Quatorze ans, soixante harcèlements.

J’ai 14 ans et je fais partie du deuxième sexe. J’habite, je vais à l’école et me promène dans des quartiers aisés.

Je suis féministe. Je ne le dis pas souvent, car le féminisme repousse la plupart des gens. Ce n’est pas une coïncidence. Les films, les livres, les documentaires, les journaux… parlent beaucoup de racisme, d’homophobie, d’écologie, de politique, d’inégalités économiques et politiques entre différents pays, en fait, de toutes sortes d’inégalités. Ensuite, les écoles vont essayer de nous sensibiliser, nous, la nouvelle génération. Mais je n’ai encore jamais vu ni lu aucun film ou livre qui parle de l’inégalité des sexes actuelle comme je la vis. Comme mes amies (de 11 à 23 ans) la vivent et comme beaucoup de femmes qui nous ont précédées l’ont vécue.

La plupart des gens me disent que j’exagère, qu’il y a très peu de personnes qui pensent comme moi et que c’est une forme d’extrémisme.

Mais ça n’est pas de l’extrémisme, ça s’appelle tout simplement la réalité. Je sais que ça fait mal de se rendre compte que l’on sort de notre petite zone de confort. Je sais aussi que beaucoup de femmes pensent que nous avons bien assez de droits, qu’il ne nous en faut absolument pas autant, ou encore que l’égalité des sexes est tout à fait présente. Mais le quotidien d’une adolescente dans un pays européen, démocratique, relativement ouvert d’esprit me montre le contraire. L’égalité est loin d’être présente.

Depuis que je suis en âge de me balader seule dans la rue, je me suis fait harceler verbalement, voire physiquement, au moins 60 fois. Je ne compte pas toutes les fois où j’étais accompagnée d’une ou plusieurs amies ni les fois où j’étais accompagnée de ma mère. Je ne compte pas non plus tous les regards et les sourires très aguicheurs. J’ai quatorze ans.

Je me suis fait harceler verbalement par des hommes de tous les milieux, de tous les métiers, de toutes les religions. C’est d’ailleurs parfois les plus élégants qui sont les plus insistants.

Un homme aisé et cultivé d’une petite soixantaine d’années m’a un jour invité de manière plus que sous-entendue à des activités sexuelles. C’était il y a plus d’un an, je n’avais pas encore 14 ans.

On m’a dit aussi que mettre des protections hygiéniques lorsque l’on avait nos menstruations n’était absolument pas une nécessité, mais un confort. Je ne sais pas pour les autres filles, mais personnellement, je ne me sentirai pas tout à fait à l’aise si je laissais « des traces de mon passage » dans les transports en commun, les chaises d’école, sur mon pantalon, sur ma robe, sur le sol… les protections hygiéniques sont une nécessité pour nous et notre entourage.

Les hommes ne comprennent pas ce que l’on ressent, car ils ne le vivent pas. De cette manière, la nouvelle génération (à savoir celle à laquelle j’appartiens) suit exactement le même chemin. En pire. Les garçons d’aujourd’hui n’ont plus aucun respect. Dans toutes les classes dans lesquelles j’ai été, tous les jours, les filles se font traiter de salopes, de putes, de conne, de connasse. C’est même parfois plus recherché comme : catin, fille de joie, péripatéticienne… Et cela, pour rien, sans aucune raison. Parfois seulement parce qu’on parle.

Beaucoup de gens, hommes comme femmes peuvent penser que ce n’est rien. C’est loin d’être le cas. Ça ne me semble pas juste. Il y a quelque chose qui ne va pas.

Même mes amies et autres femmes de mon entourage me disent souvent que mes propos « féministes » sont un peu ridicules et déplacés. Mais ça non plus, ce n’est pas normal !

Quand je veux me balader en ville, car c’est mon droit, je dois faire attention à tout pour ne pas m’attirer des ennuis ou en tout cas, pour diminuer les chances de me faire accoster ou autre… Je dois faire attention à mes regards : je ne dois pas regarder les hommes dans les yeux ; à mes vêtements bien évidemment : ne mettre que des pantalons ; à mes attitudes : tête baissée/ tête haute ; à mes actes… Je ne peux pas leur répondre ni me retourner. Je dois avancer en espérant qu’ils ne vont pas me suivre.

Mais pour nous, les filles, c’est normal. On a été élevées là-dedans. On a été prévenues par nos mères, nos tantes, nos sœurs… Toutes nous en ont parlé et nous ont expliqué ce que nous pouvions et ne pouvions (devions) pas faire. Les hommes et les femmes font très régulièrement des « blagues » misogynes. Alors, ce n’est évidemment « que de l’humour », mais pour moi, ce n’en est pas. À la longue, ce n’est juste plus supportable. Depuis ma 5e primaire (équivalent à CE2), je les entends. Jusqu’ici, je me sentais obligée d’avoir un esprit ouvert. Mais je constate que par ces blagues, on accentue l’inégalité, et depuis qu’on est toutes petites, nous devons en rire. Nous devons accepter toutes ces choses qu’on nous dit. Nous devons respecter toutes ces règles sur le poids, le maquillage, la bonne attitude, le fait d’être attirante, mais si on l’est trop, on devient alors une salope.

Sommes-nous réellement retombés au Moyen-Age ? Est-ce que je suis vraiment seule à penser qu’il y a un truc qui cloche ?

Ça me fait vraiment peur quand un homme m’agresse verbalement ou alors qu’il devient vraiment trop insistant. Mais je ne suis même plus surprise. J’ai l’habitude. Je pense que c’est l’une des pires choses dans toute cette histoire : j’ai l’habitude. Ça m’arrive (presque) chaque fois que je me promène dans la rue.

Mais je dois quand même me rappeler que je dois être une gentille fille. Après, je devrai être une bonne épouse. Et ensuite je devrai être une bonne mère.

Je refuse ! Je n’accepte pas cette soumission. Nos ancêtres se sont battues pour que nous puissions avoir des droits équivalents à ceux des hommes. Certaines y ont même laissé leur vie, et je ne pourrai pas me regarder plus tard en me disant que c’est ce monde-là que j’offrirai à mes enfants ou aux enfants de n’importe qui.

Je ne veux pas que ma future fille ou n’importe quelle autre enfant ait à écrire ce que j’ai écrit. Je ne veux pas qu’elles se sentent aussi mal que moi quand je me fais harceler ou qu’elle ait ce sentiment d’être coincée, qu’il n’y a rien à y faire, et que c’est peine perdue. Que tout ce qu’on a vécu ait au moins servi à quelque chose. Sinon à quoi bon ?

(Témoignage d’une jeune fille de secondaire.)

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45 Comments

  1. Sylvie Rigot
    mars 08, 19:13 Reply
    Merci Marcel. J'ai 59 ans, e suis une femme, j'ai deux filles de 39 et 30 ans. J'ai été élevée par des parents féministes - et oui mot est devenu difficile à faire passer- et pourtant j'ai dû signaler à mes filles comme en témoigne cette jeune fille de 14 ans- qu'elles devaient par moment veiller à leur habillement (jloi mais pas trop sexy par ex) à leur maquillage, à ne pas se promener seule le soir en ville et je l'ai fait la mort dans l'âme, en marchant sur mon coeur. Comme toute femme, c'est vrai nous intégrons cela depuis la fin de l'enfance. Attention aux messieurs trop gentils, attention si une voiture s'arrête at qu'on vous demande le chemin, J'ai subi, comme beaucoup, quand le bus était bondé les mains baladeuses qui remontaient ma cuisse vers ma petite culotte (à mon époque les filles étaient en jupe, et là je devais avoir moins de 14 ans- ou un corps qui se pressait un peu trop contre le mien. Et ça ça a duré juqu'il y a deux ou trois ans. je me sui fait traiter de "bonne", de "sale pute belge" "pute" par des bandes de gamins d'à peine 12 ans. maintenant, bien que je sois "bien conservée" je suis passée de l'autre côté. Enfin "on" m'a passée de l'autre côté, celui des vieilles pas baisables. Même comme objet je suis mise au rancart :-) Je suis plus tranquille, mais je vois qu'en rue c'est pire qu'autrefois et je ne ne suis pas ranquille pour ma petite fille de 11 ans, qui n'imagine même pas qu'on puisse la regarder autrement que comme une enfant... Merci Marcel . Merci...
    • u'tz
      mars 09, 23:39 Reply
      bxl est un village sylvie, je me souviens d'une réflexion d'un "ami" (à toi) que tu saluais à l'époque où tu travaillais à la médiathèque je crois... on était pas meilleurs que les petits mâles α d'aujourd'hui, mais perso j'ai sans doute pas les bonnes hormones (mes fils non plus) mais j'ai jamais eu envie de sauter sur tout ce qui bouge sans discernement
  2. Pfff
    mars 08, 20:07 Reply
    "Je me suis fait harceler verbalement par des hommes de tous les milieux, de tous les métiers, de toutes les religions. C’est d’ailleurs parfois les plus élégants qui sont les plus insistants." Madmazelle, madmazelle. Que pensez-vous de ce qui suit ? "Le grand ennemi,vous le savez bien,et dans tous les domaines,et sous toutes ses formes,en politique comme en littérature et ailleurs,partout,c'est la sexualité du mâle ou ce qu'il en reste,et il ne s'agit plus dut tout que la sexualité féminine soit à égalité avec la sexualité masculine,mais que celle-ci ne puisse plus être distinguée de celle-là,ou plutôt que celle-ci soit alignée sur celle-là." Philippe Muray
  3. seb
    mars 09, 09:57 Reply
    C'est triste ! A cause de quelque connards mal éduqué et irrespectueux, l'une des plus belles créations de Dieu, la femme, se sent rabaissée, brimée et a peur de sortir librement en rue. Pourtant qu'il y a-t-il de plus beau que le sourire d'une femme épanouie. Sans oublier que ces c... font passer les hommes en général pour des salauds. Ce qui m'énerve ! Aussi, mesdames, continuer votre combat ! On a besoin de vous.
    • u'tz
      mars 09, 23:48 Reply
      "une des plus belles créations de Dieu, la femme" seb, ça c'est du n'importe quoi, si "dieu" existait et qu'il ne serait pas juste la première connasse venue, la "femme" serait sa seule création
      • seb
        mars 10, 10:38 Reply
        @u'tz Vous pouvez ne pas croire en Dieu et être athé. Là n'est pas le problème. Athé ou pas, il se fait qu'on vit dans une culture judéo-chrétienne où durant des siècles on a culpabilisé la femme, descendante de Eve, d'avoir mangé le fruit défendu, d'avoir tenté Adam et d'être la pécheresse. C'est cette croyance et cette culpabilité qui est du grand n'importe quoi !
        • Pfff
          mars 10, 18:56 Reply
          Ou vos références "culturelles" qui sont du grand n'importe quoi.
        • u'tz
          mars 10, 19:30 Reply
          ok seb, c'est l'homme qui crée dieu(x), comme la/les déesse(s) (dix-neuf) d'ailleurs, et c'est la femme qui crée les problèmes, ah si ç'avait été le contraire on serait moins dans la mrde et yaurait du ciel bleu
  4. roland HENRY
    mars 09, 12:36 Reply
    Finalement, la féministe ne rêve-t-elle pas d'être un homme comme les autres ?
    • Pfff
      mars 09, 15:19 Reply
      Bien entendu. Comme disait Niezsche, la différence est ce qui est vécu comme pire violence dans une société démocratique. D'où nos soi-disant tolérants du camp du Bien, qui sont en fait de vrais petits ayatollah.
      • Pfff
        mars 10, 09:50 Reply
        J'ai toujours pensé que Nietzsche abusait sur les consonnes.
    • u'tz
      mars 14, 01:16 Reply
      d'après ce que j'ai compris ya pas de rêve, la femme est un homme, comme ceux qui le sont
  5. serge
    mars 09, 13:25 Reply
    Merci, Marcel. Je ferai lire ce texte a mes trois filles, pour les faire réfléchir et pour les avertir. Triste réalité.
  6. Rivière
    mars 09, 19:05 Reply
    Déjà entendu : une femme qui te regarde dans les yeux (et soutient ton regard !) ou se touche les cheveux en regardant vers toi, ... c'est qu'elle a "envie"... Ai toujours trouvé ça bizarre comme idée... (même si je suis un homme)
  7. mélanippe
    mars 09, 19:46 Reply
    http://echelledejacob.blogspot.be/2017/03/le-merveilleux-jardin-secret-de-bella.html. Quand les hommes pensent aux femmes, ils s'attachent le plus souvent aux épines et en oublie la rose.
  8. Pfff
    mars 10, 10:05 Reply
    Xanadu Un "déséquilibré", mais maniant la hache comme Rambo, fait sept blessés à Dusseldorf. Pour l'occasion, le Soir ressuscite la Yougoslavie. Originaire de Yougoslavie. On compte sur le Soir pour nous tenir au coran des éventuels développements de cette affaire.
    • marcel
      mars 10, 10:54 Reply
      C'est la police allemande qui a indiqué que la personne arrêté avec un « background yougoslave ».Le Soir n'a fait que son travail journalistique.
      • Pfff
        mars 10, 13:02 Reply
        Blablabla ... indépendance de la presse ... blablabla ... presse subventionnée ... blablabla ... Macron, Bergé, Pigasse .... blablabla ... http://www.streetpress.com/sujet/1486723160-macron-le-monde ... blablabla ... j'ai raison ou j'ai pas tort ?
      • Pfff
        mars 10, 13:42 Reply
        Fatmir H., du Kosovo. Béatrice Delvaux est islamo-titiste.
  9. Laurence
    mars 10, 17:40 Reply
    Une jeune fille d'une très grande maturité ! Merci mademoiselle ! Derrière les difficultés, n'oubliez jamais que vous n'êtes pas seule !
  10. Pfff
    mars 11, 09:56 Reply
    Déshabiller Paul pour habiller Mohamed Une femme, une vraie. Malika Sorel-Sutter, derrière Fillon place du Trocadéro. Aujourd'hui dans le Figaro, "M. Macron, la discrimination positive fracture la France". Ne serait-il pas temps, en Wallonie, de nous insurger contre cette politique qui dévaste l'école francophone au profit des brusseleir, ces sangsues ! Quelle solidarité Bruxelles a-t-elle jamais manifesté avec la Wallonie, qui se fait dépouiller à chaque réforme de l''Etat pour "sauver" Bruxelles, jusqu'à finir en faillite ? Wallonie, France périphérique, même combat ! http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2017/03/08/31001-20170308ARTFIG00140-malika-sorel-sutter-m-macron-la-discrimination-positive-fracture-la-france.php https://www.amazon.fr/France-p%C3%A9riph%C3%A9rique-Comment-sacrifi%C3%A9-populaires/dp/2081347512 Le peuple contre la gauche, vite !
  11. Pfff
    mars 11, 14:21 Reply
    Erdogan traite les Pays-Bas de vestiges nazis, leur dit qu'en s'opposant à ses diktats "ils encouragent le terrorisme". Alors là, j'ai un doute : il fait rédiger ses discours par Edwy Plenel ou par Houria Bouteldja ?
    • Pfff
      mars 12, 18:32 Reply
      Émeutes aux Pays-Bas. Erdogan en mode : ton pays m'appartient et si tu ne fais pas tout ce que je te demande, j'y sèmerai le chaos. Joie des siècles à venir.
      • Pfff
        mars 12, 20:05 Reply
        France, Belgique. Avant les Ottomans, chez les Turcs, c'était le régime des Mamelouks. "Le système mamelouk, tout comme le système janissaire chez les Ottomans, qui permet l'accès aux plus hautes fonctions à des esclaves d'origine chrétienne, est hautement original pour une classe dirigeante." source: wikipedia
      • Pfff
        mars 13, 08:53 Reply
        Marcel sur Twitter "L'Europe va-t-elle enfin montrer un profil groupé ?" Ah ben non : l'Europe c'est rien que des Bachi-bouzouks !
      • u'tz
        mars 14, 01:03 Reply
        m'en fout erdogan, c'est l'europe qu'aurait dû dire quoi faire, perso je trouve qu'il faut laisser les turcs choisir dans quelle connerie ils veulent vivre... "Joie des siècles à venir" de l'«homme malade de l'Europe»
  12. Pfff
    mars 13, 08:49 Reply
    Croissant partout, croisés nulle part http://www.lanouvellegazette.be/1805500/article/2017-03-10/une-affiche-anti-chretienne-diffusee-par-l-akp-belgique "Cette lutte est la lutte entre le croissant et la croix… Réunissons-nous sous le croissant. Vous verrez que nous serons très nombreux !" On comprend mieux comment l'AKP, soutenu par 70-80 % des belgo-turcs, a pu soutenir DAECH en loucedé. Ils ont les mêmes fantasmes et la même réthorique. Toujours pas de troubles à l'ordre public : soumission, dhimmitude. Si cela se trouve, c'est comme les oostfronters: il y en a des biens, ils ont beaucoup souffert. Les flamingants et l'AKP devrait échanger leur tuyaux en matière de martyrologie. Affamés wallons, estropiés arméniens, même combat !
  13. Sylvie Rigot
    mars 13, 10:15 Reply
    Pfff, on est loin de cette jeune fille dans vos posts suants de haine... Bon, j'ai jamais vu que Bruxelles lâchait la Wallonie, C'est le contraire qui s'est toujours passé. Y compris dans les années 30 quand ce sont les wallons qui se sont opposés au bilinguisme à l'école, armant ainsi d'office la Fandre pour toujours et la confortant dans son sentiment victimaire à une époque où en effet elle avait des raisons à la fois factuelles et romantiques de se sentir laissée pour compte. Ce sont les Wallons qui dans les années 60 ont lâché sur la frontière linguistique, et sur l'enfermement de Bruxelles dans la ceinture (verte ? Non jaune et noire) imposée par la Flandre qui entre-temps avait pris les levers du pouvoir avec intelligence et hargne. Vous faites juste preuve de cette haine séculaire vis-à-vis de la capitale, que cultivent les flamands par ailleurs et en France la province vis-à-vis de Paris. Pour avoir vécu longtemps en Wallonie (j'entendais dire "Bruxelles c'est toudi des flamins") puis à Bruxelles je peux vous dire que j'ai toujours été surprise par cette petite haine mesquine: vous faites comme De Wever, désigner un "ennemi" bien commode ennemi de "classe" de "langue" oppresseur diffus d'on ne sait quoi, ennemi uniquement parce que étant d'ailleurs ou ailleurs et donc responsable de ce qui ne va pas "ici".... On se croirait dans les bêtises du foot quand il est bête.... Bon j'arrête ici, je vous convaincrai pas et comme vous n'êtes pas seul dans votre cas, je vais regarder la Belgique puis la communauté française se déliter, se détruire. Quel dommage que des sentiments aussi rances empoisonnent ainsi le monde... Vous pourriez pas essayer de vivre sans ennemis ? Dans le doute ? dans l'écoute ? vers l'avenir ensemble (plus loin que la Belgique d'ailleurs) , vers l'Europe ? Vivre sans haine quoi !
    • marcel
      mars 13, 10:45 Reply
      En effet, on en est super loin, je vais désormais demander que les commentaires soient on-topic.
      • Pfff
        mars 13, 11:04 Reply
        Par ailleurs, et rétrospectivement, on ne peut que féliciter les Wallons d'avoir refuser le bilinguisme. S'il avait fallu compter sur la petite bourgeoise belgicaine éperdue d'aplaventrisme devant le flamingantisme (vous êtes un parfait exemple), les choses iraient encore plus mal.
      • Pfff
        mars 13, 11:14 Reply
        Et j'ai vécu 17 ans à Bruxelles, je n'ai jamais entendu que du mépris bien connard des brusseleirs vis-à-vis des wallons (le valet brusseleir imitant son maître flamin), brusseleir qui croient vivre dans une capitale, mais dont les qualités d'urbanité et de sociabilité font rire jusque dans la plus lointaine province wallonne. Pour avoir assisté, bien par hasard, à ce qui se fait censément de mieux comme diner en ville à Bruxelles, je n'en suis toujours pas remis !
      • Pfff
        mars 13, 11:30 Reply
        Pour revenir à nos moutons, puisque c'est prescrit par Marcel, je ne vais tout de même pas faire semblant de me joindre à votre concert de pleureuses bruxelloises, qui maudissent les effets dont ils chérissent - moitié trouille, moitié gôchisme carambar -et nient les causes, causes qui n'ont même pas besoin d'être énoncées pour être connues et reconnues. Tel est votre degré de ridicule, de malhonnêteté intellectuelle et de cornichonnerie. Somme toute, vous méritez, et pas qu'un peu, ce qui vous arrive.
    • Pfff
      mars 13, 11:01 Reply
      Eh-oh, c'est fort simple : combien de prof par élèves à Bruxelles, combien en Wallonie. Rien de plus injuste que nos petits justiciers progressistes.
    • u'tz
      mars 14, 00:52 Reply
      bonjour Sylvie, perso j'ai trouvé le texte de Marcel en gamine de 14 ans (à moins que se soit le contraire) formidable dans le constat que le boulot pour l'égalité ne manque pas, perso je me suis dans le texte identifié au type de soixante ans du témoignage en me demandant où était le fantasme, l'ambiguïté, l'incompréhension, l'absurde ou le crime, soit...le jour de la journée du droit des femmes j'ai même entendu des intervenantes qui ont humilititillé ma misogynie... bon. Mais je m'adresse à vous pour ceci : « j'ai jamais vu que Bruxelles lâchait la Wallonie, C'est le contraire qui s'est toujours passé. » plutôt d'accord avec vous, quoique « Pour avoir vécu longtemps en Wallonie (j'entendais dire "Bruxelles c'est toudi des flamins") »me paraît totalement construit , où donc en vvallonie ? pas en barbanwallon là où ya que des péri-bxlois ou des types qui travaillent à bxl (ok cé pas le cas de chodiev!) et où donc ailleurs en wallonie ? ( perso je crois plutôt que les wallons ne connaissent des bxlois que leurs propres parents émigrés à bxl )... "c'est toudi des flamins" me paraît, sorry Sylvie, soit un constat d'une domination (celle des NL en belgique) soit un truc anecdotique venu du mpw (vu nos âges).... je vous lâche pas tout de suite chère Sylvie car je me fais un point donneur sur ce blog de pointer les éléments de langage flamingants passés côté FR (les pires conneries FR et/où Marcel n'est pas en reste) je pointe : « dans les années 30 quand ce sont les wallons qui se sont opposés au bilinguisme à l'école, armant ainsi d'office la Fandre pour toujours et la confortant dans son sentiment victimaire à une époque où... » la flandre n'a été armée dans ses sentiments de supériorité raciale que par l'allemagne (iie et iiie reich) l'usage du NL hors des flandres oc et or , anvers et endroits barbançons + limbourg n'a jamais trouvé aucune opposition vu qu'il n'existe aucune existence d'une telle proposition ( si vous avez des sources qui montreraient le contraire, merci de me les transmettre)...« Ce sont les Wallons qui dans les années 60 ont lâché sur la frontière linguistique » vous avez raison sur le fond, les wallons ont été vraiment très cons, mais leur incapacité à comprendre l'agression des NL contre les FR montre où se trouve l'origine du mal ... perso je n'aime pas mon pays, pourquoi s'attacher à un pays  où le traitement malhonnête des langues a amené l'éradication du FR en flandre, où la prédation du congo se déguisait en développement civilisationnel, où la collaboration pendant les guerres (flamand gm1, belge gm2) a eu pour résultat l'obsolescence de l'industrie en wallonie par l'historique vidangeage prédateur vers la flandre où d'ailleurs aujourd'hui le fascisme usuel s'exprime... pourtant chère Sylvie votre « je vais regarder la Belgique puis la communauté française se déliter, se détruire» me semble totalement hors propos, bien sûr la le pen peut changer la donne dans 2 mois, mais la "belgique" existe depuis plusieurs centaines d'année dans ses délirantes différences ici au centre de l'europe occidentale et ni les flamands ni les wallons ne croient sérieusement en leur supériorité raciale donc...
  14. Pfff
    mars 13, 10:57 Reply
    Thèmes de campagne En vue de conjurer l'élection de Macron, je vais citer du Philippe Muray, jusqu'à la date fatidique. J'invite Tourn' a en faire de même, puisque je vais devoir m'absenter de nombreux jours d'ici-là. Aujourd'hui, le monde paysan. "Le monde paysan est très certainement celui qui a subi, dans la période récente, le plus impitoyable martyre, et le plus révoltant. Toutes les humiliations, toutes les tortures, toutes les destructions possibles et imaginables lui sont infligées, depuis celles qui émanent de la redoutable Organisation mondiale du commerce, jusqu'à d'insultants projets de désenclavage via des sites Internet ou la création imminente de cyberfermes. Récemment, du haut de sa souveraineté assujettie, Le Monde décrétait que l'univers agricole était "en retard sur l'Histoire" parce qu'il continuait à "raisonner en termes de produits et pas assez en termes de territoire-patrimoine collectif"; et, à travers ce charabia insupportable, il était possible de comprendre que l'univers agricole était "en retard" (et non sur l'Histoire, bien entendu, mais sur ce qui lui succède), que parce qu'il continuait à raisonner tout court, ce qui le différenciait évidemment de toutes les peuplades médiatiques, tribus publicitaires et autres qui donnent chaque jour le spectacle de leur sidération, de leur approbation sans réserve, de leur émerveillement et de leur agenouillement ahuris devant ce qui se présente de pire sous le label innovation, et de leur soumission éperdue aux merveilles du futur." Philippe Muray Après l'Histoire II, Décembre 1999, in Essais, Les Belles Lettres Raymond Depardon, Profils Paysans : https://youtu.be/F_lOYENCh3w
  15. Pfff
    mars 13, 11:35 Reply
    "J'ai quatorze ans." Il n'est point de maux auxquels le temps n'apporte son remède.
  16. Manwe
    mars 13, 11:38 Reply
    Je pense qu'il faut différencier deux choses. La place de la femme dans la société et son image. La place de la femme a connu une révolution en seulement quelques décennies avec des droits qui sont presque égaux à ceux des hommes et une réalité qui tend, trop doucement c'est vrai, vers une égalité de fait. Par contre j'ai l'impression que l'image de la femme est en train de se dégrader. Ce qui se faisait en cachette dans l’anonymat des transports en commun se fait désormais ouvertement. Les femmes ne se faisaient pas insulter dans la rue, à l'école ou au travail ainsi il y a 20 ou 30 ans. L'émergence d'un accès aisé et illimité à la pornographie joue peut-être un rôle dévastateur dans la vision de la sexualité des femmes. Le cœur du problème est sans doute là. La sexualité des hommes est simple, il suffit de réfléchir deux minutes pour comprendre pourquoi elle est ce qu'elle est. La sexualité de la femme est méconnue, elle est romancée avec une valeur morale supposée supérieure à celle des hommes ou au contraire elle est alignée simplement sur celle des hommes ce qui est tant aussi faux et alors accolée d'une valeur morale inférieure à ceux-ci. La réalité est beaucoup plus complexe que cela.
    • Pfff
      mars 13, 12:57 Reply
      "La réalité est beaucoup plus complexe que cela." Dieu merci, il nous reste les ressources de la psychologie et de la philosophie. Je tiens à signaler les récentes percées dialectiques sur le sujet d'un penseur, d'illustre lignée, malheureusement souvent sous-estimé en France : https://youtu.be/K-D7Dy_bEZ0
  17. Pfff
    mars 13, 12:13 Reply
    Wir schaffen das http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/03/13/en-allemagne-le-projet-de-loi-visant-a-expulser-les-migrants-maghrebins-a-ete-rejete_5093558_3212.html Des réfugiés syriens, nous avait-on dit. Mais en fait, non. Les Albanais et les Kosovars, impopulaires en Allemagne, expulsés avec entrain dès l'arrivée des migrants, premières victimes du Wir schaffen das, apprécieront. Merkel invente donc la préférence extra-européenne. Après cela, les Allemands refuseront de limiter leurs excédents commerciaux et refuseront d'alléger le fardeau de la Grèce, mais cela n'empêchera pas le NYTimes de déclarer que l'Allemagne est un modèle pour l'Europe. Un modèle par l'absurde, oui.
  18. Sylvie Rigot
    mars 13, 12:41 Reply
    Je suis bien d'accord avec vous Manwe. C'est un sujet de société qui ne concerne pas que les femmes, mais aussi l'éducation et notamment l'éducation aux médias. Je crains aussi que cet accès si facile à la pronographie qui devient une sorte d'éducation sexuelle violente et par défaut, donne aux filles comme aux garçons une image altérée de ce que sont les relations entre personnes de sexes différents. Et donne aux filles une image irréaliste de ce qu'elles sont censées être.Ou une image agressive de ce que les hommes , ou les garçons, attendent d'elle.
  19. Capucine
    mars 14, 10:51 Reply
    Dans ma jeunesse ,j'ai été harcelée sur mon lieu de travail,j'ai tout planté et je me suis fait engueuler par ma mère . Le boulot et les revenus passaient avant le respect de sa fille .
  20. Capucine
    mars 14, 10:58 Reply
    Voila ce qu'on pourrait enseigner dans les cours de rien :SAVOIR AIMER.
  21. Cit
    mars 16, 17:06 Reply
    Salut ! On est d'accord pour dire qu'il y a encore du boulot avec le féminisme (ou l'égalitarisme, c'est un terme que je préfère), mais j'aimerais tout de même te "rassurer", si l'on peut considérer cela comme rassurant, sur un point : les collégiens/lycéens ne sont pas du tout une référence (par rapport à ce que tu disais sur les insultes de tes camarades). Je ne les incrimine en rien, je mets tout sur le dos de l'école : c'est un endroit qui massacre les enfants, qui tentent de les modeler à une société discriminatoire, et personnellement je l'ai vécu comme une torture psychologique qui m'a pris 10 ans de ma vie. Sortie de cet enfer (j'étais dans un lycée très bien et sans histoires, mais c'est la mentalité malsaine générale : la hiérarchie écrasante, on t'apprend plus à obéir qu'à raisonner par toi-même, le par coeur que la curiosité, il ne faut pas sortir du rang sinon tu n'auras pas d'avenir, pas de travail, pas d'amis etc.), bref, sortie de cet enfer, j'ai découvert que beaucoup de personnes, dont un certain nombre que je considérais comme plutôt stupides voir irrécupérables à l'époque, se mettaient à respirer, relever la tête et devenir quelque chose d'un peu moins dramatique. Voir même des gens doux, comme s'ils avaient vécu dans un endroit trop petit pour eux qui les avaient rendu violents, et qu'ils découvraient enfin que leur vie entière ne s'y résumerait absolument pas. Tu es dans un milieu pourrissant où la plupart d'entre vous tentent de se trouver dans un système qui n'est plus du tout adapté aux idées et aspirations actuelles. Ca créé de la colère, de la peur, un sentiment de rejet, de solitude, de "tout est vain" et les adolescents se défendent dans ce milieu avec le peu d'armes qu'ils y ont découvert : l'aliénation, la persécution, l'humiliation... On ne vit pas le lycée tous de la même façon, parce qu'on a tous des psychologies différentes, certains s'y plaisent, d'autres haussent les épaules, je sais qu'on est plusieurs à en avoir beaucoup souffert, et chacun a survécu comme il a pu. Pour la suite, j'ai eu la chance de pouvoir choisir un domaine ouvert et intelligent, personne ne m'y discrimine, on regarde mon travail en fonction de sa qualité et non pas de mon décolleté ; les blagues, même sexuelles, vont dans les deux sens et sont du 100% humour, les gens qui n'y sont pas réceptifs n'y sont pas soumis de force... il parait qu'on y a des problèmes, je n'en ai encore jamais rencontré, mais je crois que de toutes façons, on les traque solidairement ;) ! Comme quoi c'est possible ! C'est pas pareil partout mais la cause avance, précisément parce que nous sommes nombreux.ses à ne plus faire profil bas. Je ne te connais pas, je ne sais pas quel caractère tu as, mais pour l'exemple mettons que tu es peut-être encore un peu jeune pour être suffisamment assurée et prendre pleinement conscience de la place que tu es en droit, que tu peux là tout de suite, occuper dans le monde, dans la rue, face à n'importe quel genre d'homme (et de femme et de non-binaire). En tout cas continue de réfléchir, de te questionner et l'assurance (ou la "rétribution", si tu es déjà assurée) viendra : tu verras, tu peux t'habiller comme tu veux, garder la tête haute, te montrer, te faire emmerder, répondre vertement et survivre tout de même. Les idiots sont comme les animaux : plus tu montres que tu as peur, plus ils prendront leur ascendant sur toi. Tu es chez toi partout, et chacun doit te montrer le respect qui t'est dû. Il n'est pas question d'insulter ou cracher sur les harceleurs (quoi que ce soit tentant) mais de leur expliquer (pas de leur dire : de leur expliquer, détruire leur raisonnement) pourquoi ce qu'ils font est profondément "raciste". Sincèrement, j'ai déjà eu des conversations plutôt intéressantes avec des gens qui m'avaient à l'origine abordé de façon lourde xD ! J'ai 25 ans, j'ai conscience d'être parfois "en danger", je décide de vivre comme je l'entends quand même. Je ne crois pas à ces "mieux vaut réduire les risques", sincèrement je n'y crois pas. Un type qui veut t'emmerder, tu peux être habillée n'importe comment (personnellement, hors soirées j'aime les pantalons très larges, je ne suis pas particulièrement jolie...), il t'enquiquinera quand même. Plus on assume, plus on rend tout ça "normal", et plus ce sera banal, plus ça entrera dans les mœurs. La société ne s'occupe pas d'éduquer les gens, en conséquence c'est hélas à chacun d'entre nous de le faire. Beaucoup de gens sont éducables, je vous le promets. Et non, ça n'empire pas, ça progresse, et même que ça progresse très vite ! Comme d'hab en France on est très à la ramasse par rapport à d'autres pays : les hommes sont particulièrement lourds et les femmes particulièrement critiques entre elles (attention, ce sont des généralités, vous n'êtes pas forcément dans le lot), mais sincèrement ça progresse. Attends au moins d'être sortie du lycée avant de perdre foi en ta génération. J'aime bien la mienne, et pourtant à l'époque, j'y croyais pas du tout. Vraiment. C'était pas beau à voir.

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