lundi, 26 avril 2010

Hideuses Wallonnes, belles Flamandes !

Image 74.pngS'il fallait se convaincre qu'en Flandre, les Francophones sont présentés comme les coupables de la crise, je choisirais assez volontiers le jeu placé aujourd'hui par le journal Gazet Van Antwerpen sur son site internet. Il s'appelle «Aidez Leterme à former un gouvernement» ou encore «Leterminateur». C'est une version apparemment belge de Pac Man où le «héros» est poursuivi par des «méchants». Ce qui est dérangeant ? C'est qu'Yves Leterme est confronté, non pas aux 7 ou 8 partis flamands, non pas aux 12 partis nationaux, mais exclusivement à 4 présidents de partis francophones : Joëlle Milquet, Olivier Maingain, Elio Di Rupo et Didier Reynders qui cherchent tous à l'avaler tout cru. Le son n'est pas la Brabançonne, mais la Marseillaise. La semaine passée, Clint.be, le site web du P-Magazine, proposait à ses lecteurs de choisir entre les beautés flamandes et les beautés wallonnes. Sauf que les premières étaient des pin-ups dénudées que l'on suppose tentantes au goût des Néerlandophones, les secondes étaient les femmes politiques belges, généralement photographiées à leur désavantage. Le commentaire : «la scission ne nous fera rien rater.» Autrement dit, les Francophones sont trop moches pour nous. Bien sûr, ce site est ce qu'il y a lieu d'appeler «un torchon». Bien sûr, il s'agit d'une forme d'humour (je vous assure ! Mais si ! Mais puisque j'vous'l dis !). Bien sûr, beaucoup de commentateurs du site trouvent la comparaison stupide, idiote, injuste. L'un d'eux se demande même pourquoi on compare des politiciennes francophones à des «putes». Mais pour ceux qui pensent que la relation entre nos communautés a encore quelque chose à voir avec une relation normale entre communautés d'un grand état, voilà deux exemples de la perception des Francophones telle que diffusée en ce moment par la presse flamande.  Image 76.png

Deux épiphénomènes qui s'ajoute à l'avis unanime de la presse flamande : l'échec futur des négociations, comme je l'affirmais dans mon article «Belgique ou démocratie», est très systématiquement mis sur le dos des Francophones. Le petit jeu ci-dessus (qui implique un certain temps de travail et un certain investissement) ne fait que le confirmer. Vous avez dit "bouc émissaire" ?

jeudi, 22 avril 2010

Belgique ou bien démocratie, à nous de choisir.

Depuis bientôt trois ans, vous croyez que «les Flamands» et «les Francophones» se disputent. Que les uns sont attachés au droit du sol et les autres au droit du sang. Ce n’est pas ça du tout ! La guerre froide qui mine ce pays n’est pas une lutte ethnique. Il ne s’agit pas d’une opposition entre «Flamands» et «Francophones», même pas entre le sol et le sang, mais bien entre nationalistes et Démocrates. L’intérêt des nationalistes (flamands) étant de faire croire qu’ils s’opposent à une entité qui s’appellerait «les Francophones» ou «les Wallons», ceux qui adhérent à cette description entrent dans leur logique. L’intérêt des Démocrates (avec un «D» majuscule : la Démocratie est notre nation à nous) de Wallonie, de Bruxelles, des Cantons germanophones, des Communes à facilités et si possible de Flandre, est au contraire d’assumer pleinement et ouvertement leur adhésion aux principes universalistes et européens selon lesquels les droits libéraux de l’individu sont les mêmes pour tous et partout. Il en va donc de la survie de nos principes que nous comprenions que le droit territorial tel que prôné par la Flandre n’est pas, comme le prétendait hier Jean-Luc Dehaene après son échec, un choix normal, ni même tolérable, mais l’expression d’une logique nationaliste qui s’oppose aux principes démocrates que nous devons défendre même si cela doit signifier la fin de la Belgique actuelle. Tous les partis flamands sont désormais entrés peu ou prou dans le nationalisme. Et le marché qu’ils nous proposent, c’est «la Belgique ou bien la Démocratie.» Nous n’aurons pas les deux. Autant le savoir. Avant de choisir. Ou d’avancer.

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lundi, 19 avril 2010

Si y’a pas pire, c’est qu’il y a mieux.

Image 65.pngLa RTBF va-t-elle reprendre du poil de la bête ?

Chronique parue dans Télépro du 29 mqrs 2010

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lundi, 12 avril 2010

La sale heure de la paire.

Image 65.pngSur Arte, la peur, c’est nitro, ni trop peu.

Chronique parue dans Télépro du 22 mars 2010.

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Flagrant délire.

Image 65.pngLa Nouvelle Star casse tard (20h45 sur Plug TV).

Chronique parue dans Télépro du 13 mars 2010.

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jeudi, 08 avril 2010

Appel des cent jours (Hervé et Stéphane)

Ils vont là où personne ne veut aller. Ils vous rapportent les témoignages précieux de ces régions troublées et dangereuses. Ils mettent leur liberté ou leur vie en danger pour que chacun de nous puisse être informé de l'état du monde, c'est-à-dire de l'humanité. Ils le font pour que nous comprenions ce que nos gouvernements engagent à l'étranger comme forces armées, dans quelles conditions, à quelles fins. Pour que nous sachions les oppressions qui minent l'Orient, l'Occident, le Sud, le Nord. Leurs images, quand elles sont fortes, font le tour du monde.

Quand ça tourne vraiment mal, ils font l'objet d'une manchette. «Un journaliste est mort en Irak». De temps en temps, l'un ou l'autre de ces reporters se fait enlever. Ce n'est pas le moment de les oublier. Ils doivent savoir que leurs spectateurs, leurs lecteurs et leurs auditeurs mettent alors un nom — et ici un prénom — sur ces indispensables anonymes de l'information, pour les soutenir, même si nous ne pouvons pas faire grand chose de plus que relayer ce soutien. Un murmure dans le désert peut porter loin.

La prochaine fois que vous regarderez un reportage sur l'Afghanistan, vous vous souviendrez que ce que vous voyez, vous le devez aux Hervé et Stéphane et à leurs accompagnateurs, les Reza, Ghulam, Satar de partout dans le monde. Et vous garderez à l'esprit que cinq d'entre ces milliers de relais de la réalité sont aujourd'hui privés de liberté, de dignité.

Pour ceux qui le peuvent, un rassemblement a lieu ce 8 avril à 14h30 à la Place de l'Hôtel de Ville de Paris.

Voici le communiqué de presse des «amis de Hervé et Stéphane»

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mercredi, 07 avril 2010

La phrase raciste du jour

«Si tous les propriétaires de la partie flamande du pays ne vendaient qu'à des Flamands, il n'y aurait pas de problème avec 'ceux de langue autre'*».

Lieve Van Linthout, bourgmestre CD&V de Leeuw-Saint-Pierre, commune qui jouxte Bruxelles.

*Traduction de "anderstaligen".

Reynders répond à Süsskind.

Didier Reynders a envoyé une réponse à David Süsskind, suite à ses déclarations relayées notamment par Le Soir et que j'avais critiqué ici même. Les arguments d'un Reynders très discret en ce moment sont évidemment similaires aux miens (ou inversement) dès lors qu'il n'y a pas deux façons de percevoir, et la liberté d'expression, et la liberté de logement. Le président libéral rappelle que Maingan n'a pas utilisé l'argument de la Shoah, a répondu à des agissements portant atteinte aux principes démocratiques et suggère que David Süsskind ne peut as ne pas partager «l'indignation qui est la nôtre face au non-respect du vote des habitants de trois communes (…) à la montée du nationalisme et (…) aux discriminations (…) en matière de logement notamment»

Jean-Luc Dehaene avait peut-être une solution pour nous tous samedi. Aujourd'hui, vu la position très ferme de Didier Reynders, on ne voit vraiment plus en quoi elle pourrait consister !

Ah ! Si Adolf était là…

Dans Het Laatste Nieuws online, sous l'article où Damien Thierry (bourgmestre francophone non-nommé de Linkebeek) se dit confiant que Bruxelles sera étendu in fine aux six communes, les réactions sont… comment dire… épidermique.  Il y a notamment un commentaire euh… disons… chais pas trop comment le qualifier… voilà ce qu'il dit, vous jugerez par vous même :

Image 70.png

«Si A. Hitler s'était contenté de [l'annexion] de l'Europe de l'Ouest, l'Europe unie serait un fait. Hélas, des chamailleries entre les grandes puissances ont dont ont fait cadeau à La Belgiek d'un allemand de Saxe Cobourg avec famille en Angleterre ; Vive le Roi»

La réaction précédente visible ci-contre, c'est « on a besoin d'un Fidel Castro [pour un coup d'état], et celle juste en dessous «  les Francophones sur territoire flamand, c'est de l'impérialisme anno 2010. D'abord, ils exigent des facilités, et ensuite le sol. Scindez-moi ce pays, on en a eu assez ! »  On comprend que les internautes dérapent (ça arrive chez moi aussi) Mais bon, utiliser Adolf Hitler comme d'une «solution», ne pas le modérer, c'est euh… comment le dire sans point godwin… ? Mmm ? (cliquer sur l'image pour afficher en grand).

mardi, 06 avril 2010

Les Flamands soutiennent la ségrégation ?

La lecture des blogs de ce matin donne la mauvaise impression qu'une majorité de Flamands soutiendraient la discrimination organisée en sous-main par les bourgmestres flamands de la périphérie. Ce matin, dans De Morgen, 55% de 487 répondants trouvaient que les bourgmestres n'allaient pas trop loin en imposant des accords secrets limitant les nouvelles constructions aux néerlandophones. Dans De Standaard, même si les opinions s'opposent avec virulence, un commentaire invitant les Flamands à ne pas céder voire à aller encore plus loin a recueilli plus de 870 notes positives (très loin devant toutes les autres Le contenu de ce commentaire d'un "Ollander" (hollandais) : "Chers Flamands, Ce n'est pas croyable comment vous vous laissez à chaque fois de chaque fois abuser par la francophonie dans l'arrondissement BHV. Ce territoire appartient à la Flandre, oui ou non ? Arrêtez donc vous-mêmes ces histoires avec la francophonie et arrêtez nom de dieu TOUTES les facilités autour de Bruxelles.(etc.)»

Sur Het Laatste Nieuws online, les commentaires vont aussi dans les deux directions, ce qui est un tout petit peu rassurant. Mais le jusqu'au-boutisme de certains laisse rêveur : «Il est scandaleux qu'il faille des mesures spéciales pour forcer les Francophones à parler néerlandais en Flandre. Nous soutenons les bourgmestres de la Périphérie» ou encre : «Francophones, adaptez-vous ou déménagez !» «Ce sont les Fransquillons qui sont venu occuper la Flandre. (…) Encore une preuve que les Francophones soit ne veulent pas s'intégrer soit sont trop bêtes pour apprendre le néerlandais » Merci, au passage, à Yves Leterme pour avoir fourré ça dans la tête de certains excités.

Enfin, quand Béatrice Delvaux (Le Soir) croyait voir une quasi-unanimité d'éditorialistes qui défendaient le point de vue "francophone", GuyTegenbos, dans le Standaard d'aujourd'hui, explique que la condition pour que tout aille bien, serait que les Francophones montrent enfin un minimum bonne volonté. Plus que Béatrice Delvaux, encore ?