Rudy Demotte et Tournai : le monopole du cœur est en ce moment à droite.

IMG_2397Lors d’un débat pour les présidentielles de 1974, Valéry Giscard d’Estaing assénait à son adversaire socialiste François Mitterrand (1) : « Vous n’avez pas le monopole du cœur ». Une phrase restée célèbre. Pour les observateurs de l’époque, ce serait elle qui aurait permis à « Giscard » de remporter l’élection. Giscard joignit le geste à la parole en autorisant l’IVG, une véritable révolution en France. Certains affirment que s’il avait pu le faire, politiquement parlant, il aurait aussi aboli la peine de mort.

Pourquoi je vous dis ça ? Parce qu’apparemment, Rudy Demotte a décidé de donner brillamment raison à Valéry Giscard d’Estaing. Ou pire encore, il serait en passe de démontrer qu’aujourd’hui, le monopole du cœur — vous n’allez pas croire ce que vous allez lire — reviendrait plutôt… à la N-VA ! Le Parti socialiste se réfugiant dans le monopole du NIMBY. Un mot anglais pour « not in my backyard ». Autrement dit, pas dans mon jardin.

Accueillir des migrants, oui, bien sûr. Mais pas chez moi, nom de dieu ! Faites ça ailleurs ! C’est en gros le menu du jour de Rudy, bourgmestre empêché de Tournai, et de son remplaçant, Paul-Olivier Delannois, bourgmestre faisant fonction.

Hier déjà, ce dernier n’a pas hésité à se faire passer pour l’Alain Destexhe du parti socialiste en craignant tout haut qu’un afflux de réfugiés dans sa ville « n’entraîne une augmentation du racisme ». Ah ! voilà ! On est dans le domaine du « je ne suis pas raciste, mais si vous faites entrer beaucoup d’étrangers dans la ville que je dirige, les gens vont le devenir et c’est normal ». Ben tiens. Bel exemple d’incitation au vivre-ensemble ! Et beau mépris, au passage, pour les citoyens de Tournai.

Un vent favorable m’a d’ailleurs fait parvenir la copie d’un mail que l’un d’entre eux, qu’on appellera Ludo, a fait parvenir ce matin au bourgmestre FF, et dans laquelle il fustige une initiative qui « ne brille pas par un sens particulièrement aigu de l’accueil et de la générosité ». Alors que la gauche européenne (et quelques libéraux — soyons justes) s’insurge contre le sort des migrants en méditerranée, notre citoyen tournaisien considère qu’une telle situation « ne souffre […] aucun atermoiement du type ‘pas chez moi, plutôt chez les autres’. » Ludo ajoute que cet égoïsme ternit l’image de Tournai, encore considérée par beaucoup comme une ville bourgeoise repliée sur elle-même.

« Un tel afflux de cultures lointaines, étrangères, n’était-il pas susceptible d’apporter ‘du sang neuf’ dans cette ville assoupie », s’interroge le citoyen. Non sans faire remarquer que c’était peut-être l’occasion de « négocier au passage une aide financière à notre CPAS qui, oserais-je le rappeler, en a grandement besoin eu égard à sa situation difficile mais aussi sa mauvaise gestion ».

Il semblerait que Ludo ne soit pas le seul à penser de même à Tournai (je me demande d’ailleurs ce qu’en pense notre commentateur régulier qui signe « Tournaisien »). Ce témoignage compense le fait que Tournai ait pris via ses deux bourgmestres (l’empêché et le faisant fonction) le pli d’apparaître comme la ville réac, bourgeoise, égoïste du bout de la Wallonie. Dommage. Triste. Pathétique.

Mais la position de Rudy Demotte est probablement plus préoccupante encore. Le ministre-président de la Communauté française s’est fendu d’une déclaration qui commence par rappeler son graaaaand humanisme (« Engagé dans des combats humanistes et pour les Droits de l’Homme depuis mes tout premiers débuts en politique… » ; ah ben oui, c’était dommage d’arrêter maintenant, dirais-je) pour se ratatiner lamentablement dans une attaque contre Theo Francken et le gouvernement qui chercheraient selon lui à « ghettoïser des poches entières de populations au statut précaire ». Il évoque la charge du CPAS alors que la ministre Marie-Christine Marghem, tournaisienne également, a affirmé avoir obtenu que le CPAS n’ait pas de surcharge du fait de l’arrivée importante de réfugiés sur le territoire de la ville. Marghem est, me dit-on, plutôt fière que sa cité natale participe autant à l’effort commun. Elle est libérale.

Parmi les arguments de Rudy, il y a la pauvreté de Tournai (15.900 € de revenu moyen en 2012 selon De Standaard). Selon lui, il faudrait réserver ce genre d’accueil aux communes plus riches ou plus grandes, ou plus… que sais-je : vertes ? Boisées ?

On a derechef envie de lui signaler qu’à Arendonk, près de Turnhout, où l’on gagne 16.100 € par an, soit à peine 200 de plus qu’à Tournai — et c’est en Flandre —, ils sont 475 ! À Sint-Truiden, avec un salaire moyen de 17,200, ils sont 457. Des communes riches, ça ? À Hotton, où l’on gagne un maigre 14.200, il y a 300 places. Dans la minuscule entité d’Herbeumont, où chaque année apporte 15.200 € au citoyen moyen, les réfugiés sont la bagatelle de 466 ! Et contrairement à Tournai, on n’a pas encore entendu de protestations pour l’arrivée de 600 demandeurs d’asile à Houthalen, où le salaire moyen est de… 14.912 € ! Eh oui, il y a des patelins en Flandre où on gagne moins qu’à Tournai !

Le nombre d’habitants ? Il y en a 70.000 à Tournai. Il y en a… vous allez rire : 23.000 à Houthalen ! Et à Herbeumont, qui accueille donc 466 de ces affreux étrangers dont vous ne voulez pas dans votre ville, monsieur le ministre-président Demotte, il y a, en tout et pour tout 2.010 habitants ! Et aux dernières nouvelles, les Herbeumontois n’en sont pas devenus furieusement racistes, cher « Polo » (surnom donné par le citoyen tournaisien évoqué ci-devant au bourgmestre FF de sa ville ; je trouve que Polo et Rudy, ça sonne bien pour deux fafouls de ce gabarit).

Dites, Rudy, c’est fou, hein, ce qu’on obtient comme impression quand on confronte vos déclarations à quelques chiffres ? Oh, bien sûr, tout ceci est encore assez superficiel, mais l’impression que vous privilégiez vos futurs résultats électoraux et que vous ravalez bien vite votre humanisme quand les circonstances sont un peu défavorables, elle est difficile à effacer.

Quant à l’impression que votre communication propage et qui, elle, ne s’effacera pas de sitôt, c’est que vous ne ridiculisez pas seulement le socialisme, ou la gauche, vous faites aussi passer le Tournaisien, le Wallon, le Francophone pour un égoïste, un petit-bourgeois racrapoté dans ses bonnes habitudes, avec sa petite auto, avec son petit boulot. Ah, pourquoi Jacques n’a jamais écrit « le Wallingant, chanson comique » ? On aurait pu vous la ressortir !

Et pourtant, Rudy, il y avait des choses à dire sur la répartition régionale des capacités d’accueil. Parce que là, il y a bien des différences interpellantes. Vous auriez même pu avoir raison ! Ainsi, si mes chiffres sont justes (pas eu le temps de re-revérifier), la Flandre offrait jusqu’ici 3.113 places, soit 4,9 demandeurs d’asile logés en centre par dix mille habitants (vous noterez déjà que ce n’est pas gras, comme effort populaire…) Bruxelles, 1.564 places (14,2 par 10.000) et la Wallonie 3.769 (10,8).

Autrement dit, la Flandre prenait à son compte deux fois moins de réfugiés par habitant que la Wallonie, et trois fois moins que Bruxelles. Si l’on estime l’effort consenti par les régions et par habitant (un effort égal aux autres régions donnant dans ce calcul un chiffre de 33,3), la Wallonie fournit aujourd’hui 36 % de l‘effort, Bruxelles 47 %, et la Flandre un maigre 16,5 % !

Mais dès lors que la majorité des nouvelles places seront ouvertes en Flandre (du moins sur le papier, quand on ne prend que le minimum de nouvelles places annoncées par centre), celle-ci remontera un peu dans l’estime du réfugié même si la Wallonie aura une part encore supérieure : 39 % pour cette dernière avec 682 nouvelles places, 41 % pour Bruxelles — saturée — qui ne prend que 80 nouvelles places, et 20 % pour la Flandre, qui en ouvre 1054). Bien sûr, si celle-ci augmente proportionnellement son effort de 25 % par rapport aux autres régions, elle est toujours loin de ce qu’elle devrait assumer (33 % pour rappel). On me rétorquera aussi avec raison que géographiquement, la Wallonie offre nettement plus d’espace et que l’accueil des demandeurs d’asile peut avoir des conséquences positives sur l’économie locale dès lors que le fédéral emploie du personnel local, par exemple.

Mais donc voilà. Si on voulait, on pourrait tout de même renvoyer à Theo Francken son propre discours sur les réfugiés : « la Belgique en fait déjà beaucoup plus que d’autres », a-t-il dit en substance aux autres ministres européens pour qu’on ne nous en envoie pas trop. Eh bien, Rudy Demotte, vous auriez pu lui rappeler que la Wallonie et Bruxelles font déjà beaucoup plus que la Flandre pour tenter de réduire encore l’effort wallon. Et là, on aurait difficilement pu vous donner tort.

Ou plutôt, on aurait pu trouver que vous ne faisiez pas pire que le Secrétaire d’État N-VA. Mais certainement pas mieux. Voilà ce que vous auriez pu vous permettre. On n’aurait pas trouvé ça élégant. Je préfère être fier d’habiter une région ou de dépendre d’une communauté qui en accueille plus que d’autres, de ces réfugiés. Mais c’est vous qui voyez.

En tout cas, ce que moi je ne vois plus, c’est ce fameux monopole du cœur. J’ai même l’impression qu’il est passé de l’autre côté. Ah, c’est dommage, cette rose fanée qui entache votre humanisme, m’sieur Demotte. C’est si joli, une rose qui s’assume.

(1) J’avais d’abord écrit François Hollande. Qu’est-ce qu’on peut être bête quand on rédige vite 🙂

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0 Comments

  1. fsalembier
    août 07, 19:41 Reply
    Not in my "garden" ou Nimby quand tu nous tiens... "Engagé dans des combats... mais...." cela ressemblerait-il au bien tristement célèbre "je ne suis pas raciste mais..." ??? J'ose espérer que non...
  2. Tournaisien
    août 07, 20:11 Reply
    Tournaisien adhère aux idées de son concitoyen Ludo ... pleinement ! Superbe papier, Marcel.
    • Pfff
      août 08, 13:32 Reply
      Des réalités contradictoires : une crise internationale qui lance des masses d'immigrés sur les routes vers nos contrées en chômage structurel. Des chrétiens africains et moyen-orientaux dont la vie est en danger du simple fait qu'ils sont chrétiens et qui se tournent naturellement vers nous (ils seront mal aidé, au vu de l'anti-christianisme "laicard" qui fait rage en Europe). D'autre part, des citoyens de papiers, mais non de coeurs, qui vont se battre (Belgique recordman au monde en proportion) aux côtés d'ennemis déclarés de nos pays. Et, au final, une population qui refuse (à environ 80 %) de se faire numériquement remplacer pour complaire à Père et Mère Ubu-l'humaniste. La réthorique socialiste compatissante et la réthorique ultra-libérale qui compte en unités de production (et table sur l'immigration de masse pour mettre à bas définitivement 'Etat-providence) se rejoignent pour mener une politique inverse à celle souhaitée par la population. S'y ajoute le je-m'enfoutisme, le politiquement correct, l'abandon de la politique pour la comm. et les partis de l'extrême-droite, qui servent de repoussoir et, en fait, permettent d'éviter tout débat de fond et les prises de décision politique dures à prendre, qui exposent à la critique dans la société complètement déréalisée dans laquelle nous vivons. Tout sauf Bruxelles. Ce qui est bon pour Bruxelles, ne l'est pas pour ceux qui veulent conserver un certain art de vivre. Oui à la diversité et au droit de l'homme de refuser le cosmopolitisme et la multi-a-culturalité. Si vous aimez cela, il y a Bruxelles, ou les EU d'Amérique. Il faut arrêter de chérir les causes de ses problèmes, Tourn', et pratiquer une immigration sélective, qui tient compte de l'identité chrétienne de l'Europe. Ou alors, nous allons vers la guerre civile et religieuse, et de plus en plus vite.
      • Didier
        août 13, 14:34 Reply
        euh là perso je trouve que cela dégénère. Je suis européen , mais moi l'origine et l'identité "chrétienne " de cette Europe, je ne la supporte pas justement. je fais quoi alors? Mais je fais parti de cet anti-christianisme laïcard ...
    • Ludo
      août 09, 11:35 Reply
      Eh bien, nous serons au moins deux dans cette pauvre ville à penser de même.
      • u'tz
        août 09, 17:55 Reply
        en tout cas soyez sympas avec vos nouveaux concitoyens, faites leur bien comprendre qu' "in, on, an, un, en" n'est pas toujours la même diphtongue en FR (en dehors de tournai, je veux dire)
        • Ludo
          août 10, 09:00 Reply
          Hein ? Les accents des Tournaisiens seraient-ils si les ? On n'est presque pas dans le brin.
  3. Katia Ely
    août 07, 20:20 Reply
    Encore un sujet sur lequel la gauche se décrédibilise complètement. J'ai honte pour eux.. De la compassion oui, de grands discours humanistes oui aussi, mais cachez-moi ces migrants que je ne saurais voir.. @katiaely
  4. Bocklant Jacques
    août 07, 20:36 Reply
    pourtant Mr Demotte et Delannois sont des réfugiés politiques à Tournai
  5. Schoonaarde
    août 07, 21:47 Reply
    Exemple typique du socialiste au pouvoir: Coeur à gauche, portefeuille à droite.
    • u'tz
      août 09, 16:58 Reply
      pas d'accord avec vous Schoon' : exemple typique d'un minable apparatchik FR (rudy) au pouvoir qui croit savoir manipuler des outils comme le nationalisme ou le populisme à l'égal d'un NL de l'n-va dont c'est le fond de commerce... ps: rudy va rendre les anti-socialisses tournaisiens très accueillants aux (candidats-, on doit dire maintenant) émigrés, merci rudy
      • Ludo
        août 10, 09:04 Reply
        À Tournai, on est Tournaisien avant d'être "anti-socialisse", "libéral", "écolo" ... Et c'est précisément cela que Rudy, quand il est arrivé à Tournai, n'a pas compris (à la différence de Paul-Olivier Delannois).
  6. Hanocq Christian
    août 08, 04:55 Reply
    Le monopole du coeur entre les mains des partis de droite dure, ultra libérale est un leurre et une vue d'esprit qui est à des siècles de la réalité !
  7. Hanocq Christian
    août 08, 04:58 Reply
    Comme un peu partout en Europe, les partis de gauche se sont droitisés; ils en perdent forcément en crédibilité! Le prix électoral sera le plus dur à payer !
    • Mélanippe
      août 18, 13:23 Reply
      C'ets la gauche francophone de Belgique qui plébiscite Maggie De Block. Pour sa personnalité nous disent les médias. Mais non...
  8. Linda Mondry
    août 08, 08:31 Reply
    Le, monopole du Coeur où ne surtout jamais remettre en Cause l'égoisme banalement admis de chaque nombril où ne jamais déplaire à son "propre" lectorat. Se gaver de propagande pour dénoncer en Pas, niquant Charlie! https://laguenon.wordpress.com/2015/08/07/se-gaver-de-propagande-pour-denoncer-en-pas-niquant-charlie/
  9. Russo
    août 08, 08:34 Reply
    Pour avoir fréquenté des socialistes assez longtemps, je trouve que le papier de Marcel Sel est bien au-dessous de la réalité. Le pouvoir les saoule et les rend capable des pires choses si vous n'êtes pas du sérail. La Wallonie se porterait mieux sans cette hydre indéboulonnable. Malheureusement présente à tous les niveaux de pouvoir. Je n'aurais peut-être pas voté libéral ou PTB pour autant mais je me serais posé la question.
  10. lievenm
    août 08, 10:37 Reply
    Het verschil tussen Marcel Sel en Rudy Demotte is dat Rude Demotte moet herkozen geraken.
  11. moinsqueparfait'
    août 08, 11:05 Reply
    C'est vrai, quoi, on devrait les envoyer à Lasne. Là, ils verraient ce que c'est qu'un accueil par des gens de Gauche! Il y a même deux avocats dans une des villas. On m'a dit que leurs honoraires étaient très modérés comparativement à leur niveau et à leurs relations!
  12. moinsqueparfait'
    août 08, 11:27 Reply
    Tournai, une "ville réac, bourgeoise, égoïste du bout de la Wallonie"... M'enfin... C'est quand vous êtes allé à Mouscron pour enquêter sur les facilités linguistiek qu'on vous a bassiné avec cette légende invraisemblable? À Tournai comme à Lasne, on pratique le socialisme authentique et éclairé! C'est ça que les autres ne comprennent pas. Trop ploucs...
  13. Salade
    août 08, 11:56 Reply
    Loin de moi l'idée de défendre Demotte. "elle (la Flandre) est toujours loin de ce qu’elle devrait assumer (33 % pour rappel). On me rétorquera aussi avec raison que géographiquement, la Wallonie offre nettement plus d’espace" Pas compris, Marcel. Pour rappel, par rapport à la population (et même sans tenir compte de sa richesse), la Flandre c'est 60% de la population belge. Ce qui compte c'est les infrastructures d'accueil, les moyens de transport, les possibilités de travail, d'accessibilité des bureaux fédéraux. "Offrir le plus de champs", c'est ça votre idée sur les réfugiés Marcel? N'importe quoi! Il n'y a déja plus d'hopitaux dans les zones rurales! Je devrais d'ailleurs dire que l'état devient absent de ces zones! Loin des yeux du pouvoir, loin du coeur! Revenir de Gouvy (le bourgmestre est d'ailleurs PS, cette idée de couleur politique est ridicule!!) pour aller à Bruxelles signer des papiers: idée bien pratique!!! On est capitale ou on ne l'est pas (comme pour les nuisances de zaventem - par ailleurs en wallonie on se paye Bierset et Gosselies sans se plaindre). Là, ce n'est qu'une question d'argent. Mon avis est le suivant: Un processus de parrainage par ville/village serait 100x plus intelligent (comme pour les villages roumains) au lieu de ce "parcage" massif honteux dans des camps dans la campagne ou dans des villes sans infrastructure adéquate!.
  14. LilAngel
    août 08, 14:04 Reply
    Première remarque, cela ne concerne pas tous les migrants mais juste ceux qui déposent une demande d'asile (il y a une différence). Tant qu'ils n'ont pas ce statut, il serait plus utile de les garder dans des structures proches du CGRA. C'est une simple question de bon sens (plus aisé pour organiser les auditions, l'octroi des papiers ou, si le statut n'est pas reconnu, l'éloignement du territoire). Le gouvernement a choisi de centraliser les demandeurs. Le problème ici, c'est le nombre (et cela ne concerne pas que Tournai, mais bien d'autres communes également). Si on décidait de mettre 20 ou 30 personnes dans ces centres, quitte à augmenter progressivement, ce serait plus acceptable pour la population. Une autre question, c'est pourquoi installer ces centres dans des zones urbaines en Wallonie ou en Flandre? D'après ce que relate la presse sur la caserne à Tournai, celle-ci sert à accueillir les SDF en hiver, devront-ils trouver un autre abri cet hiver? S'ils se voient reconnaître le statut de réfugié, ils doivent s'intégrer et donc ma question est pourquoi les rassembler? Ils n'ont aucune chance de s'intégrer s'ils restent entre-eux. Il serait préférable de les disséminer dans toutes les communes. Une dernière chose: ce n'est pas parce que les personnes de droite ont caricaturé la gauche comme voulant ouvrir les frontières à n'importe quel prix que c'est le cas. Il existe des règles concernant la délivrance de visa et la reconnaissance du statut de réfugié pour les personnes qui sont obligées de quitter leur pays d'origine; ce n'est pas être inhumain de vouloir les appliquer correctement.
  15. Démocrate
    août 08, 16:50 Reply
    Arrêtez d'appeler 'gauche' (ou 'droite' d'ailleurs) des partis. 1. 'Gauche' à l'origine se réfère à la place dévolue à l'opposition dans un Parlement. Siège à gauche ou à droite, c'est selon. Donc la 'droite' peut être de 'gauche' et vice-versa 2. Socialiste, cela n'existe p a s en Europe (encore moins depuis 1945- voir GEOPOLITQUE au lieu de croire aux nations indépendants. Cela n'existe plus, c'est obsolète et caduc depuis des DÉCENNIES). Ce n'est toléré dans le monde entier, sous peine de bombardements et d'erradication (violente) Voir ce que tous ont SOUS les YEUX dans le MONDE entier depuis des décennies et puis activer ses synapses. 3.Tous sont éventuellement sociaux-.démocrates (c'est-à-dire bourgeois ou petit-bourgeois, comme les autres) On devrait quand mème - alors que ça saute aux yeux partout - arriver à s'en rendre compte 4.La social-démocratie (qui déjà est morte aussi alors qiu'elle représente la petite-bourgeoise qui n'est en rien subversive-révolutionnaire déjà) n'est en RIEN internationaliste mais en tout NATIONALISTE, car elle réduit le champ social à sa nation, dans ses discours et campagnes. Aucun discours internationaliste, jamais. Ce n'est pas pour rien que TOUS les partis dits 'socialistes' ont aboli TOUTE référence internationaliste (marxiste) ou ne se réfèrent jamais au 'prolétariat' qui est représenté aujourd'hui par le 'salariat' (soumis à de grands risques).TOUS en Europe sont juste là pour faire beaucoup de populisme, d'agitation de petits bras et d'aménagements divers selon le champ réduit de leur pouvoir. 5.Il est donc parfaitement logique qu'ils aménagent les besoins de la structure capitaliste (soit en installant des mesures anti-sociales comme l'a fait le gouvernement Di Rupo, précurseur du suivant, soit en aménageant à la marge quelques mesurettes superficielles puisqu'ils ont tout du petit-.bourgeois contre-révolutionnaire mais parfois hypocritement sympa...) selon les circonstances et les nécessités des d o m i n a n t s. (A ce titre, par EXEMPLE, parmi mille autres, la 1ère min. danoise, la blonde soc-dém, a fait campagne sur 'les immigrés ne seront acceptés qu'en travaillant' etc.. surfant sur un nationalisme soc-dem habituel au DK comme dans les autres pays scandinaves abrutis de décennies de propagande nationaliste 'on est les meilleurs' et de vieux clichés. Donc, pas une surprise) (A ce titre M.Schulz, le soc-dem SPD lors des élections européennes, se présentant dans son pays l'Allemagne a fait campagne sur grandes affiches 'Un ALLEMAND à l'UE'. On vous épargne les Manuel Valls et ses puantes déclarations sur les Roms... et tant d'autres ricaneurs petits-bourgeois, comme il se doit en Europe) 6. En parler comme de la 'gauche' (voir supra, cela ne signifie r i e n) est usurper et dénaturer le fondement-même des idéologies. 7. Il n'y a qu'un enjeu, comme dans les années 30. La classe dite 'moyenne' (c'est-à-dire ancienne pauvre émergée dans la consommation et le confort du tout petit-bourgeois, pas touche à ma bagnole et mes envies et surtout mes - horribles - z a b i t u d e s.NE PAS DERANGER) La classe moyenne de cet acabit étant la plus enflée d'elle-même, fabriquée à base de supériorité de sa fausse culture/èducation que l'on se doit de f l a t t e r. Un ressort essentiel en cas de disette car dépolitisée à souhait et qui se r e t o u r n e seulement vers les couches plus socialement stigmatisées qu'elle q u a n d elle sent sa glissade et son déclin économique. Ce serait donc dans les vieilles casseroles petites-bourgeoises que l'on fait la meilleure soupe populiste et grassement glissante. Un truc qui a eu un succès fou dans les années 30, qui a marché à fond, ça se réutilise (je te roule dessus volontairement et avec conviction consciente avec ma teuf pour une place de parking, Mme Dupont Lajoie a tous les droits, vu de mes yeux.. JE passe d'abord, JE suis fétichiste de MOI-MEME et de mes OBJETS qui servent de substitut à ma personnalité vide) Comme dans les années 30, la social-.démocratie (non internationaliste du tout) est un outil précurseur de l'extrême-droite. Point. (Voir Bruning). Comme dans les années 30, bien sûr, elle fait la même chose. Comme un DEMAN se retrouva admirateur de nazi, comme un Laval se retrouva votant pour Pétain, comme un norvégien ministre fut nazi aussi, etc.. la liste est interminable et commune à la majorité des pays européens. Rien de neuf, un soc-dem, ça sert à ça. A tenir des discours et prendre les mesures fascisantes et anti-sociales qui 's'imposent' le temps venu. (Un peu de culture historique sert à ne pas éprouver de 'déception étonnée' concernant cette couche parmi d'autres). On l'a déjà fait et ça a réussi, Donc, on recommence d'autant plus facilement que la petite-bourgeoisie a été construite dans les années 60 DANS CE B U T.
    • Salade
      août 09, 20:26 Reply
      intéressant. mais l'internationale, c'est juste la "plus grande" utopie.
  16. Catherine Yovel
    août 09, 11:53 Reply
    Je suis Tournaisienne, premier réflexe, c'est bien de mettre un espace disponible pour héberger ces migrants qui ont déjà traversé tant d'épreuves, mais peut être aurait-il fallu un peu de concertation car devant une décision qui, sans explication, semble être tombée au hasard les réactions lamentables se sont dévoilées sur les réseaux sociaux, en gros on est trop pauvres, qu'ils retournent chez eux, ce sont des voleurs, j'en passe et des pires. Et voilà que notre bourgmestre faisant fonction, au lieu de calmer le jeu, d'expliquer que cela n'aura pas d'impact sur les finances de la ville, si les maigres renseignement obtenus sont exacts, emboite le pas de ses concitoyens les plus frileux, alors oui, je ne suis pas une sainte, oui je trouve que c'est peut-être beaucoup mais je me dis aussi qu'il est sans doute plus facile de traiter les demandes d'asile si les personnes sont regroupées que proportionnellement au Liban 4 millions d'habitants 1 million de réfugiés, nous avons encore bien de la marge, qu'hélas nous avons oublié notre histoire et nos exodes économiques du 19è siècle, nos exodes liés à la guerre au 20è siècle et que surtout chaque fois qu'en Europe l'égoïsme a triomphé ce fut une catastrophe pour l'Europe et ses habitants. Petite phrase entendue l'autre jour à la radio "La différence entre un politicien et un homme d'Etat, c'est que le premier pense à sa prochaine élection alors que le second pense à la prochaine génération.
    • Salade
      août 09, 20:29 Reply
      ca veut surtout dire que les politiciens fédéraux sur ce sujet feraient mieux de passer la main à une association nationale de bourgmestres.
  17. Hilarion Lefuneste
    août 09, 18:08 Reply
    Depuis quelques semaines, votre blog décline. La raison en est votre "moralisme". Il y a quelques mois, lors du décès de Günter Grass, le New York Times a publié un "oped" de Jochen Bittner. Je ne résiste pas à en citer un court extrait. Il vous va comme un gant; s'adressant à Günter Grass, décédé au moment ou il écrit son texte, Jochen Bittner s'exprime au passé. Mettez ses phrases au présent: il parle de vous, Marcel Sel. http://nyti.ms/1S4vjnf "You grew big in times when strong ideology and determined judgment counted more than the hard work of examining what is actually going on around us. The way you saw the world counted more than the way it actually was. And there was always a lot of self in your righteousness. Today we know that ideologies aren’t realities. Writers and intellectuals don’t have that crutch; what is demanded of them, in the first place, is not moral judgment, but clearheaded analysis of our ever­accelerating world. Only in your time, Günter Grass, could you become a moral authority. Today, you would never make it."
    • Marcel Sel
      août 10, 00:31 Reply
      Merci de me comparer à Günter Grass. C'est vraiment trop d'honneur. Quant à Bittner, se rend-il compte qu'il fait exactement ce qu'il reproche à Grass ?
      • Hilarion Lefuneste
        août 10, 11:05 Reply
        Vous trouvez flatteur d'être comparé a Günter Grass ? Vous avez oublié ceci: "In 2006, he revealed in his memoir Peeling the Onion that he had been a member of the Waffen-SS as a teenager. It was not so much the revelation itself that was so problematic: regardless of whether it was true that – as he claimed, he had been assigned to the Waffen-SS despite volunteering for the regular Wehrmacht – who could hold his actions as a 15-year-old against him? Rather, what made it so shocking and devastating for Grass’s reputation was that he had kept it secret for so long – even after receiving the Nobel Prize in 1999. Thus Grass’s demand for honesty had been based on a lie." Vous trouvez la comparaison toujours aussi flatteuse ?
        • Marcel Sel
          août 10, 11:59 Reply
          Oui, bien sûr. Enrôlé de force dans la Waffen-SS à 17 ans, ce n'est pas un engagement de fait. Il ne s'est pas mis sur les listes de la SS. Il a ensuite clairement montré que ce n'était pas sa tasse de thé et a fait beaucoup, je trouve, pour la prise de conscience allemande de ce que le nazisme avait été. Il a reconnu avoir été dans la Waffen-SS sans qu'on ne le lui demande. OK, il l'a fait tardivement mais dans les années soixante, le monde manquait un peu de nuances sur ce que cela pouvait signifier. J'ai moi-même deux oncles qui ont été appelés dans la Wehrmacht (à 16 et 17 ans) et je n'ai aucun problème avec ça dès lors que je sais qu'ils n'ont pas eu le choix. De toutes façons, j'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour les gens qui, ayant un passé fasciste, même convaincu, ont ensuite pris fait et cause pour la démocratie, l'humanisme (ou l'humanité tout court), au choix. Vous pouvez aussi me comparer à Hugo Schiltz, si vous voulez. Ça ne me fera pas moins plaisir. Mais évitez Mitterrand, je le soupçonne trop d'avoir basculé par intérêt personnel.
        • Tournaisien
          août 10, 14:54 Reply
          On reconnaîtra au moins à Mitterand un sens de la grandeur qui a largement contribué à l'image de la France. Le choix porté sur Peij et sa pyramide du Louvre, c'était lui. Tolbiac, c'est lui également (même si dans ce cas, il y aurait beaucoup à dire en termes de normes de sécurité de cette première bibliothèque de France).
        • Pfff
          août 10, 19:36 Reply
          Marcel, il n'a pas été enrôlé de force dans la waffen-ss. C'était un nazi convaincu. Y a pas que lui :Céline (encore que Céline aimait surtout faire le pitre), Cioran... Mais Grass s'est lancé dans la carrière avec foi, quand la plupart des autres en étaient déjà revenu. Lui reste l'excuse de l'âge. Mais sa carrière de cornichon gauchiste ultérieure ne dépareille pas du tout avec son engagement juvénile.
          • Marcel Sel
            août 11, 18:15
            Schiltz aussi était un nazi convaincu. À quinze ans. Ça s'appelle une erreur de jeunesse.
        • Schoonaarde
          août 10, 20:50 Reply
          "Voortschrijdend inzicht". Cette notion ne semble pas exister en français.
        • u'tz
          août 11, 23:52 Reply
          @Schoon' bien sûr lessiver les clôtures offre de nouvelles perspectives
      • hilarion lefuneste
        août 11, 10:28 Reply
        Ah oui, enrôlé de force... Alors qu'il explique en long et en large qu'il voulait être incorporé dans la marine... Moi aussi, j'ai été enrôlé de force dans l'armée. C'était en mars 1992, en Belgique, et ça s'appelait le service militaire obligatoire. Comme pour les jeunes Allemands de 1945.
        • u'tz
          août 11, 23:56 Reply
          à l'âge qu'il avait il avait le droit de préférer le costume de la marine plus sexy que celui de l'infanterie sur les landes herbues
        • Pfff
          août 12, 11:25 Reply
          Das Unter-gloub-gloub La sous-marine, en fait, vu son humilité légendaire. U-boot.
    • u'tz
      août 10, 14:21 Reply
      "Today we know that ideologies aren’t realities." mais bon sang c'est bien sûr... qu'est-ce qu'ils étaient cons nos parents, ils n'ont pas compris qu'il suffisait de vivre aujourd'hui
  18. Ludo
    août 10, 16:14 Reply
    Voilà qui rééquilibrera peut-être un peu les choses depuis la communication politique catastrophique des derniers jours : http://www.notele.be/list14-l-info-en-continu-media37406-parrainer-un-refugie--l-idee-lancee-par-un-tournaisien.html
  19. Philippe
    août 10, 23:32 Reply
    La Flandre prendrait à son compte deux fois moins de réfugiés par habitant que la Wallonie, et trois fois moins que Bruxelles. Malgré de légères corrections cosmétiques, elle est toujours loin de ce qu’elle devrait assumer (33 % pour rappel). Au fait, pourquoi pas 60/40 comme la "Flandre" à l'habitude de l'imposer ou même 80/20 dès que les Francophones ont le dos tourné..!?
    • Schoonaarde
      août 11, 19:28 Reply
      Les demandeurs d'asile sont logés dans des casernes, là où elles se trouvent. C'est qu'il y en a plus en Wallonië qu'en Flandre. :)
      • u'tz
        août 13, 21:00 Reply
        c'est historique Schoon' le pouvoir belgicain devait mettre plus d'armée chez les FR parceque côté NL ils étaient plus obéissants envers le pouvoir (qui servait leur langue majoritaire et leur économie soi-disant outsider)

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