EXCLU. Pour la N-VA, tout n’est pas à jeter dans Pegida…

NVAPegidaHier soir, sur Twitter, Filip Dewinter, passionnaria du Vlaams Belang et islamophobe impénitent, s’en prenait à Bart De Wever, le bourgmestre d’Anvers et président de la N-VA, pour avoir interdit le premier rassemblement de Pegida Vlaanderen (Pegida Flandre), à Anvers. Il s’agissait d’une promenade, sur le modèle de celles qui sont désormais organisées régulièrement en Allemagne par le mouvement dont les initiales signifient, pour rappel, Patriotes Européens Contre l’Islamisation De l’Occident.

Dans un twit revanchard, Dewinter publiait la photo d’une circulaire envoyée par la N-VA à ses mandataires.

Un coup bas du néonazi Dewinter : le document, authentifié, jette une lumière crue sur l’attitude de la N-VA envers les islamophobes.

(« Bart De Wever gère-t-il en tant que bourgmestre ou en tant que président de la N-VA quand il interdit Pegida ? La note N-VA est claire… »)

Car le contenu de la lettre nuance, pour le moins, l’attitude remarquable du ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) à la Chambre, la semaine passée. Dans un élan d’une sincérité visiblement réelle, Jambon avait en effet tancé le même Filip Dewinter après que celui-ci eut brandi un Coran devant l’assemblée en maudissant l’ouvrage (« la source de tous les maux, un droit de tuer […] ») et en précisant « qu’un tiers des mosquées relevait des salafistes jihadistes (sic) ». Jan Jambon lui a répondu sèchement qu’il avait brandi un livre pour lequel « beaucoup de gens dans le pays ont du respect, et pour qui ce livre est même sacré » et que Dewinter ne trouverait « dans l’hémicycle pas un seul parti pour soutenir le lien qu’il avait fait entre l’islam et le radicalisme ». Une déclaration saluée par tous les partis, de quoi faire oublier les errements précédents du ministre de l’Intérieur sur la collaboration.

Ce n’est pas la première fois que la N-VA montre un visage résolument opposé à l’islamophobie. Voici quelques années, au Parlement flamand, où le même Dewinter avait exigé d’une spectatrice qu’elle retire son voile islamique, le président du Parlement, Jan Peumans (N-VA), a soutenu la jeune femme, déclarant sur un ton ferme qu’elle avait le droit de porter ce qu’elle voulait dans l’enceinte de l’assemblée.

Anvers et contre tout.
Hélas, cette attitude n’est pas systématique dans le parti. À Anvers, Liesbeth Homans a ainsi asséné que le racisme était une donnée relative. Bart De Wever lui-même a lancé qu’Anvers « n’était pas à tout le monde », suggérant qu’il fallait aimer la ville pour en être un digne citoyen. Ceci à contre-courant du concept de citoyenneté : même le pire antibelge a le droit d’habiter Anvers, de s’en considérer citoyen et de bénéficier des droits liés à cette citoyenneté, tant qu’il ne viole pas le droit, comme l’a fait Fouad Belkacem par exemple. C’est évidemment difficile à gérer lorsque des salafistes radicaux prêchent la fin de la civilisation « des croisés », et il faut évidemment poursuivre ceux qui dépassent les limites établies par nos lois dès que possible. Mais ce n’est pas en violant nos propres principes que nous défendrons « nos valeurs ».

C’est là que le flou est artistique. Et c’est en profitant de la fragilité de cette frontière mal perceptible que la N-VA joue peut-être un jeu plus obscur. Car la lettre diffusée par Filip Dewinter a de quoi s’inquiéter. Son contenu peut rayer l’image immaculée donnée par Jan Jambon au parlement. Mais ici aussi, une nuance de taille s’impose : impossible de savoir si la circulaire révèle une certaine hypocrisie du parti ou si le ton plutôt pro-Pegida est uniquement inspiré par la nécessité pour la N-VA, qui a accueilli beaucoup de mandataires et d’électeurs venus du Vlaams Belang, de ne pas (trop) prêter le flanc à la critique de leur part.

Pour la N-VA, Pegida ne dit pas que des conneries.
Mais venons-en au contenu de la lettre de la N-VA. Elle est adressée « à tous les mandataires et présidents de sections ». Le problème ? Elle ne fustige pas Pegida Vlaanderen en soi. Le second paragraphe le dit clairement : « Bien que le mouvement Pegida en Allemagne soulève un certain nombre de justes préoccupations, l’image globale de l’organisation est trouble. […] Dans certaines villes, ce sont de vraies manifestations de citoyens, avec des tendances d’extrême droite à la marge [uniquement]. Dans d’autres villes, l’extrême droite et les néonazis ont la main. »

Ce qui inquiète apparemment la N-VA n’est donc pas le contenu du message de Pegida, mais bien le fait que l’extrême droite, dont elle veut se distancier à tout prix, est derrière certaines versions régionales du mouvement : « Tant que nous ne savons pas qui sont les moteurs de Pegida Vlaanderen, nous gardons en tant que parti une distance critique. […] Si parmi les personnalités qui organisent Pegida Flandre, des gens d’origine douteuse se cachaient, les médias et autres partis politiques ne manqueraient pas de l’utiliser contre nous. » Le parti de Bart De Wever ne veut donc pas être propulsé « dans le coin de l’extrême droite » par les autres partis politiques et les médias ! À cette fin, il recommande à ses mandataires de ne pas « aimer » la page Facebook de Pegida, de ne pas prendre position, ni pour, ni contre, en public et de ne pas manifester.

Mais envers le mouvement Pegida proprement dit, le parti est extraordinairement tolérant, dès lors qu’il considère que : « les exigences [de Pegida Vlaanderen] ne sont pas déraisonnables » ! Une attitude que je considère comme diamétralement opposée à celle de Jan Jambon au Parlement la semaine passée.

Avec Pegida, le peuple n’est pas guidé.
Car le programme Pegida ressemble furieusement à un amalgame entre musulmans et terroristes. Il recommande que les nouveaux venus « acceptent tous les droits et devoirs » liés à la citoyenneté — alors que la plupart des ultrajihadistes ne sont pas des nouveaux venus. Il appelle à un « vrai contrôle aux frontières », à l’éradication des « idéologies violentes et misogynes ». Cela signifie-t-il qu’il faut déporter les musulmans misogynes ? Les faire taire ?

Pegida rappelle aussi que « les gens en Europe ont le droit de travailler, de sortir et de s’habiller comme ils veulent, sans intimidation, insulte ou violence islamiste » mais aussi que « la culture européenne-chrétienne est la culture de l’Occident et doit être protégée et maintenue », ce qui est peu laïque et pour le moins euronationaliste. Il refuse d’ailleurs « l’islamisation avec des abattages rituels, des heures de natation séparées, l’obligation de manger halal à l’école, la destruction et l’adaptation de monuments historiques (?) ou la disparition de traditions populaires comme les crèches (??) et le Père fouettard (???).» Un doux mélange d’islamo- et de judéophobie : l’abattage rituel et heures de natation séparées relèvent aussi du judaïsme ; l’affirmation que le halal serait devenu obligatoire à l’école est excessive ; l’interdiction des crèches relèvent plutôt d’une réaction laïque que musulmane. Quant au père fouettard, sa disparition est une demande d’Africains subsahariens et n’a rien à voir avec l’islam. Bref, un savant mélange de « vrais problèmes » (la gestion du halal à l’école ; la pression sur les femmes pour qu’elles portent le voile dans certains quartiers) et des fantasmes visant à séduire les esprits faibles (crèches, père fouettard, abattage rituels, halal obligatoire, etc). Soit un programme qu’aucun parti d’extrême droite ne renierait.

Le poster vous sonne toujours deux fois.
Sur le poster qui reprend ce programme, à côté du sigle PEGIDA Vlaanderen, une petite poubelle recueille la svastika et le drapeau de l’Organisation État islamique, mais aussi un drapeau communiste (évoquant le PTB ?) et le sigle du Front antifasciste (extrême gauche) ! Mêler ainsi des symboles génocidaires et ceux de groupes qui n’ont aucun rapport avec l’islamisme ou le nazisme donne une idée du positionnement de base de Pegida. Une sorte de néoconservatisme antigauche et anti-antifasciste.

Comment la N-VA peut-elle affirmer que tout n’est pas à jeter dans Pegida alors que son programme focalise sur le seul islam — au bénéfice d’ailleurs d’une autre religion ou « culture », la chrétienne. Sous couvert de combattre un communautarisme musulman, Pegida défend en fait un autre communautarisme religieux. Et lorsque le manifeste « défend » la liberté de s’habiller comme on veut, Pegida évite soigneusement de faire mention des violences et insultes envers des musulmanes qui se promènent voilées. Seule la violence « islamiste » semble gêner ces gens.

Au minimum, ça s’appelle du populisme. Même si Pegida n’est (n’était) pas un mouvement d’extrême droite en soi, il participe activement à l’entretien d’une détestation ou au minimum à l’institution d’une méfiance sociétale envers toute personne qui « ressemble à un-e musulman-e ». C’est une dynamique de la peur, du rejet, la manipulation des angoisses populaires. Mais nous sommes dans une société qui n’autorise pas l’expression de la haine brutale. On ne la trouvera donc dans aucun discours officiel : même Filip Dewinter ne s’en prend pas ouvertement à « tous les musulmans », mais les atteint au travers du Coran, ce qui est considéré par beaucoup comme une « simple » critique de l’Islam.

Wilder(ni)s
Alors, extrémiste, Pegida ? Il faut fouiller plus loin pour voir à qui on a vraiment affaire. Sur le mur facebook de Pegida Vlaanderen, par exemple. Celui-ci est saturé de références à l’ultrajihadisme. Statut facebook après statut facebook. Tout est ensuite jeté dans un même paquet « islam ». On y trouve aussi le message de Geert Wilders (PVV, extrême droite islamophobe néerlandaise) aux manifestants Pegida de Dresde. Ce message est salué avec enthousiasme. Geert Wilders s’y écrie pourtant : « assez de l’islamisation, assez des élites politiques qui trahissent notre identité judéo-chrétienne, qui mettent l’avenir de nos enfants en danger, qui bradent notre pays et notre civilisation. » En quoi un tel message pourrait ne pas être xénophobe ?

Si le projet officiel de Pegida est l’anti-islamisme, dans ses commentaires Facebook, Pegida Vlaanderen s’avoue être « un mouvement antimusulman ». Et voilà L’antijournalisme est aussi bien ancré. Article après article, le mouvement vomit cette presse qui a une fois encore menti ! Chaque article journalistique (!) qui pourrait constituer une preuve du mensonge des médias est soigneusement épinglé. Et dans ces mêmes médias — bizarre, hein, que les médias accueillent des gens qui prétendent qu’on nous cache tout… — le porte-parole du mouvement, Wim Van Rooy, qui « connaît l’islam sous toutes ses coutures » (encore un islamologue — qu’est-ce que ça pullule de nos jours…), n’hésite pas à déclarer :  « Qualifier Pegida d’extrême droite ? Typique de journalistes paresseux qui ne savent rien sur rien. » Ou encore : « Le journalisme et l’Église du politiquement correct vont aller chercher tout ce qu’ils peuvent pour faire taire le mouvement, et intimider les gens et les partisans ».

J’imagine que ce billet, qui n’est autre que la mise en pratique de ma liberté d’expression, sera considéré par Pegida comme une forme d’intimidation. Ben voyons !

Meilleur islamologue qu’Europologue, Wim Van Rooy n’hésite pas à reconnaître que « l’Europe a connu un passé sanglant », mais il nuance en précisant que « ça allait toujours de pair avec la possibilité de critiquer et de se moquer ». Qu’il aille dire ça aux résistants allemands décapités par Hitler pour avoir osé distribué des tracts critiques, aux victimes de Torquemada qui n’ont pas dû rire souvent, à celles du colonialisme où les articles sur les mains coupées étaient évidemment censurés…

In memoriam 6 millions de Juifs et 500.000 Roms qui avaient le droit, selon Van Rooy, de critiquer la Shoah et même d’en rire ! C’est fou qu’ils ne l’aient pas plus utilisé… Enfin, voilà, l’autocritique n’a jamais été le fort des extrémistes.

Serre les fesses, bouc.
L’attitude des partisans de Pegida sur sa page Facebook révèle elle aussi l’effet de groupe d’une détestation organisée. Ainsi, sur le cas du médecin (ex Parti populaire) qui a publiquement annoncé ne plus accepter de soigner de couples « barbu – femme voilée ». Petite sélection de commentaires : « Ça doit quand même pas sentir bon sous une burka ». « [Il a] bien raison : ils veulent vivre au Moyen-Âge, donc ils n’ont pas besoin d’une médecine moderne ». « […] Je n’aiderai plus jamais un musulman, même s’il est en train de crever ». « Il a bien raison parce que s’’ils touchent une femme d’un barbu en tenue du désert, ils se prennent des coups, en plus ! ». « Boycotter l’islam commence par soi-même ! Gloire à ce docteur ! » « [Je leur ferais bien] une injection de sang de porc » Et last but not least, un certain Joz Mengele (référence au médecin nazi qui faisait des expériences sur des êtres humains, enfants inclus) assène « au moins un qui est malin !».

Pas du tout d’extrême droite, Pegida ? Mais alors pourquoi en Allemagne, les néonazis s’identifient si facilement à ce mouvement « populaire » ? Et pourquoi Filip Dewinter et le Vlaams Belang tiennent tant à le défendre ? Pas d’extrême droite ? Mais on les qualifie comment, ces partis qui s’en prennent aux « élites », sont rageusement anticommunistes, prétendent que les journalistes mentent, cèdent aux théories du complot, inventent des preuves quand elles manquent, rallient les crédules en jouant sur les peurs qu’elles alimentent elles-mêmes, détestent l’étranger, se fondent sur une identité nationale, prônent un Occident pur et chrétien ?

Ah ben oui, toutes ces caractéristiques ensemble, ça ressemble führieusement à de l’extrême droite.

Et la N-VA trouverai que Pegida ne dit pas que des conneries ? Il faut la confronter à ce document, lui demander de s’expliquer. Ou au moins la prier de revoir sa copie. Vite.

Quand presque tout est bon dans le Jambon.
Parce qu’aujourd’hui, la N-VA est le parti du gouvernement. Et après que Jan Jambon — considéré comme l’un des plus radicaux du parti — a donné un signe fort de bonne volonté au Parlement, il ne suffit pas d’espérer, il faut l’encourager à se nettoyer aussi de l’intérieur. À adopter une attitude aussi rigoureuse envers des mouvements comme Pegida que celle, intraitable, d’Angela Merkel. Ça n’oblige pas la N-VA à se voiler la face, comme bien des droitistes francophones le reprochent bêtement à la gauche : les communautés (religieuses et laïques) sont aujourd’hui en mode conflictuel. Nous devons être clairs sur le sens des valeurs que nous devons promouvoir (et pas les imposer — c’est absurde dans une démocratie, et on ne peut à la fois imposer des valeurs aux gens et les soupçonner ouvertement d’être incapable de les accepter).

Et cela ne passe en aucun cas par l’affrontement. Ni entre Flamands et Wallons, ni entre communautés religieuses, ni entre droite et gauche. Mais par la reconnaissance des excès de chaque minorité, de chaque communauté, politique, philosophique, religieuse, linguistique, ethnique, autant que par celle de ses souffrances et de ses discriminations.

Le programme de gouvernement était radical (qui s’en plaindra tant que nos libertés restent garanties ?) envers l’ultrajihadisme, mais n’abordait pas les discriminations islamophobes. Un peu comme si elles n’existaient pas. Il ne reste qu’à espérer que la N-VA prendra acte de leur réalité, et prendra toute la mesure du défi qui lui est soumis en tant que premier parti de la coalition. Le défi — complexe pour un parti nationaliste — de considérer la société dans son ensemble et de militer, comme le fit le ministre de l’Intérieur à la Chambre, pour un réveil commun, pour enfin progresser ensemble.

Le parti de Bart De Wever est-il en mesure de le faire ? Nous le saurons dans un prochain épisode.

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0 Comments

  1. uit 't zuiltje
    janvier 27, 21:51 Reply
    oooooooouf rassuré pegida n'est pas d'extrême droite c'est comme l'n-va alors qui n'est pas non plus d'extrême droite, (geen probleem, behalve het bestaan van n-vb mollen in zijn troep) on a eu chaud nous les bobos de gauche, déjà que jambon se diversifiait par un (petitplezier) de winter pret au parlement où il a dit que tout les membres d'une communauté ne sont pas des fanatiques (un peu comme tous les flamands ne sont pas nationalistes sans doute) et ça plaît parlementalement... syrize sur le gateau ya la super-bdwomans, ministre n-va de l'intégration, la dérivation et de la lutte finale contre les pauvres, bétail de l'histoire... http://www.rtbf.be/info/belgique/detail_liesbeth-homans-nva-irrite-la-majorite-flamande?id=8857606
    • uit 't zuiltje
      janvier 28, 19:53 Reply
      puis Marcel vos n'êtes pas objectif, ni assez subjectif, ce n'est pas pegida, mais c'est pegida-...vlaanderen, pegida-et-le-petit-mot-magique :)
    • uit 't zuiltje
      janvier 29, 00:23 Reply
      enlever la nationalité d'un type qui ne convient pas au régime politique = truc de nazi même l'arabe de service (qui n'a évidemment pas volé sa place) au ps n'a pas l'air de tenir la distance là-dessus
  2. Tournaisien
    janvier 28, 00:02 Reply
    Je vous livre ici le lien d'un site web récemment mis en ligne par la nouvelle communauté musulmane implantée, à Tournai, à l'extérieur de la ville, près de la carrière de Barges. Cette communauté, je vous le signale, est concurrente de la communauté officielle, dont la mosquée est située à l'arrière de la rue Sainte-Catherine : http://www.aimm.be/pages/le-hijab/les-pretextes-pour-ne-pas-porter-le-hijab.html. Elle est suspectée par les autorités de dérives potentiellement sectaires et intégristes. À vous de juger en consultant le site. Dans cet article posté, accessible directement sous le lien, il est fait l'apologie du voile (du hijab) en s'appuyant sur 10 argumentations énoncées en mode "prétextes" (prétextes, sous-entendu fallacieux, pour ne pas porter le voile, et qui sont bien sûr récusés). Or le 10e prétexte dit ceci : "Par contre, lorsque tu te découvres et dévoiles tes charmes, tu t'embarques dans la galère de Satan et de ses alliés que sont les hypocrites et les infidèles, et quels mauvais compagnons !". Pour rappel, le mot "infidèles", dans le vocabulaire de l'Islam, désigne les chrétiens, et par extension les Occidentaux, qu'ils soient chrétiens ou laïcs (athées ou agnostiques). Ils sont ici très clairement assimilés aux œuvres de Satan. Ce texte pose un énorme problème sur le fond : un musulman peut-il décemment cohabiter avec des suppôts de Satan ? Lui est-il donc permis de côtoyer, de sympathiser, d'échanger avec des infidèles, embarqués sur la barque de Satan ? Non bien sûr ! Autre question : ce jugement est-il rédhibitoire ? Tous les Occidentaux sont-ils donc supposés être des infidèles, être au service des œuvres de Satan ? A priori, pas nécessairement, sauf que l'une des justifications données pour que la femme musulmane, systématiquement, porte le hijab est, précisément, qu'elle risque d'allumer la convoitise des "hypocrites" et des "infidèles", et que cette injonction s'adresse bien à toutes les femmes musulmanes de la communauté musulmane de la région tournaisienne. A priori, nous tous, pauvres autochtones des environs de Tournai, nous en sommes donc bel et bien potentiellement réduits à ce statut d'infidèles, de suppôts de Satan. Syllogisme ? Raccourci du raisonnement. Je n'en suis pas si sûr. Car l'une des conséquences de ceci, outre le fait que toute communication se trouve de facto coupée entre les femmes musulmanes de cette communauté et les Belges du crû (qui sont, dans leur majorité, très loin s'en faut, loin d'être des lubriques pervers) est la rupture de fait de contacts, de rapprochements, d'échanges, entre ladite communauté et la population locale, tournaisienne, belge pour l'essentiel, ce qui à court ou moyen terme ne peut qu'aboutir à un repli de nos amis musulmans sur eux-mêmes, coupés du reste de la population, vivant de facto en quasi autarcie. Est-ce le "vivre ensemble", l'"esprit de tolérance" que 3 millions 700.000 Français, à la mi-janvier appelaient de leurs vœux après le terrible attentat de Charlie Hebdo ? Est-ce donc cela le "vivre ensemble" qui devrait être l'obligation logique, contrepartie à l'installation de populations d'origine étrangère conservant leurs us et coutumes, leur foi, leurs rituels, que nous avons, nous "Occidentaux", d'ailleurs toujours respectés ? Cette petite phrase à elle seule soulève un énorme problème, de même d'ailleurs qu'une grande partie du post repris sous le lien. Il y a là une vraie question, une question qui, idéalement, devrait être débattue entre les membres de cette communauté et les représentants de la société civile de notre ville, de sa population.
    • atanahan
      janvier 29, 10:35 Reply
      Comme quoi, quand vous ne vous prenez pas pour un imam de bar à chicha ou un historien qui inverse le cours du temps, vous pouvez être assez pertinent. Effectivement, aucun "vivre ensemble" n'est possible à partir de tels préceptes réactionnaires et ce type de discours devrait être fermement dénoncé, non pas à partir de son corpus théologique (en l'occurrence, RIEN dans le coran ne justifie le port du hijab), mais bien à partir de la simple convivance. Là où vous vous égarez, c'est en parlant d'us et coutumes et de rituels. La dérive ostentatoire actuelle n'a en effet rien à voir avec une quelconque "culture" des origines mais bien avec une dérive sectaire.
      • Tournaisien
        janvier 29, 23:35 Reply
        Dieu vous entende ! À quand des mariages mixtes entre occidentaux et musulmans, mariages où les femmes seraient musulmanes ? Ce jour-là, le problème sera derrière nous, croyez m'en. L'un de mes fils a une petite amie protestante ; un autre une petite amie agnostique. Le petit ami de ma fille aînée est juif. Ma seconde fille porte un prénom juif (je suis pourtant catholique), qui ne se porte que dans le monde hébraïque. Et je serais si heureux que l'un de mes deux autres fils ait une copine musulmane et que l'autre ait une copine orthodoxe !
        • Tournaisien
          janvier 29, 23:36 Reply
          Je précise : ce commentaire n'est pas un caprice littéraire. C'est rigoureusement exact.
        • Marcel Sel
          janvier 30, 00:58 Reply
          Vous seriez etonné. J'ai pas mal de couples "musulmane"-otchoz autour de moi. Y compris maries (mariage civil généralement).
    • uit 't zuiltje
      février 02, 00:24 Reply
      perso être suppôt de satan donne une certaine satisfaction existentielles... et quelques réflexions sur le site qui vous fascine: 1)« lâ ilâha illâ allah » & momo ange d'allah, la lumière : entendre la musique et obéir, ou briller : réfléchir la lumière 2) obéir à sa mère plutôt qu'à celui qui la créée, c'est mieux comprendre les femmes que leur créateur 3) une sœur qui se dérobe à la mode islamique du fichu sur la tête qu'il soit prolo, blingbling ou glammour est quasi à poil... pour les vrais guidés 4) le voile ne doit pas être en goretex, en thermolactyl ou en néoprène, sinon bonjour l'enfer. 5) « l’œuvre la + aimée de dieu étant celle qui est la plus durable, si peu soit-elle » trois minutes de hidjab tous les jours suffisent pour rester humble, s'essuyer les cheveux après la douche par ex., faire ce à quoi on exhorte ma sœur et la conforte dans sa soumission de guidée goûtant les ordres de dieu 6) ne pas porter le hidjab protège ma sœur du mariage comme la capote protège ma copine de mes mst 7) si ma sœur préfère ses cheveux au hijab, elle se moque du prophète qui était chauve sous son keffieh , c'est pas sympa 8) si ma sœur est suffisamment maligne dans la recherche de la droiture, elle l'atteindra sans moi inch allah (hahaha) 9) l'ange de la mort va au sport divers et oublie celles qui n'en ont rien à foutre 10) boire dieu ou se conduire sans-dieu il faut choisir toutes les religions ont leurs limites
  3. Capucine
    janvier 28, 09:57 Reply
    la NVA et le VB ne s aiment pas ,c est vrai que jambon paraît plus fréquentable quant à De winter même son chien ne l aime pas et cela est très mauvais signe.??
  4. Hansen
    janvier 28, 11:23 Reply
    Le MR s'est allie à la NVA qui ne se distancie pas clairement de Pegida défendu par De Winter dont beaucoup de partisans se sont ralliés à la NVA qui a réussi à diriger la Flandre et maintenant la Belgique gràce à la traîtrise du MR. Un tas de feux culs, on en est revenu à la politique de Chamberlain. Mais maintenant on doit se défendre contre les djihadistes parce que par manque de prévoyance et de rigueur dans l'éducation au respect des uns par les autres qu'ils soient laïcs, athées, agnostiques, croyants ou même éclectiques à la chinoise. On a oublié que l'essentiel n'était pas le matérialisme économique et le repli identitaire pour mieux tirer la couverture à soi et on est plongé dans un nouveau type de guerre comme l'a bien décrit Jean d'Ormesson. Une guerre où nous sommes tous des combattants. Si tu ne viens pas aux djihadistes , ils viendront à toi. C'est comme la politique. Tu dois voter que tu le veuilles ou non et si tu ne veux pas t'occuper de politique, elle s'occupe de toi.
  5. Capucine
    janvier 28, 16:02 Reply
    Cela me rappelle un livre de Romain Gary :"chien blanc"

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