Affaire Hendrik Vuye : la N-VA sera nationaliste ou ne sera plus.

Gare AnversLow

L’incroyable gare d’Anvers. © Marcel Sel, 2013

Coup de tonnerre à la N-VA, Bart De Wever a dégradé Hendrik Vuye, l’un des théoriciens de l’indépendance flamande, qu’il avait auparavant chargé d’étudier les moyens de préparer le confédéralisme en lui confiant le projet Objectief-V qui visait à « créer une large plateforme autour du confédéralisme et [à] poser les jalons de l’émancipation flamande. » L’objectif final : que chaque région se débrouille financièrement. Le site est désormais inaccessible, ce qui permet de mesurer l’ampleur de la gifle bartienne. La réaction du Leider n’a pas plu à Hendick Vuye ni à sa proche collaboratrice, Veerle Wouters, qui ont quitté le parti en milieu de semaine.

Du coup, un certain nombre d’observateurs ont cru pouvoir annoncer que la N-VA cessait d’être un parti nationaliste, voire qu’elle devenait belgicaine, ce vieux délire qui permet de la classer parmi les partis « normaux » et d’évacuer à bon marché tout soupçon de xénophobie ou de proto-fascisme envers l’organisation nationaliste, une sorte de médicament à effet immédiat pour quelques Francophones qui pensent guérir de cette manière leur sentiment de culpabilité pour tout ce qui a été fait aux Flamands par le passé.

Grossière erreur : la colère de Bart ne signifiait pas que le parti était devenu moins nationaliste. Au contraire, il se rapportait à la figure du leader, cet autoritarisme qui motorise le nationalisme et lui donne un visage. Ce que Bart De Wever n’a pas supporté, c’est que Vuye et Wouters critiquent publiquement l’idée de relancer une suédoise en 2019 et donc, de remettre le communautaire au frigo. Bart l’a pris pour une baffe donnée à la stratégie N-VA. Et il y avait récidive : Hendrik Vuye avait auparavant porté sur la place publique une autre discussion interne, sur le burkini. Inacceptable !

Si une telle indépendance d’esprit est possible, voire souhaitable, dans la plupart des partis, à la N-VA, on peut bien côtoyer des fascistes authentiques le dimanche de la Veillée de l’Yser sans que le Mamamouchi ne moufte, mais on ne peut pas critiquer le patron !

Un électeur autoritaire, répressif et ethnocentrique
Certes, seule une minorité d’électeurs de la N-VA est ouvertement séparatiste (17 %). Et certes, la question flamande a été une des raisons prépondérantes de voter N-VA pour seulement 11 % de ses électeurs en 2014 (réponse spontanée, plusieurs choix possibles, étude KUL sur le comportement des électeurs). Mais, à titre de comparaison, l’indépendance n’était citée comme raison de leur choix que par 6 % des électeurs du… Vlaams Belang ! Ce dernier attire plutôt massivement ceux qui s’inquiètent de la « question migratoire » (42 % des fournisseurs de voix du VB ont cité ce thème comme prépondérant dans leur choix contre seulement 4 % à la N-VA !) Autrement dit, la N-VA est à ce jour toujours le parti flamingant par excellence.

Mais elle n’est évidemment pas que cela. Comme raisons de voter N-VA, en 2014, c’était surtout « le changement » qui était le plus souvent invoqué dans cette étude — 44 % des électeurs N-VA se disaient donc logiquement mécontents à très mécontents du gouvernement Di Rupo. Le PS-bashing a de toute évidence très bien marché. Pour le reste, l’électeur N-VA était préoccupé, dans l’ordre d’importance, par l’emploi, la santé, les pensions, les impôts, l’économie et l’intégration, tout ça loin devant la question flamande. Un électeur « normal », donc ? Si c’était le cas, pourquoi Bart De Wever aurait-il pris la peine d’attaquer de front les Francophones pour rassurer ses troupes ?

Car penser qu’on peut évacuer le nationalisme de la N-VA sur cette base (11 % d’électeurs), c’est nier le buikgevoel flamand. Autrement dit, le fait qu’il n’est pas nécessaire de cadrer le choix partisan dans un profil flamand exprimé, il l’est d’office pour un bon tiers des votants au Nord. Et la typologie de l’électeur de la N-VA le présente comme plus individualiste, autoritariste, répressif, ethnocentrique et anti-belge que celui de n’importe quel autre parti, hormis le Vlaams Belang.

À noter que l’électeur N-VA est aussi nettement plus progressiste sur les questions éthiques que le Vlaams Belang, mais aussi bien plus que le CD&V ou même le SP.a socialiste !

Face à son électorat plus large que celui de la Volksunie, et donc plus bigarré, l’ADN de la N-VA n’a pourtant pas fondamentalement changé, ni avant ni après l’affaire Hendrik Vuye. Le parti a simplement adapté son discours. Comme je le disais, l’idée d’une nation flamande ne se limite pas aux 11 % de passionnés qui l’ont exprimée : elle va de soi dans une région que le CVP a dotée d’une mythologie, d’un drapeau omniprésent, d’un hymne national et d’une fête tout aussi nationale. Autrement dit, la « cause flamande » n’est plus dans la conscience politique, elle est passée dans le subconscient ou, mieux encore, dans l’ADN politique de l’électeur.

L’autoritarisme (figure du chef incarnée par Bart « Auguste » De Wever), mais surtout l’ethnocentrisme, et l’anti-belgicisme, trois caractéristiques plus répandues chez l’électeur N-VA qu’ailleurs, sont donc aussi alimentés par l’idée, en filigrane, que le parti sert la Flandre et les Flamands, point. C’est d’ailleurs l’un des arguments massue assénés par Bart De Wever pour clôturer la crise « Hendrik ». Il l’a fait dans cette lettre ouverte intitulée Mettre le confédéralisme en route (Werk maken van confederalisme) et publiée sur le site de la N-VA(1)

Une lettre flamandissime qui déstabilise le MR
Il y rappelle que « la N-VA est et reste un parti nationaliste-flamand. Depuis notre fondation, nous travaillons à l’indépendance flamande et, élection après élection, nous convainquons toujours plus de Flamands […] Début 2014, des milliers de membres de la N-VA […] ont approuvé le confédéralisme : la Flandre et la Wallonie prennent chacun leur propre chemin et décident ensemble ce qu’elles veulent encore faire en commun. » Il s’agit donc bien d’un confédéralisme véritable, au contraire de celui prôné par le CD&V : la N-VA veut la séparation des deux grandes entités linguistiques et une mise en commun de quelques prérogatives, en cas d’accord (et donc d’aucunes en cas de désaccord). Or, toutes les expériences confédérales ont tourné court assez vite (la Suisse n’étant pas un pays réellement confédéral). La dernière en date était la CEI née après la chute de l’Union soviétique. On parle donc bien d’indépendance.

Dans sa lettre au picrate, Bart De Wever met les échecs passés sur le dos des Francophones, qui étaient « dans un fauteuil » lors des réformes de l’État précédentes, selon lui. Ils auraient été aidés par une Constitution « verrouillée » et par des vétos. Cette façon de présenter l’ethnie honnie comme plus maline et plus forte est un grand classique du nationalisme, c’est ce type de discours tenu alors par Milosevic qui avait mis le feu aux poudres yougoslaves.

Et bien sûr, selon Bart, la dernière réforme a tout rendu plus complexe (sur ce point, on ne peut pas lui donner tort) et coûté « des paquets d’argent à la Flandre sans lui apporter une réelle autonomie. » Sachant que l’Open VLD et le CD&V ont voté pour, la claque de Bart aux autres partis flamands de la coalition est retentissante, mais ils s’y sont habitués.

Vient ensuite la litanie du « château-fort socialiste » que la N-VA a assiégé pour rien pendant 541 jours, « jusqu’à ce que les autres partis flamands cèdent [avec pour résultat] une réforme dramatique et un gouvernement PS dominé (sic) par les Francophones (sic) qui a mené une gestion désastreuse pour la Flandre. » Et à ceux qui pensent que le PS est la vraie cible, De Wever y associe encore, sans hésiter, « les Francophones » qu’il faut « mettre en position demandeuse » et « faire sortir de leur trou ». Plus lourd encore pour la position du MR au gouvernement, Bart écrit que Laurette Onkelinx a raison de parler de « flamandisation » au fédéral, faisant passer Charles Michel et son parti pour un traître à la francophonie — car dans son esprit, on ne peut être que l’un ou l’autre.

Si Bart le dit, tout l’indique : la N-VA n’a pas perdu un iota de sa fibre nationaliste. Tout y est toujours pour la Flandre, rien que pour la Flandre, et pour les Flamands. Le sort des autres Belges n’a pas le moindre intérêt. Pire : dès qu’on s’en soucie (comme le CD&V ou l’Open VLD), on passe pour un traître à la cause flamande. De quoi montrer que l’électeur soi-disant non nationaliste qui serait si nombreux à choisir la N-VA n’est qu’une vue de l’esprit. Car même si 89 % des électeurs bartiens ne s’intéressent pas directement à la Republiek flamande utopique (ou non), la fibre « flamande » est en eux, ne fut-ce que parce qu’ils ont été convaincus que la gestion francophone est différente de la flamande, et qu’elle lui est même nocive. Remplacez Flamands et Francophones par Serbes et Croates, on comprend mieux.

Les reproches faits au PS et, à travers lui, à la Wallonie et à Bruxelles, de pomper l’argent des Flamands, relient clairement ce nationalisme ethnique et identitaire aux thèses « socio-économiques » développées par le parti. Bref, la N-VA ne travaille jamais pour la Belgique, toujours exclusivement pour la Flandre.

Sans nationalisme, plus de N-VA
Préserver l’arrière-ban de la N-VA et éviter de nouvelles défections est certes une raison d’affirmer son caractère nationaliste. Mais que croyez-vous ? Qu’un parti qui compte parmi ses pontes les deux grands animateurs du Vlaamse Volksbeweging (Jan Jambon et Peter De Roover, respectivement vice-premier ministre et chef de groupe à la Chambre), qui n’a jamais hésité à célébrer les pires collaborateurs, voire les pires nazis, pour chanter la Flandre autonome, peut même envisager de changer de nature ? Non, il peut tout au plus tenter de se départir de ce sparadrap de l’ordre nouveau en effectuant un virage rentrant démocrate.

Si la N-VA reniait le nationalisme, elle perdrait donc sa nature et finirait par s’évaporer, comme ce fut le cas de la Volksunie quand il se mit à trop « coopérer » avec la Belgique honnie. Et ses électeurs si peu indépendantistes ? Au minimum, ils ne sont pas dérangés par son profil ethnique et nationaliste, tout comme ceux du Vlaams Belang en 2004 (24 % des électeurs flamands) n’étaient pas dérangés par son fascisme et son racisme. Mais bien entendu, ils attendent nettement plus d’un parti politique qu’une simple idée nationale. Le génie de Bart De Wever est d’avoir « rempli » les cases manquantes du programme par le socio et l’économique. La rencontre entre lui et l’électorat de droite s’est conclue parce qu’ils partageaient un goût prononcé pour le conservatisme rigide et autoritaire.

Quant à l’ADN, face à la nécessité de contenter des électeurs pas forcément ou pas uniquement nationalistes, les ténors du parti se répartissent les rôles. Ainsi, Jan Jambon rappelle régulièrement que la Republiek Vlaanderen est la raison d’être du parti. Mais c’est à moyen terme. Siegfried Bracke répète tout aussi régulièrement que l’important, c’est le socio-économique. Tout en rappelant que lui aussi rêve d’indépendance — mais les rêves, c’est du long terme. Les leaders Geert Bourgeois et Bart De Wever unifient le message, comme le dernier l’a fait au micro de la VRT le weekend dernier. Je résume et traduis : « le programme N-VA est toujours le même, il est nationaliste et séparatiste, mais en 2019, on verra quelle partie de ce programme on appliquera (avec le MR) ; si jamais on m’imposait une négociation avec le PS, ah ! malheur ! je serai obligé de mettre tout le bazar sur la table. »

Pire : si la N-VA ne prévoit plus l’indépendance ou la république flamande à court terme, le confédéralisme n’est rien d’autre qu’une indépendance impérialiste. Dans cette perspective, les autres entités de la Belgique sont mises au service de la Flandre, la partie richissime du pays. Elle peut donc dicter ses conditions à l’autre partie, exsangue. Et elle ne reconnaît pas à Bruxelles, pourtant région à part entière, le droit de choisir son destin : elle sera, dans le plan N-VA, une capitale partagée. Sachant que c’est le moteur économique du pays, on peut se demander qui prendra la meilleure part de ce gâteau-là. En général, c’est le plus riche.

Impérialisme et autoritarisme, encore, quand Bart ne se gêne pas pour influer sur les choix des électeurs wallons par un chantage radicalement antidémocratique. C’est « soit, vous votez MR, soit je fais péter le bazar et vous n’aurez plus rien ». Il faut considérer son « peuple » comme immensément supérieur pour s’autoriser une telle dialectique. Mais cette attitude musclée séduit son public antisocialiste voire antifrancophone. De quoi rappeler à ceux que la méthode socioéconomique de Bart fascine au Sud du pays qu’ils ne sont pas concernés par le formidable progrès qu’il veut offrir, exclusivement, aux Flamands.

Parti normal ? Il fallut que Bart le Vuye
Le départ d’Hendrik Vuye et de Veerle Wouters n’est donc pas un tremblement de terre. Ils ne sont pas partis parce que la N-VA était devenue trop peu nationaliste, mais parce qu’ils avaient une vision différente des étapes vers ce confédéralisme. Et probablement parce que ce sont des francs-tireurs mal à l’aise dans une discipline de parti.

L’erreur du professeur namurois (eh oui, il enseigne en français et est donc rémunéré par… la Communauté française) est aussi de ne pas avoir compris ou admis la différence entre un programme et le jeu politique. Formé par Hugo Schiltz, Bart De Wever a au contraire très bien assumé la différence entre vouloir quelque chose et obtenir des avancées décisives vers cette chose par la participation démocratique. Autrement dit, il sait attendre et faire patienter. Hendrik Vuye était peut-être trop pur pour lui. Et trop peu discipliné.

Contrairement au Vlaams Belang, qui n’a jamais participé au pouvoir (même s’il a influé sur l’évolution de la politique flamande, notamment en capturant un quart des électeurs, ce qui a forcé les autres partis à vlaamsbelangiser légèrement leurs programmes), De Wever a compris que pour être un grand parti, et pour rester dans les mémoires, il fallait participer activement. Rester dans les mémoires ? Oui : si Bart se compare à Jules César ou à Auguste, c’est parce qu’il veut marquer l’histoire du mouvement flamand.

Son parti a donc siégé dès 2004 au gouvernement flamand (à travers le cartel avec le CD&V d’un certain Yves Leterme). Ensuite, la N-VA est une première fois « montée » dans un gouvernement fédéral dès décembre 2007. Certes, elle n’a pas eu de portefeuille dans ce gouvernement de transition Verhofstadt, ni dans le suivant (Leterme I), mais elle faisait partie de la majorité parlementaire. Une position très inconfortable qu’elle quitta dès le 22 septembre de l’année suivante, rompant alors le cartel avec le CD&V. Puis, à l’été 2014, ce fut l’arrivée de la Suédoise, avec le MR en position kamikaze.

Kamikaze nordique
La surprise fut grande (y compris pour moi). Pourtant, a posteriori, la logique est limpide : quand on a des électeurs qui veulent à tout le moins plus d’autonomie pour la Flandre, qu’une séparation entraînerait le départ de l’Union européenne (et des années avant de re-rentrer), et que Bruxelles serait presque à coup sûr perdue pour la Flandre, le seul moyen d’obtenir une meilleure situation économique — à défaut d’un surcroît d’autonomie — pour les Flamands est évidemment de participer au gouvernement fédéral. Parce que fondamentalement, la raison pour laquelle l’électorat N-VA veut plus d’autonomie, c’est pour améliorer le rendement de l’argent flamand au sein de la Belgique (ou pas), autrement dit, pour s’enrichir et cesser de payer pour les Wallons socialistes, paresseux et incapables. Ethnocentrisme et individualisme, donc. C’est le sens du programme « socio-économique », fer de lance de Bart. Et celui-ci ne se gère que partiellement depuis la place des Martyrs, siège du Vlaamse Regering. Il fallait donc aller un pas plus haut. Occuper le pouvoir fédéral pour mieux le grignoter. Il aura fallu attendre 2016 pour qu’il le dise aussi clairement.

Ce faisant, Bart De Wever se réaffirme comme l’homme fort du parti fort de la coalition gouvernementale : il peut encore et toujours absolument tout se permettre, ratiboiser le MR en attaquant les Francophones de front, humilier ses concurrents flamands en les accusant d’être au service de la Wallonie et de Bruxelles. Sans la moindre réaction ou presque. De quoi prédire que la campagne pour les élections communales de 2018 sera sanglante ou ne sera pas.

Bart De Wever : du national-fascisme au national-conservatisme ethiquement progressiste.
Depuis sa fondation sur les ruines de la Volksunie, la N-VA a toujours été un parti nationaliste. C’est le premier point de ses statuts : l’établissement d’une république flamande. C’est du reste le combat de Bart De Wever depuis sa plus tendre enfance. Son idéologie personnelle de départ semble reposer sur deux fascinations de l’Auguste Anversois (Auguste comme l’empereur qu’il admire, pas comme le clown du même nom) : la république flamande indépendante, d’une part, un néoconservatisme basé sur l’idée de révolution conservatrice des jeunes-conservateurs de la République de Weimar, de l’autre.

Comme Bart aujourd’hui, les jeunes-conservateurs considéraient les patrons et les entrepreneurs comme la nouvelle aristocratie (« Mon patron, c’est le VOKA »), ils s’opposaient aux Lumières qui avaient, selon eux, détruit le Volk allemand (Bart pense que les Lumières nuisent à l’identité). Ils encensaient le volontarisme, qui est par exemple le cœur même de la campagne N-VA « Helfie » (qu’on pourrait traduire par « Coup de pouce ») qui préfigure le remplacement de l’État par l’entraide volontaire.

Si ces jeunes-conservateurs sont considérés par certains comme la pépinière du nazisme, seules certaines de leurs idées se sont retrouvées dans le programme du jeune Hitler et de sa clique, avec lesquels les disciples de la révolution conservatrice ne partageaient pas grand-chose, sinon un volkisme national et le rejet du socialo-communisme et des Lumières. Mais ils préfiguraient autant Hayek ou Margaret Thatcher. D’éducation notoirement fasciste et nationaliste, Bart De Wever a fortement évolué, et cherché à extraire les éléments nocifs des deux idéologies, obsédé par la recherche d’un nationalisme et d’un conservatisme démocrates.

Ainsi, dans L’Ombre du Leader, son ode pseudo-historique de 2001 au premier fasciste flamand Joris Van Severen, De Wever évite de le qualifier de fasciste, attribuant à son mouvement pourtant violemment antisémite et mussolino-hitlérien, le VERDINASO, un simple conservatisme catholique, et une proximité des jeunes-conservateurs allemands des années vingt.

Si on peut voir dans cette erreur flagrante d’historien une manière de décriminaliser le facho-nazisme du nationalisme flamand d’avant-guerre, on peut aussi y percevoir le besoin de se débarrasser des oripeaux désagréables à l’odeur rance et cadavérique qui précède une recherche originale — la voie vers un nationalisme conservateur « démocratique ». Cette originalité que le jeune De Wever reconnaissait lui-même à Joris Van Severen, inventeur du « national-solidarisme ». Il a notamment brillamment réussi à extraire du conservatisme sa dimension éthique : la N-VA est à la pointe sur les dossiers du mariage gay et de la protection des LGBT.

Mais ce qu’il résume aujourd’hui comme un confédéraliste de centre-droit reste un nationalisme conservateur qui privilégie ses élites dont il entend établir et ensuite conserver les privilèges. Au détriment des faibles, de l’État-social (que certains appellent « État providence »), des différents (zazous, fafouls et autres artistes) et de tout ceux qui ne se reconnaîtraient pas dans l’identité flamande qui, elle, n’a pas attendu l’indépendance pour naître, exister et s’affirmer.

Enfin, Bart De Wever a compris qu’il ne suffit pas d’avoir un programme, il faut aussi que son application soit suffisamment souple pour répondre aux angoisses du peuple et que son évolution s’attache à coller le mieux possible à la peau du Volk, à la traduction factuelle de son identité en l’occurrence. Et la N-VA a réussi à transformer son national-conservatisme théorique en un ensemble de réponses au buikgevoel (les tripes) flamando-flamingant.

Ce faisant, il a converti son nationalisme théorique en discours populaire et capturé le Volk flamand de centre-droit. Mieux que quiconque avant lui — et ayant lu l’historien tchèque spécialisé en nationalisme Miroslav Hroch — Bart a compris que le nationalisme seul ne passionnerait pas les foules. Il fallait lui donner un contenu. Autrement dit, comme on dit dans la com, l’articuler pour répondre à la question fondamentale de l’électeur : « what’s in it for ME » (qu’est-ce que vous allez faire pour MOI ?) Ce faisant, Bart De Wever a réussi à faire de la N-VA le grand parti populaire flamand, à la place du CD&V. Populaire, oui. Mais aussi parce que… nationaliste !


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26 Comments

  1. Salade
    septembre 23, 13:31 Reply
    Ma vision de cette affaire au départ est: Vuye fait de l'ombre à De Wever, qui en a eu peur. C'est un intellectuel puriste indépendantiste de la ligne dure, probablement même plus que De Wever lui-même, peu malléable. Ses idées pouvaient plus séduire que celles de De Wever. Et surtout Vuye est plus érudit que lui, De Wever ne le supporte pas, en Historien Dieu, en pensée unique. Evidemment tout cela s'est déja vu par le passé. D'où vient la NVA encore?
  2. Mereck
    septembre 23, 13:41 Reply
    'Bart rappelle son nationalisme au risque de déstabiliser Charles Michel' Simpole : si Michel est déstabilisé, c'est bon pour la nva "le fédéral n'est pas un bon système", sinon, il poussera Charles Michel à autoriser l'ouverture du dossier constitutionnel pour les négociations des élections de 2019.
  3. vince001
    septembre 23, 14:59 Reply
    Et dire qu'on donne des cours de citoyenneté aux enfants.
  4. Fernando Ferreira
    septembre 23, 17:24 Reply
    Cher Marcel, pour mieux brouiller les flamingo-flamands, il frauda organiser très vite un vrai parti séparatiste bruxellois: le «Forza Bruocsella», dedié a repandre la joie de vivre ensemble sans prejugés...
    • moinsqueparfait'
      septembre 24, 09:05 Reply
      Très bien, mais n'oubliez pas de vous séparer du parasite wallon unilingue aussi. Votre immense PIB devrait suffire faire des zinnekes parades tous les mois et construire encore au moins 5-6 stades de voetbal dédiés à "l'intégration par le sport©". Pour les tunnels et les viaducs, plus besoin de refinancement: si leur fermeture par obsolescence empêche tous ces fichus Wallons de venir "profiter" des infrastructures, de polluer l'air et d'user les trottoirs de la Kapitaal, c'est que du bonheur, n'est-ce pas?
  5. Salade
    septembre 24, 11:10 Reply
    picrate et picrocholine sont dans un bateau, maintenant
  6. Degenève
    septembre 24, 13:12 Reply
    En fait, la politique selon De Wever c’est « een volk, een partij, een leider !». C’est curieux, ça me rappelle quelque chose...
    • Salade
      septembre 24, 21:42 Reply
      @ Degenève Souvenirs, souvenirs... Michel Lippert par ex...
  7. Pfff
    septembre 24, 13:27 Reply
    Ce qui est amusant, c'est que ni Bart, ni Marcel ne disent clairement what's in the praline pour l'électeur wallon. Personne ne remet en cause la sixième réforme de l'État qui a bien fait sauter le verrou institutionnel et la solidarité interpersonnelle en Belgieke. Bart table sur le pourrissement de la situation en Wallonie ; le PS nous chante le divin redressement qui viendra du Ciel, parce que les conditions matérielles, elles, vont continuer à se détériorer.
    • marcel
      septembre 25, 09:34 Reply
      Je ne sais pas comment le dire plus clairement que « Dans cette perspective, les autres entités de la Belgique sont mises au service de la Flandre, la partie richissime du pays. Elle peut donc dicter ses conditions à l’autre partie, exsangue. » L'autre partie étant évidemment la FWB et la Wallonie (pour la N-VA, Bruxelles n'est pas une « partie ». Ensuite, j'ai supprimé pour raccourcir un paragraphe sur le fait que même sans arriver au pouvoir, la N-VA avait provoqué la 6e réforme, qui commençait à grignoter la solidarité interpersonnelle. Mais c'est un article sur le nationalisme de la N-VA, pas sur l'économie wallonne. Donc, votre commentaire n'est pas franchement pertinent.
    • lievenm
      septembre 25, 13:57 Reply
      Het kiesvee van de PS is compleet irrelevant. De PS is een partij voor en door zijn nomenklatura. En die worden nu op alle mogelijke manieren op federaal niveau buitengewerkt. Geen verlengingen van mandaatfuncties, geen zitjes als regeringscommissaris, geen bevorderingen. Door de taalpariteit betekent dit een overvloed aan posities voor MR-ers. En als dit de werking van de federale instellingen hypotheceert, levert dit voor de N-VA gewoon het bewijs dat dingen federaal niet kunnen werken. Als men dit een aantal jaren kan volhouden kraakt de PS.
  8. Franck Pastor
    septembre 26, 11:16 Reply
    J'aimerais comprendre comment un nationaliste flamingant comme Hendrik Vuye peut vivre et travailler en Wallonie. Si je luttais pour l'indépendance de ma région vis-à-vis d'une autre, j'essaierais d'éviter au maximum de mettre les pieds dans cette autre région. Ça me paraît relever de la logique et de la cohérence les plus élémentaires. Bref, je n'arrive pas à me mettre dans la tête d'une personne du genre de Vuye, mais ce n'est peut-être pas un problème…
    • marcel
      septembre 26, 12:18 Reply
      C'est même pire que ça : il est payé par la Fédération Wallonie-Bruxelles et techniquement, il est wallon : il habite à Beauvechain, dans une maison un peu à l'écart dans un lotissement récent (l'adresse est publique, même s'il tente de ne pas trop la diffuser).
      • lievenm
        septembre 26, 13:19 Reply
        Dat lijkt me raar. Officieel moet hij toch in zijn kiesdistrict wonen? Of op zijn minst in Vlaanderen (of theoretisch Brussel, hoewel de kans dat daar ooit nog een Vlaming gaat verkozen worden in de Kamer klein is) als hij tot de Nederlandse taalgroep wil behoren? Natuurlijk kan hij in de praktijk ergens anders wonen. Daniel Termont heeft indertijd nog de politie op Siegfried Bracke afgestuurd om te controleren of hij wel voldoende in Gent woonde om aan de gemeenteraadsverkiezingen te kunnen deelnemen.
        • marcel
          septembre 26, 13:27 Reply
          Dat geldt enkel voor lokale verziekingen. Termont stuurde de politie naar Bracke omdat hij niet echt in Gent zou wonen en kandidaat-gemeenteraadslid was. Voor federale verkiezingen is er maar een verplichting kwa domiciliëring : de kandidaat moet in België wonen.
      • Fernando Ferreira
        septembre 26, 15:44 Reply
        Cher Marcel, si Hendrik Vuye est wallon (même seulement techniquement), alors Bart de Wever l'a bien viré: on ne peut doit point consentir la présence d'infiltrés wallingants chez N-VA...
    • Eridan
      septembre 26, 14:29 Reply
      « J'aimerais comprendre comment un nationaliste flamingant comme Hendrik Vuye peut vivre et travailler en Wallonie » C'est tout simplement la psychologie du conquérant dominant ; vis-à-vis des dominés, il n'a aucun complexe, aucun scrupule et se flatte même d'avoir l'esprit ouvert. A ce titre, il est même souvent de très bonne compagnie. C'est l'expression du flamingantisme expansionniste et économiquement colonisateur. Ce que fait Vuye, c'est la même chose que ce que font d'innombrables entrepreneurs flamands, de plus en plus présents en Wallonie et qui s'approprient des surfaces de plus en plus grandes du territoire. Disposer d'une base identitaire forte (une Flandre aussi indépendante et puissante que possible), c'est la possibilité de retrouver régulièrement sa source d'inspiration romantique.
    • moinsqueparfait'
      septembre 26, 20:46 Reply
      On a vu encore pire: le président de leur Parlement, nationaliste flamand de son état, a carrément déclaré dans la presse qu'il regrettait de ne pas être wallon. Et je n'invente rien du tout... Quand je vois ça, je suis conforté dans l'idée que les Wallons ne doivent pas s'en vouloir ni se laisser influencer et écouter les avis venant d'un peuple belgo-flamand manifestement malade et mal dans sa peau dont la soi-disant richesse très récente (et unique source de fierté d'ailleurs) est précaire à un point qu'il n'imagine même pas. Ils ne s'aiment même pas eux-mêmes et nous sommes leur punching-ball en même temps que leur soi-disant source de tourments. Mais apparemment, ils tiennent à nous garder. C'est pratique: ça fait baisser artificiellement leur PIB et donc leur contribution à l'UE et en plus, tout le monde leur a dit clairement à Brussels que 1. leur indépendance ne serait pas reconnue et 2. que si elle devait l'être, ils seraient lourdement punis (ayant échoué dans leur mission pan-germanisante) et tenus pour responsables d'une part écrasante de la dette belge, sans compter que c'est encore les Wallons qui tireraient le gros lot en aides à la reconversion sur lesquelles ils ne pourraient pas faire main basse. Eh bien qu'on se le dise: on va continuer à les faire ch... en ne changeant pas. À eux de voir: ils veulent leur petite Grèce à côté pour se sentir membres de l'upper class comme nos très chers voisins de l'est avec la vraie Grèce, eh bien: qu'ils paient et nous on fait semblant de réformer pour leur plaire. Si ça leur plaît pas, c'est leur problème. Pour le reste, rien de nouveau under the sun: le flamingant était lâche et fourbe en 14-18 et 40-45, il l'est toujours en 2016: on l'a vu avec les attentats (c'est pour quand la démission du kapo?) et on le voit encore aujourd'hui avec les contorsions des "X minutes de courage politique, etc.": ça vendrait père et mère, ça se donnerait même à 4 pattes aux islamistes pour avoir de quoi parader en Porsche à Ibiza. C'est pas compliquer d'amadouer un flamingant: suffit de lui faire miroiter du pognon: à part sa mythologie de jeu de rôles pour déficients, le fric est son seul et indépassable horizon.
  9. Rivière
    septembre 26, 18:45 Reply
    Bah... de toutes façons, si ce tyran narcissique de Trump est élu et vu que notre bon petit Charlot n'a rien trouvé de mieux à faire que de se foutre de sa bobine devant un parterre de gens en vue et plein de journaleux, le "problème" de bruxelles sera vite réglé : un bon petit missile nucléaire au centre de Molenbeek (ou sur la caboche du ptit débilito assis sur sa chaise percée en cuir de girafe) et pouf : fini bruxelles, fini le brabant wallon, fini le brabant flamand...
  10. Wallimero
    septembre 26, 20:29 Reply
    @ Marcel, eeuh, selon Bart il fallait faire sortir les francos de leur cabane (uit hun kot lokken), mais bon, si selon toi ils vivent plutôt dans un trou... soit, quand on pond ses propres vérités comme Bruxelles qui serait le moteur économique du pays, autant mettre entre guillemets une citation qui n'en est pas une Ohlala, Bart ne se gêne pas pour influer sur les choix des électeurs wallons par un chantage radicalement antidémocratique. C’est « soit, vous votez MR, soit je fais péter le bazar et vous n’aurez plus rien ». Euh, en quoi ce choix serait-il anti-démocratique? Oh! mais pour la première fois il y a un flamand qui ose dire aux francos que leur choix politique a des conséquences! Quel scandale! Ah non, l'idée c'est que les francos votent et que c'est qq d'autre qui en porte les conséquences, non? Ah oui! parce que décider que qq d'autre doit financer ad vitam aeternam les zazous, fafouls et autres artistes c'est tellement moralement supérieur et intellectuellement libérateur! Méchant nationalisme conservateur qui refuse cette belle proposition! Méchant! Tiens, privilégier ses élites dont on entend établir et ensuite conserver les privilèges, je pensais que c'était plutôt le programme du PS, avec des dynasties de ténors du barreau, des alcooliques réviseurs, des rustres présidents de parlement, des bourgmestres avec des gares mégalo, et la flopée de postes à répartir.... Ah oui, au détriment des faibles, de l’État-social, parce bien-sûr qu'il suffit de promettre de l'argent gratis à tout le monde pour s'occuper des faibles... Comme d'hab, caramels, bonbons et chocolats, merci mais pas pour moi, encore des mots toujours des mots les mêmes mots, je ne sais plus comment te dire, rien que des mots Pas joli Marcel, vraiment pas joli VV
  11. SamuelB
    septembre 27, 13:47 Reply
    Bonjour, je m'appelle Samuel (je suis originaire et je vis dans la région d'Arlon) . J'ai découvert votre blog via le site de l'AWF (Alliance Wallonie France) dont je suis membre depuis début 2015. Je suis belge (né en Belgique de parents belges) mais devenu au fil du temps rattachiste (ou réunioniste...) d'abord par dépit (j'ai voté la 1ère fois pour le RWF (Rassemblement Wallonie France) en 2011) par dégout des autres partis (PS, CDH et MR) puis c'est devenu tout doucement dans mon esprit, une certitude (encore plus après mon mariage en 2012 avec une française) qu'il était temps que ce pays, artificiellement créer en 1830 (la Belgique) passe à autre chose... Il est devenu très clair que (depuis bien longtemps d'ailleurs), la Belgique est composée de deux entités (Flandre & Wallonie) très différentes l'une de l'autre et dont le gouffre entre les deux s'est accentué de plus en plus. Il serait bon pour tout le monde de prendre son envol vers autre chose: les flamands seuls ou avec les Pays-Bas (comme ils veulent...), les Germanophones avec l'Allemagne (s'ils le désirent...) et les Wallons (+ Bruxelles???) devenir Français en intégrant la Wallonie comme région de France. Tel est là notre vrai peuple, notre véritable nation (de langue et de culture)!!! Evidemment, après référendum de chacune des différentes parties! En 2015, j'ai alors voté complétement par conviction cette fois. Mais en m'apercevant que l'idée d'un parti politique rattachiste n'arrivait pas à convaincre la population, j'ai décidé de m'affilier à l'AWF qui est un mouvement citoyen. Je suis donc membre de ce mouvement, plutôt favorable au modèle d'union-intégration (comme proposé par M. Jacques Lenain) avec un statut spécial pour la Wallonie au sein de la République Française. Mais je continuerai à voter RWF, tant que ce parti présentera des listes. Mais en même temps, je suis bien conscient que les politiques wallons ne bougeront pas le p'tit doigt, tant que la Flandre n'aura pas posé clairement un geste fort, c'est-à-dire: la déclaration d'indépendance totale de la Flandre. Le jour où cela arrivera, les politiques wallons, sachant très bien que la Wallonie (qui n'a jamais été une nation, une patrie mais une région belge), n'y arrivera pas toute seule, ils seront les premiers à aller "pleurer" à Paris... Mais en attendant, ce qui me fâche un peu, c'est qu'ils ne prennent même pas les devants en envisageant simplement l'idée que... On sait très bien également que, N-VA + Vlaams Belang + List Dedecker + tous les élus flamands qui font partis du Vlaams Volksbeweging (tous partis confondus) + "le mouvement flamand" c'est = à déjà un gros pourcentage d'indépendantistes!!! Il suffirait que... En attendant, d'ici fin janvier 2017, je pourrais déjà demander la nationalité française (car 5 années de mariage avec une française), mais je ne le ferai pas tant que nous habitons sur le territoire belge! Ce serait pas logique (en plus j'ai 3 enfants dont 2 sont encore mineurs, les enfants de mon épouse étant français). Vivement 2019... Bien à vous.
  12. MUC
    septembre 27, 22:30 Reply
    La photo de la gare d'Anvers qui accompagne l'article, .... à quoi est-ce que ça sert ? BDW y prend le train à Brussel ? Pourquoi pas de photo du Hitlerjugend, August Borms, le Waffen-SS ?
    • marcel
      octobre 02, 13:54 Reply
      Si vous voyez un rapport entre la gare d'Anvers et les Waffen-SS, c'est votre problème.
  13. moinsqueparfait'
    septembre 29, 12:19 Reply
    Le Centre Pompidou signe avec la Région de Brussel. Parfait, c'est noté. On peut régionaliser la culture sans se gêner. Les gens de Brussel ont franchi le pas. Ah non, suis-je bête... Régionaliser pour la Wallonie, c'est du "repli wallon". Beeeek

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