lundi, 07 juin 2010

La frontière linguistique de Médecins sans Frontières

NOTE IMPORTANTE : L'offre d'emploi dont je fais état ci-dessous date de 2008. J'ai donc adapté l'article.

Je dis que quand les discriminations atteignent la médecine, on est à un stade avancé de nationalisme, et que le racisme pur et dur est déjà à l'œuvre. Si des organisation d'aide s'y mettent, on touche le fond. Déjà, si vous voulez donner du sang à la banque de sang flamande de la Croix Rouge de Flandre, vous devez, à Bruxelles, vous adresser à l'hôpital de Jette AZ-VUB. Pour la banque de sang francophone de la Croix Rouge francophone, c'est partout ailleurs. Heureusement, aucun examen linguistique n'est imposé (pour l'instant).

Mais il y a cette annonce, ancienne (2008) qu'un internaute vient de relever et qui m'a interpellé : l'aile flamande de Médecins sans Frontières, Artsen zonder Grenzen, engage une assistante de la direction générale, avec cette précision ethnique apparemment essentielle, puisqu'elle figure en tête des qualifications : «langue maternelle néerlandaise», comme on peut le voir à l'image. Sur le site actuel, toutes les offres d'emploi sont toutefois respectables. Mais la mémoire de l'internet ne fait jamais défaut. Cette annonce nous rappelle donc qu'il serait temps que nos politiciens exigent l'interdiction des critères de sélection sur l'origine linguistique en Belgique.

Médecins sans Frontières ? On l'espère aussi sans frontières linguistiques.

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2010, ô Disney de l’espace.

Image 65.pngDe Disney Channel au Golfe Diesel, vu du ciel.

Chronique parue dans Télépro le 20 mai 2010.


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dimanche, 06 juin 2010

Un demi-million.

Un grand merci à tous les lecteurs d'Un Blog de Sel : en mai, on a passé (ensemble) le cap du demi-million de pages lues, dont près de la moitié au cours des douze dernières semaines. Il y a quand même une question qui me taraude : comment arrivez-vous à lire tout ça ? Héhé.

Nouvelle méthode de négociation au CD&V : évoquer une guerre civile !

Il y a un sous-marin wallon détruit, puis une torpille flamande, marquée BHV. On est à la télévision sud-coréenne. La présentatrice explique que «les tensions n'ont jamais été aussi graves en Belgique. La Belgique du Sud (Wallonie) et Bruxelles menacent de se détacher de la Belgique du Nord.» Devant le palais royal, après avoir affirmé que le couple royal avait fui le pays, un reporter coréen interroge Bart Coopman, bourgmestre CD&V de Zemst. Celui-ci affirme, une carabine à la main : «Les Flamands, les Francophones, les Wallons sont pratiquement sur le pied de guerre. Les Citoyens sont en train de s'armer.» Il reconnaît toutefois que la crise est due à l'absence de compromis de part et d'autre. Même pas peur, c'est bien sûr une blague : l'on retrouve Bart Coopman dans un décor normal.

Il nous rassure : «ceci était une fiction. Mais cette fiction n'est peut-être pas très éloignée de la réalité». Nous voilà moins rassurés. Il se dit persuadé qu'il y a de part et d'autre encore des gens prêts à négocier raisonnablement des deux côtés de la frontière. Il faut dire que dans ce clip totalement irresponsable en période électorale, Bart Coopman montre l'exemple de ce qu'est un homme politique flamand ouvert à la négociation : le film est titré : «Une torpille flamande coule un sous-marin wallon». Avec des gestes de bonne volonté pareils, on en viendrait presque à recommander de voter Bart De Wever. Avec lui, au moins, on n'a pas besoin de gratter le vernis d'une invraisemblable hypocrisie pour connaître le détail de son programme. Ce midi à la RTBF, Johan Vande Lanotte nous a montré que même côté socialiste, le discours s'était musclé. Nous voilà avertis : si les Francophones osent discuter des frontières, c'est la scission de la sécurité sociale assurée. Allez, voilà une vidéo tragique pour vous convaincre de l'ouverture du CD&V. Un croiseur touché ? Non : un pays coulé. Merci Marianne.

Une information recueillie sur le twitter de Michel Henrion

 

samedi, 05 juin 2010

Manque de fair play au café?

Isa, l'une des commentatrices (assidues) de ce blog y a rédigé un commentaire que je trouve révélateur de ce qui se passe en-dehors du monde politique (vous savez bien : la vraie vie). Je ne connais évidemment pas les circonstances exactes de l'affaire qu'elle reprend, mais je crois utile de vous traduire son commentaire (elle l'a laissé sur la page «Vlaams Karakter» de mon blog, où j'impose l'usage du néerlandais) :

Isa : «Ça a commencé. C'est ce que je craignais et qui va allumer la mèche. Aujourd'hui, une réaction dans Het Laatste Nieuws : "hier aux alentours de 17h, avec un certain nombre de collègues néerlandophones, j'ai été renvoyé du café Le Fair Play à Bruxelles parce que… nous parlions néerlandais. Ça va trop loin maintenant ! Ça fait des années que nous allons dans ce café et tout à coup, en pleine fièvre électorale, nous n'y sommes plus les bienvenus. C'est triste à mourir que des simples gens se laissent influencer par les affaires communautaires des politiciens. En tout cas, ils ne m'y verront plus.»

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Terrorisme flamand au Zenith de Lille

C'est resté secret, mais La Voix du Nord confirme l'information : une dizaine de terroristes extrémistes flamingants se sont enfermés dans le Zenith de Lille, prenant plusieurs otages. Le GIPN (Groupe d'Intervention de la Police Nationale) de Lille est intervenu rapidement. L'un de ses agents s'est fait mitrailler au début de l'intervention et est décédé des suites de ses blessures. Il n'a pas riposté afin de ne pas mettre la vie des otages en danger. Tous les terroristes flamingants ont ensuite été abattus, et je vous rassure : tous les otages sont sains et saufs.

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vendredi, 04 juin 2010

Indépendantistes à 43%, confédéralistes à 62.

Le sondage VRT-De Standaard qui paraît ce soir annonce 25,2% d'intentions de vote pour la N-VA (nationalistes indépendantistes), 11,5% pour le Vlaams-Belang (nationalistes-xénophobes indépendantistes) et 6,6% pour Lijst De Decker (populistes indépendantistes). La bagatelle de 43% des Flamands s'apprête donc le 13 juin à voter pour des partis ouvertement favorables à la fin de l'État belge. Si l'on ajoute ce que j'appelle les «confédéralistes radicaux», à savoir le CD&V qui veut imposer une Belgique à deux régions, abolissant l'autonomie bruxelloise, on obtient un peu plus de 62% de partis radicaux dont le programme et les principes ne permettent pas d'espérer une continuité de la Belgique à long terme.

Comme je l'ai dit auparavant, il faudra au moins une hexapartite pour dégager une majorité non-nationaliste en Flandre et une octopartite sinon une nonapartite pour une réforme de l'État. S'il faut naturellement attendre le soir du 13 juin pour confirmer ce qui se présente comme une véritable catastrophe, je pense utile d'émettre quelques réflexions par-rapport aux chiffres du sondage.

1. Dès lors que les Flamands veulent un accord sur une réforme de l'État, s'ils ne changent pas d'avis, il est difficile d'imaginer un nouveau gouvernement pour septembre. Une crise de l'ampleur de la précédente devrait se profiler. En effet, mettre 8 ou 9 partis d'accord sur une réforme approfondie de l'État, au vu de la distance actuelle entre les diverses positions, même au sein d'un même groupe linguistique, est en pratique impossible, d'autant que la N-VA fera tout ce qu'elle peut pour faire capoter toute négociation. Elle n'a aucun intérêt à diriger la Belgique, et aucun intérêt à faire la moindre concession aux Francophones.

2. A supposer qu'une hexapartite obtienne l'accord de partis extérieurs sur une réforme dont les grandes lignes auraient été dessinées pour le premier septembre comme l'a exigé Alexander De Croo, elle ne sera pas en mesure de gouverner avec la rigueur et la puissance indispensable pour sortir d'une crise aussi profonde, tant en matière de structure nationale qu'en matière économique. Même si ce gouvernement réussissait à tomber d'accord sur des politiques anticrises efficaces, celles-ci feraient forcément l'objet de compromis, contre lesquels le gouvernement flamand viendrait régulièrement opposer son véto.

3. De multiples hypothèques pèsent en outre sur la validité des élections. Un parti comme le Vlaams Belang, grand perdant annoncé, n'hésitera pas à contester l'organisation des élections, et il se trouvera peut-être des tribunaux flamingants pour le suivre dans cette voie périlleuse, comme on l'a vu lorsque des présidents de tribunaux de première instance ont fait savoir qu'ils considéraient ces élections comme illégales.

4. Face à une telle machine de guerre, les partis comme Ecolo qui partent du principe qu'il faut ne pas «provoquer» les électeurs flamand et qu'il vaut mieux montrer  par leur relation avec Groen! qu'il est possible de créer des accords, sont hors phase : si Ecolo et Groen! étaient en mesure de trouver un accord communautaire, pourquoi leurs deux programmes sont-ils si éloignés l'un de l'autre ?

5. Et corollaire de la précedente : ça ne sert à rien de «cacher» aux Flamands que les Francophones demandent un lien avec la Wallonie. Si c'est une revendication électorale, elle doit être dite, parce que l'électeur francophone doit savoir à quoi s'attendre de la part de chaque parti. Recommander, comme le fait Javaux, de taire cette revendication, c'est interdire aux partis francophones de transmettre leur opinion à leurs électeurs. Dans ce cas, comment pouvons-nous juger en connaissance de cause ? La critique de l'interview de Milquet (qui a d'autres défauts dont on parlera un autre jour) par Jean-Michel Javaux n'est pas une grande preuve de démocratie. C'est même plutôt démagogique de cacher son programme en pleine élection !

6. Prions. Laat ons bidden.

Le français en option, la vidéo.

Voici un extrait de la conférence de presse de la police, du parquet et du ministre. Dans les deux premiers cas, les journalistes ont expressément dû demander une déclaration en français. Voyez la réaction étrange du porte-parole de la police de Bruxelles et dites-moi si vous la trouvez normale.

jeudi, 03 juin 2010

La N-VA appelle à l'incivisme fiscal

Selon Brusselnieuws.be, Ben Weyts, candidat de la N-VA, s'offusque du "peu de place" laissé aux partis flamands dans la commune, où les néerlandophones ne reçoivent qu'un demi-panneau pour un panneau entier aux Francophones. Il faut dire qu'il y a environ 6% de Néerlandophones dans la commune bruxelloise. N'empêche. Ben Weyts veut la parité flamands/francophones en matière de panneaux électoraux. Du coup, la N-VA a décidé de coller des demi-affiches. Jusque là, pas de problème. Là où le parti montre son mépris de la démocratie, c'est que Ben ajoute : «Nous appelons les Flamands à Etterbeek à ne payer que la moitié de leurs impôts.» La N-VA ne recule décidément devant aucun principe (légal ou non) pour promouvoir le nationalisme flamand. Enfin. 50% de 6% d'impôts en moin, ça fait 3% de déficit en plus pour Etterbeek. C'est Reynders qui va être content, lui qui a dit à la VRT que la N-VA était un parti très démocratique. Quel comique, ce Didier !

Selon la même logique absurde, dans les communes de la périphérie, comme les communes n'affichent pas du tout les partis francophones, le FDF devrait recommander aux Fransquillons de ne plus payer d'impôt à la Flandre. Chiche que ça ferait marrer Geert Bourgeois ?

Les Francophones sont des colons en Flandre.

Dans un chat du Soir, Luc Van Der Kelen, probablement le plus connu des éditorialistes flamands, écrit à propos de Milquet : «Quand j'entends ce qu'elle dit aujourd'hui, j'ai l'impression de me trouver en Palestine avec les Francophones dans le rôle des Israéliens qui construisent des maisons en terre palestinienne afin de pouvoir exiger le terrain palestinien dans quelques années.» Évidemment, l'actualité très récente n'est pas étrangère à cette comparaison pour le moins étrange. Elle dit, entre autres, que les Francophones qui vivent dans les communes périphériques à facilités sont des colons. Question à Van Der Kelen : à quand une flotille sur la Meuse pour aider les pauvres Flamands opprimés par le blocus francophone ?