Le Coquelicot d’Ecolo : ceci est un putsch !

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Il y a plusieurs mois, j’avais fait remarquer sur le plateau des Experts (BX1) que le terme société civile tel qu’utilisé par la gauche et par les médias était un abus de langage. Au service d’une gauche radicale (par rapport à la sociale-démocratie) et militante. Cette prétendue société civile, je l’ai découverte à l’époque du CETA, voici trois ans, à mes dépens. Depuis, régulièrement j’ai retrouvé les mêmes personnages, les mêmes pratiques, les mêmes organisations, et la même tendance à la violence verbale (et pas que) et à l’exclusion, et ce, à plusieurs reprises. 

Avec la coalition coquelicot, on retrouve une fois de plus les mêmes. Si l’idée d’un gouvernement minoritaire ne semble pas intéresser grand monde, cette première sonne comme une consécration de cette société civile usurpée. Et l’idée qu’Ecolo parvienne un jour à lui donner un pouvoir gouvernemental, en Wallonie, à la FWB, ou aux deux (c’est l’ambition afficuée), en fait rien de moins qu’une d’une tentative — ou du moins une simulation — de putsch contre la démocratie. Voici pourquoi.

Société récupérée
Société civile, le terme est chatoyant. Il semble évidemment faire référence à l’ensemble de la société belge. Civile, par opposition à militaire, commerciale, administrative et surtout, à politique.  Vous et moi. En gros, la société civile serait un calque du pays réel, ou plutôt — pour éviter des références rexistes — des « vrais gens ». Et, donc, a-politique. Autrefois, on disait « l’associatif ». 

Mais depuis les années 80, une partie de ce milieu associatif, très politisée, a pris l’habitude de s’autoproclamer société civile. Cette évolution a été parallèle à la mainmise progressive de partis politiques dans ces associations. Le noyautage du mouvement antiraciste par le PS français — dans les années 80 aussi — a fait figure de zakouski. Ensuite, c’est devenu le plat du jour.

L’étape suivante était aussi logique que grossière. Plutôt que de récupérer des associations de citoyens, le politique s’est mis à créer ses propres associations prétendument citoyennes. On n’est jamais mieux servi que par soi-même ! 

Ainsi, Tout autre Chose a été monté par le PTB et soutenu par des politiques de gauche (pas forcément élus ou intégrés aux partis, mais très actifs, notamment syndicaux) au service des idées de la gauche radicale. Transparence ? Non : les partis impliqués ont été d’une discrétion quasi exemplaire ! Dans la liste des cent onze premiers signataires, on ne trouve aucun représentant de parti ! Mais quand on observe les signataires suivants, on trouve 22 PTB, dont Hedebouw, Pestiau, Van Hees, bref, la crème du parti. Et un PTB ne signe rien qui ne soit garanti PTB. Le parti a d’ailleurs pas mal incité ses partisans à signer l’appel de Tout Autre Chose sur ses sites. Parmi les signataires de 2016, on trouve encore 42 écolos, dont de nombreux EcoloJ, mais aussi Muriel Gerkens, Zoé Genot et… ben oui : Jean-Marc Nollet !

Tout Autre Chose était à ce titre la concrétisation de la gauchisation radicale d’Ecolo, sur la trace du rapprochement d’EcoloJ et du Comac dans les universités. Le mouvement a servi à militer contre le CETA et a ensuite servi de base émettrice à la campagne Tam-Tam, présentée comme « indépendante », et de ce fait abondamment reprise par la presse — alors que les documents internes de Tout Autre Chose montrent qu’il s’agit d’une action de propagande politico-syndicale soigneusement concertée (j’y reviendrai peut-être un jour). À la manœuvre : Manuela Cadelli (ASM), le CNCD, la CNE, la CSC, Esperanzah, la FGTB, la Ligue des Familles, le MOC, Attac, Solidaris, etc. Pour la direction ou le secrétariat, en revanche, aucun nom n’apparaît. Autrement dit, on ne sais pas vraiment qui organise. Et c’est voulu !

Toudi la même chose
Et donc, quand Jean-Marc Nollet fait appel à la société civile, il appelle du pied, non pas l’amicale des joueurs de boule de Floriffoux, le syndicat des pompiers de Haute-Fagne, ni l’union des coupeurs de bois du Sud-Luxembourg, mais bien… les mêmes militants très médiatisés qu’Ecolo a déjà côtoyés et soutenus lors de l’action CETA, dans Tout autre Chose, au moment de la militance pour l’accueil des réfugiés, ou encore, lors de la manif climat. 

On va le dire autrement : c’est quasi systématique ! Pour Nollet, la société civile est donc exclusivement constituée des syndicats de gauche (dont la FGTB, elle-même de plus en plus noyautée par le PTB — on l’a vu le premier mai, quand elle s’est partagée entre le PS et les marxistes-léninistes), de l’incontournable Alexis Deswaef (qu’on aurait souvent croisé au bureau du PTB et qui a même donné cours à l’Université Karl Marx du parti), d’Arnaud Zacharie et de son CNCD 11-11-11 (dont Intal, l’antenne internationale du PTB, qui soutient activement Bachar El-Assad, fait tache dans sa liste de membres, soit dit en passant)…

La société civile propose un mix des programmes du PTB, d’Ecolo et de la FGTB

À cette proximité idéologique d’une partie d’Ecolo avec la gauche radicale et l’extrême gauche s’ajoute un légitime soupçon de préméditation. Car juste avant l’idée magique et florale de Nollet, cette prétendue société civile proposait une « déclaration non-gouvernementale ». Autrement dit, un programme politique. Celui-ci est un mix des programmes du PTB, d’Ecolo (fin des automobiles diesel et essence en 2030) et de la FGTB : CSG dès 5 000 € bruts, globalisation des revenus, retraite minimale de 1 500 euros, cadastre et imposition des fortunes, des plus values, 32 h payées 38, isolation des logements, etc. Bref, un programme beaucoup trop politique pour une « société » qui prétend, par sa nature civile, ne pas l’être du tout ! 

Et quand on compare la liste des signataires de ce nouvel appel, on retrouve évidemment énormément de personnes ou d’organisations déjà présentes dans la liste des 111 premiers signataires de Tout Autre Chose.

Des noms ? L’incontournable Alexis Deswaef (ex-président de la Ligue des Droits humains), Arnaud Zacharie (CNCD 11-11-11), Hafida Bachir (Vie Féminine) — qui a participé au putsch raté d’Ecolo au Conseil des Femmes —, l’irréprochable Christine Mahy (Réseau wallon de Lutte contre la Pauvreté), Felipe Van Keirsbilck (CNE), Pierre Verbeeren (Médecins du Monde)… 

Des organisations ? La CSC, la FGTB, Greenpeace, la Fédération des Maisons Médicales, le MOC, la Fédération des Étudiants francophones (précédemment noyautée par le PTB aussi), Inter-environnement Wallonie, et bien sûr, la campagne Tam Tam, elle même une émanation de Tout Autre Chose, qui regroupe principalement des signataires… de la déclaration non-gouvernementale. Bref, c’est surtout toudi la même sauce ! 

Tout est dans tout, mais on ne sait pas comment
Si l’on compare les signataires de cette « coordination » aux organisations qui ont, en 2016, milité contre le CETA, on retrouve la CSC, la FGTB, Alexis Deswaef, Arnaud Zacharie et le CNCD, Tout Autre Chose (via Tam Tam), les mutualités chrétiennes, Greenpeace, Solidaris (via l’union des mutualités socialistes), le Mouvement Ouvrier Chrétien, Inter-environnement Wallonie, et encore, via le CNCD, le Conseil de la Jeunesse Catholique, le Ciré, Entraide et Fraternité, la Ligue des Familles, la PAC, Solidarité Socialiste, et quelques moins connus.

Cette « coordination » prétendument civile qui pourrait donc, selon Nollet, fournir quelques ministres, ignore tout de la transparence tant promue par Ecolo : elle est au contraire d’une opacité et d’une imbrication structurelle affolante. Ainsi, une dizaine de membres de CNCD 11-11-11 sont aussi « membres » de StopTTIP, dont le CNCD est lui-même… membre ! Autre cocasserie : si le CNCD ne fait pas partie de Tout Autre Chose, son secrétaire général fait bien partie des 111 premiers signataires. Tout comme plusieurs… journalistes et chroniqueurs aujourd’hui prompts à défendre… ben le PTB, tiens !

Une « société civile » politique et subsidiée.

Et si, comme pour Tout Autre Chose, aucun parti ne fait officiellement partie de StopTTIP, le PS est notamment présent, via sa participation dans de nombreuses associations et syndicats. Sans parler, bien sûr, du fait que tout ce beau monde est subsidié par la fédé, elle-même gouvernée par… ben tiens : les partis qu’on retrouve derrière plusieurs de ces associations !

Cocasserie : si ce putsch devait marcher, le PTB, entre son noyautage de la FGTB et son influence dans Tout Autre Chose, serait finalement sorti par la porte du gouvernement wallon pour rentrer par toutes les fenêtres à la fois, mais sans qu’on ne puisse le distinguer ! 

Le tout, avec une saveur très antidémocratique. En effet, si le Parlement wallon donnait à un tel gouvernement les clés de la région, il serait pratiquement impossible de les lui retirer ensuite, dès lors qu’en Wallonie, une motion de défiance ne suffit pas pour renverser un gouvernement : il faut une autre coalition à la place. Et elle ne pourra se passer d’au moins un parti engagé dans ce gouvernement coquelicot. De plus, Le Soir relève qu’un tel gouvernement pourrait de toute manière produire des arrêtés qui permettraient de contourner le parlement. 

Société incivile
Ce à quoi nous sommes confrontés est donc une plateforme qui épaule le politique en lui donnant une saveur civile, qui elle-même bénéficie d’un appui politique. Confus ? Oui, et même confusionniste. Ceux qui se seront étonnés de la manie de la FGTB de sembler vouloir diriger les négociations gouvernementales comprendront enfin que ce n’est pas une arrogance isolée, c’est bien l’objectif de cette société civile de faire monter un maximum de voix en soutien à la gauche (ou plutôt, la gauche de la gauche), en-dehors de celles désignées par le suffrage universel. Ou plutôt, en surplus de celles-ci, dans une vaste opération d’encerclement du citoyen et des médias.

Car le problème, c’est évidemment qu’aucun des noms ou des organismes précédemment nommés n’ont été élus par la population wallonne (ou francophone), et que les membres de ces organisations (par exemple de la Ligue des Familles ou Greenpeace) ne savent généralement pas que leur cotisation finance aussi une colossale opération de désinformation au service de plusieurs antennes politique qui, plutôt que de « vendre » leur programme à un électeur et de le laisser décider ensuite, impriment celui-ci comme une obligation morale que tout citoyen — surtout de gauche — est tenu de faire sienne, faute de quoi, il devient un social traître ou, au choix, un néolibéral, un ultralibéral, un égoïste, un inhumain, un facho, ou même, un sbire d’extrême droite (merci, j’ai déjà donné).

Une vaste opération d’encerclement de la population et des médias

Le plus triste, c’est que d’innombrables bonnes volontés (14.500 en tout) ont signé l’appel de Tout Autre Chose, sans se douter que derrière, il y avait de grosses manœuvres politiques et politiciennes au service d’idéologies radicales, par des gens qui n’hésitent pas à intimider. Je me demande combien réalisent dans quelle opération de noyautage de la société, mais aussi — et c’est bien le pire — de la démocratie ils se sont laissés entraîner !

Parce que si vous pensez qu’on est dans un avatar un peu hasardeux d’une belle aventure généreuse, vous avez tout faux. On baigne au contraire dans une manœuvre classique qui chantonne à l’oreille de tout marxiste-léniniste qui se respecte : il s’agit de court-circuiter le suffrage universal en poussant « la vraie » démocratie citoyenne au pouvoir. 

Lénine méprisait les élections au sens où nous les connaissons (une sale habitude de petits-bourgeois…), parce qu’elle étaient contre-révolutionnaires. Et ici, comme à l’époque, c’est une intelligentsia de bourgeois diplômés (ce que sont pratiquement tous les signataires politiques et syndicaux de l’appel) qui prétendent rendre le pouvoir au peuple, tout en le lui confisquant gaiement. Lénine voulait imposer « la démocratie révolutionnaire guidée par le prolétariat révolutionnaire ». Nollet et la gauche radicale veut imposer « la société civile ». Je vous laisse réfléchir là-dessus.

Tous aux médias
Quant aux journalistes qui ont signé l’appel, ils sont certes peu nombreux (même s’il y a des gros noms dans la liste). Mais il reste difficile de savoir si le monde journalistique lui-même — qui n’a jamais vraiment contesté cette forfanterie de « société civile » —, s’est laissé partiellement noyauter, ou s’il a été trop confiant envers certains partis et organisations réputé-e-s si sympathiques et si transparent-e-s, pour inviter à tour de bras les diverses têtes de cet hydre insaisissable à s’exprimer face caméra, sans jamais trop les attaquer. Dame ! ils représentent la générosité, les droits humains, l’équité, la pauvreté, l’aide et l’entraide. Et à ce titre, ils peuvent tranquillement diffuser les mensonges les plus grossiers et les plus partisans, sans réaction. Cette étrange confiance a pu expliquer, par exemple, l’absence de critique envers la résistance francophone au CETA.

Presque tous les médias étant tombés (ou s’étant laissés tomber) dans ce panneau, les citoyens ont été progressivement invités à digérer qu’ils étaient bien représentés par cette société parallèle, si généreuse et indépendante, dont on tait encore aujourd’hui les liens politiques. Une enquête approfondie sur ce mégaréseau serait le minimum de service à l’intérêt public à l’heure où cette société civile est présentée comme « ministrable » ! À moins qu’on trouve « normal » de laisser une centaine d’intellectuels jouer avec le quatrième pouvoir ?

75.000 personnes dans la rue ne représentent que 12 % d’électeurs

La « coordination » vous répondra qu’elle est bien représentative de la population. Voyons ça… Au plus fort de sa mobilisation, cette société dite civile a pu faire descendre 150.000 personnes dans la rue. Et plus récemment, 75.000 pour le climat, qu’Ecolo a rapidement tiré dans sa couverture : militer pour le climat, c’est forcément militer pour Ecolo, ma bonne dame ! 

Mais les élections ont montré que cette ferveur apparemment massive ne se traduisait pas par une clameur écologiste au moment du suffrage. Ce 26 mai, Ecolo et Groen obtenaient ensemble 830.000 voix (12 %) à la chambre. Ce qui permet de conclure qu’un manifestant dans la rue vaut dix électeurs, point barre. Ou encore, que la 88% de la population n’était pas représentée par la « société civile » brandie par les verts à ce moment-là.

Le Putsch à la consommation, avec préméditation
Alors, aujourd’hui, Jean-Marc Nollet, coprésident wallon de l’un des partis qui s’est très régulièrement arc-bouté sur cette prétendue société civile, brandit l’idée merveilleusement démocratique d’un gouvernement « ouvert ». Aux libéraux ? Nenni. Aux citoyens ? Mais où avez-vous la tête ? Aux milliers d’associations du pays ? Meuhnon ! À l’entreprise ? Surtout pas !

L’ouverture ne concerne que ces associations noyautées sinon imaginées par le monde politique de gauche radicale au sens large. Le tout, dans un gouvernement minoritaire. Ou comment créer artificiellement une démocratie parallèle, au mépris de la volonté de l’électeur.

Maintenant, si vous pensiez qu’il s’agissait d’une initiative personnelle d’un Jean-Marc Nollet un peu égaré, détrompez-vous. 

D’abord, l’idée de faire appel à la société civile rejoint opportunément un programme soigneusement conçu « depuis des mois » par lacoordination.org, qui s’est immédiatement reconnue dans l’appel de Nollet, qui a déjà son site internet, et a bien sûr répondu présent, sous des conditions que les verts devraient trouver acceptables, s’ils ne les ont pas déjà adoubés. 

Six jours avant le coquelicot, la société civile de gauche radicale lui écrivait son programme

Or, le programme de la Coordination a été publié le 11 juin, soit six jours avant l’appel du coqueliquot. Et Nollet a assuré qu’il avait pris des contacts avant de proposer sa solution si démocratique. Hasard ou aboutissement d’une manipulation soigneusement préparée depuis des mois pour, comme Lénine, contourner le suffrage universel ? 

Je penche pour la préméditation. Dans un billet publié sur le site d’Ecolo, Nollet n’en fait d’ailleurs pas mystère : « J’ai pris pas mal de contacts ces derniers jours dans le très riche vivier associatif wallon et j’en prendrai encore dans les jours qui viennent, y compris auprès d’acteurs plus institués. […] Comme beaucoup de ces acteurs, nous avons difficile à nous résoudre à considérer que PS et MR soient devenus incontournables, niant à ce point les signaux envoyés par les électeurs ». Et le texte rejoint point par point celui de la « coordination », parlant de changement de cap (au PTB, on parle de rupture), d’un électeur qui aurait appelé à plus d’écologie et plus de solidarité, et d’un désenchantement par rapport à la politique (!) et aux partis traditionnels (depuis quand Ecolo ne serait-il plus un « parti traditionnel » ? Depuis qu’il est devenu un parti de gauche radicale ?)

Bref, une flopée d’arguments incitant à « réconcilier citoyens, société civile et politique. » Puis vient tout un paragraphe qui répond merveilleusement à l’appel de la société-civile-de-gauche-radicale-noyautée-par-les-partis-idoines) : « Nous avons besoin d’un nouveau contrat, qui soit écologique, social et démocratique. Ce nouveau contrat doit être construit avec la société civile. […] Nous proposons dès lors d’ouvrir la majorité et le Gouvernement à la société civile [de-gauche-radicale-noyautée-par-les-partis-idoines] et de construire avec elle ce nouveau contrat écologique, social et démocratique dont la Wallonie a besoin. » Remplacez à nouveau « société civile » par « la démocratie révolutionnaire guidée par le prolétariat révolutionnaire » et vous êtes chez Lénine !

En diffusant le message, commun aujourd’hui à toute la gauche radicale, de Mélenchon à Nollet, que la démocratie parlementaire n’est plus opérationnelle, et en proposant des solutions parallèles, mais non-démocratiques, comme la Constituante, le tirage au sort ou, ici, la prétendue société civile, on assiste à une volonté de court-circuiter le suffrage universel, qui a le gros défaut de ne pas exclure la droite. 

La première fois qu’Ecolo tente de mettre l’idée de participation en pratique, c’est en s’appuyant sur les associations les plus à gauche

Lisez Nollet : « Nous devons travailler autrement (sic), et en finir avec l’idée d’un Parlement presse bouton (sic). Il faut sortir des clivages majorité-opposition [mais que fait-il donc en excluant le MR ?]. […] Mais nous voulons aller encore plus loin, en intégrant la participation citoyenne à travers des panels citoyens [non élus], des commissions mixtes (moitié de parlementaires, moitié de citoyens [non élus]), des consultations populaires régionales [dirigées par nos soins] et même des décrets rédigés et déposés par les citoyens [non-élus] eux-mêmes qui viendraient les défendre au Parlement de Wallonie [avec le soutien, ou pas, de la société-civile-de-gauche-radicale-noyautée-par-les-partis-idoines]. » Les ajouts entre crochets sont de mézigue, mais venez donc me garantir le contraire !

Ce qui est angoissant ici, c’est qu’au moment où, pour la première fois, Ecolo tente de mettre une idée de participation en pratique, c’est en s’appuyant, justement, non pas sur les citoyens, mais bien sur une prétendue représentation de ceux-ci, ultrapolitisée. Je résume : end of democracy. 

Et à ceux qui ont cru que l’appel du pied concernait uniquement le CDH, je suggère de relire la phrase suivante : « Le CDH pourrait être un acteur central de cette autre manière d’envisager le fonctionnement démocratique (sic) en Wallonie. Mais la proposition s’adresse en fait à chaque député individuellement, et collectivement : aux communistes, à Défi (car la logique pourrait être la même en Fédération Wallonie-Bruxelles) et à certains libéraux s’ils sont intéressés ». Il va de soi que les liberaux ne seront évidemment pas intéressés de remplacer leur participation officielle au gouvernement par un soutien à un programme de gauche radicale via, une prétendue société civile déjà noyautée par Ecolo et le CDH ! Trotsky, sors de ce corps !

Tout Ecolo est coquelicot
Hier matin, sur les réseaux, c’est tout Ecolo qui se réjouissait de cette incroyable innovation démocratique ! Soutenant ainsi comme un seul être une opération qui sonne au contraire le glas de cette démocratie, et quadruplement : 

— d’abord, parce que l’électeur s’est déjà exprimé et que donc, la manœuvre florale vise à contourner le résultat des élections et à donner une apparence de majorité à une… minorité. En russe, majorité se dit Bolchevik.

— ensuite, parce que le terme de « société civile » est un leurre visant à dissimuler un doublon hyperactif de la société politique. Il serait grand temps que les journalistes le remplacent par « la prétendue société civile » ou « la société civile autoproclamée » ou « le monde associatif de gauche radicale ».

— tertio, parce qu’il n’est pas question d’impliquer le citoyen lambda dans ce gouvernement de bourgeois (j’insiste, hein : ça les fait bien ch… qu’on leur rappelle ce qu’ils sont vraiment) universitaires (j’insiste de même) et médiatisés.

— quarto, parce que tout cela est bien plus opaque, manœuvrier et fourbe qu’il n’y paraît : l’appel de Nollet et la réponse immédiate d’une société pseudo-civile curieusement très bien préparée, avec le même projet exprimé, ressemblent à rien de moins qu’un putsch de la gauche radicale contre le droit démocratique de la population !

Ecolo : fini les bisounours. Voici un parti autoritaire, froid, calculateur et exclusif.

Et ça, de la part du parti qui promettait autrefois de faire de la politique autrement, et qui avait le mérite d’être le seul à le faire, c’est ahurissant. Juste ahurissant. Je rappelle aussi qu’il y a quelques semaines, Zakia Khattabi exigeait pour Ecolo la présidence du Conseil des Femmes, contre l’avis majoritaire de l’assemblée qu’elle refusait de reconnaître. La même mentalité autoritaire. La même certitude d’être la seule solution !

Quant à dissimuler de telles manœuvres sous le vocable floral du coquelicot, ça me donne l’impression qu’Ecolo cherche encore à passer pour des bisounours. Alors qu’au fond, le parti est en train de devenir tout le contraire : froid, calculateur, autoritaire, exclusif et politiquement très, très gourmand !

Et là, je rappelle que la moitié des régimes liberticides dans le monde ne venaient pas de droite, mais bien de gauche. Que la plupart des régimes liberticides ont avancé cachés avant de se révéler. Et j’espère que cette fois, les écolos à l’ancienne, qui observent en silence, se réveilleront et interpelleront enfin une direction devenue foldingue. Et que des journalistes et chroniqueurs pousseront enfin une gueulante contre ces manœuvres infernales qui confisquent la démocratie, le suffrage universel, et au final, la liberté d’opinion. 

Parce que si tout le monde doute à juste titre que Nollet réussira sa manœuvre, il a bel et bien fait avancer l’idée que ce gloubiboulga d’organisations devenu incontournable a une légitimité démocratique. Et que le quatrième pouvoir ne réagisse pas (enfin) serait insoutenable.

Mais bien sûr, je peux ne pas me tromper.

 


 

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©Marcel Sel 2019. Distribution libre à la condition expresse de citer l’auteur (Marcel Sel) et d’établir un lien avec cette page. 

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24 Comments

  1. antoine
    juin 18, 11:09 Reply
    Les ministres ne sont pas élus. Puisque l'on sait maintenant grâce au MR (et un peu au CdH) que la majorité n'est pas nécessaire à l'équipe gouvernementale (!), il ne parait pas nécessaire non plus qu'ils soient issus des partis. Et puis si l'engagement actif est surtout un truc de gauche, il existe aussi des assoc de droite, de la FeB à Schild en Vrienden. Relever que des liens idéologiques existent revient donc à enfoncer des portes ouvertes (vous faites ça très bien, avec le ton catastrophé qui sied), et je ne pense pas que qui ce soit cherche à le masquer. En fait un peu de variété ne ferait pas de mal, donc personnellement, je trouve que c'est une bonne idée. Faut dire que je suis un sale gauchiste, anticapitaliste conscient de mes privilèges de surcroit...
  2. Robert
    juin 18, 11:47 Reply
    Bizarre, autant de mots et de lignes pour se plaindre à la manière conspirationniste d'un tournant à gauche voulu par les électeurs...
  3. mélanippe
    juin 18, 13:00 Reply
    https://fr.wikipedia.org/wiki/In_Flanders_Fields
  4. khundidou
    juin 18, 13:43 Reply
    J'ai eu une réaction similaire, bien que moins développée que ce billet, en prenant connaissance de la proposition d'Ecolo. Le signal envoyé par les électeurs wallons montre surtout qu'un nombre non-négligeable d'entre-eux continue à accorder leur confiance au PS et au MR. S'il en était autrement, Ecolo ou le PTB, ou les deux ensembles, aurait aujourd'hui une majorité des voix, ce qui n'est pas le cas. C'est l'équilibre politique issu de ces élections qu'il faut au final respecter et non les progressions ou régressions de certains partis, aussi importantes soient-elles, et elles ne le sont pas nécessairement (les progressions). A titre personnel, je ne suis cependant pas contre le fait de voir nommer des ministres qui ne soient pas issus du monde politique, bien que cela se termine mal en général. Mais j'ai comme l'impression, dans le cas de figure qui nous occupe, qu'il ne s'agirait pas d'aller chercher des gens compétents à droite de l'échiquier politique. Sinon, je ne vois pas trop la raison pour laquelle Ecolo refuse de s'associer avec le MR au Gouvernement wallon. Pour compléter, je lisais ce matin dans Le Soir, J-M Nollet expliquant que sa proposition allait rendre sa liberté au Parlement wallon et permettre d'en finir avec le côté presse-bouton. J'avoue ne pas être convaincu. Je vois mal les parlementaires de la minorité gouvernementale voter en bloc contre les projets des ministres portant les mêmes couleurs politiques que les leurs. Quant à l'opposition (majoritaire), elle ferait sans doute ce que font la plupart des oppositions du monde : s'opposer !
  5. Keyzer
    juin 18, 16:00 Reply
    Vous critiquez la « société civile » en disant qu’elle n’est pas démocratique et n’est pas représentative de la population. Et que ce serait les partis de gauche qui les auraient créées financées et soutenues. Je répondrais : pourquoi ce ne serait pas l’inverse. Si la gauche (PS, ecolo, PTB) a gagné les élections ce n’est pas parce que le peuple pense comme eux et ont voté pour eux ? Ne serait-ce pas la base (et donc l’électeur) qui pousse les société civile d’avoir une vision de gauche ? Oui 75000 personnes dans la rue représente 12% d’électeur. Ce qui contrairement à ce que vous dites, est énorme et représentatif. Nombreux sont ceux qui pensaient comme les manifestants mais n’ont pas été manifester (pour raisons privées, professionnelles, pas manque d’information, …). Tout le monde n’est pas syndiqué et tout le monde ne peut se permettre de passer la journée à la capitale pour manifester. Mais cela ne les empêches pas de soutenir les manifestant et de voter en conséquence. A titre de comparaison, la marche blanche n’a rassemblé que 3% de la population belge. Pourtant la volonté de changement était bien supérieure à ces 3% ! Vous reprocher ensuite à Ecolo de proposer des postes de ministres à la « société civile » de gauche et pas à celle qui représente vraiment la population. Mais n’est-ce pas le but d’un gouvernement que de donner des postes de ministres à ceux pensant comme eux ? Et cela pour éviter problèmes et mésentente ? Alors oui, cette société civile à laquelle Nollet fait allusion soutient le PS et Ecolo mais cela ne me choque pas. Et aucun ministre en Belgique n’est élu directement par suffrage universel, mais bien choisi et nommé par le gouvernement. Mais cette idée de société civile apporte néanmoins plus de démocratie car cela permet d’apporter de nouvelles têtes et des idées neuves avec des gens non déconnectés du monde réel et connaissant les problèmes rencontrés par notre société. Donc dire que la proposition d’Ecolo ressemble à un putsch Léniniste est absurde ! Le but de ce gouvernement minoritaire n’est donc clairement pas de créer une dictature, mais bien de faire avancer les choses en prenant des décisions avec le parlement qui est représentatif. Le seul problème démocratique se trouve probablement aux arrêtés royaux qui peuvent se passer du parlement. Mais je ne pense pas que ce soit le but d’Ecolo et du PS que d’en profiter de manière abusive. Avant de dire : « la moitié des régimes liberticides dans le monde ne venaient pas de droite, mais bien de gauche » Il faudrait d’abord définir ce qu’est la gauche et la droite. Est-ce que la Chine est de gauche ? Est-ce que Hitler était de droite ? Quand on prône le nationalisme on est de gauche ou de droite ? Et la croissance de certaine société privée favorisées par le capitalisme les rendant aussi puissante que des états (GAFA) n’est–il pas aussi un danger pour la liberté ?
    • marcel
      juin 18, 17:33 Reply
      <blockquote>Vous critiquez la « société civile » en disant qu’elle n’est pas démocratique et n’est pas représentative de la population.</blockquote> Non, je critique cette prétendue société civile autoproclamée qui ne représente pas DU TOUT la population politiquement. La seule chose qui représente la population politiquement est le parlement. <blockquote>Et que ce serait les partis de gauche qui les auraient créées financées et soutenues.</blockquote> Oui, parce que ce faisant, les partis impliqués, au lieu d'agir normalement en fonction de leur score électoral, prétendent le gonfler en abusant de ce qu'ils ont eux-même créé et soutenu. Ça s'appelle de la manipulation de masse. <blockquote>Je répondrais : pourquoi ce ne serait pas l’inverse. Si la gauche (PS, ecolo, PTB) a gagné les élections ce n’est pas parce que le peuple pense comme eux et ont voté pour eux ?</blockquote> D'abord, la coordination, tam-tam, etc. n'est déjà pas représentative de la gauche. Leur programme est de gauche radicale. Ils ne représentent donc pas la gauche élue, mais seulement une partie de celle-ci, je dirais principalement le PTB et Ecolo, soit moins de 25% de la population. <blockquote>Ne serait-ce pas la base (et donc l’électeur) qui pousse les société civile d’avoir une vision de gauche ?</blockquote> Non, pas du tout, sinon, ils auraient donné une majorité aux deux seuls partis en phase avec ce programme, soit Ecolo (et encore, une partie d'Ecolo) et le PTB. Et ce n'est pas ce qui s'est passé. Vous noterez que, contrairement au PS, ces deux-partis-là trouvent tous les prétextes possibles pour ne pas gouverner avec plus à droite qu'eux. <blockquote>Oui 75000 personnes dans la rue représente 12% d’électeur. Ce qui contrairement à ce que vous dites, est énorme et représentatif.</blockquote> C'est représentatif de 12% d'électeurs. Soit très loin d'une majorité. <blockquote>A titre de comparaison, la marche blanche n’a rassemblé que 3% de la population belge. Pourtant la volonté de changement était bien supérieure à ces 3% !</blockquote> C'était un cas tout à fait exceptionnel, basé sur l'émotion, et pas sur un programme politique (sinon la modification du système judiciaire et la manifestation de la vérité dans une affaire donnée) <blockquote>Vous reprocher ensuite à Ecolo de proposer des postes de ministres à la « société civile » de gauche et pas à celle qui représente vraiment la population.</blockquote> Non, je reproche à Ecolo de s'appuyer sur une fausse société civile pour tromper l'électeur. Et celle-ci, comme je l'ai dit, ne représente que ses leaders. Ce n'est pas parce que je suis dans une mutualité socialiste, par exemple, ou à la CSC, que je suis d'accord avec le programme qu'on prétend avoir écrit en mon nom. C'est de la manipulation. <blockquote>Mais n’est-ce pas le but d’un gouvernement que de donner des postes de ministres à ceux pensant comme eux ?</blockquote> C'est le but d'un gouvernement d'être transparent sur ses tendances et ses intentions. D'abord. Ensuite, le seul but de la manœuvre est d'éviter un gouvernement MR-PS, qui serait majoritaire et représentatif de la population et n'a rien à cacher, ni son programme, ni ses origines, ni de basses manœuvres avec la complicité (passive au moins) des médias. <blockquote>Mais cette idée de société civile apporte néanmoins plus de démocratie car cela permet d’apporter de nouvelles têtes et des idées neuves avec des gens non déconnectés du monde réel et connaissant les problèmes rencontrés par notre société.</blockquote> S'il s'agit d'intégrer un Nicolas Hulot belge dans le gouvernement, c'est sans problème pour moi. On sait qui il est, on sait ce qu'il représente, etc. Mais la société civile à laquelle Nollet fait référence n'en est pas une, c'est en fait une société politico-syndicale, et elle est au contraire confuse. <blockquote>Donc dire que la proposition d’Ecolo ressemble à un putsch Léniniste est absurde !</blockquote> Donc, non :-) <blockquote>Le but de ce gouvernement minoritaire n’est donc clairement pas de créer une dictature, mais bien de faire avancer les choses en prenant des décisions avec le parlement qui est représentatif.</blockquote> Alors, je ne parle pas de dictature, mais le PTB veut bel et bien en établir une, c'est le cas de tous les partis révolutionnaires. Et jouer avec les émanations de ce parti est pour le moins imprudent tant qu'il n'a pas viré sa cuti (par exemple, en respectant la démocratie parlementaire, ce qu'il refuse à l'heure qu'il est). <blockquote>Le seul problème démocratique se trouve probablement aux arrêtés royaux qui peuvent se passer du parlement. Mais je ne pense pas que ce soit le but d’Ecolo et du PS que d’en profiter de manière abusive.</blockquote> La seule façon de s'en assurer est de ne pas laisser passer de système volontairement obsurs, confus et fortement teintés démocratie, conçus par la gauche radicale. Surtout à l'heure où, par exemple, la fédération Wallonie-Bruxelles est en train de s'endetter. <blockquote>Avant de dire : « la moitié des régimes liberticides dans le monde ne venaient pas de droite, mais bien de gauche » Il faudrait d’abord définir ce qu’est la gauche et la droite. Est-ce que la Chine est de gauche ? Est-ce que Hitler était de droite ? </blockquote> Le communisme est de gauche dans l'esprit des gens, tout comme le nazisme est de droite. On peut discuter de la légitimité de ces choix, mais enfin, je rappelle que le PTB fait chaque année la fête avec les régimes chinois, vietnamiens, cubains, etc. <blockquote>Et la croissance de certaine société privée favorisées par le capitalisme les rendant aussi puissante que des états (GAFA) n’est–il pas aussi un danger pour la liberté ?</blockquote> Oui, les GAFA sont aussi un danger potentiel pour les libertés. Mais c'est un autre sujet. D'ailleurs, nos États, toutes tendance confondues, s'intéressent à la question et même l'Europe (de centre-gauche, on va dire) a légiféré sur le sujet, et légifèrera encore.
  6. ut'z
    juin 18, 21:44 Reply
    "[avec le soutien, ou pas, de la société-civile-de-gauche-radicale-noyautée-par-les-partis-idoines]" c'est beau comme du Marcel "l’appel d['Illich] Nollet [l'égolo eu-ouliânov du scoutisme consanguin de gauche] et la réponse [mal à droite] immédiate d’une société pseudo-civile curieusement très bien préparée,"... "Trotsky, sors de ce corps !" (sic) à la hach sans abuser de la fumette "De plus, Le Soir relève qu’un tel gouvernement [cuba ultra-libre] pourrait de toute manière produire des arrêtés qui permettraient de contourner le parlement." allez Marcel et le le soir il explique aussi qui a voté le décret des arrêtés produits ? Marcel fidel à l'mr castatriste et si désirante à écouter le Parlement.
  7. bonjour j'ai été lire le texte de M Seel et pour le coup, ce qui n'est pas tjs le cas pour ce qui le concerne, je le trouve un peu caricatural, réducteur et parfois simpliste. Que l'on nomme ce secteur 'non marchand' , champs associatif, socio-culturel, ou société civile n'est pas l'objet. Mais le réduire à quelques personnalités prétendument inféodées aux partis écolo, ptb voire ps est extrêmement simpliste et par moment presque injurieux pour les centaines d’associations qui agissent sur le terrain. C’est d’autant plus réducteur que l’auteur méconnaît les grandes difficultés des relations complexes, tendues et souvent conflictuelles qui existent en les décideurs politiques, pouvoirs subsidiant et les responsables de ces associations qui se revendiquent de la « « société civile ». En effet, lorsque M.Seel invoque le fait que la société civile est en tout ou partie subsidiée, sous-entend-il une forme de docilité ? une forme de complicité ? entre « société civile » forcément de gauche et des partis de gauche ? sait il à quel point les discussion et le positions entre les responsables d’association et les décideurs politiques sont âpres, dures et font courir des risques aux associations qui bien souvent pour faire valoir leur point de vue mettent en balance leur subventionnement ? Croit-iil que nous sommes des « béni oui oui » tous de gauche et acquis sans discernement aux diktats des partis ecolo , ps et ptb… Son article mériterait d’être bien plus nuancé, bien plus en phase avec la réalité du secteur non-marchand… Oui nous serions beaucoup à désirer prendre un part dans la construction et les prises de décisions politiques , nous le revendiquons à plusieurs titres mais nous réduire à des afficionados n’est pas crédible, est excessif et donc insignifiant Car oui beaucoup d’entre nous sont politisés mais sens politique du terme : qui inspire l’envie de rétablir des formes équitables de justice sociale et de réductions des inégalités.. pour autant tout le secteur non marchand ou la société civile ne prétend pas « être de gauche » et bien des matières sont traitées par des mandataires dont les politiques sont injustes, inéquitables qu’ils soient de gauche ou de de droite et c’est notre boulot de les conseiller, les soutenir parfois, les combattre aussi.. .notre prisme de réflexion est plus complexe qu’un simple clignotant gauche/droite avec pour phare les montants des subsides.
    • marcel
      juin 20, 11:23 Reply
      C'est une remarque tout à fait pertinente. Mais je ne dis certes pas que les subsides sont « faciles » à obtenir (surtout en ce moment), mais que certaines relations particulières facilitent les choses pour certaines associations. Je vois ainsi dans les listes des subsides des associations très subsidiées qui n'offrent à mon avis aucun apport autre à la société qu'idéologique, et pratiquement toujours très, très à gauche. Ça pose tout de même question. Je ne critique pas non plus le travail de fond des associations. Mais quand, par exemple, la CSC défend un programme à cinq crans à gauche par-rapport au parti de référence (qui n'est évidemment pas non plus une référence absolue), en affirmant, comme on me l'a fait hier, que ce programme (celui, donc, de Lacoordination.org) est « représentatif des membres de la CSC » sans qu'aucun sondage n'ait été fait, je me dis qu'il y a probablement un gouffre entre les opinions politiques ainsi affichées par la direction du syndicat et celles de la plupart de ses membres. Par exemple, est-ce que les membres/adhérants de la CSC sont majoritairement favorables, par exemple, aux 32 h payées 38 ? De plus, et ça demande tout de même réflexion, les signataires du « programme gouvernemental » de la coordination agissent à titre individuel, assurant gérer avec leur organisation respective. Autrement dit, ce ne sont même pas les associations citées qui ont signé, mais bien un de leur représentant, généralement tout en haut de la hiérarchie. Mais dans la presse, ces quarante personnes deviennent néanmoins « la société civile ». Voilà, en gros. Et je vous concède que le mot « putsch » est excessif. L'idée est d'attirer l'attention sur un point qui me paraît de plus en plus fondamental dans une danse infernale entre certains dirigeants d'organisations et les médias, pour implanter leurs idées jusque dans le paysage politique, qu'ils devraient critiquer, opposer, subjuguer, mais certainement pas s'approprier. Et là, il ne s'agit plus d'être « politisés » mais bien de faire de la politique, dans tous les sens du terme. Ce qui revient à recréer artificiellement une structure de type soviétique et à l'imposer via une pseudo-société civile. C'est le sens de mon billet, et ça n'a rien d'excessif.
  8. Pierre
    juin 20, 13:19 Reply
    Sachant que le coquelicot est la fleur du pavot...
  9. ut'z
    juin 20, 22:34 Reply
    coquelicot , c'est du nollet vu le peu de vert et l'éphémère du rouge
  10. Merci pour votre réponse qui nuance certains propos. A mon tour je vous concède que je suis excédé après presque 3 décennies de direction d'associations de l'obéissance de certaines associations et de l'intrusion permanente des partis politiques dans les instances des asbl. Je me suis battu tout ma carrière pour éviter ces états de fait et c'est possible, ça a un prix évidemment (rires).
    • marcel
      juin 22, 09:22 Reply
      Se battre a un prix, en effet :-)
  11. John Enibob
    juin 22, 16:16 Reply
    Si les hommes pouvaient se rappeler que le principal danger pour "l’humanité" vient de ceux qui prétendent imposer leur volonté aux autres par la force … Il est temps de relire Hannah Arendt, "La tentation totalitaire" et de faire un parallèle avec la façon dont M Nollet et son idéologie, l'écologisme, est en train de berner des socialistes en mal de pouvoir qui entonnent la chansonnette à la gloire de la nature, de la planète et du climat, qu’il convient de sauver comme chacun le sait ... La peur de la fin du monde permettra de proposer à tous les crédules des fins de mois moins difficiles : c’est la transition écologique et solidaire qui enserrera les citoyens dans un filet réglementaire et fiscal aux mailles minuscules.
    • ut'z
      juin 26, 20:23 Reply
      nollet n'est rien, la cause écologiste n'a rien à voir l'égo de tel ou tel, les soucialistes sont de grandes personnes, la "gloire" de la nature, le "climat", la "fin du monde"... le monde n'est pas une majorité de crétin
  12. Ludovic NYS
    juin 24, 05:58 Reply
    Superbe analyse, comme toujours ... tout ceci est de fait très inquiétant, cher Marcel. La question de fond est ici bel et bien celle de la légitimité démocratique de ce que l'on est occupé à nous concocter.
  13. JC
    juin 25, 15:07 Reply
    Intéressant. Je connais des gens qui ont voté PTB et MR alors qu'ils ont participé aux manifestations climat et des gens qui ont voté Ecolo sans participer aux manifestations. Déduire quoi que ce soit des relations entre partis, résultats électoraux et manifestations est un exercice périlleux.
    • marcel
      juin 28, 10:50 Reply
      Je ne déduis rien de la participation aux manifs, je déduis de l'organisation de celles-ci. Par ailleurs, comme vous le dites, ce n'est pas parce qu'on manifeste pour le climat qu'on vota Ecolo. Je ne dis pas autre chose.
  14. Salade
    juillet 10, 14:36 Reply
    https://www.senscritique.com/bd/Le_Retour_du_Chat_Le_Chat_tome_2/151661 Un coquelicot élargi ça tente d'épater les souris MR Quelle connerie ce bac à sable électoral Ca mène à du babillage: https://jardinage.ooreka.fr/plante/voir/1113/babiana
  15. Salade
    juillet 11, 22:37 Reply
    Boaf! https://www.lesoir.be/236090/article/2019-07-11/coalition-wallonne-la-grosse-imposture-de-ces-elections-cest-le-ptb-estime-paul Magnette Le mec qui a monté en mayonnaise le CETA!!!! Nous fait la leçon! Et qui ne nous dit plus rien sur l'accord de libre échange sud-américain (bien tu par l'Europe et qui n'a pas de nom : chuuut!) Le côté sanitaire était pourtant bien plus clean au Canada. Le côté humaniste aussi, vu le type à la tête du Brésil (qui, au fait, a rendu possible cet accord qui aide les gros propriétaires terriens brésiliens qui défrichent l'Amazonie!) On n'a pas non plus vu écolo parler de ça!
  16. Salade
    juillet 12, 22:58 Reply
    Et pendant ce temps Didier et Johan ne trouvent pas de solution: https://lesvieillesdumuppetdotcom.files.wordpress.com/2014/12/muppet-show.jpg
  17. Salade
    juillet 17, 20:07 Reply
    https://www.lesoir.be/237060/article/2019-07-17/bruxelles-le-futur-gouvernement-veut-une-region-neutre-en-carbone-lhorizon-2050 Un gros mensonge! La Belgique était aussi neutre en 40...
  18. Salade
    juillet 29, 15:59 Reply
    https://www.lesoir.be/239152/article/2019-07-29/la-mission-des-informateurs-prolongee-un-gouvernement-avec-le-ps-et-la-n-va-est privilégié De toute façon les flamands sont maintenant habitués à un gouvernement où les francophones sont très minoritaires. Donc pas de précipitation: tout ceci est du vent. Constatez que groen et écolo ne sont plus ensemble! Et par ailleurs écolo bxl et écolo wallonie non plus!

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