Quand Béatrice Delvaux (Le Soir) dérape sur le vote des étrangers.

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Dans un édito ahurissant, Béatrice Delvaux (Le Soir) assimilait ce mercredi la tentative de séduction d’un électorat islamophobe par la N-VA (via le burkini) à la défense du droit de vote des étrangers par le PS. Elle voyait même dans les deux cas un « dérapage »  (entre guillemets) similaire. Vous savez, comme quand un ministre fraîchement nommé excuse la collaboration. Ou, à l’inverse, quand un député de l’opposition qualifie le Premier ministre de collabo en pleine session à la Chambre. Mais ici, le terme dérapage appliqué à une valeur fondamentale du combat démocrate — le vote des étrangers, notamment européens — a choqué jusqu’à Ricardo Guttierez (secrétaire général de la Fédération européenne des Journalistes, ex-journaliste du Soir).

Le grand Soir du glissement des valeurs.
Dans son billet, Béatrice Delvaux reproche au député bruxellois PS Philippe Close d’avoir remis le droit de vote des étrangers aux régionales bruxelloises sur la table. Notamment, parce que cette déclaration se heurtait aux idées du PS wallon. Mais l’éditorialiste fustige aussi le fait de l’avoir proposée à un moment où, rendez-vous compte : elle va à l’encontre de l’opinion publique !

Pourtant, dans le même temps, elle soupçonne Philippe Close de chercher à « utiliser ‘le cheptel’ (sic) [des étrangers] pour accroître [ses] scores aux élections ». À la lire, Close a donc fait tout et son contraire : s’opposer à l’opinion publique et tenter de la séduire. Non sans énerver la N-VA, dit-elle : « La N-VA tire à boulets rouges sur les socialistes francophones et leurs vieux démons laxistes. » Quand la N-VA dénonce le laxisme, c’est qu’on parle d’islam.

« Béatrice Delvaux conforte le lecteur dans l’idée que les étrangers à Bruxelles sont surtout musulmans ».

Et si la population bruxelloise (de souche, on va dire) est, selon Béa Delvaux, si rétive au vote des étrangers, et si l’éditorialiste se permet de mettre ce thème sur le même plan que celui du burkini, c’est bien qu’elle a remplacé, elle aussi, « étrangers » par « musulmans » (comme toujours)(c’est bien connu).

D’ailleurs, elle le dit elle-même : « la peur de l’étranger, le sentiment que l’intégration n’a pas réussi, l’idée que ‘trop c’est trop’ ont gagné du terrain suite à la crise des migrants et aux actes terroristes, et pas qu’à droite. » Glissement, donc. Car ce disant, non seulement, elle conforte cette opinion publique dans l’amalgame entre terroristes, migrants, musulmans, islamistes, bruns, marocains, etc, plutôt que de déconstruire ce délire. Mais en plus, elle s’approprie l’idée que les étrangers bruxellois sont principalement musulmans, une légende maléfique qui permet de semer la panique dans la population, qui se voit déjà en burqa dans cinq ans.

Ce cheptel d’expats qui vient manger le pain des Belges.
Origine des étrangers à BruxellesLes chiffres lui donnent pourtant tort sur toute la ligne. Il y avait au 1er janvier de cette année 34,6 % d’étrangers à Bruxelles. Ils venaient à 68 % de pays islamiques qui recommandent la charia : la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la Pologne, la Roumanie, etc. Blague à part : deux résidents étrangers sur trois sont citoyens d’un pays membre de l’Union européenne. Des Européens de souche, de culture judéo-chrétienne, comme on dit à l’extrême droite. Voilà donc le « cheptel » de Béatrice Delvaux ! Le cheptel des Français, le bétail des Roumains, le troupeau des Irlandais, la meute des Grecs.

Tout à coup, le terme cheptel paraît plus choquant, ou c’est moi qui déconne ?

Les faits. Dans pratiquement toutes les communes du Sud et de l’Est bruxellois, la nationalité du cheptel étranger la plus représentée est la française (selon STATBEL 2013). Mêêêê mêêême à Molenbêêêêk, les Marocains ne représentent qu’un quart des étrangers, devant les Roumains et les Espagnols, des citoyens européens dans les deux cas ! À Schaerbeek, il y a presque autant de Français et de Bulgares que de Marocains qui, eux-mêmes, ne représentent qu’un 8e environ de la population de nationalité étrangère. Loin devant les Turcs. Ci-contre, les chiffres de 2015 (selon BrusselsStudies).

Donc, contrairement à ce qu’affirme Béatrice Delvaux, les étrangers à qui le PS veut ouvrir les bureaux de vote régionaux sont très majoritairement des Européens et plus majoritairement encore des non-musulmans !

Le pourcentage d’étrangers venus de pays musulmans est donc vraisemblablement de maximum 8,7 % (y compris les Albanais, Kosovars et Bosniaques ; il faut encore décompter pas mal d’Africains, les Ukrainiens, les Moldaves, les Norvégiens, les Suisses, les Chiliens, les Équatoriens, les Serbes, tous rarement muslims).

Il y a donc deux fois plus de ressortissants de pays membres de l’Union européenne en Région Bruxelloise que de pays hors UE. Mais même parmi ces derniers, les Marocains et les Turcs ne représentent que 4,1 % des 34 %. Car parmi les non-UE, il y a aussi, selon les statistiques de 2008 (et ça n’a pas dû diminuer beaucoup depuis), des Japonais, Américains, Chinois, Brésiliens, Indiens et Russes. Rien que ces 6 nationalités (sur une centaine) représentaient alors une horde de 1,8 %, à déduire donc de ces 6,6 % d’autres.

Même les libéraux européens votent socialiste.
Plus caustique encore : selon le CRIC Charleroi, aux élections communales de 2012, les électeurs bruxellois ressortissants de pays de l’Union européenne se sont montré un tiers plus prompts à voter que les autres : 13 % des ovidés unioneuropéens ont voté, contre 10 % des caprins extra-UE. Or, on a vu que les Européens étaient deux fois plus nombreux que les non-Européens. Autrement dit, l’électorat « offert aux partis » (dixit Béa) par la proposition de Philippe Close sera composé de 72 % d’Européens, et de seulement 28 % d’extra-européens, dont un maximum de 22 % de musulmans, et probablement vers les 10 % de Marocains et de Turcs.

Et voilà envolé le soupçon fumeux d’opportunisme électoral sur « cheptel », ou du moins, sa capacité. Car s’il semble évident à Béa Delvaux que les musulmans votent tous PS (ben tiens), je ne vois pas ce qui pourrait indiquer que les citoyens européens feraient de même.

« Le rôle d’un éditorialiste : hurler avec les loups ou remettre les choses en contexte ? »

Apparemment, Béatrice Delvaux ne s’est donc même pas demandé ce qu’impliquait ce vote des étrangers à l’élection régionale bruxelloise. Elle n’a vu que l’opinion publique, échaudée. Et les « musulmans », ces socialistes en puissance. Au lieu de remettre les choses dans leur contexte — le rôle d’un éditorialiste de mon point de vue —, elle a apparemment saisi une occasion de mettre le PS sur le même pied de populisme ou de « dérapage » que la N-VA.

Bien sûr, le PS a de nombreux défauts. C’est un État dans l’État. Une machine clientéliste. Un centre de communication redoutable au service d’un parti arrogant, qui ne supporte pas bien les cures d’opposition. Mais le PS n’est jamais entré le lundi dans le gouvernement d’un pays dont il exigeait, le samedi, la fin. Il n’a jamais toléré qu’un de ses députés, président de commission à la Chambre — Brecht Vermeulen en l’occurrence — aille côtoyer un drapeau de régiment Waffen-SS le dimanche sous prétexte d’une histoire « différente » au Nord. Lors d’une célébration où l’on prie pour les anciens du Front de l’Est (Waffen-SS, donc) — et pourquoi pas, quand on est sûr qu’ils n’étaient pas antisémites ou qu’ils ont agi par naïveté ? — alors que pratiquement toutes les fêtes nationalistes excluent les résistants flamands. Ce n’est pas ça, l’histoire flamande, Bea Delvaux ! Ça, c’est le révisionnisme nationaliste flamingant. Celui dont beaucoup de Flamands aimeraient bien être détachés une fois pour toutes.

« Hors de question de fermer les yeux sur le traitement inique de l’Histoire par la N-VA. »

Car la N-VA est d’une pingrerie affolante en matière de célébration des résistants qui ont donné leur vie pour la Flandre démocrate. Même les résistants flamingants (oui, il y en a eu, et beaucoup) n’ont pas souvent droit aux honneurs ! Bart De Wever rappelle bien quand ça lui chante que 43 policiers anversois ont bien été déportés par les nazis, dont 35 assassinés à Buchenwald, mais le seul hommage public dont j’ai trouvé trace est un DVD et un livre publiés par le district de Deurne (dont le chef est N-VA, c’est donc possible). Apparemment, le nettoyage mémoriel du parti n’est pas encore à l’ordre du jour. Il est donc hors de question qu’on ferme les yeux sur cette façon inique et inacceptable de traiter l’Histoire. Je parle bien de l’Histoire flamande. Et donc, non, on ne peut pas mettre le PS et la N-VA sur le même pied.

Le PS ne s’est jamais prêté à ce genre de délire. S’il l’avait fait, le Soir l’aurait assassiné en une, à raison. Mais quand la N-VA le fait, le même Soir ne pipe mot : le journal n’a rien publié sur la visite du député Brecht Vermeulen à la fête d’extrême droite dimanche dernier, tout comme la plupart des journaux francophones. Du moins, je n’ai rien trouvé ! Facile, alors, d’attribuer le même caractère de dérapage aux propositions des deux partis !

Le lent glissement des valeurs
Les nationalistes flamingants sont parvenus à imposer à une partie de l’intelligentsia francophone leurs dérives comme une normalité, comme ils l’avaient fait déjà en Flandre, étouffant les opinions contraires. Et parce que le MR s’est laissé aller à les inclure dans le gouvernement, une partie de la presse a totalement cessé de moufter, pensant alimenter le bien commun et la paix des ménages, mais en cessant d’informer et de contextualiser, en laissant la tache d’huile de l’hommage collaborationniste s’étendre dans tout le pays. Car comment interdire demain un hommage à la Légion Wallonie et à Degrelle si ceux à la Vlaamse Legioen et à Staf De Clercq (le führer flamand) devant 3.000 personnes sont pardonnés d’avance ?

À lire une partie de la presse aujourd’hui, l’on comprend en fait comment l’Autriche pourrait se doter d’un président fasciste cet automne. Les valeurs glissent progressivement. Des journalistes accompagnent le mouvement au lieu de le contrer, en éclairant la société. À moins que l’intérêt du public ait cessé d’exister dès qu’on parle de nationalisme flamand et de commémorations radicalement fascistes.

« Béatrice Delvaux aurait-elle si peu fait pour le vote des femmes au début du XXe siècle ? »

Le PS a aujourd’hui beau jeu, en réponse, de faire remarquer que le MR a lui aussi sa charrette de propositions réputées impossibles. Comme la fin du vote obligatoire. Là, personne n’a crié au populisme — à raison, parce que ça n’en était pas plus que le vote des étrangers à Bruxelles.

Aujourd’hui, Béatrice Delvaux invite en gros les politiciens à attendre le feu vert des éditorialistes, ou le momentum idéal, ou la bonne volonté de l’opinion, ou la faisabilité législative immédiate, pour s’exprimer sur des sujets de fond. Si c’est ça, alors la France n’aurait pas dû voter le mariage pour tous, si peu populaire. Jamais le vote des étrangers (même européens) n’aurait dû être brandi ! Et même, l’interdiction de la peine de mort aurait dû rester dans les cartons, parce qu’il y a toujours bien un criminel effroyable qui pèse sur l’opinion publique. En mai 2015, 52 % des Français étaient pour son retour. Et que dire du vote des femmes qui était si impopulaire en 1959 chez les Helvètes que les citoyens suisses (pas franchement des barbares) le rejetèrent à 67 % lors d’une votation ! Même en 1971, en pleine révolution sexuelle, l’idée fut encore rejetée dans 8 cantons et demi-cantons. L’un d’entre eux le refusa même à plus de 90 % ! Fallait-il cesser d’en parler, Béatrice Delvaux ? Avait-on raison d’arrêter les suffragettes du début du XXe siècle et de qualifier leurs idées de « dérapages » ?

La N-VA veut réaliser le vœu de Philippe Close. Sans le savoir.
Pour convaincre son lectorat que le PS dérape autant que la N-VA, Béatrice Delvaux clame encore que Philippe Close a fâché le PS wallon, qui via Marcourt a expliqué qu’il ne voulait pas aborder le thème du droit de vote des étrangers aux régionales (27 % des Européens votent aux communales en Wallonie), en tout cas pas tout de suite. Elle ajoute que la direction nationale est sur la même longueur d’onde. Grave dérapage ?

Mais non ! Tant mieux, bon sang ! Ça ouvre le débat, au moins ! C’est l’inverse de la particratie tant décriée autrefois par les éditorialistes belges, où le chef dicte sa loi à l’ensemble de son parti. Que les députés lancent des idées, ça tombe bien : les chantiers sont innombrables ! Sans compter que, dans un pays fédéral, il est bien naturel, et sain, qu’il y ait des différences de vues entre le PS wallon et le PS bruxellois !

Et sur le fond, Close a raison. Le droit de vote des étrangers aux élections régionales de Bruxelles-Capitale donne au minimum aux résidents citoyens de l’UE le droit de participer (un peu plus) à la vie politique de la cité qui héberge — excusez du peu — les institutions européennes, et devrait se targuer de servir d’exemple !

Plus drôle : si les communes bruxelloises fusionnaient, ce que la N-VA souhaite ardemment, et que la Région disparaissait, ce qu’elle souhaite aussi, les étrangers obtiendraient le droit de vote de facto, en vertu du Traité sur le Fonctionnement de l’Union européenne, article 10 (et déjà dans le Traité de Maastricht), pour les citoyens européens, et moyennant le serment de respecter notre Constitution pour les autres, en vertu de la législation belge.

Le brol bruxellois, ce machin difforme.
De par sa structure en forme de brol tarabiscoté, Bruxelles est d’ailleurs parmi les rares grandes villes d’Europe où les citoyens européens n’ont qu’un droit de vote partiel, uniquement dans leur arrondissement (commune). C’est le cas aussi à Hambourg. Mais à Paris, qui est à la fois une commune et un département, les ressortissants européens ont le droit de vote sur l’ensemble des thèmes politiques, les élections départementales ayant été « effacées » au profit de l’élection municipale. Ils l’ont aussi à Amsterdam, une commune de 800.000 habitants, et dans les waterschappen (y compris pour les étrangers hors UE dans ce cas) où ils peuvent aussi être élus. Le Danemark et la Suède offrent des droits plus larges encore. Même en Suisse, tous les étrangers résidents de bonne durée ont le droit de voter aux cantonales (les régionales, donc) dans deux cantons : le Jura et Neuchâtel.

Un système dont la Belgique pourrait s’inspirer, à long terme : en Suisse, comme aux États-Unis, chaque canton décide d’accorder ou non le droit de vote aux étrangers aux communales (Vaud et Fribourg en plus des deux précités, où les étrangers sont aussi éligibles), et de l’étendre ou non aux cantonales. À Genève, les étrangers ont le droit de vote, mais pas celui d’être élus. Dans plusieurs cantons alémaniques (Appenzell, Grisons et Bâle-ville), chaque commune peut décider d’accorder ce droit ou non. Elles sont ainsi 23 sur 125 dans les Grisons.

La « capitale de l’Europe » qui met les électeurs européens à la portion congrue.

Ce cas est intéressant pour nous, même s’il requiert pas mal de tuyauterie constitutionnelle. Il est en effet ridicule de prétendre que la question est identique dans les deux grandes régions et à Bruxelles, qui compte plus d’un tiers d’étrangers et est une ville-région tout comme Paris est à la fois une ville et un département. Il est étrange que les étrangers aient le plein droit de vote à Anvers (commune de 500.000 habitants) et pas à Bruxelles. Il est incohérent d’attirer des milliers de fonctionnaires européens et de l’OTAN, des dizaines de milliers de travailleurs français, allemands, polonais, sans leur ouvrir le droit à la participation électorale complète, dans la ville qui s’affirme en même temps « la capitale de l’Europe ». Nous faisons en fait moins bien que les cantons du Jura ou de Neuchâtel ! Et je parle bien sûr, dans un premier temps, des citoyens européens.

Dans une prochaine réforme institutionnelle (qui ne viserait pas à démembrer le pays), le sujet doit pouvoir revenir sur le tapis. En 2019, en 2024, ou en 2029. Ça signifie qu’il faut continuer à l’entretenir, et à en parler. Close avait probablement des arrière-pensées en l’évoquant. Mais franchement, lui reprocher ça revient à lui reprocher de faire de la politique ! Sachant que rares sont les propositions politiques dénuées d’arrières-pensées. Comme le vote des Belges de l’étranger, du MR…

Tout ça, Le Soir l’a jeté avec l’eau du bain. Au lieu d’en profiter pour remettre les choses en perspective et en contexte, Bea Delvaux s’est immiscée dans des querelles internes au PS, prenant parti pour la direction, contre un député bruxellois. Quel intérêt ?

Il y avait lieu, plutôt, de rappeler à ses lecteurs que le mot étranger ne signifie pas, loin de là, musulman. D’oublier cet amalgame qui résonne dans la tête des lecteurs et électeurs. Et bien sûr, au moins autant, d’oublier l’amalgame entre terrorisme et islam, envers et contre les « intellectuels » qui s’échinent à chercher dans le Coran (que la moitié des « musulmans » bruxellois n’ont plus ouvert depuis leur plus tendre enfance) des preuves de la nocivité intrinsèque de l’islam, et donc, évidemment, des musulmans, et donc, bien entendu, des étrangers. Ce cheptel.

La proposition N-VA ne concerne au final que trois journalistes.

Évidemment, Nadia Sminate aussi, peut donner son opinion contre l’avis de sa direction de parti. Et Théo Francken, la répercuter. Mais ce faisant, la N-VA a, contrairement au PS, instrumentalisé la xénophobie latente envers les musulmans en important un thème franco-français (le burkini) à partir de rien. Ce qui a d’ailleurs amusé la journaliste du Standaard Veerle Beel : « De Afspraak [émission de la VRT NDT] envoie une journaliste en burkini sur la plage. Het Nieuwsblad l’avait déjà fait aussi. Parce que sinon, il n’y avait pas un seul burkini à l’horizon. » La suite lui a donné tort : un troisième burkini fut effectivement repéré. Mais bon, c’était une journaliste d’Humo.

Bref, une députés N-VA lance l’idée d’interdire une chose qui n’est visiblement portée en Belgique que par… des journalistes ! Et Béatrice Delvaux n’y voit pas un dérapage. En revanche, elle fustige le fait que Nadia Sminate n’avait pas l’aval de son parti. Allez comprendre.

Mais qu’il s’agisse de Berbères ou de burkini, l’on sait qui ce parti vise quand il se montre plus anti-islam(iste) qu’Alain Destexhe : l’électorat du Vlaams Belang. Or, une loi contre le burkini est une hérésie, même la tête du parti le reconnaît. S’il s’est retiré sur ce thème, c’est parce qu’il est inutilement encombrant pour un parti qui a déjà mille fers au feu. Le vote des étrangers aux régionales bruxelloises, lui, est dans la logique du progrès de la citoyenneté.

L’intérêt citoyen des mesures évoquées est aussi fondamentalement différent : dans le cas du burkini, vu la quasi-absence de contrevenants potentiels, et contrairement au vote des étrangers à Bruxelles, une loi ne concernerait à peu près personne, alors que l’idée de Philippe Close concerne des dizaines, voire des centaines de milliers de résidents bruxellois, est conforme aux résolutions du Conseil européen, et — dans l’esprit du moins — à l’article 10 du TFUE. Interdire le burkini, en revanche, n’est conforme à rien du tout légalement parlant. C’est même probablement anticonstitutionnel.

Le droit de vote étranger n’est pas une idée communiste, mais libérale.

Et donc, selon Béatrice Delvaux, faire plaisir à l’électorat d’extrême droite ou relancer une idée fondamentalement démocratique, c’est « le même terrain ». La seule différence, selon elle, c’est « le sens ». Chacun tirant vers son extrême, croit-on comprendre. Comme si le vote des étrangers était un thème d’extrême gauche ! C’est au contraire une idée libérale : no taxation without representation (pas d’imposition sans représentation). En 1765, les marchands américains se réunirent en congrès pour exiger d’être représentés au Parlement anglais en échange des taxes que celui-ci levait sur le commerce des colonies. L’indépendance et les USA naquirent de ce principe.

Mais ça a dû glisser de l’esprit de Béatrice en même temps que glissent les valeurs dans notre société, de plus en plus conservatrices, de plus en plus à droite.

Delvaux conclut : « Avec au bout du compte, une opinion publique qu’on a voulu instrumentaliser et qu’on continue à utiliser à ses propres fins, plus qu’on ne l’aide à traverser cette période périlleuse pour notre démocratie où, c’est une évidence, le sentiment xénophobe a gagné du terrain depuis des mois. » Ce faisant, elle ne résiste pas à ce sentiment xénophobe, ne le conteste pas, ne le contredit pas. Ou si peu. Elle ne cherche même pas les arguments qui permettent de convaincre l’opinion publique de la stupidité de l’argument musulmanophobe quant au vote des étrangers à Bruxelles, malgré l’écrasante majorité de citoyens européens, non musulmans, concernés par la mesure. Bref, elle instrumentalise elle-même l’opinion publique aux fins de blanchiment du nationalisme flamingant, plutot que de « l’aider à traverser cette période périlleuse, etc. etc.

À force, on ne s’étonne plus de voir la population s’enfoncer dans une ambiance morbide et réactionnaire qui commence à ressembler à la fin des années vingt. Rappelez-vous, c’était l’avant-veille du grand… soir.

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80 Comments

  1. mélanippe
    septembre 03, 15:30 Reply
    Lettre à mes enfants. Je vous ai menti. En fait, je n'ai jamais cru à l'intégration, mais voilà, je pensais qu'il fallait être une bonne mère et tout et tou. et qu'être une bonne mère, c'est aimer tous les petits enfants sans distinction de race ou de religion. OuIIIInn! bien non, je suis en fait une très mauvaise mère. Faut pas m'en vouloir mes chéris... Signé Béate trisse.
  2. Georges-Pierre Tonnelier
    septembre 03, 15:47 Reply
    On pourrait, comme réflexion de fond, se demander quel sens a encore aujourd'hui le concept même de nationalité, à l'heure où tant de gens en possèdent deux voire trois, et se retrouvent ainsi, moralement ou même physiquement, à cheval sur un ou plusieurs pays européens et/ou extra-européens...
    • Wallimero
      septembre 05, 21:19 Reply
      @G-PT, En effet une réflexion qui touche le fond, et on continue à creuser. Ce n'est pas parce que tu considères ta nationalité comme dénuée de sens que des Trucs ou des Marocains pensent de même. Comment veux-tu qu'ils respectent ta nationalité si toi-même n'y accordes aucune valeur. VV
      • marcel
        septembre 06, 08:33 Reply
        Bizarre, on revient aux Turcs et aux Marocains alors que j'ai bien montré que la majorité des étrangers ne l'étaient pas. C'est joli, Walli, vraiment joli !
        • Wallimero
          septembre 06, 12:35 Reply
          @ Marcel, Purez, tu ne vas q-m pas prétendre de ne pas comprendre? On est en train de discuter sur quel niveau ici? Tu nous fait un billet en faisant croire que tous les français s'appellent forcément Dupont, portent le béret et ont une baguette sous le bras. Ce n'est quand-même pas parce qu'il y a 8,7 % d'étrangers Marocains dans Molenbeek qu'il n'y a que 8,7% de Marocains à Molenbeek! Tu ne peux q-m pas être aveugle à un tel point? Pourquoi en serait-il différent de Marocains qui sont aussi Français? Ce n'est q-m pas parce que toi tu n'attaches aucune valeur à ta nationalité belge que c'est forcément doublement le cas pour les bi-nationaux? Si tu considères ton passeport belge comme carte de crédit, pourquoi un bi-nationaux devrait-il considérer sa nationalité belge comme autre chose, et attacher une valeur morale à l'autre?
          • marcel
            septembre 08, 11:19
            Je tire des conclusions de chiffres généraux. Il y a sûrement des Français d'origine marocaine ou des franco-marocains dans ce décompte. On ne sait pas combien. un tiers, la moitié, les 3/4, 1/10 e ? Je n'ai pas cette info et toi non plus. Cela dit, un Franco-marocain est un citoyen européen qui a de facto le droit de vote à Molenbeek. Est-ce qu'il en profite pour voter Islam ? Apparemment non, le parti ne fait que 4% aux communales.
          • Wallimero
            septembre 08, 19:51
            @ Marcel, L'AFD avait 0% les élections passées et a 21% au Meck-Pomm. Tout parti extrême a commencé à 0 %. Tirer des conclusions pour les élections à venir à partir des élections passées est totalement inconscient, mais bon si on croit à un sens de l'histoire.... Les indications de radicalisation bruxelloise? Je te conseilles d'ailleurs de regarder le Ter Zake de ce soir sur la réu AKP au Limbourg. L'aveuglement francophone rend impossible un tel reportage en direct en francophonie, on préfère ignorer tout ce qui peut poser problème. Justement on ne sait pas combien, ne serait-il pas pertinent de savoir si on rajoute 8% à 82% ou plutôt à 12%? En francophonie on préfère ne rien savoir, car le savoir limite le nombre de conneries qu'on peut débiter sans en devoir avoir assumer la responsabilité... arrête de penser, commence à réfléchir... VV
          • marcel
            septembre 08, 21:04
            Comme tu dis, Walli. Ça se passe au Limbourg. Jamais vu ça à Bruxelles.
          • Georges-Pierre Tonnelier
            septembre 09, 17:11
            Bien sûr que l'on ne peut pas se risquer à des parallèles historiques douteux ni à des prévisions basées sur les événements antérieurs, pour la bonne et simple raison que les circonstances ne sont jamais les mêmes, que chaque période de l'histoire est unique, et que ce ne sont jamais les mêmes acteurs en cause...
          • Wallimero
            septembre 10, 04:27
            @ Marcel, jamais le voir, jamais l'entendre et surtout jamais en parler... https://www.rtbf.be/info/regions/detail_saint-josse-les-autorites-communales-ont-elles-censure-un-evenement-culturel-kurde?id=9399586 Tout va très bien, Madame la Marquise... joli Marcel, vraiment joli VV
          • marcel
            septembre 10, 12:48
            C'est paru dans la presse, non ? Et il ne s'agit pas de violence, ici.
        • Eridan
          septembre 07, 08:40 Reply
          Peut-être parce que la question se pose plus pour certains -qui semblent avoir un sens aigu d'une ...autre nationalité- que pour d'autres ?
      • Georges-Pierre Tonnelier
        septembre 06, 11:59 Reply
        C'est vrai qu'un pays qui n'a déjà pas lui-même de réelle identité a plus de mal qu'un autre à la faire respecter, et pour cause...
    • Eridan
      septembre 07, 08:37 Reply
      « On pourrait, comme réflexion de fond, se demander quel sens a encore aujourd'hui le concept même de nationalité » Les premiers à avoir répondu à cette question sont les financiers ; pour le plus grand bien des peuples, comme tout le monde le sait.
  3. mélanippe
    septembre 03, 18:18 Reply
    Pour comprendre notre réticence par rapport au voile généralement NOIR. J'aimerais soumettre cette réflexion tié du site:http://www.reves-elisabethchaillou-jung.fr/processus I - LA NIGREDO L’œuvre au noir est le travail de l’ombre. C’est le moment de la dépression, de l’homme égaré, perdu. Ce que nous refusons de connaitre nous même et de vivre consciemment devient une sorte de seconde personnalité plus ou moins dissociée et autonome, ombre individuelle et collective. L’ombre dans les rêves est du même sexe. Qu’as-tu fait de celle ou de celui que tu aurais dû être ? C’est la question de l’ombre. L’homme (ou la femme) qui fait face à son ombre entre dans le conflit : c’est la nigrédo. Première étape : La cuisson alchimique. L’intégration de l’ombre dans le conscient. A ce moment là, la tension intérieure est moins grande, un soulagement s’opère. L’approche de l’ombre dans les rêves se présente sous forme de conflits de guerres, de menaces, de noir, (ambiance sombre). Le rapport avec l’ombre peut prendre la forme de séduction homosexuelle. L’ombre est ce qui manque à chaque personnalité ou ce qui aurait pu vivre et qui n’a pas vécu. L’ombre est ce que le sujet ne reconnait pas et qui le poursuit inlassablement. L’ombre est l’inévitable contrepartie de ce qui a été réalisé. L’ombre est d’abord repérable à des figures qui ont le même sexe que le sujet et qui sont les principaux acteurs de ces rêves. Ces personnages ont des traits de caractère et des façons d’agir qui sont la contre partie de la personnalité consciente. L’élaboration consciente s’est marquée d’une succession de rejets : tabous, interdits, dénis, refoulements, défenses. Ces répressions ne sont jamais des suppressions. Au pire, elles s’enfouissent dans le corps ou se projettent sur l’entourage. Les contenus inconscients qui devraient faire l’objet d’une intégration tendent à devenir négatifs. L’homme qui fait face à son ombre entre dans le conflit : nigrédo, nuit, le sombre. Mais le réel se construit dans la conjonction des opposés. L’archétype du soi ou la totalité est à l’œuvre. Il tend à briser l’unilatéralité du conscient. Le passage par l’ombre peut passer par un abaissement de l’intelligence. L’esprit ne fonctionne plus, la mémoire est défaillante, les mots manquent, la sensibilité est une angoisse alternant avec la torpeur. Phase symbolisée par le plomb. Comment l’homme peut-il vivre avec son ombre sans qu’il en résulte une série de malheurs ? "Jung" Œuvre au noir : dissolution, il faut se défaire de certaines identifications qui ont permis de se construire.
  4. xavier
    septembre 03, 20:07 Reply
    Dommage que ce blog ne fait que réagir, de dénoncer ce qui ne va pas au lieu de formuler des idées nouvelles, de créer de l'espoir, d'aborder une autre manière de penser, en bref: de se tourner vèrs le future.
    • marcel
      septembre 11, 09:45 Reply
      Vous devriez relire mon article sur la réorganisation interne de Bruxelles, alors…
  5. Legille
    septembre 03, 21:35 Reply
    Chère Béatrice Delvaux, ahlala, rédactrice en CHEF d'un journal du groupe Sud-Presse; pardon Rossel, donneuse de leçons impénitente, détentrice de la Science Journalistique; mais comme souvent tellement dans l"approximation et si peu dans l'investigation, qui oublie que la majorité des belges allochtones musulmans sont Belges et donc votent aux régionales malgré un teint moins blême que le belge autochtone...Evidemment pour vendre du papier, il faut aller dans le sens de la majorité des lecteurs et quand je lis (rarement) les commentaires sur les réseaux sociaux du journal, j'ai envie de pleurer...la plupart du temps... Une anecdote avec cette chère Béa. L'an passé j'ai assisté à Wolubilis à un débat très pacifique et cnvivial entre Edwy Plenel et Jean-François Kahn avec elle dans la fonction de modératrice. Beaucoup de journalistes dans la salle...A la fin du débat, lors de l'intervention du public, elle n'a donné la parole qu'à ceux-ci. Un Monsieur a essayé pendant quasi une demi-heure d'avoir la parole et il a fallu une réaction d'une bonne partie du public et l'intervention d'Edwy Plenel disant "Je crois que Monsieur voudrait poser une question" pour qu"enfin il aie la parole? Je n'irai pas jusqu'à dire que c'était parce qu'il avait l'air allochtone, mais en tout cas il n"était pas journaliste...et sa question était la plus proche du débat parce que basée sur du vécu. J'arrête là parce que cela m'énerve et que je n'ai pas la distanciation journalistique de Marcel par rapport aux faits
  6. Eridan
    septembre 04, 10:06 Reply
    Vous semblez particulièrement doué pour lire dans les pensées de B. Delvaux ; où allez-vous chercher tout ça ?
  7. Wallimero
    septembre 04, 10:22 Reply
    @ Marcel, Tiens, on a même fait un article sur toi dans Doorbraak: http://doorbraak.be/nl/nieuws/het-islamo-gauchisme-doorgelicht et oui, c'est cela, Abdeslam, un Français tellement bien intégré que tu es scandalisé qu'on ne lui a pas accordé le droit de vote régional. Et méchante Delvaux qui dit que p-ê ce n'est pas le bon moment. 60% à Bruxelles a la double nationalité, donc ne vient pas avec tes calculs à la noix par rapport à des nationalités qu'on a distribué gratis sans condition aucune pour détruire au plus vite le tissu social existant. Être belge ne veut plus rien dire, mais continuons à détruire le peu signification qui reste, un pas de plus vers le nihilisme absolu. Et bien-sûr que le PS c'est divin par rapport à la N-VA, des voyages d'études en corée du nord, un bourgmestre bruxellois AKP à peine déguisé, et financer l'agitation contre la police et le pouvoir fédéral. Quelle joie! C'est comme dit la Secta Liège en 2015: Faire grève c'est investir dans l'avenir, oui, en effet, mais quel avenir? et le nouveau boss de la FGTB Bodson qui a un grand poster dans son bureau avec 'le capitalisme nuit gravement à la santé', avec une vision comme ça il n'y a aucun journaliste qui fait le moindre lien avec la fermeture de Caterpillar? Après des années de grèves qui n'ont rien à voir avec l'entreprise? Heureusement qu'il y a la réduction du temps de travail pour des fonctionnaires qui ne travaillent pas à cause d'un abus de congé de maladie et en prime on peut engager encore plus de fonctionnaires, car clairement, le poids du public par rapport aux méchants capitalistes n'est pas assez grand en francophonie... Mais bientôt Marcel, tout cela sera à toi mon grand. Joli Marcel, vraiment joli VV
    • marcel
      septembre 05, 08:44 Reply
      Sur la première phrase : nul pays ne produit ses lois sur un cas isolé. Sinon, on obtient : Abdeslam est français et on lui a accordé le droit de vote en 2004. Il faut donc supprimer le droit de vote des Français. Marc Dutroux est wallon et il avait l'obligation de voter. Il faut donc supprimer l'obligation de voter et interdire aux Wallons de voter. Hans Van Temssche est flamand (enz). Voilà le genre de raisonnements que vous me servez. La suite est du même acabit, UN socialiste a été fasciné par la Corée du Nord il y a trente ans, et vous en parlez encore. Le bourgmestre bruxellois en question n'a pas de lien étroit avec l'AKP aujourd'hui. Enfin, je suis d'accord que le syndicalisme a probablement eu une influence sur la fermeture de Caterpillar, du moins s'il est vrai qu'il y a eu 28 actions de grève en 18 mois comme je l'ai lu (mais je n'ai pas pu vérifier). Parce que quand des Ricains se réunissent et se demandent quelle filiale on pourrait fermer, ce genre de chiffre joue un rôle. « En 2015, ils ont fait 3 jours de grèves pour nous empêcher de licencier un employé qui ne respectait pas la hiérarchie », dira l'un. Et la réaction sera fatalement : « allons là où nous pouvons licencier 1 employé sur 2000 s'il nous pose des problèmes ». Sur cette partie-là, on est assez d'accord, sauf que Caterpillar n'est pas blanc non plus, loin s'en faut. Mais ça n'a rien à voir avec le papier ci-dessus. Bref, pour critiquer, vous avez besoin d'aller à l'autre bout du spectre (d'électoral à social), c'est bien que vous avez peu d'arguments à opposer aux miens. Joli, Walli, vraiment joli.
      • moinsqueparfait'
        septembre 05, 17:24 Reply
        J'apprécie beaucoup les lectures flamandes d'expression néerlandaise comme d'expression française sur la fermeture de Caterpillar et comme prévu, toute la racaille belgo-flamande était là pour exploser le WC en déversant sa coulante trop longtemps contenue (plus de "wallonie caca prout" pendant une semaine, c'est vraiment trop dur...) sur les forums de la presse belgo-flamandeà propos des ouuuaaaalons islamo-gaucho-communistes-scrogneugneu (certains sont même devenus de vraies légendes de kermesse virtuelle avec leurs prestations et je ne doute pas que Jester ait passé un excellent week-end après cette superbe nouvelle...). Mais j'ai quelques autres angles de lecture: Caterpillar ferme et une partie part à Grenoble, qui ne tient elle-même plus qu'à un fil car ils perdent eux-mêmes une grosse partie de leur coeur d'activité pour récupérer les produits de Gosselies qui ne se vendaient pas bien. Partir de Gosselies pour aller à Grenoble, ça peut sembler étrange car le climat social version CGT, ce n'est pas toujours Tahiti non plus... Exit l'explication syndicale, elle ne tient pas beaucoup. La vérité est que Gosselies et Grenoble ont toujours été d'excellents sites et même des références en matière de productivité dans le groupe (oui, oui! et Cat' en a déjà fermé quelques-uns des sites, dans son histoire...). Mais il y a productivité industrielle et rentabilité capitalistique, et ça ce sont deux choses différentes. En réalité, je sais que Cat' allait fermer à Gosselies un jour ou l'autre depuis 15 ans. Je connais des gens qui travaillent là directement. La boîte va très mal et file du mauvais coton depuis tout ce temps-là. Cat' est l'emblème de ce qui va tuer toute l'industrie occidentale, US et européenne, si on continue comme ça: depuis 15 ans, dans cette boîte, plus aucun dirigeant de haut niveau n'est un vrai technicien. Ouvriers, techniciens, ingénieurs, informaticiens industriels, designers, etc.: tous ceux qui sont issus des filières techniques n'ont plus rien à dire, ils sont presque mal vus... Il n'y a plus que des financiers qui décident. Etrange pour une boîte qui fabrique des engins de chantier à priori mais en fait non: tout le monde industriel occidental vire à cela. Un tourneur-fraiseur de chez Cat m'a lui-même expliqué de manière lumineuse ce que des grands "diplômés" ne comprennent pas ou font semblant de ne pas comprendre: en Europe, nous avons quitté le moyen-âge et la renaissance, puis nous sommes passés aux temps modernes et à l'époque contemporaine-industrielle. Environ 3 siècles de travail (et de tumulte) pour arriver à un triomphe absolu de l'Occident, une supériorité intellectuelle et technique totale. Et on fait quoi avec ça? Eh bin, en 20 ans, pour faire du "rendement" ou du "mondialisme heureux" (c'est moi qui ajoute ça), on va tout donner aux Asiatiques... comme ça. 3 siècles pour développer un savoir et savoir-faire et on va tout refiler aux Asiatiques, presque en les payant pour ça... Un jour, nous ne saurons tout simplement plus rien faire: même nos soi-disant "professions intellectuelles à haute valeur ajoutée", nous ne saurons même plus les vendre: il faut des ordinateurs (que nous ne savons plus fabriquer depuis une éternité) pour ça... sauf qu'on ne voudra même plus nous en vendre... d'ailleurs, pour les faire tourner, il faudrait des centrales électriques que nous ne saurons plus fabriquer nous-mêmes (en plus les zékolos ont dit que c'était salle, cacaprout, etc.). On ne pourra même pas les menacer avec notre puissante marine de guerre puisque nous serons des mondialistes (ou des imbéciles) heureux pas même capables de fabriquer un rafiot en bois (d'ailleurs, nos "amis" du "village mondial" ne veulent plus nous livrer d'acier car "ils sont pacifistes, ils ne veulent plus fournir les "fabricants d'armes" et puis bon, notre monnaie de singe, ils n'en veulent plus)... Et voilà. Bravo l'artiste. Quand un tourneur-fraiseur pige ce que nos grands "MBA" ne pigent pas ou (ou sont payés à ne pas comprendre...). Pour la popote belgo-belge, niveau "cour de récré": il y avait 3 grands sites industriels mécaniques américains en Belgique: 2 Flamands (GM à Anvers et Ford à Genk) et Caterpillar à Gosselies. Etrangement, c'est le site wallon qui a tenu le plus longtemps... Bizarre. Il reste Volvo et Audi en Flandre NL et temporairement bilingue mais ce sont des boîtes "européennes"... on va voir si le "patriotisme européen" et l'übermenschitude de nos "très chers amis compatriotes du nord et du centre du pays©" vont réussir à maintenir le rafiot à la surface mais j'ai quelques doutes...
        • Eridan
          septembre 06, 10:24 Reply
          « (...) depuis 15 ans, dans cette boîte, plus aucun dirigeant de haut niveau n'est un vrai technicien » C'est vrai dans la plupart des grosses boîtes industrielles et depuis bien plus de quinze ans. Les ingénieurs sont hors course depuis longtemps. Le problème, c'est le principe même du capitalisme qui attribue le pouvoir sans partage aux seuls actionnaires et à leurs administrateurs financiers sans scrupules, appuyés par leur délégués libéraux à L'Europe. Le travail et la compétence n'ont plus aucune valeur ; seul le fric en a dans ce monde ultra-libéral. Même le dévouement est payé en retour par le mépris. Tout le monde en est victime : les ouvriers, les cadres, les petits entrepreneurs locaux et les cochons de payeurs-citoyens. Le tout sur fond de bénévolat mondialiste (ouest-) européen béat, comme vous le dites.
        • Jester
          septembre 07, 14:28 Reply
          Monsieur, Si vous pensez que je peux me réjouir de la fermeture de Caterpillar, cela ne vaut pas vraiment la peine d'entamer une discussion. Cela étant, ce que j'ai surtout lu dans la presse flamande, c'est une interrogation sur la position qu'allaient adopter Magnette et Michel : l'espoir d'un repreneur qui mettra, lui aussi, la clé sous le paillasson dans quelques années (comme d'habitude) ou autre chose... Voyons aussi, notamment, comment Paul Magnette résistera à la pression du PTB.
      • Wallimero
        septembre 05, 21:06 Reply
        @ Non Marcel, Le raisonnement que je te sers est que c'est assez démagogue de jongler avec des chiffres de nationalité pour prétendre que "deux résidents étrangers sur trois sont […] [d]es Européens de souche, de culture judéo-chrétienne, comme on dit à l’extrême droite." Si on regarde les Européens de Molenbeek et Schaarbeek de plus près, peut-être qu'on y trouvera des souches différentes… Ce que tes chiffres ne disent pas non plus, c'est à volume constant combien de ces judéo-chrétiens peri-diplomatiques sont renouvelés tous les 4-8 ans, le temps de leur mandat, et qui est-ce qui reste vraiment? Sont-ce des Eurocrates avec une fiscalité minimale (qu'on demande à toute la Flandre de compenser - taxation & representation?), des cadres supérieurs, des réfugiés éducatifs ou des gens qui sont attirés par des allocations diverses? Face à ce constat, j'y réfléchirais deux fois avant de prendre la base taxable comme référence du droit de vote à Bruxelles, il ne pourrait rester pas grand monde… Est-il utile de donner le droit de vote à des étrangers qui ne sont que de passage? Ce que je te sers c'est qu'à 60% d'habitants avec une autre nationalité que la belge à Bruxelles, minoriser encore plus les quelques 40% belgo belges qui y restent n'est peut-être pas la meilleure chose à faire … Serait-il possible que la proposition PS sert à plaire ces 60%, puisque les 40% il s'en fout, ils n'ont qu'à aller franciser la Flandre? Qu'on hyperminorise encore plus les 6% de Flamands qui restent ne peut être que du bonus dans ce qu'on clame être la "capitale nationale". Je crois que c'est Van Istendael qui disait que le drame de Bruxelles est qu'elle est bondée d'habitants, mais qu'il n'y a plus de citoyens. Mais bon, en tant que Grand Dragon du Temple Intergalactique de la Multiculturalité, ce qui importe c'est 'la logique du progrès de la citoyenneté', du Stalinisme Culturel pur sang, peu importe les conséquences sociétales actuelles, il faut suivre 'le sens de histoire' comme disait si bien Onkelinx, ou étais-ce Mussolini? Comme si il y avait quelque chose de transcendant comme une "logique du progrès" ou un "sens à l'histoire" qui mènerait inéluctablement à la réalisation d'une utopie dogmatique. Progressons donc! Le PokiMan fixé sur son écran Multidenté: tiens, il y a une identité dans les parages que je n'ai pas encore sur mon Idédex, vite vite, il faut l'attraper en lui jetant un passeport belge à la figure… Joli Marcel, vraiment joli VV
        • marcel
          septembre 06, 08:35 Reply
          Et les non-Européens, tu es sûr qu'ils restent plus longtemps que les Européens ? Sans compter que les 13% qui votent sont forcément là depuis 5 ans… Ils sont plus de deux fois plus nombreux à voter, ça devrait te satisfaire, plutôt que de supputer.
        • Eridan
          septembre 06, 10:34 Reply
          « (...) quelque chose de transcendant comme une "logique du progrès" ou un "sens à l'histoire" qui mènerait inéluctablement à la réalisation d'une utopie dogmatique » Ca, je trouve plutôt bien dit. Et même bien pensé.
        • u'tz
          septembre 07, 23:45 Reply
          @VV "Est-il utile de donner le droit de vote à des étrangers qui ne sont que de passage? Ce que je te sers c'est qu'à 60% d'habitants avec une autre nationalité que la belge à Bruxelles, minoriser encore plus les quelques 40% belgo belges qui y restent n'est peut-être pas la meilleure chose à faire … Serait-il possible que la proposition PS sert à plaire ces 60%, puisque les 40% il s'en fout, ils n'ont qu'à aller franciser la Flandre? Qu'on hyperminorise encore plus les 6% de Flamands qui restent ne peut être que du bonus dans ce qu'on clame être la "capitale nationale". " j'adore ce genre de délire flamingant qui montre à quel point le roman nationaliste flamand n'est que l'expression des mensonges officiels et paradigmatiques de la majorité ethnique de ce pays... hype hypermimi hyperminorisée dans sa PROPRE capitale (vite fusionnons les Communes pour l'agrandir la capitale des flamands! et minoriser celle de ceux qui parlent FR)
    • Eridan
      septembre 05, 10:58 Reply
      Pour une soupe, c'est une belle soupe, Wallimero. Vous êtes capable de beaucoup mieux que ça.
  8. insoL
    septembre 04, 15:25 Reply
    Heu … Comment cumuler un droit pour les uns avec une obligation pour les autres ?
    • marcel
      septembre 05, 08:46 Reply
      C'est simple, c'est ce que font toutes les communes depuis 2004. Pour schématiser : toute personne inscrite a l'obligation de voter. Les Belges sont inscrits d'office, les étrangers s'inscrivent s'ils veulent. Voilà.
      • insoL
        septembre 05, 09:44 Reply
        C'est bien le problème !
  9. Tournaisien
    septembre 04, 16:31 Reply
    Rome n'est plus dans Rome. Voici Béatrice devenue Béatroce !
    • u'tz
      septembre 07, 23:49 Reply
      Tourn' si béatroce c'est l'enfer de dante, ça sent plutôt le flot rance
      • Tournaisien
        septembre 09, 09:56 Reply
        U'tz ... comme vous y allez. À vous lire, je suis allègre et ris.
  10. Capucine
    septembre 04, 20:04 Reply
    Le vote des étrangers est un plus pour la démocratie du pays et j'espère surtout que ces votes iraient à contre courant de cette normalisation de ces idées brunâtres venant de l'extrême droite. Cette idéologie n'a pas de couleur,c'est juste un serpent haineux qu'on rentre dans la tête des gens en leur faisant peur pour mieux les diviser,je ne suis pas particrate,je crois sincèrement que ce temps là est obsolète mais je vote pour un homme ou une femme qui ont un cœur et surtout une belle intelligence de la vie. Si le Soir et cette Mme Delvaux parlent ainsi ,c'est qu'ils ont une clientèle francophone pour lire ce dérapage bien contrôlé. La haine,le racisme,la différence sont de bons accroche électeurs,le MR me déçoit énormément,j'ai cru que cette alliance avec la NVA était une technique pour mieux les gérer et les contrer,je crois malheureusement qu'il laisse faire ce qu'ils pensent tout bas. Je pense beaucoup à ces familles de chez Caterpilar,je pense beaucoup à notre jeunesse qui a besoin de repères ,si les adultes instruits et diplômés ayant des responsabilités politiques,éducatives,médiatiques ne donnent pas le bon exemple comment voulez vous que les parents arrivent à élever leurs enfants en toute quiétude. l utilisation du mot"cheptel"est bas. Attention aux loups!
    • Eridan
      septembre 05, 11:03 Reply
      "Le vote des étrangers est un plus pour la démocratie du pays" Il ne manque que la démonstration. Je ne vois pas trop en quoi donner le droit de vote à des gens qui se foutent pas mal du pays serait un plus pour sa démocratie.
      • marcel
        septembre 06, 07:17 Reply
        Justement, ils ne s'en foutent pas, seuls ceux qui s'inscrivent (et se sentent donc plus concernés que beaucoup de Belges) voteront.
        • Eridan
          septembre 06, 10:09 Reply
          « Justement, ils ne s'en foutent pas, seuls ceux qui s'inscrivent (et se sentent donc plus concernés que beaucoup de Belges) voteront. » En ? Que désigne « en » ? Des intérêts qui sont leur sont spécifiques, sans doute, mais je maintiens que, le pays, ils s'en foutent (pour la plupart). Très logiquement.
  11. u'tz
    septembre 04, 23:17 Reply
    merci Marcel vive le vote pour tous ceux qui vivent ici, perso bruxellois périphérique FR haïs par mes représentants NL au vlaams parlement, me sentant totalement étranger à tournai ou mons, quoique villes FR que je trouve fort passionnantes bien que moins jolies que namur, et me sentant bien plus en empathie avec charleroi et même un peu liège où être bxlois est apparemment historiquement plus rédibitoire qu'être italien... être étranger, ça veut dire quoi déjà?
  12. Didier
    septembre 05, 07:35 Reply
    "Le PS ne s’est jamais prêté à ce genre de délire" Sauf quand il s'agit du genocide arménien! A force de toujours taper sur la NVA, vous semblez avoir quelques petits trous de mémoire. C'est domage au vu de tout ce que vous pu écrire sur le sujet...
    • marcel
      septembre 05, 08:51 Reply
      Cher Didier, il me revient qu'Emir Kir a bien voté la résolution sur le génocide arménien. <a href="http://www.lesoir.be/944617/article/actualite/belgique/politique/2015-07-23/emir-kir-approuve-resolution-sur-genocide-armenien" rel="nofollow"></a> Bien entendu, je reconnais que cette résolution est plus qu'imparfaite. Mais venant du MR, on peut difficilement reprocher à Emir Kir ou au PS d'avoir minimisé ce génocide dans la résolution. Eh oui, ce sont le MR et la N-VA qui l'ont fait. Après, évidemment, on ne sait pas ce qu'Emir aurait fait si la résolution avait clairement reconnu le génocide arménien (« la Belgique reconnaît le génocide arménien », phrase qui ni figure nulle part). Mais on peut difficilement lui reprocher de ne pas aller plus loin que le… gouvernement MR/NVA/CD&V/OpenVLO. Les « négationnistes » (entre guillemets) étaient plutôt au CDH. Mais il y a une autre différence : on parle ici d'événements qui n'ont pas directement touché la Belgique, au contraire du nazisme.
      • Didier
        septembre 05, 09:48 Reply
        Certes Kir a obéit aux injonctions du parti, mais qui l'a déjà entendu s'exprimer sur le sujet ? Surtout, Kir est l'arbre qui cache la forêt, ce n'est sur lui qu'il faut se focaliser : pourquoi oublie-t-on systématiquement les députes régionnaux bruxellois socialistes qui eux se félicitèrent publiquement (en turc) d'avoir réussit à ajourner le sujet ? Sont-ce donc des députés au rabais, si négligeables que leurs positions publiques comptent donc moins que celles des députés nva que vous vilipendez tant? Avez-vous déjà oublié la mascarade de la minute de silence dans ce même parlement (pour rappel, chacun fut invite (par Picqué) à dédié cette minute à la cause qui lui était chère, dédouanant ainsi à l'avance ces nationalistes turcs de tout crime de lèse mère-patrie !) Vous n'aviez pourtant pas compté vos lignes à l'époque pour denoncer cela !
        • marcel
          septembre 06, 07:16 Reply
          Non mais j'ai bien expliqué que reconnaître le génocide arménien revenait pour beaucoup d'élus turc à perdre une partie importante de son électorat, tout comme le reconnaître réellement revenait pour la Balgisue à affronter de front (sic) le régime Erdogan.
        • u'tz
          septembre 07, 23:55 Reply
          "pourquoi oublie-t-on systématiquement les députes régionnaux bruxellois socialistes qui eux se félicitèrent publiquement (en turc) d'avoir réussit à ajourner le sujet ?" pour nous aider à pas oublier pourriez-vous citer tous les noms
  13. Capucine
    septembre 05, 08:52 Reply
    Peut être qu'il serait bien que le vote soit un droit pour tous et non une obligation mais aussi que les personnes travaillant à la communauté européenne paient leurs taxes comme tout le monde ?
    • marcel
      septembre 06, 07:14 Reply
      Elles paient des taxes, mais il y a un régime commun à tous les fonctionnaires européens. Si tous les pays d'Europe avaient le même régime fiscal, ils pourraient y être soumis aussi, mais ce n'est pas le cas.
  14. Pierre
    septembre 05, 12:00 Reply
    Il me semble qu'on fait ici une addition de pommes et de poires en mélangeant les convictions religieuses et les nationalités. Un Français ou un Italien par exemple (donc Européens) peuvent fort bien être musulmans alors qu'un Guatémaltèque ou un Chinois (non-Européens donc) peuvent être Chrétiens, Shintoïstes ou, pourquoi pas, Pastafarien. De même, un Marocain peut être Juif, ou un israélien Musulman ou Chrétien... Et tous peuvent même être athées. Bref, la nationalité de quelqu'un n'implique pas automatiquement une appartenance religieuse, et compter les têtes de ce soi-disant "cheptel" d'après ce critère est vain.
    • marcel
      septembre 06, 07:18 Reply
      Pas faux, mais il y a quand même des grandes tendances. Peu de Japonais sont musulmans…
    • Eridan
      septembre 06, 10:44 Reply
      Moi, je n'y comprends rien : un Maghrébin qui vient s'installer en Europe, c'est un Musulman. Et musulman reste son identité, pour ne pas dire sa nationalité (comme le dit T. Ramadan pour qui le concept de loyauté citoyenne ne semble pas exister ; on se demande alors à quoi sert le droit de vote). Mais un Européen qui s'installe ailleurs qu'en Europe, ce n'est pas forcément un chrétien (loin s'en faut). Cherchez l'erreur.
      • marcel
        septembre 08, 11:13 Reply
        Demandez à Mohammed Sifaoui s'il est d'abord citoyen ou d'abord musulman. Il est juste faux de dire qu'un Maghrébin en Europe est « un musulman ». De plus, il y a tellement de formes d'islam que ça ne veut quasi rien dire.
  15. Pfff
    septembre 05, 14:09 Reply
    Face à la radicalisation islamique, faisons confiance à Marcel. Il a déjà si bien réussi à dé-radicaliser* les flamingants de ce forum. (soupirs) Par rapport à l'indépendance des États-Unis, rappelons utilement que depuis la reine Elisabeth (N°1 - 1558 – 1603), le territoire des États-Unis servait principalement à exiler tous les extrémistes puritains excités de la perfide Albion. Ceci explique cela. *dé-radicaliser (islamisme = gros rhume) fait partie de la petite mallette de première urgence sémantique de l'islamo-gauchiste, comme amalgame (= Daesh lave plus blanc), multi-culturel (= richesse du couscous), diversité (= pluralité du couscous)
    • Pfff
      septembre 08, 09:24 Reply
      Dé-radicalisation, piège à cons Le secrétaire général de l’UFAP-UNSA, principal syndicat de surveillants de prison française : "Les établissements pénitentiaires sont assis sur une véritable poudrière. Ils comptent 300 détenus prévenus pour faits de terrorisme et un millier en voie de radicalisation. (...) Mais l’on préfère mettre en place des programmes qui n’ont ni queue ni tête. <b>Nous sommes fatigués de ce mot de déradicalisation qui ne veut rien dire.</b>"
      • Pfff
        septembre 14, 12:27 Reply
        Dé-radicalisation, piège à cons, suite. Hier, reportage sur France 2 sur une cellule de dé-radicalisation : atelier poterie au programme. Pour rappel, la dé-radicalisation, en Arabie Saoudite, c'est une Testarossa, au minimum, une villa de 500 m2 avec piscine et un revenu par tête de pioche qu'envieraient nos ministres. Comment ne pas voir que cette différence de traitement va générer de la frustration chez nos gentils petits returnees aux mains pleines de sang ? D'où violence, dont ils sont les premières victimes, bien sûr, selon Médiapart. Je m'insurge à l'avance contre les ratés du programme, au nom des droits de l'homme.
  16. Pfff
    septembre 05, 15:42 Reply
    "et pourquoi pas, quand on est sûr qu’ils n’étaient pas antisémites" Donc, quand la Waffen-SS multiplie les Oradours en Russie, Ukraine, Pologne, affame et massacre la population de Stalingrad, de Varsovie, ce n'est plus un crime contre l'humanité ? N'importe nawak. Grand grand n'importe nawak.
    • marcel
      septembre 06, 07:33 Reply
      Disons simplement que certains volontaires, à 17-18 ans, ne comprenaient pas la portée de leur engagement, par exemple, parce que des curés leur avait inculqué qu'il était chrétien de se battre contre le communisme soviétique. C'est à eux que je pense. Mais les nationalistes flamands, eux, rendent hommage à tous leurs Waffen-SS, y compris les plus criminels.
      • Pfff
        septembre 06, 09:53 Reply
        Je crois qu'il était très chrétien de se battre contre le communisme soviétique (qui a tué, emprisonné, bousillé l'existence d'un nombre de gens nettement plus conséquent que le nazisme, sur une durée bien plus longue). Le seul problème était qu'ils se battaient au côté du nazisme. "L'ennemi de mon ennemi est mon ami" est absolument contraire à la morale chrétienne, comme l'a écrit Evelyn Waugh, meilleur ami du fils de Churchill, horrifié par les compromissions des alliés avec les communistes à la fin de la guerre.
        • Eridan
          septembre 10, 12:33 Reply
          « Je crois qu'il était très chrétien de se battre contre le communisme soviétique (qui a tué, emprisonné, bousillé l'existence d'un nombre de gens nettement plus conséquent que le nazisme, sur une durée bien plus longue) ». Les chrétiens se sont pas mal défendus aussi ; pour seul exemple : quelques millions de morts lors de la conquête espagnole des Amériques, justifiés par des théologiens comme Sepulveda ; sous la pression de Las Casas, le Pape finit par décréter qu'il serait finalement peut-être plus chrétien de faire la promotion de l'esclavage... C'est beau, la religion !
          • Pfff
            septembre 11, 12:12
            Eridan, Vous avez été cherché vos chiffres à Durban ou chez Taubira ? Cela sent la haute scientificité historique au doigt mouillé. Le christianisme a aboli l'esclavage partout, si vous vous donnez la peine de regarder l'histoire, et pas seulement ce qui vous permet d'étayer votre relativisme en peau de lapin (il ne manque pas de Pape à citer, pendant toute la Renaissance et le Moyen-âge pour condamner l'esclavage). En Amérique du Sud, l'Église s'est justement dressée entre les populations locales et les esclavagistes. L'esclavage a été réintroduit suite à la controverse de Valladolid. À la demande des États. C'est beau le colonialisme. C'est précisément quand l'Église est faible et qu'on lui tord le bras dans le dos que l'esclavage reprend. Enfin, c'est dans les états chrétiens que l'esclavage a été ré-aboli. Si on avait du attendre les ancêtres de UIt', ces anthropophages, nous y serions encore.
          • Pfff
            septembre 11, 13:09
            Si vous passez par Namur, je vous conseille de concentrer vos pas sur le quartier près de la gare. La déclivité des rues vous renseignera sur l'emplacement d'un ancien oppidum aux centre duquel se trouvait une butte de terre, construite à dos d'homme. Nos ancêtres les gaulois étaient de grands esclavagistes, entre eux (mais pas anthropophages à ma connaissance). Et nos chefs gaulois raffolait de ces éminences artificielles, qui prouvaient leur pouvoir. Qui a aboli ces pratiques ? En parlant des lois mémorielles Taubira et de la conférence de Durban : pas un mot sur l'esclavage musulman. Cette instrumentalisation de l'histoire est très très dangereuse pour nos démocraties. Je suis pour l'abrogation de toutes les lois mémorielles, qui visent à imposer une histoire officielle et font preuve, in fine, de penchant prononcés pour la criminalisation de la parole. Où pensez-vous que DAECH a été chercher les règles présidant au partage des femmes et des enfants chrétiens et yésidis ? Mais dans la vie de Mahomet, qui a édicté des règles très élaborées sur ce sujet central en terre d'Islam. Petit exemple : lorsque les marines américains ont attaqué Tripoli (la première guerre extérieure américaine - to the shores of Tripoli, comme ils le chantent encore aujourd'hui), ils ont libéré des esclaves. Ces braves américains ont été très choqués : tous les esclaves étaient blancs. L'esclavage des blancs en terre d'Islam est aussi vieux que l'Islam et a duré jusqu'au 20e siècle. Cervantes, malgré son bras amputé, a servi comme esclave avant de s'échapper. Il a bien fait : espérance de vie d'un esclave en Terre d'Islam, cinq ans. Ce qui oblige à un constant réapprovisionnement et à aller chercher jusqu'au Congo (Livingstone, si tu m'entends). Les hommes noirs sont systématiquement castrés. Lisez donc les mille et une nuit, (histoires collectées dans l'ensemble du monde musulman sur une très longue période) et trouvez-moi un esclave noir qui n'est pas castré. L'Europe n'a jamais importé des esclaves sur son sol : autre grande différence avec l'Islam. L'Europe a trouvé les ressources morales pour abolir l'esclavage : autre grande différence avec l'Islam. Le christianisme a aboli l'esclavage en Europe (surtout le catholicisme : le sort d'un serf suédois ou russe au 18e siècle n'est pas très différent de celui d'un esclave, bien meuble et code pénal qui n'a rien à envier au Code Noir, pour ce qui est de la cruauté). Sur le sanglot de l'homme blanc, lisez Bruckner et cuisez-vous un oeuf !
          • marcel
            septembre 11, 13:23
            Hola ! Si les mille et une nuits sont pour vous une source historique, vos démonstrations en prennent un sacré coup !
          • Pfff
            septembre 11, 20:32
            Mon exemple vise à étayer le fait que tous les esclaves noirs étaient castrés. Je ne le tiens pas de là. Et je ne suis pas d'accord : les Mille et une nuits forment un document exceptionnel, unique, sur les moeurs et le regard que le monde musulman porte sur lui-même, dans son entièreté, sur une longue période. Il n'y a aucune autre source équivalente, en dehors des écrits religieux (la barbe), dans une littérature particulièrement pauvre. Pour rappel, l'ensemble du monde musulman traduit moins de livres étrangers que l'Espagne. Si on nous fait grâce d'Averroès et d'Avicenne, ces deux scies tiers-mondiste qui sont des petit-bras de l'aristotélisme (si j'ai bien compris), il reste Ibn Khaldun. Mais là, je dis pouce : les tomes de La Pléiade coûtent un pont ! Puisque l'Islam est un sujet à la mode, je lis le In Quarto "Islam "de Bernard Lewis. J'en suis au début, aux premiers siècles de l'Islam (tant vantés) : c'est rigolo comme le Père Ubu. J'ai aussi commandé le tome de Bernard Lewis sur les Assassins, pour me distraire un peu.
          • marcel
            septembre 13, 06:55
            Boah, si vous trouvez votre bonheur chez un négationniste du génocide arménien, c'est votre droit après tout.
          • Pfff
            septembre 13, 09:50
            "Boah, si vous trouvez votre bonheur chez un négationniste du génocide arménien, c'est votre droit après tout." Au moins, on ne peut pas accuser Bernard Lewis de ne pas être en pleine empathie avec son sujet !
  17. serge
    septembre 05, 15:50 Reply
    Bonjour Marcel, excellent poste qui rassemblent des statistiques révélatrices, lesquelles statistiques manquent cruellement à l'éditorial de Delvaux. Bien joué. Néanmoins, en ce qui concerne les craintes que peuvent générer le vote des étrangers, en voilà une: si j'habitais Molenbeek ou Anderlecht ou Saint Josse, ces communes où les populations musulmanes (même Belges de nationalité) sont possiblement majoritaires, ma crainte serait de me retrouver un jour confronté à des règlements communaux imposant toute une série de choses comme les piscines scindées, la nourriture hallal dans les écoles, les voiles ou niqab dans les hôpitaux ou administrations,... autant de règles qui n'appartiennent pas à ma culture mais serainet néanmoins votées par une majorité qui ne me représente pas. Cette crainte est-elle réaliste, à votre avis?
    • marcel
      septembre 06, 08:28 Reply
      Merci. Je ne crois pas que cette crainte soit réaliste. Aujourd'hui, la moitié de la population de Molenbeek est supposée musulmane. En 2010, la population étrangère (25%) était : Maroc 7 242 habitants, soit 8,7 (de la population totale) France 1 967 2,4% Italie 1 833 2,2% Espagne 1 204 1,4% Congo (Rep. Dém.) 872 1,0% Roumanie 816 1,0% Turquie 662 0,8% Pologne 613 0,7% Portugal 597 0,7% Ce qui nous donne un rapport de 9,5 % de présumés musulmans, et 9,4 % d'Européens. Comme ces derniers sont plus prompts à s'inscrire sur les listes électorales, on pourrait être à l'équilibre. Ça ne change donc rien au rapport de la population, comme on a dit, environ 50% présumés musulmans. Or, en 2012 (avec une population probablement très similaire) aux communales, on a eu : MR 27,33% LB (PS) 29,18% CDH-CD&V : 11,61% Ecolo : 9,06% PTB : 4,52% Islam : 4,12% NVA : 4% Ce qui donne un siège au parti islam, sur 45. Autrement dit, 90% des présumés musulmans n'ont pas voté pour le seul parti confessionnel musulman. Donc rien ne laisse présager aujourd'hui un succès éventuel d'un tel parti, pour autant bien entendu que la majorité des présumés musulmans se reconnaissent, comme c'est le cas aujourd'hui, dans un des autres partis. Ce que beaucoup appellent « le clientélisme » (à savoir, accorder certaines « libertés » de mouvement aux musulmans ou aux étrangers) est aussi une soupape de sécurité. Je préfère voir les partis traditionnels engranger des voix musulmanes en cédant un peu sur quelques points compatibles avec la laïcité et la Constitution (par exemple, en défendant le droit de porter le voile en rue que certains voudraient abolir) que de voir un parti comme Islam prendre de l'importance. Du reste, rien n'empêche le MR de récolter des voix dans ce soi-disant « cheptel ». Je ne vois pas pourquoi il n'y aurait pas des musulmans de droite, ou libéraux.
  18. gjanaj
    septembre 05, 16:13 Reply
    "Le pourcentage d’étrangers venus de pays musulmans est donc vraisemblablement de maximum 8,7 % (y compris les Albanais, Kosovars et Bosniaques..." : Encore faudrait-il reconnaître les chrétiens des musulmans au niveau des Albanais d'Albanie et du Kosovo, en effet, comme la béatification de Mère Thérésa le suggère, les Albanais comptent en leur sein, une populations importante de chrétiens (catholiques et orthodoxes)... #ImprécisionSurImprécision
    • marcel
      septembre 06, 08:37 Reply
      Les Albanais sont en majorité musulmans (40% contre 20%), ils sont donc 2 fois plus potentiellement musulmans que chrétiens, mère Térésa ou pas.
  19. u'tz
    septembre 05, 22:39 Reply
    "Mais il y a une autre différence : on parle ici d'événements qui n'ont pas directement touché la Belgique, au contraire du nazisme"... oserai-j'ajouter du colonialisme, etc je vous trouve trop pertinent pour vous laisser passer cette maladresse, comment approuver/prôner le droit de vote de notre voisin "étranger" et ne pas considéré que des événements qui n'ont pas "directement touché" la Belgique bocale la touchent tout de même assurément
    • marcel
      septembre 06, 08:32 Reply
      La citoyenneté n'est pas forcément liée à (toute) l'histoire, ni du citoyen/résident, ni du pays en question.
      • u'tz
        septembre 08, 00:12 Reply
        bien sûr Marcel, mais si bxl est une ville-mondialeke et pas qu'euro-blanke pur-jus souchien faut pas s'étonner que l'europe externe (exportation des extrémistes religieux en amerique, génocides, traite d'êtres humains pour la production esclavagiste, impérialismes colonialistes variés, orientalisme, transplantation "réussie" des juifs en palestine) aient un minimum d'importance d'une manière ou d'une autre
  20. Tournaisien
    septembre 06, 05:46 Reply
    http://www.lesoir.be/1309840/article/actualite/monde/2016-09-05/manuel-valls-juge-insupportable-un-article-sur-burkini ... Je ne supporte pas ce discours victimaire. Il est bien connu que les meilleures victimes font toujours les meilleurs bourreaux. Les Anglo-Saxons donneurs de leçons, ça commence vraiment à bien faire.
  21. Capucine
    septembre 06, 14:14 Reply
    Il me semble que les fonctionnaires européens vivent dans une bulle ,ils sont grassement payé et ont beaucoup d'avantages. Je croyais vraiment qu'ils étaient zonder taxes ,je suis contente d'apprendre qu'ils vivent un peu dans la vraie vie. J'espère de tout mon cœur que si ces personnes ont le droit de vote qu'ils regarderont un peu vers le petit peuple .
    • marcel
      septembre 08, 11:19 Reply
      Pour info : https://www.rtbf.be/info/societe/detail_les-fonctionnaires-europeens-paient-ils-des-impots-communaux?id=5691983
  22. Pfff
    septembre 06, 17:46 Reply
    Sur le burkini, les gens ont bien le droit de s'habiller comme ils veulent pour aller à la plage (il ne faudrait pas non plus se vexer si on se moque des ploufs-ploufs lamentables des emmaillotées), MAIS, dans la plupart des piscines communales, nous avons interdit le maillot de type short pour les hommes, pour des raisons d'hygiène. Voilà qu'on autorise le burkini qui est bien moins hygiénique. Sur l'abattage hallal, idem : nous avons édicté des règlements concernant la souffrance animale, des règles d'hygiène, qui sont allées à vau-l'eau. Victimes de cette reculade en rase campagne : hygiène publique, droits des consommateurs, sécurité alimentaire, droits des animaux. Alors, nous pouvons bien nous exciter, inventer des règlements complètement fantaisistes, courir après l'islamisme : les musulmans s'en moquent et savent qu'ils font plier la loi commune à la moindre de leur provocation. L'Europe pète de trouille : il ne faut pas les contrarier, sinon ils vont tous prendre une kalach, se barrer en Syrie, tuer des gens, en revenir, et ce sera de la faute de notre intolérance, de notre manque d'ouverture, etc. Exemple de cette rhétorique pourrie, Michel Henrion. Il n'est pas si loin le temps où nos gauchistes nous expliquaient qu'il fallait mettre le capitalisme par terre pour apaiser le Brigadier Rouge.
  23. Degenève
    septembre 10, 15:15 Reply
    Voyons, Marcel, je ne comprends pas pourquoi vous vous énervez comme cela. Si Béatrice Delvaux avait les qualités requises pour faire une journaliste et/ou une éditorialiste, il y a longtemps que cela se saurait. A mon avis elle a été placée là où elle se trouve pour illustrer le principe de Peter, ni plus ni moins...
  24. Eridan
    septembre 12, 11:31 Reply
    Voici un point de vue qui me semble très raisonnable et qui dégonfle pas mal la tarte à la crème (mais sans sel et sans polémique) du droit de vote des étrangers : http://www.lalibre.be/debats/opinions/vote-des-etrangers-aux-elections-regionales-une-mauvaise-reponse-a-une-mauvaise-question-57d27f9f35701f2d11723b8b

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