Le problème avec Greta. Acte 1 : la naissance d’un mythe.

Le twit de Ingmar Hentzhog qui a lancé Greta Thunberg.

Au début de l’automne 2018, la personnalité de Greta Thunberg est passée au-devant de la scène internationale, provoquant rapidement un clivage radical. On ne pouvait plus être que pour ou contre. Il faut dire que critiquer une adolescente, « avec asperger » (deux caractères sacrés : l’enfance et le « handicap »), c’est déjà en soi passer pour un bourreau. Pourtant, son discours souvent verbalement violent avait (et a) de quoi inquiéter. « Je veux que vous paniquiez » ; « vous avez volé mon enfance » ; « des enfants meurent [à cause de vous] »

Hélas, face à un tel mur défensif, beaucoup d’opposants ont confondu critique et insulte. On la dit manipulée, on glose sur sa jeunesse ou son syndrome neurologique, on voit des complots partout. Quant à ses défenseurs, ils la comparent à… Jeanne d’Arc, pour reprocher ensuite aux uns de vouloir la brûler. La comparer à une sainte, comme l’a fait Laurent Joffrin est révélateur.

Aujourd’hui, on défend Greta comme on entre en religion. Et on la houspille comme on entre en inquisition. Ne pouvant justifier son discours vitupérant, ses défenseurs la réduisent à un « symbole » bien commode. Ne pouvant la critiquer, même objectivement, sans être qualifiés de misogynes ou d’inquisiteurs, ses détracteurs perdent pied et sombrent dans l’agression gratuite. Ce clivage ne sert personne. C’est la pire chose qui puisse arriver au moment où le climat exige une action volontaire et universelle. Le réchauffement est une réalité. Ses conséquences potentielles doivent provoquer l’action concrète.

Aujourd’hui est le pire moment pour perdre la raison.

Mais rien n’est plus dangereux en démocratie qu’une personnalité érigée en symbole, une icône intouchable par sa nature même, et plus encore par l’engouement de foule qu’elle provoque. Rien n’est plus dangereux pour la raison qu’un discours excusé d’avance au nom de la virginalité de son actrice. Cette intouchabilité est un pare-feu contre la critique de son idéologie. Et aucune idéologie n’est indolore. 

Le climat de peur (voire de terreur) qui se développe à la périphérie de la lutte de Greta Thunberg est même affolant, entre ceux qui diffusent l’idée que l’humanité n’a plus qu’une grosse décennie à vivre, les collapsologues, les Aurélien Barreau qui n’hésitent pas à prôner un gentil viol des libertés, les partisans d’une limitation des naissances, voire de l’arrêt des soins aux plus âgés et les menaces subreptices d’un recours à la violence. Et toutes ces extrêmes sont complaisamment étalées dans la presse, où le débat a fait place à un championnat de catch par billet d’opinion interposé qui prend ensuite des allures de guerre nucléaire sur les réseaux sociaux.

L’ambiance est toxique.

Faute de le refonder ou de le réorienter radicalement, le combat de Greta Thunberg a en fait déjà échoué. Parce qu’il ne peut réussir que s’il convainc le plus possible de citoyens et de responsables. Et s’il avance des solutions efficaces et vise les bonnes cibles. Et qu’au contraire, ses déclarations, le radicalisme des groupes qui la soutiennent le plus activement, les réactions parfois délirantes de ses opposants, font exactement l’inverse. Il suffit de voir comment Donald Trump a utilisé sa virulence à son service. Quand un discours à l’ONU sert aussi bien le deuxième plus gros pollueur de la planète, il y a des questions urgentes à se poser.

Je me suis donc attaché à livrer cette critique décente et respectueuse, en analysant plusieurs aspects du phénomène Greta Thunberg, qui me semblent fondamentaux. Le thème est vaste et j’aime être complet, à lire à tête reposée. Je le publierai donc en plusieurs chapitres.

ACTE 1. LA NAISSANCE D’UN MYTHE 

Je voyais récemment une personnalité des médias s’émerveiller de cette jeune fille qui aurait, toute seule, fait tout ce chemin, à partir de sa manifestation isolée devant le parlement suédois. C’est à se demander pourquoi les défenseurs de Greta ont besoin d’associer le miracle à son engagement qui, en soi, est tout à fait remarquable. Ceux qui y ont participé ont réalisé un tour de force en termes de communication. Alors, pourquoi ce besoin d’y ajouter une touche superhéroïque ?

Ou, posons la question autrement : pourquoi, dès le départ, a-t-on ressenti le besoin de mettre en place une légende Greta Thunberg ? Dès le premier jour, on peut parler de création de mythe. On a déjà écrit comment ce subit engouement avait été organisé. Mais c’était pratiquement toujours dans le but de la discréditer, sur un mode accusatoire et non descriptif.  

La légende veut que le 20 août 2018, Ingmar Rentzhog, un activiste et startupper du climat suédois, marche par hasard dans la Riksgatan, la rue qui traverse le parlement suédois, à Stockholm. Il tombe — toujours par hasard — sur une jeune fille qui manifeste seule avec un carton où il lit « Skolstrejk för Klimatet » (grève scolaire pour le climat). Subjugué par la petiote, il recule le plus possible pour qu’elle ait l’air toute petite devant l’immense façade du parlement, et prend soin de bien cadrer une photo qu’il partage sur ses comptes Facebook et Twitter, accompagnée d’une légende poignante : « Une fille de quinze ans, devant le parlement suédois, fait la grève scolaire jusqu’aux élections, dans trois semaines. Imaginez à quel point elle doit se sentir seule sur cette photo. Les gens passent sans s’arrêter. Continuant leurs affaires comme d’habitude. Mais la vérité, c’est que. Nous ne le pouvons pas et elle le sait. » (ma traduction de l’anglais). 

Les anti-Greta ont imaginé qu’Ingmar Rentzhog avait préparé le coup avec son égérie. Leur réflexion s’arrête la. Pourtant, elle a certifié qu’elle ne l’avait jamais rencontré auparavant. Et les pro-Greta se contentent de ça pour se convaincre que la légende était réelle. 

En réalité, il est vraisemblable que Rentzhog n’ait jamais rencontré Greta auparavant. Mais il savait qui elle était avant ce passage « par hasard ». Il avait croisé sa mère, la célèbre Malena Ernman, lors du « Parlement climatique suédois » au printemps précédent, où elle conférait. Il avait aussi lu le texte écrit par Greta Thunberg, qui avait emporté le deuxième prix d’un concours de rédactions sur le climat organisé par Svenska Dagbladet en mai 2018. 

La légende de la petite fille seule attirant à elle les médias ne tient pas.

De plus, Ingmar Rentzhog a reconnu avoir été informé d’une grève scolaire le vendredi précédent au parlement suédois — le 20 août était un lundi. Selon Dominic Green (The Times), il en aurait été informé par la mailing-list de Bo Thorén — un autre activiste dont je vous reparle plus bas. De toute évidence, ce mailing était destiné à promouvoir la grève en atteignant le plus possible de « voix » permettant de la propager. Avec Rentzhog, ce fut le superbanco. Il y a donc bien eu une « promotion » de l’événement par une campagne de PR, mais elle ne venait pas à l’origine de Rentzhog. Et la légende de la petite fille qui, toute seule, a attiré à elle toute la presse suédoise ne tient plus.

Ingmar Rentzhog est le fondateur de We Don’t Have Time, un réseau social à visée commerciale spécialisé dans le climat et l’environnement. Il est aussi très impliqué dans l’organisation Global Challenge et la décroissance (article à prendre avec recul). Après son twit et son statut Facebook, qui deviennent rapidement viraux, il continue à s’activer. Il reconnaîtra ensuite dans un commentaire Facebook qu’il a fait ce qu’un bon PR fait : réagir vite.

Résultat de cette campagne de presse express : le jour même, la jeune fille est interviewée par Aftonbladet. Pour l’occasion, on la filme sous les colonnes à l’entrée du passage. À 14h30, c’est au tour d’ETC (journal de gauche) de publier un article sur l’étrange adolescente. À 15h36, Effektmagasin publie une courte interview de Greta (reprise plus tard par Naturpress — « les infos vertes »). La photo qui accompagne l’article montre qu’à ce moment-là, une équipe de télévision est aussi en train de la filmer. Avant même Rentzhog, à 10h13, le député Jönas Sjöstedt, du Vänsterpartiet (gauche radicale écologiste) avait partagé les photos posées de Greta, qu’elle avait publié sur son compte Twitter personnel à 9h27, soit à peine 40 minutes plus tôt. À 20h51, le twit est repris dans un article d’Expressen.

Une campagne de PR moins cohérente que chanceuse conquiert tous les grands médias suédois en 48 heures.

Le lendemain, ça continue. On parle d’elle dans SVT Nyheter, sur la chaîne TV4, dans Metro (où, décidément très assidu, le député Jönas Sjöstedt s’est pris en selfie avec Greta) et Dagens Nyheter publie une interview vidéo. Superbanco, disais-je : tous les grands médias suédois, en 48 h ! 

On ne sait pas combien d’entre eux ont été amenés par Ingmar Rentzhog (qui a reconnu dans un commentaire FB : « Ce n’est pas un secret que j’ai fait des PR pour Greta Thunberg » — ma traduction du suédois), combien par Thorén ou par d’autres. Mais une chose est certaine : il n’y a pas eu miracle, mais bien une campagne de PR réussie. Est-ce un crime de faire des PR ? Non, mais pourquoi a-t-on besoin de croire ou de faire croire qu’il s’agit de « hasards » ?

Le beau projet de Bo Thorén.
Le seul grand média suédois à suivre de plus loin est le Göteborgs Posten, qui attendra le 22 août pour reprendre partiellement l’article de Metro. Toutefois, là non plus, notre petite étoile montante n’est pas une inconnue. Le 3 juin (soit deux mois et demi plus tôt), l’éditorialiste Peter Hjörne avait déjà repris un extrait de la petite rédaction de Greta Thunberg primée par Svenska Dagbladet. C’est aussi suite à ce concours que l’autre activiste du climat suédois déjà cité, Bo Thorén, avait pris contact avec Greta et les autres lauréat-e-s. Mais seule Greta fut intéressée par sa proposition.

Et là encore, la légende souffre. Bo Thorén est en fait le véritable « inventeur » de la grève pour le climat. Greta Thunberg elle-même a reconnu que c’est lui qui en a eu l’idée. Mais elle a aussi affirmé qu’elle s’était chargée « toute seule » de son organisation. 

Ce faisant, elle réalisait néanmoins une campagne voulue par Bo Thorén lui-même : en février 2019, sur son blog Uvell.se, la chroniqueuse suédoise Rebecca Weidmo Uvell a révélé un e-mail de Bo Thorén datant de janvier 2018 — soit sept mois avant la première action de Greta Thunberg, dans lequel il préconisait d’utiliser des jeunes dans la bataille pour le climat. Le mail s’adresse à diverses antennes écosensibles et commence par : « Voici une invitation à une réunion pour discuter de la manière dont nous pouvons nous impliquer et obtenir de l’aide des jeunes pour accélérer la transition vers une société durable. » (ma traduction du suédois).

Le jour de la première grève de Greta, 11h, Bo Thorén lui envoie d’ailleurs un twit pour lui annoncer amicalement qu’il est en route pour Stockholm, avec sa fille, pour la soutenir. 

Comme on le voit sur son profil, Bo Thorèn se réclame (X) d’Extinction Rebellion, une antenne radicale que Greta Thunberg soutient également.

Une jeune fille bien conseillée… en toute opacité
C’est là que se dessine un aspect négligé par beaucoup de médias et nié par ses défenseurs les plus acharnés (mais pas par ses parents). Autour de Greta Thunberg, il y a une équipe. Greta a reconnu avoir bénéficié de l’aide de scientifiques dans la rédaction de ses discours. Mais motus sur le reste. Il semble pourtant évident (et heureux) qu’elle bénéficie aussi de conseils avisés, par exemple, sur la manière de gérer les innombrables messages de haine qui lui sont adressés sur les réseaux sociaux. Pour être moi-même confronté depuis des années à la violence sur les réseaux, je prends pour très peu crédible qu’elle ait pu raisonner seule la manière de faire face à un tel afflux d’insultes. Le fait qu’elle en fasse même un argument militant, souvent utilisé sur Twitter et dans ses discours, permet d’imaginer qu’elle bénéficierait d’une réflexion stratégique constante et professionnelle.

Sauf à la prendre pour le plus grand génie depuis Einstein (ou même supérieure à Einstein), il semble aussi difficile d’admettre que ses discours extrêmement percutants ne bénéficient pas de l’une ou l’autre « patte ». Elle utilise des slogans forts, très bien synthétisés, et se renouvelle constamment. 

À l’heure où elle a accès aux tribunes les plus respectées, il faut pouvoir subvertir Greta Thunberg comme n’importe quel pouvoir, n’importe quelle idéologie.

Plus globalement, son discours évite soigneusement de trop tremper dans son radicalisme personnel. Véganisme et anticapitalisme transparaissent, mais en filigrane. Son caractère à la fois original et autoritaire (elle sermonne sa mère quand elle consomme un produit non végane) rend les accusations de manipulation peu crédibles. Mais il est évident qu’elle est assistée, ce qui est légitime. Et la question n’est donc pas « qui la manipule ? », mais bien « qui l’influence ? ». Et là, c’est l’opacité absolue. Une telle obscurité est inquiétante.

Je ne crois pas non plus à un prétendu « lobby vert » qui se cacherait derrière elle. C’est une accusation venue de gens qui, eux-mêmes, soutiennent des lobbies non verts ; c’est franchement gonflé. Et nous avons besoin d’une rénovation écologique du capitalisme. On devrait donc se réjouir, tous, de l’émergence d’un lobby [plus] vert !

Il est certes évident que Greta « sert la soupe » aux capitalistes sensibles à l’environnement, mais toute action au service du climat le fait de gré ou de force, y compris les discours des politiciens traditionnels en faveur d’une politique volontariste. Et c’est heureux. En revanche, son cercle étroit est bel et bien radical et nourrit peut-être son propre radicalisme. Et c’est là que le bât blesse, parce qu’elle a accès aux tribunes les plus écoutées dans le monde. Le pape, le Dalaï Lama, l’ONU, et peut-être le Nobel.

Il faut donc la subvertir, comme n’importe quel pouvoir, n’importe quelle idéologie. Cela implique qu’on respecte la personne et qu’on cesse les suspicions déplacées sur son âge ou son asperger. Greta Thunberg est une jeune fille engagée, brillante, une oratrice hors pair et elle ne recule devant personne. Mais elle porte aussi une idéologie et une utopie irréalisable voire dangereuse à de nombreux égards. À l’heure où elle est brandie comme celle qui va sauver la planète, où elle est déjà l’idole de millions de jeunes, il est indispensable de sortir de la sanctification et du mythe pour entrer dans le débat. 

À suivre : 

Acte 2 : Un message simpliste, des exigences dangereuses

Acte 3 : La fracture des générations

Acte 4 : Une utopie dangereuse

Acte 5 : La science sélective

(Photo de couverture : CC0 Florian Pircher pour pixabay.com)


Cet article en cinq actes a fait l’objet de deux semaines de recherche. S’il vous a intéressé, n’hésitez pas à contribuer à mon travail à raison de minimum 2 € (en-dessous, la perception PayPal est prohibitive).

(Note : je n’accepte pas plus de 50€ par trimestre des mandataires politiques, quel que soit leur bord.)

 

©Marcel Sel 2019. Distribution libre à la condition expresse de citer l’auteur (Marcel Sel) et d’établir un lien avec cette page. 
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18 Comments

  1. Onan Peuplu
    octobre 04, 14:29 Reply
    Vous ne "croyez pas à un lobby vert caché derrière" cette greluche-Bidon et son mensonge climatique clairement démontré sur la chaine Youtube de Tony HELLER et son site realclimate science.com, mais en même temps il faudrait "se réjouir, tous, de l’émergence d’un lobby [plus] vert " ça commence "bien".......
    • marcel
      octobre 04, 14:46 Reply
      On peut démonter ce qu'on veut quand on n'utilise que les faits qui arrangent la démonstration. Donc, vu ce dont je dispose, je ne crois pas en effet que son message serve les « capitalistes verts ». Tout simplement parce qu'il ne sert pas le capitalisme tout court. Ensuite, je trouve curieux que des capitalistes qui seraient non verts (ce qui est une stupidité à l'heure qu'il est) critiquent d'autres capitalistes parce qu'ils ont plus avancé qu'eux dans le progrès technologique vers une société décarbonée. Cette évolution est souhaitable quoi qu'il arrive (réchauffement ou non), parce qu'elle limite la pollution (ce qui serait en soi déjà une raison suffisante) et, à terme, rend l'énergie moins chère et nous rend moins dépendants de certains pays. Du moins, si on avance avant les autres. Personnellement, je ne pense pas que des dizaines d'États se soient entendus pour fabriquer une institution dont le but serait occulte et les forcerait sans raison à changer leurs politiques et leurs lois. Et donc, je fais confiance aux scientifiques qui nous annoncent un réchauffement anthropique. Cela dit, je crois tout autant que leurs conclusions doivent être lues avec un regard critique, faute de quoi on provoque la panique, on se trompe de « solutions » et on glose à l'infini.
  2. J Lejeune
    octobre 04, 17:47 Reply
    Peu importe Greta pour ma part, ce qui me gène c'est le manque de réel discussion sur le temps qui reste et ce qui peut vraiment avoir un impact. Certes l'humanité ne va pas disparaître dans 10 ans mais il ne reste que 6 ans pour empêcher un effet boule de neige contre lequel les humains ne pourront rien faire.6 ans pour empêcher la terre de dépasser 2 degrés, si on loupe cette dernière chance alors les températures vont monter à 5 puis 7°c et ne redescendront plus pour des millénaires et ça c'est la fin de notre monde tel qu'on le connait. Des millions de gens impactés d'ici 2050 et des pays invivables d'ici 1 à 2 siècles. Je vous conseille de suivre https://twitter.com/Jumpsteady qui poste régulièrement des extraits de conférences données par des climatologues. Particulièrement celle de Professeur Stephens de 2018. D'après lui 2020 est la dernière année où on peut encore agir normalement. Après au final qui est derrière qui n'a plus d'importance et notre modèle de vie aura bien mené ce "monde" (notre mode de vie) à sa perte.
    • marcel
      octobre 04, 18:12 Reply
      Oui mais non. Tout ce que vous écrivez est à mettre au conditionnel si je lis bien les conclusions du GIEC. J'en parle du reste dans un article suivant.
  3. Eric
    octobre 04, 18:29 Reply
    On ne pourra pas se cacher la tête dans le sable indéfiniment. Quoi qu'on pense de la personnalité de Greta, son discours -d'où que 'on pense qu'il vienne- met le nez des politiques (et nous aussi) face à des responsabilités que qu'ils feignent (et donc refusent) de prendre à bras le corps. Bref, comme le résume si bien l'image qui circule en ce moment : quand Greta montre le désastre climatique, l'imbécile regarde Greta.
    • marcel
      octobre 05, 08:29 Reply
      Je vous donne rendez-vous aux actes suivant qui battent ces arguments en brèche.
  4. Pierre Van den Durpel
    octobre 05, 15:10 Reply
    Bonjour, vous mettez dans le camp de ceux qui sèment la terreur et la peur Aurélien Barrau (sans e). Son thème récurrent est axé sur l'indispensable décroissance. Etes-vous comme Drieu Godfridi convaincu que notre monde va de mieux en mieux dans tous les domaines, que le mieux reste à venir grâce à la technologie et au libéralisme et qu'il ne faut donc rien changer? Etes-vous convaincu que la consommation croissante des biens d'une planète finie est supportable? Dernière alerte en date : https://l.facebook.com/l.php?u=https%3A%2F%2Fplus.lesoir.be%2F250965%2Farticle%2F2019-10-02%2Fcomment-le-sable-est-devenu-une-ressource-en-voie-de-disparition%3Futm_source%3DRepensons_Lena%26utm_medium%3Dnewsletter_le_soir%26utm_campaign%3DRepensons_notre_quotidien_04102019%26utm_term%3Dcomment-le-sable-est-devenu-une-ressource-en-voie-de-disparition%26utm_content%3DArticle3%26m_i%3D9%252BDWuJ37v7N8SJ0XVgAFCXyz5Bxmhi2rk74Pl7Y8b1b4xRANHcwXdGxVyIUaNP9HCOHYksUk__UJBmXLQWUoIkyn_HT99a%26M_BT%3D139660089258%26fbclid%3DIwAR2msW3B-1QW2zuMj19TAd_nuRdNyPHkSOgjs1BtqQva58_A3VbrhSbeRo8&h=AT3IAK6wAYnNj6Gf40SPTjK6dCDtOqS3dHUFRP4_Dd0sPwOJPxcEFMoh_ecarVlCfjIH8yOpx_Ce-u2KeqCL3KHMbGHiQQHpJaCM4JBckxn-aM72o6KQ077HgaGAKHGL37SQj8oau11WTNmjAPTblA
    • marcel
      octobre 05, 20:51 Reply
      Non, je ne suis pas du tout un disciple de Drieu Godefridi. Je crois, pour résumer, en une croissance décarbonée et basée sur une utilisation raisonnable des ressources. Le recyclage ou l'économie circulaires n'empêchent pas la croissance tout en économisant les ressources. L'énergie verte est aussi en très forte croissance, dont les dépenses énergétiques seront ensuite compensées par une économie d'émission de GES. Je montre dans l'acte 3 (ou 4, je ne sais pas encore) que l'augmentation du PIB a déjà été accompagnée par le passé d'une réduction des émissions de GES. Dès lors qu'il y a croissance de la population, il y a de toute manière croissance, ne fût-ce qu'en PIB par État. En revanche, je ne dispose pas de chiffres me permettant d'affirmer qu'une croissance est possible sans énergie nucléaire, par exemple. Ou sans émissions de GES, si le nucléaire est exclu.
  5. Pierre Van den Durpel
    octobre 05, 15:31 Reply
    Re-bonjour, puis-je me permettre un commentaire sur le sujet des supports apportés à l'une ou l'autre opinion. Je trouve normal que ceux qui croient sincèrement à une évolution désastreuse rapide se battent pour faire admettre ce fait qui les inquiètent et contre lequel, observent-ils, on fait peu ou quasi peu. Je trouve aussi normal que les industriels s'opposent à toute mesure qui les freinerait dans leur expansion (donc leurs résultats et leurs bonus) et tout aussi normal, quoique peu noble, que les politiques ne souhaitent pas imposer des mesures qui leur coûteraient leur ré-élection (but de chaque fin de législative). Il faudra donc que le conditionnel dont vous parlez en réponse à un autre commentaire (4oct 18:12) devienne le futur proche ou s'évanouisse pour que les positions se rejoignent mais attendre, dans le cas de survenance de l'hypothèse pessimiste, revient à laisser passer notre chance. Bien à vous
  6. Salade
    octobre 05, 16:49 Reply
    Encore du Greta Thunberg dans ce blog: c'est du réchauffé!
  7. Ludovic NYS
    octobre 06, 09:05 Reply
    Marcel, je suis admiratif. Comment parvenez-vous à accéder à une information aussi circonstanciée et pertinente à propos d'un domaine qui a priori vous échappe ? Comment faites-vous pour accéder à des sources suédoises qui ne vous sont a priori pas accessibles ? Autre question, plus anecdotique en apparence : vous parlez le suédois ? ... Ce que vous faites, que vous avez toujours fait à vrai dire, est ce que l'on appelle du journalisme d'investigation, et à vrai dire, j'en connais peu, très peu dans le landerneau des médias, qui vous arrivent à la cheville. Mais quand donc un journal digne de ce nom dans notre pays comprendra-t-il qu'il aurait tout à gagner à vous recruter ?
    • marcel
      octobre 06, 10:50 Reply
      Bonjour Ludovic, Je ne peux pas dire que je parle le suédois, je m'y suis simplement initié il y a quelques années. Mais je lis la langue et je comprends les termes courants. Pour la traduction d'articles ou de citations, c'est un peu plus bricolo, j'ai tout de même (encore) souvent besoin d'un dictionnaire :-) Au pire, si je ne suis pas sûr de la compréhension, je pose la question à quelqu'un qui le parle. Le fait que je parle plusieurs langues germaniques aide évidemment. À partir de là, je peux naviguer sur les sites suédois pour chercher l'information. Ça me prend un peu de temps, mais c'est vrai que ça me donne un avantage sur la plupart des journalistes francophones qui ne lisent pas — pour la plupart — une dizaine de langues :-) Pour le recrutement dans un journal, on m'a souvent posé la question. J'ai bien travaillé pour quelques magazines, et je n'ai jamais été pris en défaut, mais pourquoi aucun journal ne m'a jamais rien proposé depuis… je n'ai pas de réponse.
      • Ludovic NYS
        octobre 06, 15:41 Reply
        Sans flagornerie, vous faites un travail absolument sidérant. Et le mieux, c'est que globalement je suis souvent en plein accord avec votre vision des choses. Nos références et nos appartenances sont sans doute différentes (je suis catholique pratiquant quant à moi), mais je crois que nous adhérons tous deux à une même conception d'une démocratie ouverte, critique et partagée. Ce qui, chez vous comme chez moi, conduit souvent à une liberté de parole, voire de ton, qui n'est pas du goût de tous. Car comme vous devez sans doute le savoir, il m'arrive à moi aussi d'utiliser ma plume au détriment, voire au déplaisir, de l'un ou l'autre de nos politiques. Quoi qu'il en soit, continuez comme cela. Je vous l'ai déjà écrit : votre blog est un espace d'oxygénation critique et intellectuelle dans un océan de médiocrité.
  8. Yves Beguin
    octobre 07, 08:34 Reply
    Bonjour Marcel. Je vous lis depuis longtemps, mais c'est la 1ere fois que j'interviens. J'ai 4 commentaires/réflexions: 1) La réduction du CO2 anthropique permettrait (certaines scientifiques en doutent) de stabiliser le réchauffement climatique, mais aussi (1) de réduire la pollution et (2) de ralentir l'épuisement (terrible) des énergies non renouvelables. Vous ne parlez pas de ce dernier point 2 a 14:46 Oct. 4, mais oui un peu indirectement ("économiser les ressources") a 20:51, Oct. 5. Est-ce seulement un oubli? 2) Au risque de me faire honnir par bcp, je pense (comme vous?) que le nucléaire est un bien et un mal nécessaire, encore pendant au moins une décennie ou 2. 3) Croissance libre forte, modérée, zéro ou réduite (décroissance): autre sujet (lie, puisque tout est lie) très polémique ! Perso, je voudrais une croissance "ciblée" sur seulement certaines choses, zéro sur d'autres, et réduite sur encore d'autres. 4) Dans votre Acte 2, vous êtes un des rares a enfin dire que l'on ne vise que les politiciens, les industriels, les journalistes, mais quasi jamais les simples consommateurs que nous sommes tous ! Presque personne (pas même Greta) n'ose dire avec FORCE aux gens qu'ils doivent avoir le courage de changer (réduire) leur consommation effrénée (NIMBY), de cultiver une certaine frugalité, pour ne pas dire une frugalité certaine.
    • marcel
      octobre 07, 09:33 Reply
      Bonjour Yves et merci pour votre premier commentaire ! 1. Ce n'est pas un oubli, mais ce n'est pas directement lié au sujet. Mon opinion est que la question du réchauffement climatique peut être découplée de la réduction de GES anthropiques, précisément parce que la révolution énergétique permet de réduire la pollution, de ralentir l'épuisement des ressources mais aussi de créer une croissance non plus liée à des ressources finies mais bien à des ressources qui ne le sont pas (vent, chaleur, etc.) et enfin de faire avancer la civilisation (en privilégiant la santé sur un type de confort qui lui nuit de plus en plus : sédentarité, etc.)) Donc, même les climatosceptiques devraient adhérer à la réduction des GES. 2. D'accord avec vous. 3. Le problème, quand on parle de croissance, c'est qu'on sous-entend qu'elle ne pourrait être composée que de biens et d'énergie polluante, alors qu'il y a des tas de façons de croître. Ainsi, la croissance liée aux énergies douces est bel et bien une croissance. Je montrerai d'ailleurs dans un chapitre suivant que la réduction des GES peut tout à fait s'accompagner d'une hausse du PIB. 4. Merci d'avoir remarqué ce point qui me semble fondamental. Il est temps de parler avec enthousiasme du bien qu'on se fait en changeant ses propres comportements :-) Bonne journée !
  9. PATRICK DE GEYNST
    octobre 07, 21:16 Reply
    Il suffit de voir la longueur ,et la profondeur de vos articles pour comprendre pourquoi vous n'êtes pas recruté par la "presse" Faut faire court coco ! Le temps de cerveau disponible est minuté.
    • marcel
      octobre 07, 22:14 Reply
      Celui-ci fait 14.000 signes, un format courant en magazine. Par ailleurs, je fais 1550 signes toutes les semaines dans Télépro… comme quoi.

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