Tract Ecolo : Zakia, Zoé, les frères musulmans et le féminisme voilé.

Un parti, c’est une promesse. Et celle d’Ecolo, c’était de « faire de la politique autrement ». Logiquement, bien des journalistes ont regardé les verts avec tendresse, au point d’être nombreux à adhérer à leur vision — en 2013, ils étaient 46%. 

Mais avec Zakia Khattabi, Ecolo est entré dans une autre dimension, décomplexée. Militer contre un Francken pour qui aucun Francophone ne peut voter, au point de l’habiller en nazi, Ecolo J l’a fait, Khattabi l’a assumé. Comparer l’action policière envers les migrants aux rafles de juifs, des activistes l’ont fait, Khattabi l’a propagé. Sous-entendre que Jan Jambon aurait donné l’ordre d’abattre Mawda, Benoit Hellings (Ecolo Bruxelles) l’a fait, seule une certaine Emmanuelle Praet l’a relevé. Se victimiser (c’est toudi Ecolo qu’on sprotche), hausser les épaules quand un candidat fait le signe des loups gris (l’extrême droite turque), soutenir au-delà du raisonnable un candidat putaclic ou encore faire des appels du pied réguliers aux Gilets jaunes, tout ça, Ecolo l’a fait. Et il n’y a pas eu de tollé.

Et puis, engourdie par des décennies de ronron sympathique, la presse a tout à coup découvert un aspect innovant d’Ecolo : sa campagne spéciale auprès des musulmans. Les lignes ont frémi. Pourtant, le ver était dans le fruit depuis longtemps.

LE SUPERBANCO DES FRÉRISTES
Communautarisme, donc. Mais pas n’importe lequel. Car les inséparables Zoé Genot et Ahmed Mohssin (qu’on retrouve pus loin) ne se sont pas adressés à une « communauté » — les immigrés de telle ou telle origine —. Ils ont fait doublement pire : ils ont identifié une communauté à une religion (de un), et conforté ses préceptes les plus patriarcaux (de deux), leur promettant le voile au guichet de l’administration, le voile dans les écoles, un jour de congé « religieux », le maintien des cours de religion dans le réseau officiel, et l’abattage sans étourdissement. C’est évidemment tentant pour le ou la musulman-e- pratiquant-e lambda. Mais c’est aussi le superbanco pour les islamistes et autres Frères musulmans. Est-ce par hasard ? En tout cas, il est temps de parler autrement d’Ecolo.

Il est temps de parler autrement d’Ecolo, aux portes du pouvoir.

Car aujourd’hui, pour avoir milité sur tous ces fronts — non sans récupérer habilement aussi les manifs des jeunes pour le climat —, Ecolo est aux portes du pouvoir à Bruxelles,  où Zakia Khattabi se voit déjà ministre-présidente (tout en se présentant au… fédéral !) Ce succès, le parti le doit, au moins en partie, au fait d’avoir cessé brutalement de « faire de la politique autrement », multipliant les attaques gratuites, se positionnant de façon très agressive sur les réseaux, qualifiant ses opposants de fascistes (GAIA n’a pas apprécié me dit l’oreillette) allant jusqu’à se lancer dans un communautarisme religieux décomplexé.

Ainsi, l’engagement de l’ex-PS Farida Tahar aurait-il dû réveiller certaines plumes. Militante du port du voile de longue date, elle a récemment quitté les socialistes pour Ecolo, parce que les premiers lui ont refusé une place au régional dès lors qu’elle refusait de poser sans son turban — une nouvelle version souvent militante et chatoyante (mais d’une modestie très relative) du voile islamique. Pendant sa campagne, Tahar a assuré que le PS devait « se remettre en question sur le port du voile ». J’entends : nous allons militer pour l’autoriser partout.

« La laïcité, une arme contre la communauté musulmane ? »

Cette stratégie qu’on pourrait qualifier d’antilaïque est assumée au sommet. Il y a deux ans, la coprésidente Zakia Khattabi n’a pas hésité à écarter d’un trait de plume la cheffe de groupe bruxelloise Marie Nagy pour avoir osé questionner la position de la nouvelle direction d’Ecolo sur la laïcité. Marie Nagy, « très violemment [attaquée par sa consœur Ecolo Zoubida Jellab qui l’accusait d’instrumentaliser] la laïcité comme une arme contre la communauté musulmane » (Télé Moustique) n’a pas été soutenue par Zakia. Fille d’une écologie politique ouverte au débat, Nagy a donc publié une carte blanche dans Le Soir. Zakia n’a pas supporté l’opinion divergente, elle a immédiatement démis la traîtresse, pourtant militante puis mandataire depuis 1982. Dans mon souvenir, peu de médias se sont offusqués de la brutalité de la méthode.

Pourtant, elle semble récurrente. Alors que Mahinur Özdemir n’a été virée du CDH qu’après une tentative de médiation, aussi symbolique fût-elle, l’échevin Ecolo Pascal Lefèvre a lui aussi été bazardé brutalement pour avoir demandé des éclaircissements du parlement bruxellois — via une citation en justice — sur le devoir (ou non) de déclarer ses revenus privés. Ecolo lui a donné publiquement 24h pour rentrer dans le rang, sous peine de remise immédiate de son mandat. Le parti est évidemment en droit d’exiger de ses membres d’adhérer plus strictement qu’avant à ses valeurs et à ses décisions, mais la méthode, ultimatum public, rejetant toute médiation et tout débat, dit beaucoup de la nouvelle façon de diriger chez Ecolo.

ZAKIA KHALEESI SUR LE TRÔNE DE FER BIO
Et c’est là que le bât blesse. Dans l’attitude de Khaleesi (celle d’avant la prise de King’s Landing) de la Daenerys Targaryen d’Ecolo. Une coprésidente qui reposte volontiers tout article laudateur, canarde toute critique, et refuse des paquets d’interviews. Car si Zoé Genot a pu rester après une « gaffe » communautaro-religieuse que Zakia a elle-même qualifiée d’inacceptable, ce n’est pas tant parce qu’elle est une militante historique (ça n’a pas sauvé Marie Nagy) que parce qu’elle partage beaucoup de combats avec la coprésidente, et depuis longtemps. Voyons ? Personne ne s’étonne qu’une méthode de racolage religieux aussi malsaine n’entraîne aucune sanction dans le parti le plus propre sur lui ? Même pas un « entretien sévère » ? Ne serait-ce pas le fait de la princesse ? En tout cas, ça y ressemble. Khaleesi aurait décrété qu’on ne touchait pas à Zoé, point !

Si ce tract est inacceptable au point que l’affirme la présidence d’Ecolo, pourquoi ne pas avoir, au minimum, convoqué Zoé ?

Réponse probable : parce que toucher à Zoé, c’est toucher à Zakia. Selon une source qui a requis l’anonymat, « Zoé a été un des meilleurs soutiens de l’équipe Khattabi/Dupriez. Elles sont très proches. » Tant Zakia que Zoé voulaient « une équipe très à gauche face aux co-présidents du style Javaux/Durant ». Un gauchisme communautariste qui tranche même avec les écologistes wallons, gênés aux entournures par cette évolution radicale. 

Car Ecolo Bruxelles se balade sur les marchés en défendant l’abattage sans étourdissement alors qu’en Wallonie, le même parti en a voté l’interdiction ! Bien sûr, la plupart des partis font de même. Mais chez Ecolo, la présidence genrée se double désormais d’une scission régionale : l’homme s’occupe de la Wallonie et laisse Bruxelles évoluer à sa guise (et peut-être avec résignation, Jean-Marc Nollet ?), la femme s’occupe de la Capitale à son gré. La consécration de ce biumvirat de combattants indépendants est même traduite dans une affiche « humoristique » où les deux président-e-s sont présentés en héro-ïne-s combattif-ve-s, un comble dans un parti où, justement, la starification de la coprésidence a toujours été tabou. 

Mais derrière tout cela se profile une réalité bien plus inquiétante. Alors que Zakia Khattabi n’a probablement rien d’une islamiste ou d’une fréresse musulmane, elle a régulièrement pris appui sur le CCIB, une organisation qui flirterait avec le frérisme, selon Le Vif.

ENTRER DANS L’ENTRISME
Flashback. En 2015, lors du premier gala du CCIB (Collectif Contre l’Islamophobie en Belgique), on pouvait voir Zakia Khattabi et quelques autres Ecolos parmi une poignée d’autres politiques (socialistes notamment). Les femmes politiques étaient assez facile à repérer : elles ne portaient pas le voile, contrairement à pratiquement toutes les autres !C’est à croire que lutter contre l’islamophobie rime avec militer pour le port du hijab… Une vision réductrice et particulièrement paternaliste de l’islam. Et une vision qui place la femme voilée en pointe de la résistance à la haine (ou de la critique) de l’islam, regroupée sous le concept parfois fourre-tout d’islamophobie. Bien sûr, les femmes voilées doivent être défendues contre les racistes qui les ciblent, les agressent ou les insultent, mais résumer la musulmane au voile revient à identifier l’une à l’autre, ce qui ravit évidemment les Frères musulmans, dont c’est le mode de combat depuis des lustres, entre prétendue militance antiraciste et victimisation. La musulmane non-voilée, elle, n’est pas concernée, apparemment, par cette lutte contre « l’islamophobie », puisqu’elle n’apparaît nulle part dans la com du CCIB. Étrange féminisme…

Sur les cinq membres du Conseil d’Administration du CCIB, quatre sont ou ont été sur les listes Ecolo

Le plus fou dans cette double fréquentation, c’est qu’on peut se demander qui noyaute qui. Le patron du CCIB est Mustapha Chairi, ex-candidat Ecolo à la ville de Bruxelles et à la Chambre (2012 et 2014). Le Conseil d’administration du CCIB comprend actuellement Farida Tahar, vice-présidente (l’écologiste voilée venue du PS dont je parle plus haut). Une autre femme administre aussi, Rachida Kaaois, du service diversité de la CSC. Il y a ensuite Saïd Zyou (qui fut candidat Ecolo en 2000). Et enfin, Hajib El Hajjaji, vice-président du CCIB, ex-cotisant présumé à une antenne liée aux frères musulmans qui aurait bousculé le petit monde écologiste à Verviers pour asseoir son pouvoir, avec le soutien des hautes-sphères d’Ecolo, selon Marie-Cécile Royen, dans Le Vif. Ça nous fait trois hommes, dont le président, tous liés de près ou de loin au parti, et deux femmes, dont une l’a rejoint récemment. On parle souvent de l’entrisme des Frères musulmans, mais avec de tels liens avec Ecolo, on se demande qui entre chez qui.

Ah, j’allais oublier : le CCIB s’est vanté d’être l’auteur d’un rapport sur l’islamophobie publié par un Think tank turc financé par… l’AKP. Il a servi dans la campagne électorale législative du sieur Erdogan pour accuser l’Occident d’islamophobie. Autre auteur : le CCIF, qui a produit une diatribe très violente contre la France. Jusqu’il y a deux ans, le CCIB retwittait régulièrement le CCIF et inversement.

QUAND ECOLO PAS CONTENT
Attention… relever les liens factuels entre Mustapha Chairi ou Hajib El Hajjaji et les oncles fréristes de ce dernier peut faire mal : dès la parution d’un premier article du Vif sur le noyautage de la Belgique par les Frères musulmans, la bagatelle de sept personnes et associations portaient plainte au CDJ contre la journaliste, dont Hajib El Hajjaji,  l’ABPM (Association belge des professionnels musulmans), le CCIB (Collectif contre l’islamophobie en Belgique), Empowering Belgian Muslims (EmBeM) et Vigilance musulmane, presque tous déjà soupçonnés d’être proches des Frères musulmans par certaines personnes ou certains aspects. L’avis du Conseil de Déontologie journalistique écorne quelques affirmations de l’article, mais n’a pas fait l’unanimité. Rappelons que, par nature, les Frères musulmans nieront toujours qu’ils le sont. 

Suite à un autre article de Marie-Cécile Royen dans Le Vif, sur le malaise chez Ecolo Verviers, Hajib El Hajjaji a de nouveau déposé plainte au CDJ contre l’autrice et demandé un droit de réponse. Il conteste notamment la source des informations sur son oncle : « C’est en 2008 qu’une ‘fondation’ américaine inconnue appelée NEFA, se révélant en fait être un lobby néoconservateur américain proche des milieux ultrasécuritaires et d’extrême droite, a publié un rapport en anglais sur les Frères musulmans en Belgique. » Or, si Nefa a bien connu une dérive par la suite, l’article qui liait l’oncle de Hajjaji (et lui-même) aux Frères musulmans était de Steven G. Merley, qui a quitté la fondation en 2010, et a notamment travaillé avec le Wall Street Journal et le Times sur le thème de la confrérie. Inviter « l’extrême droite » dans une réponse à un article qui repose sur des sources qui n’en sont pas pose évidemment question et ne rassure pas sur les intentions du répondant.

Toucher à Ecolo, c’est être un-e « journaliste d’amalgames » qui « nourrit les sentiments complotistes »

Ecolo a aussi répondu, en tirant à boulets rouges sur la messagère, accusant Marie-Cécile Royen de pratiquer « un journalisme d’amalgames », de nourrir « les sentiments complotistes », lui reprochant de ne pas avancer « le moindre élément objectif ». Ecolo, qui « se fait une autre idée du rôle du journalisme » déclarait envisager de porter plainte à son tour auprès du CDJ. Mais n’apportait pas le moindre fait pouvant infirmer les informations données par Royen. En gros : le parti n’a pas besoin de répondre, discréditer la journaliste à bon marché suffit. Une drôle d’idée du journalisme, en fait.

La grosse blague du voile féministe
Faisons un autre compte : le CCIB, association qui défend principalement le voile, donc les femmes, qu’il prend bien soin de mettre en avant, est dirigée par un homme. Jusqu’à l’année dernières, les femmes n’y représentaient qu’un tiers des administrateurs (deux sur cinq aujourd’hui), et une maigre vice-présidence.

Nous avons donc là une ASBL très écolo où l’on ne sert évidemment pas d’alcool pendant les galas (écolo mais pas alcoolo, hihi), où les femmes voilées sont la règle, et d’où l’on milite (avec subsides et soutien de M. Gosuin et d’Unia, notamment) pour la défense des femmes voilées, sans bien sûr jamais (se) poser la question de celles qui le portent par pression sociale ou obligation maritale ou familiale. C’est apparemment tabou aussi.

Car, comme les Frères musulmans, auxquels le CCLJ n’hésite pas à connecter Farida Tahar, non sans arguments, Ecolo Bruxelles en est arrivé à nier l’oppression que subissent un certain pourcentage de femmes voilées pour ne plus présenter le voile que comme une source injuste de discriminations, au prétexte, comme le dit Rokhaya Diallo, que des femmes meurent tout autant sous le coup de maris blancs dominants… Mais pourquoi  une telle comparaison ? Imagine-t-elle que la liberté des femmes se réduit à ne pas être assassinée par un conjoint barbare ? Les libertés de la femme musulmane seraient-elle réduite à si peu ? 

« Le voile en tant qu’outil de ‘liberté’ est devenu un prérequis qui ne souffre plus la critique chez ces Ecolos-là. »

Et donc, logiquement, pour parler de féminisme, Zakia Khattabi invite de temps en temps la très contestée Rokhaya Diallo. Elle l’avait déjà fait en 2016, au centre d’études d’Ecolo Etopia, avec Henri Goldman (trèèèès à gauche) et… oups… Hajib El-Hajjaji, dans une conférence « contre » les… identitaires. Elle a remis ça le 24 août 2018, à Liège, avec Nathalie Grandjean et Florence Hainaut, cette fois sur le thème du féminisme. Ou plutôt une vision assez islamocompatible du féminisme, puisque Rokhaya, musulmane non-voilée, a auparavant déclaré que le voile était compatible avec le féminisme, non sans le mettre au même niveau que… la minijupe !

Petite parenthèse. Même quand le voile n’est pas imposé par un parent, ou par la pression sociale (véhiculée parfois aussi par des femmes pour qui le porter revient à militer), il est chaudement recommandé par les tenants d’un islam version antique, et par eux uniquement. Et ça n’a rien de banal : ce voile islamique va de pair avec la soumission de la femme à l’homme. La version de l’islam qui le requiert ou l’encourage place donc de facto la femme en situation d’infériorité : elle seule est sensée faire preuve de « modestie », les hommes qui l’entourent se baladent au contraire tête-nue dans la plupart des cas. Il n’y a donc pas de voile féministe.

Les plus radicales vont se présenter à un entretien d’embauche avec une caméra cachée.

Que la femme soit libre de porter le voile islamique ou non ne fait pas débat. C’est notre droit fondamental à la liberté religieuse. Mais le lier au féminisme est absurde. Au mieux, celles qui le portent assument la discrimination inscrite dans le hijab et la coutume qui le prône, et c’est leur droit le plus strict. Au pire, elles en font un outil de prosélytisme qui a l’avantage précieux pour ses ordinateurs de permettre une forte victimisation. Les plus radicales vont se présenter à un entretien d’embauche avec une caméra cachée pour prouver que la femme voilée est discriminée, et le CCIB publiera ensuite avec force protestations. 

Et là, deux buts se confondent. L’un est légitime : cesser la discrimination des femmes qui ont décidé de porter un voile. L’autre est sournois et paternaliste : faire du voile un instrument de militance et de propagation d’un islam plus radical. Ce qui va de pair avec le combat des frères musulmans, qui est de voiler les femmes. Cerise sur le gateaux : de plus en plus de femmes se voilent elles-mêmes, au nom d’une identité retrouvée et d’une lutte contre la discrimination, qu’elles qualifient étrangement de « féminisme ». Mais en plus, elles sont soutenues activement par le parti qui, à Bruxelles, est sur le point de dominer les élections ! 

LA MINIJUPE MARCHE SUR LA TÊTE
Comparer le voile à la minijupe, comme l’a fait Rokhaya Diallo est donc une hérésie. Au contraire du voile, la minijupe était un défi lancé aux pudibonds religieux qui ont autrefois imposé aux femmes catholiques de cacher jusqu’à leurs chevilles, ce pour quoi elles se sont battues. La minijupe symbolisait la libération du corps de la femme et le rejet des règles imposées par l’homme qui — serait-ce un hasard ? — est depuis toujours et pour longtemps encore celui qui préside aux orientations religieuses, dont celles de l’islam. 

La minijupe symbolisait donc l’émancipation de la femme. Le voile, lui, est un précepte religieux radical, symbole de soumission à Dieu, mais aussi… oups… à l’homme ! Il n’y a tout simplement pas de comparaison possible. Au passage, il est curieux d’entendre Rokhaya Diallo ou Zakia Khattabi accuser des hommes de n’être féministes que lorsqu’ils voient passer un voile ou un burkini alors qu’elles mêmes fréquentent voire encouragent le port d’un voile prôné en premier lieu par… des hommes. Imams, savants, commentateurs, ou présidents du CCIB !

« Il est curieux d’entendre Diallo ou Khattabi accuser des hommes de n’être féministes que lorsqu’ils voient passer un burkini, alors qu’elles-mêmes fréquentent le port d’un voile prôné par… des hommes »

L’invitation de Rokhaya Diallo n’a donc rien d’étonnant. Elle est largement Ecolo-compatible. Car, qui retrouve-t-on, par exemple, comme signataires d’une carte blanche défendant l’engagement des femmes voilées dans le public et le privé émanant du camp « féministe antiraciste et décolonial (sic) » ? À côté de Farida Aarrass (comité Free Ali — on y revient), c’est le superbanco ecolo-islamique : Zoubida Jellab (échevine écolo à l’origine du départ de Marie Nagy), Rajae Maouane (conseillère communale Ecolo), Mahinur Özdemir (qu’on ne présente plus), Farida Tahar (vice-présidente du CCIB et candidate Ecolo aux régionales ce 26 mai), Hafida Bachir Mrabet (Secrétaire politique de Vie féminine – on y revient aussi), le CCIB (bien sûr), Candice Vanhecke (candidate Be.One avec Dyab Abou Jahjah qui n’a jamais renié ses déclarations antisémites passées ni réagi à mon article à ce sujet et Olivier Mukuna, ex-défenseur de Dieudonné), Mustapha Chairi (Président du CCIB, ex-candidat Ecolo), Zoé Genot (Cheffe de groupe Ecolo au parlement bruxellois), Samantha Zamora (conseillère communale Ecolo), et Margaux De Ré (jeune candidate Ecolo). Seul autre parti politique dont des membres ont signé : le PTB.

Notez au passage que plusieurs figures bruxelloises d’Ecolo, et non des moindres, adhèrent bien au camp « décolonial ». 

QUI EST NEUTRE ET KIPPA ? 
Seconde parenthèse, sur le voile dans l’administration (ou à l’école). Le voile islamique, tout comme la croix catholique, est chargé de facto du poids des requis religieux. Notre société a lutté des siècles durant contre ce poids. Se marier entre hommes ou entre femmes devant un crucifix qui est chargé du mot « péché mortel », dans une administration, n’est même plus imaginable. Mais on voudrait imposer de le faire devant une personne portant un voile qui dit « infraction à la charia », ou pire ? Et ça, ce serait « normal », voire « progressiste » ? Inversons la logique. Imaginez que vous êtes un candidat-réfugié palestinien venant de Gaza et que le préposé qui vous interroge porte une kippa. Ou encore, que vous alliez demander un papier pour vous rendre en Israël et que la guichetière porte un voile et un keffieh. 

Là où Ecolo, en chœur avec les islamos, brandit la liberté d’individus de travailler ici où là dans tout accoutrement qu’il ou elle décide de porter, on foule en fait aux pieds la liberté fondamentale dans notre culture de ne pas être confronté-e à quelque signe prédicateur que ce soit lorsqu’on rencontre le pouvoir administratif, scolaire, ou politique.

Et s’il est si impossible pour la fonctionnaire de retirer ce symbole religieux (ou un autre) — qui n’est pas obligatoire en islam — pour travailler où elle l’entend, c’est bien déjà qu’il est plus dogmatique que culturel. Et le dogme, dans l’administration, c’est non. Point.

Du reste, dans les quartiers où Zoé et ses amis ont distribué ces tracts plusieurs jours durant, on voile certaines filles bien avant leur puberté. D’autres vont à l’école en hijab avant leur majorité. Et on ose nous parler de « libre choix » ? Au contraire, l’école sans voile, et donc sans dogme, permet d’assumer le choix adulte en ayant fait l’expérience des cheveux au vent. Une option qu’Ecolo refuse tout net.

QUAND ECOLO EXIGE DE « DIRIGER » LES FEMMES BELGES
Et c’est avec ce bagage-là qu’Ecolo voulait diriger le Conseil des Femmes. Revenons un instant aux signataires de la carte blanche ci-avant. Vous y retrouverez côte à côte Vie Féminine et Ecolo. Deux des organisations qui ont récemment quitté le Conseil des Femmes Francophones de Belgique, un interlocuteur de premier plan pour le pouvoir politique. Elles l’ont fait avec grand fracas dans la presse et sur leur site Internet, dénonçant « des dérives de gouvernance » au sein du Conseil, sans parvenir à préciser de quoi il était réellement question (tout comme pour la réponse à Mme Royen).

Dans un courrier adressé au Conseil d’Administration le 14 mars 2018, Zakia Khattabi donne une toute autre version, éclairante, de ce départ. La coprésidente Ecolo s’y plaint que son parti n’a pas obtenu la présidence du Conseil des Femmes, que le quatrième parti francophone convoitait pour sa candidate nivelloise Hélène Ryckmans. « Historiquement la présidence a toujours été assumée par une politique, tous les partis à l’exception d’Ecolo ont assuré cette présidence », écrit-elle, ajoutant que cette politisation faisait l’objet d’un « women’s agreement ». Éclairant : c’est Ecolo qui exige qu’on maintienne une politique à la tête du Conseil des Femmes, et qui considère que ça doit être… Ecolo ! Sauf que la présidente du Conseil des Femmes est élue et non désignée par Zakia Khaleesi. En 2018, c’est donc Sylvie Lausberg, du Centre d’Action Laïque (CAL) qui a emporté le fauteuil (bénévole) lors d’une élection sans pitié pour Ecolo : les trois-cinquième des votantes ont choisi cette personnalité apolitique et laïque.

Zakia Khattabi saborde le Conseil des femmes : « Ce sont en fait les pro-voile qui sont parties. »

Comme il était difficile de nier l’échec écologiste contre une Lausberg plébiscitée, les écolos se sont mises à manœuvrer, envoyant des courriers et des mails dénonçant une élection qui se serait « déroulée en violation des statuts du CFFB », faisant pression en interne, militant contre la présidente élue avec vigueur et assertivité. Et cela a duré un an, jusqu’à ce qu’Ecolo claque la porte avec six autres organisations, dont Vie Féminine et le groupuscule des Femmes CDH. « Ce sont en fait les pro-voile qui sont parties », estime une personne proche du dossier.

Comme le nombre de voix obtenues par Lausberg n’était pas contestable, Ecolo s’est employé à farfouiller dans les archives pour tenter de trouver le détail qui permettrait de rendre la candidate victorieuse… illégitime ! Car quand Zakia vouloir, Zakia chercher, et écrire ensuite : « le CAL, institution que représente Mme Lausberg ne [répond] pas aux conditions pour avoir la qualité de membre effective [donc] la nomination de Madame Lausberg à la Présidence me semble irrégulière. »

Cette pression continue a encombré inutilement le travail du CFFB de disputes surréalistes. Ainsi, le 21 janvier 2019, une mise en demeure (carrément!), signée par six membres du CFFB, dont Hélène Ryckmans (Ecolo) en tête, s’adressait à la présidente Sylvie Lausberg en commençant par nier la légitimité de son élection sur une base procédurière complexe, partant de l’idée que l’adhésion de la « Commission Femmes et Familles du CAL » serait illicite parce que celle-ci ne serait pas « une association de femmes » ! « De ce fait découle naturellement le caractère illicite de votre élection comme administratrice au Conseil d’ Administration du CFFB, ainsi que celui de votre élection à sa présidence », poursuit Ryckmans. La conclusion du courrier ressemble à l’ordre d’un magistrat, qui exige « de bien vouloir vous expliquer, sous la huitaine, relativement aux points 1 et 2 de la présente, » autrement dit, de démissionner !

Chez Ecolo, ‘nombreux’ égale six

La présidente, l’assemblée et le Conseil d’Administration ont résisté à ces manigances pendant près d’un an. Confrontée à l’échec de sa manœuvre, Zakia a sorti les scuds et a claqué la porte, tirant six alliées avec elle (il y a une cinquantaine de membres au CFFB), histoire de jouer la loi du nombre dans la presse (six organisations qui, dans un papier d’Ecolo, devenaient tout à coup « de nombreuses organisations » (sic)), prenant le risque hallucinant, de la part du parti qui se réclame le plus féministe, de discréditer une institution qui vient, justement, d’abandonner une tradition de présidence politique (Anne-Marie Lizin fut l’une des présidentes remarquées, Viviane Teitelbaum, une autre), en plein mouvement #MeToo ! Le tout, non pas sur base du contenu, mais pour la seule raison qu’Ecolo n’a pas obtenu le siège tant convoité par AEcolorys Targaryen !

Mais à propos, est-il bien sain qu’un parti aussi imbriqué dans le CCIB et si tendre pour le voile dirige le Conseil des Femmes Francophones de Belgique ?

ZAKIA ET DES FRÈRES (MUSULMANS)
On peut ne pas le penser. Les fréquentations de Zakia et Zoé n’ont pas toujours fait l’objet des meilleurs choix. Là où elles dénoncent volontiers le paternalisme et les « hommes qui se découvrent tout à coup féministes » (comme s’il n’y en avait pas d’autres), faisant référence, par exemple, à Alain Destexhe (comme s’il était l’archétype de l’homme… bigre !), elles n’ont aucun mal à côtoyer les pires machistes, pourvu qu’ils soient musulmans voire islamistes.

Ainsi, le 14 décembre 2013, Zakia Khattabi participait au Forum international contre l’islamophobie. Dans le panel où elle était signalée, l’on retrouvait surtout des mecs, comme le très décrié porte parole du CCIF, Marwan Muhammad, l’homme qui a comparé « les Juifs en Allemagne dans les années 1930 » et les « musulmans dans la France des années 2010 ». No comment. Ou qui a déclaré que la polygamie était un choix de vie, tout comme… l’homosexualité (je vous laisse réfléchir là-dessus). Marianne ne l’a pas épargné. Le Canard enchaîné a affirmé à son sujet qu’il avait dû quitter l’OSCE pour avoir tenté d’y défendre l’islamisme. 

Mais la coprésence de Muhammad et de Khattabi n’a rien de bien étonnant : le CCIB si écolo réfère aussi très, très régulièrement à Marwan Muhammad sur Twitter. Parmi les autres invités à l’événement (d’autres panels), on trouvait Saïd Bouamama (souvent publié par Investig’action de Michel Collon), la sulfureuse Houria Bouteldja (Parti des Indigènes de la République) et, last but not least, le  plus grand défenseur des femmes musulmanes (peut-être moins en privé qu’en public, toutefois) : Tariq Ramadan…

MIEUX VAUT ATAR QUE JAMAIS
Dans un autre style, on retrouve aussi, dès 2013 (au moins) Zakia Khattabi aux côtés de Zoé Genot pour défendre Ali Aarrass, condamné par le Maroc à 12 ans de prison en appel pour participation à des activités terroristes. Elles militent pour obtenir un soutien consulaire qui dépend en fait surtout… du Maroc, mais le mouvement vise rien de moins que la libération d’Aarrass. À les lire, Ali Aarrass aurait été condamné à tort, suite à des aveux sous la torture. Admettons que le Maroc ait absolument tenu à le faire extrader d’Espagne, juste pour le plaisir de condamner un innocent. Admettons. 

Mais ça rappelle tout de même un article du codistributeur de tracts islamocompatibles sur les marchés avec Zoé Genot, M. Mouhssin. Comme elle, il défendait le retour en Belgique d’Oussama Atar en 2004, et sur le site d’Ecolo par-dessus le marché ! Atar, condamné pour appartenance à Al Qaeda (et donc pour terrorisme), devenait soudainement sous sa plume « Un jeune Belge qui décida […] d’accompagner un convoi apportant des médicaments à la population irakienne […] inculpé par les autorités améicaines […] vu son absence de visa pour pénétrer en Irak. » Bref, un gentil tout plein arrêté par erreur.

L’on sait aujourd’hui qu’il s’agissait en réalité d’un terroriste, et pas des moindres, puisqu’il partage la responsabilité des assassinats barbares du Bataclan, de plusieurs restaurants parisiens, de Zaventem et de la station Maelbeek. Près de 200 victimes innocentes ! Au moment où des institutions et des intellectuel-le-s respecté-e-s se précipitent pour aller admirer un spectacle en hommage à Ali Aarrass derrière un paquet de PTB et d’Ecolos, la question se pose : Mouhssin et Genot sont-ils à nouveau en train d’attirer des naïfs dans une opération similaire ? Qu’a-t-on tu au sujet d’Ali Aarrass ? Quels médias enquêtent sérieusement à ce sujet ?

DIEUDO AVEC NOUS !
Le comité Free Ali est un drôle de melting pot. On y retrouve pêle-mêle des défenseurs des droits de l’homme, des personnes dont la respectabilité n’est pas douteuse, et quelques signataires plus controversés, comme Rokhaya Diallo (tiens ?), Olivier Mukuna (ex-fan de Dieudo), Dyab Abou Jahjah (encore lui), Céline Delforge (Députée Ecolo), Farida Tahar (encore), Saïd Bouamama (rebonjour), le CCIB (ah tiens), le Parti des Indigènes de la République (oh ben t’es là aussi, toi ?), Nordine Saïdi (« Militant décolonial » surtout connu pour son refus de condamner le 9-11), Nadine Rosa-Rosso (initiatrice présumée du rapprochement entre le PTB, Abou Jahjah et… l’Iran) et Luk Vervaet, compagnon de la précitée et cheville ouvrière du Comité Free Ali, ex-PTB, dont Nadia Geerts a fait en 2009 un portrait très instructif, résumé en : « un partisan du Hamas et du Hezbollah, motivé par sa conviction que communistes et islamistes doivent s’allier pour combattre le grand Satan américain… » On ne contrôle pas toujours avec qui l’on signe, mais là, c’est un beau bouquet tout de même !

Le problème, c’est que Zoé Genot, tout comme Luk Vervaet, le cœur sur la main, a la bizarre habitude de défendre plus ardemment les personnes suspectées de terrorisme ou condamnés pour de tels faits. Outre le cas d’Oussama Atar, libéré grâce notamment à son intervention (mais aussi à la naïveté de plein de gens, dont Didier Reynders) : en 2012, les défenseurs d’Ali Aarrass publiaient une ode intégrant quatre autre condamnés pour terrorisme emprisonnés au Maroc (Abdelkader Belliraj, Hicham Bouhali Zriouil) ou en Belgique (Malika Al Aroud, Nizar Trabelsi — depuis extradé vers les Etats-Unis).

LA PALESTINE A BON DOS
Tout ce beau monde a aussi en commun la défense des Palestiniens. Ce qui se confond parfois avec la défense d’un parti ultrareligieux, misogyne, raciste et aux aspects fascistes : le Hamas. Chacun défend qui il veut, bien sûr, mais Israël n’a pas le monopole — loin de là — des exactions envers une population discriminée.

Cela mène même parfois à de curieuses et rigolotes forfanteries, comme la militance commune notamment Ecolo-PTB à Molenbeek pour obtenir l’exclusion de toute entreprise active dans les territoires occupées par Israël de tout contrat communal. Les deux partis visaient l’entreprise G4S, qui récoltait les soussous des parcmètres dans la commune. Hélas, le règlement communal ainsi rédigé fut considéré comme discriminatoire (pourquoi seulement Israël ? Eh oui, on se le demande…) et le temps que la bonne version soit adoptée, G4S s’était totalement retiré de l’État hébreu, et la perception des sous des parcmètres était gérée par la Région. 

Ça n’a pas empêché le PTB et Ecolo de se réjouir ensemble d’avoir fait exclure G4S, qui en réalité, n’était exclue de rien ! Mais l’important était évidemment de tirer profit de la haine d’Israël qui flatte un certain nombre de musulmans de la commune qui, même s’ils n’ont jamais croisé un Palestinien de leur vie, se sentent solidaires et approuvent les mesures qui pourraient les aider, même quand elles ne servent à rien ! Pendant ce temps, la Chine qui enferme des Ouïghours, on s’en tape, ça ne rapporte pas de voix (opinion personnelle).

Photo de profil Facebook de Zakia Khattabi

Curieusement, Zoé et ses ami-e-s sont aussi rarement présents quand il s’agit de défendre d’autres populations, y compris musulmanes, opprimées à travers le monde (les Kurdes, les Syriens massacrés par Bachar El-Assad à coup de barils explosifs, ou dans les prisons du régime, etc.) 

Quant à poser une semaine durant avec le drapeau palestinien sur sa page Facebook, on peut se demander si c’est un positionnement « normal » pour la coprésidente d’un parti qui prône le vivre-ensemble en Belgique — je parle évidemment de Zakia Khattabi. On la voyait aussi manifester à proximité du drapeau d’Intal, la section internationale du PTB, qui a un mal fou à critiquer Bachar Al-Assad, victime — eh oui — de l’Occident, comme c’est commode ! Si vous trouvez que ça ne colle pas à l’image qu’elle se donne et contrôle sévèrement, j’approuve.

ZOÉ ET SES FRÈRES (AUSSI)
Enfin, on peut se demander comment Zoé Genot a atterri en 2016 dans un rassemblement qualifié par la militante féministe et anti-islamiste égyptienne Sérénade Chafik de «

grand regroupement de frères musulmans », à Bobigny, où la députée Ecolo (entourée d’énormément de mecs) a présenté une vision du printemps arabe un chouïa séduisante pour ce type de public, où selon Mme Chafik, elle « a réduit les révolutions ‘du printemps arabe’ à des simples révolutions musulmanes » — de quoi énerver la féministe égyptienne à qui ce caractère musulman et même islamiste a été imposé par Morsi & Co. Zut. Encore un mec !

Zoé a dû passer dans l’entrée sans voir qu’on y vendait des casquettes affublées du signe « rabi3a » (signe de ralliement surtout utilisé par les Frères musulmans, par Erdogan à Ankara, par Jamal Ikazban (PS) à Bruxelles et par le président du CCIB, en famille, comme le montre cette photo trouvée sur sa page Facebook, mais supprimée depuis. 

Zoé dans un rassemblement de frères musulmans ? Elle a dû se faire avoir. Et tak in de zak.

Sérénade Chafik s’est ensuite étonnée d’une curieuse couverture de l’info par La Libre, qui a conclu « A voir la liste des invités, certains en effet ont pu, ou peuvent être proches des Frères, mais cette histoire témoigne, une fois de plus, du flou qui entoure cette mouvance envers laquelle s’écrivent de nombreuses théories contradictoires. » Bref, Zoé a dû se faire avoir, ma bonne dame. Et tak in de zak. Et puis, rien ne dit que l’observatoire des Frères musulmans est une source fiable. Une féministe égyptienne, est-ce vraiment crédible ? Et zou. L’enquête est close ! 

Mais bon, c’est Zoé. Super sympa. Et puis, c’est Zakia, qui s’est déjà plainte de tant d’agressions sexistes sur Twitter qu’on n’ose plus trop la critiquer, surtout quand on est un homme car, c’est bien connu, les hommes ne se découvrent féministes que pour critiquer Ecolo, mêdême. Zakia, qui a pourtant commis ce geste incroyable passé totalement inaperçu (ou du moins, les journalistes qui l’ont remarqué n’ont pas trouvé ça bizarre) : effacer une année entière de twits ! Dans le genre transparent, c’est radical. 

DES VIDEOS HYPERAGRESSIVES ENVERS LE PS
Cela dit, des sympas, il y en a dans tous les partis. On ne leur passe pas tout aussi facilement que quand ils sont Ecolo. Ce qui me rappelle que pendant que le tract de Zoé circulait, des vidéos envahissaient les réseaux sociaux maroxellois. Des vidéos sauvagement critiques du PS. Un député socialiste me confiait même, dépité, qu’ils avaient sérieusement secoué « la communauté ». On y accuse le PS de ne pas se soucier des musulmans, de les plonger exprès dans des écoles poubelles. De les prendre pour des pigeons. J’ai vu deux de ces vidéos, l’une est une parodie de Der Untergang. Où les nazis jouent des socialos. Si vous voulez comprendre pourquoi les militants socialistes se sont à leur tour fait secouer par des quidams, vous avez l’explication. Mon opinion : c’est une des campagnes les plus brutales et agressives que j’aie vue jusqu’ici. 

Mais d’où cela peut-il bien venir ? Comme toujours, pour savoir qui a intérêt à balancer de telles vidéos, il faut regarder à qui profite le crime. Et dès lors que certaines de ces vidéos étaient accompagnées de la source qui a mené aux tracts de Zoé Genot (une infographie de La Libre), dans laquelle Ecolo et le PTB apparaissent comme les deux seuls partis à tout accorder aux musulman-e-s (surtout voilées) il n’y a que deux coupables potentiels : Ecolo et le PTB. On suppose bien sûr que ça vient de militants trop excités et pas « d’en haut ». Mais on espère très fort qu’Ecolo, si beau, si clean, si transparent, n’y est pour rien.

En conclusion, Je ne crois pas que Zoé et Zakia soient fréristes ou islamistes. Mais je pense qu’elles sont soit égarées dans une vision trouble du vivre-ensemble (ce que la droite rugueuse qualifie souvent d’islamogauchisme), soit obsédées par le recueil de voix, peu importe le prix. Et si c’est ça, attention : il pourrait être exorbitant.

 


 

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(Note : je n’accepte pas plus de 50€ par trimestre des mandataires politiques, quel que soit leur bord.)

 

©Marcel Sel 2018. Distribution libre à la condition expresse de citer l’auteur (Marcel Sel) et d’établir un lien avec cette page. 
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36 Comments

  1. ut'z
    mai 23, 23:01 Reply
    j'ai bien aimé votre "QUI EST NEUTRE ET KIPPA ?" un vrai défoulard : "Là où Ecolo, en chœur avec les islamos"... vous aimez pas zoé normal vous aimez pas les gauchistes, zakia j'espère que c'est pas juste parce qu'elle est (un peu encore) arabe... "En conclusion, Je ne crois pas que Zoé et Zakia soient fréristes ou islamistes. Mais je pense qu’elles sont soit égarées dans une vision trouble du vivre-ensemble (ce que la droite rugueuse qualifie souvent d’islamogauchisme), soit obsédées par le recueil de voix, peu importe le prix. Et si c’est ça, attention : il pourrait être exorbitant." pas mal votre final bxlois à la saint-jobobo d'uc' mais ça sert à quoi en fait les élections ? et ça sert à quoi cet article mrdeux amor avant cette conclusion mitigée? perso (mio qu'aimerai l'mr en phase terminale à bxl ) je ne vis pas à bxl avec des blancs bleus belges, je ne vote plus écolo (quoique ses dérapages me le rende plus sympathique, car je hais les "experts") et votre article sent (stink) le bdw qui veut pas d'écolo mais veux bien de groen. ps(wallon): zorglub " Khaleesi" c'est bien l'NL qu'a gagnée l'eurovision en "PALESTINE [qui]A BON DOS" ? ________________________________________
  2. Maurice Einhorn
    mai 24, 10:09 Reply
    Texte remarquable. Il est dommage que la liste des pays où les musulmans sont gravement discriminés et parfois même massacrés, soit plutôt incomplète. Rohyingas en Birmanie, musulmans en Inde et à Ceylan et surtout ce dont on ne parle jamais et nulle part, la répression extrême que subissent les musulmans en Chine. Un cadre du Fatah a dit un jour que les Palestiniens avaient la chance de combattre un ennemi qui est juif. Comme c'était bien dit!
  3. Salade
    mai 24, 10:42 Reply
    Je ne vois plus bien le lien entre les écolos de Bruxelles et ceux de Wallonie. En extrapolant, je ne vois plus bien de lien entre Bruxelles et la Wallonie. Alors, ça fait peur Marcel?
    • ut'z
      mai 24, 23:04 Reply
      Sal' ... ya différents FR différents et une seule sorte d'arabe ?
      • Salade
        mai 25, 13:33 Reply
        Je dis seulement que l'état belge est tellement devenu faible que TOUTES les régions s'éloignent. Ceci dit les bruxellois n'ont jamais rien connu de la Wallonie, alors que, de par les navetteurs, la RTBF, le Soir, l'inverse est faux.
        • ut'z
          mai 26, 16:29 Reply
          tous les bxlois ont des relations familiale avec la wallonie (même si pas l'inverse) et même s'il sont NLwijze, s'il sont plutôt NL et n'ont vraiment aucune relation avec les wallons (sauf si le dégoût de la majorité non absolue des VL est une relation)c'est que c'est pas vraiment des bruxellois mais juste des colons NL
          • Salade
            mai 28, 14:44
            Bah beaucoup de wallons ont des racines flamandes aussi. Ca n'empêche qu'ils ne connaissent rien à la Flandre. Mon raisonnement, basé sur les relations professionnelles, reste donc plus réaliste.
          • ut'z
            mai 28, 21:10
            "Bah beaucoup de wallons ont des racines flamandes"(et souvent ne captent rien du NL) et alors, bah beaucoup de flamand pensent que bxl est leur capitale (leur capital aussi d'ailleurs sauf que les wallons peuvent plus légitimement encore revendiquer ce capital vu les délires flamingants)
          • ut'z
            juin 16, 19:53
            beaucoup de flamand pensent que bxl est leurre capitale
  4. Bravo, du très GRAND MARCEL SEL, une analyse de la colonne vertébrale d'Ecolo sous tous les angles qui nous fait découvrir les "vices cachés" d' un Parti qui est devenu une machine de guerre politique comme tous les grands partis, ce que précisément, ce dernier reproche à ceux-là. Il faut savoir balayer devant sa porte avant de vouloir "FAIRE LA MORALE au monde entier"... Si, beaucoup de gens ont trouvé au début ce parti sympa, c'est justement parce qu'il travaillait plus proprement et ne voulait pas de cumuls ni plus de deux mandatures mais, les temps changent, les appétits s'ouvrent et la politique du fric fait le reste sans compter l'égo démesuré de certains et de certaines flatté par la Presse généraliste... grand classique en politique de nos jours Encore MERCI cher Marcel SEL d'avoir pu détecter " la goutte qui fait déborder le vase"...et la poutre dans l'oeil du voisin... NB: Perso, je reconnais en certains cas, avoir déjà voté pour Ecolo, donc ma position n'a rien à voir avec un quelconque règlement de compte...mais il faut voir les choses en face et pouvoir se remettre en question; je précise en corollaire,que le cirque des "Grands Partis" comme le débat des Présidents rejoué en grandes pompes par la RTBF est assez décevant aussi et m'a déplu énormément. De plus, ces invitations par une radio publique me paraissent fausser le jeu de la concurrence en période électorale mais, c'est aussi valable pour d'autres et particulièrement par la Presse traditionnelle qui n'arrête pas d'en remettre une couche..." la Presse Officielle" est bien subsidiée par le pouvoir politique et elle lui rend bien... La Démocratie est un peu enrhumée surtout par rapport à des bloggeurs comme vous et tant d'autres qui ne reçoivent pas la moindre aide pour ce travail remarquable que vous produisez ... C'était le petit coup de gueule supplémentaire de l' Archange en cette fin de campagne... Bonne continuation et bon courage.
    • marcel
      mai 24, 12:49 Reply
      Eh bien, j'ai souvent voté écolo moi-même, y compris aux dernières fédérales. C'est peut-être aussi pour cela que mon regarde est sans concessions.
      • ut'z
        mai 24, 23:11 Reply
        souvent regards sans concession toujours anvers les mêmes con aime, prudent regard de biche ver les riches
    • Eridan
      mai 27, 11:19 Reply
      Il ne faut pas oublier l'une des grandes lois de la démocratie : ce sont toujours les rapaces qui se hissent au sommet. Dès qu'il y a quelque chose de substantiel à récupérer, ceux qui n'ont que l'idéal pour défroque peuvent aller se rhabiller... Ecolo n'est plus qu'un nom : Ecolo trahit ses électeurs et ses militants exactement comme tous les partis qui atteignent une certaine envergure (mais surtout à gauche). C'est cela, la démocratie.
  5. Maurice EINHORN
    mai 24, 12:56 Reply
    Ecolo a laissé miroiter un monde nouveau. Cela s'avère une escroquerie comme ce même monde nouveau que promettait Emmmanuelle Macron. Pour ce qui est des lendemains qui chantent, non merci on a déjà donné!
  6. Laurent FARAG
    mai 25, 09:35 Reply
    B'en... puisque les commentaires n'apparaîtront qu'après modération, ça ne sert pas à grand chose de modérer alors...
    • marcel
      mai 25, 11:30 Reply
      Si je ne modère pas en amont, ça devient vite ingérable (et violent). Donc, le simple fait de lire tous les commentaires avant de les publier me permet de maintenir une certaine convivialité (avec retard) et de filtrer les messages racistes, gravement diffamatoires, hors sujet, etc.
      • Salade
        mai 25, 13:30 Reply
        Y a pourtant pas grand monde ici! Ah je comprends, la foule est empêchée!
    • Jeremy Hénaut
      mai 28, 08:55 Reply
      Vu les propos injurieux qu'il laisse filtrer j'ose même pas imaginer ce qui ne passe pas...
      • marcel
        mai 28, 10:16 Reply
        Si vous voyez des propos injurieux, n'hésitez pas à me le signaler.
  7. Paul Guillaume
    mai 25, 15:56 Reply
    Réponse courageuse à la question récurrente: 'Comment adhérer sans se faire encoller?' Reste à comprendre pourquoi des élus négocient un accessoire de mode féminin face à un écosystème en perdition?
  8. Salade
    mai 26, 18:55 Reply
    Quand je pense à tous ces partis francophones qui excluaient d'aller avec la NVA! Les petits malins, ils n'avaient pas exclu d'aller avec le Vlaams Belang pour séparer la Belgique! Pas besoin d'extrême droite francophone: le résultat sera le même!
  9. Salade
    mai 27, 14:18 Reply
    Dire que "l'éponge anti-VB" qu'était pour beaucoup la NVA, est déjà full! Ca n'a guère duré longtemps finalement, ce fameux "rempart"! comme beaucoup (surtout des flamands) aimaient le prétexter car ils ne voulaient admettre la noirceur de la flandre, qui l'est depuis longtemps. Les masques tombent!
    • Salade
      mai 28, 08:04 Reply
      Prétendre que la montée du VB n'est due qu'à la NVA et en rien à l'attitude du gouvernement Michel, faut oser! Les gens (pas vraiment les niveaux les plus aisés!) votent VB pour des raisons racistes, sécuritaires mais (réseaux) sociales aussi.
  10. Viviane Godenir
    mai 27, 16:03 Reply
    En ce qui concerne BDW et son refus de gouverner avec Ecolo : est-il extra-lucide ou a-t-il les mêmes sources que vous ? 😈
    • marcel
      mai 27, 16:40 Reply
      J'imagine que la question est rhétorique :-) Je doute qu'il ait les mêmes sources que moi : elles sont toutes très francophones.
  11. Salade
    mai 28, 09:17 Reply
    Avec tout ce brol belge, je commence à penser que l'attitude de francophones ressemble à celle de Daladier. Et d'autant plus à chaque nouveau scrutin. Churchill parlait de déshonneur. clairement, celui qui restera(it) dans une Belgique croupion n'aura(it) que les restes...càd que le plus fort refilera (entre autres) une dette gigantesque au naïf jusqu'auboutiste!. Perrin avait raison mais sur la durée. Les morts du passé auront été épargnés de ce carnage!
    • ut'z
      mai 31, 19:04 Reply
      suffit de voir l'sncb pour voir la flandre prédatrice mais pour ce qui est de la dette publique la flandre paiera toute sa part objective (énorme) y a belle lurette que les nazis semi-nazis pas-trop-nazis et pas-nazis-du-tout ne payent plus rien pour la wallonie, c'est historique, ça s'appelle le vidangeage économique de la wallonie sur l'histoire longue. notre pays est formidable on peut tout de suite identifier la localisation des faschos et des cocos, vive l'avenir
  12. Salade
    mai 28, 11:37 Reply
    [ATTENTION : HORS SUJET] LE BAISé J’ai honte d’un baisé J’ai honte d’un baisé osé Sur la Belgique déposée Par une haine que j'ai croisée J’ai honte d’un baiser Marchant dans la brune Le cœur démoli par hun Sur le chemin des dunes La plage de Deadend Bredene La mer du Nord en hiver Sortait ses lions gris noir Des wallons passaient bien couverts Donnant à la plage son caractère Naïf et délétère Le vent de Flandre Transportait de la musique militaire Des moutons à la braise Des laisser-faire le malaise Le bloc s'est avancé Au Sud rien n'avait été organisé Autour de moi il a mis ses bras croisés Et ses yeux se sont fermés fermés Jugez ma fortune Sous l'écharpe les boucles brunes C'est vrai qu'en blonde j'ai des lacunes En blonde j'ai des lacunes Oh le grand diamant air Tournez le vent la tune à l'Anvers Tournez le… Tournez tournez le grand air du breed La Belgique localeS Envoyait son ambiance de chaise musicale Des moutons à la braise De laisser-faire vers le malaise Toi qui as mis Sur ma langue ta langue amie Et dans ton cœur un débelgomanie Manqué liberté liberté chérie Je donne le vertrek Pour ce moment vers des cieux beurk NV-A VB Oh! tous les milliards de dettes aux wallons Le vent de Belgique Envoyait mélancolique Ses moutons à la braise De laisser-faire vers la fournaise Si tout est moyen Si la Belgique est un film de rien Ce paysage-là était vraiment bien Ce passage-là justifiait-il la fin ? Elle est partie Un air lassé de madeleine alanguie Sur la digue un petit point parti Dans la Peugeot de son ami Bart Oh! son ami J’ai honte du baiser J’ai honte du baiser forcé Par celui qui nva raigner et l’a déposé D’après Souchon.
  13. Tournaisien
    mai 28, 11:47 Reply
    Coucou, me revoilou ! ... magnifique texte. Du tout grand Sel !
    • ut'z
      mai 28, 21:15 Reply
      je suppose que vous avez encore cette fois voté deux fois aux européennes ce weekend
      • Ludovic NYS
        mai 30, 10:49 Reply
        ... et comment ! ... j'envisage d'ailleurs d'acquérir la nationalité slovène et celle d'Estonie pour avoir le loisir de voter quatre fois ... histoire de soutenir de mes quatre bras le groupe socialiste à l'Europe.
        • ut'z
          mai 31, 18:48 Reply
          discret flip de commynes out...;)
  14. Salade
    mai 28, 14:50 Reply
    [ATTENTION : HORS SUJET] https://www.lalibre.be/actu/politique-belge/prematurees-les-declarations-de-di-rupo-et-de-wever-tout-est-pense-calcule-5ced1b77d8ad583a5cae5cb9 Tout est pensé! Ah! Ah! Emballer c'est penser, alors!
  15. Salade
    mai 29, 07:56 Reply
    https://www.lalibre.be/actu/politique-belge/pourquoi-une-flandre-independante-reste-une-utopie-les-trois-freins-a-la-scission-du-pays-5ced79367b50a6583fc5cb43 ha ha. La Flandre est déjà très indépendante et elle contrôle quasi le pays au niveau fédéral notamment via la Warande. Parlons plutôt du congo wallo-bruxellois et de leurs Kabila respectifs L'indépendance flamande est en voie d'achèvement! Je m'amuse toujours à regarder les porte-parole de n'importe quelle organisation fédérale : ce sont tous des flamands! C'est pourtant simple : quand on a l'argent, on contrôle tout.
  16. Salade
    mai 29, 08:24 Reply
    vooruitgang = voor uitgang, c'est limpide au Nord. La propagande est au sud: faire croire que c'est encore possible.
    • ut'z
      mai 31, 00:38 Reply
      voor uitgang bang, l'agit prop des croyances sudistes

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