Ce 22 avril, le congrès de la Flottille Sumud pour Gaza réunit la fleur des antisionistes à Bruxelles. Et se réclame de l’ONU.

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C’est ce mercredi 22 avril à Bruxelles que se tiendra le grand congrès politique de la Global Sumud Flotilla (GSF) — l’association qui joue à la Croisière s’amuse en prétendant briser le blocus de Gaza (mais aussi le capitalisme, tant qu’à faire) avec quelques dizaines de bateaux de plaisance. Elle appelle aussi à « mondialiser l’intifada », autrement dit, à généraliser un soulèvement sanglant contre Israël et les Israéliens. Si ses activistes continuent à réclamer individuellement l’annihilation d’Israël en prônant une Palestine « from the river to the sea », la GSF a mis la pédale douce sur cette thématique, histoire probablement d’apparaître plus fréquentable. Mais ses exigences profitent évidemment au Hamas, et pas à la paix. 

Chose d’emblée curieuse, le site consacré au congrès ne mentionne pas le lieu de l’événement. Seule une photo permet de supposer qu’il s’agirait du Square, somptueux complexe de congrès du mastodonte de l’événement mondial GL Events, situé au Mont des Arts, à proximité de la Bibliothèque nationale, dans le cœur historique de la ville. 

Convertir l’activisme en action politique

L’événement s’intitule The Global Sumud Parliamentary Congress — Le Congrès parlementaire du Sumud mondial. Sumud, en arabe, signifie ténacité, persévérance. La GSF entend « aller à Bruxelles et s’associer à des parlementaires, des diplomates et des leaders de la société civile [pour] forger un nouveau réseau Sumud mondial. » Comme le dit l’un des invités-phares, l’ex-dirigeant travailliste Jeremy Corbyn, maintes fois accusé d’antisémitisme y compris dans son propre parti, il s’agit de « convertir cette mission historique en changement politique durable ».

L’antenne néerlandaise de la flottille, citée par Carel Brendel, le spécialiste local de l’entrisme islamiste, annonçait ce week-end quelques orateurs, en un bouquet tout à fait représentatif de la nouvelle vague de l’israëlophobie de gauche : Rima Hassan, Francesca Albanese, Jeremy Corbyn et Mustapha Barghouti.

À ceux-ci se joindront la députée LFI Manon Aubry, l’avocat belge et président de la Ligue internationale des Droits Humains Alexis Deswaef, Jan Fermon (ex-PTB, communiste, proche de Michel Collon), le député PTB Marc Botenga, Sira Rego, la ministre espagnole de l’Enfance (Parti communiste), ainsi que quelques islamistes et conservateurs, tels deux députés turcs de l’AKP d’Erdogan et un député bosniaque de Serbie.

Quatre rapporteurs de l’ONU au service de l’activisme palestiniste

Ils seront flanqués de trois rapporteurs spéciaux de l’ONU (en sus de Mme Albanese). En d’autres termes, le lancement de ce congrès particulièrement partisan, sinon fanatisé, se fera sous l’égide de quatre rapporteurs de l’ONU, censés pourtant adopter une certaine neutralité dans leurs actions. La flottille Sumud n’hésite d’ailleurs pas à présenter le congrès sous l’égide de l’ONU ! Eh oui, depuis la nomination de Francesca Albanese comme rapporteuse, tout est désormais possible. 

La majorité des députés européens qui interviendront lors de cette journée anti-Israël relèvent du groupe de la gauche radicale au Parlement européen (GUE/NGL) (1), mais il y a aussi une écologiste et deux socialistes. Plusieurs sont des militants propalestiniens de longue date, embrigadés dans des organisations parlementaires pro-Palestine, y compris la présidente de la Délégation du Parlement européen pour les Relations avec la Palestine, l’Irlandaise Lynn Boylan (Sinn Fein, GUE/NGL)

Le document présenté par le gouvernement israélien, citant Saif Abukeshek comme membre du PCPA (ligne n° 25)

Et last but not least, on attend Saif Abukeshek, coordinateur de la Global Sumud Flotilla. Selon Israël, documents à l’appui, il serait membre du PCPA (Palestinian Conference for Palestinians Abroad – Conférence palestinienne pour les Palestiniens à l’Étranger), un système « d’ambassades » du Hamas à l’étranger. Tout comme l’homme à l’origine des flottilles, Zaher Birawi, qu’Israël considère comme le représentant du Hamas au Royaume-Uni et qu’on a effectivement vu dans le sillage de hauts responsables de l’organisation terroriste. Selon des comptes pro-Israël, Saif Abukeshek posséderait une flotte de quelques dizaines de bateaux, via deux sociétés domiciliées à la même adresse — un local dans un immeuble de bureaux de Barcelone. Mais parmi elles, Cyber Neptune n’affiche qu’un capital de 3 000 euros et Menorca Yachting, une société dormante, repose sur deux actions d’une valeur d’une livre sterling chacune. 

Financement mystère pour une campagne d’ampleur mondiale

Mais alors, qui donc paye les divers événements et les salles de congrès ? Les bateaux, le carburant, le ravitaillement ? La colossale campagne de communication, les attachés de presse, les clips soignés, les dépliants, les innombrables avocats ? Voilà le mystère qui permet effectivement de soupçonner que les accusations israéliennes d’un financement, sinon par le Hamas, au moins par les frères musulmans via le Qatar, ne sont pas dénuées de logique.

Car l’objectif de la flottille — plombée par un esprit de secte fanatisée qui ne respecte même pas la liberté des journalistes présents, même convaincus — sert effectivement l’organisation terroriste et, plus globalement, tous ceux qui ont décrété qu’Israël devait disparaître corps et biens, comme le Hezbollah et l’Iran des mollahs. Il s’agit d’isoler l’État hébreu économiquement et militairement, en l’empêchant de (continuer à) s’armer dans la guerre entamée le 7 octobre 2023 par — justement — le Hamas (et ses associés locaux), le Hezbollah, les Houthis et, derrière tous ces proxys, l’Iran.

Certes, les armes utilisées par Israël sont dévastatrices, mais une partie non négligeable de cet armement sert aussi à protéger les civils israéliens via le dôme de fer. Par ailleurs, on peut douter que l’État hébreu eût obtenu les résultats qu’il a engrangés sans une action massive, voire démesurée, forcément tragique en termes de pertes humaines, surtout innocentes. Car il a effectivement fallu raser la plus grande partie de la bande Gaza pour obtenir la libération des otages et, faute de mieux, l’espoir que le Hamas soit un jour contraint de déposer les armes. Il a bien fallu ratiboiser le sud du Liban et liquider des dirigeants du Hezbollah jusqu’au cœur de Beyrouth pour que le gouvernement libanais accepte enfin de négocier directement avec Israël — une première depuis 1948 !

Sans une armée extrêmement bien équipée, Israël — entouré de pays hostiles au départ, certains l’étant toujours — n’existerait plus depuis longtemps, et le destin des Juifs qui l’auront habité aurait été, au mieux, de s’exiler, comme ils l’avaient déjà fait dans tous les autres pays de la région. C’est la valise. Le pire ayant été précisé par les Frères musulmans et le Hamas. C’est le cercueil. Ce n’est pas nouveau, « la valise ou le cercueil » était déjà la promesse faite aux Israéliens par Diab Abu Jahjah, initiateur de la Fondation Hind Rajab, voici une petite décennie. 

Priver Israël de pétrole au nom… du droit international

Et c’est toujours le plan du Hamas. Aujourd’hui, ses défenseurs (ce que sont les activistes de la Flotille Sumud Mondiale qui ne le critiquent jamais) ont ajouté une nouvelle idée à la cessation de toute collaboration avec Israël depuis l’Occident notamment : un embargo total sur le pétrole. Or, sans énergie, il n’y a pas de vie possible dans une société moderne. La privation d’énergie est même l’un des arguments que les palestinistes utilisent eux-mêmes pour accuser Israël de « génocide » en prétendant maintenir « le droit international ». L’on peut donc imaginer que, dans leur esprit fanatisé, le « génocide » tel qu’ils le conçoivent serait autorisé par ce droit humanitaire lorsque les victimes potentielles sont juives. 

On notera aussi que ces accusations de « génocide », communes à tous les acteurs de la Sumud, se font de plus en plus nombreuses et affirmées depuis que le conflit, du moins à Gaza, ne fait pratiquement plus de victimes — déjà que celles-ci étaient en grande majorité des hommes en âge de combattre, ce qui excluait d’emblée l’idée même de « génocide ». Du 27 mars au 16 avril, le ministère de la Santé du Hamas a compté 79 morts à Gaza, sans préciser combien d’entre eux étaient des combattants, ni combien avaient été tués par des tirs israéliens. 

La courbe des victimes, radicalement aplanie depuis le cessez-le-feu.

Quant à la famine qu’Israël aurait sciemment organisée, si quelques signes dans ce sens se sont manifestés à l’été 2025, il n’en est plus du tout question. Pour l’ONU (ochaopt.org), l’entrée des vivres n’est même plus vraiment un sujet. Elle enregistre de l’ordre de 20 000 à 30 000 tonnes d’aide alimentaire par mois provenant des organisations qu’elle couvre, sans compter le fret commercial ni les autres aides. Selon le COGAT (Coordinateur des Activités gouvernementales dans les Territoires), la bagatelle de 65 000 camions serait entrée dans Gaza entre le 10 octobre 2025 et février 2026. L’un parle de 600 camions par jour au total. L’autre d’une cinquantaine dont il aurait connaissance. On est réduits à présenter les deux chiffres sans savoir qui dit vrai. Mais aucun des deux ne permet de déduire qu’il y aurait une volonté d’Israël d’affamer les Gazaouis, encore moins une mise en œuvre, même embryonnaire, d’un tel plan. En tout cas, la flottille de 2025 avait à peine réussi à acheminer une cinquantaine de tonnes, soit un 500e de ce qui entre chaque mois à Gaza via l’ONU… 

Un prétendu « génocide » comme justification à l’annihilation de l’État hébreu.

C’est pourtant ce prétendu « génocide » soi-disant toujours en cours qui constitue la justification principale de la GSF, brandie systématiquement par ses participants les plus en vue, Francesca Albanese, Rima Hassan, Jeremy Corbyn, Manon Aubry, etc. 

L’objectif de la Conférence de Bruxelles est enfin de promouvoir et de signer une déclaration qui consacre trois points fondamentaux : le droit d’accès des Palestiniens à leurs eaux et territoires, le droit à l’autodétermination du peuple palestinien (et au retour de 5 millions de « réfugiés » en Israël), et enfin, le rejet de « l’impunité » — autrement dit, des poursuites pour ceux qui s’en seraient pris aux Palestiniens ; on comprend aisément que la qualification de « génocide » est sous-jacente. Mais il est entendu qu’une telle impunité resterait garantie pour les agresseurs, Hamas, Hezbollah, Jihad islamique, FPLP, Iran, dont on n’évoque jamais les crimes innombrables dans ces milieux-là, pas même les crimes actuels du Hamas envers les Palestiniens que la Sumud prétend défendre !

Selon la même rhétorique, la cérémonie d’ouverture aura pour thème « démanteler l’apartheid colonial : du droit international à la libération palestinienne »

Là encore, c’est le point de vue et le programme du Hamas qui sont défendus par cette assemblée représentative de quelques marins d’eau douce en Méditerranée : à aucun moment, il n’est question du droit international dont pourrait bénéficier Israël, et pour cause : « l’entité sioniste » n’a qu’un droit à leurs yeux : disparaître.

Le droit international, oui. Mais pas pour les Juifs.

À aucun moment, la documentation ne mentionne les processus de paix en cours à Gaza et au Liban. Il n’est pas plus question du désarmement du Hamas, pierre d’achoppement de la paix que l’organisation terroriste repousse systématiquement sine die. Quant à la livraison d’armes, seul Israël devrait donc en être privé. Et le pire, c’est que ça fonctionne ! 

Correction : le pire, c’est que quatre rapporteurs spéciaux de l’ONU participent à un tel événement, dont l’objectif n’est absolument pas d’apporter la paix au Proche-Orient ou la justice aux Palestiniens. De telles choses ne sont possibles et même imaginables isolément. Il n’y aura jamais de paix ni de justice pour les Palestiniens tant que les Israéliens eux-mêmes ne pourront espérer une paix. Et ils ne pourront l’espérer tant que les islamistes et les fanatiques palestinistes seront choyés et financés par d’autres puissances mondiales.

La propagande du Hamas, diffusée avec beaucoup d’habileté et de professionnalisme (et donc d’argent) via les nouveaux antisémitismes, a déjà sérieusement altéré le soutien à Israël dans des États et des milieux où il constituait encore récemment une évidence. Le congrès de la Flotille Sumud Mondiale n’est qu’un pas soigneusement pensé, conçu selon une stratégie de haut vol, vers le but ultime : l’annihilation d’Israël. Si l’État hébreu a des choses à se reprocher quant à sa façon de se défendre et quant à son expansionnisme, ses ennemis en ont tout autant. À ceci près que seul Israël est, depuis sa création, en lutte pour sa survie, et qu’on est arrivé à un point où des députés européens souhaitent ouvertement la sacrifier, inconscients pour beaucoup des conséquences évidentes qu’aurait une victoire finale du Hamas et de ses alliés sur l’État juif, dont le 7 octobre n’a été qu’un petit aperçu. Et pour cause : il a été conçu pour !

Il suffit donc de constater à qui profite la flottille pour comprendre pourquoi cette assemblée réunit des « progressistes » antisionistes jusqu’au cœur du sternum, et des islamistes conservateurs. L’antisémitisme converti en antisionisme aura réussi à rapprocher ces deux extrêmes. Et à chanter ensemble « l’an prochain à Al Quds » sur les ruines espérées du seul État hébreu dont le Hamas s’est promis d’expulser ou de tuer — au choix — les seuls citoyens juifs. Lors d’une conférence de 2021, il avait même généreusement prévu de garder en otage les techniciens et savants juifs profitables après n’avoir tué ou expulsé que tous les autres. 

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Marcel Sel est auteur, romancier, journaliste, chroniqueur et satiriste. 

 

 

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