DOSSIER Le Peuple : la vérité si je mens tout le temps. Le grand fact-checking.

Par Jonathan Fanara et Marcel Sel.
Mise à jour du 4 juillet 2018 suite à des informations reçues de M. Modrikamen, en gras italique.

C’est le Parti Ouvrier Belge, ancêtre du Parti Socialiste, qui fonda Le Peuple en 1885. Le journal « du parti » tint le kiosque durant près de cent ans. Pour bien des Wallons et Bruxellois de gauche, il y a aujourd’hui encore derrière ce titre l’image d’un aïeul ouvrier, d’un grand-père militant, d’un père syndicaliste, assis dans son fauteuil, la gazette entre les doigts et l’espoir d’un avenir plus social au fond des yeux.

En 2010, le président du Parti Populaire, Mischaël Modrikamen reprit le titre — qui n’était plus protégé —, et en fit un journal en ligne de droite « extrême » qui rappelle Dreuz, Boulevard Voltaire ou encore Breitbart. Si cette récupération d’un titre de gauche par un parti de droite populiste est parfaitement légale, elle n’en est pas moins une opération de communication perverse, qui rappelle la récup’ par Nicolas Sarkozy de trois symboles de la gauche, Jean Jaurès, Léon Blum ou encore le « résistant » communiste Guy Môquet. 

Prétendument indépendant, Le Peuple s’avèrera rapidement être l’organe de propagande du Parti Populaire. Son président y prend désormais régulièrement la parole pour défendre son parti. Ou même pour présenter son programme. La proximité du parti et du média est en fait si étroite que la société qui édite Le Peuple, Freedom Media Group, a été perquisitionnée suite à une plainte déposée par le Parlement européen, selon La Libre mais personnelle et anonyme selon M. Modrikamen, et visant au départ l’utilisation des fonds de l’ADDE, le groupe politique européen auquel appartient le Parti Populaire, mais aussi l’UKIP et Debout la France. Mischaël Modrikamen rappelle qu’il a déjà été perquisitionné plusieurs fois, et qu’il aurait ensuite systématiquement obtenu un non-lieu.

Freedom Media Group a un capital souscrit de 536 000 € et disposerait, selon Modrikamen lui-même, de 100 000 ou 125 000 € de budget annuel (selon qu’il le dise ou l’écrive), provenant de trois sources : la souscription de coopérateurs, la publicité et une dotation du Parti populaire. 

Le Peuple qui fustige la presse subsidiée serait-il « subsidié » lui-même ?

Le Peuple, qui fustige sans arrêt les subsides qui alimentent la presse généraliste est donc lui-même, d’une  certaine manière, partiellement « subsidié » via la dotation annuelle du Parti Populaire, soit 500 000 € (toujours selon le président du PP). En tout cas, en 2016, Freedom Media Group affichait 30 155 € de perte en 2016 pour 4 906 € de marge brute…

Le Peuple se prétend « au service de la vérité ». Garrotté par une topographie populiste, saturé de données erronées, le journal en ligne ne cesse pourtant de falsifier les faits. Ses assertions, souvent contestables d’un trait de plume, lui permettent ainsi de jouer à bas bruit les échos électoralistes du mouvement de Mischaël Modrikamen. Et de désinformer. Aux choix de faits très orientés, ses journalistes et son rédacteur en chef — Alain De Kuyssche (ex-Ubu-Pan) — n’hésitent jamais à saupoudrer leurs articles d’opinions radicales basées sur des faits partiels, voire partiaux, confondant analyse et élucubrations. Bref, Le Peuple fait partie de ces journaux qui créent leur propre vérité d’abord, puis contorsionnent les faits pour les y faire correspondre. Il était donc temps d’étudier la pertinence de cette « vérité populaire ». Nous avons analysé 7 articles. Pour chacun, vous trouverez ci-dessous un résumé de nos constats, et un lien vers un article plus complet.

Tous les détails du fact-checking sur le blog de Jonathan Fanara

LE PEUPLE INVENTE SON PROPRE CLASSEMENT RSF
Dans « Comme les USA, quittons le Conseil des droits de l’homme ! », publié le 21 juin 2018, Le Peuple reproche à juste titre à plusieurs pays qui composent ce Conseil d’être tout au bas du classement de la liberté de la presse de RSF (Reporters sans Frontière). Sauf qu’aucun des chiffres ne correspond. Ainsi, le Venezuela, pointé à la 134e place selon Le Peuple était, selon RSF, 143e en 2018, 137e en 2017, 139e en 2016, 137e en 2015, 116e en 2014, 117e en 2013, etc. Mais jamais 134e ! La Belgique serait 14e selon Le Peuple. Chez RSF, elle était 7e en 2018, 9e en 2017 et 13e en 2016. Mais jamais 14e !

Le journal en profite aussi pour avancer ses propres « favoris », affirmant que « les ‘affreux’ pays du groupe de Visegrad se classent dans le peloton de tête : Hongrie (23), Tchéquie (24), Pologne (32). Et l’Autriche ‘retombée dans le fascisme’, selon les bien-pensants reste bien accrochée à sa 7e place. » Il suffit de consulter   pour prendre la mesure du fossé entre les assertions du journal du Parti populaire et les faits.

Ainsi, la Hongrie n’est absolument pas 23e, mais occupe une inquiétante 73e position. Elle était « déjà » 56e en 2012. En 2009, elle pouvait toutefois se prévaloir d’une honorable 25e place (et non 23e). Mais c’était avant le retour de Viktor Orban. Sa chute spectaculaire depuis lors la renvoie aujourd’hui derrière le Lesotho, la Mongolie et la Mauritanie ! Il en va de même pour les autres exemples cités : la République tchèque est 34e, et non 24e. La Pologne pointe à la 58e marche, à 26 longueurs des affirmations du Peuple. Elle pointait encore à la 19e place en 2014, avant que le PiS de Jaroslaw Kaczynski ne remporte les législatives et ne fasse plonger Varsovie sous Madagascar ou la Papouasie-Nouvelle-Guinée !

Quant à l’Autriche, sa respectable 11e position (et non 7e, à laquelle elle serait « accrochée » selon Le Peuple) ne doit rien à l’entrée du FPÖ (extrême droite) dans le gouvernement de Sebastian Kurz : il n’est en fonction que depuis décembre 2017 et le classement RSF a été réalisé début 2018 ! Bref, un gros zéro sur 10 pour un journal qui puise sa « vérité » dans les terres fertiles de l’imagination. C’est bien simple : pas un seul chiffre n’est juste et certains sont complètement bidouillés ! Ça commence bien !

LE PEUPLE CONFOND PERTE ET BÉNÉFICE
Dans « Comment l’Europe vole le citoyen belge », publié le 13 mai 2018, l’organe du PP affirme que « Chaque contribuable belge paie donc 502 euros par an pour faire fonctionner (mal) l’Europe. », une somme qui viendrait « bien à point pour certains petits pensionnés, contraints de compter leurs maigres sous. » Ou comment bien énerver les retraités. Mais là encore, Le Peuple ne donne que la partie de « la vérité » qui l’arrange.

En réalité, si la Belgique verse effectivement quelque 5,4 milliards à l’UE chaque année, cette dernière lui renvoie en retour 6 951 milliards sous différentes formes, soit un solde positif de plus de 1,5 milliard d’euros… en faveur des Belges ! Mais ce n’est pas tout : une bonne partie des 55 000 fonctionnaires européens réside à Bruxelles et y dépense quotidiennement son argent. S’y ajoute le personnel des centaines d’ONG et de multinationales. Et sur les 8,5 milliards que l’Union dépense en administration, plus de la moitié, c’est-à-dire 4,6 milliards précisément, est dépensée en Belgique. Cela représente 66 % de notre enveloppe globale.

Bref, l’Europe ne coûte pas, elle rapporte. Une fois encore, Le Peuple n’utilise que la partie de la « vérité » qui colle à ce qu’il cherche à démonter, ne tenant compte ni des effets positifs de la convergence des économies ni des services rendus par des institutions communautaires comme Frontex, l’Agence européenne des médicaments ou la CJUE. Il ne dit rien non plus des apports culturels inquantifiables du programme Erasmus ni de l’utilité des données produites par Eurostat. En fait, ce qu’omet l’article du Peuple est vertigineux. Et ça n’a rien d’anodin : c’est sur base de mensonges similaires que les Britanniques ont voté le Brexit.

Les abus présumés de Viktor Orban avec la manne européenne n’entrent pas dans la légende dorée voulue par Le Peuple

Eurosceptique jusqu’au bout de la calculette, Le Peuple reproche aussi à l’UE d’utiliser la contribution belge « à ‘aider’ la faible économie bulgare, par exemple, » qui se développerait à nos dépens et que nous aiderions « à désertifier le paysage industriel belge ! Pour faire simple, nous achetons des voitures, fabriquées en Roumanie, alors qu’elles étaient montées autrefois en Belgique et participaient à la richesse de notre pays… »

Le problème, c’est que le principal bénéficiaire des aides européennes n’est pas la Bulgarie, mais bien la Pologne du PiS, tant vantée par Le Peuple, tandis que les gabegies les plus notoires se situent aujourd’hui dans la Hongrie de Viktor Orban, que sa rédaction encense. Depuis leur adhésion, et jusqu’en 2020, les Polonais auront reçu plus de 150 milliards d’euros, soit un peu moins de 10 milliards par an. C’est ainsi que le pays a pu reconstruire ses infrastructures défaillantes. En Hongrie, l’entourage direct de Viktor Orban est suspecté de s’être considérablement enrichi grâce aux fonds européens, comme le rapporte un article du Monde daté du 20 mars 2018. Cet argent distribué par Bruxelles a par ailleurs souvent été dépensé dans des projets insensés, à forte dimension personnelle. Il en est ainsi du train de Felcsút, la petite ville natale du Premier ministre hongrois, qui fut complètement vide 53 jours entiers entre mai et décembre 2016. Viktor Orban finança par ailleurs dans ce même village, près de sa résidence secondaire, la construction d’un stade de football démesuré, capable d’accueillir deux fois plus de supporters que ce que la localité compte d’habitants. Mais voilà, ces informations, une fois de plus, ne correspondaient pas à la légende dorée voulue par Le Peuple.

LA FRANCE, PAYS D’AFRIQUE, MAIS PAS TRÈS
Dans un troisième article, Le Peuple affirme que « 39 % des Français sont Africains ou d’origine africaine » (publié le 25 septembre 2016.) Il base cette affirmation sur la fréquence des tests de dépistage de la drépanocytose, une maladie héréditaire qui touche surtout les populations d’origine africaine, affirmant qu’en France, seules les populations extraeuropéennes des Antilles, d’Afrique noire et d’Afrique du Nord font l’objet d’un tel dépistage. Et comme 38,85 % de la population française aurait été dépistée, paf, ça voudrait dire que près de 40 % des Français viennent d’Afrique ! 

Mais cette information, Le Peuple est allé la puiser sur les sites « fachos » comme on dit chez les gauchos. Ainsi, les décodeurs du Monde titraient en septembre 2014 : « Drépanocytose, la maladie génétique qui excite l’extrême droite ». On y apprenait que les Européens méridionaux — Grecs, Italiens, etc. — faisaient aussi l’objet de dépistages, ce que l’article du Peuple occulte pieusement. Mais il y a mieux : la fréquence du dépistage en elle-même n’est pas un critère puisque, selon le professeur spécialisé Michel Rousset interrogé en 2016 par Envoyé spécial (France2), ce serait avant tout la peur de la stigmatisation raciale qui expliquerait l’augmentation du nombre de dépistages. Une telle sélection étant éthiquement réprouvée, le personnel soignant préfère tester spontanément les nouveau-nés en cas de doutes plutôt que d’interroger les parents sur leurs origines ethniques.

Les journalistes du Monde notaient enfin que « Selon l’Insee, en 2010, on comptait 832 799 naissances en France (DOM inclus). 110 000 étaient issues d’au moins un parent étranger (y compris de l’Union européenne) et 54 234 issues de deux parents étrangers. Soit un total de 19,8 % de nouveau-nés ayant un ou deux parents étrangers, originaires ou non d’un pays de l’UE. » Bref, on est très loin de la crécelle hystérique du Peuple. Cela dit, il suffit de se promener en France pour s’apercevoir que les 39 % d’Africains, s’ils existaient, vivraient diablement bien cachés !

L’IMMIGRATION QUI APPAUVRIT LES PENSIONNÉS… OU PAS
Le 30 janvier 2018, le Peuple titrait « 72 milliards des pensionnés pour l’immigration ! » Bigre. Ça, c’est rageant ! Il prétend d’abord avoir révélé que « les pensions belges sont les plus basses de’Europe occidentale ». Et d’ajouter que 50 % des pensionnés vivent sous le seuil de pauvreté. Il cite sans vergogne la FGTB, selon laquelle il faudrait 72 milliards pour sortir les pensionnés de la pauvreté. Et termine en accusant : « […] on les a eus [ces 72 milliards] : à raison de 10 milliards par an, l’immigration a pompé l’argent des pensionnés. »

Bon. Voyons déjà si les pensions belges sont réellement les plus basses d’Europe occidentale. Le meilleur outil de comparaison est le taux de remplacement, qui mesure la différence entre le dernier salaire net perçu et le montant net de la première allocation de retraite. Selon un rapport de l’OCDE publié en 2017, la Belgique se situe effectivement en dessous de la moyenne de l’Union européenne : 66 % contre 70 %. Mais les Belges sont loin de figurer en queue de peloton. On trouve derrière eux les Finlandais (65 %), les Suédois (55 %), les Allemands (51 %), les Irlandais (42 %) ou encore les Britanniques (29 %) ! Par ailleurs, selon Eurostat, parmi les pensionnés belges, ce ne sont pas 50 % qui vivraient sous le seuil de pauvreté — établi à 60 % du niveau de vie médian —, mais 13,3 %, soit un chiffre légèrement inférieur à la moyenne de l’UE (13,8 %). Les chiffres du Peuple semblent issus d’une enquête réalisée par Enéo (proche du CDH) fin 2017, qui arguait que quatre pensionnés sur dix vivaient à la limite du seuil de pauvreté. Entre « vivre à la limite du seuil » et « vivre sous le seuil », la rédaction populaire ne voit apparemment pas de différence.

Le Peuple ne fait pas la différence entre « à la limite du seuil » et « sous le seuil ».

Mais le plus insidieux, c’est que le journal du PP insinue que l’argent des pensionnés sert à financer l’immigration (via les allocations notamment). Laquelle coûterait, selon le Parti populaire, quelque 10 milliards par an. Faux. D’une part, les aides sociales ponctuellement versées aux immigrés et les retraites dépendent de mécaniques comptables strictement distinctes. Il n’y a pas de vase communicant entre les deux budgets. D’autre part, les immigrés actifs contribuent eux-mêmes au financement des pensions. Ceux-ci cotisent d’ailleurs bien plus qu’ils ne reçoivent. 

Selon les chercheurs Jean-Michel Lafleur et Abdeslam Marfouk (ULg) : « Comme l’a montré une étude de l’OCDE (2013), les immigrés vivant en Belgique sont plus jeunes que le reste de la population. De ce fait, ils sont surreprésentés dans la population active et donc sous-représentés dans les dépenses de pension […] » 

Quant au coût supposé de l’immigration en Belgique, Frédéric Docquier, chercheur à l’Institut de recherches économiques et sociales de l’UCL, est formel : « sur les vingt-cinq dernières années, les hausses du nombre de primodemandeurs d’asile n’ont pas été accompagnées d’un accroissement du chômage ; c’est même plutôt l’inverse qui s’est produit. […] Ceci s’explique assez facilement ! D’une part, l’immigration augmente la demande de biens et services et les investissements ; elle engendre donc une hausse de la demande du travail. D’autre part, les migrants n’ont pas les mêmes caractéristiques que les natifs en termes d’éducation, d’âge, d’expérience et de spécialisation professionnelle. Ils ne sont donc pas parfaitement substituables aux travailleurs belges aux yeux des employeurs. » 

En d’autres termes, les immigrés ne viennent pas manger le pain des retraités, au contraire. En se basant sur un scénario qu’il juge vraisemblable, Frédéric Docquier postule que l’immigration engendre « un gain fiscal de 0,3 % du PIB », ce qui représente pas moins de 117 euros par habitant chaque année. Et ça, même les pensionnés les plus modestes devraient s’en réjouir !

LE PEUPLE CONTREDIT… LE PEUPLE
Plus amusant. Le 2 janvier 2018, dans un article consacré au « coût » du gouvernement Michel, Le Peuple explique que 30 % des pensionnés belges vivraient sous le seuil de pauvreté. Pourtant, dans le texte précédent, on a vu que, selon le même journal (et la même vérité), ce chiffre serait de 50 % ! Sidérante augmentation de la pauvreté chez les seniors en à peine quatre semaines !

Toujours dans l’article du 30 janvier 2018, la rédaction populaire assène que l’immigration coûte chaque année aux Belges quelque dix milliards d’euros. Pourtant, une étude de l’IDDE de 2015 (dont le PP assure depuis le service après-vente) évoque des chiffres considérablement moindres : 14 % de la facture de l’immigration a soudainement disparu.

Et ce n’est pas tout : un autre article, publié en août 2016, chiffre le coût de l’immigration extra-européenne à… 11 milliards d’euros par an. Explication : Le Peuple a introduit des Belges nés avec la nationalité belge, mais issus de l’immigration extra-européenne, introduisant des… Belges dans les statistiques de l’immigration ! À ce tarif-là, il se pourrait effectivement qu’on arrive un jour aux 50 % de musulmans en Belgique annoncés par le même journal en juin 2016 (contre 6 à 7 % selon des études sérieuses et convergentes) ou aux 39 % de Français d’origine africaine.

Le Peuple crie haro sur les sondages, qu’il utilise quand ça l’arrange !

Incohérent jusqu’au bout de la nuit, le 28 mars 2018, Le Peuple crie haro sur les sondages traditionnels, dénonçant des manipulations en cascades. Il n’avait cependant pas hésité à exploiter ces mêmes sondages pour « prouver » le rejet des Belges envers des immigrés, en évoquant lui-même le sondage Noir Jaune Blues, le 15 janvier 2018. La géométrie n’est apparemment amusante que si elle est variable. Exemple : le 20 septembre 2017, le PP annonce son « soutien total » à Theo Francken, alors même que le CGRA (qui attribue les « brevets » de réfugiés) annonçait quelques jours plus tôt qu’en août 2017, 48,9 % des demandeurs d’asile avaient obtenu une protection en Belgique. Le PP serait donc le premier parti anti-immigration à saluer l’action d’un secrétaire d’État sous la houlette duquel on accorde l’asile à près d’un réfugié sur deux ! 

Concernant l’accueil des migrants par la « sotte » (sic) chancelière allemande Angela Merkel, Le Peuple fourmille d’articles véhéments. Sauf que ses données sont également contradictoires. Ainsi, le 13 décembre 2017, on lit : « Les chiffres sont accablants. À peine 3 % des migrants marquent une volonté de s’insérer dans le circuit du travail : apprendre l’allemand, suivre une formation, trouver un emploi. » Pourtant, dans un article consacré à l’Aquarius et mis en ligne le 19 juin 2018, on apprend qu’en sus des 2 % de réfugiés syriens médecins ou ingénieurs, un réfugié sur sept occuperait (déjà) un emploi, soit plus de 14 % en tout ! Ou encore, 4,6 fois plus qu’annoncé 6 mois plus tôt par le même canard !

Le 8 septembre 2016, Le Peuple nous apprend aussi que 500 millions d’euros auraient été dépensés en Allemagne pour la seule formation des migrants. « En 2014, 211 000 personnes ont suivi ce type d’enseignement. Au premier trimestre 2016, ils étaient déjà plus de 100 000. »Il y a là de quoi pâmer de perplexité. Finalement, les réfugiés sont-ils des fainéants profitant des aides sociales et refusant d’étudier l’allemand ou des personnes prêtes à se retrousser les manches en s’inscrivant en masse à des formations ? Apparemment, selon qu’il cherche à démontrer ceci ou cela, Le Peuple choisit le chiffre qui lui convient le mieux.

LE PEUPLE ABUSE DES VICTIMES DU BATACLAN
Voir aussi l’article détaillé : Le Peuple exploite les victimes du Bataclan pour attiser la haine.
Comme si l’abus des chiffres et des faits ne suffisait pas, Le Peuple abuse aussi des victimes des attentats de Paris pour semer l’horreur. Dans un article daté du 19 juin, il affirme révéler « les tortures commises au bataclan que la presse veut vous cacher ». Pour ce faire, il se base sur le rapport de l’Assemblée nationale suite aux attentats terroristes du 13 novembre. Et dans ce rapport, le président de la commission, Georges Fenech, lit une lettre envoyée par le père d’une victime au juge d’instruction chargé de l’enquête.

Pour bien taper sur le clou, Le Peuple introduit les accusations de ce père en précisant : « en voici les extraits les moins révulsants. » Or, le texte publié dans le journal en ligne n’est pas un extrait, mais bien l’intégralité du texte publié dans le rapport de la commission. Autrement dit : il n’y a pas d’extraits « plus révulsants » que celui que Le Peuple publie ! Il s’agit d’une première manipulation destinée à impressionner sciemment le lecteur en lui faisant imaginer des faits qui n’ont pas eu lieu.

Le Peuple affirme ensuite que : « Ce témoignage précis a été confirmé par un des enquêteurs qui a vomi en sortant du Bataclan. Il avait constaté une décapitation et des éviscérations. » Or, il n’y a aucun témoignage direct de cet ordre dans le rapport ! Il s’agit en fait d’un témoignage indirect, rapporté par un brigadier-chef qui répète ce que lui aurait dit un enquêteur qu’il a croisé quelques heures après les faits, et que personne n’a retrouvé. De plus, le père dont question plus haut ne parle ni de décapitation, ni d’éviscération, mais bien de castration et d’énucléation. Le soi-disant témoignage brandi par Le Peuple n’est donc ni précis ni confirmé ! Le brigadier-chef lui-même a par ailleurs affirmé n’avoir rien vu de tel lui-même, il n’a fait que quelques mètres dans la salle !

En revanche, Le Peuple omet trois autres témoignages, et non des moindres : celui du célèbre procureur François Moulins : « Les médecins légistes ont été formels : il n’y a pas eu d’acte de barbarie, pas d’utilisation, notamment, d’armes blanches. » Il est corroboré par celui du préfet de police de Paris, Michel Cadot : « Je n’ai eu aucune connaissance de ces faits, ni par l’Institut médico-légal ni par les fonctionnaires en question. […] il n’a été retrouvé sur le site de l’attaque aucun couteau ni aucun autre engin tranchant qui aurait permis ce type de mutilations. » Ainsi que par Christian Sainte, directeur de la police judiciaire qui donne en revanche une explication cohérente : « certains des corps retrouvés au Bataclan étaient extrêmement mutilés par les explosions et par les armes, à tel point qu’il fut parfois difficile de reconstituer les corps démembrés. Autrement dit, les blessures que décrit ce père peuvent aussi avoir été causées par des armes automatiques, par les explosions ou par les projections de clous et de boulons qui en ont résulté. » Et il ajoute : « […] si ces faits avaient été établis, je pense qu’une telle information ne m’aurait pas échappé. »

Peur de rien : Le Peuple accuse les terroristes d’avoir décapité des gens avec les doigts

Le Peuple continue son article avec une seconde manipulation. Il annonce en effet un « Autre passage terrifiant du rapport de la commission d’enquête ». Et là, il reproduit exactement le témoignage… du brigadier-chef, au moment où il rapporte les constats que lui aurait rapportés l’enquêteur « qui est allé vomir ». Autrement dit, Le Peuple utilise en fait deux fois le même témoignage sous deux formes différentes pour renforcer la crédibilité de faits qui n’en ont aucune. Il fait de plus passer le brigadier-chef pour « un membre de la commission », alors qu’il est simple témoin !

Mais à force de vouloir horrifier gratuitement, on finit par se planter : le procureur Moulins a affirmé devant la commission qu’aucune blessure au couteau n’avait été constatée, et le préfet de police a déclaré qu’on n’avait trouvé aucun couteau sur les lieux. Cette absence de couteau affaiblit lourdement la potentialité d’actes de barbarie et de torture. Mais Le Peuple a trouvé le moyen d’utiliser cette absence pour… aggraver ses accusations ! Il écrit ainsi : « Détail horrible : les enquêteurs n’ont trouvé aucun couteau ou objet ayant permis des énucléations ou des éviscérations. Il s’agit d’actes sauvages, tels que ceux prônés par les musulmans extrémistes, promettant les pires sévices aux ‘infidèles’. » Vous avez bien lu, Le Peuple insinue donc que ces énucléations et éviscérations ont été commises à mains nues ! 

Que des humains soient capables, avec leurs seuls doigts, d’arracher des yeux, on le conçoit. Mais comment auraient-ils pu, avec leurs ongles, éventrer des malheureux ou des malheureuses, leur couper les parties génitales ou les… décapiter ?

Cette conclusion délirante montre que Le Peuple ne se soucie absolument pas de la vraisemblance de ses affirmations. Seul compte l’effet dramatique sur ses lecteurs. Il vise deux objectifs : exacerber encore l’horreur de « l’islamisme » en suscitant une répulsion démesurée de l’islam lui-même, et prétendre que la presse ment, avec cette conclusion : « Seuls des journaux britanniques et espagnols ont fait écho aux passages du rapport de la commission, cités ci-dessus. » Mais là aussi, c’est faux ! Ainsi, Le Parisien a bien évoqué les passages du rapport incriminés, mais — en bon journal factuel — il a également tenu compte des conclusions des trois hauts responsables de la police et de la justice. De nombreux articles ont aussi évoqué le fait que les terroristes ont utilisé des otages comme boucliers humains — une réalité corroborée et suffisamment épouvantable (notamment dans l’Express, dans Slate et dans Le Monde). De plus, 20 Minutes et le Nouvel Obs ont repris les pseudo-révélations sur les actes de barbarie en les démontant à peu près comme nous venons de le faire. En fait, comme ses cousins d’extrême droite français, Le Peuple crée sa vérité pour ensuite accuser la presse de ne pas la dire !

Mais le plus grave, dans tout ça, c’est que les familles des victimes sont, grâce au goût du Peuple pour le sang et les tripes, confrontées à l’éventualité que leur sœur, frère, parent, enfant ait subi pire encore que la mort par balle ou par explosion. Et que dire de l’image ainsi projetée des malheureuses et malheureux tombé-e-s au Bataclan, dont le sort terrible était bien suffisant pour nous révolter tous et nous faire haïr ses assassins et leur ignoble idéologie ?

Redressons les choses : il n’y a aucune preuve, ni aucun témoignage direct, ni aucun constat médico-légal d’actes de torture au Bataclan. Que les victimes reposent en paix, loin des journaux comme Le Peuple qui n’ont pas besoin de preuve et truquent les faits pour faire leur misérable buzz. À notre avis, ça dit beaucoup du parti qui le nourrit.

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16 Comments

  1. Gabriel
    juillet 04, 11:01 Reply
    Le Parti Populaire est un parti populiste qui se situe à l' extrême droite, raciste, il amalgame sans distinction tous les étrangers et musulmans, est anti-Palestinien et sioniste. [REMARQUE SUR LA JUDÉÏTÉ RETIREE - NOTE DU CENSEUR SEL] Ma réponse ne va sans doute pas plaire et bien entendu, je vais dès qu'on aborde ce sujet, me faire traiter d'anti-sioniste, toute vérité n'étant pas bonne à dire, tant pis, j'assume...
    • Tournaisien
      juillet 07, 11:54 Reply
      L'antisionisme est, tôt ou tard, la porte ouverte à l'antisémitisme. Pourquoi ? Parce que la critique d'Israël revient, par essence, à remettre en cause le principe d'un état dont l'identité est fondée sur la religion, en l'occurrence la religion judaïque. Or la judaïté est, par essence, intrinsèquement liée à la religion juive, une religion qui présente la particularité de n'être pas universaliste, comme le christianisme, ou conquérante, comme l'Islam. La judaïté se transmet par la mère : est juif celui qui a reçu cette judaïté de sa mère. La religion juive est donc tout le contraire d'une religion prosélyte ; bien au contraire, un non juif qui voudrait adhérer à cette foi et cette pratique religieuse, pour se faire accepter dans la communauté judaïque, doit fournir des gages. Cela n'est pas à la portée de tous. Critiquer Israël, c'est donc critiquer le principe d'un état pour les Juifs et ce faisant, de façon subliminale, cela revient à critiquer ceux qui soutiennent cette politique et cette revendication. C'est donc critiquer les Juifs qui portent cet idéal, idéal certes, en apparence en tout cas, contraire au modèle de l'état moderne, multiculturaliste, multiracial, multifonfessionnel. Sous couvert d'adhésion à l'idéal des Lumières, en l'antisioniste sommeille toujours un antisémite, au début qui s'ignore, mais qui tôt ou tard est appelé à se réveiller. Dois-je rappeler ici les accords de Khartoum signés par la quasi totalité des pays arabes (Maroc exclu) qui dénient aux Juifs la possibilité de disposer d'une terre à l'emplacement du foyer historique de leurs ancêtres, qui refusent le principe de l'existence de l'état d'Israël. Et dois-je rappeler que nombre d'intellectuels de gauche, pro-palestiniens, se refusent à dénoncer ce protocole de Khartoum ? Il faut en l'occurrence savoir très exactement de quoi on parle.
  2. Wallimero
    juillet 04, 21:41 Reply
    Ah oui, après avoir indiqué que l’idée de frontières ouvertes mène à la catastrophe sociale et pire encore à une victoire électorale de la droite, après avoir remarqué que la troisième force politique de Walbanie promet d’installer la dictature communiste, maintenant qu’il remonte dans les sondages il est devenu urgent de prévenir le petit peuple obligé de voter à gauche que le seul parti de droite francophone met le Venezuela en 134 au sur le classement RSF au lieu de 143. ---- Mais bon, selon qu’il cherche à démontrer ceci ou cela, le fact-checkeur choisit l’article qui lui convient le mieux. Car peu importe que la gauche pompe des milliards dans le bourrage de crâne à travers la RTBF, l’Avenir, le Moustique, Solidaris, FGTB et une floppée d’ASBL inféodées, non, c’est les bien-sûr les 120 000 du petit Peuple qui posent problème. Car sait-on si les « médecins syriens » ont le minimum requis pour être appelés médecin en Belgique, si les ingénieurs sont ingénieurs en quoi, et si l’emploi occupé par 1 réfugié sur 7 est-ce un emploi subsidié ou non ? et sait-on ce que font les autres 86% ? Non bien-sûr, mais la vérité est toute établie. Mais si les 106 passagers de l’Aquarius permettent de mobiliser 2320 personnes dont un millier de bénévoles, plus de 550 policiers et 470 traducteurs et 600 journalistes accrédités c’est avec certitude que MSF se frotte les mains. Abus de victimes disais-tu ? Mais, messieurs les fact-checkeurs, si les migrants augmentent la demande de biens et de service, et si leurs caractères d’employabilité ne correspondent pas à notre marche, c’est qui qui finance ce « gap » sinon le contribuable et dans cette farce qui bourre le dindon ne retrouve-t-on pas nos pensionnés à l'odeur de truffe ? Et face au désastre de l’éducation francophone et la catastrophe sociale bruxelloise quand 1 sur 6 inscrits chez Actiris ne connait ni le néerlandais ni le français est-il si absurde de prendre en compte des Belges dans l’impact financier à long terme de l’immigration quand la connaissance d’une langue nationale n’était même pas nécessaire à la gauche pour brader notre nationalité ? Mais peu importe, pour les fact-checkeurs, seul importe le fait qui soutient sa propre position… C’est totalement MarJo.
    • marcel
      juillet 04, 23:47 Reply
      On n’a pas sélectionné les sujets qu’on a fact-checkés, on a pris ceux qui se basaient sur des données vérifiables. Par ailleurs, je n’ai aucun problème a reconnaître que l’obligation d’apprendre une langue nationale aurait dû être imposée depuis très longtemps et que la gauche a dans sa majorité bien foiré sur le sujet. Mais ce n’est pas le débat.
      • Wallimero
        juillet 05, 14:01 Reply
        en lisant votre article il ne s'agit pas de simples faits, mais aussi d'une critique de fond, ce qui implique que la sélection a dû se faire sur base d'éléments factuels et de contenu, mais c'est de bonne guerre. Sauf qu’il faut alors s’assurer que la méthode avec laquelle on mesure est bien la bonne, et en ce qui concerne les effets positifs de l’immigration aveugle, j’ai posé des questions qui restent sans réponse… ---- mais soit dans mon opinion la société belgefranco (presse, administration, université, justice, …) est organisée de manière à garantir la dictature intellectuelle des élites de gauche. Toute autre idée est ridiculisée et ostracisée et la conséquence est qu’il faut ou bien être suffisamment riche ou suffisamment idiot pour oser véhiculer une opinion contraire. Je te laisse choisir lequel des deux s'applique au PP et ce n’est donc pas étonnant qu’ils ont des difficultés à trouver des gens sensés. Impossible de trouver du boulot après. Car peu importe de reconnaître la faute historique d'imposer une connaissance de langue nationale pour la langue nationale, il est crucial d'en reconnaitre les conséquences qui vont plomber la croissance francophone pour encore des décennies et que les élites refusent même de nommer. Et le message de frontières ouvertes des PécoloS devrait faire frémir quiconque avec des enfants, car il ne peut qu’empirer la situation financière de l’éducation et de la sécurité sociale. Car le drame est que les élites de gauche refusent de débattre des soucis de la population générés par la migration et donc la population n’a d’autre option que de voter pour des partis extrémistes, et même s'ils votent pour des partis extrémistes on va ignorer leurs soucis en hurlant que l’extrémisme est inacceptable et doit donc être ostracisé du débat public. Et c’est exactement ce qui ce passe avec le vote PTB ou PP, et dans mon opinion le succès exceptionnel du PTB en Wallonnie ne réside pas dans le programme qu'il veut réaliser, mais dans le simple fait qu’il est plus acceptable dans le contexte créé pour et par la gauche élitaire des journalistes RTBF, professeurs ULB, politiciens PécoloS, syndicalistes FGTB, Solidaris et ASBL, de protester électoralement dans le format PTB que dans le format PP. Un vote PTB peut être visible pour les élites, un vote PP sera tout simplement ignoré.
        • Eridan
          juillet 14, 10:50 Reply
          « les élites de gauche refusent de débattre des soucis de la population générés par la migration et donc la population n’a d’autre option que de voter pour des partis extrémistes, et même s'ils votent pour des partis extrémistes on va ignorer leurs soucis en hurlant que l’extrémisme est inacceptable » C’est sans doute excessif, mais pas entièrement faux : la myopie de gauche est consternante. Néanmoins, on a exactement le même problème du côté du MR en termes d’ouverture des frontières et des marchés. Et, en Flandre, c’est tout ce qui ne converge pas vers le confédéralisme qui est inacceptable pour les élites. De quelque côté qu’on se tourne, la myopie est un mal politique fort répandu.
    • u'tz
      juillet 05, 23:14 Reply
      "l’impact financier à long terme de l’immigration quand la connaissance d’une langue nationale n’était même pas nécessaire à la gauche pour brader notre nationalité ?" no problemo frontière ouverte en belgique avec obligation d'apprendre la langue de la majorité pour monter son niveau... vla anderen VVali vla anderen
      • Wallimero
        juillet 06, 13:41 Reply
        @ Marcel, Jonathan, u'tv, http://www.standaard.be/cnt/dmf20180705_03599857 près de 50% des chercheurs d'emploi chez Actiris avec un diplôme étranger non-homologué, avec un lien direct avec la migration. La solution de Bruxelles-Formation? ah baisser notre niveau à celui pratiqué dans les pays d'origine, car c'est trop cher de les faire remonter tous à notre niveau... Et puis il suffit de persécuter pour racisme évident les employeurs qui osent préférer un diplôme belge et le tour est joué… Et que font les médias franco? Rien bien-sûr, on ne peut pas se permettre de relayer une info qui risque d'attiser le danger de l'extrémisme…
        • u'tz
          juillet 09, 22:01 Reply
          les médias FR sont tous soumis à leurs patrons NL, demande plutôt à tes frères NL de relayer la bonne solution : apprendre la langue de la majorité NL pour monter son niveau...
  3. u'tz
    juillet 05, 23:24 Reply
    perso sans me mosquer, une petite fact-checking sur la petite gonze voilée d'anderlue qui cherchait son petit chat, agressée et scarifiée par des engraissés footballistes masqués m'aurait fait l'any et chadli aussi d'ailleurs
    • u'tz
      juillet 09, 22:10 Reply
      agression physique raciste et sexuelle , avec scarif (sans photo mais pas sans flop?) je mens la vérité là...
  4. Eridan
    juillet 10, 17:26 Reply
    « l’Europe ne coûte pas, elle rapporte » C’est là une affirmation osée car vous oubliez de préciser « à qui » ! Selon Thomas Picketty, « (par le fait de la politique européenne) les contribuables paient plus d’impôts qu’ils ne reçoivent de dépenses, avec un écart supérieur à 1% du PIB ». « D’une part, les aides sociales ponctuellement versées aux immigrés et les retraites dépendent de mécaniques comptables strictement distinctes. Il n’y a pas de vase communicant entre les deux budgets » Spécieux ! Cela n’empêche pas que ces deux budgets partiels, bien que séparés artificiellement, se retrouvent quand même dans le budget général de la collectivité. « les immigrés vivant en Belgique sont plus jeunes que le reste de la population. De ce fait, ils sont surreprésentés dans la population active et donc sous-représentés dans les dépenses de pension » Vous faites vous-même ce que vous reprochez au Peuple ; vous sélectionnez les études qui vous conviennent (comme le souligne par ailleurs Wallimero, mais qui souffre des mêmes problèmes de vision déformée). Notons par exemple que le lien entre « jeune » et « population active » n’est pas démontré. Le même texte poursuit par « En conséquence, toute politique qui favorise l’accès rapide des immigrés à l’emploi et la reconnaissance des diplômes et de l’expérience professionnelle acquise à l’étranger a des effets bénéfiques automatiques sur leur contribution nette aux finances publiques ». Encore faut-il que la reconnaissance des diplômes soit fondée !! Ce texte ne fait pas plus preuve que Le Peuple du sens des nuances. En résumé, sur base que ces exemples notamment, je trouve que votre accusation « Aux choix de faits très orientés, ses journalistes et son rédacteur en chef n’hésitent jamais à saupoudrer leurs articles d’opinions (radicales) basées sur des faits partiels, voire partiaux, confondant analyse et élucubrations » peut tout aussi bien s’appliquer à votre texte. Le travail que vous avez cité en référence est certes un bon argumentaire. Ce qui lui manque, c’est non seulement et malheureusement une approche contradictoire, mais aussi une prudence de bon aloi dans ses affirmations (parfois osées), ce qui lui enlève une bonne partie de son intérêt.
  5. Eridan
    juillet 10, 18:04 Reply
    Le Peuple vous renvoie l’ascenseur : «  « La fin du monde est proche, si nous ne faisons rien pour empêcher les voitures de rouler, les vaches d’émettre des flatulences, le charbon de fabriquer de la suie, on en passe et des plus pires, comme disaient nos grands-mères… » Cette déclaration circule dans le monde entier. Le peuple ébahi peut admirer une théorie de signatures, plus prestigieuses les unes que les autres. Nous en avons trouvé deux. La première est celle d’un certain Hitler, Adolf. Spécialité : politique scientifique. Adresse : chancellerie allemande. Allemagne. L’autre appartient à Sel, Marcel, qui se présente comme « blagueur, blagues et contrepets Inc. » et serait originaire d’Arménie. » Hilter, Adolf et Sel, Marcel, tout dans le même panier des boni-menteurs. Tout dans la finesse ! J'ai comme qui dirait l'impression que vous les exaspérez grave... A lire Le Peuple, on s’amuse, mais on se lasse vite quand même, tellement c’est vulgaire ! Vous croyez opportun de leur accorder votre attention ?
    • marcel
      juillet 13, 10:05 Reply
      C'est où ? En fait, c'est Drieu Godefridi qui a ajouté mon nom en signature, je pense. Ou quelqu'un de son entourage. La classe, non ?
  6. rivière
    juillet 13, 10:58 Reply
    Apprenez à calculer : "En réalité, si la Belgique verse effectivement quelque 5,4 milliards à l’UE chaque année, cette dernière lui renvoie en retour 6 951 milliards sous différentes formes, soit un solde positif de plus de 1,5 milliard d’euros…" vous ne tiquez pas ? 6.951.000.000.000 - 5.400.000.000 = vraiment beaucoup plus que 1.500.000.000 non ?

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