Brunir la N-VA, c’est blanchir l’extrême droite. Exemples avec Peter Sweden et Schild en Vrienden.

Theo Francken parle de « chasse aux sorcières » et les électeurs pourraient lui donner raison.

La gauche politique surtout francophone — les élections approchent — a acquis et diffusé l’opinion que Theo Francken était, au fond, un nazi. Elle se base notamment sur deux faits récents : la présence de membres de Schild en Vrienden à la N-VA et le fait que le secrétaire d’État ait retwitté « un négationniste ». Comme pour sa présence à l’anniversaire de l’ex-collabo Bob Maes, il y a là un procès d’intention qui sied à la propagande politique, mais dont le journaliste (et le politicien sérieux) devrait pieusement s’abstenir. On combat mal un adversaire qu’on interprète mal. Et il est patent que les gesticulations récurrentes de la gauche surmilitante a jusqu’ici eu pour quasi seul résultat de contribuer à rendre sa cible obsessionnelle encore plus populaire côté flamand. Car chaque fois qu’on l’attaque à mauvais escient, il se victimise de façon très crédible, et fait le plein de voix. Exemple dans le cas du journaliste « négationniste » et dans l’affaire Schild en Vrienden.

Nee-gationnisme
Ce dimanche, sur la taïmelaïne Twitter de Theo Francken, on pouvait voir un retweet (partage) d’un gazouillis émis par un certain Peter Sweden (@petersweden7). Il s’agissait des résultats électoraux de Rinkeby (Suède), un quartier difficile, qualifié par le Twittos de « no-go zone avec plus de 90 % de population émigrée ». Les résultats : « 77 % pour la gauche communiste, 12 % pour les verts […] ». Et dans son partage, Theo Francken de commenter « De l’or électoral pour la gauche ».

Tout de suite, tollé, parce que Peter Sweden a un sacré pedigree. De son vrai nom Peter Imanuelsen, il a plusieurs fois nié ou minimisé la Shoah — rien que ça. Parmi ses citations tristement célèbres (datant toutes de 2016) : « Je crois que la Shoah est un mensonge qui permet de mettre en place les projets du Nouvel Ordre mondial », qu’il considérait lui-même, dans un autre tweet, comme une création « du Vatican et des Juifs ». Comme les palestinistes les plus antisémites, il croit que « les mondialistes (principalement juifs) ont amené les musulmans en Europe. Ils semblent travailler ensemble », ce qui le rapproche d’Israël Shamir, un antisémite prétendument juif publié notamment par Abou Jahjah (eh oui, les extrêmes se touchent) qui a, comme Sweden-Imanuelsen, « étudié » le Protocole des Sages de Sion. À son propos, Peter Sweden n’a rien trouvé de mieux à dire que « Comment le Protocole des Sages de Sion peut-il être “antisémite” ? Le propre texte des Juifs sur le suprémacisme juif peut-il être antisémite ? » Il ne savait donc apparemment pas que ce protocole avait été écrit par un informateur de la police secrète russe, antisémite virulent, au début du siècle dernier. Ou alors, il a faisait comme si.

Enfin, son micromessage le plus célèbre, dont la photo circule beaucoup, était « Je n’aime pas le fascisme, mais je crois qu’Hitler avait raison sur certains points. Je suis assez sûr que la Shoah n’a en fait jamais eu lieu ». Non sans préciser ensuite « À propos, pour que vous sachiez que je ne suis pas un nazi. 🙂 Je crois qu’Hitler avait raison sur certains points, mais je ne suis pas d’accord avec le fascisme ou le socialisme. » Quant à savoir sur quels points Hitler avait raison, on peut en avoir une petite idée quand on lit Peter insinuer que les réfugiés-violeurs (rapefugees) n’auraient pas pu entrer en Allemagne à l’époque du Führer.

Mais depuis tout ça, il s’est reconverti en antinazi antinégationniste.

New Sweden shoes
Peter Sweden se serait-il laissé entraîner à l’extrême pour reculer ensuite (oui, ça arrive) ? Un tweet de sa main permet en tout cas d’envisager que des lectures complotistes l’influençaient : « J’ai aussi entendu que les camps de concentration [extermination] avaient en fait des piscines, des cinémas, des théâtres, des terrains de foot, etc. (photos). Votre opinion ? » Dans un cadre plus ridicule, il affirmait que « presque tous les studios pornos appartiennent à des Juifs ».

On peut aussi se demander s’il n’a pas compris, à un moment donné, que ses opinions sur la Shoah l’empêchaient de progresser au sein même de l’alt-right. À l’été 2017, lors d’une opération d’extrême droite contre les navires de sauvetage en Méditerranée (Defend Europe), il a rencontré la plus dingue des chroniqueuses alt-right (notamment de FoxNews), Katie Hopkins — une raciste patentée qui a fait croire, par exemple, que l’incendie d’un entrepôt communal à Koekelberg était dû à un attentat islamiste « molenbeekois » et n’a jamais retiré son grossier pépiement malgré les corrections factuelles que lui ont envoyées à peu près tous les journalistes belges sur Twitter. Lors de l’opération anti-immigration en Méditerranée, Katie Hopkins a publié une photo en compagnie de « son ami » Peter Sweden, ce qui a rapidement fait gonfler le compte Twitter de ce dernier. Mais, probablement parce que le Huffington Post a alors relevé que le nouveau pote de Katie avait nié la Shoah en 2016, elle a rapidement viré la photo, sans plus d’explications.

 

Molenbeek. What on earth would cause an explosion like that in the Jihadi Capital of Europe at the start of Ramadan? *coughs* pic.twitter.com/0QdBuH97b3

— Katie Hopkins (@KTHopkins) 15 mai 2018

Hope Not Hate
Toujours en été 2017, quelques jours après la révélation de ses tweets négationnistes par le Huffington Post, Peter Sweden publiait un gazouillis expliquant qu’il n’était plus négationniste, avec un texte en attachement. « J’ai grandi [il avait 21 ans à l’époque de ces tweets, 23 ans aujourd’hui] et je regrette profondément les choses que j’ai dites quand j’étais jeune ». Il affirmait aussi : « Bien sûr, je crois que la Shoah est arrivée et que c’est un crime horrible ». Il s’y distanciait encore du national-socialisme, d’Hitler, et de l’antisémitisme. Cette explication est plausible, dès lors qu’il a cessé, vers la fin 2016, ses tweets pro-Führer.

Quelques semaines plus tard, Hopenothate révélait son identité, son métier (photographe) et le fait qu’il était en fait un… immigré suédois au Royaume-Uni. Héhé.

En réponse, Peter Sweden a critiqué la « campagne de dénigrement » contre lui, expliquant qu’il a bien toujours cru que la Shoah a existé, mais que face aux « mensonges de la presse » (lesquels ?), il s’est posé ouvertement des questions en 2016. Mais depuis lors, il croit que la Shoah existe. En gros, il ne sait pas trop quand il y a cru : depuis toujours, ou depuis 2017 ?

Il y reconnait aussi qu’il est « right-wing » (« aile droite », une définition vague qui irait en France de Nadine Morano à Nation). Et bien sûr, histoire de se défendre de tout racisme, il affirme, bien lourdaud, que… « l’un de mes meilleurs amis est une personne noire ». Ben tiens. Peter Imanuelsen n’est pas raciste, puisqu’il a un ami noir ! Concluons : on peut croire à la version « Peter Sweden n’est plus négationniste », non sans garder un doute. Mais on ne peut pas croire à la version « Peter Sweden est de droite fréquentable ».

Francken, l’abuseur abusé.
Néanmoins, depuis lors, il twitte sous un profil apparemment respectable : « Je suis Peter Imanuelsen. Journaliste suédois freelance. Commentateur politique. Je méprise les nazis et les communistes. L’amour pas la haine. »

C’est ce profil que Theo Francken a vu avant de le retwitter, pour autant qu’il l’ait effectivement consulté (ce qu’il affirme). Il est donc tout à fait possible que Francken ait cru à la qualification de « journaliste » revendiquée par Peter Sweden.

Ce « journaliste », donc, diffusait sur Twitter des résultats partiels (mais certains partiaux) avec un point de vue antigauchiste bien alléchant pour le secrétaire d’État, antigauchiste lui aussi. Clairement, Theo n’a pas résisté aux « no-go zones » et au rapport entre immigration et vote d’extrême gauche. Mais a-t-il tort ? Rinkeby, dans la banlieue de Stockholm, est habitée à près de 90 % par des personnes issues de l’immigration, il ne s’y trouve aucun poste de police, et il est difficile aujourd’hui de trouver des entreprises de construction acceptant d’y travailler, du fait de risques de violence, confirmés par la police elle-même. Ce n’est peut-être pas une no-go zone pour la police, mais ça l’est apparemment effectivement pour certains travailleurs. Le refus de regarder la vérité en face a été, en Suède, l’une des raisons majeures de la montée de l’extrême droite. On ne peut pas se déclarer de gauche et fermer les yeux sur ce phénomène.

Mais il n’est pas dit que Francken connaisse ces détails. Il est tout aussi possible qu’un « journaliste » « suédois » qui parle de « no-go zones » suédoises aille simplement dans le sens de ce que le secrétaire d’État pense vraiment : que l’ouverture des frontières vikings aux migrants et réfugiés a été un échec.

Dans ce cas, il a tort : Rinkerby est un quartier à problèmes depuis les années 90 déjà, bien avant la crise des migrants !

Quand la gauche sert l’alt-droite.
L’autre partie du message (celle qui évoque les campagnes de séduction de la gauche envers les immigrés) est, elle aussi, une aubaine pour Francken, qui utilise son poste pour racoler de l’électorat. Elle n’en est pas moins crédible également. Après tout, c’est vrai que la gauche belge abuse des arguments qui flattent les immigrés — cf. le Loup gris chez Ecolo, le signe de ralliement des Frères musulmans au PS, l’attitude de Philippe Moureau envers de fieffés islamistes… ou son refus de voir le pudibondisme islamiste se répandre dans sa commune, sans oublier les manifs « propalestiniennes » assez systématiques dans certaines communes et certains partis, qui flattent un antisionisme généralisé chez les Arabes et certains Turcs, et un antisémitisme qui toucherait entre un tiers et la moitié des Belges issus de l’immigration marocaine.

C’est donc une opinion doublement crédible que Theo a partagée, à ceci près que, de un, ce n’est absolument pas à un membre du gouvernement de le dire et que, de deux, stigmatiser les immigrés, ces créateurs de « no-go zones », quand on est secrétaire d’État, revient à encourager tous les petits fachos à « se lâcher ». Dans l’ambiance actuelle, c’est positivement indigne. Et c’est là-dessus qu’il fallait lui tomber sur le râble, en le questionnant, pas en l’accusant bêtement, encore moins en lançant la dixième campagne violente contre lui. 

En revanche, affirmer (comme beaucoup à gauche l’ont fait) que Theo Francken devait savoir que Peter Sweden avait précédemment été négationniste est un colossal procès d’intention, inutile et contre-productif. D’abord, parce que c’est une info que très peu de gens ont, même du côté de l’alt-right.

Une extrême droite de microstars
Ce mouvement est en effet extrêmement jeune, et inondé de micropersonnalités comme Peter Sweden. Ils se révèlent généralement lors d’un « coup ». Pour Sweden, c’était la photo avec Katie Hopkins. Pour Jack Posobiec, pseudo-journaliste alt-right, ce fut l’affaire des Macronleaks, sur laquelle il a raconté absolument n’importe quoi. Ça l’a tellement propulsé que Donald Trump l’a ensuite fait inviter au point presse de la Maison-Blanche dont d’éminents journalistes (sérieux) venaient de se faire virer.

Je vous fiche mon billet que la plupart des gens qui ânonnent aujourd’hui que Francken devait savoir que Sweden avait eu des propos négationnistes auparavant ne savent même pas qui est Jack Posobiec et ne connaissaient pas eux-mêmes Peter Sweden.

L’alt-right s’est en outre fait une spécialité de la dissimulation des théories les plus radicalement racistes sous un aspect respectable, y compris dans l’habit. Une des caractéristiques de ce mouvement ample et varié — dont Schild en Vrienden ou Peter Sweden font, peut-être inconsciemment, partie — c’est de dissimuler derrière une apparence de démocrates critiques très à droite, des objectifs qui relèvent d’idéologies allant d’un néoconservatisme décomplexé et xénophobe jusqu’à l’extrême droite néonazie. Comme cette idéologie est dissimulée, les membres de ces innombrables groupuscules ne savent parfois pas eux-mêmes à quoi ils adhèrent réellement ! L’utilisation des réseaux sociaux, devenus leur base de recrutement, accroit ce phénomène : certains abonnés de la page Schild en Vrienden sont peut-être tombés de leur chaise quand ils ont vu des croix gammées.

L’alt-right, vivier des gendres idéaux.
Comme l’alt right, et comme Peter Sweden, les Schild en Vrienden s’habillent en civil et n’arborent pas ouvertement de signe néonazi traditionnel : ni rune (le S de SS est une rune), ni « 88 », ni croix celtique, ni bien sûr croix gammée. La ressemblance de leur tenue rassurante avec celle des néonazis américains qui ont traversé l’an dernier le campus de Charlotteville aux flambeaux en chantant des chants racistes, est frappante : les Schild en Vrienden portent un T-shirt bleu très « libéral » et un pantalon neutre, évitent les combat shoes, les vestes « skin » et autres attirails. Les suprémacistes blancs de Charlottesville étaient en chaussure de ville, pantalon et polo ou chemise blanche. Leurs leaders veulent projeter le profil du gendre idéal, et il faut chercher dans les réseaux secrets, limités aux membres « sûrs » pour comprendre ce qu’ils sont en réalité : des nostalgiques du Reich, des adeptes d’une Amérique ou d’une Europe blanche comme du papier et chrétienne comme une hostie.

Pour Schild en Vrienden comme pour John Posobiec (par exemple), le déguisement a bien fonctionné. La VRT s’est dans un premier temps elle-même laissé abuser et a régulièrement invité son leader, Dries Van Langenhoven, à exprimer ses vues nationalistes flamandes, saupoudrées de conservatisme radical catholiciste. Jusqu’à ce que Pano enquête en profondeur et publie le reportage qu’on verra demain à la RTBF.

En espérant, toutefois, que notre chaîne publique n’oublie pas de donner le contexte. Schild en Vrienden a l’air d’une nouveauté, mais émane en réalité de deux groupes antédiluviens du folklore nationaliste flamand. D’une part, le KVHV (Alliance des étudiants Catholiques Flamands des Hautes écoles), présent dans toutes les universités et héritier du flamingantisme catholique. D’autre part, la NSV (Association des Étudiants Nationalistes), pépinière du Vlaams Belang, considérée souvent comme simplement nationaliste radicale, mais qui a toutes les caractéristiques des mouvements néonazis (comme je l’ai maintes fois montré) : racisme, rune, suprémacisme, etc.

Schild en Vrienden, une vieille rangaine connue.
Le KVHV n’est pas (aussi) nationaliste identitaire partout, et ne l’a pas toujours été. Énormément de têtes du CD&V en sont ainsi sorties sans être devenues néofascistes pour autant. Le problème, c’est que notamment l’antenne de Gand (une ville plutôt de gauche) s’est radicalisée voici quelques décennies, et s’est rapprochée des néofascistes jusqu’à ne plus s’en distinguer. C’est ainsi le KVHV de Gand qui organisait, en 2010, une rencontre avec l’ancien Untersturmführer Waffen-SS Oswald Van Ooteghem, à laquelle participait au moins un jeune N-VA. Le même KVHV soutenait, la même année, un hommage au premier fasciste flamand, l’antisémite virulent Joris Van Severen. Mais voilà, rien dans la presse, ni en Francophonie, ni en Flandre. Ça n’a été abordé que sur mon blog et par des antifas flamands.

Même quand Hendrik Vuye, à l’époque prof à Namur et candidat N-VA, dont il deviendra ensuite député avant de quitter le parti, est allé donner un cours à la NSV de Gand (tandis que celle de Leuven invitait à commémorer August Borms, « touriste de la Shoah » et grand pourvoyeur de SS flamands), il n’y a pas eu le moindre entrefilet dans la presse. Pire : la RTBF présentait quelque temps plus tôt un reportage dans lequel des étudiants de Namur présentaient ce prof comme très bon, très sympa. Pour un politicien flamand, la NSV n’est pas infréquentable : même des écolos sont allés y débattre !

Issu de ce vivier qu’on a laissé trop tranquille, Schild en Vrienden est aujourd’hui brandi tous azimuts (surtout en francophonie) comme un phénomène nouveau. En réalité, leur émergence, et leurs liens avec certains N-VA (une vingtaine, hein, ce n’est pas tout le parti non plus) remontent aux cercles étudiants précités. Des cercles qui restent considérés comme respectables, et sont généralement subsidiés. Si on les avait dénoncés sérieusement plus tôt, on n’aurait peut-être pas aujourd’hui une photo prétendument accablante de Theo Francken qui circule, où il pose à côté du membre du KVHV qui deviendra plus tard (mais ça, Theo ne pouvait pas le prévoir) le leader du groupe d’extrême droite le plus invasif de notre temps, j’ai nommé Schild en Vrienden.

Les Flamands plus radicaux ? Non, plus libéraux.
Toujours au niveau du contexte, il y a aussi en Flandre une culture nettement plus libérale qu’en Belgique francophone, où les discours radicaux sont plus facilement admis, voire diffusés (non sans être contestés aussi), et où le passé joue toujours un rôle dans les milieux nationalistes. Ceci freine la conversion démocrate de la N-VA (si tant est qu’elle est véritable ou même souhaitée). Mais le parti a bel et bien arrêté énormément de fréquentations anciennes (NSV, VNJ, Ijzerwake, Vlaams Belang, Voorpost, etc.) et vit, depuis cinq ans, une sorte de cure de désintoxication dont on ne sait pas si elle réussira.

C’est là que le cas Schild en Vrienden est, en fait, intéressant. Dès la diffusion du programme, « même » Theo Francken s’est exprimé clairement : « les racistes sont des idiots. » C’était une déclaration importante qui n’a reçu que critiques et quolibets côté francophone. Bart De Wever a déclaré qu’il allait nettoyer le parti [de ses fascistes]. Là aussi, on a surtout retenu le mot « nettoyer », qu’on a mis en parallèle avec le « nettoyer » de Francken parlant du parc Maximilien. Or, il était bien fort ce mot : si De Wever a parlé de nettoyage, c’est bien qu’il considère aujourd’hui les néonazis comme une salissure. Et ça, c’est positif. L’une des plus virulentes était Zuhal Demir, qui avait déjà remis Theo Francken à sa place dans l’affaire des soutiens-gorges pour hétéros.

Si on avait pris Francken au mot, il était probablement plus facile d’obtenir de lui qu’il vire sur-le-champ son colistier à Lubbeek, Nick Peeters, qui s’était distingué en participant à plusieurs activités de Schild en Vrienden, en uniforme du groupe. On a préféré brunir le secrétaire d’État N-VA de toutes les façons possibles. C’est une occasion manquée.

Comment la gauche légitime l’extrême droite…
Parce que ce parti est probablement destiné à durer et que ne pas en tenir compte est une erreur considérable. Il a sérieusement évolué depuis 2004, d’un parti nationaliste identitaire à un parti nationaliste inclusif : tout le monde peut devenir flamand, s’il suit certaines règles. S’il y a toujours des fascistes voire des nazis dans ses rangs, le parti lui-même ne peut plus être considéré comme tel. Un parti d’extrême droite ne produit pas la première bourgmestre d’origine marocaine du pays. La toute première. Un parti d’extrême droite ne donne pas un portefeuille de secrétaire d’État à une Turque, fût-elle moitié kurde. La toute première aussi. Un parti d’extrême droite ne dit pas qu’il faut traiter les réfugiés légaux le plus humainement possible, et « les illégaux » le plus justement possible. Il dit qu’il ne faut pas d’immigration du tout, point. Un parti d’extrême droite se profile dans la révolution antidémocratique, pas dans le respect (fut-il parfois imparfait) de la légalité. Un parti d’extrême droite voudrait la fin de l’Euro, la sortie de l’Europe, et son ministre de l’intérieur ne dirait pas que le coran est respectable.

Le problème fondamental avec l’attitude de la gauche actuelle, c’est qu’à force de mettre au même niveau la N-VA d’une part et le nazisme d’autre part (« années trente », « bruit de bottes », « déportation », etc.), c’est que la majorité de la population belge ne voit pas ce que cette extrême droite a alors de si grave : même quand Ecolo était au gouvernement, on enfermait des enfants, et énormément. Sous Elio Di Rupo, on régularisait moins et on renvoyait plus de migrants. Les 3/4 des Belges ont vu leur salaire poche augmenter (même si les plus pauvres sont de la revue). L’opinion est toujours libre en Belgique. La religion aussi, et cela, alors même que c’était la N-VA qui était aux manettes quand notre pays a subi le terrorisme islamiste ! La seule sortie vraiment « extrême droitiste » est venu de Jan Jambon qui a un jour ânonné qu’un nombre significatif de musulmans avaient dansé après les attentats. Il a rapidement été recadré (par l’opinion, hein, pas par Charles Michel), et a ensuite fait amende honorable.

Si vous continuez à hurler à l’électeur que c’est ça, l’extrême droite, il n’aura plus peur de la vraie extrême droite : les identitaires, les nazis cachés, le Vlaams Belang producteur de commémos nostalgiques du IIIe Reich. En brunissant inutilement la N-VA, la gauche prend donc l’ahurissante responsabilité de rendre le fascisme crédible et fréquentable.

… et minimise le nazisme.
Elle commet de plus une forme de délit : comparer sans cesse la N-VA à l’Allemagne nazie revient à minimiser les crimes de ces derniers. Oui, la N-VA est peut-être un parti de nouvelle (extrême-) droite qui se cache — même si c’est de moins en moins probable ne fût-ce que parce que ce ne serait pas tenable électoralement et que Bart est accro désormais au pouvoir — mais même dans ce cas, elle n’a aucun rapport avec les horreurs du nazisme, s’est clairement désolidarisée de la collaboration et Bart De Wever a finalement accepté qu’on pose des pavés de mémoire à Anvers.

Et puis, il y a notre Twittos hystérique, notre secrétaire d’État abonné au zinc du café du commerce. Pour tenter de comprendre où il formait ses convictions, j’ai fait le tour des comptes Twitter qu’il suit. Il y a toute la N-VA, évidemment. Énormément de politiciens des autres partis, y compris Paul Magnette ou Fadila Laanan — à l’exception notable du PTB/PVDA dont il ne suit que le président Peter Mertens, et pas beaucoup plus de Vlaams Belang. Il y a toutes les institutions et les ONG qui s’occupent de réfugiés. Il y a pratiquement tout ce que la Belgique compte de journalistes (néerlandophones et francophones). Énormément de ses confrères étrangers (y compris Salvini). Quelques comptes flamingants « traditionnels » (comme Doorbraak). Les comptes nationalistes ou indépendantistes écossais, catalans, etc. Et très, très peu d’alt-right : Breitbart, John Posobiec (depuis les Macronleaks) et, depuis dimanche, Peter Sweden. Il y a des auteurs de gauche, des démocrates américains, des catholiques, des conservateurs. Et aussi, il faut tout de même le signaler, les comptes des Fratelli d’Italia ou des « démocrates suédois », considérés comme étant d’extrême droite par toute la presse européenne.

Un adepte de l’AfD suédoise
Quant à Peter Sweden, il faudrait que Theo Francken aille un pas plus loin en lisant ses autres tweets et cesse de la suivre. Parce que Sweden y assume sa préférence électorale pour l’AfS (Alternative for Sweden), une sorte d’AfD radicale, composés de membres soupçonnés d’avoir des relations avec les néonazis du cru, en particulier les suprémacistes blancs de la Jeunesse nordique (Nordisk Ungdum), homophobes, antiféministes, et participants réguliers à l’hommage de l’extrême droite lettone aux Waffen SS à Riga.

C’est même au point que les Démocrates Suédois (SD) eux-mêmes les trouvent too much. L’AfS s’est en effet créée à partir des membres de la SD qui ont été chamaillés pour leurs relations extrêmes.

Quant à Nick Peeters, le Schild en Vrienden de la liste de Francken à Lubbeek, il doit évidemment être écarté tout de suite. Peu importe qu’il soit sincère quand il dit qu’il s’était déjà détaché du club néonazi ou non. L’électeur a besoin d’un signal fort.

Et c’est là que ces affaires sont intéressantes : elles imposent à la N-VA de montrer patte blanche et de dire enfin qui elle est : un parti toujours tenté par l’extrémisme, prêt le cas échéant à rejoindre le clan des populistes européens, voire à gouverner avec un Vlaams Belang ? Ou un parti conservateur nationaliste (réellement) inclusif qui, même s’il ne convient pas du tout au libéral démocrate et encore moins au social-démocrate, se libèrera progressivement de ses vieux démons, acceptera de rejeter radicalement les commentaires borderline et le racisme par rebond, et emmènera avec lui l’électorat qui le suit dans des cases plus respectables de la démocratie participative. Je le répète, la N-VA est là pour un bon moment. Plutôt que d’effrayer la population sur sa prochaine invasion (forcément brune) de Bruxelles, cela impose au contraire du sang froid, de la réflexion, de la patience, voire une forme de dialogue.

Ce n’est pas en cherchant chaque jour le tweet inacceptable de l’un ou de l’autre de ses centaines de mandataires ou de ses milliers de candidats qu’on favorisera la seconde évolution. Et vu le poids électoral de la N-VA en Flandre, qui ne risque pas de se réduire de sitôt, continuer à la brunir inutilement ne serait pas une faute. Ce serait un crime.

Tout cela étant dit, la faute originelle revient peut-être au MR, qui n’aurait jamais dû s’engager avec un parti qui n’en avait pas encore fini avec certains démons. À moins qu’au contraire, en l’associant au pouvoir fédéral, il lui a permis d’amorcer un long et lent virage démocratique.

Previous Nordpresse : un complotiste chez Ecolo et dans l'école de vos enfants (MàJ).
Next Rosa au prix Soleil Noir Jaune Rouge ce samedi 20 octobre 2018, à Koekelberg

You might also like

53 Comments

  1. u'tz
    septembre 12, 09:12 Reply
    "Comme les palestinistes les plus antisémites"... ai pas compris... ce pete sweden est propal en plus? ou c'est juste pour mieux nous démontrer con est en plus antisémite quand c'est con capte pas à quel point l'n-va va se civiliser
  2. Eridan
    septembre 12, 11:42 Reply
    « (…) ce que le secrétaire d’État pense vraiment : que l’ouverture des frontières vikings aux migrants et réfugiés a été un échec » Vous êtes sûr que c’est exactement cela qu’il pense ? Ne serait-ce pas, plus précisément et plus généralement, le problème de la corrélation entre insécurité et quartiers où des personnes qui ne sont pas liées historiquement au pays sont massivement regroupées ? Problème d’une totale évidence et parfaitement logique mais que la gauche, stupidement, refuse de voir. « (…) la faute originelle revient peut-être au MR, qui n’aurait jamais dû s’engager avec un parti qui n’en avait pas encore fini avec certains démons. À moins qu’au contraire, en l’associant au pouvoir fédéral, il lui a permis d’amorcer un long et lent virage démocratique. » Vous dites cela comme si c’était le rôle du MR de faire le ménage en Flandre plutôt que de respecter la population francophone à laquelle il a décidé de faire la nique. Il y a bien eu « faute originelle », mais cela n’a que peu à voir avec les caractéristiques démoniaques du complice nordique ; il s’agissait d’opportunisme nauséabond, rien de plus. « vu le poids électoral de la N-VA en Flandre, qui ne risque pas de se réduire de sitôt, continuer à la brunir inutilement ne serait pas une faute. Ce serait un crime. » Mais ne s’agit-il pas du constat que, la gauche (sonnée par la déferlante néolibérale) n’ayant toujours pas (plus) d’idéologie, n’ayant que des idées « en creux », n’est pas capable d’affronter la réalité autrement que dans une attitude de propagande débile ? Plutôt que d’exprimer des opinions fédératrices et ambitieuses qu’elle n’a pas (ou n’ose pas avoir !), la gauche ne trouve très logiquement rien de mieux à faire que de commenter et critiquer/déformer les avis des autres… Ce n’est donc pas une question de stratégie, mais d’absence de conviction. Et ce ne sont pas les propos feutrés, précautionneux, pusillanimes, de Di Rupo qui risquent de changer les choses. Quant aux autres, ils sont bien trop occupés à leurs compromissions affairistes…
    • Julien Geens
      septembre 14, 15:49 Reply
      Je pense que cela serait faire preuve de mauvaise foi que de ne pas reconnaître que la majorité des francophones n'a pas voté pour un gouvernement de droite, à tendance neo libérale, anarchie capitaliste par excellence, qui consiste à déréguler les marchés, à soumettre tous les secteurs à la concurrence, à maintenir une pression à la baisse sur les salaire (grande hypocrisie de la droite d'ailleurs qui prétend prendre des mesures pour lutter contre le chômage mais qui au fond a tout intérêt à maintenir un taux de chômage pour faire pression sur les salaire), à privilégier les profits des spéculateurs (les actionnaires n'existent plus),... Combien de temps ce système va-t-il encore perdurer? Vous trouvez ca normal qu'un parti (le MR) qui ne représentent même pas 30% des électeurs francophones prennent des décisions aux antipodes des convictions des 70% autres? J'appelle cela un délit de démocratie idéologique (pas arithmétique je le concède)... Quand à l'absence d'idéologie au sein de la gauche?!? une meilleur réparation des richesses, la lutte contre les inégalités sociales, l'accès à l'éducation pour tous, une société plus éco-responsable, les valeurs de solidarité et d'égalité forte, une meilleur régulation de l'économie de marché pour éviter les bains de sang social, une économie de marché au service des citoyens et non pas l'inverse,... Je ne peux pas vous laisser dire qu'il n'y pas d'idéologie au PS, il suffit de lire les 170 engagements dans le chantier des idées,...
      • marcel
        septembre 14, 18:38 Reply
        Le gouvernement fédéral représente une majorité de Belges. Il n'a jamais été dit qu'il devait représenter une majorité de Francophones ou de Flamands. Pour cela, nous avons les gouvernements communautaires et régionaux. Sur le plan Belge, tous les citoyens sont égaux et une majorité ne se calcule pas en fonction de la langue des uns et des autres. De même, le gouvernement allemand n'est pas nécessairement majoritaire dans tous ses Länder, ni le gouvernement français dans toutes ses régions (il est parfois au contraire très minoritaire).
        • Julien Geens
          septembre 15, 12:44 Reply
          Je suis d'accord avec vous et je concède qu'au niveau arithmétique le gouvernement fédéral respecte les principes du scrutin proportionnel...mais d'un point de vue idéologique, du côté francophone, j'en déplore les conséquences...force est de constater qu'il n'y jamais eu autant de grèves, pourquoi à votre avis? car la majorité des francophones est en désaccord avec les mesures libérales dictés par le gouvernement Michel, et cela ne risque pas de changer lorsque je constate l'évolution les intentions de vote en faveur du PTB...si la gauche était mieux représentée dans le fédéral, cela apaiserait considérablement les tensions sociales. Je suis convaincu qu'un gouvernement social démocrate aurait bcp plus de crédit que ce gouvernement actuel...une société se construit en rassemblant les gens et non pas en usant de stéréotypes pour les opposer les uns aux autres...ca ne marchera jamais comme ca...le libéralisme oui, mais du libéralisme sociale, une économie de marché aux services des citoyens et non pas au service du patronat et des spéculateurs, qui ne crée aucune valeur ajoutée dans nos sociétés, qui ne produisent rien, qui ne créent pas d'emploi au contraire qui en détruisent,....quand va-t-on prendre des mesures pour changer ce système qui est en train dé détruire tout ce que nous avons construit pendant des dizaines d'année,...avec le gouvernement actuel néo libérale conservateur nationaliste, cela ne risque pas d'arriver...on est parvenu à réunir tout ce qui était de plus néfaste pour la société dans un seul gouvernement, nous somme de véritables champions en Belgique...
        • Eridan
          septembre 16, 07:00 Reply
          J’ajouterai ceci. @Marcel Sel : «Le gouvernement fédéral représente une majorité de Belges. » Certes, à ce niveau, la loi démocratique est respectée ; rien à dire, n’est-ce pas ? Sauf que, dans ce gouvernement, le MR a choisi comme complice principal de sa trahison un parti hirsute de flamingantisme, hostile aux Francophones et à leurs intérêts et ayant la mort la Belgique dans son programme. En leur démontrant que, dans le cadre de la Belgique, rien ne peut plus empêcher la félonie d’un parti comme le MR, C. Michel prouve implicitement et définitivement aux Francophones que la seule manière pour eux d’être respectés serait d’appliquer le programme de la N-VA d’éclatement de la Belgique. Mais il est de toute façon trop tard pour eux parce que la colonisation de la Wallonie par la Flandre est déjà très sérieusement engagée. Quant à Bruxelles...
          • marcel
            septembre 18, 13:07
            Entretemps, la N-VA a moins démembré la Belgique que le gouvernement précédent, objectivement. Ce qui me rappelle le pacte d'Egmont, également négocié avec des flamingants, puis refusé par les bourgmestres flamands. Comme quoi…
          • Eridan
            septembre 18, 14:44
            « Entretemps, la N-VA a moins démembré la Belgique que le gouvernement précédent, objectivement. (…) Comme quoi… » Comme quoi quoi ? Si le gouvernement précédent a pas mal démembré, c’est à la fois parce que, courant derrière leur électorat nationaliste, les partis flamands prétendument « traditionnels » se sont empressés de mettre les exigences de la N-VA dans leur programme, et que, court-circuitant Madame « Non », les partis francophones se sont imaginés très naïvement que, en faisant ces concessions, ils allaient désamorcer la bombe flamingante. Pourquoi la N-VA se fatiguerait-elle alors à se faire remarquer si on lui offre son propre programme -déjà réalisé en grande partie- sur un plateau ? Certes, pour des raison stratégiques, la N-VA trouve actuellement plus rentable de faire mine de se distancier de l’extrême-droite dure et de montrer sa papatte blanche, mais ce n’est pas une raison pour inciter les Francophones à tomber dans la naïveté ; certes, le rejet du dialogue est toujours une option très stupide (ce qui n’empêche pas les positions fermes), malheureusement trop souvent adoptée notamment par le PS, mais les partis de tous bords nous ont toujours jusqu’ici habitués à pratiquer entre eux un langage plutôt rude (cf. les gentillesses qu’ils s’échangent encore) ; et, selon vous, tout à coup, il faudrait commencer à mettre des gants avec la seule N-VA ? Bizarre, votre logique.
        • antoine dellieu
          septembre 19, 13:25 Reply
          Par contre, les candidats pour lesquels je peux voter seront diférents selon l'endroit où j'habite. Et de toute façon, mon vote n'a que très peu d'importance car l'éxécutif, réel détenteur du pouvoir, n'est pas élu mais désigné au sein de la majorité, ce qui rend possible le genre de manipulation auquel nous a habitué le MR ces dernières années. En fait il serait logique d'avoir des partis fédéraux et non divisés entre section wallone et flamande, puisqu'il sont censés représenter tous les belges.
        • Eridan
          septembre 22, 11:04 Reply
          Voici un avis bien différent du vôtre et auquel j'adhère bien plus volontiers : https://www.levif.be/actualite/belgique/elections-communales-l-arnaque-des-alliances-entre-le-ps-et-le-mr/article-opinion-986913.html
      • Eridan
        septembre 15, 11:37 Reply
        @ Marcel Sel : « Pour cela, nous avons les gouvernements communautaires et régionaux » Je me demande si vous vous rendez compte de ce que c’est de la pure mauvaise foi : les compétences des différents gouvernements ne sont pas les mêmes ; donc, pour ce qui est des sujets qui relèvent de la compétence du fédéral, les francophones ont de très bonnes raisons de considérer que leurs préoccupations ne sont pas prises en compte valablement ; c’est justement pour cela que le MR est un traître, un opportuniste nauséabond, en même temps que cynique. @ Julien Geens : « Je ne peux pas vous laisser dire qu'il n'y pas d'idéologie au PS (...) » Eh bien, je le dis quand même ! Les « 170 engagements » sont surtout de la décoration. Comment voulez-vous que le citoyen se retrouve dans un bavardage de « 170 points » qui noie l’essentiel dans un fatras d’idées accessoires ? Comment voulez-vous que le citoyen prenne au sérieux une volonté de courir 170 lièvres en même temps ? Est-ce qu’on en est au stade où c’est celui qui aura le plus de promesses intenables, le texte le plus long, qui méritera le plus de considération (cela dit sans aucun jugement sur la pertinence du texte) ? Ce qui manque, ce sont de grandes idées directrices, bien visibles, intelligibles rapidement pour le commun des électeurs. Dont une, fondamentale dans le contexte libéral actuel, selon lequel l’entreprise est le maillon essentiel de l’activité économique et, partant, des sources de sécurité et de bien être social : le partage de la gestion des entreprises entre actionnaires et salariés, dès que ces entreprises atteignent une taille qui leur donne un impact social et, indirectement, un important pouvoir politique. Aujourd’hui, nous en sommes au stade où ce sont les gestionnaires de fonds (notamment de pension) qui décident de presque tout, et, en particulier, de l’exigence d’un dividende plantureux, même quand l’entreprise va mal, pour en arriver à l’absurdité où certaines (comme Engie) doivent emprunter pour payer le dividende !! Le monde à l’envers : le capital ne court plus aucun risque tandis que les salariés subissent tous les caprices des gestionnaires de fonds ! Et une deuxième : une affirmation bien plus audible de volonté de renversement de (et d’opposition résolue à) la politique européenne de démantèlement des services publics et d’ouverture des frontières sans aucune mesure d’accompagnement sérieuse.
        • marcel
          septembre 18, 13:14 Reply
          Non, ce que je dis, c'est que les Belges ne se divisent pas uniquement entre francophones et flamands, c'est un point de vue artificiel. La plupart des politiques fédérales, dans une fédération, doivent viser le bien commun à tous, quelles que soient les divisions régionales ou communautaires. Face au fédéral, personne n'est francophone, flamand, catholique, musulman, protestant, athée, blanc, noir, rouge, jaune ou autre : tout le monde est citoyen. Et vu la dernière réforme de l'État, très peu d'actions fédérales peuvent encore privilégier les citoyens sur un plan strictement communautaire (ou alors, par des voies détournées). Autrement dit, peu importe le nombre de Flamands ou de Francophones qu'il y a dans « la majorité » fédérale. Il n'y a aucune raison pour laquelle un citoyen de Namur aurait plus de chances d'avoir « sa majorité » au gouvernement qu'un citoyen d'une commune flamande qui aurait voté massivement SP.a, par exemple.
          • Eridan
            septembre 18, 14:20
            « Face au fédéral, personne n'est francophone, flamand ... » C’est faux. Vous ne pouvez (plus) voter que sur des listes francophones, flamandes ou germanophones. S’il est vrai que l’État reste effectivement laïc (pour le moment!), les partis fédéraux représentent désormais on ne peut plus clairement des groupes linguistiques bien distincts. Votre raisonnement aurait éventuellement tenu dans les années 60, mais plus maintenant. Il n’existe donc pas de prétendu « bien à tous » dont vous parlez. Très loin de là, même. C’est une pure illusion. « Et vu la dernière réforme de l'État, très peu d'actions fédérales peuvent encore privilégier les citoyens sur un plan strictement communautaire » C’est faux, à nouveau ! Sur le plan de la politique fiscale, sociale et de la gestion des entreprises publiques, notamment (et pas seulement, loin s’en faut), les actions fédérales actuelles sont très loin d’être anodines et privilégient très nettement la sensibilité nordiste par rapport à la sensibilité majoritaire sudiste ; et il en va fort probablement de même des intérêts respectifs aussi. « Autrement dit, peu importe le nombre de Flamands ou de Francophones qu'il y a dans « la majorité » fédérale. » Ce serait si beau si c'était vrai...!
  3. Wallimero
    septembre 13, 20:47 Reply
    @ marcel exemple saisissant de la culture de désinformation de gauche: la juge PS qui se fait recadrer par téléPS car elle est un rien trop partisane, ou les chantres de la redistribution aux boucles d'oreilles en or, la bague au diamant et la montre blingbling... https://www.rtbf.be/auvio/emissions/detail_jeudi-en-prime?id=9416 pas joli, vraiment pas joli
  4. Salade
    septembre 15, 18:59 Reply
    Dans ce dossier, les flamands qui ont critiqué (quand même fortement) certains agissements de ce mouvement auraient encouragé l'extrême droite AUSSI? La question ne se pose pas parce que ce sont des flamands? Une fois de plus les francophones, selon vous Marcel, ne peuvent se mêler d'une affaire flamande? Donc vous cautionnez les deux états séparés en quelque sorte: on nettoie son linge sale en famille ? Mais les flamands ne se gênent aucunement pour critiquer les affaires francophones: ils y voient même une légitimité que je qualifierai d'arrogance PERMANENTE "bien flamande". Deux poids deux mesures? Ah je vois votre raisonnement: c'est parce qu'il y a y très peu de partis d'extrême droite francophone que les flamands ont cette légitimité? Quel blanc-seing!
    • marcel
      septembre 18, 13:09 Reply
      J'ai juste dit qu'il fallait s'en mêler sans provoquer, c'est-à-dire en traitant Francken comme n'importe quel politique, sans chercher sempiternellement les rapports éventuels possibles avec le IIIe Reich.
      • antoine dellieu
        septembre 19, 13:30 Reply
        Je suis d'accord avec ce point. L'angle d'attaque "nazi" est à coté de la plaque et traduit surtout la débandade idéologique dans laquelle se trouve la gauche actuelle face à des discours plutot cohérent (bien qu'inacceptables à mon avis). Les courants de droite actuels, y compris les plus extrêmes, n'ont plus grand chose à voir avec le nazisme ou le fascisme. Le discours d'opposition que l'on voit actuellement est largement contre-productif car très facile à démonter. francken et De Wever sont des types très malins, et il manque cruellement quelqu'un capable de jouer à leur niveau dans l'opposition.
      • u'tz
        septembre 21, 14:38 Reply
        "sans chercher sempiternellement les rapports éventuels possibles avec le IIIe Reich"... contentons-nous de l'österreich de kurz ou autre equivalent d'n-valikker en paysfrère d'ue dont nous aimons cordialement les ténèbres
  5. Salade
    septembre 15, 20:02 Reply
    Si l'heure choisie par la France et les Pays-Bas est différente, c'est simple! On régionalise l'heure en Belgique. Flandre avec Pays-Bas et Wallonie avec France. Rien que de plus logique! Pour Bruxelles direz-vous? Personnellement ce n'est pas mon problème, mais je suggère deux montres. On la porte à gauche pour l'heure de sa langue et à droite pour l'autre. Pragmatique dirait Charles!
  6. Salade
    septembre 18, 13:01 Reply
    http://www.lalibre.be/debats/edito/edito-embrasser-bruxelles-pour-mieux-l-etouffer-5b9fd333cd704df8b4ae91e1 Bah, les bruxellois ont besoin de fric... Et le MR embrasse bien Bart
    • miyovo
      septembre 24, 09:01 Reply
      Mr Sel: the Guardian (you know, that quality English daily) allows reader comments, but with the clause that "Comments are pre-moderated to ensure the discussion is about topics that have been addressed in this article." Maybe you care to learn from the Guardian and get rid of comments systematically off-topic.
      • marcel
        octobre 08, 22:32 Reply
        Indeed, I will have to follow that rule.
  7. Eridan
    septembre 19, 09:27 Reply
    ...Et si on parlait de la police belge ridiculisée à un point rarement atteint par les criminels des pays de l’Est qui détruisent à qui mieux mieux le réseau ferroviaire ? C’est beau l’ouverture des frontières par l’Europe, non ? ...Et ce n’est qu’un exemple. Il fait quoi à ce sujet, le Jambon, copain du Franken ? Où est l'efficacité de la N-VA ? Et Michel, il n'a rien à dire non plus là-dessus ? "Bla-bla" ? https://www.rtl.be/info/belgique/societe/vols-de-cables-tout-le-rail-belge-depouille-par-une-seule-et-meme-bande-criminelle-aux-methodes-industrielles--1060504.aspx
    • u'tz
      octobre 02, 00:26 Reply
      perso rassuré que mon train n'arrive pas à l'heure qu'à cause des voleurs de rails orientaux , je pensais que c'était juste un complot de l'sncb des dominants NL contre la mobilité des FR
      • marcel
        octobre 08, 22:36 Reply
        Merci d’arrêter les commentaires racistes. Les Flamands, c’est une ethnie linguistique. Pas un mode de gouvernement.
  8. Salade
    septembre 19, 10:15 Reply
    http://www.lalibre.be/debats/opinions/natacha-polony-stop-a-la-dictature-des-minorites-j-etais-une-nazie-parce-que-je-mangeais-des-cotes-d-agneau-5ba1348ecd7076ce3b408b4f aucune idée si ce livre est intéressant mais s'il y a une dictature en francophonie belge, c'est celle du MR largement minoritaure au fédéral. Tiens j'ai écrit minoritaure inconsciemment :-)
    • Eridan
      septembre 21, 09:38 Reply
      Je n’ai pas (encore) lu non plus le livre, mais j’adhère totalement à son résumé : https://www.editions-observatoire.com/content/D%C3%A9livrez-nous_du_bien Si la chape de plomb du christianisme a vu son poids provisoirement et relativement réduit par la libération de la pensée au cours du XXe siècle, il n’en reste pas moins que la maltraitance morale des individus, par des contraintes de toutes sortes, notamment dans les domaines sexuel et social, reste l’un des moyens favoris de la religion pour essayer d’étendre son pouvoir nauséabond, comme on le voit encore dans les théocraties actuelles. La dictature des minorités et de la bien-pensance politiquement correcte n’est qu’une variante de cette déviance. Et il est dramatique que la gauche actuelle n’ait pas à ce sujet de programme plus consistant à nous proposer que sont adhésion béate et des commentaires imbéciles à propos de Franken.
    • Eridan
      septembre 24, 19:01 Reply
      Dans un ordre d’idées assez voisin, il y a aussi ça : https://www.rtbf.be/info/regions/detail_une-liste-noire-d-eleves-circule-dans-certaines-ecoles-de-la-ville-de-bruxelles?id=10027110 Les politicards mettent les enseignants en situation de stress permanent, dépourvus qu’ils sont face aux perturbateurs de la population scolaire et, dès que les directeurs d’école essaient de se prémunir du pourrissement du climat scolaire, la presse bien-pensante s’empresse de leur tirer dessus à boulets rouges, tandis que les faux-culs de la politique qui ont eux-mêmes créé le problème crient au scandale, à l’ignorance dans laquelle ils se trouvaient de ce fait. Et on s’étonne de la montée des votes pour les partis d’extrême-droite ou de gauche !! On s’étonne que des Francophones votent pour la N-VA !
    • u'tz
      octobre 02, 00:18 Reply
      "s'il y a une dictature en francophonie belge, c'est celle du MR largement minoritaure au fédéral." pas de dictature juste l'arrogance du serviteur FR du dominantNL
  9. Salade
    septembre 21, 12:23 Reply
    C'est étonnant cette capacité des Flamands à "dire les choses comme elles sont". Quels génies.
  10. Eridan
    septembre 25, 16:25 Reply
    Une belle démonstration de qui donne le ton dans le gouvernement belge : https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_plusieurs-ong-denoncent-un-blocage-de-la-belgique-des-objectifs-climatiques-du-benelux?id=10027856 https://www.rtbf.be/info/article/detail_nucleaire-la-debacle-du-politique?id=10028223 "Sous pression de la N-VA, malgré le soutien des trois régions, le gouvernement fédéral vient de torpiller un accord Benelux ambitieux sur le climat." C'est bien plus important que le ton des commentaires que l'on peut faire à propos de Franken.
  11. u'tz
    octobre 02, 00:02 Reply
    http://blog.marcelsel.com en phase terminale... où ? où trouver un écho pour la restitution au congo de tous ces vieux fétiches cordialement ténébreux par les colonialistes flamands de tervueren et la restitution à bxl des oeuvres de brueghel spoliées par les impérialistes austro-kurzien
    • marcel
      octobre 08, 22:35 Reply
      Non, juste en mode réflexion.
  12. u'tz
    octobre 02, 00:19 Reply
    @Tournaisien vos élections vont bien chez vous?
  13. u'tz
    octobre 02, 00:48 Reply
    le 18sept,à13:07 ,marcel dit: "Entretemps, la N-VA a moins démembré la Belgique que le gouvernement précédent, objectivement." perso mon ministre est n_va et je lui reconnais beaucoup de talent à détricoter consciencieusement (pas "objectivement" donc) la belgique... démembrer c'est cool puisque chaque membre peut garder son domaine de pouvoir (autonome évidemment)... l'n_va c'est juste Vl over alles(met dikke kus de l'mr)... francken et jambon c'est juste du blablabla anti-arabe, les flamingants de tous les partis NL sont juste intéressés par l' herovering de bxl
  14. Salade
    octobre 02, 16:33 Reply
    Ce blog semble complètement figé (dans le Sel:-)!
    • marcel
      octobre 08, 22:37 Reply
      Il se fait surtout que je ne publie plus de commentaires hors sujet
      • Salade
        octobre 09, 09:06 Reply
        J'attends avec impatience votre nouveau sujet mensuel:-)
      • miyovo
        octobre 09, 12:04 Reply
        "Il se fait surtout que je ne publie plus de commentaires hors sujet" attaboy. Thank you, from the deepest of my heart. This is ... off topic .... Love, peace, kisses and so much more
  15. Eridan
    octobre 06, 17:18 Reply
    @Marcel Sel : « Crier « nazis » aux Flamands parce que Mein Kampf (commenté) s'y vend bien, c'est attribuer un atavisme fasciste à une population, et reproduire les racines fondamentales de la détestation de l'Autre, qui, dans leur version ultime, a produit… Mein Kampf. » Sans me risquer à interpréter votre étonnant silence ici, c’est à rapprocher de : « Et vu le poids électoral de la N-VA en Flandre, qui ne risque pas de se réduire de sitôt, continuer à la brunir inutilement ne serait pas une faute. Ce serait un crime. » C’est plutôt bizarre. On dirait vraiment que vous avez la conviction que les Flamands n’ont rien dans la cervelle et qu’ils ne votent ou n'agissent qu’en fonction de ce que certains journalistes et politiciens francophones semblent penser d’eux. J’aurais encore pu suivre votre propos si vous nous aviez dit que ces journalistes et politiciens francophones feraient mieux de s’occuper des vrais problèmes (et nous en citer quelques exemples), de nous énoncer de vrais programmes, et non des listes d’objectifs aussi interminables qu’indéchiffrables, en forme de bancs de brouillard. Vous faites la même chose que ceux à qui vous reprochez l'attribution aux Flamands d'un atavisme fasciste !
  16. degeneve
    octobre 08, 12:41 Reply
    C'est toujours un plaisir de lire vos billets, Marcel. On y trouve des analyses pensées et nuancées qui font de plus en plus défaut dans la presse (et je n'évoque que pour mémoire les réseaux dits "sociaux". Cela dit, la réaction de la gauche me fait penser à Philippe Moureaux qui avait pris la détestable habitude de traiter de "fachisses !" à peu près tous ceux qui avaient le tort de le contredire ou de lui tenir tête. Quant au retweet de Francken c'est en effet une erreur. Lorsque voici bien longtemps j'étais fonctionnaire au Ministère des Finances on nous expliquait régulièrement que les fonctionnaires sont tenus à un devoir de réserve et ne doivent donc s'exprimer qu'avec circonspection. La règle ne s'applique-t-elle donc pas aux Ministres et autres Secrétaires d'Etat ?
    • marcel
      octobre 08, 22:38 Reply
      Absolument. Et merci pour le compliment.
  17. Eridan
    octobre 08, 15:26 Reply
    Marcel Sel est désormais accro aux réseaux sociaux. Nouvelle drogue dure qui ne pardonne pas et fait d'immenses ravages dans notre société, pour le plus grand profit des démoniaques Zuckerberg, Dorsey et consorts. Compatissons...
    • marcel
      octobre 08, 22:52 Reply
      Vous vous trompez, Eridan. Je twitte en moyenne deux fois moins qu’il y a trois ou quatre ans. Je suis en fait en pause, je ne suis plus libre de m’exprimer et je réfléchis au redémarrage de ce blog, se défendre contre des plaintes même loufoques prend du temps. J’en profite pour travailler à mon deuxième roman.
      • Eridan
        octobre 11, 12:29 Reply
        @Marcel Sel : « Vous vous trompez, Eridan. » Tant mieux, je vous le souhaite ; quoique : « Je twitte en moyenne deux fois moins qu’il y a trois ou quatre ans » n’est que du relatif, comme aurait Albert. Je m’interroge : l’existence dans le milieu médiatique dépend-elle désormais de la présence sur ce vecteur d’onomatopées ?
        • marcel
          octobre 17, 15:58 Reply
          Non, rien à voir, il se fait simplement que je connais bien Twitter et que c'est le réseau le plus facile à gérer question réactions. Facebook est beaucoup plus gourmand en terme de temps passé à modérer, répondre, surveiller.
  18. Salade
    octobre 17, 09:50 Reply
    http://www.lalibre.be/actu/politique-belge/pourquoi-la-belgique-risque-d-etre-ingouvernable-au-soir-du-26-mai-2019-5bc4ebc1cd708c805c3bfde0 Pq? Parce que le MR et Charles Michel en premier, en acceptant ce gouvernement minoritaire aveclbaiser de judas avec la NVA met la Flandre dans une situation de confort, de normalité même! Sortir la Flandre de cet acquis (on l'a vu pour BHV) sera impossible. Merci Charles, merci le MR. Daladier croyait aussi pouvoir sauver la paix. Le déshonneur, etc...Mes emmerdes, plutôt.
  19. Salade
    octobre 17, 09:53 Reply
    Marcel, c'est pas le brunissage de la NVA qui l'amène à 35% à Anvers !! FOUTAISES!
  20. Salade
    octobre 17, 10:03 Reply
    http://www.lalibre.be/actu/belgique/inedit-dans-l-histoire-de-l-ue-l-espagne-leve-ses-liens-diplomatiques-avec-la-flandre-5bc6dfe9cd708c805c3c2894 Extrait: "L'Espagne a levé le statut diplomatique du délégué de la Flandre au sein de l'ambassade de Belgique" Ce type n'a pas de nom! Et qui sont les délégués wallon et bruxellois? Il y en a un germanophone? Comment s'articule la diplomatie interfédérale Mr Reynders??
  21. Salade
    octobre 17, 15:45 Reply
    http://www.lalibre.be/actu/belgique/incident-diplomatique-bourgeois-a-demande-a-reynders-de-rappeler-a-l-ordre-l-ambassadeur-d-espagne-5bc73debcd708c805c3c2be1 J'espèce que ça va faire sauter le gouvernement. ce pays est miné par le con-fédéralisme, non : erreur : par le flandro-fédéralisme!

Leave a Reply

Attention, les commentaires n'apparaîtront qu'après modération.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.