Lettre aux fans d’une tête de bite (titre à prendre au second degré).

CCO Pixabay (Sklorg)

Désolé, les bites et les putes. On n’est pas parvenu à vous faire comprendre que vous n’aviez pas à imposer un misogyne à 4,5 millions de Belges francophones qui, d’une manière ou d’une autre, sont représentés par l’équipe nationale. On n’est même pas arrivé à ce qu’il retourne de lui-même dans sa sous-culture. On n’est pas arrivé à ce qu’il arrête de faire sa victime et sa promo sur le cul de nos mères.

On n’est pas arrivé à ce que vous arrêtiez de nous parler de conflit de classe, parce que le copinage en très haut et riche lieu footballistique, c’est un fait de classe et que des centaines de talents, populaires, puisqu’il s’agit de foot et non de golf, rêveraient d’être à sa place, mais n’ont pas de copains aussi haut placés.

Ni à ce que vous compreniez que si les 22 bites (second degré, chères bites) et une schnek de l’Union « royale » belge de foot francophone avaient tous été des schneks, votre macho ne leur serait même jamais venu à l’esprit.

On n’est pas parvenu à ce que vous pigiez qu’on ne peut pas, en 2018, entendre que Damso a souffert à cause des femmes, parce que la violence conjugale bute 160 femmes par an. Et presque jamais des hommes. Et que cent de nos mères, filles, sœurs se font violer tous les jours en Belgique.

Tous.les.jours.en.Belgique.

Que si on remplaçait « pute » pour femme par « nègre » pour Africain dans ses chansons, on se retrouverait légitimement au tribunal. Pourtant, les femmes sont la seule minorité méprisée depuis Mathusalem qui soit en majorité dans ce monde.

Qu’il est donc temps qu’on admette, et qu’on verrouille, que la toute première forme de racisme (au sens figuré, puisque le sens littéral n’a pas de sens, les races n’existant pas), la plus importante, la plus universelle, est celui que les hommes ont conçu, développé, maintenu, codifié et répété envers les femmes.

Non pas que les femmes n’aient pas les moyens de se défendre. Mais bien que, malgré ces moyens, elles doivent toujours, aujourd’hui, s’entendre qualifier de putes, de salopes, de schnecks, de te-chats ou de rectums prêts à servir le mâle et sa belle bite, outre le fait qu’elles doivent laver les carrelages du Vatican, supplier qu’on établisse des quotas pour avoir une chance de monter dans l’ascenseur social, taire un viol, des violences ou du harcèlement pour garder leur dignité face à un monde qui accuse la victime, pourvu que ce soit une elle.

Qu’encore aujourd’hui, vous leur priez de fermer leur gueule de merde pour écouter religieusement Damso, au second degré bien sûr — t’a pigé, grosse pute ? – leur étaler sa semence dans leurs cheveux. Littéralement — que la première qui éprouve du plaisir à ce genre de délicatesse lève le doigt.

Les femmes qui ont tenté de vous l’expliquer, vous ou vos amis fans de Damso leur avez envoyé des vomis qui ramènent la culture et la civilisation à l’australopithèque.

Exemple : « bande de putes mal baise (sic) je souhaite que vous vous fassiez toute violé (sic) dans une ruelle pour vous pissez (sic) dessus bande de truie (sic). »

Que donc, votre affirmation qu’il s’agit de second degré et que les Damsofans savent faire « la part des choses » est juste toute pourrie.

Que votre soi-disant code du rap est de la bouse en boîte. J’ai cherché un code, trouvé nulle part, et conclu que comme pour toute autre violence, le rap-à-putes est décodé par chacun de son côté, et par les pires, sans décodeur. Ce code n’existe pas. Point.

Qu’il serait bon aussi que vous vous rappeliez que tout ça n’est qu’une question de gros sous. Que vous êtes manipulé-e-s par une star qui veut le beurre dans le cul, l’argent du beurre dans la chatte, et la bouche de la crémière pour se finir. Avec la complicité de ses fans.

Qu’il ne s’agit pas de liberté d’expression, mais d’un choix. La chanson présentée par Damso est d’ailleurs complètement à-côté du supporter. Inchantable et plus proche de l’Eurovision que de la soirée des supporters.

Qu’il s’agit bien de censure, tout comme nous censurons « sale nègre », « sale pédé », « sale bougnoule », « sale niakoué ». Il est temps de passer à la dernière différence et on y passera que vous le vouliez ou non.

Aujourd’hui, nous censurons donc son « sale pute ». Parce qu’il est systématique (Orelsan, lui, donne clairement la parole à un personnage, clairement minable, apprenez à décoder bordel). Parce que haïr n’est pas une forme de liberté d’expression. Parce que s’il ne s’était agi que d’une ou de deux chansons, on aurait pu comprendre qu’il jouait un personnage, mais le personnage éternel n’existe pas. L’auteur précédent, Stromae, criait Papaoutai. Celui-ci répond « dans ma pute ». On a rarement vu une chute aussi rapide.

Qu’il ne s’agit pas d’art, mais d’artisanat ! L’art élève, étonne, interpelle, innove, dépasse et se dépasse. L’artisanat entretient, au sens d’entertainment, reste au sol, conforte, choque pour buzzer, conserve, se cale et se recale. Damso sera peut-être un artiste un jour. Quand il aura compris que niquer, c’est bien, bosser, c’est mieux.

Qu’il n’y a pas de conflit de générations. Il y a des jeunes qui vomissent Damso, et des grands qui trouvent ça très bien.

Que le rap, on a grandi avec. Depuis Celentano (premier rap, en yaourt, en 1972, sept ou huit ans avant Rapper’s Delight).

Sur Facebook, alors que j’expliquais que le racisme de comique de bistrot du Grand Jojo (je suis amoureux d’une Congolaise/sa maman est madame caca/dans un bar au Katanga) était à replacer dans le contexte des années 70 (bien avant les lois antiracistes), tout comme la vision de la femme de Jacques Brel (au passage, il n’a pas écrit « je pisse sur les femmes infidèles », mais bien « ILS [les marins] pissent [après la bière] comme JE PLEURE sur les femmes infidèles), un commentateur m’écrivait :

Donc si je comprends bien, « nous les jeunes » qui écoutons du rap depuis toujours (sic), et qui savons donc mieux faire la part des choses entre la réalité et la fiction qui fait intégralement partie de ce genre, nous devons écouter sagement les leçons de gens qui avouent tranquillement s’être accommodés du racisme ordinaire et de la misogynie pendant la majorité de leur existence et qui viennent à peine de se réveiller ? C’est pas le monde à l’envers ?

Alors, non ! Ta gueule (au second degré, hein) ! D’abord, vous « les jeunes » [entendez : ceux qui écoutent du rap et en particulier Damso, soit une caste parmi les jeunes], ne faites pas mieux que nous la part des choses entre la réalité et la fiction. L’analyse de texte existe depuis bien plus longtemps que nous-mêmes. Elle n’a pas changé.

Quand on apprécie une fiction, c’est qu’elle répond à nos codes. Et dans ces codes, il n’y a pas que la traduction des mots, il y a toute la vision de la société, du statut du keum et du statut de la meuf. Chez Tarentino, la meuf est une héroïne, autonome, qui décide.

Mais puisqu’un prétendu représentant des jeunes me la joue générations, je vais répondre en prétendu représentant des « vieux », sachant que je ne représenterais que ceux qui y agréent.

Nos codes ? Quand, jeunes, nous écoutions « je vais et je viens entre tes reins » (et les réponses de Birkin : « oui, viens »), nous appréciions l’audace de paroles érotiques crues dans un disque 45T de grande diffusion, ce qui était totalement nouveau et inattendu. Nous y voyions la libéralisation des sens. La liberté sexuelle. Et nous entendions précisément Birkin lui répondre « oui, viens ».

Et quand, dix ans plus tard, le même Gainsbourg chantait « Brûlants sont tous tes orifices/Des trois que les dieux t’ont donnés/Je décide dans le moins lisse/D’achever de m’abandonner », nous frémissions de la provocation, et nous nous émerveillions justement parce qu’il n’avait écrit ni « anus », ni « rectum », ni même « sodomie », mais avait utilisé une périphrase gorgée de sens jusqu’à l’extase, invoquant les dieux, des orifices brûlants, déguisant « anus » par « le moins lisse », avec quelques allitérations. Les keums en bandaient, les meufs en mouillaient. Littéralement. On faisait même l’amour dessus, la musique à fond (du moins, ça m’est arrivé). Ce texte, on l’écoutait et on le réécoutait pour en savourer toutes les subtilités. Analyse de texte. Prends-en de la graine.

Il n’y a pas un milligramme de subtilité dans « avale, sale pute ».

Ensuite, Gainsbourg passait à « Une décharge de six mille volts/Vient de gicler de mon pylône/Et nos reins alors se révoltent/D’un coup d’épilepsie synchrone » — ce qui est mal passé à l’époque —, mais lis bien, jeunot : il utilise une image tout au long de la strophe et voyage dans la langue : de décharge, il passe aux volts, des volts à pylone, et finit en épilepsie. Il jouit en symbiose, en même temps qu’elle : « Et nos reins alors se révoltent d’un coup d’épilepsie SYNCHRONE ».

Tout au début de la chanson, il a pris soin de dire « D’abord, je veux avec ma langue deviner TES pensées ». Oui, petit gars (comme il disait aux jeunes), la femme n’est pas seulement présente, elle choisit. S’il lui dit des « mots abominables », c’est parce qu’elle le demande et qu’elle prend du plaisir à les entendre. S’il la pénètre, c’est qu’elle le veut : « Tu as envie d’une overdose/De baise voilà je m’introduis ». Et : « Plus tu cries, plus profond j’irai/Dans tes sables émouvants ».

Où est l’émouvance chez Damso ? Où ?

Nous avons grandi avec ce provocateur-là, tout en délicatesse, celle d’un homme qui donne de sa personne parce que la belle qu’il prend le veut, et le veut comme ça. Toute la délicatesse de l’extase brutale qui conduit au plaisir commun, ensemble, synchrone et épileptique.

Et, oui, nous avons hurlé qu’il était un sale con quand, bourré, il a dit à une star américaine : « I want to fuck you ». On a fait les deux !

Damso, on peut l’analyser aussi. Mais c’est vite fait. Lui, ne parle que de baise haineuse, vulgaire, les femmes ne sont que des objets qu’on jette après, on leur gicle dans les cheveux, sur la gueule, on décide de passer « la schneck au rectum », il place un « boule » toutes les vingt strophes, une « pute » toutes les cinq, on descend, on descend encore, et on s’effondre quand on comprend que ces mots-là, vous les aimez ! Ces concepts-là, vous les avez adoptés, approuvés, jamais renvoyé au SAV.

Au mieux, vous riez de l’infortune de Damso-personnage-éternel-loser-avec-les-putes-qu’on-appelle-des-meufs. Au mieux, vous ne percevez pas qu’il se plaint d’entretenir sa femme (qui, évidemment ne travaille pas) et ses mômes, quelle horreur, ça l’empêche de dépenser les sommes dingues que les autres femmes (puisqu’il faut qu’il trompe la sienne) lui réclament en restau, boîte, fringues ou autres, pour accepter de prendre sa queue. Au mieux, ce sont bien toutes des entretenues et des putes, mais quelque part, vous les respectez. Admettons.

Au mieux, vous croyez vraiment à votre soi-disant second degré. Oubliant qu’il ne tourne qu’autour de la baise, parce qu’une femme sert à être baisée, et un homme, à baiser. Triste sexe que le vôtre !

Mais au pire — et ce pire est établi —, vos cadets qui entendent les grands jeunes adorer Damso prennent pour légitimes, normaux, utiles, des termes et des concepts comme « pute », « salope », « gicler sur la gueule », « niquer sa haine », « cogner de la teub dans la schneck parce que c’est à ça qu’elle sert (la meuf, pas la schneck, faudrait quand même pas déconner) ». Autant de termes adoubés que les ados utilisent ensuite en cours, à la récré, entre copains, et pourquoi pas entre filles ?

Au pire, c’est toute cette culture de la soumission que nous, jeunes depuis tellement plus longtemps que vous, avons vu se développer dans ces clips de rap, de hip-hop, de gangsta, de Grandmaster Flash à Jay-Z, où le mec couvert jusqu’au cou et la tête avec est entouré d’esclaves presque nues, à son service. La glorification du mâle est de retour, et vous êtes trop au second degré pour le voir. Revenez au premier, d’urgence !

Parce qu’aujourd’hui, même dans les écoles de jolis quartiers, j’entends des filles se plaindre que dès qu’elles ouvrent la bouche, les garçons leur disent de fermer leurs gueules de sales putes, qu’elles n’ont pas de cerveau, qu’elles n’ont pas droit à la parole en classe, qu’elles servent qu’à niquer.

Devine ce qu’ils écoutent.

Et s’il fallait une preuve de ce que j’avance, sache que les femmes qui ont osé dire que Damso ramenait une culture phallocrate au-devant de la scène se sont toutes pris des mails dégueulasses, par dizaines, où elles étaient traitées de putes, de salopes, où (voir plus haut), on souhaitait qu’elles se fassent violer, où on les qualifiait de truies. Et c’est signé, encore !

Le taux de porcs parmi les fans de Damso serait-il aussi à prendre au second degré ?

Et puis tu demandes si j’admire Brel, ce misogyne. Oui, je l’admire toujours, parce qu’aujourd’hui encore, c’est 99 % de poésie et 1 % de provoc ou de gros mots. Exactement la dose inverse de celle de Damso.

Si j’aime le Grand Jojo ? Non, parce que c’est plat, et que son racisme de bistro (des années 70, il n’a pas recommencé après) qui se moquait des Congolaises (dont le sein goûtait le chocolat ou dont la maman était madame caca), des Italiens (ramenés à la seule culture des spaghettis et à la maffia), des Chinois (Ching-chang Nippon) de façon rustre entretenait des poncifs qui ont bercé la belgitude postcoloniale et l’ont confortée dans ce sale racisme de bon aloi.

Mais le Grand Jojo a quasi disparu entre Viva Mexico (1986) et les années 2010, sauf pour les supporters. On ne savait même plus qu’il existait. Et quand il est revenu, on a compris que ça faisait juste danser, que ça faisait vieille Belgique, avec ses mauvais, mais aussi ses bons côtés, et surtout, qu’il n’était plus le chanteur d’il y a quarante ans. Il a fait l’unanimité dans les stades. Mais qu’il présente ses excuses pour ses vieilles chansons que plus personne n’écoute de toute façon ? OK, c’est un minimum.

Malgré ça, vous nous accusez d’avoir laissé faire, d’avoir toléré le racisme et la misogynie ! Quelle arrogance ! Nous, vos aînés, nous nous sommes battus pied à pied depuis trente, quarante, cinquante ou soixante ans pour qu’un jour, on respecte la différence. Nous avons écrit, milité, engueulé des cousins, des oncles, des parents parce qu’ils en avaient sur les immigrés. Milité contre le Front de la jeunesse, le Vlaams Belang, et fait avancer les choses pour que vous atterrissiez dans un monde moins pire. Et c’est pas gagné, et ça ne le sera jamais.

Vous nous accusez de racisme parce que Damso est noir. Allez vous faire foutre. On n’en a rien à glander de sa couleur de peau. C’est du racisme inversé, on n’a pas plus à accepter Damso parce qu’il est noir que Dewinter parce qu’il est blanc. Quoi, je compare un raciste et un artiste ? Non, je compare un mec qui sème la haine envers la différence à un autre.

Racisme nulle part : si on ne veut pas de Damso pour représenter la Belgique (francophone), nous avons adoré que Stromae la représente. Mais voilà, nous n’avons pas oublié que la première différence dans cette société patriarcale, c’est d’être une femme, une mère, une sœur.

Et on vient de loin. Quand j’avais six ans, ma mère devait supplier mon père pour qu’il signe un papier l’autorisant à ouvrir un… compte en banque ! Quand j’avais quinze ans, la politique était réservée aux hommes et les femmes n’en parlaient pas à table, ça ne se faisait pas. Quand j’avais douze ans, un tube planétaire en Belgique expliquait que les Italiens venaient en Belgique pour profiter de la “moutouelle”. Quand j’avais vingt ans, le Front de la Jeunesse commençait à crier “dehors, les immigrés”. Et rien de tout ça, on ne l’a accepté.

Si aujourd’hui, il y a des lois antiracistes, un ministère des droits de la femme, s’il y a eu des régularisations, s’il y a de l’associatif, si un homosexuel au nom italien a pu devenir Premier ministre, et même, si à la N-VA, une Belge turco-kurde est aujourd’hui secrétaire d’État, c’est parce qu’on a combattu le racisme, le patriarcat et l’homophobie pied à pied, centimètre par centimètre et qu’on a canardé, ligne par ligne, les discours de haine de l’extrême droite, des conservateurs et des machos.

Et tout ça pour quoi ? Pour qu’arrivant au moment où, enfin, on pense atteindre un nouveau stade, un nouveau degré de justice, où enfin, on croit pouvoir percer le plafond de verre, où, malgré tout, les femmes en sont encore à demander des quotas pour ne pas retourner en cuisine, au biberon ou au torchage de mioches, au moment où, enfin, elles parlent librement du harcèlement, où on pense avoir une chance de ne plus entendre des conneries du genre “crime passionnel” quand un mec bute sa femme, et bien, arrivé-e-s là, badaboum, on se rend compte que des jeunes n’en ont plus rien à foutre et vont mille fois plus loin, mille fois plus fort, mille fois plus hard que les pires misogynes des années soixante, et on découvre que les féministes, qui ont fait avancer tout ça en se prenant littéralement des poings dans la gueule, se font traiter de putes, de truies, de salopes, dès qu’elles osent la moindre critique contre Damso, et que des soi-disant progressistes (de bazar, à mon jugement) clament avec vous que Damso, c’est l’avenir !

Si la femme est l’avenir de l’homme, Damso le ramène aux grottes de Han.

Pute, salope, mon sperme dans tes cheveux, tout ça n’a rien d’artistique, rien de poétique, et rien de constructif. Au second, au troisième ou au cent-millième degré, c’est de la merde. C’est la consternance de la pornographie pure, le refus total de même imaginer une relation sexuelle mutuelle, la soumission de la femme à une image d’enculable, de baisable, sans l’ombre d’une volonté propre, soumise au désir du mâle, cette salope qui le fait souffrir parce qu’il pense plus que jamais avec sa queue et que ses fans tiennent à l’imaginer gicler dans la tronche des connasses qui ont intérêt à avaler, sinon, en plus d’être des putes, elles sont des mal-baisées.

Pute, salope, ta gueule, t’es qu’une meuf, ces mots, entendus et réentendus dans les écoles, montrent que la culture qui est en train de se développer avec ce rap de niveau YouPorn déconstruit tout ce qui a été bâti à coup de gueule, à coup de griffes, à coup de sang, en cent ans de lutte pour des droits égaux entre hommes et femmes.

Et Damso, au lieu de se poser des questions, au lieu de faire amende honorable, au lieu de se grandir, se racrapote comme une queue trempée dans l’eau glacée de ses paroles glaçantes en laissant ses fans aller plus loin encore, sur sa page Instagram, sans bien sûr les censurer — on est entre porcs, hein : “elles ont sucé combien de bites pour avoir le poste ?” ; “qu’elles ferment leur gueule, ces putes”, ou — tiens — “Stromae on l’encule”.

Damso, c’est une culture de la domination, une culture de l’exclusivité, une culture de l’arrogance masculine, de la soumission au diktat du maître. Damso, c’est du XVIIIe siècle revu au son du loop pillé.

Vous qui trouvez que c’est si beau de pleurer sur la salope qui ne supporte pas le mâle et sa grosse bite joufflue qu’il balade de rap en râpe pour lancer sa semence sur son boule, vous demanderez peut-être pourquoi, au journal, quand on parle de meurtre, ce sont si souvent des femmes. Et pourquoi 100 viols par jour, c’est pas assez.

Vous, soi-disant jeunes, vous êtes vieux comme la terre, vieux comme la misère, vieux comme ce fascisme mâle grabataire, vieux comme l’impuissance rancunière que vous confondez avec de l’art.

Vous, les jeunes qui ânonnez que Damso est la seule idole possible, on va vous rappeler que nous avons encore largement assez de jeunesse en nous pour ne pas vous laisser bousiller des décennies de boulot.

Atchao. Niquez bien. Mais attention, pas avec nos filles : on leur a appris à se faire respecter.

Previous Parc Maximilien : la statuette de trop.
Next N-VA : quatre ministres belges et de fâcheux amis fachos.

You might also like

38 Comments

  1. Salade
    mars 10, 15:28 Reply
    Relax marcel :-) http://next.liberation.fr/culture/2016/02/18/de-ferre-a-orelsan-breve-chronologie-du-sexisme-dans-la-chanson-francaise_1434314
    • Laurent
      mars 12, 17:45 Reply
      "on a toujours fait comme ça" est le pire des concepts... et est loin d'être une excuse! ;-)
  2. Alexis EWBANK
    mars 10, 17:07 Reply
    Belle preuve de culture musicale en effet : de Celentano (1972) au Sugarhill Gang (1979), on peut ajouter le Grand Master Flash de 1980 à 1984. Le rap ? Les vieux sont sur le coup !
    • marcel
      mars 11, 23:45 Reply
      Yo man (comme on disait alors)
    • Antoine Dellieu
      mars 15, 18:49 Reply
      Hey GrandMasterFlash, on l'a vu a Lidje il y a quelques jours seulement! Comme quoi c'est encore un peu d'actualité
    • Pierre Kazadi
      mars 16, 07:56 Reply
      En 1937... Golden Gate Quartet : "Preacher and the Bear" https://www.youtube.com/watch?time_continue=66&v=dRSDzqFJnp8 Fact: Sugarhill Gang ont fait le 1er tube mondial, Celentano: sa chanson (qu'on ne peut pas qualifié de rap vu que rien ne rime) fut top 5 en Belgique, Hollande, France... et Italie!
  3. Malou Rener
    mars 10, 17:24 Reply
    https://www.facebook.com/THEDAMSO/posts/955056677984370 Cela situe le niveau de l'individu
  4. Gabriel
    mars 10, 19:22 Reply
    Sacré Marcel SEL, il s'est encore dépassé, on va lui attribuer le Prix NOBEL de l'art de distiller le verbe et ses dérives... Je viens de lire en diagonale votre réaction "littéraire"sur cet air Brabançonnien des musiques "égarées" du foot. J'apprécie certains RAP comme celui de GRAND CORPs MALADE et de quelques vrais poètes mais pour le reste, le snobisme fanatique voué à certains me chagrine car, c'est de l'anti- art... Donc à notre époque évoluée et décomplexée, plus besoin de gomme pour corriger, on rappe...sur le papier et dans les textes. Je dirais de bite-en-blanc comme de bite-en-noire (tjrs au second degré), que la cul-ture prens des pieds au C... La sous cul-ture est devenue une forme d'épanouissement pour certains et la démagogie fait le reste du snob. La perversion et l'argent dans le monde footballistique nous ramènent à la préhistoire et la corruption à la FIFA en est la triste réalité, voir investigation et enquête. Je ne vais plus au FOOT et je m'en foute, je préfère utiliser mes petits sous pour passer un we en famille à l'air pur de la campagne, l'air pollué du stade de foot me provoque des allergies respiratoires.
  5. Tournaisien
    mars 10, 19:23 Reply
    Peine perdue, Marcel. Ces encéphalogrammes proches du zéro absolu sont la deuxième cause de la trouée de la couche d'ozone. Quand ils ont fini de beugler à tort et à travers, avant d'aller secouer leur grosse bite et de gicler à tous vents et, tous les quatre ou six ans, d'aller voter Yvan Mayeur, André Flahaut ou Jean-Claude Marcourt, ils s'affalent sur des chaises aux terrasses des cafés "Les amis réunis" (en Wallonie, on a les PMU qu'on peut), ils boivent, ils bâfrent et ils pètent à qui mieux mieux en regardant passer, l'oeil glauque, les voitures des chaussées bordant les stades. Si ça continue comme ça, mêmes les bleus-blancs-belges vont finir par se faire déclasser, déjà comme ça que leurs culs de poulain, contre ces enfoirés, ne font plus le poids depuis longtemps. À force de boire de la pisse à bulle et à mousse en bouffant des frittes à la mayonnaise sauce andalouse, leurs intestins boursouflés n'en finissent pas de produire des chlorofluorocarbures, des bromures de méthyle et des tétrachlorures de carbone qui, non contents de les rendre encore plus cons qu'ils n'étaient (comme si c'était possible), les transforment en chaudières à miasmes et en distilleries pestilentielles. Alors, très franchement, Marcel, comment voulez-vous faire rentrer dans ces boyaux sous-crâniens que l'amour entre l'homme et la femme, ça peut être autre chose qu'un coït ahanant et un déversoire d'huile de moule. Peine perdue, Marcel ! Peine perdue ! Cet article est un non-article. Mieux vaudrait encore tenter d'entamer une thèse de troisième cycle sur le QI des asperges. Elles au moins, elles savent pourquoi elles poussent, et ce quand bien même elles ressembleraient à des bites.
    • Eridan
      mars 15, 11:09 Reply
      Dit comme cela, c'est vrai qu'on comprend tout de suite mieux...
    • Antoine Dellieu
      mars 15, 18:22 Reply
      Ah l'Homme avec un grand H qui refuse son animalité... et se fout le doigt dans l'oeil au passage. Parce que si vous pensez être autre chose qu'un tas de boyaux dirigé par des instinct primaires, éventuellement sous un vernis de civilité et de vocabulaire, vous vous trompez. Je ne fais bien sur pas cette remarque pour vous en particulier (je ne vous connais pas) mais de manière tout à fait générale. L'être humain est avant tout biologique, la baise et la merde sont son lot quotidien, et l'Histoire (avec un grand H aussi, ils sont en promo) s'écrit dans l'hormone et le miasme (et quelques litres de sang pour faire bonne mesure).
      • u'tz
        mars 20, 01:18 Reply
        "(avec un grand H aussi, ils sont en promo)" ...à condition de se contenter d'une quantité ne dépassant pas sa consommation personnelle
    • u'tz
      mars 20, 01:13 Reply
      "tous les quatre ou six ans, d'aller voter Yvan Mayeur, André Flahaut ou Jean-Claude Marcourt," ...comme c'est beau la haine de l'ennemi !... comme ç'agrandit !
  6. Wallimero
    mars 10, 21:50 Reply
    @ Marcel, la gauche est experte à gagner des acquis qu'elle laisse à la droite de défendre.
  7. De Geynst patrick
    mars 11, 12:06 Reply
    J'ai hébergé des migrants et pourtant je suis d'accord avec l'article sur la "statuettes p
    • marcel
      mars 11, 23:48 Reply
      Ça n’a rien d’incompatible en effet.
  8. Yves-Pierre Duquesne
    mars 11, 13:52 Reply
    Merci pour cette mise au point couillue. Mon commentaire d’hier à supprimer car non pertinent...
  9. Tournaisien
    mars 12, 08:47 Reply
    Commentaire, certes volontairement provocateur, chuinté par Marcel. À force de censure, ce blog finira par manquer de sel.
    • marcel
      mars 12, 11:08 Reply
      En fait, j'aurais aimé que vous précisiez qui sont ces « ils » opposés à « blanc-bleu-belge ». Parce que comme c'était écrit, il y avait de quoi se retrouver au tribunal. Et parce que le mec qui m'a fait sortir des stades pour ne plus jamais y revenir était un supporter blanc-bleu-belge de l'Antwerp qui m'a donné un coup de canne sur la tête qui m'a pratiquement assommé parce que j'étais content de la victoire du RWDM. J'avais 12 ans.
      • Tournaisien
        mars 12, 12:54 Reply
        Mon billet était un billet d'humeur, cela, vous l'avez compris. Je ne supporte plus la connerie écumante, rampante, bête et méchante, une connerie qui est l'envers affligeant d'une démocratie mal comprise, non pas une démocratie qui tire vers le haut, mais qui bien au contraire ravale tout vers le bas. ... pour risquer une comparaison, prenons le modèle idéaliste de la troisième république, celle des Jules Grévy, des Pierre Waldeck-Rousseau, des hommes de conviction (de gauche) qui s'étaient battu pour une école égalitaire qui permette à tous, quelle que soit l'origine sociale, de donner le meilleur d'eux-mêmes. Mais qu'on se le dise : à l'époque, si la sélection ne se devait d'être fondée sur les origines sociales, elle ne rimait pas pour autant avec nivellement par le bas. Ceux qui étaient appelés à grimper les échelons étaient ceux qui méritaient et qui avaient les capacités. Tout le contraire de la vision qu'on nous impose aujourd'hui, et qui aboutit à une banalisation de l'abrutissement, de la violence, du non respect de l'autre. ... je ne supporte plus par exemple ces comportements d'une violence gratuite qui, ce week end, au carnaval de Tournai, ont vu un jeune fils d'agriculteur se faire tabasser par plaisir au coup de poing américain et qui, conséquence prévisible, y a laissé un oeil. Cette méchanceté gratuite, expression lamentable de la pire des bêtises que produit notre société, je ne la supporte plus ... elle fait vomir. ... l'image des boeufs attablés à une terrasse des "Amis réunis" (un bistro bien connu de Tournai, lieu de rendez-vous des socialos du coin), qui pètent à qui mieux mieux et rivalisent ce faisant avec les bovins qui détruisent la couche d'ozone ... bah oui, c'est un mouvement d'humeur craché contre ce que cette politique d'avachissement et du nivellement a conduit notre société à devenir ce qu'elle est. ... à vomir ! Voilà pour le décodage de mon post précédent.
        • marcel
          mars 12, 14:01 Reply
          Ma question était plus précise : de qui parlez-vous quand vous dites dès le début « ils », que vous opposez ensuite aux « blanc-bleu-belges » ? Des jeunes fans de rap ? Des immigrés ? Dans le premier cas, je décensure après précision, dans le second, hop, vuilbak.
          • Tournaisien
            mars 12, 14:41
            Le "ils" ne visaient bien sûr pas les immigrés ou réfugiés. D'ailleurs, pour le dire plus clairement, je me demande ce qu'ils doivent penser de nous quand on voit le spectacle que notre société a à offrir. Je ne suis pas loin de penser que certains d'entre eux doivent regretter d'être venus se fourrer chez nous. Il n'y a pas de quoi être fier ... non, le "ils" désignait la masse hurlante, celle des stades, celle du festif qui confond fête et beuverie, celle des mouvements de masse, celle qu'à l'époque de Vespasien, on abreuvait de "panes et circenses".
  10. Christian Vandenbroeck
    mars 13, 00:32 Reply
    je suis d'accord avec vous, surtout sur le viol et la violence physique, mais beaucoup d'hommes sont tiraillés manipuler et mal traiter par leurs femmes, on en parle pas, les putes ça existe autant que le gros porc, moi j'ai vu des hommes qui étaient devenus des loques avec une dictatrice, ils faut bien sûr éduqué les garçons quand ils sont petits mais les filles aussi, l'amour n'est pas la chose la plus importante dans la vie, c'est le bien-être à mon avis,et quelqu'un a dû faire croire a petit damson qu'il fallait baissé pour être un homme
  11. Cassace
    mars 14, 16:09 Reply
    "Si t'aimes pas c'est que j'rappe c'que tu n'vis pas (clair)" Damso, BruxellesVie
    • marcel
      mars 14, 16:36 Reply
      En effet, je ne vis pas la femme comme une pute et je ne me finis pas dans ses cheveux.
      • Cassace
        mars 15, 12:47 Reply
        Il y aurait beaucoup de choses à dire sur Damso. Juste sur cette phrase, on peut entendre: si tu n'aimes pas, c'est par ignorance ou par jalousie, mais aussi et surtout, on peut entendre l'inverse: si on aime, c'est qu'il rappe ce qu'il vit; ce qu'on aime, c'est son honnêteté. Il y a beaucoup de choses à dire de Damso, mais encore faudrait-il l'écouter avec bienveillance et ne pas insulter la culture qu'il représente dès le premier paragraphe. Cet article, comme il est écrit, ne s'adresse qu'au public qui a déjà en horreur le rap. Ce public se sentira conforter dans le dégout que lui inspire les textes et les valeurs du rap contemporain. Ce public se sentira légitime dans son racisme de classe. Vous avez raison quand vous dites que ce n'est pas en raison d'une couleur de peau. Le dégout qu'il inspire (et qu'il s'inspire probablement à lui-même) provient de sa classe, cette classe populaire qui a comme horizon la vente de shit, la toxicomanie et l'alcoolisme. Comment respecter les femmes quand on ne se respecte pas soit-même? Il y a des choses à dire sur les textes de Damso, mais encore faudrait-il les lire et ne pas retenir qu'une phrase qui n'est même pas citée. Est-ce celle-là ? "J'balance la sauce sur ses tresses Au point que son mec a cru qu'c'était une colo'" D, BruxellesVie Parce qu'alors vous n'avez pas vu, qu'en plus de ne pas respecter sa partenaire sexuelle, il dit surtout l'affront d'être cocu. "J'respect R" pour continuer à citer le poète. Il y aurait tant à dire sur la parenté entre Damso et Gainsbourg. Est-ce un hasard s'ils ont tous les deux connu la guerre et le racisme dans leur enfance? Est-ce pour ça qu'ils veulent choquer la morale bourgeoise dans leurs chansons? Il y avait tant de raisons pour disqualifier Damso en tant qu'auteur de l'hymne des Diables: l'apologie de la violence, de la haine de soi, de la drogue et de l'alcool, ou encore qu'il aurait été incompris en Flandre. Mais pas cette misogynie supposée, qui est de la misanthropie avérée. A part, peut-être, pour coller à une actualité #metoo #8mars et ravaler la façade de sponsors dont la misogynie était un argument publicitaire. Les vrai.e.s savent pourquoi. Un peu de lecture pour pousser la réflexion plus loin: https://genius.com/artists/Damso
  12. Eridan
    mars 14, 20:51 Reply
    @Marcel Sel  « Nous, vos aînés, nous nous sommes battus pied à pied depuis trente, quarante, cinquante ou soixante ans pour qu’un jour, on respecte la différence. »  Ce « nous » n'est valable que de manière restrictive car je ne vois pas la différence entre ces connards brutaux envers les femmes et les « blousons noirs » des années 50 et 60. Le même besoin d'intimider avec vulgarité pour dissimuler leur bêtise, leur étroitesse d'esprit. Mais, contrairement à vos interlocuteurs, ceux des sixties avaient-ils au moins des « idoles » capables de produire de vraies mélodies avec des paroles parlant souvent plus de leur sentimentalité que de leur bestialité. Quoi qu'il en soit, des imbéciles, et des admirateurs d'imbéciles, il y en a eu de tout temps. Je ne pense pas que ce soit là le problème. Le problème, c'est que le monde macho du foot n'ait pas été capable de comprendre tout seul que ce choix était une insulte à la majorité de la population et qu'il ait fallu un tollé pour qu'ils se résignent. Parce que, de la sorte, ils n'insultent pas seulement la moitié féminine de la population, mais aussi une très grande majorité des autres qui sont totalement incapables d'adhérer à des propos d'une telle bassesse, soient-ils « courageusement » emballés de prétendu second degré. La vulgarité reste de la vulgarité, qu'elle soit du premier ou du second degré. Le second degré a bon dos. Mais nous vivons dans un monde où, par le développement des médias, l'outrance est souvent devenue la règle. Et on trouve des dérives symétriques dans de nombreux domaines, comme le dénonce Nicolas de Paepe de manière très pertinente : http://www.levif.be/actualite/international/la-tyrannie-des-minorites/article-opinion-811523.html
  13. Olivier
    mars 15, 11:45 Reply
    Encore un coup dans la tronche de la liberté d'expression. C'est triste d'entendre toute une flopée de moralisateurs parler du rap comme d'une "contre-culture", ça me fait mal d'imaginer que ce sont les mêmes intellectuels qui pour la plupart s'en battent les steaks du foot ou de la coupe du monde qui décident de ce que le "petit peuple" aura le droit d'écouter et de chanter dans les stades. La culture rap et la culture foot sont des cultures populaires, mais des cultures quand même. Elles sont d'ailleurs très liées et ont leurs codes propres. Je me permettrais pas de les juger, car je ne les connais pas. Alors second degré, premier degré... on s'en fout c'est pas le débat. Si on avait demandé à Damso de faire un hymne pour la journée du droit des femmes à la limite je pourrais comprendre, mais là ça me dépasse... Suis-je le seul regretter une régression de nos libertés ? Olivier, féministe (vraiment!) qui n'aime ni le rap ni le foot Ps : pour ceux qui aiment la misogynie socialement acceptée, Michel Sardou est actuellement en tournée. N'hésitez pas : http://www.infoconcert.com/artiste/michel-sardou-5141/concerts.html
    • marcel
      mars 15, 13:23 Reply
      Euh non. La liberté d’expression, c’est Damso qui a le droit de chanter ce qu’il veut, et moi (ou d’autres) qui ai le droit de dire que je ne suis pas d’accord et pourquoi.
      • Olivier
        mars 15, 14:28 Reply
        Bien sûr Marcel. Mais ce n'est pas la liberté d'expression qui a censuré la chanson de Damso. Car on parle bien ici de censure (!!!). Je trouve normal et très sain que ses chansons choquent et que des gens ont envie d'exprimer leur avis. Mais il y a une différence entre exprimer un avis (ce que vous faites très bien) et faire pression pour interdire qqch (en mode "manif pour tous"). Donc en réponse à votre "euh non" je dirais "ben si"... on avance...
        • marcel
          mars 15, 14:37 Reply
          Il n'y a pas de droit de l'homme à être promu compositeur de l'hymne des Diables rouges. Ou alors, il fallait faire voter tous les Belges.
  14. Antoine Dellieu
    mars 15, 18:30 Reply
    Ce qui reste marrant avec des chansons de ce type, qui repose entièrement sur la provoc et l'outrance, ben c'est que ça marche et que ça sucite ce genre de billet. Après c'est clair que c'était sans doute pas le bonhomme à choisir pour représenter la Belgique. Le rap repose beaucoup sur l'opposition aux normes, donc faire rentrer ça dans un contexte "mainstream" ca ne peut pas bien marcher.... Ce que je trouve comique c'est qu'on fait toujours des problèmes à Orelsan pour son "je vais te Marie Trintigner" mais que Betrand Cantat refait des concerts... Al'époque actuelle on vous jugera plus vite pour vos paroles que pour vos actes, et ça, c'est inquiétant!
  15. Olivia Heck
    mars 16, 14:11 Reply
    Chers amis, nous sommes dans une époque ou a le droit de dire des grossièretés si c’est pour insulter un rappeur « misogyne Comparer le mot nègre et pute (si si). Car apparemment l’esclavage, la traite des noirs et tout cela c’est très comparable à l’incarnation du mot pute. Oui, c’est vraiment pareil de comparer la ségrégation raciale et la persécution des femmes qui sont une minorité. Apparemment le grand jojo, « je suis amoureux d’une Congolaise/sa maman est madame caca/dans un bar au Katanga » c’est juste une histoire de contexte. Et oui dans une époque ou le racisme était légitime, on peut justifier de dire tout et n’importe quoi sur cette sous race qu'est la race noire, si on veut commencer à aller dans les détails on dira congolais pour la Belgique. Je suppose que certaines personnes devaient se dire pareil pendant la seconde guerre mondiale, après tout, ces juifs, ils l’ont bien cherché. Je lance à appel à tout ceux qui ont « un ami noir ou arabe », vous pouvez espérer passer l'étape du racisme moyen, si vous arrivez à contextualiser votre démarche, votre "mot d'esprit" à l'égard de ces minorités passera tout seul. Bonne nouvelle. Gainsbourg chante lemon inceste et tourne le film Charlotte for ever ! Mais pourquoi s’offusquez de ça, c’est de l’art et c’est contextuel ! Rien n’est dégoûtant dans le fait de faire jouer sa propre fille la maîtresse dans son film et la faire chanter une chanson à la gloire de son fantasme le pus profond : le fait de la baiser, oups pardon, de lui faire l’amour tendrement, quel chouette papounet. Beau souvenir d’enfance. J’adore l’exemple de Tarantino, tarantino... « Chez Tarentino, la meuf est une héroïne, autonome, qui décide. » (niah niah niah niah) Quand Bridget Fonda se fait enculer par Robert de niro en prenant un rail de coke j’y vois effectivement une femme qui sait ce qu’elle veut. Une femme forte ! Surtout contre le bar de la cuisine. C'est pas réducteur... Parce que...euh, cette une femme forte qu'on a dit !!! Donc si je reprends sa théorie : si on met en contexte sa verve raciste on garde sa crédibilité. Si c’est poétique du genre « Je t'aime t'aime, je t'aime plus que tout. Papapappa. Naïve comme une toile du Nierdoi Sseaurou. Tes baisers sont si doux. Inceste de citron », ça reste de l’art, de la poésie ! Par contre, s’il vous plait, on ne dit pas sale pute !!! C’est cru donc à censurer. Et je tiens à préciser que ce sont des exemples qui synthétisent parfaitement l’œuvre de chaque artiste mentionné. En aucun cas j'ai pris des exemples au hasard pour affirmer un point de vue de mauvaise foi. En plus, cette personne a raison, Damso, maître de la sous culture, ne défends pas nos codes ; Hmmm Mais j’aimerais bien savoir ce que c’est « nos codes » quand même. Non mais sérieusement c'est quoi ? Merci pour cette leçon de liberté d’expression, de définition de l’art, tout ça. J’avais besoin de ma dose de mauvaise foi et d’élitisme intellectuel de fond de tiroir.
    • marcel
      mars 17, 22:45 Reply
      Les femmes sont opprimées depuis Mathusalem partout dans le monde. Si vous ne voyez pas ça, c’est bien triste. Par ailleurs, Gainsbourg à bien. écrit dans Inceste de citron « l’amour que nous ne ferons jamais ensemble ». Case closed.
      • u'tz
        mars 20, 01:08 Reply
        ok "Les femmes sont opprimées depuis Mathusalem partout dans le monde" bon que tous les autres dominés ferment leur gueule pour que les femmes opprimées puissent se faire sauter plus à l'aise par les dominants
  16. u'tz
    mars 20, 01:24 Reply
    ah damseaux là mr de toutes les batailles, mort au chant donneur en 2007... aurait-il collaboré avec l'n-va?
  17. Adam
    mars 22, 12:36 Reply
    Sans comprendre sa musique, ou celle de ses collègues, si tu connaissais de près des gens qui l'apprécient, tu sentirais sans doute ce que l'égotrip et tout ce qui l'accompagne (qui t'échappe complètement mais je ne fais pas d'anthropologie) peut apporter, là où ça peut faire vibrer une corde - sans intérêt pour qui vit dans le monde des idées, de ce qu'il faut dire ou non. Bon, ça t'échappe, et si on est autrement, on est con. Tu ne comprends pas l'exutoire, l'égotrip. L'autoréification absurde, le rejet du policé. La revendication pulsionnelle égotrippée antipolitique, tu n'y comprends rien. C'est sauvagerie, "sous-culture". Il te manque des chemins d'accès pour lire le monde qui bouge, qui bloque, qui démonte les esprits, ce n'est pas très grave, c'est le cas de beaucoup de gens (je n'ai pas dit vieux). Tu vois de la gravité là où tu ne comprends pas, bon, tu as peur, on en est tous un peu là, mais si tu connaissais des gens qui apprécient ce mec, et que tu les regardais sans flipper, tu comprendrais combien tes gesticulations et tes peurs sont inappropriées. Si tu parlais d'expérience et pas d'idées. Mais bon. On peut hurler avec les loups. C'est moche mais on peut.

Leave a Reply

Attention, les commentaires n'apparaîtront qu'après modération.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.