Le bon communiste, la brute politique et le truand Caterpillar. Erratum et addendum.

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Image Pixabay.

Erratum.
L’internet est un outil formidable. Il permet, lorsqu’on a mal interprété des chiffres pendant son enquête, de corriger son erreur, et de modifier, s’il y a lieu, ses conclusions. Une opportunité dont le journliste ne fait pas souvent usage, pourtant. Un article erroné sera généralement, soit simplement retiré, soit laissé en l’état. Or, t
oute analyse est  temporaire. De nouvelles informations, ou une info passée inaperçue pendant l’enquête, peuvent modifier le point de vue et les conclusions. A-t-on peur que la transparence affaiblisse la démonstration ? L’erreur doit être assumée quelles que soient les conséquences pour le rédacteur. On n’écrit pas pour soi mais pour l’intérêt public.

Dans l’article qui suit, après rédaction, j’ai vu que le PTB affirmait que le dividende Caterpillar Inc. avait crû sans interruption depuis 22 ans. Cela ne correspondait pas à mes chiffres. J’ai donc revérifié et donné humblement raison (sur ce point seulement) au PTB : l’action a bien cru sans arrêt depuis 22 ans. La raison pour laquelle mes chiffres d’avant 2004 différaient est simple mais un peu technique : en 2005, Caterpillar a offert à ses actionnaires 2 actions pour une — ça m’avait échappé. Cela signifie que le dividende sur chaque action possédée avant ce split était à diviser par 2. Cela ne change pas grand chose à ma démonstration. À cela s’ajoutent à l’inverse des informations que je ne possédais pas encore, qui la renforcent  Les modifications que cela implique sont en gras italique ci-après.

Dès l’annonce de la fermeture de Caterpillar Gosselies, les médias ont reçu les chiffres du PTB, et certains les ont reproduits sans beaucoup de précautions. Sauf que, comme d’hab, ils étaient joliment tronqués. Mais le très grand méchant loup fabriqué par le parti communiste a fini par se dégonfler. Au point qu’aujourd’hui, après avoir accusé l’entreprise, la direction, le marché, les syndicats, le capitalisme, et pourquoi pas la mère Denis, médias et politiques en sont réduits à pointer du doigt l’actionnaire, ce salaud ultime, insaisissable, ce milliardaire caché. Ou à faire mine de se fâcher parce que la direction n’a pas répondu à l’ordre (étrange) de se rendre au Parlement belge pour s’expliquer. Pour info, la Belgique représente quelque 2 % du bénéfice après impôts de Caterpillar Inc.

Toutes ces accusations ne répondront pas à la question fondamentale : pourquoi 2.200 emplois (et plus encore chez les sous-traitants) vont-ils disparaître à Charleroi ? Le citoyen n’a pas seulement droit aux faits, sans biais idéologique, il en a besoin, pour comprendre.

Or, dès l’annonce de la fermeture, le PTB a sorti des chiffres fumeux, repris jusqu’à la… RTBF qui, samedi dernier, affirmait par exemple gaillardement que « certaines années, Caterpillar a été taxée à seulement 4 % ». Et puis, imaginez : 150 millions d’intérêts notionnels ! Pfouh, ça décoiffe. Et 12% de croissance des dividendes en un an ! Good lord ! Quel pillage du prolétaire ! Et ce bénéfice mirobolant ! Et cette usine de Gosselies si profitable qu’on ferme sans raison ! Et ce tout-aux-actionnaires. Et ces soupçons de fraude massive.

Mais qu’est-ce qui est vrai dans tout ça ? En fait, très peu de choses.

Intérêts et principal.
D’abord, une remarque : en évoquant 150 millions d’intérêts notionnels, le PTB sait que le lecteur non-informé va en déduire que Caterpillar aurait payé 150 millions d’impôts de moins que la normale. C’est faux. Ce n’est pas le chiffre de « l’impôt impayé », mais bien de la somme déduite du total imposable (le montant utilisé pour calculer l’impôt, donc). La « perte » pour le fisc belge serait donc d’environ 33% de ce montant, soit 50 millions. Mais c’est sur 10 ans. Le bon chiffre à retenir est donc de 5 millions par an (et, dans les faits, un gros 4 millions sur l’année 2015). Abracadabra, en deux coups de cuillère à pot, le machin s’est dégonflé de 150 à 5. Parce qu’il n’y a aucune raison d’additionner les années pour gonfler les chiffres, saut si l’on veut impressionner le lecteur.

Cinq millions par an, c’est beaucoup d’argent, certes. Mais, de un, les intérêts notionnels sont parfaitement légaux (pour toutes les entreprises — les PME bénéficiant même d’un taux plus élevé) et attirent des entreprises en Belgique. Pas toujours de l’emploi, ni de l’impôt, mais ici, on peut clairement se demander si ce principe fiscal n’a pas permis de garder l’usine de Gosselies active quelques années de plus.

De deux, cinq millions par an, c’est très, très peu à côté des 159 millions consacrés en 2015 à l’emploi, rien que par la filiale la plus importante de Gosselies, à savoir Caterpillar Belgium SA (il y en a deux autres sur le site). J’ai choisi de me concentrer sur celle-là parce qu’elle représente le gros de l’emploi hennuyer (1.670 salariés en 2015).

Remettons donc les choses en contexte. En 2014 (une très bonne année pour l’entreprise), Caterpillar Belgium SA a payé 235 millions d’euros en frais de personnel, soit l’équivalent, déjà, de plus de 30 ans d’impôts sur les intérêts notionnels tels que décrits par le PTB ! Ces frais de personnel incluent 45 millions de sécurité sociale « patronale » auxquels on doit ajouter l’ONSS payée par les salariés, soit environ 22 millions*. À cela s’ajoutent 27 millions de précompte professionnel. Rien que sur l’emploi, l’État et la sécu ont donc perçu 94 millions.

L’État et les collectivités ont également perçu 2,7 millions de taxe d’exploitation, l’impôt sur le bénéfice — 5,9 millions d’euros — et l’impôt sur les dividendes perçus exceptionnellement cette année-là, soit 7,6 millions d’euros* (j’y reviens). Autrement dit, Caterpillar Belgium SA a, ensemble avec ses salariés, rapporté 44,2 millions d’euros à l’État et à la collectivité, et contribué pour 67 millions à la sécurité sociale au sens large en 2014. Je dirais quand même « merci pour ce moment (de 51 ans) ».

20 millions de dollars au soleil des propagandistes.
Le PTB, et quelques journaux infusés subtilement au parfum coco à la noix, utilisent pourtant ce bilan 2014 comme la preuve de la rapacité de l’entreprise ! Caterpillar Belgium S.A. n’a, selon eux, payé en 2014 que 5,8 millions d’impôts sur un bénéfice de 40 millions. Soit seulement 14,5 % d’impôts de société.

[Paragraphe modifié suite à une remarque judicieuse de Riton Laveur (voir commentaires) : il n’y a pas eu de prélèvement de 27% sur les dividendes comme je l’avais indiqué précédemment, puisqu’ils passaient d’une société fille à une société mère]
Faux. La moitié de ces 40 millions de bénéfice déclaré dans les comptes de résultats publiés par la BNB (soit 20,5 millions) sont en fait des dividendes versés à Caterpillar Belgium SA par une société qu’elle possède à 99,9%, Caterpillar Special Services Belgium. Or, ces dividendes, provenant principalement d’une filiale de cette dernière, Solar Turbines (Belgium) avaient déjà été taxées à titre de bénéfice, et on ne peut taxer deux fois, faute de quoi , on arriverait dans le cas présent à un taux nominal (avant DNA et déductions), de près de 100% (33% chez Solar Turbines, 33% chez Special Services et 33% chez Caterpillar Belgium).

Sur les 40 millions de bénéfice de 2014, Caterpillar Belgium SA n’a donc pas payé 14 %, mais bien plutôt 29 % d’impôts (environ 5,9 millions d’impôts sur 20,5 millions de bénéfice).

Si nos experts en désinformation du PTB, qui font la leçon à Charles Michel (« les chiffres sont accessibles à tous sur le site de la BNB ») avaient pris la peine de lire le Rapport de Gestion qui se trouve sous le bilan, ils auraient appris que « le bénéfice d’exploitation s’élève à 20.455.389,34 € en 2014 » Et pas 40, comme repris sur le bilan. Ce rapport explique aussi l’apport en dividendes.

Et donc, en 2014, comme tous les ans, même après avoir déduit les intérêts notionnels, Caterpillar Belgium SA a réellement payé un taux assez cohérent d’impôts sur ses bénéfices, sur son exploitation, en plus de l’apport fiscal et social considérable de ses salariés qui, bien sûr offrent leur travail, mais c’est tout de même Caterpillar qui a créé les opportunités d’emploi. On le sent bien quand l’entreprise s’en va.

Le tax shelter s’en ressentira également, puisque Caterpillar Belgium avait, à elle seule, versé 750.000 euros en 2014 à ce titre. Peut-être, qui sait, pour le prochain film des Frères Dardenne. Une optimisation fiscale au service du 7e art que le PTB lui reproche aussi, pourtant !

Multipliez les chiffres PTB par 10 SVP.
Venons-en aux 3 % d’impôts assénés par le PTB, qui a fait son petit bout de chemin dans la presse. Là aussi, on a affaire à une grosse manip. Il s’agit de l’impôt moyen payé entre 1994 et 2015 par une seule filiale financière belge, Caterpillar Group Services.

Le parti a simplement isolé la société du groupe qui payait le moins d’impôts dans le but de faire croire que « Caterpillar » bénéficiait d’invraisemblables exemptions fiscales. Beaucoup de journalistes ont repris ce chiffre sans moufter. Déjà, isoler une entreprise de son groupe pour prétendre qu’elle paye généralement très peu d’impôts, c’est zarbi. C’est un peu comme si on vous accusait de ne pas payer d’impôts sous prétexte que vous avez un compte épargne non taxé, sachant que par ailleurs, vous payez, par exemple, 35% d’impôts sur votre travail.

Mais en plus, Caterpillar Group Services bénéficiait, jusqu’en 2005, du statut de centre de coordination, condamné ensuite par l’Union européenne. En gros, la Belgique permettait de réduire drastiquement l’impôt d’autres filiales européennes. Cela signifie que jusqu’en 2006, les montants imposés ne provenaient que partiellement de l’activité belge.

Ce n’est donc pas le fisc belge qui a été grugé par Caterpillar, c’est avant tout la Belgique qui a grugé le fisc d’autres pays, pour importer des capitaux à bon marché, attirer des centres de coordination, et créer de l’emploi. Cinq ans après l’interdiction de ce mic-mac fiscal qui nous rapprochait du Panama, le bénef avant impôt déclaré par la filiale financière était logiquement passé de 33 millions (maxi, en 2005) à 4,7 millions (en 2010). Sachant que l’impôt était encore moindre du temps des centres de coordination (moins de 1% entre 1994 et 2004 pour la filiale en question), et que ce temps est révolu, il est aussi malhonnête de prendre ces années-là pour calculer la moyenne du taux d’imposition de la filiale. Si on la calcule depuis 2006, on obtient 8,24 %. 

Aujourd’hui, certains journaux, avec le monde politique et syndical, crient haro sur la Suisse, parce que Caterpillar Belgium a cédé, en 2001, la propriété sur les machines construites et les pièces à Caterpillar sarl, à Genève. On peut soupçonner que l’optimisation fiscale a joué. Mais à Genève, le taux d’imposition reste de minimum 11%, et selon la Banque Cantonale Neuchateloise, après ruling, Caterpillar sarl y payait 4 à 7% d’impôts réels, soit bien plus que les moins de 1% possibles pour les centres de coordination en Belgique, qui n’ont disparu qu’après que l’Union européenne l’a imposé, en 2005-2006, soit quatre ans après. Nous n’avons donc aucune leçon à donner aux Suisses. D’ailleurs, la Belgique refuse encore aujourd’hui de réclamer les 700 millions d’euros qu’elle a généreusement passé au bleu à de grandes entreprises par des rulings trop avantageux.

Mais comme je le disais, prendre le taux d’imposition d’un seul membre du groupe n’a pas de sens. Surtout quand il s’agit d’une société qui ne fait que 8% du bénéfice global belge ! C’est à ma connaissance Xavier Counasse, du Soir qui nous a, le premier, calculé l’imposition réelle globale pour 2015. Et là, oubliés les 3,4 % : l’an passé, les filiales les plus importantes de l’entreprise ont fait, ensemble, 67 millions d’euros de bénéfice avant impôts, déduit 11,61 millions d’intérêts notionnels, et payé 19,59 millions d’impôts. Soit un taux d’imposition réel de 29,22 %. Pas tellement moins que le taux nominal de 33,9 %. Et cela, après déduction des intérêts notionnels.

Bref, pour obtenir un chiffre honnête proche de la réalité, il suffit de multiplier celui du PTB par… dix !

Le délégué syndical qui a des trucs à révéler, mais on ne sait pas quoi.
Plusieurs journaux évoquent aussi les calculs d’un « délégué syndical » qui aurait, nous dit-on, reconstitué les mouvements de capitaux de l’entreprise, et découvert qu’ils passaient par la Suisse et le Delaware. Mais de quels fonds parle-t-on ? S’agit-il de millions ou de milliards ? De 0,1% du bénéf ou de 90% ? Ça change tout, mais on ne le sait pas. Y a-t-il vraiment fraude, ou optimisation radicale (comme chez Apple ou Uber) ? Ou plutôt un transit avantageux mais parfaitement légal, relativement faible ? Aucune idée. D’autant que ce délégué, Guy Raulin avoue ne pas savoir grand chose. Et fait des déclarations étranges. Il affirme ainsi que des bénéfices belges passent par cette filière. Or, ces bénéfices ont déjà été taxés en Belgique et ne peuvent donc , en principe, plus l’être aux USA. On cherche en vain le bénéfice qu’en tirerait l’entreprise. 

Depuis, Le Soir a publié un article plus fouillé intitulé d’une façon étrange « Voici le contrat qui a vidé les caisses de Caterpillar Gosselies », où la Suisse est pointée du doigt. Le travail de Guy Raulin semble avoir permis au Soir de « tomber » sur  ce contrat établi en 2001 entre une filiale suisse et une belge, et présenté comme anormal parce qu’il convertit Caterpillar Belgium en simple prestataire de services. Les machines produites en Hainaut ainsi que la gestion commerciale (achats, vente) étaient cédées à la Suisse. Caterpillar sarl (à Genève) rémunérait Caterpillar Belgium pour les prestations de montage. Grave ! Même Thierry Afschrift trouve le moyen de s’en indigner, comparant Gosselies aux sweatshops du… Bengladesh.

Séparer les activités commerciales et la production, c’est pourtant ce que font des tas d’entreprises de partout, y compris de Belgique, avec des filiales étrangères. Il s’agit d’optimiser les ressources en les regroupant, et bien sûr de trouver la meilleure solution fiscale pour chaque activité. Mais tant qu’aucune malversation n’est détectée, il n’y a rien d’anormal, scandaleux, et le haro sur « la Suisse » qui a suivi sur les réseaux sociaux frise même la xénophobie. 

En fin d’article, Xavier Counasse évoque une enquête américaine sur Caterpillar sarl (Genève). Mais celle-ci ne porte pas sur des malversations intra-européennes éventuelles, mais sur le fait que la filiale aurait thésorisé des bénéfices en Suisse plutôt que les rapatrier aux US, pour une taxation éventuelle, et le fait que Caterpillar Genève ait fait imposer en Suisse le bénéfice de transactions commerciales qui auraient eu lieu physiquement aux États-Unis, ce qui est illégal aux USA. Mais la Suisse étant dans l’espace Schengen (libre circulation des biens), il n’est pas sûr du tout que cela ait le moindre rapport avec Gosselies, ni même qu’il y ait eu des malversations qui pourraient être juridiquement condamnables en Europe. Alors que les journaux, les politiques et les syndicats nous inondent de « preuves » de soi-disant scandales, on attend donc toujours une vraie révélation. Pour l’instant, tout le monde semble être en roue libre.

Le fait est qu’en Belgique comme aux USA, Caterpillar paye au final quand même des impôts assez importants sur ses bénéfices : de l’ordre de 24% pour Caterpillar Inc (certains impôts étant payés dans des pays ou régions à 11 ou 12% d’ISOC, comme le Canton de Genève par exemple, ce n’est pas si peu qu’il y paraît). Pas de triche démontrée de ce côté-là. Bien sûr, il doit y avoir des mécanismes d’achat ou de vente de brevets ou de propriété intellectuelle entre les sociétés, et peut-être les a-t-on gonflés pour réduire les impôts payés ici ou là. Mais de nos jours, l’argent ne disparaît pas. Tout ce qui part d’un endroit est repérable, au même titre que ce qui arrive. C’est d’ailleurs pour ça que l’Union européenne est parvenue à chiffrer précisément l’impôt non payé (selon elle) par Apple à l’Irlande.

On a aussi évoqué des aides régionales massives dont aurait bénéficié la société. Pour lire après qu’elles n’ont apparemment pas été octroyées à Caterpillar parce que l’entreprise ne voulait ou ne pouvait pas garantir un maintien de l’emploi et qu’elle ne faisait pas de recherche et développement (R&D) en Belgique. Des aides massives, admettons. Mais lesquelles ?

Licence to Cat.
On affirme encore que l’entreprise a licencié à tort. Qu’elle aurait pu garder le personnel. C’est oublier qu’une société n’est pas là pour employer des gens, mais pour produire et récolter la différence entre le chiffre d’affaires et les frais de production. Cela permet de payer les « intérêts » sur les actions qui représentent (très schématiquement) l’argent que le public (« les actionnaires ») a versé pour permettre à l’entreprise de grandir, voire d’exister.

Au passage, cela crée de l’emploi et de la richesse. Sans les actionnaires de départ, et sans ceux qui ont participé aux augmentations de capital, Caterpillar n’aurait pas existé ou n’aurait pas créé le site de Gosselies. Les communistes contestent cette vision capitaliste qui, de fait, crée aussi pas mal de problèmes. Mais c’est le monde dans lequel on vit et tant qu’on ne sera pas en Europe soviétique, c’est à celui-là que nos politiques doivent s’adapter. Au lieu de ça, ils gesticulent en désignant des coupables (Caterpillar, les Suisses, les ingénieurs, la direction) ou en évoquant des actions en justice ou même une réquisition, trompant l’opinion publique sur la réalité du problème. Dans Le Vif, un membre de la LCR reproche même aux extracteurs de matières premières de ne pas avoir prévu la crise de l’extraction 10 ans à l’avance. Nostradamus, revient, ils sont devenus encore plus fous que toi !

Les affirmations les plus récurrentes sont : les actionnaires sont trop gourmands et reçoivent trop en échange de leur participation financière ». Et : « il est scandaleux qu’une entreprise en bénéfice licencie du personnel, et ferme une usine. » Dans les deux cas, c’est à côté de la plaque.

Répondons d’abord à « Caterpillar ne devrait pas licencier parce qu’elle fait du bénéfice à Gosselies »  En 2015, Caterpillar Belgium SA (la filiale principale de Gosselies) employait 1.711 équivalents temps plein pour un coût total de 96 millions d’euros (frais de personnel). L’année précédente, la filiale avait employé 2.213 équivalents temps plein pour un coût de 160 millions d’euros. Bien sûr, les licenciements massifs sont amortis sur plusieurs années, ce qui tronque les chiffres. Mais disons schématiquement qu’en un an, les départs ont donc permis une baisse du coût du personnel de 64 millions d’euros.

Le chiffre d’affaires (de 374 millions en 2014), a baissé dans le même temps à 290 millions. Soit 84 millions de moins. Un rapide calcul permet de voir qu’avec le même personnel et le même coût qu’en 2014, en 2015, l’entreprise n’aurait pas fait un bénéfice de 16,5 millions avant impôts, mais bien une perte de… 79,5 millions ! Et elle n’aurait alors pas payé d’impôts du tout. Et aurait juste eu une meilleure raison de fermer.

Donc, une entreprise qui attend que ça aille mal pour licencier court à sa perte, et dans ce cas-ci, à la perte de 100.000 emplois dans le monde. Énormément d’entreprises ont périclité parce qu’elles avaient attendu d’être dans le rouge pour licencier : un plan de licenciement coûte cher. Très cher. Or, entre 2014 et 2015, Caterpillar a perdu 17% de son chiffre d’affaires, principalement hors des États-Unis. Et diminué son bénéfice de moitié. Bref, si le licenciement est une catastrophe pour les 2.200 salariés de Gosselies, celui-ci permet aussi de maintenir l’emploi dans des tas d’autres usines. On peut même inverser les rôles : combien de ces 2.200 salariés ont pu garder leur emploi jusqu’an 2016 grâce aux 8.000 pertes d’emplois ailleurs dans le groupe à cause de la crise de 2008 ?

L’actionnaire, c’est vous, c’est vou-ouuuuuus
Enfin, quand on a épuisé les possibilités de critique raisonnable de l’entreprise, on tombe sur le râble de l’ultime coupable : l’actionnaire. Rendez-vous compte, le dividende Caterpillar USA a grimpé de 12% en un an, quelle horreur ! Oui, ça paraît beaucoup. Mais comme pour les autres chiffres, les questions à poser sont : 12 % par rapport à quoi ? Et ensuite : pourquoi une telle augmentation ?

La réponse apparaît rapidement quand on se met à la place de cette grosse salope dégueulasse d’actionnaire. Au passage, si vous avez quelques actions au travers d’un plan d’épargne quelconque, ou de fonds de pension ou encore, en tant que salarié de Caterpillar, vous êtes peut-être l’un de ces méchants pas beaux. Sans le savoir. Oups.

Dans ce cas, vous regardez deux choses : la croissance de votre portefeuille (autrement dit, l’augmentation des valeurs de vos actions), et les dividendes que vous percevez tous les trimestres. Sachant que, sur ces dividendes, vous payez 27% de précompte mobilier en Belgique, vous vous attendez à un minimum de 2 ou 3 %, non ? Alors, ce méchant actionnaire de Caterpillar, il a pris combien ?

Le PTB vous dira qu’en 1999, les dividendes étaient 6 fois moins élevés qu’aujourd’hui : 0,6375 $ par action, contre 3,01 $ en 2015. Aleeeeerte, crie Raoul Hedebouw : ils ont sextuplé leurs dividendes en 17 ans ! Les salauds ! Banzaï ! Qu’on leur coupe les couilles avec une faucille après les avoir écrasées au marteau !

Sauf qu’en 1999, l’action Caterpillar ne valait qu’entre 27,5 et 32 $, selon les jours. En 2015, cette même action valait deux à trois fois plus : de 64,98 à 91,88 $. J’ai calculé pour vous : si l’on retire les 27% de précompte mobilier en Belgique, ça signifie que l’actionnaire a obtenu, en 2015, entre 2,4 et 3,4% de la valeur de son investissement. En 1999, il en puisait entre 1,4 et 1,7 % (et non entre 2,9 et 3,4 % comme je l’avais écrit précédemment). En 2000, il en recevait entre 1,8 et 3,2%. En 2011, entre 1,2 et 1,6.
Parce que l’actionnaire Caterpillar a aussi connu de moins bonnes années, encore récemment. Ainsi, de 2011 à 2014 il ne pouvait espérer (en net) que de 1,2 à 2,1 % de la valeur courante de l’action en dividendes. Mais il y a un moment où il faut offrir un revenu un tant soit peu décent, sinon, ben l’actionnaire, il s’en va voir ailleurs (pourvu qu’il puisse vendre ses actions sans perte) ou n’achète pas, et la valeur de l’action baisse. La crédibilité de l’entreprise avec. Et ses possibilités de refinancement aussi. Or, Caterpillar a, en plus, une réputation de bon rendement à tenir. Alors, oui, le dividende a crû. Mais pas toujours de façon suffisante pour que l’action bénéficie à l’actionnaire.

C’est d’ailleurs devenu un problème général. Prenez d’autres grandes entreprises cotées en bourse (IBM par exemple). Presque toutes font grimper leur dividende de façon continue. Depuis 2008, ils sont carrément déconnectés du bénéfice. Qu’il soit minuscule ou énorme, le montant des dividendes prend 5 à 15% par an, invariablement ! Le mouvement s’est accéléré, chez Caterpillar, à partir de 2011.

Pourquoi cette fuite en avant ? Simplement parce que depuis plusieurs années, les valeurs d’actions stagnent ou jouent au yoyo autour d’un montant qui semble désormais plafonner. Chez Caterpillar, elles ont même baissé ! Autrement dit, l’action perd de la valeur, et l’actionnaire aussi. Pour compenser, des entreprises augmentent systématiquement leurs dividendes. En d’autres termes, l’actionnaire n’est pas « devenu gourmand », il cherche désespérément un rendement quelque part et  l’entreprise ne voit d’autre solution que de compenser par le dividende.  Pire, aujourd’hui, le marché l’exige : comme quasi toutes les entreprises le font, celles qui ne rejoignent pas le mouvement se mettent en difficulté. 

Cette évolution inquiète notamment les… investisseurs. Ainsi, le site d’informations financières Morningstar publiait récemment un article faisant état des inquiétudes de stratégistes de Citi : « Les actions européennes ont été prises en sandwich entre la faiblesse des bénéfices par action et des dividendes plutôt robustes au cours des 12-18 mois. Le taux de distribution a continué de croître car les dirigeants d’entreprises ont mis l’accent sur le versement de dividendes. Cela rend certains investisseurs nerveux ». Selon Merrill Lynch, « une proportion croissante d’investisseurs estime que le niveau de redistribution de dividendes aux actionnaires est aujourd’hui trop élevé. » Morningstar regimbe : « La priorité des managements d’entreprises devrait être l’investissement dans leur outil industriel […] La question qu’il faut alors se poser est : les dirigeants d’entreprises sont-ils à court d’imagination ? Certes l’environnement économique est incertain […] Mais la situation montre également que se focaliser uniquement sur les réductions de coûts […] touchent leur limite. Et verser des dividendes de façon excessive également. »

Autrement dit, ce sont des actionnaires qui s’inquiètent de… la croissance exagérée des dividendes. Et c’est logique, at the end of the day : l’intérêt de l’actionnaire, de l’entreprise et du salarié est le même : la pérennité et une bonne rentabilité (ou un bon salaire).

Caterpillar a donc fait comme les autres entreprises, et remonté son dividende. Parallèlement, elle a baissé ses coûts pour rester profitable, et au passage, rassurer l’actionnaire. 

Comment attirer l’actionnaire sur un marché perturbé.
Un actionnaire peut gagner de deux façons. La plus risquée : en espérant une augmentation de la valeur de l’action qu’il a achetée. Ça s’appelle la plus value. Mais une action peut aussi perdre. En 2008, l’action Fortis, un cas extrême, a perdu jusqu’à 99% de sa valeur. L’autre façon, c’est en gros la perception d’intérêts variables, basés en principe sur la performance de l’entreprise et appelés « dividendes ».

J’ai simulé le revenu d’un actionnaire qui a acheté en 2010 et revendrait aujourd’hui. J’ai inclus les dividendes et la plus-value pour calculer son bénéfice net, après impôts (sachant qu’un particulier n’en paye pas en Belgique sur la plus-value).

Résultat : s’il a acheté au plus bas de 2010, soit à 60,34 $, il a fait une belle plus-value sur cette action qui tourne autour de 82 $ cette semaine : 24 %, soit 4% annuels. Il aura aussi touché 3% de son prix d’achat en dividende, en moyenne, par an. Son revenu annuel est donc de 7%. La grande classe, par les temps qui courent.

Mais s’il a acheté au plus haut de 2010, soit à 92,59, et qu’il revend aujourd’hui (par exemple parce qu’il a besoin d’argent), il fera une perte de 12%, soit moins 2% par an ! Or, le rendement de son dividende annuel par rapport à son investissement a aussi été de 2% net. Il n’aura donc rien gagné. D’autres auront gagné plus (ceux qui ont acheté au creux de la vague en 2008), d’autres auront perdu plus (ceux qui ont acheté à 110 € en 2011).


Capture d’écran 2016-09-09 à 13.01.08Autre façon de chercher une réponse à la question : « le dividende est-il trop élevé ? » Voyons ce qu’il en est pour l’actionnaire. Le graphique ci-contre montre l’évolution des dividendes en pourcentage de la plus haute, et de la plus basse cote de l’année, ainsi qu’au centre, la moyenne des deux (corrigé suite au split-share de 2005). On voit que le montant des dividendes par rapport à la valeur d’action a déjà été bien plus haut qu’aujourd’hui. On notera aussi qu’il remonte en flèche depuis quelques années. Cela peut s’expliquer par une hausse du dividende, mais les crètes indiquent surtout une baisse du cours de l’action (donc une perte virtuelle pour l’actionnaire). 

On dit que Caterpillar compresse les coûts pour tenter de maintenir un bénéfice qui, néanmoins, ne cesse de baisser. Ce n’est pas correct. La compression des coûts n’est pas (uniquement) rendue nécessaire par le besoin de servir l’actionnaire, elle l’est aussi du fait du ralentissement cataclysmique du marché. Ce n’est donc pas là que le bât blesse fondamentalement. Mais plutôt au niveau de l’utilisation du bénéfice.

Benne et fils.
Le bénéfice net sert globalement à trois choses : alimenter l’entreprise en liquidités, investir en machines ou en recherche et développement, et payer les actionnaires. Donc, plus on utilise le bénéfice pour payer l’actionnaire, plus on doit réduire les deux autres postes, fondamentaux pour l’entreprise. Or, Caterpillar n’a pas réduit fondamentalement la recherche et le développement, selon les chiffres du holding aux USA. En revanche, ce qui augmente, ce sont les intérêts payés par Caterpillar. Autrement dit, d’une manière ou d’une autre, l’entreprise s’endette (un peu) pour payer les actionnaires. Et ça, c’est tordu. Mais beaucoup d’entreprises en sont venues là.

Parce que l’actionnaire est méchant ? Non. Parce que sur un marché où les taux d’intérêts sont microscopiques, où le pétrole dégringole, où les incertitudes sont légion, celui-ci cherche le meilleur rendement en bourse.

On peut néanmoins s’interroger sur le coût de cet actionnaire, puisé sur le revenu dont une part pourrait, en principe, aller aux salariés. Autrement dit, il est légitime de se demander si le partage entre actionnaires et salariés est équitable.

Le résultat de la croissance à pas forcés des dividendes, c’est que sur un bénef après impôts de 2,11 milliards en 2015, Caterpillar a distribué 1,76 milliards en dividendes. Soit 83 % de son bénéfice ! C’est près de deux fois plus que l’année précédente. En même temps, cela représente moins de 4 % de la valeur totale des actions, 3,7% du chiffre d’affaires, et 17 % du coût salarial.

Une chose semble expliquer ce taux élevé : l’entreprise souffre de la baisse du pétrole, du ralentissement des pays émergents et de la stagnation des pays occidentaux, notamment de l’Europe. Or, Caterpillar a une bonne réputation boursière qu’elle veut (ou doit) maintenir. Le haut dividende distribué montre en quelque sorte que la société a confiance en elle-même. Elle peut se le permettre pour l’instant, mais ça devient cher payé.


Capture d’écran 2016-09-09 à 14.03.25Le graphique ci-contre (corrigé) est d’ailleurs inquiétant. Il montre l’évolution du chiffre d’affaires (en bleu), des salaires (en vert), du nombre de salariés (en orange) et du dividende (en rouge). Le tout calculé par-rapport à la situation en 2005 (base 100). Il montre clairement que, hormis en 2009 (où il a été supérieur, crise aidant), le montant consacré aux salaires (autour des 10 milliards de dollars bon an, mal an) a toujours été relativement proche de la courbe du chiffre d’affaires alors que l’évolution des dividendes est totalement déconnectée de la réalité de l’entreprise. Mais le (gros) problème, c’est que le dividende continue à grimper alors que, depuis 2012, le chiffre d’affaires plonge.

Le graphique suivant, montre le rapport entre dividende et bénéfice depuis 2006 (avec un gap en 2007 et 2009). Alors que le premier ne cesse d’augmenter, le second joue au yo-yo. Mais au final, ce que ce graphique dit à nouveau, c’est aussi qu’il n’y a pas de rapport direct entre le bénéfice et les dividendes. Quand le bénéfice n’est pas au rendez-vous, l’entreprise puise donc sur ses réserves.

Rapport benef dividendes

La question à cinq balles, alors : est-ce que la gourmandise de l’actionnaire en dividendes est la raison de la fermeture de Gosselies ? Réponse claire et nette : non ! D’abord, parce que si on n’avait pas limité le personnel en 2013/14 à Gosselies, la perte de, mettons, 80 millions qui aurait affecté le résultat belge en 2015, n’aurait diminué le bénéfice total du groupe mondial que de 3,8%. Ça n’aurait probablement même pas eu d’effet sur le dividende.

Ensuite, parce qu’il n’y a pas de corrélation entre dividende et emploi. La hausse très forte du dividende de 2007 et 2008 n’a pas affecté le nombre de salariés. Mieux : le taux d’employés par milliard de chiffre d’affaires est pratiquement identique en 2015 et en 2004, alors que le taux de dividende a bien augmenté. Encore mieux : le coût salarial par employé a même augmenté, de 82.000 en 2004 à 98.000 en 2015 !

Bref, il n’y a pas, ou très peu, de corrélation entre le dividende et l’emploi chez Caterpillar. Il y a en revanche une corrélation entre l’emploi et le chiffre d’affaires.

Mais même s’il y a une influence probable des réductions de coûts dûs à la course folle au dividende, celle-ci est elle-même due à la crise. Ce que les travailleurs de Gosselies paient donc avant tout, c’est bien la crise économique. La baisse du pétrole. Le ralentissement dans les pays émergents.

Ils paient aussi la plus grande difficulté à licencier en Belgique (avec des préavis pouvant aller jusqu’à 2 ans), comparée à des pays attardés sociaux où l’on peut licencier du jour au lendemain, presque sans frais. Heureusement, le chômage technique permet de réduire l’effet des mesures de protection sociale. Caterpillar en a souvent profité, à raison, puisqu’il est sur un marché très fluctuant. Mais la chèreté relative de l’emploi entre l’Europe du Nord et l’Europe de l’Est, et plus encore en comparaison avec la Chine, rend le choix de rester en Europe plus hasardeux.

Les politiques doivent donc se demander si la Belgique est toujours un pays attractif, si elle offre une qualité et une productivité suffisamment supérieures pour justifier le coût salarial.

À cela, il faut peut-être ajouter l’activité syndicale assez intense sur le site. Je n’ai pas pu vérifier, mais on parle de 28 jours de grève en 2014 et 2015, dont la moitié de grève sauvage. J’imagine que, comme le PTB, celui qui a calculé ce chiffre ravageur pour les syndicats a mis ensemble les microgrèves d’atelier et les grèves générales. Mais ce que l’entrepreneur américain voit, c’est « 28 jours en 18 mois ». Autrement dit, un pays non seulement très cher, mais en plus très remuant. Sachant que nos salariés sont en concurrence avec des Vietnamiens, des Chinois, des Bengladais, et toute l’Europe de orientale.

Les syndicats doivent donc se demander s’ils ne sont pas devenus trop prompts à utiliser l’arme de la grève (le ralentissement syndical étant aussi une forme de grève, dès lors qu’il pèse sur la production).

Néanmoins, la crise reste le coupable numéro principal. Car si la situation avait été meilleure, la norme Tier-4, qui faisait la fierté de l’outil, aurait peut-être été adoptée hors de l’Union européenne. Caterpillar Gosselies aurait de toutes façons vendu plus de machines. Et la qualité du travail des salariés hennuyers aurait alors fait passer le coût de notre emploi quasi inaperçu.

Ce qui nous rappelle qu’être compétitif, pour un pays comme la Belgique, signifie aussi être au top. Avoir des réseaux ultra-performants (pas des trains en retard). Des routes ultranettes (pas des trous partout et des travaux en tout sens). Un système fiscal simple et profitable (pas un magma régionalisé). Nous avons peut-être oubliés que l’image de qualité indispensable pour justifier nos garanties sociales et nos salaires doit être maintenue si l’on veut continuer à héberger et attirer des entreprises étrangères.

Bref, l’actionnaire n’est pas l’horrible coupable du départ de Caterpillar. Même s’il est choquant qu’un groupe qui licencie deux milliers de personnes en Belgique, et en laisse plus encore sur le carreau dans le Hainaut et ailleurs, continue à augmenter ses dividendes. Et même si les 18 millions annuels que le CEO, Doug Oberhelman, s’est octroyé en 2015, représentent le coût de quelque 350 salariés belges, et est à lui seul comparable au bénéfice de Gosselies en 2015 !

Car la vraie question qui se pose à nous, et à laquelle le monde politique, syndical, ouvrier, journalistique répond tragiquement « moui » d’avance en cherchant à démontrer que l’entreprise a fauté d’une manière ou d’une autre, c’est : « avons-nous, tout fait pour maintenir l’attractivité qui a fait venir Caterpillar à Gosselies en 1964, et qui l’a maintenue là plus d’un demi-siècle durant ? » Je pense que la bonne réponse est plutôt : non !

Il y en a une autre. On peut se demander si les malheureux licenciés de Gosselies ne payent pas l’ouverture extrême de l’Europe au marché du travail chinois, entré dans l’OMC en 2001. Mais en même temps, c’est peut-être aussi ça, la solidarité mondialisée. Depuis lors, la misère a reculé, et la faim aussi. Les travailleurs belges paient en partie le prix de l’émancipation d’autres travailleurs, qui vivaient voici dix ans encore dans des conditions dignes du pire de notre XIXe siècle.

Les (quelques) très gros actionnaires, eux, s’en fichent. L’argent n’a pas d’odeur. Ni le travailleur qui le produit. Et pourtant, sans actionnariat, il n’y a pas d’entreprises. Et pas de travail. Nulle part. Eh oui, la solidarité peut avoir bien des visages.


Sachant que cet article m’a pris trois jours à raison de 7,37 h syndicales par jour, que tout travail mérite salaire, et que mon revenu annuel est inférieur à celui d’un bon mécanicien de Gosselies, n’hésitez pas à contribuer à l’amélioration des conditions de travail de ce prolétaire à raison de deux euros minimum. Allez zou. Et n’hésitez pas à puiser sur vos intérêts notionnels.

 

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159 Comments

  1. Pije
    septembre 07, 15:55 Reply
    Si on retire le mot "millions" partout dans le texte, il reste 10 lignes à lire, ouf. Et pour les couilles, on les coupent avec la faucille AVANT de les écraser au marteau bien sûr. Sinon investigation haut de gamme comme d'hab, bravo !!
  2. Pfff
    septembre 07, 16:28 Reply
    Entrefilet de dindon Caterpillar était le dernier gros employeur industriel de Charleroi. À la une de la Libre, il y a quelques jours, en bas, à droite, écrit tout petit : "Les allocations familiales wallonnes seront moins élevées que celles de Flandre". Voilà, voilà. Notre gentille petite presse belge. CNN is embedded ; Le Soir is in bed with our political class. Fabrique du consentement.
  3. Eridan
    septembre 07, 20:12 Reply
    On ne vous connaissait pas aussi capitaliste. En somme, les deux mille emplois perdus, vous vous en foutez : seule compte la logique des chiffres capitalistes. Raisonnement très logique, pour un indépendant. « Depuis lors, la misère a reculé, et la faim aussi. » Et vous êtes prêt à jurer qu'il y a une relation de cause à effet ? N'y avait-il pas un autre solution, plus raisonnable, pour le même résultat ? « Les travailleurs belges paient en partie le prix de l’émancipation d’autres travailleurs » Ce n'est qu'une pure hypothèse, extrêmement douteuse, présentée comme une certitude, ce dont vous êtes coutumier.
    • marcel
      septembre 08, 11:26 Reply
      Je ne me fous absolument pas des 2000 emplois perdus ! Je cherche la cause du drame et j'expose ma conclusion sur base des faits que j'ai pu récolter. Quant au recul de la faim et de la grande misère, je ne suis pas sûr en effet que cela provienne de l'accession de la Chine à l'OMC. Je constate juste qu'il y a un moment similaire. Mais en revanche, le fait que les travailleurs belges paient en partie le prix de l'émancipation d'autres travailleurs est une certitude, de même quand les Français du Nord voient leurs usines partir en Pologne, et ensuite, la Pologne les voit partir en Bulgarie et après, la Bulgarie les voit partir en Chine. Parce que chaque fois qu'un déplacement se fait, petit à petit, le niveau de vie augmente et, avec lui, le salaire. Mais tant que des concurrents sont sur des lieux de production encore moins chers, il y aura une concurrence féroce pour le travailleur belge, européen, polonais, bulgare, puis marocain, chinois, etc. Une concurrence sociale donc, non pas par de méchants capitalistes, mais par de travailleurs d'ailleurs. Le plein emploi mondial avec la pleine sécurité sociale n'est hélas pas pour demain. Ça devrait donc durer un certain temps. Mais on a un premier exemple avec le Japon, qui a absorbé une partie de nos usines automobiles. Il y a aussi eu un moment où le travailleur japonais est devenu aussi cher, sinon plus, que l'Européen du Nord.
      • Eridan
        septembre 09, 11:17 Reply
        « Je cherche la cause du drame et j'expose ma conclusion sur base des faits que j'ai pu récolter. » Plus exactement : sur base d'une (petite) sélection de faits (uniquement financiers) triés pour aboutir à une conclusion financière prédéfinie. «Une concurrence sociale donc, non pas par de méchants capitalistes, mais par de travailleurs d'ailleurs. » Mais si : par les capitalistes ! Il est en effet très rare que les travailleurs se mettent eux-mêmes en concurrence, surtout quand on parle de l'Europe et de l'Asie. Ils ne le sont, exclusivement, de manière indirecte et totalement artificielle, que par la décision des capitalistes-financiers. « (...) le fait que les travailleurs belges paient en partie le prix de l'émancipation d'autres travailleurs est une certitude » ...A condition que ladite « émancipation » existe. Je me demande ce que pensent les travailleuses sous-payées de leur émancipation dans des usines miteuses et dangereuses du Bengladesh et d'Inde. Si vous aviez parlé de l'émancipation des actionnaires, je vous aurais mieux compris... Oseriez-vous prétendre que les requins qui délocalisent leurs usines le font par philanthropie et se soumettent à la loi implacable des travailleurs locaux qui leur imposent leurs salaires de misère ? Vos propos ne sont que de la propagande ultra-libérale.
        • marcel
          septembre 10, 12:32 Reply
          Vous rigolez ? Qu'est-ce que le barnum politique et social depuis l'annonce de la fermeture de Gosselies, sinon le résultat d'une mise en concurrence ? Qui a évoqué, ne fût-ce qu'une fois, le fait que si on ne ferme pas Gosselies, 1000 ou 2000 travailleurs chinois n'auront pas de travail. Eh oui. AUjourd'hui, le travailleur chinois est en concurrence avec l'hennuyer. Et la lutte est sans merci. Quand on fait venir une société en Belgique (Microsoft) on crie à la réussite. On ne dit jamais la réalité : nous avons grignoté 1000 travailleurs à l'Irlande. Là-bas non plus, on ne la clame pas : « grâce à nos rulings en faveur d'Apple, on a piqué 5000 travailleurs à la Belgique, la France ou les Pays-Bas (ou quelque pays qui ait été en lice).» Cette concurrence n'est jamais directement le fait de travailleurs ou des syndicats. Ces derniers ne semblent défendre que le maintien de l'emploi, jamais son acquisition. Celle-ci se fait plutôt par l'action politique, les chambres de commerce, les missions économiques. En gros, on cède aux politiques (qui font parfois un travail magnifique) le soin de gagner la course aux emplois (ce qui en supprime ailleurs), mais on envoie les syndicats regimber quand on la perd. Ce n'est pas pour rien qu'aujoud'hui, ils sont tous à crier sur le même mode.
          • Eridan
            septembre 10, 18:33
            Vous devriez vous décider ; une fois vous écrivez : « Une concurrence sociale donc, non pas par de méchants capitalistes, mais par de travailleurs d'ailleurs. » ; une autre fois, c'est : « Cette concurrence n'est jamais directement le fait de travailleurs ou des syndicats ».
          • marcel
            septembre 11, 09:52
            Les deux sont vrais, dans leur contexte. Merci de ne pas pinailler. Il n'y a pas de "volonté" de concurrence des travailleurs et des syndicats, mais elle existe bel et bien dans les faits, et ils ne la "traitent" pas.
          • Eridan
            septembre 11, 10:59
            "Les deux sont vrais, dans leur contexte." Pas du tout : la deuxième affirmation est vraie, la première est fausse ; elle n'est qu'une forme d'emballage fallacieux des faits. Vous confondez "pinaillage" et "rigueur". C'est cohérent avec le reste.
    • Darth Ph11
      septembre 11, 12:09 Reply
      Si on ne peut pas exposer les faits parce que trop capitalistes… En justifiant le mensonge et la malhonnêteté, ne venez pas prétendre que vous défendez la vérité et la justice… Avec ce genre de commentaire on comprend mieux pourquoi les régimes socialistes usent tant du mensonge et mettent autant de moyens dans la désinformation… Et la suite logique étant la terreur, les goulags, l'élimination physique…
  4. Eridan
    septembre 07, 20:18 Reply
    Je pense que vous commencez à être fameusement contaminé par votre statut. Remarquez : cela se comprend ; mais cela pourrait porter préjudice à votre audience ; ou la rendre critique...
    • marcel
      septembre 08, 11:27 Reply
      J'espère bien que mon audience est critique :-)
      • Mazichre
        octobre 02, 12:37 Reply
        Elle est critique et sûrement pas dupe de votre branlette intellectuelle pour excuser les pauvres capitaliste.
  5. Eridan
    septembre 07, 20:33 Reply
    Excusez-moi d'insister : on l'a compris, votre cible, c'est le PTB. Pourquoi tant de hargne ? Pensez-vous que, dans leur insignifiance, ils soient tellement dangereux ? Pourquoi ? « Autrement dit, un pays non seulement très cher, mais en plus extrêmement remuant. » Vous semblez avoir une préférence marquée pour les moutons. ...Y compris ceux qu'on égorge !" "Mais en même temps, c’est peut-être aussi ça, la solidarité mondialisée. Depuis lors, la misère a reculé, et la faim aussi" . Vous voulez vraiment vous faire passer pour un naïf de première catégorie !
    • marcel
      septembre 08, 11:28 Reply
      Je donne simplement le point de vue de l'entrepreneur américain. Si vous pensez que la grève au prix d'une fermeture est une bonne action sociale ou syndicale, faudra m'expliquer en détail en quoi.
      • Eridan
        septembre 08, 14:03 Reply
        Alors voilà : si on suit votre raisonnement, la grève serait systématiquement interdite, puisque l'actionnariat a toujours la possibilité d'invoquer ce type de chantage, quel qu'en soit le motif. Or, si les salariés en sont là, c'est parce que le capitalisme se sert de la vie des gens, mais sans leur reconnaît aucun droit autre que celui de leur rémunération. En Allemagne, c'est déjà différent, puisque les salariés sont représentés -et pas seulement de manière consultative- dans les conseils d'administration. Ce qui prouve qu'il existe d'autres modes de fonctionnement, plus respectueux des gens, que votre capitalisme brutal. En Belgique, le patronat piège les salariés dans le seul droit de grève. Le problème est donc fondamentalement politique, et pas économique ou uniquement financier, comme vous essayez de le faire croire.
        • marcel
          septembre 08, 21:00 Reply
          Non, ça n'est pas mon raisonnement, vous lisez ce que vous avez envie de comprendre.
  6. moinsqueparfait'
    septembre 07, 21:30 Reply
    Il est clair que le "mondialisme heureux" à la Pascal Lamy, le "néolibéralisme" (mais qu'est-ce que ça signifie???) et la désindustrialisation générale de l'Occident posent problème. Mais si le communisme est la réponse à ça, je préfère encore qu'on continue comme maintenant... (à propos d'actionnaires de Cat': les travailleurs de Cat que je connais ont/avaient tous des actions Cat' eux-mêmes... et vont p-e bien les garder uh uh uh...). Ca, le gueulard syndicaleux de service ne le crie jamais dans le bigophone. Cela étant, ici, l'argument syndical est totalement annexe. Il y avait infiniment plus de tumulte syndical dans les années 1980-1990, et puis ils transfèrent la production à Grenoble, alors que ce n'est franchement pas mieux là-bas question agitation syndicale, c'est le moins qu'on puisse dire...
    • Philippe
      septembre 08, 14:03 Reply
      "Mais si le communisme est la réponse à ça, je préfère encore qu'on continue comme maintenant..." Pourquoi la seule alternative au neoliberalisme serait le capitalisme ??? Pour votre info, le neoliberalisme ne date que des années 70-80. Et avant on était pas en pays communiste que je sache.
      • moinsqueparfait'
        septembre 08, 21:24 Reply
        Ah non, mais je commente le texte. Et le PTB, lui, il a une alternative: le communisme (euh pardon: "socialisme SP2" ou un truc du genre...). Le "néolibéralisme" ne veut pas dire grand-chose. Par exemple, il paraît que Friedman était l'inspirateur du "néolibéralisme". Pour autant, je doute très fort qu'il aurait approuvé les politiques monétaires démentielles qui sont menées actuellement. Tout ça tourne au gloubi-boulga immangeable. Le fond de l'histoire est qu'en 1980, je crois que la Chine avait le même PIB que l'Italie et que maintenant, elle fait jeu égal avec les USA. Alors le "néolibéralisme" de 1970-1980, c'est comme le marxisme il y a un siècle: un magma théorique occidento-centré qui tourne en vase clos et ne vaut plus rien du tout (nous ne sommes plus les numéros 1, nous ne sommes plus ceux qui dictent les paramètres et nos "masses laborieuses" ne sont plus voisines d'un continent africain ayant 2000 ans de retard et fournissant tout ce qu'on n'a pas gratuitement). Nous allons régresser car les autres sur cette planète en ont marre de nous voir faire la fiesta en all inclusive sur leur compte. Aucune théorie économique ne nous protégera de ça. Le pire est que nous avons donné à nos concurrents tout ce que nous avions mis des siècles à développer pour nous écraser et nous ridiculiser en quelques décennies, mais les traitres sont chez nous et ne sont pas nécessairement étiquetés "néolibéraux".
        • Philippe
          septembre 12, 10:55 Reply
          On ne fait pas la fiesta sur le dos des autres. Ce sont les capitalistes de nos pays qui font la fiesta sur le dos des autres (le notre et celui des autres peuples). Quand un capitaliste délocalise son usine de textile et met des milliers de travailleurs européens au chômage ; pour ensuite l’implanter en Somalie où il y fait travailler des enfants et exploite la misère des gens ; j'appel ça de la double exploitation. Chez nous et dans les pays en voie de développement. Et cela crée une concurrence entre travailleurs qui faussée (et donc négative). Ce qu'il faudrait c'est que l'Europe crée une taxe d'importation (droit de douane) qui pénalise les multinationales qui exploitent la misère des pays en voie de développement. Cela favoriserait un commerce plus équitable. Et une concurrence plus loyale.
          • moinsqueparfait'
            septembre 13, 07:52
            Non, Philippe, à l'échelle mondiale même l'Européen modeste est un bourgeois et il est vu comme ça à l'étranger, y compris par les autres "masses laborieuses". Vous faites partie des privilégiés, même si ça ne vous plaît pas qu'on vous le dise... La dénonciation du "capitalisme" a une part de vérité sous un angle mais l'autre angle, c'est que c'est un prétexte facile pour l'Européen modeste à l'échelle européenne pour défendre son statut de bourgeois à l'échelle mondiale. Ne me faites pas croire que tous ceux qui se targuent de "travailler très dur" ici (ce qui est peut-être vrai mais pas toujours) se tracassent des conditions de vie et de travail des Somaliens. C'est faux, il s'en foutent. Ce qui les intéresse, c'est qu'ils ne vont pas pouvoir partir en vacances et s'acheter un nouveau smartphone pendant un certain temps. Ne me faites pas prendre des vessies pour des lanternes. Contrairement à beaucoup de "marxistes" ou "de gens de gauche", moi je viens réellement des milieux que l'on qualifie de "masses laborieuses" et j'ai vraiment lu Marx (pas assisté à des "lectures commentées par le gourou" ou "lu sur des blogs que..."). Il est plus difficile de me faire croire n'importe quoi sur les "victimes du capitalisme" parce que je les connais très bien. Alors, la concurrence loyale, c'est bien comme concept, mais c'est comme le tango ou la partouze: faut être deux ou plusieurs et que tout le monde soit d'accord. Or, nous représentons quoi en termes de population sur la planète? Les Européens ne veulent pas comprendre que l'ère où ils définissaient les critères de ce qui est bien ou pas est révolue et que l'ultime tentative de maintenir notre "statut" (la European Union Inc.) ne fait que précipiter le recul. Recul il y aura. Il est considéré ici comme normal de partir en vacances à l'étranger même pour un ouvrier. Croire qu'un jour votre ouvrier somalien pourra trouver normal de venir en vacances ici sans qu'en échange il n'y ait eu un ajustement chez nous, c'est croire au père Noël.
          • Philippe
            septembre 14, 17:30
            @moinsqueparfait Contrairement à ce que vous dites, l'Europe représente l'un des plus grand marché au monde. Cela ne se compte pas en nombre d'habitants, mais en % PIB mondial. Et donc, on a un énorme pouvoir d'influence sur le commerce mondial. Et il faut en profiter si on veut faire changer les choses. Apparemment vous êtes d'accord avec l'idée d'une concurrence loyale. Mais vous trouvez cela utopique. Ou vous pensez que c'est dans le seul intérêt des Européens. Vous avez raison, il faut au moins être deux pour avoir un accord, et c'est possible. Le somalien (pour reprendre l'exemple précédent) qui travail +10h par jour pour quelque euros et dans de mauvaises conditions de travail se font exploités par les multinationale. Et ces multinationales sont entre autre détenues par des européens. Ce sont donc bien nos capitalistes européens qui exploitent ces somaliens. Et ce n'est pas croire au père Noël que d'imaginer que l'Europe impose un accord international pour qu'on donne un salaire décent à ces Somaliens et de bonnes conditions de travail, faute de quoi on réinstaurerait des droits de douane avec ce pays. D'un coté on exploiterait plus ces pays, et de l'autre on mettrait fin au dumping social que subit l'Europe. Alors oui, on paierait peut-être plus chère certain produits. Mais le monde entier se porterait mieux et il n'y aurait peut-être pas eu de fermeture à Caterpillar. Cela enrichirait les pays en voie de développement et l’Europe. Cela augmenterait le pouvoir d'achat, donc la croissance. Et ajustement il y aurait. Mais vers le haut pas vers le bas.
          • moinsqueparfait'
            septembre 17, 00:53
            Non, non, Philippe. Vous êtes bien un bourgeois capitaliste européen. Vous avez de l'épargne, elle est investie quelque part. Vous avez un ordinateur ou une tablette: vous avez acheté cela avec de la monnaie qui a été définie comme valant XXXX heures de travail des casseurs de cailloux qui ont une espérance de vie de 40 ans à force de récolter les minerais pour la batterie, les câbles, les circuits, etc. (la leur étant définie comme ne valant rien), vous bénéficiez de dépenses sociales que vous qualifierez de "financées par vous-même" mais qui sont en réalité financées par une collectivité, un Etat surendetté qui ne tient la route que parce qu'il emprunte à taux préférentiel (pour l'instant)... Pas le Somalien. Et puis, c'est quoi cette idée que comme nous avons beaucoup de PIB, nous allons imposer nos règles à des gens plus nombreux que nous? C'est communiste, ça, que ce sont les riches qui décident de comment on va faire face à une majorité? Et pour le reste, ne vous faites aucune illusion sur notre "immense PIB" (ça me rappelle une chanson sur le "poumon économique"...): quand nos élites qui-ne-roulent-pas-pour-nous auront bien fini de vendre tout ce que nous avions mis des siècles à constituer aux Asiatiques et aux Américains, le monde nous rappellera très rapidement notre vraie valeur à ses yeux. Si ça continue comme ça, dans moins de 10 ans, c'est le tsunami. J'ai toujours pu entrevoir ce qui allait se passer mais je n'aurais jamais cru que ça irait aussi vite. Je ne pensais pas que je vivrais ça mais tout compte fait, je le vivrai. Mais je m'y prépare. Si vous, vous préférez danser le drouazakis, continuez donc mais je crois que vous n'êtes pas encore au bout de vos déceptions.
          • Philippe
            septembre 19, 09:23
            @moinsqueparfait Il me semble que vous cautionnez le faite qu'on exploite les pays du tiers monde avec la seul excuse que cela va les enrichir à notre détriment. Pour vous, nous belges, on est tous des bourgeois capitaliste européen ; et que si nos usines sont délocalisées dans les pays du tiers monde, c'est un juste retour de manivelle. Bref, vous ne souhaitez pas changer le système car vous trouvez que le libéralisme est juste et mènera à l'équilibre par une juste concurrence de la main d'œuvre. Mais c'est faux ! Le libéralisme ne permet pas aux pays du tiers monde de s'enrichir. Il permet aux multinationales de s'enrichir en exploitant la main d'œuvre des pays du tiers monde. Il est vrai qu'indirectement cela permet à la population locale de légèrement s'enrichir, mais ce n'est pas pareil. Et si ces pays s'enrichissent de trop, les multinationales se délocaliseront à nouveau dans un autre pays. Bref, à cause de notre libéralisation excessive qui à trop dérégulé le commerce mondial, les multinationales profitent du système (et elles ont raison) pour avoir la main d'ouvre la plus efficace et la moins chère. Et cela tire les systèmes sociaux de tous les pays du monde vers le bas. Cela crée plus d'inégalités et plus de pauvretés. Et puis, je n'ai jamais dit que dans mon idée, on allait imposer à des gens plus nombreux que nous nos règles parce qu'on a un gros PIB. Premièrement il n'y a aucune raison que les pays du tiers monde refusent notre demande de traiter plus décemment ses ouvriers et sa population. Ceux qui refuseront, ce n'est pas la population, mais les multinationales qui exploitent ces populations et le gouvernement corrompu par ces multinationales. Deuxièmement, il n'y a aucune obligation. Ce sont juste des règles pour le commerce entre l'Europe et le reste du monde.
          • moinsqueparfait'
            septembre 21, 11:54
            "Il vous semble que"... Moi, il me semble que vous manipulez complètement mes propos, que vous ne voulez pas admettre que vous êtes un privilégié et que le sort du tiers monde ne vous intéresse que dans la mesure où il sert votre refus de vous rendre compte que le prolétaire européen est à l'échelle mondiale un bourgeois qui vit sur le compte des autres et a bien l'intention de continuer comme ça. Alors "l'ultralibéralisme", il a bon dos quand on a le temps et l'argent de s'adonner au communisme de salon, ce loisir de riches encore plus sélect que le golf...
  7. stephangerardg1
    septembre 07, 22:54 Reply
    Excellent travail et d'analyse Marcel et relativement objectif. Bravo.
    • Eridan
      septembre 09, 16:55 Reply
      ...A condition de souligner votre « relativement ». A titre d'exemple de phrase polémique, ci-dessus : « Dans Le Vif, un membre de la LCR reproche même aux extracteurs de matières premières de ne pas avoir prévu la crise de l’extraction 10 ans à l’avance. Nostradamus, revient, ils sont devenus encore plus fous que toi ! » Or, la réalité du texte de l'article (signalé plus bas par Véronique Rousseau) c'est : « (La baisse des commandes) est surtout le résultat d'un pronostic erroné des capitalistes. Au tournant du siècle, les grands groupes comme Rio Tinto, BHP et Anglo American ont parié que l'intégration de la Chine au marché mondial provoquerait un boom exceptionnel de la demande de matières premières. L'affaire du siècle. D'énormes investissements ont été décidés sur base de ce pronostic. Or, il était faux. » Autrement dit, ces sociétés ont parié sur un événement qui ne s'est pas réalisé. Ce n'est pas tout à fait la même chose que de ne pouvoir prévoir une crise ! C'est qui le fou ? Qui délire ? Ce ne serait pas M. Sel qui s'invente tout à coup analyste financier ?
      • marcel
        septembre 10, 12:38 Reply
        Non, tout indiquait que l'extraction allait exploser ses chiffres. Ou du moins, les analyses concordaient. L'entrepreneur qui n'ose pas monter dans le wagon est condamné à terme. Tout comme les entreprises de photographie qui n'ont pas parié sur le numérique en 1995 ont presque toutes disparu. Pourtant, là aussi, le pari était risqué.
        • Eridan
          septembre 10, 18:41 Reply
          « tout indiquait que l'extraction allait exploser ses chiffres » Tout ? Tout quoi ? Si vous lisez la presse financière, vous lirez en même temps et à n'importe quel moment n'importe quoi et son contraire. Votre raisonnement est fondé sur du vent.
          • marcel
            septembre 11, 09:53
            Les prévisions de croissance, le boom chinois, les nouvelles technologies qui requièrent de nouveaux minerais (tablettes, leds, batteries ultraperformantes, etc.)
        • serge
          septembre 14, 12:55 Reply
          En effet, tout indiquait une demande soutenue, qui a d'ailleurs eu lieu et ne s'est essoufflée qu'en même temps que la crise financière. Il y a peu, la Chine (et l'Asie du Sud-Est) croissaient de plus de 10% par an.
      • Darth Ph11
        septembre 11, 12:43 Reply
        Puis-je rappeler que chaque investissement est un pari sur le fait qu'il sera viable ? Et il y a des paris qui sont viables, d'autres non. Selon votre logique, il faut interdire à tout un chacun d'investir, d'entreprendre, ou même de sortir de chez soi. Quand vous traversez une rue, vous pariez sur le fait que vous arriverez bien vivant de l'autre côté de cette rue. Au fait, les salariés de Caterpillar, ils ont parié sur le fait qu'ils allaient garder leur job… Ils ont misé sur le mauvais cheval et donc qu'ils se fassent licencier est bien fait pour eux :p Bref… C'est quoi ce procès débile ?
  8. Irène Kaufer
    septembre 08, 08:12 Reply
    comme souvent, les billets de Marcel Sel sont très argumentés, mais aussi interminables (les deux étant liés bien sûr), il faut vraiment s'accrocher pour arriver au bout. Je n'ai aucune compétence pour juger des chiffres, mais je vois très bien, par contre, le point de vue qui sous-tend toute la démonstration. En essayant de ne pas caricaturer (ce que vous faites souvent de points de vue adverses) : il est "normal" d'augmenter la rémunération des actionnaires pour qu'ils ne partent pas ailleurs, alors que par ailleurs les salaires sont bloqués ("normal" aussi : les travailleurs ne sont pas aussi "volatils" que les capitaux) ; l'entreprise a eu le "mérite" de payer XXXX millions de salaires et d'impôts (alors que les deux ne sont qu'une partie des richesses créées par les travailleurs), l'état actuel des choses est, sinon le meilleur possible, en tout cas le seul et il faut s'y adapter (si on veut échapper au modèle de l'"Europe soviétique"). Bref, un magnifique exemple de TINA : There Is No Alternative. Ce qui précisément mène aujourd'hui à tant de désespérance....
    • u'tz
      septembre 08, 22:51 Reply
      mrde y'en eut marre tina charles roua, la météo du capital dans le poste lecram de droite plus long encore que le marcel de gauche, ai lu 2 fois par défi et dépit For other uses, see Caterpillar (disambiguation). Caterpillar of Papilio carolo Caterpillar /ˈkætərˌpɪlər/ is the common name for the larvae of members of the order Lepidoptera (the insect order comprising butterflies and moths). ps y a de tout sur ce blog même une féministe pertinente
  9. Capucine
    septembre 08, 09:03 Reply
    Donc,cette entreprise s'est plantée elle même grâce à une politique économique et sociale qui a oublie qu'on ne vivait pas sur une île enchantée. Trop de grève,dès salaires trop élevés ,des sur protections des ouvriers,etc.. Les ouvriers ont cru être intouchables grâce aux belles paroles des politiciens de tous partis leurs faisant miroiter un miroir aux alouettes ,on a un peu éludé la concurrence. Et à présent,on pleure,on larmoie,on se fâche ,on se jette la pierre . Mais non d'une pipe ,quand est ce que ce gouvernement va un peu bouger ses c.... Merci monsieur sel pour cette mise au point.
    • Philippe
      septembre 08, 14:18 Reply
      "cette entreprise s'est plantée elle même grâce à une politique économique et sociale qui a oublie qu'on ne vivait pas sur une île enchantée." Vous voulez dire: "... sur une île déserte" ??? Car la décision de Caterpillar vient d'une politique économique mondialisée. Où les ouvriers et la sécurité sociale belge est mis en concurrence avec l'exploitation des travailleurs de certains pays peu scrupuleux. Or une tel concurence n'est pas bénéfique. Elle encourage l'exploitation humaine et la misère.
    • moinsqueparfait'
      septembre 08, 21:02 Reply
      La société Caterpillar file du très mauvais coton depuis des années. Les travailleurs de Gosselies comme des autres implantations le savent. La direction de cette société, outre la "financiarisation" absurde du management d'une société qui devrait être dirigée par des ingénieurs et non par des hybrides de banquiers et boursicoteurs diafoirus, a visiblement développé un complexe de "gros cou" typiquement occidental au fil des décennies (du genre: c'est quand même pas ces misérables bridés de Komatsu et Hitachi qui vont faire une belle pelle sur chenilles comme on sait la faire nous, hein, voyons... c'est quand même nous, les blancs!). L'actionnariat voit qu'il est temps d'agir pour éviter la faillite à terme ou un rachat par un concurrent, ou subsidiairement, si le rachat survient, qu'il faut que la vente se fasse à bon prix (et donc faire cracher un max le concurrent repreneur) et les administrateurs s'exécutent. C'est une hypothèse mais ce qui est clair, c'est qu'à l'échelle mondiale, Cat va très mal et que ça se sait. Le gouvernement ne fera rien à ça. Caterpillar va très mal, malgré les "rendements pour les actionnaires, etc.", c'est tout... Là où la bêtise collective réside, c'est d'avoir cru que "nous, les blancs, les Zeuropéens, les vrais de vrais métallos, 3 siècles de tradition, on est absolument les meilleurs, nous sommes indispensables, etc." ça allait protéger l'avenir des travailleurs face à la logique implacable d'une société canard boiteux qui essaie de se sauver. Bref, on a joué le mauvais cheval. Mais d'un autre côté, que faire d'autre aussi? Les politiques n'allaient quand même pas dire il y a trois-quatre ans "écoutez, on ne va pas faire de plans de prépensions, restructuration, etc., vous nous emm... à la fin, virez tout le monde et barrez-vous une bonne fois pour toutes."
      • marcel
        septembre 08, 21:05 Reply
        Une société qui Gule du très mauvais coton ne fait pas de bénéfice tous les ans, hein.
        • moinsqueparfait'
          septembre 08, 21:38 Reply
          Dans la compétition mondiale, une société qui file du bon coton ne fait pas que des bénéfices, elle développe, elle innove et elle ne voit pas ses ventes baisser aussi sensiblement non plus... Au passage, vous savez comme moi qu'à ses débuts (du moins), il est parfaitement possible qu'une société qui file de l'excellent coton ne dégage aucun bénéfice... temporairement. Il y a 30 ans, Cat' était presque synonyme d'engin de chantier, ça ne venait à l'idée de personne de contester la supériorité de Cat. Une exploitation ou un gros chantier où on voyait rouler autre chose que du Cat, on savait presque d'office que ce n'était pas le top. Nous sommes désormais loin du compte...
      • Pfff
        septembre 09, 16:20 Reply
        "nous, les blancs, les Zeuropéens, les vrais de vrais métallos, 3 siècles de tradition, on est absolument les meilleurs, nous sommes indispensables, etc." Les métallos formaient l'aristocratie de la classe ouvrière. Comme il n'y a plus de classe ouvrière, mais des serviles tertiaires sans classe, c'est un peu foutu, toussa.
        • moinsqueparfait'
          septembre 10, 13:55 Reply
          Je pense qu'en effet, nous sommes méchamment foutus, et pas que les métallos...
  10. Jester
    septembre 08, 10:15 Reply
    précisions salutaires, Marcel. bien argumenté et à mon avis largement correct. Bravo!
  11. Sébastien Robeet
    septembre 08, 10:25 Reply
    Je vous invite à lire le bouquin de ce "délégué syndical" (pourquoi ces guillemets ?) plutôt que de railler ses propos. http://www.lecho.be/dossier/Caterpillar/Un_ancien_de_Caterpillar_denonce_un_demantelement_programme.9806502-8559.art?ckc=1&ts=1473320062 Sinon, j'ai rarement vu autant d'efforts de la part de l'auteur d'Indignés de cons pour écrire un billet qui a pour but de réhabiliter les décideurs de Cat et de trouver sain, normal et judicieux de financiariser le capitalisme. Etrange.
    • marcel
      septembre 08, 11:36 Reply
      Le financiarisme, ce n'est pas la relation actioinnaires-entreprises, ça, c'est le capitalisme. Je n'ai jamais caché que j'étais partisan d'un capitalisme régulé et raisonnable. 350 fois le salaire d'un employé pour un CEO, ça n'est pas raisonnable. Augmenter les dividendes quand le chiffre d'affaire baisse, non plus. Mais je n'admets pas qu'on tronque les chiffres pour incriminer une entreprise à tort. Et quand on conclut que tout va à l'actionnaire au détriment du travailler, et que les chiffres ne confortent pas cette idée (les salaires ne baissent pas par rapport au chiffre d'affaires), on fait de la propagande et on manipule la population. Alors, je défends l'image tronquée donnée de l'entreprise et je rappelle que, pendant 51 ans, personne ne s'est plaint de sa soi-disant violence.
      • Sébastien Robeet
        septembre 08, 13:28 Reply
        Le financiarisme, c'est le découplage complet entre le rendement financier d'une action et l'activité de l'entreprise. Et oui, si le Chiffre d'affaires s'affaisse, pourquoi des dividendes devraient-ils être versés. Pourquoi certains ne doivent-ils jamais faire d'efforts ? Quant à la conclusion qu'on ne privilégie pas l'actionnaire au détriment des travailleurs, allez expliquer aux 6000 travailleurs qui risquent de perdre leur source unique de revenus qu'on ne privilégie pas ceux qui ne vont absolument rien perdre, voire continuer de gagner...
        • marcel
          septembre 08, 20:57 Reply
          Vous avez-lu ? Le dividende a été proportionnellement moins important que le CA pendant des années. Mais l'action augmentait. À present que l'action baisse, le dividende redresse un peu l'intérêt de l'actionnaire. C'est une réaction logique. C'est inquiétant si Cat ne parvient pas à remonter ses ventes, mais ça ne change rien à la situation de l'entreprise tant qu'elle a des liquidités. Elle ferme en Belgique mais engage ailleurs.
      • moinsqueparfait'
        septembre 08, 20:31 Reply
        Il y a plein d'idées complètement absurdes que les soi-disant "défenseurs des pauvres travailleurs zexplouatés et de leurs drouazakis" propagent et finissent par faire rentrer dans la tête des gens. Certains se font d'ailleurs un blé monstre à exploiter la crédulité... Exemple: faire croire au travailleur que les charges patronales (vs les cotisations sociales personnelles) sont un prélèvement sur sa rémunération... Quand vous faites remarquer que le patron doit enlever ces sommes de ses recettes et donc réduire son bénéfice d'exploitation, ils vous expliquent candidement que toute cette valeur a été "générée par le travailleur"... Eh, oh, je veux bien mais aucun ouvrier de Cat ou autre n'a engagé son patrimoine personnel pour l'achat d'un terrain, des bâtiments, de l'électricité, du chauffage, etc. qu'on met à sa disposition pour "générer de la valeur"... Enfin si, certains l'ont fait... en achetant des actions Cat'. Les voilà horribles actionnaires en attente de rendement. A la fin, vous en avez qui croient qu'un lieu est à eux simplement parce qu'ils y travaillent (et encore, les plus enfumés dans le genre sont rarement les moins consommateurs en jours de maladie...). Ceci dit, une nouvelle fois, déménager de Gosselies à Grenoble indiquent le problème syndical est accessoire. Le gros problème de toute cette propagande populo-syndicale est qu'elle ne rend en effet aucun service aux gens en leur faisant prendre des vessies pour des lanternes.
        • Philippe
          septembre 09, 09:20 Reply
          @moinsqueparfait Premièrement, d'accord, les charges patronales ne devraient pas être considérées comme un prélèvement sur la rémunération du travailleur. Ce qui intéresse et importe le travailleur, c'est le salaire net. Toute les taxes et charges intermédiaires ne l'intéressent pas ou ne le concernent pas. Au finish c'est tout de même l'employeur qui paye et le travailleur touche son salaire net. "ils vous expliquent candidement que toute cette valeur a été "générée par le travailleur" Et bien oui. D'après vous qui génère le plus de valeur entre le travailleur qui travaille plus de 40h semaine et l'actionnaire qui à placé son argent, participe à un conseil d'administration de temps en temps et passe le reste de son temps dans sa piscine ? "...je veux bien mais aucun ouvrier de Cat ou autre n'a engagé son patrimoine personnel pour l'achat d'un terrain..." Oui, certain diront qu'ils ont pris des "risques" en finançant l'entreprise. Mais n'est-ce pas pour cela qu'ils touchent un intérêt et des dividendes ? Et encore ! Des risques ils en prennent de moins en moins, et des dividendes ils en prennent de plus en plus. Et toute ces dividendes c'est de l'investissement en moins. Et après on s'étonne qu'on investit de moins en moins en Belgique. "...A la fin, vous en avez qui croient qu'un lieu est à eux simplement parce qu'ils y travaillent..." Les actionnaires gagnent de l'argent grâce aux dividendes. Dividendes provenant du bénéfice qui est lui-même partiellement générés par le travail des travailleurs. Et donc partiellement piqué sur leur dos. Avec ces dividendes, ils achètent d'avantage de l'entreprise et gagnent ainsi encore plus de dividendes. Donc, pour résumer, ils acquièrent et achète l'entreprise en piquant partiellement sur le travail fourni par les travailleurs. Donc, oui, le lieu où travail les travailleurs devrait en principe en partie leur appartenir.
          • marcel
            septembre 10, 12:21
            Prenons un exemple. Années 80-90. Je voulais créer une petite société et engager du personnel. J'avais 500.000 FB mais mon plan financier m'indiquait qu'il me fallait 750.000 min. pour commencer. Je vais voir la banque qui me dit à l'époque (authentique) « On veut bien vous prêter 250.000 euros, mais à 12% et vous devez mettre 250.000 euros en garantie ». J'essaie de leur faire comprendre que si j'avais ces 250.000 patates, je ne serais pas venu les voir. Que fais-je alors ? Soit, je ne crée pas l'entreprise et je n'engage personne. Soit, je cherche un investisseur. Un actionnaire, donc, qui veut bien me prêter les 250.000 francs. J'en trouve un qui accepte à condition d'obtenir 7-8% de rendement (ce qui était courant à l'époque). Soit 2.000 par an. Mais ils apparaissent trop chers en dividendes : pour les payer, il faut d'abord payer 30% d'impôts sur le bénéfice, puis 25% (à l'époque, de mémoire) sur le dividende. C'est là qu'on se rend compte que contrairement aux intérêts bancaires, déductibles, ceux que l'on paye aux actionnaires coûtent en fait plus du double. Sur le rendement, l'État prend en fait plus que l'actionnaire (sauf évidemment si les actions augmentent constamment). Après 10 ans, les actionnaires actifs ont finalement racheté les parts de l'actionnaire inactif avec des salaires cumulés (qui avaient eux aussi taxés) en offrant une plus-value correspondant aux 8% de rendement. Cher, très cher. Mais pas à cause de l'actionnaire, qui s'avérait moins « gourmand » que les banques qui, de toutes façons, ne voulaient pas prêter. Au final, l'opération a donc été plus chère pour l'entrepreneur (et pour le salarié), parce qu'imposée. L'actionnaire a été décemment servi, mais en comparaison à des bons à terme (à 7-8% à l'époque, de mémoire), il a pris un risque énorme parce qu'une faillite lui aurait tout fait perdre. Ce risque, il a choisi de le prendre, mais il n'a jamais réellement été rémunéré (il n'a pas perçu plus que s'il avait investi ailleurs, sans risque). Eh bien voilà, c'est ça aussi, l'actionnaire. Celui qui permet la naissance d'une entreprise et met l'argent sur la table. Ce risque et ce manque à gagner se rémunèrent. Si on ne le fait pas (cf les taux d'intérêts à zéro aujourd'hui), l'économie stagne et le salarié trouve plus difficilement du travail. Il y a donc une valeur à l'actionnariat. Il y a aussi une valeur au travail. Sans le travailleur, l'actionnaire ne peut voir son revenu bonifier. Les ultralibéraux considèrent que l'actionnaire et le patron sont les seuls dignes de respect, le salarié n'étant qu'à leur service. Les ultragauchistes pensent le contraire. La réalité est nettement plus fonctionnelle : l'un n'existe pas sans l'autre. Avec la popularisation des pensions complémentaires, et déjà avec les plans d'épargne, l'un est devenu une partie de l'autre. La lutte des classes d'un côté, et l'arrogance patronale d'un autre auraient en fait dû devenir obsolètes. Mais quand des patrons se paient 300 fois le revenus des employés, ça n'aide effectivement pas à l'obsolescence nécessaire. Sans compter qu'il y a des salariés-rapaces dans l'entreprise qui gagnent beaucoup plus qu'ils ne produisent, et le font sur le dos des autres. Ils sont surtout présents chez les cadres sup, mais il y en a aussi dans les ateliers. Ah, que le monde est compliqué !
          • moinsqueparfait'
            septembre 10, 14:24
            Philippe: lisez la réponse de Marcel, mais désolé, vous vous embrouillez complètement. Comme vous le dites: le travailleur génère "partiellement" de la valeur. Quand un travailleur vient travailler dans un atelier, il génère une valeur correspondant à sa compétence et à son action et perçoit une rémunération pour cela (on peut discuter de l'adéquation de celle-ci mais la question n'est pas là). Mais s'il n'y avait pas eu une entité pour acheter la machine, les bâtiments, le site, etc. sur lesquels il travaille, sa valeur serait égale à zéro puisqu'il n'y aurait pas d'atelier. Or, lui n'a pas risqué sa cassette personnelle pour acheter tout cela. Ca ne justifie pas tous les abus et dérives mais il faut remettre les choses à leur place: s'il veut se sentir chez lui où il travaille, eh bien qu'il mise sa cassette personnelle ou trouve des associés pour fonder une société. Là, il va engager quelqu'un qui, selon son ancienne théorie, va "généreusement générer de la valeur" pour l'engraisser. Ce quelqu'un, pour travailler, s'il a accepté le contrat et les conditions de travail et de rémunérations convenues, aura besoin que notre nouveau patron achète des équipements, etc. L'horrible patron va payer des charges patronales pour lui, pendant que le nouvel exploité ne verse pas de charges patronales pour notre nouvel exploiteur. Il va lui payer une vingtaine de jours de congé plus une rémunération quand il est malade, alors que notre "méchant exploiteur", lui, n'a strictement personne qui le rémunère quand il est en vacances ou malade et qui si l'entreprise foire, son "exploité" aura encore droit à une indemnité de chômage et pas lui, sans oublier que l'exploité n'aura aucun compte à rendre chez les créanciers de l'entreprise... Et au passage, avant tout ça, notre pauvre exploité aura sorti à son méchant esclavagiste "qu'il était chez lui"... Eh bien, bonne chance, mon cher Philippe, allez-y donc: fondez une entreprise et coltinez-vous un coco dans ce genre-là. On en reparlera après. Alors évidemment, c'est un peu plus compliqué quand il s'agit de multinationales mais il n'est pas inutile d'en revenir à la base. On n'est pas propriétaire d'un lieu de travail parce qu'on y travaille. Les policiers ne sont pas propriétaires d'un commissariat parce qu'ils y travaillent: le propriétaire, c'est l'Etat fédéral ou la zone de police. On ne prétend pas vouloir réduire les gens en esclavage en les invitant à revenir un peu dans la réalité et à se dégonfler un peu le cou.
          • marcel
            septembre 11, 09:49
            Pas tout à fait d'accord : les charges dites patronales sont fictivement patronales. Elles font en réalité partie de la rémunération du travailleur, dès lors que le jour où il s'en va, le patron ne paye plus ces charges. Mais ça permet de ne pas donner l'impression au travailleur qu'il verse un tiers en sus de son salaire brut à la sécu, en plus des 16% qu'il verse déjà sur celui-ci, et en plus des 20 - 35% d'impôts.
          • Philippe
            septembre 12, 10:23
            @moinsqueparfait / marcel Imaginons, un actionnaire investit 1M dans une société qu'il détient à 100%. Imaginons également que cette société, 10 ans après vaut 10M. Et que cette augmentation de capitale n'a pas été faite par un apport de capital supplémentaire, mais par le CA de l'entreprise et ses bénéfices. L'actionnaire, détenant 100% des parts, voit donc son capital augmenté de 1 à 10M. Bénéfice mirobolant auquel il faut rajouter les dividendes. Pourtant il n'a pas travaillé, il n'a rien produit. Ces 9M on été générés par les ouvriers. En toute logique, cette société devrait donc appartenir à 90% aux ouvriers. L'actionnaire touchant des dividendes, la prise de risque devrait déjà être prise en compte et il n'y a aucune raison qu'il touche ces 9M supplémentaires. Et si on étend cette logique à tout le pays, et le PIB ne faisant que augmenter, la majeur partie de l'industrie belge devrait appartenir au peuple belge et non pas à quelques actionnaires. ************* Oui, les actions sont fort taxées. Mais en même temps, "tout travail mérite salaire" et inversement "tout salaire demande travail". Or ces actionnaires, qui gagnent bien (malgré les taxes), ont gagné leur "salaire" en fournissant quel travail ? En apportant quelle valeur ajoutée à la société ? Certain diront, "En apportant du capital". Mais ce même capital a été en grande partie généré par le peuple belge (voir ci-dessus) et pas par quelque capitaliste. Ils prêtent donc un capital qui ne leur appartient pas réellement et demande un salaire en échange. Cherchez l'erreur. L'investissement est nécessaire. Mais cela ne devrait pas appartenir à quelque actionnaire (mais au peuple, via des caisses ou banques nationalisées). Et cela ne devrait certainement pas leur rapporter les salaires mirobolants qu'ils s'octroient alors qu'ils ne produisent rien.
          • marcel
            septembre 13, 07:08
            La caractéristique du risque est qu'il est… risqué. Autrement dit, rien ne dit que les actionnaires vont voir leurs investissements croître, ni même qu'ils vont les récupérer à la fin. Les plus-value doivent être taxées (ce qu'elles ne sont pas/plus en Belgique), ce qui permet de limiter les gains et de financer des politiques qui bénéficient aux travailleurs. Mais si vous trouvez que les actionnaires n'ont pas à gagner d'argent, demandez donc aux travailleurs de financer eux-mêmes leurs entreprises. J'ai comme un doute.
          • moinsqueparfait'
            septembre 13, 08:10
            Philippe, vous êtes le type même du prédateur. Payez-moi donc (et à mon tarif sans discussion car vous n'êtes qu'un sale capitalisss) pour venir faire votre jardin. Je réclamerai la part de plus-value et de principal qui me revient de droit (bien entendu, car un si beau jardin a tapé dans l'oeil de l'acheteur uniquement grâce à mon travail) quand vous revendrez votre maison (mais vous n'entendrez pas parler de moi en cas de moins-value, bien sûr...). On verra ce que vous direz à ce moment-là...
          • Philippe
            septembre 13, 09:53
            @marcel L'argent appartient à quelque personnes (les actionnaires). Et il est donc normal d'accepter leurs conditions si on veut que ces personnes investissent. C'est à dire, en les remerciant par une bonne rémunération. Mais la question est: pourquoi cet argent se trouve dans les mains de quelques personnes et pas dans les mains du peuple et de l'état. Mon deuxième problème est le sous investissement que font ces actionnaires en Belgique. On assiste actuellement à un sous investissement récurent dû à une fuite de capitaux hors Belgique/Europe (les actionnaires belges investissent de plus en plus en dehors) et dû à une augmentation de la part des dividendes avec une perte d'investissement. Il est plus que temps que l’état pousse ces actionnaires à investir dans leur Pays.
          • marcel
            septembre 14, 11:31
            Il y a des tas de raisons pour lesquelles l'argent se trouve plus chez certaines personnes que d'autre. Il peut y avoir l'exploitation, comme il peut y avoir le génie. Ce n'est pas le sujet du jour, à moins que vous ne vouliez sanctionner le patrimoine. J'ai lu que dans certains pays soviétiques, trop posséder est puni de mort. Je ne sais pas si c'est vrai, mais si c'est le cas, on ne peut pas dire que ça ait amené beaucoup de croissance.
          • moinsqueparfait'
            septembre 13, 11:29
            Ah oui, Philippe... il faudrait que tout cela "appartienne au peuple"... Bin voyons: sous toutes les latitudes, dans toutes les cultures, à des moments et dans des contextes divers avec ou sans méchant "oppresseur capitaliste patriarque néolibéral sioniste judéo-chrétien anglo-saxon soudoyé par les affameurs de Monsanto et Rockfeller" comme voisin plus ou moins encombrant (j'ai tout mis d'un coup, comme ça, rien n'est oublié...), cela a été tenté à plusieurs reprises depuis un siècle. Eh bien... en réalité, la mise en oeuvre du "appartienne au peuple" tourne toujours à: on flingue les "riches", puis comme leur fortune n'était en fait que du pognon virtuel, des chiffres sur un écran, etc., comme il n'y a fait pas grand-chose à redistribuer que des têtes de "riches" qui roulent ou en fait beaucoup moins, on "va prendre l'argent où il se trouve, ma bonne dam'"... c'est-à-dire chez les "petits" qui avaient cru à la fable, lesquels à défaut de posséder beaucoup individuellement, sont très nombreux et offrent donc un magot absolument irrésistible qui n'est évidemment pas à eux mais bien au "peuple", à savoir en fait le "parti", c'est-à-dire la nouvelle dynastie et nomenklatura en place. À la fin ça finit en aventure vénézuélienne, où dans un pays richissime, apparemment la moitié de la population est en malnutrition (c'est encore le cas le moins dramatique, le record de l'ignominie étant probablement disputé par Pol-Pot et Staline)... Ca se termine TOUJOURS comme ça, vos théories. Perso, je n'appelle pas ça la "justice sociale". J'appelle ça une idéologie manipulatrice, totalitaire et criminelle.
        • Eridan
          septembre 09, 09:34 Reply
          « Eh, oh, je veux bien mais aucun ouvrier de Cat ou autre n'a engagé son patrimoine personnel pour l'achat d'un terrain, des bâtiments, de l'électricité, du chauffage » Non, en effet. Il a seulement engagé son savoir-faire, sa compétence, ses idées (pour les techniciens, ingénieurs et gestionnaires divers) qui valent parfois très cher, en s'aliénant parfois d'autres possibilités ; il s'est mis à la disposition permanente de l'entreprise, a engagé tout son temps de vie, avec parfois(souvent ?) beaucoup de tracas qui ont altéré son sommeil et même sa santé, etc. ; une paille ! Pas de quoi en parler !
          • marcel
            septembre 10, 12:23
            Sans le bâtiment et le terrain, il pouvait pointer au chômage. Eh oui.
          • Eridan
            septembre 10, 18:50
            "Sans le bâtiment et le terrain, il pouvait pointer au chômage. Eh oui." En somme, pour vous, la main d'oeuvre est une ressource tellement abondante qu'elle n'a qu'à se plier aux quatre volontés des actionnaires. C'est le raisonnement capitaliste pur : TINA. C'est justement ce type de raisonnement désespérant (ou désespéré) qui conduit aux révoltes. La grève en est un exemple édulcoré. Contrairement à vous, il y a des gens qui ne se résignent pas. La plupart des révolutions nécessitent un temps de gestation. En Allemagne, la révolte d'après 1918 a été récupérée ; on a vu ce que cela a donné. Il me semble donc très dangereux d'encourager les raisonnements fatalistes et pessimistes, comme vous le faites.
          • marcel
            septembre 11, 09:55
            Une fois encore, vous interprétez. La main d'œuvre est une ressource abondante. Le chômage permet de faire pression sur les bas salaires (jamais sur les hauts, bizarrement). Tout ça est vrai. Mais dans une économie capitaliste, sans la mise de départ des actionnaires, il n'y a pas de travail DU TOUT. Sauf pour des fonctionnaires et des petits artisans.
          • Philippe
            septembre 12, 10:40
            @marcel "Sans le bâtiment et le terrain, il pouvait pointer au chômage. Eh oui." Mais sans les ouvriers, ces bâtiments ne servent à rien et ne valent rien. C'est donnant donnant. Et seul le capital de départ appartient réellement à l'actionnaire. Le captal supplémentaire est produit par les bénéfices de l'entreprise et donc par ses travailleurs. Aussi, les entreprises devraient appartenir au peuple, et pas à quelques particuliers.
          • marcel
            septembre 13, 07:14
            Dans une entreprise saine, le bénéfice est normalement largement réinvesti. Sinon, l'entreprise ne progresse plus. Seule une partie revient éventuellement à l'actionnaire (le dividende). Vous ne voyez que les projets qui réussissent et oubliez que des tas de projets périclitent. Comme toujours. Mais qui va rembourser les millions investis dans, par exemple, des journaux en perte continue sur le long terme ? Les travailleurs ?
          • moinsqueparfait'
            septembre 13, 08:14
            "Aussi, les entreprises devraient appartenir au peuple, et pas à quelques particuliers." Vous êtes donc bien communiste...
        • Eridan
          septembre 09, 09:37 Reply
          Je souligne : vous avez raison ; la vie du pauvre manant ne vaut rien face au pouvoir de l'argent. Il en a toujours été ainsi.
        • Jester
          septembre 09, 12:19 Reply
          Mon Dieu, je suis d'accord avec vous. On aura tout vécu.
          • moinsqueparfait'
            septembre 10, 14:50
            Jester, quand vous aurez compris que tous les "wallingants" ne sont pas socialistes, vous comprendrez mieux la Wallonie. Vous comprendrez mieux les "socialistes wallons" quand vous aurez compris qu'il n'y a pas que des brontosaures buveurs de carapils chantant l'internationale au PS mais juste, souvent, des gens qui sont ce qu'ils sont mais qui font ce qu'ils peuvent face à des situations où les "libéraux" du MR ne feraient pas mieux. Toute l'Europe va mal et la Wallonie va très mal car au problème de sa désindustrialisation s'est ajouté le fait que l'Etat dont elle fait partie l'a laissée tomber comme une vieille chaussette depuis des décennies et mène même désormais une politique carrément de guerre ouverte pour l'enfoncer: imaginons que le site de Cat soit potentiellement reconverti en centre de distribution pour Amazon ou un acteur du genre, profitant de la proximité de l'aéroport. Je vous fiche mon billet que dans la semaine, tout ce que la "Brusselie" et la "Flandrie" comptent d'âmes bienveillantes (nos très chers "compatriotes"...) déclencheraient une guerre juridique pour empêcher cela (because: faut pas menacer la position du Mausolée Brussels Airport). Pas de RER, tout construit au rabais et refait à notre compte après la régionalisation des travaux publics, publicité volontairement négative envers la Wallonie dans les ambassades belgo-flamandes, attitude des banques et compagnies d'assurance diamétralement opposée selon que l'investisseur potentiel vient en Flandre ou à Bruxelles ou alors est Flamand pour les fois où il veut investir en Wallonie... Alors, socialiste ou pas, on s'en fiche: la Wallonie n'a RIEN à attendre de positif de ses "compatriotes" du "nord et du centre du pays". Rien du tout et en tout cas, rien de bon. Quoi que nous ferons pour réussir, ce sera combattu. Alors, ici, voyez-vous, tout le monde était sur le pont pour vomir sur le "socio-syndicalisme" wallon sur les forums de presse bruxellois... mais comme d'habitude, personne n'était là pour remarquer que des 3 grands sites mécaniques américains désormais fermés en Belgique (GM, Ford et CAT), c'était le site wallon qui avait fermé en dernier... personne n'a remarqué que délocaliser à Grenoble relativisait fortement l'argument syndical... Caterpillar Grenoble, où la petite journée de grève sauvage mensuelle pour l'entraînement fait partie du folklore du site depuis qu'il existe (ils sont très rigolos, là-bas, à ce qu'on m'a dit: il y aurait déjà eu grève à cause de conflits entre syndicalistes...). Mais le site est encore assez rentable... pour l'instant...
      • Eridan
        septembre 09, 09:26 Reply
        « Mais je n'admets pas qu'on tronque les chiffres pour incriminer une entreprise à tort. » C'est quand même un peu fort. Le PTB argumente mal, nous sommes d'accord. On se demande d'ailleurs pourquoi ils n'utilisent pas des arguments plus percutants, plus constructifs sur le plan politique. Mais, si on vous suit, c'est plus grave de se tromper d'argument (comme le fait le PTB) que de se rendre coupable d'un crime social à grande échelle, dont sont victimes des milliers de personnes, comme le fait Caterpilar, quelles que bons que soient ses prétextes financiers. « (...) personne ne s'est plaint de sa soi-disant violence » Il n'y a pas eu de grève ?? Vous n'écriviez pas le contraire, plus haut ?
        • marcel
          septembre 10, 12:22 Reply
          Le PTB ne se trompe pas. Il choisit délibérément.
  12. Eridan
    septembre 08, 10:56 Reply
    Votre blog commence à ressembler à un un recueil de toutes les croyances et idées préconçues de la religion ultra-libérale (lisez un peu Piketty, pour vous changer les idées). D'ailleurs, selon le raisonnement très compréhensif que vous développez à l'égard de cette société, nous vous découvrons encore plus ultra-libéral que les libéraux eux-mêmes ! http://www.rtbf.be/info/dossier/caterpillar-gosselies-va-fermer-plus-de-2000-emplois-menaces/detail_olivier-chastel-utiliser-toutes-les-voies-legales-pour-ne-pas-simplifier-la-vie-des-dirigeants-de-caterpillar?id=9398572 « Olivier Chastel prévient déjà la direction de l’entreprise américaine : ce sera un combat sans merci. "Je suis ouvert sur toutes les voies légales pour ne pas simplifier la vie des dirigeants américains de Caterpillar" »
    • marcel
      septembre 08, 11:37 Reply
      Les gesticulations d'Olivier Chastel ne me paraissent ni libérales, ni gauchistes. Ce sont juste des gesticulations.
      • Pfff
        septembre 08, 13:06 Reply
        Bof. Je ne crois pas qu'il peut dire quoi que ce soit d'autre, s'il a envie d'avoir un avenir politique à Charleroi. Comme Caterpillar a gardé les ouvriers les plus qualifiés pour la fin, il est possible qu'une partie non négligeable des derniers licenciés retrouve un job, mais pas à Charleroi. Ils suivront les très rares universitaires de Charleroi : en exil. Cela a l'air de passer au dessus de la tête de Marcel, mais c'est le coup de grâce pour une région au bout du rouleau. D'où les réactions de Chastel.
        • marcel
          septembre 08, 20:51 Reply
          Un politique qui raconte portnawak pour satisfaire l'électorat n'aide en rien, à Charleroi ou ailleurs.
  13. Philippe
    septembre 08, 13:23 Reply
    Dans votre calcul sur les bénéfices de Caterpillar vous faites une erreure: "...les départs ont donc permis une baisse du coût du personnel de 64 millions d’euros. Le chiffre d’affaires...a baissé dans le même temps... Soit 84 millions de moins. Un rapide calcul permet de voir qu’avec le même personnel et le même coût qu’en 2014, en 2015, l’entreprise n’aurait pas fait un bénéfice de 16,5 millions avant impôts, mais bien une perte de… 79,5 millions ! Et elle n’aurait alors pas payé d’impôts du tout. Et aurait juste eu une meilleure raison de fermer." Votre raisonement est faux. Car il est normal d'avoir une baisse du CA (-84M) si il y a moins de personnel. En d'autre termes, avec le même personnel et le même coût qu’en 2014, Caterpillar aurait eu un CA bien supérieur à 290M. Et elle n'aurait peut-être pas fait de pertes.
    • marcel
      septembre 08, 20:53 Reply
      Ça ne vaut que pour le personnel commercial pour autant qu'il vende la production de l'usine (et pas d'une autre). Vous pouvez quadrupler le personnel de production, ça ne quadruplera pas les ventes.
  14. Philippe
    septembre 08, 13:56 Reply
    A votre question: « avons-nous, tout fait pour maintenir l’attractivité qui a fait venir Caterpillar à Gosselies en 1964, et qui l’a maintenue là plus d’un demi-siècle durant ? » Je pense que la bonne réponse est plutôt : non ! Votre réponse devrait être plus nuancée. La Belgique n'est pas seule responsable du manque d'attractivité de son pays. De 1944 à 1980 on n’était pas dans le système d'économie mondialisée que l'on connait actuellement. A cette époque, l'économie est dominée par le capital industriel et les managers. Vers les années 70 s'est mis en place le régime néo-libéral dominé par la finance tel qu'on le connait actuellement. Il faut se rappeler qu'au lendemain de son arrivée au pouvoir en 1979, Mme Thatcher procède à la libéralisation du mouvement des capitaux (suppression des contrôles de changes, flottement libre de la £) et à la dérégulation financière et bancaire. Beaucoup de pays suivent rapidement (États-Unis) ou un peu plus tard. Cette « liberté » de circulation des capitaux est un élément primordial dans le changement du rapport de force entre capital et travail. Conséquence, depuis les années 80, on assiste à un phénomène nouveau: la déconnexion entre les profits et l’investissement productif. En d'autres mots, les profits ne sont plus entièrement ou même principalement réinvestis sous forme productive. Ils sont utilisés dans une proportion croissante à des opérations financières et à des investissements productifs dans d’autres régions du monde (délocalisations) ou, tout simplement, à davantage rémunérer les actionnaires. Pour Caterpillar, cela signifie investir dans d’autres régions du monde et délocaliser. Bref, La réponse n'est pas NON. Car le problème ce n'est pas la compétitivité de la Belgique, mais le système néo-libéral et mondialisé dans lequel on vit qui pousse les financier à chercher le profit et à délocaliser plutôt qu'investir dans l'industrie locale.
    • marcel
      septembre 08, 20:59 Reply
      La Belgique a rejeté l'entrée de la Chine dans l'OMC ? Elle a régulé ou chercher à réguler les instruments financiers ?
      • Philippe
        septembre 09, 08:39 Reply
        En effet, la Belgique n'a rien fait de tel. Mais N'oublions pas que nous sommes membre de l'Europe, et qu'on est pas seul à prendre la décision. Dans certain domaine, nous n'avons plus la souveraineté national.
  15. Philippe
    septembre 08, 15:08 Reply
    Conférence intéressante permettant de mieux comprendre le cas de Caterpillar et les problèmes générés par une financiarisation de plus en plus importante de notre société: http://www.atterres.org/vid%C3%A9o/lentreprise-liquid%C3%A9e
  16. Véronique Rousseaux
    septembre 08, 15:55 Reply
    Brillante justification du système capitaliste et de l'exploitation de l'homme et de la nature au profit de quelques-uns. Si on lit ceci : http://www.levif.be/actualite/belgique/les-travailleurs-de-caterpillar-paient-la-folie-des-grandeurs-de-l-extractivisme/article-opinion-547787.html, on a une approche totalement différente - que le préfère, personnellement.
    • Darth Ph11
      septembre 11, 12:33 Reply
      Il n'y a pas de justification de quoi que ce soit. Juste des faits, la constatation de l'usage du mensonge et sa correction. Vous cautionnez donc le mensonge et la malhonnêteté ?
      • Eridan
        septembre 12, 17:24 Reply
        La comparaison des différents textes que nous avons sous les yeux démontre (s'il en est besoin) que mensonge et malhonnêteté -de même qu'objectivité et subjectivité- sont des concepts qui, dans le domaine politique, résultent presque toujours de la perspective selon laquelle on considère et sélectionne les données. Dans le même esprit, on peut traiter un même sujet dans une démarche polémique (ce qui est assez amusant et stimulant) ou en essayant de soupeser les différents points de vue (ce qui est moins gai, mais plus constructif).
  17. Nicola Tournay
    septembre 08, 15:59 Reply
    Ouaw. Encore de l'information de qualité. Des faits et du bon sens, à rebours de la démagogie ambiante. Merci pour cet article !
  18. Shanan Khairi
    septembre 08, 16:02 Reply
    "L’actionnaire, c’est vous"... Heu, non. Comme la majorité des gens, je n'ai pas d'argent investi en actions. En aucune manière.
    • marcel
      septembre 08, 21:02 Reply
      Vous ne les avez peut-être pas en direct, mais si vous avez de l'épargne, vous êtes actionnaire indirect de qqch.
      • Shanan Khairi
        septembre 10, 15:26 Reply
        Non, non. Aucune épargne dans une banque. Juste un compte courant. Et avec les 0% d'intérêts sur ces comptes aujourd'hui... Quant à ceux qui ont des comptes d'épargne, parler "d'actionnariat indirect" est un peu poussé...
      • Eridan
        septembre 10, 19:00 Reply
        Je me demandais si j'avais bien lu. Si je comprends bien, vous assimilez les prêts (notamment hypothécaires) et les emprunts (obligataires) à des actions ? Vous êtes excellent comme polémiste, mais -sans vouloir vous vexer- comme expert financier, je préfère m'adresser à quelqu'un d'autre.
        • marcel
          septembre 11, 09:56 Reply
          J'ai expliqué pourquoi, pour une entreprise, c'est en fait assez similaire, sauf que la banque possède une partie de la société dans le second cas.
          • Eridan
            septembre 11, 10:29
            Le statut d'un prêt (qui peut d'ailleurs être au bénéfice d'un particulier) ou d'une obligation n'a rien à voir avec celui d'une action. Non seulement, ce n'est pas du tout le même poste au bilan, mais les revenus et droits qui en sont retirés sont aussi totalement différents. Vous faites des approximations grossières et un mélo-mélo effarants. Avec de pareils raisonnements, on peut démontrer n'importe quoi et son contraire.
          • marcel
            septembre 11, 11:22
            Non, je simplifie. Il y a participation d'une part, prêt d'autre part. Mais dans les deux cas, l'argent est bien mis à la disposition de l'entreprise et celle-ci paye bien un intérêt. C'est le sens des intérêts notionnels, à la base (dévoyés ensuite par Reynders et son équipe).
  19. jean
    septembre 08, 17:52 Reply
    Merci pour cette analyse réaliste et étayée.
  20. Capucine
    septembre 08, 18:09 Reply
    Désolés,nous sommes pour ces travailleurs dont le travail faisait partie de leur vie de famille' Tellement tristes,nous sommes de les voir tomber de haut. Mais connaissez vous le nombre de jeunes ayant fait des études ,obligés de prendre des jobs étudiants pour payer leurs frais ,obligés d'être prêts à partir de l'autre côté du monde pour se construire un CV et un avenir,n'ayant aucun passe droit de fils de.. D'amis de...et qui ont après leurs études besoin d'une Dizaine d'années pour obtenir un travail qui leur permet d'avoir atteint un peu de respect grace à leur difficile chemin. Que dire à ces jeunes courageux devenus vieux avant l'âge pour lesquels ,on a peur d'une descente virtigeuneuse because tout à coup, ils ne sont plus assez jeunes ni assez vieux mais surtout trop chers pour une société sans âme. Ces jeunes vivent entre ciel et terre,on les déplace comme des pions ,ils doivent être touchables à toutes heures ,leur famille est fière mais leur enfant leur manque éperdument ,infiniment,affectueusement,physiquement .... cela n'a pas de prix...
  21. Alexandre
    septembre 08, 20:59 Reply
    Très bon article, qui clarifie un peu la situation. Je tiendrais un raisonnement encore plus simple : Le CA baisse, donc les ventes baissent, donc la quantité de travail baisse. Si la quantité de travail baisse, on à obligatoirement besoin de moins de travailleur. Maintenir l'emploi des travailleurs "inutile" (comprendre par la qui ne produisent pas) signifie, comme expliqué dans l'article, que le cout de production peut dépasser le prix de vente. Et plus encore, quelle que soit la santé financière de l'entreprise, payeriez vous quelqu'un qui ne travaille pas ? Non. Ni vous, ni moi, aucune raison que Caterpillar ne fasse pas de même. Ne soyons pas stupide, si Caterpillar pouvait fournir du travail à l'ensemble de ses travailleur elle le ferait avec plaisir (parce que cela signifierais que les ventes suivent...) mais ce n'est pas la cas. Une filiale devait fermer, si ce n'était pas Gosselies ç'aurait été une autre implantation en Europe. Dans ce cas-ci, la question à réellement se poser est "Pourquoi Gosselies ?" et la je pense que le monde politique comme le monde syndical devrait se remettre en question plutôt que de vouloir trouver un bouc émissaire.
  22. Mich
    septembre 09, 06:33 Reply
    "Parce que l’actionnaire est méchant ? Non. Parce que sur un marché où les taux d’intérêts sont microscopiques, où le pétrole dégringole, où les incertitudes sont légion, celui-ci cherche le meilleur rendement en bourse." Quelle perle ! Si le pétrole était haut et les taux d'intérêts aussi, vous auriez écrit : "Parce qu'avec un pétrole qui ne cesse de grimper et des taux d'intérêts élevés, l'investissement en bourse doit se montrer concurrentiel et donc offrir un rendement élevé sous peine de voir les investisseurs bouder les marchés d'actions" Bref, quoi qu'il arrive, il y a toujours une bonne raison pour l'actionnaire de s'en foutre plein les poches et pour le travailleur de se faire jeter. La servitude volontaire.
    • marcel
      septembre 10, 11:52 Reply
      Ah ben non. Aucune perle. Caterpillar est partiellement dépendant du cours des matières premières, dont le pétrole, parce qu'ils produisent des engins de chantiers liés à l'extraction. J'aurais pu le préciser en effet. Ensuite, je pense que la baisse du pétrole amène encore plus de « chercheurs de rendement » sur un marché des actions/obligations déjà déboussolé, tout en ralentissant (temporairement) ce même marché (il y a gain pour les entreprises à moyen terme, mais perte de valeur globale à court terme). Lorsque les taux d'intérêts sont plus élevés, que le pétrole est relativement bon marché et relativement stable, que l'économie progresse, les investisseurs panachent leurs portefeuille de façon raisonnée et les entreprises n'ont pas à faire du barnum sur leurs dividendes pour les voir arriver. Mais la raison n'est plus de la partie. Rien n'est sûr nulle part. Ça provoque des réactions hystériques dans un certain nombre d'entreprises, qui amène à accorder des dividendes croissants en dépit du bon sens. Sinon, le haro sur l'actionnaire est bien populaire. Mais l'actionnaire « qui s'en fout plein les poches » est plutôt rare de nos jours. Vous devez confondre avec le trader ou les hedge funds. Et au passage, je vous trouve plutôt agressif envers les retraités qui ont économisé toute leur vie et dont les fonds de pension (un actionnaire très actif et plutôt plus gourmand que d'autres) tentent d'obtenir un rendement maximum sur des marchés boursiers qu'ils perturbent depuis déjà 20 ans. <a href="http://www.persee.fr/doc/reco_0035-2764_2000_hos_51_1_410479" rel="nofollow">Voici un vieil article assez technique mais qui en parlait déjà il y a 15 ans…</a>
  23. Anthony
    septembre 09, 10:08 Reply
    1) A l'auteur : merci pour cette analyse documentée et chiffrée. Cela donne de la base à l'argumentation, à la critique et à la discussion. Ce qui manque singulièrement dans ce que je vois sur la place publique pour l'instant (presse, web) 2) A certains commentateurs : "expliquer" et "justifier" s'écrivent différemment parce qu'ils ont un sens différent. Je ne suis pas toujours d'accord avec l'auteur, que je lis épisodiquement, mais qui a systématiquement le mérite de porter un point de vue argumenté sur la place publique, ce qui permet à chaque lecteur/trice d'y confronter sa connaissance et son point de vue, et d'évoluer s'il/elle le désire. Ce que j'attends (encore vainement et naïvement) d'une certaine presse ... (non, l'autre).
    • marcel
      septembre 10, 12:24 Reply
      Merci d'avoir remarquer que j'explique, je ne justifie pas nécessairement.
  24. Tournaisien
    septembre 09, 10:45 Reply
    Super, Marcel ... quelle leçon pour nos journalistes de la presse écrite. Voilà ce que j'appelle du "vrai" journalisme d'analyse (et aussi d'investigation). C'est impressionnant ! ... bel esprit critique, et surtout, une superbe honnêteté intellectuelle. ... à la fin de votre article, vous évoquez, très justement, une mondialisation qui, quelque part, est le mécanisme qui permet à la solidarité mondiale de s'exercer. Ceci est très juste et on sait qu'à terme, les choses se rééquilibreront : quand les travailleurs chinois gagneront mieux, ils s'organiseront, les taux salariaux en Chine également finiront par augmenter et la concurrence avec l'Europe sera moins rude. La seule chose qui, moi, quelque part, m'effraie, c'est sur le plan environnemental : ceci signifie que c'est aujourd'hui, ou à terme dans quelques années (l'Afrique est encore à la traîne), toute la planète qui va se lancer dans une marche effrénée de production. Les conséquences pour notre pauvre terre vont être catastrophiques (elles le sont déjà). Où cela s'arrêtera-t-il ? Que faire ? Vous me direz sans doute qu'avec le progrès, les sociétés en émergence finiront elles-mêmes par intégrer les normes environnementales qui sont les nôtres (et qui doivent encore être mieux adaptées). Oui, certes, mais il s'agit désormais d'une course contre la montre ... et je ne suis pas convaincu que nous parviendrons à gagner le pari dans les délais suffisants. ... qu'on le veuille ou non, quel que soit le modèle sociétal que l'on souhaite (de type capitaliste/libéral ou collectiviste ... les sociétés communistes qui, ceci étant dit, furent les pires pollueuses de l'histoire de l'Humanité), la croissance continue, le progrès continu ... ce n'est pas possible, du moins pas dans un monde fini (car jusqu'à preuve du contraire, notre pauvre Terre ne fait et ne fera toujours que 40.000 km de circonférence !). D'une certaine façon, la question que pose le problème de Caterpillar, au-delà du seul problème social (très douloureux), c'est aussi celui-là : jusqu'où tout ceci va nous entraîner ? Que laissera-t-on à nos enfants et nos petits-enfants ? J'avoue ne pas avoir de réponse à cette question. Y en a-t-il seulement qui en ont ?
    • marcel
      septembre 10, 12:26 Reply
      Les conférences sur le climat sont pour l'instant les seules réponses en effet. Vous avez lu mon « Indignés de Cons » ? La seule solution est que les projets environnementaux soient plus rentables que les autres.
    • Eridan
      septembre 10, 20:12 Reply
      Belle leçon de mauvaise foi capitaliste, Tournaisien. Dans la logique capitaliste, ce qui est rare est cher. Ce qui est abondant n'a que peu de valeur. La main d'oeuvre est abondante et sera renforcée par la robotisation. CQFD. Donc, pour ce qui est de « Ceci est très juste et on sait qu'à terme, les choses se rééquilibreront », vous prenez vos rêvez pour une réalité future. La logique de marché ne conduit qu'à une chose : la destruction de la planète et la misère pour les travailleurs ; c'est aussi mathématique et plus implacable que les démonstrations scabreuses de M. Sel. Il y a des dimensions de la condition humaine qui vous échappent totalement.
      • Démocrate
        septembre 12, 00:17 Reply
        En effet. Le gloubi boulga petit réactionnaire de ce long texte vise à désactiver toute prise de conscience, raison pour laquelle un petit parti vaut pour Sel une précipitation en défense du capitalisme, encore plus s'il est des USA Il voit ROUGE dès qu'on lui dit qu'il y a rouge (comme grand-papa dans les années 30) C'est notre Pussy riot femen et autres plaisanteries sorosiennes à nous. OMETTANT la VALEUR travail, rémunérée TOUJOURS en-dessous de sa valeur, SANS travail-leur, pas d entreprise. OMETTANT la quantité d aides payées par le contribuable, arnaqué mille et une fois et auquel on fout la trouille de perdre des emplois. QU'IL PERD QUAND MEME (ne lui dites pas, il veut faire croire que le capitalisme est raisonnable, sérieux et blablabla de petit-bourgeois à la Jourdain) ON lui fait le coup depuis 40ans, plus il raque, plus il travaille AIDE OU PAS, les types prennent l'oseille et se tirent, TOUJOURS. La fonction du capitalisme étant d exploiter TOUT TOUJOURS. Le reste est une plaisanterie de petit bourgeois réac ... UN communiste m'a pris ma place de parking, le salaud. Comme s'il n y avait pas de chômage en Grèce, Espagne etc... DONT LES SALAIRES SONT BAS. Comme si 94MILLIONS d USAméricains n étaient pas privés d'emploi. RIEN, ils n ont RIEN au paradis capitaliste si cher au petit-bourgeois enflé de narcissisme aigu, anti-greffff, ils n ont DONC RIEN. SACHEZ que LES INDIENS 150 A 180 MILLIONS ont fait une GREVE GENERALE afin d'augmenter leurs salaires, conditions sociales, etc... Y COMPRIS les indépendants, eux, nettement moins réactionnaires qu'ici OMETTANT de dire que SANS GREVE et SANS DROITS SYNDICAUX, le niveau de salaire sombre dans la caverne si chère aux petits-bourgeois réacs du plus pur jus, Qui se rêvent Louis XIV et se prennent pour ce qu'il ne sont et ne seront jamais. Un jour, ils devront bouffer leur paillasson, c'est-à-dire EUX-MEMES Enfin, le terme de gauche est UNE FICTION et un MOT FETICHE auquel les petits réacs s'accrochent pour occulter leur essence réactionnaire. Utilisant enfumage, faux, mythes et mystifications pures et trouille du bolchévique couteau entre les dents. TENTION DANGER, Ce fut cette matière sociale infame qui servit très bien les nazis, plutôt nazi ou facho que communiste. NE PAS LIRE Thomas MANN ni Bertolt BRECHT, vos portraits risquent de s'y trouver. Un petit-bourgeois réac aspire TOUJOURS à l'imitation pathétique car sa pensée magique de bras armé rampant lui donne l'ILLUSION qu'il en fait partie, lui. Ce dont ses maitres rient à gorge déployée et se servent comme de petits domestiques minables. Céline écrivait aussi, et avec plus de talent, malheureusement. Et maintenant, faites comme d'habitude, censurez au nom de votre fallacieuse tolérance affichée comme un néon de publicité de petit nervi du même commerce über alles . Qui n'abuse que les sombres crétins carencés de tout ordre. Ou en tronquant, dévoyant, utilisant à qui mieux mieux le biais cognitif et le cliché dont la beaufitude rivalise avec l'habitude. Allez, censurez en bon politiquement identifié à droite dans tous les sujets séduisant les nigauds idéalistes à bons sentiments bien manipulés. Maintenant, clair. Ou faites des réponses à côté de la plaque pour discréditer ou interprétez de travers, en distorsion ou moquez-vous, "saines" (notez les GUILLEMETS avant de tordre le sens et de m'attribuer VOS défauts) et banales habitudes qui caractérisent les petits fachos ordinaires, très ordinaires, très. N'oubliez pas de CENSURER en fallacieux adepte de la "liberté" et autres ballons gonflables réacs à la Walt Disney.
        • marcel
          septembre 13, 06:59 Reply
          Manque de bol, je n'ai rien trouvé à censurer (quoique la comparaison avec Céline…) même si vos attaques sont ridiculement soviétiques.
          • Laurent
            septembre 18, 16:02
            Mais le constat est pertinemment juste ! Jettez des louanges à un système destructeur depuis 30 ans qui est en train de mener le monde vers le chaos est d'une évidence même ! Tout ces manières de défendre l'inacceptable, qui n'est pour moi qu'une manière soit de courber l'échine où de jouer à la collaboration d'une petite oligarchie mondialiste détestable, psychopate et ploutocrate ! Les faits sont têtus et utiliser la peur du bolchévique à longueur de temps devient ridicule ! Particulièrement par ailleurs si on s'intéresse à des livres extrêmement intéressant dont celui du britannique naturalisé américain Anthony Sutton, ayant travaillé à l'institut Hoover, les archives américaine et ces livres sont particulièrement parfaitement éclairant sur la naissance de ces oligarchies tyrannique sur le monde actuelle:"Wall Street et la révolution bolchévique de 1917" et "Wall Street et la montée d'Hitler"...Les créatures créés et financés toujours dans les mêmes but par les mêmes, comme l'est d'ailleurs encore DAESH aujourd'hui !
  25. serge
    septembre 09, 15:44 Reply
    Quelle belle rigueur, Marcel. Bravo. Ceci dit, je ne puis m'empêcher de penser que les multinationales sont nocives. Par leur taille, leur puissance, leur multinationalité justement. Elle nous font manger mal, ellen polluent, elle "lobbient", elles échappent à tout controle et elles délocalisent. Par contre, elles recherchent et développent, elles donnent du travail. J'avoue que je ne sais quoi penser...
    • marcel
      septembre 10, 12:36 Reply
      Je pense aussi que les multinationales posent de très nombreux problèmes. Mais ce ne sont pas elles qui ont, par exemple, ouvert le marché chinois à l'OMC. Il fallait le faire un jour où l'autre, mais pas au moment où le travailleur allemand paye cher la montée dans le wagon de l'ex-RDA et, avec les autres, la montée du travailleur des pays ex-soviétiques. Il faudrait rappeler que l'élargissement de l'Europe se fait au prix d'une baisse temporaire du travail en Europe de l'Ouest. Personne n'ose le faire. Parce que ce serait très impopulaire. Pourtant, c'est probablement le vrai grand geste de solidarité des travailleurs de l'Ouest. Mais ils ne le savent même pas. Et s'ils le savaient, auraient-ils voté pour ?
  26. Baudouin Petit
    septembre 09, 17:55 Reply
    Le problème est d'une grande complexité et la diabolisation des méchants capitalistes ne mène à rien. Mais les milliers de personnes mises sur le carreau par les restructurations d'entreprises devraient conduire nos responsables à s'interroger sur deux choses : (1) Ne faut-il pas envisager une petite dose de protectionnisme européen, passant par la TVA, un impôt qui frappe les importations mais épargne les exportations, contrairement aux cotisations sociales et à l'impôt sur le revenu ? et (2) Il est peut-être temps de repenser de fond en comble la fiscalité directe, en reprenant une vieille idée ; l'impôt forfaitaire sur les capitaux physiques (terrains, bâtiments, équipements) proposé par les premiers libéraux, avant l'introduction de l'impôt sur le revenu. L'économiste "libéral et socialiste" Maurice Allais qui fut prix Nobel, a montré plus récemment qu'un impôt annuel sur le capital de l'ordre de 2 % permettrait de remplacer entièrement l'impôt sur le revenu, des particuliers comme des entreprises, à condition que la collectivité récupère aussi la totalité des bénéfices de la création de monnaie, un pactole abandonné aujourd'hui dans une grande opacité à des banques privées, alors que jadis les Etats tenaient jalousement à ce privilège. Comment ne pas voir que cette réforme serait extraordinairement favorable à l'activité et à l'emploi ?
  27. legille
    septembre 09, 21:38 Reply
    Cher Marcel, Il est vrai, comme l'indique d'aucuns, que l"analyse se veut aussi complète que possible et le mérite t'en revient. Les dernières déclarations du Charel 1er sont proches de celles du PTB, j'ai même cru l'entendre prononcer le mot "réquisition"! Mais bien sûr que la société Caterpilar (c'est la chenille, la chenille...air des lampions...mais qui ne redémarrera plus!) n'est pas différente des autres multinationales qui toutes font de l'optimisation fiscale tout-à-fait légale. Donc vos gueules les politiques qui ont voté ces lois! Cependant, je crois que cette analyse est d'un autre temps. L'informatisation et la logitiellisation des marchés financiers déconnecte à peu près totalement la cotation d'une entreprise de ses résultats concrets. Les investisseurs qui apportent des moyens à l'entreprise n'en sont réellement que lors d'une mise en bourse ou d'une augmentation de capital. Les autres, gros ou petits, ne sont que des spéculateurs à très court, court, moyen ou long terme. Au plus ils sont gros,au plus la rentabilité ( dividendes et plus-value) est à court terme. Le CEO et les gros investisseurs (fonds de pensions, placements...) sont là pour une durée maximale de 3 à 5 ans avec bonus faramineux sur résultats +/-immédiats. La pérennité de l'entreprise leur importe peu.... Et ce qui m'inquiète le plus c'est que les discours,syndicaux, politiques, médiatiques continuent imperturbablement de parler de plein emploi et même d'augmentation la durée du travail alors que celui-ci disparaît inexorablement de par la robotisation et logitiellisation des fonctions ici et partout dans le monde. Si en passant de l'agriculture à 'industrie puis au travail de bureau et de commerce l'emploi a même augmenté (voir travail des femmes) de par l'augmentation de la consommation, depuis 1974 le plein emploi est révolu et ce n'est pas le travail 2,3,4.0 qui compensera. Où sont ceux qui doivent expliquer que ce monde ne sera plus jamais comme avant, qu'on est a un tournant de civilisation entamé à une vitesse jamais atteinte dans l'histoire de l'humanité, qu'on est sur une planète ronde et finie, qu'on devra partager le travail et le reste avec l'autre sous peine d'accepter de devoir le détruire ou d'être détruit par lui, qu'il faut faire payer les lois sociales aux robots et logiciels... Bon j'arrête là ou je vais être aussi long que ton article!
    • marcel
      septembre 10, 12:47 Reply
      Je ne suis pas tout à fait d'accord sur l'actionnaire qui rachète les parts à un autre. L'actionnaire de départ prend des risques colossaux (qu'il tempère évidemment par d'autres achats). S'il les prend, c'est souvent en pariant sur le fait que ses parts prendront de la valeur. Or, prendre de la valeur signifie être racheté. Le racheteur de parts est celui qui réalise cette croissance. Sans rachat possible, il n'y aurait pour l'actionnaire de perspective que dans le rachat de parts par l'entreprise elle-même. Cela signifie qu'elle devrait alimenter ses fonds propres de manière colossale, ce qui la rendrait totalement non-concurrentielle et la ferait rapidement péricliter. L'actionnaire « de suite » n'est donc rien d'autre qu'un racheteur de risques. Il a moins de mérite, moins de risque, mais il est aussi indispensable. C'est aussi une réserve en cas d'appel au capital. Bien sûr, il peut avoir des raisons nocives de le faire (ultraspéculation). Mais c'est un autre débat.
  28. gduchateau
    septembre 10, 05:03 Reply
    Je dois l'avouer, je vous lis peu, j'ai même tendance à trouver cela peu pertinent et orienté, mais dans cas ci, fortement intéressée par toutes les informations sur l'affaire Caterpillar, je dois avouer que ce que vous avez écrit représente un beau travail d'analyse et de logique.
    • Eridan
      septembre 11, 09:56 Reply
      C'est comique, je pense exactement comme vous : en tant que recueil de nombreux poncifs, croyances, approximations grossières et même contre-vérités flagrantes du prosélytisme ultra-libéral, son billet peut servir de référence très convenable. Sa messe en hommage aux pauvres rentiers-actionnaires (qui viennent seulement d'engranger à peine plus de 100 % de plus-value sur beaucoup de leurs titres en l'espace de cinq ans), en bute aux méchants travailleurs qui les ruinent avec leurs salaires, est vraiment touchante. J'en ai eu la larme à l'oeil ! Vive les robots ! Ceux-là, au moins, ils ne revendiquent pas un salaire décent ni même la sécurité d'emploi ; contrairement aux travailleurs humains, quand on les envoie à la poubelle, ils ne râlent pas.
      • marcel
        septembre 11, 11:24 Reply
        Vous délirez : je n'ai jamais dit que l'actionnaire était un pauvre hère qui ne gagnait pas assez, j'ai juste montré pourquoi il réagissait d'une certaine manière et pourquoi les entreprises s'adaptaient de façon hystérique aujourd'hui. Je n'ai jamais dit que c'était bien, mais j'ai essayé d'éclairer les raisons de certains chiffres.
  29. Merci pour cette analyse détaillée et fouillée. Pas facile dans un monde de la communication en un clic d'aller au fond sans passer par les raccourcis (dangereux) de certains journalistes, pas toujours très (in)formés. Une correction technique cependant Marcel : "les licenciements massifs sont amortis sur plusieurs années, ce qui tronque les chiffres." Ceci est une affirmation incorrecte. En norme comptable IFRS (applicable à Caterpillar), il faut attribuer le coût à l'exercice de survenance de ce coût. En d'autres termes, si Caterpillar paie des indemnités de départ en 2016, la totalité de celui-ci sera porté en coût sur cet exercice.
    • marcel
      septembre 10, 12:54 Reply
      Je te crois volontiers, mais j'ai simplement repris une ligne du rapport de gestion qui indique que les indemnités ont été amorties sur 3 ans bilantairement (pas le temps de chercher la ligne exacte, toutefois, dsl), d'une part, et d'autre part, je partais du principe qu'il y avait encore eu des licenciements en 2014 (donc notamment des pécules de vacances anticipés qui modifient le coût salarial par salarié). Ensuite, je ne sais pas si ceux-ci ont (tous) été prestés ou non. Si oui, les frais sont portés à l'exercice. À cela s'ajoute le fait que certains frais liés par exemple aux prépensions surviennent après le licenciement. Enfin voilà, l'idée, c'est bien que le coût par salarié de 2014 (et plus encore 2013) ne porte pas sur une base identique à celui de 2015 ou 2012, par exemple.
  30. rion laveur
    septembre 10, 08:33 Reply
    Bravo pour ce travail : des faits, rien que des faits. Je rectifierais juste le passage « La moitié de ces 40 millions de bénéfice déclaré dans les comptes de résultats publiés par la BNB (soit 20,5 millions) sont en fait des dividendes versés à Caterpillar Belgium SA par une autre filiale, Caterpillar Financial services. Or, ces dividendes avaient déjà été taxées ! Et on ne peut taxer deux fois. ». En réalité, le précompte payé sur un dividende payé entre deux sociétés est imputable à l’impôt des sociétés. Autrement dit, il est inclus dans le total de 5,8 millions d’impôt payé que vous avez relevé. Mais ça n’enlève rien à la justesse de l’entièreté de votre raisonnement. Il est dommage que la majorité de la population refuse de se confronter à cette réalité, rejetant les « fautes » sur d’autres. Se tromper dans le diagnostic ne permettra pas de traiter le patient.
    • marcel
      septembre 10, 12:56 Reply
      Il me semblait bien qu'il y avait quelque chose du style, d'où mes précautions. Merci de me corriger. Mais le rapport de gestion précise bien que le dividende a déjà été définitivement taxé, ce qui explique le taux apparemment bas.. Comment expliquez-vous cela ?
  31. Tournaisien
    septembre 10, 11:58 Reply
    Mon commentaire a passé par pertes et profits ... bizarre. Et il n'était même pas polémiste, que du contraire. ... soit !
    • marcel
      septembre 11, 09:45 Reply
      Je ne comprends pas non plus, j'ai approuvé tous vos commentaires et vérifié l'antispam.
  32. BruxellesdanslaRue
    septembre 10, 19:20 Reply
    Il y a des chiffres intéressants et comme d'hab, c'est pas mal amené. Mais je ne lis plus Sel volontiers depuis qu'il supporte aveuglément la philosophie capitaliste et l'exploitation dont on sait qu'elle nous mène au gouffre. En cela, Sel rate complètement sa discussion indirecte (mais manifestement désirée) avec le PTB. On suppose que, pour le coup, Sel en tant que petit entrepreneur "prend le train en marche"... le train du néolibéralisme le plus débridé. Dommage. Hors ce constat et cette supposition, en toute humilité et avec respect pour l'auteur qui fait énormément de recherches pour ses articles, je souhaite attirer son attention sur un ou deux points qui me semblent importants. 1/ Il dit : "Mais tant qu’aucune malversation n’est détectée, il n’y a rien d’anormal, scandaleux". C'est un peu court jeune homme. Cela suggère que la loi prévoit tout, or chacun sait que la loi est un compromis qui va toutjours en faveur des intérêts des plus puissants. A penser comme cette citation de Sel, on finit par valider l'esclavage (où il est légal), la torture (où elle est tolérée) etc. Non. La fraude fiscale ou l'évasion fiscale, ou la souplesse acrobatique fiscale, bref ce sport par lequel les puissants évitent de contribuer comme les autres aux besoins de la société est un crime vieux comme la sédentarité et l'agriculture. On ne peut pas se permettre d'accepter cela quand les lois ont permis les pires inégalités de l'histoire et la destruction massive de l'environnement. Je ne cautionne pas cette pensée faible et trouve que cette phrase résume bien l'esprit de l'article. D'autres commentateurs ne s'y sont pas trompés. 2/ Il dit (ou plutôt répète - mais peut-on lui en vouloir ?) : "Les entreprises créent l'emploi". Pas d'accord. Attention, ici, on va contre un des éléments de la doxa capitaliste les plus défendus. On pénètre la sacristie des conservateurs avec des marteaux et des faucilles. On marche sur la soutane des prêtres néolibéraux. J'ai donc tort pour les 15 ou 25 prochaines années. Mais dans 25 ans, quand j'aurai raison vous lirez : "Les entreprises ne créent pas l'emploi" de F. Lordon (http://blog.mondediplo.net/2014-02-26-Les-entreprises-ne-creent-pas-l-emploi). Car c'est la conjoncture (et donc les choix politiques) qui fait l'emploi. Les entreprises capitalistes allouent, selon leur bon vouloir, une partie de leurs ressources à l'emploi. Et le degré de privatisation des activités économiques livre plus ou moins de travailleurs au bon vouloir du privé - moins de privatisations font plus d'emplois dans le giron étatique et vice versa. La situation économique mondiale au XXIème siècle suggère que les choix des 30 dernières années étaient foireux... Pour conclure, je vous invite à ne pas faire dire à Raoul Hedebouw ce qu'il ne dit pas. Certaines caricatures grossières n'informent pas, elles désinforment. Cela vous discrédite.
    • marcel
      septembre 11, 11:18 Reply
      Évidemment, quand on s'oppose au discours marxiste-léniniste sur bases factuelles, on devient un infâme suppôt du capitalisme. Vous devriez relire un de mes articles, qui évoquait le revers de la médaille <a href="http://blog.marcelsel.com/2016/05/10/merci-patron-ou-lenvers-dune-societe-vouee-aux-empereurs-du-luxe/">(Merci Patron)</a> dans l'industrie du lux et l'arrogance infernale des milliardaires. La différence, ici, c'est qu'il n'y a pas un Bernard Arnault au sommet de Caterpillar, mais une équipe (beaucoup trop payée, c'est certain) qui tente de maintenir une entreprise à flot, délocalise avec retard (Gosselies aurait pu être fermée il y a 10 ans pour tout envoyer en Chine, c'est ce qu'Apple ou LVMH a fait), et en face, des politiques qui gesticulent dans tous les sens pour cacher qu'ils ont raté la préservation de nos fleurons industriels. Et le PTB qui calque son credo anticapitaliste en tronquant les chiffres. À cela se greffe une activité syndicale déraisonnable (évoquée par la DH, cette grève très contestée à l'intérieur même de l'entreprise pour un licenciement pas forcément abusif au moment où un émissaire américain se trouvait sur le site pour évaluer sa productivité. Une entreprise où on ne peut même plus licencier un salarié qui serait sorti de ses gonds, ça ne sent pas très bon pour un investisseur). Fondamentalement, les entreprises créent bien l'emploi dans un système capitaliste, parce que sans elles, il n'y a tout simplement pas d'emploi industriel. J'entends par là que si on supprime le financement de masse qui permet l'investissement à grande ampleur, on arrête l'histoire du progrès humain un peu après le Moyen-âge. Même en période de crise majeure, une conjoncture extrêmement mauvaise détruit jusqu'à un quart voire un tiers de l'emploi (donc une grosse minorité), mais jamais tout l'emploi, cf. Grèce (26%), Espagne (25%), krach de 1929 (29%). « La conjoncture crée l'emploi » signifie donc qu'elle peut réduire le taux de chômage jusqu'à 2% à 5% selon les économies et concerne (en cas de crise considérable) le dernier quart et dans les pires cas, jusqu'au dernier tiers (du moins dans les pays décemment industrialisés). Les taux de chômage peuvent être plus élevés (40%+ en Bosnie, près de 50% au Congo Brazzaville) dans des pays justement où les investissements industriels sont absents ou très peu présents, parce qu'en guerre, instables, mal situés économiquement, sans infrastructures, trop remuants, sortant d'un conflit, etc. Ainsi, en Bosnie, les investissements directs étrangers commencent seulement à atteindre le milliard par an. Bref, le capitalisme (à savoir l'association d'une multitude d'investisseurs en vue de créer une entreprise innovante) crée l'emploi. La conjoncture (qui provient entre autres du dynamisme de l'investissement, mais pas que bien sûr) pousse le curseur vers le plein emploi (ou pas). Il est faux de dire que les entreprises allouent une partie de leurs ressources à l'emploi « selon leur bon vouloir » parce qu'elles créent et bénéficient de l'activité humaine et que l'emploi est justement une ressource. On ne peut pas à la fois dire que le travailleur crée de la valeur et que l'entreprise engage du travailleur si elle le veut. Non, elle le fait si elle le doit, pour progresser, et licencie si elle le doit, pour survivre. Après, il y a évidemment les problèmes à la marge : compresser l'emploi (légèrement) pour optimiser le bénéfice, par exemple. Mais une bonne politique d'entreprise industrielle (donc pas dans le domaine du luxe, par exemple) revient justement à rester très raisonnable sur cette optimisation, faute de quoi elle réduit sa qualité, et régresse. On a vu ce qu'il en était dans les systèmes communistes : moins de liberté, moins de richesse, moins de souci pour l'environnement, moins de bien-être, terreur citoyenne, etc. J'ai beaucoup de sympathie spontanée pour l'idée marxiste, mais les faits m'obligent à constater que, tout bien considéré, la liberté individuelle est supprimée dès qu'on la met en œuvre. Et quand une ville veut un communisme un rien moins pressurisant, on envoie les chars.
      • BruxellesdanslaRue
        septembre 12, 21:05 Reply
        Peut-être me trompé-je mais vous donnez l'impression de ne pas avoir lu l'article dont je vous ai donné le lien. Lordon n'est pas n'importe qui et le Diplo n'est pas n'importe quel journal. Je vous encourage à le lire. Vous dites des choses sensées mais qui me laissent un goût de trop peu. Vous parlez des entreprises qui investissent mais jamais de l'état qui investit. Pourtant ce sont les investissements étatiques qui, de tout temps, ont été les plus rentables, et de loin (enseignement, soins de santé, transports, emplois etc.) Comme démontré par Noam Chomsky (c'est pas un bolchevique), l'internet, la radio et bien d'autres produits commerciaux ont d'abord été développés sur des budgets de recherche de l'état (université et armée, principalement). Après leur privatisation, ces produits font le bonheur des déjà-très-riches qui se les ont accaparés. Mais en fait, le citoyen paie deux fois: par l'impôt qui finance la recherche, puis à l'achat du produit (qui contient un soi-disant budget R&D). L'arnaque est constante. Pourquoi cet amour du capital? Si les entreprises étaient fort taxées et les paradis fiscaux inexistants, les états auraient le pognon pour faire ce que les citoyens souhaitent (à condition que la démocratie fonctionne). Pourquoi ne pas aller dans cette direction? Vous donnez à penser que le système n'est, au fond, pas si mal (à quelques petits défauts près). Dois-je vous rappeler les crises financières, les inégalités, le changement climatique, l'épuisement des ressources, la menace nucléaire, la privatisation des biens communs et toutes ces choses qui transforment notre montre en une décharge qui coûte cher... Pour modérer néanmoins le propos, je dirais que personnellement, je m'en fous un peu des mécanismes du capitalisme. Ce avec quoi je suis fâché à mort, c'est la privatisation des biens communs. Vous êtes pour la liberté, mais laquelle? Moi aussi, je suis pour la liberté. Vous trouvez que l'Europe est libre? Celui qui a moins d'argent a moins de liberté et l'accès aux biens communs se réduit au fur et à mesure que le capital se l'approprie. Ce n'est pas un problème, ça? La droite s'arrête à zéro, pour le SDF ou le réfugié laissé en plan, au milieu. Il peut crever, c'est son seul droit. Il ne s'en prive pas. Alors bien sûr, si on rappelle le spectre du communisme soviétique chaque fois que quelqu'un ose critiquer le capitalisme néolibéral, c'est un peu comme si on ramenait les chars quand un mec cueille une fleur dans un jardin privé. Peut-on critiquer âprement le système dans ce qu'il a de plus vil et de plus malsain sans passer pour un stalinien? En voilà une bonne question. En attendant, pour vous tacler sur la question de l'environnement sous les régimes communistes, l'environnement a été infiniment mieux respecté à Cuba depuis la guerre d'indépendance et la révolution communiste qu'il ne l'a été dans l'ensemble de l'Occident, et en particulier dans les pays capitalistes centraux. Les Américains ne s'y trompent pas puisque après l'obtention d'un permis, ils viennent pêcher dans les eaux cubaines, dernier endroit des Caraïbes où l'écosystème marin vit encore. Ça devrait vous laisser rêveur...
        • marcel
          septembre 13, 07:35 Reply
          L'internet a été donné à tout le monde, pas au capital. Ce dernier a effectivement investi pour créer des services basés sur la technologie. Mais comme ce blog, réalisé avec un open source basé sur une architecture créée par une petite entreprise qui a donc investi en design et développement pour ensuite offrir un service (assez) performant, il a aussi créé énormément d'opportunités d'emploi.
          • Salade
            septembre 13, 16:35
            Quand cette application acceptera le retour charlot, on parlera d'innovation UTILE.
          • Démocrate
            septembre 13, 23:25
            AYANT eu des cours de CYBERNETIQUE à l'Université, votre réponse ressemble à du oui-oui. Du conte de fée pour nains. La technologie ne vient pas d'un coup de baguette magique ni-du-bon-entrepreneur-qui-investit-gnagna mais bon, vous êtes un fabricant de MARMELADE produit blanc. Tiens, parlant d'internet, vous avez vu et lu les documents, listes, médias, journalistes, eurodéputés etc... financés par Soros? (pour sa politique de cassage des Etats, avec tous les coups que son collabo de papa lui a inspiré en faisant listes de biens des juifs à spolier) Elle fut étudiée par des gens SERIEUX (scientifiques) et cultivés. EUX. Bon, je vais voir mes amis américains Historiens de TRES haut niveau scientifique, eux, car ils sont FRANCS, eux. Ne noient pas la médiocrité sous un fatras de clichés.EUX
          • BruxellesdanslaRue
            septembre 16, 09:00
            Monsieur Sel, il ne m'était pas apparu tout de suite que vous êtes un capitaliste conservateur mais vous l'êtes - peut-être à votre corps défendant. Je pensais que vous étiez dans la critique du système mais vous êtes dans l'entreprise satyrique. Critiquer tout et tout le monde, façon Charlie Hedo qui frappe aveuglément tout azymuth, c'est de la satyre. Si vous voulez poser une critiquer du système qui permette de le changer, il vous faudra peut-être vous attacher à critiquer et dénoncer d'abord les tendances les plus lourdes. Si vous parveniez à énumérer ces tendances lourdes qui menacent vraiment les sociétés humaines, ainsi que leurs origines, tout ce contre quoi on doit lutter d'abord - cela devrait être facile pour celui qui aime les chiffres -, alors j'aurais une idée plus précise de votre mission sur ce blog. Bien à vous.
          • marcel
            septembre 17, 00:15
            Oui mais dans ce cas, j'aurais deux sujets : la montée des extrémismes et le réchauffement climatique. Plus sérieusement, je pense au contraire que comprendre la mécanique sans œillères permet de mieux se préparer à ce qui pourrait arriver dans l'avenir. C'est le cas ici. Ensuite, j'aime assez la qualification de libéral de gauche plutôt que capitaliste conservateur. Mes articles ne partent pas de mon orientation politique mais evidemment elle a une influence sûrement dans ma lecture des événements. Cette orientation est capitaliste (à savoir la libre entreprise) parce que c'est à ce jour le seul système qui ait permis le progrès industriel, social et humain ; social-démocrate parce que c'est le seul système qui aurait permis de limiter les dérives de ce capitalisme (financiarisme, par exemple) si certains n'avaient pas été fascinés par la richesse et le pouvoir ; anticonservateur parce que le conservatisme revient à maintenir le système de caste paternaliste en place mais on peut prendre pour du conservatisme le fait que je sois attaché à l'idée de morale et que je pense que certains industriels d'antan étaient plus productifs par leur intérêt pour le bien être social que beaucoup de capitalistes actuels qui sacrifieraient des millions de travailleurs au dieu Money. Je trouve le communisme formidable du point de vue de l'idée mais l'homme n'est pas capable de le mener à quelque chose de viable et encore moins à y organiser la liberté de pensée. C'est un système voué à l'échec et pour tout dire à une forme plus ou moins totalitaire de la dictature. Et ce en crois je crois le moins, c'est en la possibilité de gérer le monde sur base d'idéologies. Voilà, vous en savez plus.
        • moinsqueparfait'
          septembre 18, 13:18 Reply
          Je ne sais pas si ça fera de moi un suppôt du capitalisme "pré-facho stade X" mais il faut quand même remarquer qu'en effet, si l'Etat investit beaucoup, l'Etat et ses moyens financiers n'existent pas par eux-mêmes, sauf à concevoir un Etat sur le modèle Mobutu qui téléphonait régulièrement à Bruxelles pour qu'on lui imprime des billets de banque quand il n'avait plus de quoi payer ses soldats pour matter les indisciplinés. Je doute que ce soit ça le modèle visé. J'entends beaucoup de gens "très à gauche" (ils ne veulent pas dire qu'ils sont "communistes" car ils savent que c'est pas très "cool") me dire que les moyens de production et les banques doivent appartenir à l'Etat. En admettant ça, je constate quand même qu'eux aussi se plaignent de ne plus recevoir d'intérêts quand ils déposent leur argent sur un compte. Alors, évidemment, la banque actuelle n'est qu'une entreprise de spoliation et de gangsters mais à la base, si tout est public et n'a pas de logique marchande, où ces banques vont-elles placer l'argent de manière à générer un intérêt? D'autre part, l'investissement public en effet, rapporte beaucoup, mais hélas on ne signale pas assez que le "placement" qui rapporte le plus, c'est l'investissement public... militaire. Il y a une quantité de choses incroyables que l'on utilise dans la vie de tous les jours qui n'auraient jamais existé sans recherche à finalité militaire à la base. Les régimes communistes "non marchands" ne s'en sont d'ailleurs jamais privé et je ne sais pas si les USA ont un jour atteint le niveau de militarisme de l'URSS (je veux dire par là: d'importance de l'armée et de ses annexes dans l'activité). Tout n'est pas blanc à 100% ni noir à 100%.
  33. riton laveur
    septembre 11, 07:17 Reply
    Dans ce cas, si le dividende est définitivement taxé, cela signifie qu'il a bénéficié du régime "mère-fille" et la retenue de 27 % n'a pas été effectuée. Ce mécanisme pour éviter que précisément un même bénéfice ne soit imposé à de multiple reprise au fur et à mesure de sa remontée vers la holding de tête. Le seul impôt payé sur ce bénéfice l'a été dans la société qui l'a produit et plus aucun impot n'est prélevé par la suite sauf, évidemment, le précompte mobilier de 27 % lors de sa mise en paiement finale à des personnes physiques. Un exemple : une société A, filiale de B, réalise un bénéfice de 100 qu'elle verse à la société controlante intégralement. A paie 34 % d'impot sur le bénéfice et le verse à B. B reçoit 66. Supposons qu'elle n'a pas réalisé d'autres bénéfices et qu'elle est contrôlé par C. Les 66 ayant été taxés dans A, elle ne paie pas d'import sur cette somme. Elle verse 66 à C qui ne paie à son tour pas d'impot. Les personnes physiques actionnaires de C vont recevoir 66 de dividendes sur lequel sera retenu 27 % de précompte mobilier. Ils recevront donc un dividende net de 48. Au total le bénéfice distribué par A aura été imposé à 52 % lorsqu'il arrivera dans les poches des actionnaires.
    • marcel
      septembre 11, 10:01 Reply
      Merci pour l'explication. Mais il se fait que dans ce cas-ci, les deux entreprises ne me semblent pas liées par un régime mère-fille (sans certitude, je n'ai pas l'organigramme)
      • Riton Laveur
        septembre 13, 07:06 Reply
        En réalité, pour éviter la double imposition des dividendes (et donc éviter la retenue d'un précompte mobilier et que les dividendes encaissés soient soumis une 2e fois à l'impôt des sociétés), il faut que A détienne au moins 5 % de B. Je vérifierai si c'est bien la cas quand j'aurai un peu de temps. Mais comme je l'expliquais, cela n'enlève rien à la justesse de votre démonstration et je suis parfaitement en phase avec le déroulé de votre raisonnement (et avec, mais c'est moins important, une bonne partie de vos conclusions)
        • marcel
          septembre 14, 11:23 Reply
          A détient ici 99,9% des parts de B. En tout cas, merci pour l'info !
    • marcel
      septembre 11, 12:49 Reply
      Au temps pour moi, vous avez raison : Caterpillar Special services est bien une filialie de Caterpillar Belgium. Je corrige donc mon article.
  34. riton laveur
    septembre 11, 07:21 Reply
    En complément, pour l'exemple et expliquer le taux bas, si B avait réalisé un bénéfice opérationnel de 100 en sus du dividende reçu de A, les 100 auraient été imposé mais, forcément, pas les 66 de dividendes puisqu'ils l'ont été chez A. Nous aurions donc eu : bénéfice de l'exercice : 166 impot de 34 % calculé sur 100 : 34 bénéfice de l'exercice : 132 C'est pourquoi le taux facial parait faible (20,5 %) : parce qu'une partie de l'impot sur le bénéfice a été payé ailleurs, c'est à dire chez A.
  35. christian cuppens
    septembre 11, 07:41 Reply
    J'ai lu avec beaucoup d'attention vos explications prouvant que les chiffres du PTB sont volontairement farfelus et ce, dans le seul but de manipuler l'opinion publique. Suite à toutes les contradictions que nous avons pu lire dans les différents médias, il serait temps que ceux-ci rectifient clairement et simplement les stupidités déversées par le "sympathique" Raoul Hedebouw. Car, actuellement, c'est lui qui est en train de gagner la partie (cfr derniers sondages) alors que ses explications peuvent se démonter de façon très simple...
    • marcel
      septembre 11, 11:21 Reply
      En effet. C'est aussi pour ça que j'ai écrit cet article. Le parti qui monte est trop soutenu par une partie de la presse, souvent involontairement.
  36. Salade
    septembre 11, 13:30 Reply
    Analyse des phrases de votre article où le mot "travailleur()s" ou "salarié(s)" est cité: 1) Ce que les travailleurs de Gosselies paient donc avant tout, c’est bien la crise économique. 2) Les travailleurs belges paient en partie le prix de l’émancipation d’autres travailleurs, qui vivaient voici dix ans encore dans des conditions dignes du pire de notre XIXe siècle. 3) L’argent n’a pas d’odeur. Ni le travailleur qui le produit. 4) (1.670 salariés en 2015). 5) Ces frais de personnel incluent 45 millions de sécurité sociale « patronale » auxquels on doit ajouter l’ONSS payée par les salariés, soit environ 22 millions*. 6) Autrement dit, Caterpillar Belgium SA a, ensemble avec ses salariés, rapporté 44,2 millions d’euros à l’État et à la collectivité, et contribué pour 67 millions à la sécurité sociale au sens large en 2014. 7) Et donc, en 2014, comme tous les ans, même après avoir déduit les intérêts notionnels, Caterpillar Belgium SA a réellement payé un taux assez cohérent d’impôts sur ses bénéfices, sur son exploitation, en plus de l’apport fiscal et social considérable de ses salariés qui, bien sûr offrent leur travail, mais c’est tout de même Caterpillar qui a créé les opportunités d’emploi. 8) Bref, si le licenciement est une catastrophe pour les 2.200 salariés de Gosselies, celui-ci permet aussi de maintenir l’emploi dans des tas d’autres usines. On peut même inverser les rôles : combien de ces 2.200 salariés ont pu garder leur emploi jusqu’an 2016 grâce aux 8.000 pertes d’emplois ailleurs dans le groupe à cause de la crise de 2008 ? 9) Au passage, si vous avez quelques actions au travers d’un plan d’épargne quelconque, ou de fonds de pension ou encore, en tant que salarié de Caterpillar, vous êtes peut-être l’un de ces méchants pas beaux. 10) Et c’est logique, at the end of the day : l’intérêt de l’actionnaire, de l’entreprise et du salarié est le même : la pérennité et une bonne rentabilité (ou un bon salaire). 11) On peut néanmoins s’interroger sur le coût de cet actionnaire, puisé sur le revenu dont une part pourrait, en principe, aller aux salariés. Autrement dit, il est légitime de se demander si le partage entre actionnaires et salariés est équitable. 12) Il montre l’évolution du chiffre d’affaires (en bleu), des salaires (en vert), du nombre de salariés (en orange) et du dividende (en rouge). 13) La hausse très forte du dividende de 2007 et 2008 n’a pas affecté le nombre de salariés. 14) Encore mieux : le coût salarial par employé a même augmenté, de 82.000 en 2004 à 98.000 en 2015 ! 15) Sachant que nos salariés sont en concurrence avec des Vietnamiens, des Chinois, des Bengladais, et toute l’Europe de orientale. 16) On peut se demander si les malheureux licenciés de Gosselies ne payent pas l’ouverture extrême de l’Europe au marché du travail chinois, entré dans l’OMC en 2001. Conclusion: hormis les points (2) et 8) (MAIS avec un bémol mondialiste, alors que le nombre de riches explose en occident, faut oser) !! puis 11) (MAIS en question et pas en affirmation) et 16) (mot "malheureux") , votre texte ne montre quasi aucune compassion pour les travailleurs licenciés et leurs familles.
    • marcel
      septembre 11, 17:37 Reply
      1. Le nombre de riches explose peut-être en occident, mais pas en Belgique. Les 10% les plus riches avaient un revenu en 2005 de 31,58% de la population totale, c'est aujourd'hui 31,38 (donc une légère diminution). Je pense qu'on ne trouve pas plus précis pour la Belgique (hélas) mais si vous trouvez, dites-le moi, ça m'intéresse. 2. En France, les quantiles 99,99, 99,9 et 99 (1, 0,1% et 0,01% de la population) a augmenté ses revenus de respectivement 12, 23 et 42 % entre 2004 et 2011, alors que le quantile 95 (5%) et les déciles 9 et 5 (10 % et 50%) n'ont augmenté que de 6-7%. Il y a donc une classe infime qui voit ses revenus augmenter plus que le reste de la population. Mais on ne peut pas dire que le nombre de riches « explose ». Seulement qu'un très petit pourcentage de très riches s'enrichit plus que tout le reste de la population. À noter qu'il suffit que la fortune de Bernard Arnault ou des Muliez augmente pour influer fortement sur ce chiffre. 3. Mon article ne portait pas sur le drame social de Gosselies. Uniquement sur la perception qu'on en donne ailleurs. Il n'y a donc pas de raison que j'exprime mes sentiments sur ce que vivent les personnes licenciées, ce n'est pas le sujet de l'article. Je ne suis pas une pleureuse professionnelle. Mais évidemment, je suis très inquiet pour eux.
      • Salade
        septembre 11, 20:00 Reply
        tout d'abord ceci https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_milliardaires_du_monde http://trends.levif.be/economie/banque-et-finance/plus-de-100-000-millionnaires-en-belgique-un-record/article-normal-401063.html mais il s'agit d'une richesse absolue OR ce qui compte c'est une richesse relative par rapport à la moyenne!! votre logique de vases communiquants entre occident et orient oublie que justement, même si le niveau des riches occidentaux restait stable, le transfert ne se fait DANS TOUS LES CAS que pour les non-riches occidentaux qui voient leur niveau de vie baisser pour PRESERVER l'augmentation relative du patrimoine des riches occidentaux, qui donc explose relativement! https://www.rtbf.be/info/economie/detail_60-du-patrimoine-national-detenus-par-les-20-des-belges-les-plus-riches?id=8096933 https://www.rtbf.be/info/economie/detail_de-tous-les-peuples-de-l-europe-les-belges-sont-les-plus-riches?id=7909131 extrait: "Une richesse aidée par le patrimoine, et très mal répartie Et, de fait, cette richesse est très inégalement répartie. Philippe Defeyt rappelle que les écarts de revenus du patrimoine sont beaucoup plus élevés que ceux des autres revenus. "Les 10% les mieux lotis détiennent à ce titre 50% du patrimoine", insiste Philippe Defeyt. Et "un quart de la population est dans une situation financière difficile, ou est susceptible de tomber dans la précarité". En France: http://www.lafinancepourtous.com/Decryptages/Articles/Qu-est-ce-qu-etre-riche-aujourd-hui annexe: https://www.nbb.be/doc/ts/publications/economicreview/2013/revecoii2013_h3.pdf
        • marcel
          septembre 13, 06:49 Reply
          Oui, mais vous ne me démontrez pas que c'est nouveau. Par ailleurs, dès lors que le marché mondial grossit (notamment par l'arrivée des ex-Soviétiques et des Chinois depuis 2001, il est logique que 1) la concurrence augmente sur le marché du travail notamment industriel ; 2) il y ait de plus en plus de milliardaires dans le monde. Même avec le ralentissement après 2008, la croissance du PIB/ha reste impressionnante. <a href="http://donnees.banquemondiale.org/indicator/NY.GDP.PCAP.CD" rel="nofollow"></a>
          • Salade
            septembre 13, 07:52
            Mais la croissance du PIB/ha n'a pas d'impact sur votre revenu annuel on dirait.
      • Salade
        septembre 11, 22:17 Reply
        Vous aurez remarqué que ma contribution ne parle pas du PTB, mais uniquement sur votre perception des travailleurs. C'est ma réponse, si j'ose une comparaison...
  37. Sappart
    septembre 11, 16:45 Reply
    Puisque vous êtes dans les chiffres, depuis 2010 combien le chômage économique de Caterpillar a coûté à la collectivité alors que c'est une manière de faire l'économie de licenciement en mettant une partie des effectifs hors salaires complets de l'entreprise et faire prendre en charge une partie du salaire par le contribuable lambda. C'est cela que Caterpillar devrait rembourser tout le salaire qu'il a économisé et mis sur le compte de la collectivité pour garder sous la main de la main d'oeuvre à sa disposition sans en payer entièrement le salaire. D'ailleurs beaucoup d'entreprise utilisant le chômage économique vont licencier en fin de compte, donc pourquoi ne pas diminuer les effectifs en douceur chaque année pour les adapter au travail, quitte à faire quelques heures supplémentaires pour ajuster à une augmentation de travail limitée dans le temps. Les grandes sociétés genre STIB, SNCB, INFRABEL, qui refusent souvent des gens pour manque de bilinguisme vont elle accepter des travailleurs de Caterpillar qui sont souvent unilingue francophone parce que souvent carolo pur souche avec très peu de connaissance du néerlandais?. Licenciement en grand nombre favorable à beaucoup d'aide et de passe droit que la personne licencié de manière isolée n'aura pas de prime de licenciement en plus de sont préavis et une cellule de reconversion à sa disposition et pas l'avantage de renégocier ses prêts à la banque sous prétexte de licenciement en grande quantité.
    • marcel
      septembre 11, 18:13 Reply
      La question me semble plutôt être : sur les dizaines de millions versés par Caterpillar (ONSS dite patronale - 120 millions en ONSS patronale et en pensions rien qu'en 2014) et le personnel, combien ont été utilisés pour soutenir l'emploi en mettant les gens en chômage économique temporaire plutôt que de les licencier ? Ensuite, ce n'est pas le contribuable lambda qui paye, c'est le travailleur lui-même, par ce qu'il a cotisé auparavant, et ce qu'il cotisera après. Donc, l'entreprise elle-même, en créant l'opportunité d'emploi, joue un rôle aussi. Après, Caterpillar paye, rien qu'en 2014, plus de 600 compléments d'entreprise pour chômeurs licenciés âgés. Licencier les personnes petit à petit est moins intéressant pour tout le monde : en cas de redémarrage de l'activité, les entreprises ont besoin d'une main d'œuvre qualifiée qui connaît l'outil. Par ailleurs, le licenciement sec entraîne aussi plus de frais pour « le contribuable lambda » comme vous dites, puisque les chômeurs sont alors demandeurs d'emploi et plus il y en a, plus ils risquent de devenir des chômeurs de longue durée. Pour le travailleur, l'angoisse d'être suspendu 1 mois ou 2 (maxi) n'a aucune commune mesure avec celle de ne plus avoir d'emploi ou de devoir en chercher, surtout dans des régions comme Charleroi. Bref, tout le monde a intérêt à ce que ces travailleurs soient suspendus et non licenciés. Et il n'y a pas de passe droit, c'est la même chose pour tout le monde, et s'il y a des frais supérieurs pour les grandes entreprises, ce sont souvent elles-mêmes qui les paient.
  38. Tournaisien
    septembre 11, 22:05 Reply
    La réalité politique, la voici (elle remonte à il y a deux jours) : http://www.lalibre.be/actu/politique-belge/barometre-le-ptb-s-envole-en-wallonie-au-detriment-du-ps-le-cdh-historiquement-bas-a-bruxelles-57d2c45535701f2d117276cf ... Le PTB à près de 15 % ! Quelles conséquences ? Le PS à 25,6 % reste incontournable (on n'imagine pas le PTB faire alliance avec les Libéraux), mais le choix qui va se poser audit PS va être cornélien : (1) ou bien il s'allie avec des partis de droite et du centre (une tripartite au minimum devient inévitable) et ils contribueront à l'avenir à renforcer encore plus ledit PTB qui finira par dépasser les 20 % et même lui passer au-dessus de la tête ; (2) ou bien il cherche à s'allier au PTB et, d'une part, il aura alors toutes les difficultés du monde à convaincre les autres, à savoir Ecolo ou le CDH de monter dans la barque (PS, PTB et CDH totalisent actuellement 50,7 % ... la situation est pire avec Ecolo puisque là on ne parvient même pas aux 50%), et d'autre part, il renforcera là les partis de droite, à savoir le MR et le CDH qui aspireront tous ceux, même au PS (les plus terre-à-terre de ce parti du moins), effrayés par le côté complètement radicalisé du PTB (un parti, rappelons-le, qui n'a pas renoncé aux grands principes du communisme, à commencer par la "dictature du prolétariat", du moins à terme). Bref, voilà le PS pris entre le marteau et l'enclume (c'est le cas de le dire), entre la perspective de passer pour traître à la cause ou celle de s'allier au diable de gauche. ... la Wallonie s'enfonce donc toujours plus dans une situation politique inextricable, situation à laquelle, une fois n'est pas coutume, les Flamands ne sont plus en rien liés. Je les imagine déjà contempler le spectacle du balcon entre ironie et circonspection. ... le vrai problème de la Wallonie, c'est que cette région est l'une des dernières d'Europe qui n'a pas rompu avec nombre de vieux réflexes électoralistes, socio-politiques et culturels contaminés par un esprit d'assistanat, un clientélisme récurrent et un syndicalisme non pas constructif mais vindicatif. Le nom de Walbanie, comme l'avait appelée je ne sais plus au juste qui, lui colle à la peau. Ce nom convient parfaitement à une région culturellement sous-développée, politiquement archaïque, qui n'a toujours pas compris ce qu'impliquait la culture d'entreprise et que le secteur public n'était pas pourvoyeur de richesse mais simplement le garant de la redistribution (encore faut-il pour redistribuer qu'il y ait un appareil de production "privé" qui soit à la hauteur), un peu comme ceux qui ne parviennent pas à faire la différence entre source d'énergie (les énergies fossiles, l'éolien, le nucléaire, le géo-thermique etc.) et transfert d'énergie (électricité, hydrogène, etc.). Je crains hélas que pour changer cela, chez nous, il faudra encore quelques décennies. En définitive, les Russes auront été autrement plus réactifs que nous.
  39. Philippe
    septembre 12, 11:40 Reply
    Une entreprise ne crée pas L'emploi, mais de l'emploi. Nuance. Plus clairement, une entreprise ne crée que de l'emploi localement. Emploi qui dépend de l'offre et de la demande. Et si la demande (souvent déterminé par le pouvoir d'achat et les besoins des consommateurs) n'est pas là, l'entreprise ne vendra pas plus et ne pourra pas engager d'avantage. Donc, créer plus d'entreprises (par plus de flexibilité, ...) sans augmenter la demande et le pouvoir d'achat des gens ne créera pas plus d'emploi. Cela ne permettra que d'en piquer aux autres, aux voisins. Et c'est en ça qu'une partie de la politique économique européenne est fausse ! Relancer l'économie par de l'austérité et plus de flexibilité et une grossière erreur !
    • marcel
      septembre 13, 07:16 Reply
      L'innovation augmente l'emploi. Sans innovation, on serait dans nos masures, avec quelques outils de forgeron.
      • Philippe
        septembre 13, 09:02 Reply
        Innovation = croissance. La croissance peut-être définie par la quantité (c'est souvent comme ça qu'on la voit) ou la qualité. Donc oui, l'innovation, c'est à dire la croissance, augmente l'emploi. Mais on aura beau produire plus ou de meilleur qualité, si il n'y a pas d'acheteur ça ne sert à rien. Or l'innovation signifie souvent un produit plus performant ou de meilleur qualité et donc qui coute plus chère. Bref, pour créer de la croissance et de l'emploi, on peut favoriser l'offre en créant des entreprises et en améliorant l'innovation. C'est une bonne idée ; mais c'est insuffisant ! Il faut aussi améliorer la demande et le pouvoir d'achat des gens. Par une bonne sécurité sociale et une augmentation des salaires par exemple. Il existe néanmoins une exception. Quand on souhaite exporter ses produits. C'est à dire piquer des parts de marchés aux autres pays (en dehors de l'Europe par exemple). Dans ce cas uniquement, augmenter le pouvoir d'achat des gens ne sert à rien. Seul compte une plus grande compétitivité des entreprises. Mais cela représente qu'une petite partie de notre commerce. La majeure partie reste interne à la Belgique ou à l'Europe.
        • marcel
          septembre 14, 11:27 Reply
          Sans innovation, pas de croissance, et donc pas d'augmentation de salaire possible. Je pensais que c'était clair pour vous.
          • Philippe
            septembre 14, 19:52
            @Marcel Sans pouvoir d'achat pas de client donc pas de croissance. Je pensais aussi que c'était clair pour vous. Pour reparler de Carterpillar Belgique, il faut savoir que la direction avait misé sur le marché européen en axant la production sur les engins les plus en pointe en matière de norme environnementale. Normes environnementales non contraignantes (TIER IV). Donc, on est en plein dans l'innovation. Seulement cela a fait augmenter le prix des engins qui se sont rapidement trouvés invendables en Afrique et au moyen-orient. Et le marché européen (qui demande justement des normes environnementales plus élevées) se retrouve depuis 2008 en pleine récession. On se retrouve donc bien dans ce cas face à de l'innovation qui ne se vend pas à cause d'un problème de pouvoir d'achat ou une demande trop basse.
          • marcel
            septembre 17, 00:00
            Je parlais evidemment de la masse d'innovation possible uniquement par le rassemblement de fonds massifs.
          • Salade
            septembre 17, 09:37
            Sans marchés publics (maitrise de la dette oblige), peu d'engins de chantiers... Même Charles change d'avis et après le discours, pas de dette publique, le MR se rend compte que pas de marchés publics, pas de clients pour les entreprises et les indépendants... Alors que les taux sont à 0%!!! Mais la dette a quand même augmenté puisque les charges et la fiscalité des entreprises a baissé et n'ont pas réussi à être compensées par des taxes sur les salariés... Donc noyons le poisson: http://www.lesoir.be/1306939/article/actualite/belgique/politique/2016-09-01/charles-michel-veut-un-pacte-national-pour-investissements-strategiques un peu tard pour caterpillar...
      • Salade
        septembre 13, 10:46 Reply
        [NOTE DU CENSEUR SEL : attention, votre citation est trop longue] C'est encore à vérifier pour le futur (qui est prêt à acheter des gadgets?) et déjà faux pour les monopoles et l'automatisation. Il y a eu transfert des secteurs primaire et secondaire vers le tertiaire ET AUSSI VERS LE CHOMAGE. On appelle même cela le chômage structurel. C'est dans tous les pays. Un bon exemple est la révolution verte en Inde ou l'exode rural chinois. http://www.momagri.org/FR/articles/L-exode-rural-un-defi-pose-aux-pays-en-developpement_162.html extrait (point III): "III. Des conséquences dramatiques Les répercussions de l’exode rural sont extrêmement lourdes pour les pays touchés et pourraient bouleverser l’existence quotidienne de l’ensemble de leur population. L’émergence de mégapoles. La combinaison de ces deux facteurs participe au développement d’une urbanisation intense et incontrôlée, principalement dans les PED. Par exemple, la ville de Lagos au Nigeria devrait dépasser les 17 millions d’habitants en 2015, alors qu’elle n’accueillait que 288 000 personnes en 1950. Dans le même temps, la population de Bombay (Inde) devrait être multipliée par 10 (22,6 millions contre 2,3 millions). De tels flux migratoires rendent quasi impossible la réalisation des aménagements nécessaires à l’accueil de ces populations : en conséquence, les bidonvilles constituent la majorité de la croissance urbaine des villes du Sud. La population de ces quartiers très défavorisés représente plus de 80 % de la population urbaine totale en Afrique subsaharienne et plus de 75 % en Asie du Sud. Plus encore, cet exode rural ne procède pas d’un appel de main d’œuvre dans l’industrie ou encore dans les services. Ces agglomérations gigantesques connaissent ainsi des taux de chômage très élevés, souffrent de conditions sanitaires dramatiques et d’autres maux comme l’essor de la criminalité. Une déstructuration grave du potentiel de production. Ces départs pléthoriques pourraient fragiliser les équilibres vivriers dans la mesure où l’accroissement considérable du nombre de consommateurs urbains ponctionne une part importante des forces vives de l’agriculture, sans véritable contrepartie : En Afrique subsaharienne, un travail manuel souvent exténuent s’efforce de compenser la très faible technicité de l’agriculture ; elle pâtit donc de ce manque de main d’œuvre soumis à l’exode. L’amélioration de la capacité d’importations alimentaires n’est guère envisageable, considérant la faiblesse du secteur industriel d’exportation de la plupart des pays de cette région d’Afrique. La libéralisation des marchés agricoles prônée par l’OMC contraint, en outre, les PED à accomplir une transition totalement précipitée qu’il convient de mettre en perspective avec l’évolution très progressive des pays riches. En l’absence de mécanismes d’accompagnement et de moyens financiers suffisants, ils pourront difficilement atteindre les objectifs du cycle de Doha, pourtant considéré comme le cycle du développement. " Par contre le local, l'artisanal crée l'emploi. Alors attention au "progrès" induits par l'innovation car - notre mode de vie n'est pas durable (tous les chinois ne pourront vivre comme un occidental d'aujourd'hui, dont le niveau de vie MOYEN va baisser d'ailleurs) à cause du nombre limité de matières premières, notamment agricoles, et de la pollution. - la part de main d'oeuvre est de plus en plus faible dans les couts de production (ou autrement dit la productivité est de plus en plus grande). Donc le chômage structurel le fera qu'augmenter (et d'abord chez les paysans puis les ouvriers genre caterpillar) - la part de l'innovation dans la réparation est quant à elle LIMITEE aux lois physiques déja bien connues (cfr solutions énergétiques renouvelables: pas la panacée vu notre société énergivore n'est-ce pas?, n'oublions pas que la délocalisation ne change rien au pbm sauf qu'il n'a pas de quotas de CO2 là-bas) L'innovation, pour qu'elle soit achetée, doit être proportionnelle au cout d'opportunité qu'elle génère. Perso j'ai besoin de rien de plus que ce qui existe déjà (et j'aimerais bien retrouver les aliments sains, donc une dés-innovation), sauf pour la santé par exemple si j'ai un cancer (suite à cette bouffe innovante) qu'on ne guérit pas encore ou mal . Donc les gens comme moi génèrent du chomage parce qu'ils ne sont pas (ou peu plus exactement) accroc à la société de consommation. L'histoire d'éviter de servir de patée au temps de consommation/cerveau disponible, pour paraphraser LeLay. Ce qui crée aussi de l'emploi c'est le luxe. Mais je l'ai déja écrit car l'artisanal et le local , comme le BIO est un luxe. Et on voit déjà qu'on retourne à une société "innovante" où tout le monde va travailler pour les riches. Vous avez le smartphone n° combien? Combien de personnes peuvent se l'offrir? On vous parle d'autres innovations dans les JT?
  40. Tournaisien
    septembre 12, 15:11 Reply
    http://www.lesoir.be/1315138/article/soirmag/actu-soirmag/2016-09-12/seisme-en-italie-ville-d-amatrice-attaque-en-justice-charlie-hebdo .... Charlie Hebdo, après l'attentat du 7 janvier 2015, avait fait banco financièrement, tout le monde s'étant bien sûr rué sur les premières parutions qui avaient suivi le départ pour les étoiles de Cabu, de Charb, de Tignousse, de Wolinsky. ... eh bien vous savez quoi, leur petit trésor de guerre (qui a d'ailleurs été à l'origine de belles joutes entre les descendants des pionniers fondateurs), je souhaite de tout mon cœur qu'ils soient condamnés en justice à le reverser intégralement aux victimes d'Amatrice. Ce ne serait qu'un juste retour des choses. ... quels cons ! Et vous avez vu la seconde caricature ? Encore plus abjecte que la première !
  41. Platon
    septembre 15, 09:40 Reply
    Merci, bel article. On a malheureusement pas d'articles de cette qualité sur des sujets similaires en France. Comme Alstom actuellement.
    • marcel
      septembre 17, 00:02 Reply
      Désolé, je ne peux pas tout faire :-)

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