-c-est-le
  15. miyovo
    octobre 13, 09:53 Reply
    "She is a 16-year-old, and these are grown men. And they are terrified. Wonderful. Who knew you could shake the patriarchy simply by refusing to smile for it, dress for it or demur to it? A refusal to acquiesce to the male gaze has these dinosaurs squirming. Greta, you teach us about more than one kind of climate. Thank you." https://www.theguardian.com/commentisfree/2019/oct/01/greta-thunbergs-defiance-upsets-the-patriarchy-and-its-wonderful?fbclid=IwAR2HGxAS0lE2gJa2BOeA0e8hHhqqsa-0EtoEod0zaSMGh-_zgpnRSJeRu08
    • marcel
      octobre 13, 10:19 Reply
      Come on Miyovo. Lots of people who have supported Greta from the beginning, and even those who have invented the concept of school strike and promoted it earliest are white male >40. There is no evidence whatsoever that « patriarchy » has anything to do with supporting or not supporting her.
      • miyovo
        octobre 13, 21:14 Reply
        https://www.nouvelobs.com/societe/20190925.OBS18891/rien-ne-va-dans-ce-tweet-de-bernard-pivot-sur-greta-thunberg.html
        • marcel
          octobre 15, 08:04 Reply
          It's probably a question of generation, but I understood it the way he later said he wrote it. The problem today is that every 280-signs message MUST be approved by the "good-manners-brigade". It is a form of intellectual censorship where a bunch of self-proclaimed "good thinkers" decide what can be said and what can not. The role of journalism is to have a critical look at both opinions instead of reinforcing the good-manners-brigade. We live in a society of accusation while we need a society of debate.
      • miyovo
        octobre 16, 09:16 Reply
        You dislike a 16 years old and so you talk, talk, talk, mansplaining why, as a white dotard, you are of course right, and all who disagree with you and your sort are, of course, wrong. Especially if they are young, or female. Nowhere on Earth does government action match the scale of the catastrophes we face. So go on, talk talk talk. That will surely help. Thank you.
        • marcel
          octobre 16, 09:42 Reply
          This is typical of the storytelling that hab been created by neo-feminists, racialists, youthists and company. First of all, I don't care about her age, she's a grown up, I treat her as such. I don't dislike her, I look at her message and criticize what I think is wrong about it (I also recognize she has drawn the attention of the youth). I don't care about her gender, so there can be no mansplaining. Believing that any critic directed towards a woman is sexist equals to recognizing that women are "the weak gender" that should be overprotected. I'd like you to point out ONE example of "mansplaining" in my articles about Greta Thunberg. I present my facts and anyone can contradict them. Of course, when contradictors answer, I defend my position. But I never pretend that people who disagree are wrong. And I never pretend that I'm right. I present a point of view, and hope for a debate. And you're dishonest when arguing that I'd have a different attitude towards young women. But the plan today is « bash the « old » white male, he's the cause of everything ». Unless, of course, he agrees with you. Then, he is forgiven of his age, color of skin, and infamous gender. OMG.
  16. Eridan
    octobre 13, 16:43 Reply
    M.S. @« Le problème principal n’est donc pas que les politiciens « ne font rien ». Mais bien qu’il est impossible, et même nocif de réduire (beaucoup) plus vite. Socialement, d’abord — rappelez-vous que le mouvement des Gilets jaunes est né après l’annonce d’une augmentation du diesel, et comment il a pu déstabiliser la République. » Ce qui dérange dans votre billet (comme dans vos commentaires), c'est qu'il est truffé de conclusions expéditives et affirmations à l'emporte-pièces de ce genre (pour simple exemple parmi d'autres). Le mouvement des gilets jaunes est le résultat de l'absence d'une réforme générale de la fiscalité ; vu l'impossibilité de peser sur le débat général, certains citoyens se sont reportés sur ce qui était à leur portée directe. Mais c'était fondamentalement symbolique (même si quelques esprits simples se sont arrêtés à ce seul aspect) ; cela n'avait strictement rien à voir avec une supposée « nocivité » (et encore moins « impossibilité ») de réduire les GES et notamment pas à une supposée opposition des citoyens à une telle réduction (qui pose un problème bien plus global, mondial). Il est notamment amusant de confronter votre argumentation au fait que le mouvement des gilets jaunes s'est souvent mélangé aux marches pour le climat... Il n'y aura pas d'efficacité concernant les GES sans changement de modèle social et notamment sans abandon notamment (parmi de nombreux autres exemples) du principe de mondialisation à outrance (même le Pape est d'accord avec moi ; ...à moins que ce soit l'inverse), des transports absurdes sur longue distance et du développement du transport de masses d'imbéciles par avion. Car nous rejoignons ici l'un de vos autres thèmes traités à l'emporte-pièces : « Étrange : Greta Thunberg cible les politiciens, les journalistes et le monde économique dans tous ses discours et omet quasi systématiquement de viser le premier responsable des émissions — vous et moi. » En effet : pour en revenir à l'avion, par exemple, c'est le propre des masses humaines de se comporter de manière imbécile : « utilisé de manière massive comme il l'est, l'avion tue la planète ; mais puisque tout le monde le fait et que, dans ce tas gigantesque, « je » ne pèse rien, je continue à prendre l'avion... ; et après moi le déluge ». Donc, Greta a raison : elle doit s'adresser aux politiciens parce qu'ils ont un pouvoir social considérable (sinon, c''est quoi la politique?) et aux journalistes car c'est d'eux que dépend l'information du public et dont on peut espérer une influence. Logique, alors, que, pour appuyer votre propos boiteux, vous fassiez semblant de ne pas le savoir, ...malgré votre activité ! En assemblant et empilant des chiffres et des informations de manière tendancieuse comme vous le faites, on peut leur faire dire n'importe quoi.
    • marcel
      octobre 15, 08:20 Reply
      <blockquote>Ce qui dérange dans votre billet (comme dans vos commentaires), c’est qu’il est truffé de conclusions expéditives et affirmations à l’emporte-pièces de ce genre (pour simple exemple parmi d’autres). Le mouvement des gilets jaunes est le résultat de l’absence d’une réforme générale de la fiscalité</blockquote> Je dis simplement qu'une seule mesure du gouvernement peut avoir des conséquences sociales terribles. Il n'y a pas moyen de réduire la consommation de diesel à court terme sans taxer. Et ça implique un coût plus lourd pour les moins riches. C'était juste un exemple. Pareil avec le kérosène : taxer sérieusement implique la fin des voyages en avion pour la partie la moins aisée de la population. <blockquote>Mais c’était fondamentalement symbolique </blockquote> C'est fou le nombre de déclarations et de manifestations symboliques en ce moment… <blockquote>Il est notamment amusant de confronter votre argumentation au fait que le mouvement des gilets jaunes s’est souvent mélangé aux marches pour le climat… Il n’y aura pas d’efficacité concernant les GES sans changement de modèle social et notamment sans abandon notamment (parmi de nombreux autres exemples) du principe de mondialisation à outrance</blockquote> De un, le changement de modèle social et l'abandon de la mondialisation "à outrance" prendrait des décennies et aurait très probablement un impact très lourd sur l'emploi, au minimum dans les pays qui produisent beaucoup pour l'Occident. Le vrai constat, c'est que la militance s'entend avec la militance, toujours vers l'anticapitaliste ou l'altermondialisation, mais n'a jusqu'ici donné aucun résultat. On manifeste, et ça ne change rien, notamment parce que les manifestants eux-mêmes sont des consommateur des produits de la mondialisation. Après, les anti climats jaunes et les proclimats verts ont facile à manifester ensemble : ce qu'ils veulent vraiment, c'est abattre « le système ». Le reste n'est que prétexte. <blockquote>« Étrange : Greta Thunberg cible les politiciens, les journalistes et le monde économique dans tous ses discours et omet quasi systématiquement de viser le premier responsable des émissions — vous et moi. » En effet : pour en revenir à l’avion, par exemple, c’est le propre des masses humaines de se comporter de manière imbécile […] </blockquote> Dans ce cas, c'est bien aux masses humaines qu'il faut s'adresser. L'État fait effectivement baisser les GES en Europe occidentale. Le consommateur les maintient, lui. Tout ça n'explique pas pourquoi elle ment au moins par omission sur le journalisme, les politiques et l'industrie. Et pourquoi elle épargne totalement les citoyens, du moins les jeunes. <blockquote>« elle doit s’adresser aux politiciens parce qu’ils ont un pouvoir social considérable (sinon, c »est quoi la politique?) et aux journalistes car c’est d’eux que dépend l’information du public et dont on peut espérer une influence. Logique, alors, que, pour appuyer votre propos boiteux, vous fassiez semblant de ne pas le savoir, …malgré votre activité ! »</blockquote> C'est justement en vertu de mon activité que je démonte son propos. Le mensonge en communication se diffuse très bien, et devient une vérité. Quelle que soit la raison pour laquelle on a menti. <blockquote>En assemblant et empilant des chiffres et des informations de manière tendancieuse comme vous le faites, on peut leur faire dire n’importe quoi.</blockquote> Donc en fait, tout ce qui est tendancieux chez Greta devrait être ignoré parce qu'elle est symbolique. Merci pour cette démonstration de rhétorique.
      • Eridan
        octobre 15, 17:48 Reply
        Je trouve vos textes fort intéressants (celui-ci en tout cas) dans la mesure où ils soulèvent des sujets de société de première importance et montrent la manière selon laquelle raisonnent les gens de votre bord. Mais ce qui dérange en particulier, c'est la vitesse avec laquelle vous tirez des conclusions péremptoires (souvent tirées par les cheveux) sur des questions compliquées, à partir de quelques données et raisonnements fragmentaires, et aussi la manière extrêmement tendancieuse dont vous interprétez la pensée non seulement de vos interlocuteurs, mais aussi de tous les acteurs du sujet (comme les gilets jaunes et « verts »). Dans la seule présente page, ce sont des dizaines d'exemples qu'on en trouve, au point qu'il est impossible de réagir si on ne veut pas polluer et accaparer votre blog (c'est d'ailleurs déjà limite, je pense ! C'est pourquoi, si j'interviens éventuellement encore, ce sera uniquement à propos des données de base). « C'est justement en vertu de mon activité que je démonte son propos ». Votre « activité » relève de la polémique. Et vous ne démontez rien du tout. « Le mensonge en communication se diffuse très bien, et devient une vérité ». J'ai l'impression que vous vous prenez pour le nouveau Messie qui détient la Bonne Parole.
        • marcel
          octobre 16, 10:00 Reply
          <blockquote>Je trouve vos textes fort intéressants (celui-ci en tout cas) dans la mesure où ils soulèvent des sujets de société de première importance et montrent la manière selon laquelle raisonnent les gens de votre bord.</blockquote> Voilà déjà un calque. Je ne suis d'aucun « bord ». Je construis mes convictions sur l'observation. Ma tendance instinctive est de pencher plutôt vers le communisme et la verdure pour tous, dans un climat sûr pour tous. Seulement, les innombrables mises en application du communisme ont toujours mené à la catastrophe, et donc, je suis intellectuellement obligé de l'exclure. De même pour la verdure, à force d'utopies et ne comprenant pas le monde dans lequel nous vivons, les écologistes politiques (mais heureusement pas tous les écologistes) en sont arrivés à ne plus fonctionner que par slogans, insultes et exclusion. C'est ainsi que Miyovo, par exemple, tente de m'exclure pour le « crime » conjugué que constituent mon âge, ma couleur de peau et mon genre. <blockquote> Mais ce qui dérange en particulier, c’est la vitesse avec laquelle vous tirez des conclusions péremptoires (souvent tirées par les cheveux) sur des questions compliquées, à partir de quelques données et raisonnements fragmentaires,</blockquote> Il ne tient qu'à vous, si vous pensez qu'on peut réduire de 93% nos émissions de GES en dix ans sans gravissime casse sociale, politique et économique, de me démontrer comment. Mes chiffres sont un exemple, mais ils sont mathématiques. La mathématique ne ment pas. <blockquote>Dans la seule présente page, ce sont des dizaines d’exemples qu’on en trouve, au point qu’il est impossible de réagir si on ne veut pas polluer et accaparer votre blog (c’est d’ailleurs déjà limite, je pense ! C’est pourquoi, si j’interviens éventuellement encore, ce sera uniquement à propos des données de base).</blockquote> Je crois avoir répondu de manière argumentée à tous les exemples que vous avez voulu démonter. Un moment, on peut « agree to disagree », mais votre argument sur « des dizaines d'exemples » tient de votre opinion, pas de ma présentation. <blockquote>« C’est justement en vertu de mon activité que je démonte son propos ». Votre « activité » relève de la polémique. Et vous ne démontez rien du tout. « Le mensonge en communication se diffuse très bien, et devient une vérité ». J’ai l’impression que vous vous prenez pour le nouveau Messie qui détient la Bonne Parole.</blockquote> Désolé, mais j'ai tout de même vingt ans de communication professionnelle derrière moi, et dix ans d'analyse politique. Mon activité ne relève pas de la polémique, mais de points de vues décalés par rapport à ceux qui sont promus en majorité dans l'univers médiatique et politique francophone (ailleurs, on me considèrerait plutôt comme un modéré, et on m'accuse encore souvent d'être un bobo gaucho). Le caractère polémique vient uniquement du fait que je ne suis pas sensible aux airs du temps et aux courants fabriqués. Ayant fabriqué moi-même, je vois comment ils sont conçus. Ayant côtoyé les libertaires à la bonne époque des radios libres, je sais comment fonctionnent les manifestateurs. J'utilise simplement ces expériences pour donner une opinion divergente par rapport aux grands engouements. Mais au moins, j'essaie de le faire factuellement. La polémique nait du fait que les faits sont embêtants pour les idéologues.
          • Eridan
            octobre 16, 11:08
            Je juxtapose simplement ceci : « La mathématique ne ment pas » + « La polémique nait du fait que les faits sont embêtants pour les idéologues » Oh que si ! Les mathématiques peuvent souvent mentir. Il suffit de sélectionner les seuls faits qui convergent vers une même conclusion, en excluant les autres (exemples : le Roundup, l'efficacité des statines) pour faire dire mathématiquement aux faits une chose ou son contraire. Le « bord » dont on fait partie joue souvent (toujours) dans cette sélection, même inconsciemment. Et on en tire une prétendue « vérité » ou, comme ici, la prétendue « dénonciation d'un mensonge devenant vérité ». Ce que je persiste donc à critiquer fermement, c'est la rapidité stupéfiante avec laquelle vous passez de constats sélectionnés et dûment interprétés à une conclusion dont on sent qu'elle est définie d'avance, selon vos choix idéologiques (ce qui explique le caractère expéditif de la prétendue « démonstration »). Je veux bien admettre que, pour être intéressant, n'importe quel journaliste d'investigation doit quelque peu s'engager ; mais, si on aligne des « démonstrations » qui n'en sont pas, le propos perd énormément en pertinence et crédibilité. Dénoncer est une chose ; faire la leçon en est une autre.
          • Eridan
            octobre 16, 12:11
            (Suite) Même la science « pure et dure » de la physique regorge d'exemples de « démonstrations » fausses et pourtant dûment argumentées. L'exemple le plus significatif fut celui de la découverte de la théorie de la relativité qui, au XIXe siècle, a pris pas moins de 50 ans de retard parce que, sur base d'idées préconçues et fausses, on avait interprété incorrectement la (pourtant géniale) théorie de l'électromagnétisme de Maxwell. Mais, dans un sujet aussi (et bien plus) complexe que le climat et l'interaction humaine, une grosse dose d'idéologie est inévitable ; que l'on formule ses choix, ses préférences, sa philosophie est donc logique ; mais parler dans un tel sujet de « démonstrations » est puérile et ridicule.
          • Salade
            octobre 22, 22:22
            Les mathématiques sont une science exacte, mais dès que l'humain intervient, on ne peut plus parler de sciences exactes. Je pense qu'il y a tellement de variables et d'hypothèses humaines (décisions humaines hypothétiques) dans la science du réchauffement climatique qu'on ne peut pas avoir quelque chose de précis. Ceci étant dit, ça ne veut absolument pas dire qu'on est dans le flou absolu. Mais bon, on est dans le domaine des tests d'hypothèses, quand même très utiles (médicaments par ex)
  17. Fouad
    octobre 19, 22:46 Reply
    Thank you for the post.
  18. Admirateur nuancé
    octobre 31, 16:07 Reply
    Le contenu de vos textes est en fait bien plus nuancé que ne le laissent sous entendre les titres. Vous n'êtes pas un climato-sceptique, vous ne critiquez pas les messages du GIEC, mais bien les messages trop simplistes de Greta Thunberg. En fait elle est un messager, un catalyseur, même si elle est parfois maladroite. Vous montrez que l'objectif de la neutralité carbone est intenable économiquement, et ce d'autant plus à court terme. C'est très juste, ça a été montré récemment par JM Jancovici dans une conférence à l'OCDE. J'ajoute que lorsqu'on est entré dans l'ère industrielle, on a tourné le dos aux énergies renouvelables en se lançant dans les énergies fossiles : c'est très bien illustré sur un beau panneau de la cité des sciences à Paris. C'est grâce à leur remarquable efficacité qu'on a catapulté notre évolution, notre confort de vie (mal réparti certes) on a notamment doublé l'espérance de vie au XXeme siècle, et maintenant qu'on est 7 milliards d'individus devenus complètement dépendants (on pourrait dire drogués) de ces sources, on constate 2 problèmes. Le premier est leur raréfaction (le pic de pétrole conventionnel est déjà dépassé), le second est le réchauffement climatique. Si on place ces derniers 200 ans ne fusse que sur une échelle de 5000 milles ans (début de l'écriture, la civilisation), on vit en ce moment un feu de paille, une évolution exponentielle de divers paramètres liés entre eux : population, consommation, dettes des états.... En d'autres mots, le contraire d'une évolution maitrisée. Dès lors, même si le monde actuel ne fait que des petits efforts pour lutter contre le réchauffement climatique (et de facto vous montrez que c'est le cas vu le comportement des plus gros émetteurs comme la Chine et les Etats-Unis), ce monde tel qu'on ne connait ne peut pas durer. Maintenir l'économie debout en passant aux énergies renouvelables, c'est impossible car elles sont toutes bien moins efficaces que les énergies fossiles, c'est assez facile à montrer avec une petite base scientifique. Et c'est ce qui explique le comportement des Etats-Unis et de la Chine qui brûlent en ce moment tout ce qu'ils trouvent dans le sol…Entre ce comportement là, voué à l'échec à long terme par disparition des sources, et un comportement trop rapide de réduction des GES également intenable (vous le montrez vous-même), personne ne peut dire quel est le bon comportement ! Et personne ne sait non plus avec certitude, même le GIEC, quel serait le climat avec 100 ppm de plus de CO2 dans l'atmosphère que maintenant. Juste embêtant, assez grave, très grave, catastrophique ? Nous voyons différents murs se dresser devant nous mais on les voit flou, on ne sait pas si on va foncer dedans où si certains vont pouvoir passer au-dessus. Ma conclusion : avec ou sans Greta, l'humanité a déjà commencé à faire face a ces deux problèmes cruciaux (et inédits dans l'histoire) au XXI eme siècle, et cette page est loin de se tourner. Anticiperais-je vos billets suivants sur le sujet ? Bien à vous.
    • marcel
      octobre 31, 19:58 Reply
      Vous avez un peu anticipé en effet. L'Acte 3 vient de sortir. Cela dit, je n'aime pas l'idée que nous serions « drogués » au fossile. En réalité, le citoyen se fiche de savoir comment est produite son énergie. Ces choix sont donc bien politiques. Mais la gestion politique, c'est un peu comme piloter un Titanic entre les icebergs : toute manœuvre trop brusque peut causer une avarie mortelle pour l'économie. En tout cas, merci d'avoir « bien » (à savoir intelligiblement) lu mon texte !

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