Le Front National dans les médias : je vous demande de vous arrêter !

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Fragile, le liberté. Prière de ne pas souffler trop FNort.

Ça fait des mois et des années qu’on invite de plus en plus facilement des hauts responsables du FN dans des émissions de grande écoute. Chez certains, ils ont même leurs habitudes. Petit à petit, le venin néofasciste se transforme en opinion supportable et bientôt, il devient légitime. Ce matin, un sondage Le Parisien donnait Marine Le Pen en tête au premier tour, avec 29 %. Au second tour, elle serait dépassée par Manuel Valls (à 55 %) ou Nicolas Sarkozy (à 59 %), mais elle battrait François Hollande en lui mettant quatre points dans la vue (52 % contre 48 %), à ajouter à l’immense coup dans la gueule de la France, si cela devait arriver. Ce n’est qu’un sondage, me direz-vous. Oui, mais ne méprisons pas les avertissements… Et c’est au moins le deuxième du genre !

Hier encore, dans Mots Croisés, sur le service public (France 2), le maire Front National de Béziers, Robert Ménard, et l’ancien vice-président du même parti, Jean-Claude Martinez, discutaient presque paisiblement avec des élus du centre (Rama Yade) et de gauche (Clémentine Autain), le spécialiste de l’extrême droite Jean-Yves Camus, Arnaud Folch (prononcer « Volk »), le directeur de Valeurs Actuelles — la machine à transformer les musulmans de France en épouvantails — et Renaud Dély, rédac-chef de l’Obs.

La démocratie se débat mais n’y échappe pas.
Le débat, mené par la pourtant très attentive Anne-Sophie Lapix, nous a valu quelques grands moments de promotion involontaire du frontisme. Comme quand Jean-Yves Camus a affirmé que les candidats du Front national obtenaient de meilleurs scores dans les villes gérées par le parti : « Lors des dernières élections [départementales], dans les villes que le FN avait conquises aux dernières élections municipales, on a souvent vu des candidats frontistes […] l’emporter avec une progression par rapport aux municipales […] cela veut dire que dans les villes que le front national gère […], il n’y a plus cette mobilisation contre […], il n’y a plus cet antagonisme très fort qui existait, il n’y a plus non plus les mêmes méthodes de gestion pour l’instant […] je n’emploie pas le mot dérapage ; on n’a pas vu les erreurs de gestion, l’amateurisme de gestion. […] » et de conclure qu’attention, « ne prenons pas cela à la légère. »

Même si son intention était louable et ses conclusions précises (mais peut-on considérer la campagne « le flingue de la police est ton nouvel ami » de Robert Ménard comme autre chose qu’un dérapage ?), ça ressemblait à un compliment au FN. Sinon, on a tout de même appris que le maire Ménard fichait les écoliers « musulmans » sur son territoire. Mais ça ne doit pas être un dérapage non plus, suppose-t-on. Juste une glissade.

Le glissement des Valeurs, de plus en plus Actuelles.
Grand moment aussi, Arnaud Folch faisant la promotion d’un sondage Valeurs Actuelles où plus de 60 % des Français se seraient prononcés pour la suspension voire l’abolition de l’Espace Schengen. Et de conclure que les idées du FN « s’imprègnent de plus en plus dans la population ». Les couvertures du magazine sur l’immigration n’y auront sûrement pas été étrangères (j’utilise « étrangères » à dessein, sachant que ce seul mot cause une éruption cutanée brunâtre chez les journalistes de Valeurs Actuelles). Le voilà donc à commenter le résultat de son propre acharnement. Joli.

Et puis, pour ne pas gâcher le plaisir du spectateur macho, Robert Ménard a trouvé le moyen de qualifier les deux politiciennes présentes d’imbéciles. Chose qu’Anne-Sophie Lapix n’a pas manqué de relever. Mais il s’en est tiré par une pirouette : on peut être une femme et une imbécile, a-t-il affirmé. Pas de bol, les deux invitées étaient de celles-là, nous laisse supposer le maire de Béziers. Ça tombe bien, c’étaient les deux seules opposantes politiques. Et au final, il est quand même sympa, Ménard : il lui arrive même de plaisanter ! Allons ! Mais il est fréquentable, ce parti ! On nous a fait peur pour rien, se dit le Bidochon dans son fauteuil en faux skaï.

Marine Le Pen hisse le pavillon noir.
Anne-Sophie Lapix, c’est pourtant cette excellente journaliste qui a un jour remis Marine Le Pen à sa place en déconstruisant, à l’antenne, son discours économique. Mais pour se venger, la même Marine l’a qualifiée de « commissaire politique » à plusieurs reprises, devant les caméras. Les anti-FN diffusent la première vidéo. Les pros, celle où Le Pen élève le populisme politique le plus méprisable au niveau de discipline olympique et transforme une émission politique en bac à sable en faisant passer une journaliste pour une représentante du Soviet suprême.

Autrement dit, on peut dévoiler l’incompétence d’un tel animal politique une seule fois, la seconde, elle est parée et gardera dans sa poche un joker auquel le ou la meilleur-e journaliste ne s’attend pas.

D’où la question : faut-il débattre avec le Front National ? Elle se pose depuis plusieurs années en Belgique avec le Vlaams Belang. Côté flamand, le parti — qui commémore des leaders nazis flamands (ou disons belges) à côté desquels Pétain fait figure de Papy Mouzeau un peu rigide — a accès aux médias, est invité dans les débats, et a pu se prévaloir de 24 % des suffrages lors des élections de 2004. Après avoir perdu son leader historique, et après de nombreuses querelles au sein du parti, celui-ci ne récolte plus que 6 % des voix aujourd’hui (mais remonte dans les sondages).

L’extrême droite ? Belge et but.
Il faut dire que la N-VA, parti nationaliste identitaire « soft », a vampirisé le Vlaams Belang en lui arrachant 60 listiers et des centaines de milliers de voix. Au final, si l’extrême droite en Flandre peut être considérée comme vaincue, c’est au prix de l’accession au pouvoir d’un parti nationaliste, eurosceptique (il est dans le groupe de David Cameron au Parlement européen), néoconservateur, dont des membres éminents n’ont toujours pas rejeté clairement leurs anciennes relations avec le noir le plus noir en politique : le ministre de l’Intérieur belge Jan Jambon a ainsi donné un discours enflammé aux anciens Waffen-SS flamands, ceux que dans d’autres pays, on appelle « des collabos », et ne s’en est toujours pas excusé, ni n’a profondément regretté son geste.

Mais bon, la N-VA serait, pour certains, blanche comme neige. Elle n’en est pas moins très en pointe sur l’immigration et son leader a récemment fustigé les « Berbères ». En Belgique, tant néerlandophone que francophone aussi, les valeurs ont glissé à droite et parfois méchamment.

Dans les médias francophones, en revanche, tout parti considéré comme raciste est exclu. Résultat dans les urnes : les partis d’extrême droite n’y ont jamais eu plus qu’un ou deux sièges au parlement. Il n’y a pas de parti néoconservateur et seul le Parti populaire (un siège à la Chambre) agite régulièrement le fanion de l’immigration dangereuse. Pour faire bonne mesure, comme en France, nous avons aussi deux ou trois acharnés de droite qui flirtent avec l’extrême. Nobody’s perfect.


Un constat qui donne de l’assurance.
D’aucuns contestent l’idée que l’absence de l’extrême droite dans les médias francophones ait une influence sur le vote et affirment que si un personnage vraiment charismatique d’extrême droite émergeait, il pourrait aussi espérer faire tourner la tête à bien des électeurs. C’est parfaitement imaginable, en effet. Imaginable, oui. Mais jusqu’ici, cela n’a jamais été le cas. Le seul constat qu’on puisse donc faire sur base d’éléments probants, pour l’instant, c’est que d’une part, il y a une censure médiatique des partis d’extrême droite chez les francophones. Et d’autre part, il n’y a pas de force d’extrême droite plébiscitée en francophonie. Le lien entre les deux faits est donc pour le moins possible, sinon probable. Car le peu de succès de l’extrême droite en Wallonie et à bruxelles n’est certes pas dû au fait que les Francophones seraient moins racistes que les Flamands : la plupart des sondages à ce sujet montrent qu’ils font jeu égal, et parfois pire au Sud (sur les minarets, par exemple).

De même, en Flandre. Le choix de l’extrême droite par près d’un quart des Flamands ne s’explique pas forcément par leur présence dans les médias. Elle peut aussi s’expliquer par l’absence d’épuration intellectuelle après guerre. En Flandre, on ne parle pas de l’épuration d’après-guerre mais bien de la répression d’après-guerre. De ce fait, le parti de la collaboration (le VNV) n’a pas le même caractère repoussant que son équivalent (Rex) en Wallonie, ni ceux qui s’en réclament. Néanmoins, on constate que le Vlaams Belang a largement accès aux médias depuis toujours, qui publient parfois leurs communiqués de presse sans le moindre commentaire, et que le nationalisme identitaire, sinon le fascisme, y a connu, encore récemment, des heures de gloire. Le lien entre les deux, on choisit de le faire, ou pas. Je pense que c’est cependant la meilleure piste que nous ayons.

Débattre ou pas ? Je ne sais toujours pas.
Alors, faut-il débattre avec l’extrême droite ? Je me pose la question depuis 1981. À l’époque, je sévissais sur Radio Plus, une des radios libres les plus écoutées, avec mon comparse, qui s’appelait Robert. Le Front de la Jeunesse (néofascistes à la croix celtique) était en train de se faire connaître. Nous avons alors décidé de les inviter dans une émission de débat. Pour être sûrs que celle-ci ne serait pas à leur avantage, nous avons aussi invité des gens (de gauche en l’occurrence) capables de déconstruire leurs discours à la volée. Le débat a, de mon point de vue, été au désavantage du Front de la Jeunesse. L’un de ses membres a en effet expliqué à l’antenne que si un « Marocain » volait quelque chose dans son magasin, il l’abattait sur place. Des paquets d’auditeurs nous ont alors téléphoné pour nous dire leur dégoût de ces gens.

Nous avons ensuite fait l’objet d’une mesure d’exclusion pour avoir invité l’extrême droite en studio. Sur le coup, j’ai trouvé ça injuste. Mais à la réflexion, tant que le Front de la Jeunesse ne passait pas du tout dans les médias, leur message ne passait pas non plus. On n’avait pas besoin de le déconstruire, puisqu’il ne se construisait nulle part !

Le débat sur la liberté d’expression fut vif dans la petite station. Robert et moi étions persuadés d’en avoir fait le meilleur usage : laisser les gens à l’opposé de nos opinions s’exprimer, tout en prenant la précaution de les confronter à des personnes capables de souligner leurs dérapages.

Liberté, je crie ton nom. Mais pas trop fort.
Mais combien d’auditeurs ont trouvé sympatoche qu’on les encourage à « abattre » un petit voleur à la tire qui n’avait pas la bonne couleur de peau ? Je ne le saurai jamais. J’aurai donc toujours un doute. Aujourd’hui, je ne suis toujours pas capable d’affirmer que nous avons eu tort, ni que nous avons eu raison. Sur le moment, nous avons trouvé que notre voltairisme était satisfait. J’ai d’ailleurs toujours haï la phrase oppressive de Saint-Just : « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté ». On ne peut nier la liberté au nom d’elle-même. En même temps, laisser trop de liberté à ceux qui en usent pour la détruire peut effectivement mener à son abolition, au chaos, à l’enfer. On ne peut donc censurer totalement les ennemis de la liberté. Il faut leur laisser un espace. Mais il doit être le plus petit possible, et sa gestion doit faire l’objet de toute notre attention.

Les FEMEN à la rescousse. Le petit journal aussi.
Aujourd’hui, une dispute familiale a permis au FN de faire carton plein sur les ondes. Alors qu’on aurait dû se limiter — comme l’a fait le Petit Journal — aux exactions de militants contre les journalistes et les FEMEN. Celles-ci se trouvaient dans un lieu privé, dont elles ont été extraites brutalement et illégalement par des militants et, semble-t-il, le service d’ordre du Front, après avoir pénétré par effraction dans leur chambre ! S’il fallait une démonstration du caractère fasciste du Front national qui considère que le droit n’a pas cours là où il s’exprime, les FEMEN seraient celles qui auraient permis de le démontrer, à leurs seins défendants.

Mais cet épisode n’a pas valu un débat. Le parricide, au contraire, semble plus vendeur. Mais ce n’est pas la seule raison de l’engouement de cette semaine pour les frontistes. Ce que je vois se développer en France, c’est la même Salonfähigkeit (respectabilité de salon) du Front National que celle du Vlaams Belang autrefois en Flandre. Même s’ils disent des horreurs, les membres du FN ont appris à le dire sans (trop) choquer, ou plutôt, en ne choquant que les plus réticents, et en intéressant les autres. Le FN puise même une bonne partie de son électorat à gauche, voire à l’extrême gauche. Parce qu’il joue sur les peurs, et tout le monde a peur, surtout les plus faibles. Quand le socialisme, le communisme ne semblent plus rien résoudre, l’extrême droite attend au bout du quai que les électeurs désemparés de gauche les rejoignent.

Un jour, un temps de retard vous met trop tard.
Une extrême rebaptisée « nouvelle droite » par Gilbert Collard en 2012. Serait-ce en souvenir de la Nouvelle Droite de Micberth, anarchofasciste qui, dans les années 70, théorisait l’infiltration de la démocratie de l’intérieur pour l’annihiler ? Ou la Nouvelle droite française, autrement dit, le GRECE, un mouvement d’extrême droite qui s’est d’emblée profilé comme un groupe de réflexion plus que d’assaut politique ? Contre l’immigration, contre la démocratie représentative, l’élitisme parisianistique… mais ni raciste, ni antidémocrate, selon son manifeste ? Bref, fréquentable tout en dirigeant le peuple vers la dictature ou, du moins, un ultraconservatisme ultrachrétien et ultrafrançais ?

Si ces méthodes d’infiltration en douce sont celles qui ont été choisies par le Front national pour s’arroger la France des libertés, la France cosmopolite, ce que je vois dans le paysage audiovisuel français aujourd’hui, c’est que rien n’est fait pour le contrer, le freiner, mais au contraire, on lui ouvre grand les portes médiatiques, sans plus se méfier, sans le moindre garde-fou. Le Front National sait très bien comment manipuler les ondes et le papier. Les journalistes devraient savoir qu’ils auront toujours un temps de retard. Jusqu’au jour où ce retard se traduira par un trop tard.

Ce midi, Florian Philippot était à son tour invité sur LCI. Ça fait de l’audience. Mais cette audience-là, tous les Français finiront un jour par en payer le prix.

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56 Comments

  1. André Bourlakoff
    mai 05, 17:31 Reply
    Excellent ! Je partage ! Juste une remarque dans la V.O. de Coluche le "papy" s'appelle "Papy Mougeot". C'est un plaisir de vous lire à Arlon... Dommage qu'on n'y reçoit pas Télé Bruxelles !
    • Marcel Sel
      mai 05, 17:34 Reply
      Vous pouvez voir Les Experts en direct (à partir de la page d'accueil) ou en différé (au choix) sur http://www.telebruxelles.be/emissions/lesexperts/ (qui affiche toujours la dernière émission en date)
  2. Le Xa
    mai 05, 17:39 Reply
    Je suis comme vous Marcel, je ne sais pas trop s'il vaut mieux déconstruire (ce qui me parait plus démocratique) ou empêcher de construire (ce qui me semble plus "efficace"). Mais sur l'argument "pas d'extrême-droite dans les médias francophones = pas de voix aux élections", ne pensez-vous pas que l'intérêt des francophones pour la politique française ne suffit pas à entendre ces idées nauséabondes et à les faire pénétrer dans "l'inconscient collectif" ? J'en veux pour preuve le fait qu'un électeur wallon sur 3 selon un récent sondage voterait Marine Lepen si elle était belge... Est-ce que, pour faire simple, le fait qu'il n'y ait pas de personnalité "charismatique" (que de guillemets ! mais le sujet en exige...) de l'extrême-droite en Belgique francophone n'explique pas plus l'absence des néo-fascistes dans la politique de cette partie du pays ?
    • Marcel Sel
      mai 05, 17:44 Reply
      Personnellement, je trouve que Modrikamen (qui se réclame économiquement de Marine Le Pen et est souvent limite xénophobe) a pas mal de charisme. Mais voilà, il se plaint lui-même de ne jamais être invité dans les médias… Peut-être que ceci explique cela. Peut-être pas :-)
  3. Salade
    mai 05, 17:39 Reply
    l'identité et l'accès au médias pour buzz sont les deux mamelles pour une prise de pouvoir extrémiste au sein de nombreux (mais pas tous) états/régions européens, qui nous traira tous.
  4. Simon Acciari
    mai 05, 17:42 Reply
    Votre article est intéressant et votre hypothèse d’une corrélation entre le succès de partis type Front National et leur représentation dans les médias paraît juste. Cependant, la solution que vous proposez ne me paraît valable que pour la Belgique francophone, et non pour la France, et elle n’est par ailleurs que partielle. En Belgique francophone, il semble qu’il suffise de ne pas inviter les partis d’extrême droite sur les plateaux pour qu’ils ne parviennent pas à collectionner les électeurs. Par contre, ce qui montre que votre idée est partielle: vous admettez que les idées racistes ont cours indépendamment de l’insuccès de partis ouvertement racistes. En France, les idées racistes ont du succès mais les partis racistes aussi, et ils sont invités sur les plateaux, dans les studios et sont présents dans les colonnes des journaux. Or, il me paraît clair que cela ne va pas cesser. Même si on se rend compte que la médiatisation d’un parti est l’une des principales clés de son succès, un média continuera à le médiatiser parce que les autres le font et que s’il cesse, le lecteur/auditeur/téléspectateur, se tournera vers les médias qui en parlent. C’est sans doute regrettable mais c’est comme cela. C’est une sorte d’application politico-médiatique du principe d’inertie, non? (En plus, comme vous en 1981, je dois avouer que j’ai un penchant pour le fait de laisser s’exprimer tout le monde.) Après avoir lu votre analyse, que, je le répète, j’aime bien, je pense que c’est donc sur un autre plan qu’il faut proposer des solutions pour enrayer la machine extrémiste… À toutes ces questions je l’avoue franchement, je n’y connais rien. Ce n’est pas ma spécialité. J’ai néanmoins l’impression que si on supprime l’aliment de base des partis extrémistes, on contribue à les éliminer. Vous disiez que ces partis se nourrissent des peurs. Il faut probablement agir dans l’éducation en mettant au point des programmes permettant d’aller à la rencontre de l’autre. Dans ce cas nous devons (hélas) compter sur nos politiciens pour inventer des cours où ce type de rencontres peut réellement & intelligemment avoir lieu (je faisais sur mon propre blog une proposition dans ce sens, assez gauchement je l’avoue, au lendemain des attentats de janvier: https://texasmiles.wordpress.com/2015/01/14/pour-en-finir-avec-les-relations-asymetriques/ ). Il serait également pertinent, il me semble, que la rencontre de l’autre ait lieu grâce à des initiatives citoyennes indépendantes de politiciens souvent intéressés par leur plan de carrière. Il faudrait, enfin, que nos politiciens classiques soient un peu plus efficaces, parce que si je suis convaincu que les partis extrémistes ne sont pas capables de faire mieux et, une fois élus, pourraient même faire pire que les partis “classiques”, je suis également convaincu que ces derniers, par leur relative nullité en matière économique (et autre), alimentent bien souvent le discours des partis extrémistes.
    • wallimero
      mai 06, 21:00 Reply
      @ ah oui, l'hypothèse d’une corrélation entre le succès de partis type Front National et leur représentation dans les médias paraît juste? et sur quelle base? peut-être l'absence de parti de droite peut-il s'expliquer par l'assassinat médiatique en francophonie de tout ce qui ne confirme pas les pouvoirs en place? ou peut-être le fait que la francophonie compte une masse de gens sous divers statuts et contrat sous subsides publics qu'on inculque la peur du changement? W
  5. guypimi
    mai 05, 17:47 Reply
    En principe ( constitutionnel) les milices privées sont interdites. On voit les dégâts du service d'ordre musclé du FN qui ne respecte pas la propriété privée. Et ici ??? quel "sevice d'ordre" de la nva et du belang- où comment et parqui sont formés les nervis?
  6. Pfff
    mai 05, 18:01 Reply
    "Car le peu de succès de l’extrême droite en Wallonie et à bruxelles n’est certes pas dû au fait que les Francophones seraient moins racistes que les Flamands : la plupart des sondages à ce sujet montrent qu’ils font jeu égal, et parfois pire au Sud (sur les minarets, par exemple)." L'immense danger de l'extrême-droite francophone a heureusement été déjouée par le sixième réforme de l'état. Comme cela, l'immonde souchien wallon dans son fauteuil en skai est aussi un sous-citoyen et tout le landernau peut se congratuler dans le dos mutuellement. La lutte anti-fasciste belgicaine imaginaire est un travail de tous les jours. Tordre la vérité pour qu'elle puisse servir à l'oppression dégueulasse des plus pauvres, c'est un métier ! Je vois l'analogie avec la situation française. "La gauche est seulement anti-fasciste ; elle n'est pas anti-totalitaire." George Orwell La gauche hait les petites gens, en fait.
    • Pfff
      mai 05, 20:13 Reply
      "Quand le socialisme, le communisme ne semblent plus rien résoudre, l’extrême droite attend au bout du quai que les électeurs désemparés de gauche les rejoignent." Le communisme résolvait ? Il ne dessoudait pas, plutôt ?
      • Marcel Sel
        mai 06, 09:40 Reply
        Pour les ouvriers, pendant les trente glorieuses, le communisme passait pour le sauveur. C'est une question de perception, pas de réalité. Mais il faut se rappeler du rôle des communistes dans l'évolution du droit des travailleurs. Ce ne sont pas les fascistes qui nous ont donné la semaine des 40 heures ou les congés payés, hein.
        • Pfff
          mai 06, 12:42 Reply
          Ce sont les syndicats qui nous ont donné les 40 heures et les congés payés. Qui a créé les syndicats ? Les libéraux*. Généralement opposés aux socialistes - les communistes n'en parlont pas-, qui préféraient l'idée d'un Grand Soir au dialogue social. Même histoire en Belgique et en France. *contrairement à ce que le révisioniste - cela doit être l'insulte suprême pour un maoiste, pouf-pouf - chef du PTB prétendait la semaine passée, lors du premier mai
        • Pfff
          mai 06, 17:02 Reply
          http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Waldeck-Rousseau (Libéral français qui a fait légaliser les syndicats) En Belgique, le syndicalisme a été légalisé en 1866, à l'époque où le socialisme était la cinquième roue du carosse (suffrage censitaire)
        • wallimero
          mai 06, 20:28 Reply
          ah bon, avec des exercices pareils on pourrait faire sortir Mussolini comme héros comparé à la Monarchie... W
  7. Juliette
    mai 05, 18:30 Reply
    "Faut-il débattre avec le FN"? Non. Car il est totalement impossible de débattre avec des manipulateurs. La seule chose à faire:démonter les techniques de communication qu'ils utilisent et confronter leurs actes à leurs paroles. Chapeau au Petit Journal qui a fait ce boulot au soir du 1er mai. Que les autres médias s'y mettent, c'est urgentissime! Discuter leurs "idées" ne sert à rien: ceux qui s'y opposent savent pourquoi et ceux qui les gobent sont soit trop "embobinés" pour accepter la moindre critique, même de leurs pires conneries, ou trop aveuglés par l'écho complaisant qu'ils trouvent à leurs propres peurs et frustrations.
  8. Pfff
    mai 05, 22:31 Reply
    "Bref, fréquentable tout en dirigeant le peuple vers la dictature ou, du moins, un ultraconservatisme ultrachrétien et ultrafrançais ?" Il faut toute la mauvaise foi du monde pour oser écrire que le FN (ou la NVa) sont chrétiens. A fortiori ultra. Commençons par le symbole. Le symbole de Jeanne d'Arc lui-même est ambigu. Il s'agit du symbole par excellence du gallicanisme (qui a brûlé Jeanne d'Arc ? L'église. Avant d'être sainte, Jeanne d'Arc a eu une belle carrière de sorcière. Qui a fait de Jeanne d'Arc un symbole nationaliste ? Maurras, Barrès, rejetons du plus pur positivisme, dans sa variante nationaliste*). Marine Le Pen, chrétienne ? Philippot, chrétien ? De Wever, chrétien ? Peu probable. Le FN (ou la NVa) ne sont d'ailleurs pas plus conservateurs. Ce sont deux partis plus ou moins nationalistes, et, ne vous déplaise, socialistes. Ces deux partis proposent, promettent la jouissance exclusive de la sécurité sociale à leurs seuls nationaux. Ce sont deux partis anti-européens. Ce qui, au regard de l'existence, du fait européen, est le seul et véritable aspect révolutionnaire de leur doctrine. Voir la déclaration de Francken de la semaine passée. On ne peut pas leur reprocher leur manque de cohérence. A la frange de la population la plus touchée par le rouleau compresseur du gauchisme societaliste : exotisme et progressisme, ils promettent la protection de la société et des plus fragiles parmi eux. Le FN fait d'ailleurs obstruction à toute politique européenne de régulation de l'immigration. À la fin que vous choisissiez la gauche ou l'extrême-droite, c'est le creuset national qui gagne, ou toutes les identités seront broyées au profit du roman national "pays d'immigration". L'opposition de ces zigotos est une farce. Sinistre. Cela fonctionne d'autant mieux car cela fait longtemps que la gauche a abandonné le petit peuple, ce ringard, pour la fine fleur du lobbyisme transformiste, immigrationiste et jeuniste. Ce petit peuple, éternel sacrifié de l'histoire, est prié de faire place nette pour ce qui est censé s'y substitué. On n'apprendra plus le latin. C'est de l'humanisme : l'absence de futur est sans doute plus supportable lorsqu'on est privé de passé. La disparition de sa culture passe mieux lorsqu'on est privé de tout lien avec cette culture. C'est le progrès : la disparition des pauvres, sans protestation. La liquidation sans bruit. Le lien entre socialisme et autoritarisme nationaliste a d'ailleurs été amplement démontré en son temps par Hayek. Mais il ne faut surtout pas lire Hayek (qui était progressiste), c'est tabou, c'est haram. Si vous croyez que c'est un hasard si le nazisme est né dans l'allemagne de Bismark, qui a inventé le régime de pension (et le Kultuurkampf anti-catholique), le pays de l'organisation scientifique de la société, le pays des casernes qui avait tant révulsé Rimbaud, c'est votre problème. L'immigrationisme et le nationalisme, la xénophobie et l'anti-racisme, qui ne sont jamais que deux faces de la même fausse monnaie, finiront, si nous les laissons faire, par avoir la peau de l'Europe. *faut lire Muray, le 19ème siècle à travers les âges
    • Marcel Sel
      mai 06, 09:43 Reply
      Hayek prétend que le socialisme mène au totalitarisme. J'attends toujours de voir ça en France, en Belgique, en Suède… Ben voilà. Il avait tout faux, c'est tout.
      • Pfff
        mai 06, 12:25 Reply
        La démonstration est simple. On planifie tout, puis les planificateurs se disputent entre génies incompris. La société se délite, pendant que tout le monde prétend la sauver. A la fin, c'est grosse brute qui gagne. La Belgique a été fondée dans un esprit ultra-libéral, une exception en Europe. Le socialisme n'a jamais eu le pouvoir que dans le cadre restreint de la région wallonne, avec le succès que l'on sait. La France, il y a des bons exemples : Napoléon après les jacobins (Burke - qui lui était conservateur - l'avait prédit très exactement), Pétain après le front populaire. La Suède, il ne faudrait pas y regarder de trop près : stérilisation forcée jusque dans les années 70, grosse minorité pro-nazie (dont le fondateur d'Ikea), xénophobie pregnante dans la société...
      • Pfff
        mai 06, 12:27 Reply
        Et puis, sur le socialisme, qui vire national-socialisme, Hayek ne s'est pas trompé. Il a même réussi à convaincre Henri Ford.
      • Pfff
        mai 06, 12:35 Reply
        Le socialisme est la version planificatrice du positivisme. Le socialiste prétend organiser la société, toujours plus, toujours mieux. Le socialiste réduit le peuple au Nombre, pour plus de maniabilité. Le socialiste prétend savoir ce qui est bon pour le peuple. Il est tout à fait près à changer le peuple, voire à changer de peuple, pour que celui-ci se conforme à son idée du Bien. La différence entre socialisme et totalitarisme est une question de degré, pas de nature.
        • Marcel Sel
          mai 08, 10:15 Reply
          Ravi de lire que la Wallonie a un gouvernement totalitaire. Franchement, ca vous crédibilise. Vous m'indiquez tout de même où sont les goulags, j'aimerais y faire un reportage.
        • Pfff
          mai 08, 14:50 Reply
          Eh bien, il n'y a pas plus de goulag en Wallonie, que de semaines de 40 heures à Kolyma, serais-je tenté de répondre.
      • Pfff
        mai 06, 12:55 Reply
        Voilà comment Henri Ford est passé du flirt avec nazisme à l'idyle avec le libéralisme. Voilà le leaflet qu'il faisait distribuer à ses employés, mis en vidéo : https://youtu.be/0QD75lUm51s C'est toujours d'actualité, à l'heure où l'on veut nous imposer des "cours de citoyenneté".
        • Pfff
          mai 06, 13:07 Reply
          Wow ! Ma mémoire me joue des tours ! C'est Général Motors et pas Henri Ford ! Moi et les bagnoles !
      • L'enfoiré
        mai 06, 16:32 Reply
        Bonjour Marcel, Comme je l'ai écrit récemment ( http://vanrinsg.hautetfort.com/archive/2005/08/29/mieux-qu-un-mal-necessaire.html ), le socialisme doit exister comme contre-pouvoir. En fait libéralisme et socialisme ne peuvent pas subsister s'ils ne sont pas côte à côte. On ne fait pas de socialisme sans pouvoir le financier. Regardez ce qui se passe dans les pays nordiques. La vie y est bien plus chère, et les taxes bien présentes;
      • wallimero
        mai 06, 20:37 Reply
        oui, et c'est de quel socialisme qu'il parle? le marxisme pur et dur de la lutte des classes comme celui prôné par l'article 1 des statuts de ton cher PS belge ou de la sociale-démocratie telle qu'elle est pratiquée dans les pays civilisés? Pour voir ça en Belgique il suffit d'ouvrir ses yeux et de regarder ce qui ce passe dans les communes sous la coupe exclusive du PS en Wallonie et à Bruxelles... personnel communal au service personnel, contestants intimidés, pauvreté gallopante, faillite des finances à Molenbeek, justice coupable... ah oui, il avait tout faux, c'est tout mais à part ça, méchants populistes et vive le débat démocratique... joli Marcel, vraiment joli W
      • serge
        mai 07, 10:39 Reply
        Au sujet de Hayek, notons qu'il a écrit ça en 1943 dans "the road to serfdom". A cette époque, le mot socialiste était revendiqué par les nazis (national-socialistes) et par Staline. Hayek n'avait donc pas tort. Disons même qu'il avait parfaitement raison. Pour être plus précis, Hayek note que par socialisme, il entend collectivisme. Ce collectivisme il le voit de droite ou de gauche, selon que le contrôle de l'état aie pour but une distribution égale des ressources ou l'organisation de l'état au profit d'une race supérieure. Plutôt bien vu, non! J'ajoute enfin que Hayek mentionne explicitement qu'il ne s'agit pas d'une loi déterministe mais qu'il considérait que ces risques (de mener au totalitarisme) étaient grands. Voilà, cher Marcel, qui pourrait tempérer votre "Hayek avait tout faux"...
        • Marcel Sel
          mai 08, 10:25 Reply
          En effet, Serge. Ce sont ceux qui reprennent son discours pour l'appliquer aux partis socialistes (sociaux-démocrates) qui ont tout faux.
  9. schoonaarde
    mai 05, 22:45 Reply
    Les pensées sont libres https://www.youtube.com/watch?v=dbwQXVcbkU0
    • Marcel Sel
      mai 06, 09:44 Reply
      Les pensées, oui. Mais ce n'est pas de ça qu'on parle.
      • schoonaarde
        mai 06, 20:43 Reply
        Ce dont vous parlez et ce que vous proposez me choque profondément. Si c'est ça votre liberté, vous pouvez la garder, car il s'agit bien de "votre" liberté et pas celles des autres. En essayant de la défendre vous la tuez, sous prétexte du "grand bien". En somme, rien de votre raisonnement vous distingue des "grands dictateurs" du siècle passé qui eux aussi voulaient préserver leur liberté en "limitant celles des autres" En laissant, pendant des années, la liberté au responsables du Vlaams Belang de s'exprimer à la télé, nous leur avons laissé la chance de s'autodétruire eux-mêmes. Car leurs idees étaient fausses et ne tenaient pas la route. Leurs électeurs s'en sont rendus compte finalement et ils ont délaissé ce part. Ca nous a pris 20 ans, mais nous avons réussi, sans devoir employer vos methodes que je qualifie de "fascistes" . Votre cure est pire que le mal que vous combattez.
        • Marcel Sel
          mai 08, 10:23 Reply
          Oui, oui. Ca vous a pris 20 ans, avec l'aide d'un parti nationaliste.
  10. hilarion lefuneste
    mai 05, 23:17 Reply
    "le ministre de l’Intérieur belge Jan Jambon a ainsi donné un discours enflammé aux anciens Waffen-SS flamands" et on le trouve où, ce discours enflammé ?
    • Marcel Sel
      mai 06, 09:44 Reply
      On en a des bribes, rapportées par un autre éminent spectateur, ministre à l'époque, Johan Sauwens.
      • MUC
        mai 06, 13:04 Reply
        Non. Sauwens n'a rien rapporté. A vous, monsieur Sel, de prouver vos "fantasmes".
        • Marcel Sel
          mai 08, 10:19 Reply
          Mais si, il a rapporté que c'est au moment du discours de Jan Jambon qu'il a quittée a salle, écœuré.et il a cité deux phrases que Jambon n'a jamais contestées. Lisez la presse.
    • u'tz
      mai 06, 22:45 Reply
      lorsqu'il ne reste que des cendres d'un discours enflammand ça en dis long
  11. Marie Van de Sande
    mai 06, 01:09 Reply
    "Débattre ou pas ? Je ne sais toujours pas" ... La question se situe plus dans le fait qu'en une seule phrase, un seul slogan, l'extrême droite "fait mouche" et marquera les esprits, tandis que ceux qui débattent avec elle, ont besoin de bien plus de phrases, bien plus de temps, pour démonter les slogans et ignominies déversés. Débattre avec l'extrême droite, c'est lui accorder de l'importance, c'est la mettre sur un pied d'égalité avec les démocrates, c'est lui donner une tribune, c'est lui permettre d'énoncer et d'avancer des propos indignes ... A vous de choisir !
    • wallimero
      mai 06, 21:10 Reply
      oui, parce que dire qu'il ne faut pas privatiser Belgacom n'est pas un slogan qui veut faire mouche nonon, les socialistes préfèrent que des actionnaires privés s'enrichissent énormément pendant que l'Etat protége sournoisement un quasi-monopole sémi public pour toucher des dividendes... ou bien on nationalise (vive le RTT avec les connections prioritères demandées aux politiciens) ou bien on privatise, mais comme tout bon conservateur de gauche, le PS veut garder le status quo W
  12. Pollux
    mai 06, 09:14 Reply
    Ca me fait penser à ce débat entre Gérard Deprez et Daniel Féret chez Pascal Vrebos: même si Deprez a déconstruit Féret sans devoir forcer son talent (il est vrai que Féret avait autant de charisme et d'intelligence qu'un frigo débranché), ça m'a laissé une impression très mitigée, d'une part parce que les arguments de Deprez semblaient glisser sur Féret comme l'eau sur les plumes d'un canard, comme s'il savait que le simple fait de passer à la télé était une victoire en soi, d'autre part parce Vrebos a fait l'objet d'insultes et d'un dénigrement violent de la part de gens pré-Aymeric Caron, le genre qui donne de la gauche progressiste une image désastreuse de talibans. Déjà à l'époque, on se demandait un peu partout si Deprez et Vrebos avaient eu une bonne ou une mauvaise idée. Féret était un médiocre, mais le débat aurait-il pris la même tournure si Gérard Deprez avait eu face à lui un type brillant comme De Wever, Jörg Haider ou Pim Fortuyn? Et quand dans les années 90, Ardisson a invité Marine Le Pen à venir raconter son enfance difficile de fille d'un des hommes les plus haïs de France, j'ai crié au fou devant ma télé. Je suis cependant de ceux qui pensent que Zemmour par exemple n'a pas entièrement tort quand il affirme qu'un certain politiquement correct a tué le débat et qu'il se révèle contre-productif sur le long terme. Un Modrikamen ou un Denis Ducarme flirtent régulièrement avec des idées que je trouve puantes, et de plus en plus de partis basent leur discours sur une rhétorique guerrière du "eux contre nous", y compris à gauche (les gentils salariés contre les vampires de la finance, avec Magnette dans le rôle de Buffy...) qui ne mène qu'à une guerre civile dans les esprits et masque mal le fait que quand on n'a pas la moindre idée de comment diriger un pays, il reste toujours le bon vieux "tout est de la faute à ceux-là": juifs, communistes, francs-maçons, invertis hier, banquiers, allocataires sociaux, musulmans, homos et bien sûr juifs aujourd'hui. J'ignore s'il existe une réponse claire à cette question de savoir s'il faut blacklister l'extrême-droite ou non, et où placer le curseur (Theo Francken a prononcé des mots que Marine Le Pen désavouerait, au moins en public), s'il faut aller dans la pédagogie alors que le vote extrémiste est un vote qui vient des tripes, si améliorer le niveau de vie suffirait à éradiquer le vote protestataire (sur ce point précis, je crois que non. Il y a 10 ans, oui, mais là, une machine a été lancée qui vit sa propre vie), mais ce qui est sûr c'est que la passivité est la meilleure alliée des fachos de toutes sortes.
  13. Vince01
    mai 06, 09:15 Reply
    Bon article.Cependant alors que Lepen père semble plus proche du VB, Marine elle est plus comparable à la NVA de par son côté soft, son racisme édulcoré qui n'en a pas l'air.Un électeur du VB qui se reconverti en NVA garde ses opinions. De là je ne suis pas sûr du tout que l'extrême-droite flamande est vaincue. Elle a juste trouvé un autre chemin pour accéder au pouvoir.
  14. Wallon
    mai 06, 09:44 Reply
    Cela signifie que les messages tronqués et mensongers, rabâchés à outrance, des multiples "gauches" francophones et wallonnes ne parviennent plus à cacher une réalité qui explosera à la figure de ces idéologues lorsque l'occasion se présentera. Alors que tous les pays d'Europe, après les expériences délétères de la gauche, virent à droite par exaspération, pourquoi ce phénomène ne pourrait-il se déclencher au sein de la population de cette ridicule communauté d'opérette wallo-bruxelliante ?
    • Salade
      mai 06, 12:17 Reply
      comme chirac et sarkozy? qui ont mieux réussi? l'europe est dirigée par droite depuis longtemps, par ailleurs: on voit ce que ça donne... la crise des subprimes c'est la gauche? si rien ne fonctionne, c'est évidemment parce qu'il n'y a plus d'argent "prenable" au peuple de gauche. Uniquement faire des économies de sera qu'une longue agonie. Sans investissement, un état est mort. C'est ce qu'on voit pour tout: l'électricité, le train, les routes. Or les taux sont ridiculement bas... (ils vont d'ailleurs remonter, c'est fou ce qu'on en profite alors que l'allemagne investit elle!) L'Europe interdit à la belgique d'emprunter par ex plus pour le RER (ce qui serait nécessaire pour sa réalisation plus rapide- en fait beaucoup est déja réalisé et est gelé: c'est un gaspillage scandaleux de ressources!, sauf pour les sociétés de béton) L'idée de Junker c'est de lancer des investissements privés en Europe, qui à mon avis vont nous mener à des choses complètement inutiles pour les belges (genre création d'un super twitter limité à 12 caractères mais avec selfie!, par ailleurs où en est le projet galiléo et combien ça coûte?- et ces projets junckériens sont très partiellement financées: car le privé ne prend lui aucun risque! Vous entendez bien: le privé ne prend aucun risque! Par contre les gares de Liège, de Mons, les dépenses inutiles populistes (genre kart de couvin), c'est bien le PS et le CDH, ou les écolos tombés dans le panneau. De plus tous ces politiques stars sont là depuis bien trop longtemps A la poubelle! (si j'écris ça; c'est du populisme?) Mais, il y a du re-nouveau avec Charles (son nom est fils de personne). Ah! Ah! je ne vois rien de fait pour la classe moyenne par la droite! Baisser les charges (une obsession paranoiaque dans ce contexte de crise budgétaire), nous le finançons tous, donc, car vases communiquants obligent, il n'y a donc pas plus de baisse du budget de l'état qu'avant! Dans ce cas seules les grandes entreprises exportatrices bénéficient de cette droite (ce sont elles qui feront apparaitre un chiffre de croissance positif à la Belgique créant donc une vision tronquée, mais qui n'enrichira qu'elles: donc fossé accru! Et les petits indépendants verront ( mais pas très vite hélas) que le pouvoir d'achat des petits francophones -en baisse continue, merci le saut d'index- n'augmentera pas les ventes bien au contraire, et de nombreuses faillites sont à venir. http://www.rtbf.be/info/economie/detail_l-indice-pivot-ne-devrait-pas-etre-depasse-avant-2017?id=8973188 Ces petits indépendants ne voient visiblement rien venir (sauf ceux qui ont déjà fait faillite) même si la baisse des charges compensera partiellement leur perte de revenu et, comme d'habitude, aucun emploi supplémentaire ne sera créé! Par ailleurs enfin, les prix ne baisseront quasi pas.. surtout là où il y a monopole, entente et surtout utilisation indispensable (eau, électricité, assurances, frais bancaires, coûts de mises aux normes par ex dans l'immobilier, etc) càd rareté (car ne l'oublions pas, nos ressources s'épuisent). Il y aura inévitablement des arbitrages, et certains milieux de gamme seront laminés: un bon exemple est le restaurant moyen de gamme, en voie de disparition.(reste la pizzeria ou le resto de luxe) http://www.plan.be/databases/17-fr-indice+des+prix+a+la+consommation+previsions+de+l+inflation , En plus nous avons gagné que le MR (et donc la francophonie) est la succursale de De Wever, et corolaire, l'asymétrie de pouvoir en francophonie affaiblit cette dernière considérablement. Les premiers à souffrir (au delà des déjà pauvres, qui le seront encore plus) seront bien évidemment la classe moyenne et donc les petits indépendants francophones: beaucoup ont voté MR. Je vous ai fait un long article, Marcel, une fois n'est pas coutume...
      • Salade
        mai 07, 10:00 Reply
        autre exemple d'augmentation inexorable des prix (à salaire constant ou chomage): http://www.lesoir.be/871503/article/actualite/fil-info/fil-info-economie/2015-05-07/proximus-va-augmenter-ses-tarifs
      • Salade
        mai 08, 10:47 Reply
        de l'eau à mon moulin: http://www.lavenir.net/cnt/DMF20150508_00645298 Les PME constituent la quasi-totalité du nombre d’entreprises wallonnes, ce qui est moins le cas en flandre. Pour qui roule ce gouvernement fédéral?
  15. u'tz
    mai 06, 12:46 Reply
    juste un bémol Marcel je ne sais plus si c'est en supplément du sondage dont vous parliez la semaine dernière, ou si je l'ai lu dans le le soir ou entendu au jt de l'rtbf, ou si j'ai rêvé, mais on parlait de 20% à bxl et 30% en wal si l'fn des le pen se présentait en belgic... les experts sondeurs n'ont pas demandé apparemment si c'était hollande ou bachar el-assad qui se présentait...
  16. FredRemy
    mai 06, 12:53 Reply
    Et donc, au nom de la démocratie, ou plus tôt de votre idéal démocratique, vous foulez aux pieds son principe premier: la liberté d'expression. Cette attitude, purement belge, m'a toujours paru dangereuse et être la porte ouverte à toutes les dérives: pourquoi ne pas un jour interdire l'extrême gauche? ou le communisme? après tout, les idées de Staline étaient aussi dangereuses que celle de l'extrême droite. Ou interdire l'opposition ans les médias car ses idées me déplaisent? De plus, c'est une mauvaise réponse: la bonne réponse c'est de démonter point par point les arguments des extrêmes, pas de les interdire de parole, ça c'est meilleur moyen d'en faire un martyr. En réalité, tous ont peur de l'extrême droite et préfère l'interdire que de l'affronter. Et surtout d'affronter une vérité: lorsque les extrêmes de droite ou de gauche montent, c'est que les politiques "traditionnelles" ont échoué.
  17. L'enfoiré
    mai 06, 16:27 Reply
    "La démocratie détient les germes de sa propre destruction" ai-je souvent écrit. ... par sa perméabilité. http://fr.wikipedia.org/wiki/Extr%C3%AAme_droite_par_pays#Belgique Il y a eu le cordon sanitaire. Il n'existe plus parce qu'il était anti-démocratique.. ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Cordon_sanitaire_%28politique_belge%29 ) Marine Le Pen veut édulcorer son parti et pour cela elle efface son père de la course dans une lutte du pouvoir.
  18. L'enfoiré
    mai 06, 16:38 Reply
    Je remarque que vous parlez beaucoup de France et des Français. Cela fait pas mal de lunes que je les suis à la trace sur Agoravox. C'est dire que le socialisme et la vache à lait sont bien présentes. La France est à l'origine un pays de cultivateurs. De la terre, ils en ont encore beaucoup. Ce qui chez nous ressemble à une peau de chagrin quand on voit le nombre d'habitants au km2. On est sorti difficilement de l'ère industrielle pour entrer dans l'ère des services, plus porteurs aujourd'hui plus qualitativement que quantitativement;
  19. Zorro
    mai 07, 07:25 Reply
    Très belle article, comme toujours; c'est un plaisir de vous lire! Même si je ne suis pas d'accord sur tout, votre raisonnement est clair et bien construit. Je me permet juste de relever une chose: Les FEMEN, c'est bien ce groupe qui profane, entre autre, des églises( Croix passées à la tronçonneuse, simulation d'IVG avec du foie de veau sur un autel, etc..) ou qui déplore, entre autre, que la société ait été incapable d’éradiquer la mentalité arabe envers les femmes? Non parceque pour moi, Skinhead ou FEMEN, ce n'est que les 2 faces d'une même pièce. Et votre petit passage louant leur action du 1er mai sans préciser qui elles sont, c'est une peu comme si on disait qu'Hitler a fait de jolies peinture sans parler du reste( oui je sais, j'exagère.. mais je pense que vous avez compris l'image).
  20. Pfff
    mai 07, 11:32 Reply
    Tout arrive Excellent edito du Soir, sous la signature de Maroun Labaki : http://www.lesoir.be/871491/article/debats/editos/2015-05-07/non-l-europe-selon-cameron
  21. Pfff
    mai 07, 12:04 Reply
    Le VNV a fait son temps. BdW, génie du clivage, prend ses distances, sans faux-fuyants, avec le VNV, la collaboration, etc. http://www.lesoir.be/871387/article/actualite/belgique/2015-05-06/bart-wever-collaboration-etait-une-erreur-terrible-tout-niveau <i>Damage done</i>, il peut envoyer ses détracteurs se faire voir, dans une ultime pirouette. Ce n'était bien sûr qu'une question de timing.
  22. francolatre
    mai 11, 17:47 Reply
    Au soir des élections de 1991, la Flandre s'est retrouvée avec 12 députés du Vlaams Blok. La presse pouvait difficilement ignorer ce phénomène tout comme ce sera le cas en Wallonie si un jour l'extrême droite devait cartonner. Faut-il pour autant qualifier la presse flamande de complaisante? Quant au siphonnage du VB par la N-VA, on peut appliquer la même remarque concernant celui de la Volksunie auparavant par le Vlaams Blok. Cela s'explique par la persistance du nationalisme en Flandre, phénomène inconnu en Wallonie.
  23. adrien deguillaume
    octobre 01, 22:37 Reply
    Bonjour, votre article est intéressant même si je nuancerais quand même. Je ne pense pas que c'est les médias qui font le vote maintenant surtout avec internet et le manque de politisation de la nouvelle génération. Et ne pas oublié le rejet des politiques et médias qui lui apportent des votes.

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