mardi, 02 février 2010

Bruxelles, là où les Flamands gèrent. Et se plaignent.

(Tout d'abord, je vous recommande l'édito de Philippe Walkowiak sur le délire de la presse flamande. J'aime bien, de temps en temps, être rejoint par les chroniqueurs « nationaux ». )

La presse flamande est unanime. Bruxelles est une ville épouvantablement dangereuse. Et le coupable, ce sont les 19 « baronies ». Dix-neuf bourgmestres élus démocratiquement. A remplacer, d'après absolument tous les partis et absolument toute la presse flamande, par le seul gouvernement de la Région. En commençant par retirer aux bourgmestres leurs prérogatives sur la police locale. Mais faisons un peu de benchmarking : quelle ville peut fonctionner avec un seul gouvernement central ?

Lire la suite

76000 pages lues ce mois-ci sur le blog de Sel

4000 visiteurs, à quarante-deux près, et plus de 10.000 visites. Merci à tous !

lundi, 01 février 2010

Les médias Flamands ont une poutre dans l'oeil.

On est halluciné. Alors que les politiciens de Flandre et leurs médias associés, pour des raisons de basse politique, font feu de tout bois sur la tolérance soi-disant totale à Bruxelles envers la criminalité, on apprend qu'un braqueur de Waasmunster (Vlaanderen) qui avait attaqué une agence de la Record Band de Termonde, a été remis en liberté au lendemain de son arrestation par manque de place en centre fermé.

Pourtant, les médias flamands n'en font pas la une (ou alors, j'ai mal lu). Et au contraire, la Flandre se targue d'être un lieu sûr (sauf en Brabant flamand, mais là, évidemment, on vous dire que c'est encore à cause de Bruxelles — ce qui n'est pas tout à fait faux : là où il y a beaucoup d'argent, il y a beaucoup de criminalité, et à Bruxelles, il y a deux fois plus d'argent qu'en Flandre). Mais dites-donc ! Si dans une région aussi sécuritaire, on ne trouve pas place en centre fermé pour UN malheureux braqueur de 17 ans avec une pistolet 7,65 et des balles réelles, où allons-nous ? Ou alors, serait-ce la presse flamande qui fonctionne étrangement au rythme de l'agenda de ses politiciens ?

Un bourgeois et des néo-nazis.

Le Taal Aktie Kommitte est un groupuscule qui côtoie de près le VVB, dont le trésorier est président de l'Ijzerwake, fête néo-nazie flamingante où l'on a déjà, dans un passé récent, honoré des antisémites et des nazis notoires. Geert Bourgeois est ministre flamand de l'intérieur, nationaliste et républicain. Un jour, le TAK s'en va occuper la maison communale de Linkebeek avec une violence passive (en gros, on s'assied, on reste debout, on bloque les passages et on attend d'être évacué). On rappelle que quelques mois plus tôt, le même TAK avait carrément muré l'édifice. Pour des raisons évidentes de sécurité, le Conseil perturbé par les flamingants s'est alors tenu à huis clos. Geert Bourgeois, nationaliste convaincu, et le gouverneur socialiste du Brabant flamand Lodewijk De Witte, nationaliste par défaut, ont donc tenu à montrer leur solidarité avec les groupes de pression et leur sens aigu de l'injustice et de la francophobie, puisqu'ils ont annulé toutes les décisions prises par le Conseil ce jour-là, amputant une fois de plus la démocratie francophone en périphérie. On n'en attendait pas plus de Geert Bourgeois, qui montre que la N-VA n'a pas le moindre sens de la nuance, et qu'ils ne comprennent rien au mot « droit ». Peut-être comprennent-ils trop bien le mot « Übermensch. » On m'a dit que l'un empêchait l'autre.

Les photos sur le site de Francophonedebruxelles sont éloquentes sur l'ambiance que le TAK fait régner, avec la complicité active de ministres flamands, dans les communes qui ont l'audace d'élire des Francophones.

Turtelboom et les baronnies.

Un braquage à Bruxelles. Un policier blessé à la jambe. Les auteurs arrêtés. Une belle performance policière, un drame évité de justesse, somme toute, une journée comme beaucoup d'autres dans beaucoup d'autres grandes villes. Bien sûr, le système policier bruxellois doit être encore amélioré. Bien sûr, une zone de police serait peut-être une bonne idée. La couverture en Flandre est un peu différente : tous les partis flamands exigent la fusion des six zones de police bruxelloises. Et ils hurlent à la tolérance zéro. Bon, ça fait plaisir de voir que les 12 pour cent néerlandophones de Bruxelles se démènent pour trouver une solution. Formidable. C'est juste un peu gênant qu'on n'entende qu'eux à la VRT, comme toujours, et dans les journaux flamands. Comme d'hab, aucune contre-attaque, aucune interview d'un membre de gouvernement bruxellois (à 50% néerlandophone). Et évidemment, personne pour rappeler que si les partis flamands tiennent tant à unifier la zone de police, puis les communes bruxelloises, c'est pour que la parité de pouvoirs linguistiques en vigueur au gouvernement régional (50% flamands pour 12% max. de la population - déjà quelque chose de peu démocratique, mais j'ai toujours prôné qu'on défende les minorités) soit distribué partout au niveau communal, menant à un droit de vote municipal cinq fois supérieur chez les néerlandophones.

En ce qui concerne la tolérance zéro, c'est toutefois l'incompétence éventuelle du ministre de la justice qu'il faudrait étudier. Il est néerlandophone, et il est du CD&V. Quant à l'efficacité de la police, il faut notamment s'interroger sur la capacité de Mme Turtelboom à résoudre des problèmes. Elle est de l'OVLD. Elle est néerlandophone. Et quand elle parle des 19 communes de Bruxelles, cette ministre fédérale utilise un mot d'une énorme condescendance. Elle ne dit pas « les communes » elle dit « les baronnies ». Or, il n'y a de barons à Bruxelles qu'au cinéma, et en tant que ministre fédérale, la moindre des choses qu'on pourrait attendre de Mme Turtelboom est qu'elle ne tombe pas (mais c'est trop tard) dans ce triste populisme d'obédience flamingante et s'occupe de chercher des solutions plutôt que d'insulter la structure et les instistutions bruxelloises, auxquelles, mais le sait-elles, les Bruxellois sont très attachés.

On notera que la moitié du journal francophone présentait le drame de Liège, la moitié du journal de la VRT de ce midi caquetait son fiel sur un braquage à Bruxelles et montrait, une fois encore, que quand il s'agit, avec beaucoup d'hypocrisie, de pointer des manquements bruxellois (entendez : francophones), elle est toujours en tête. Le plus débile étant que c'étaient cette fois les deux ministres qui, dans n'importe quel pays, auraient été sur la sellette, qui pointaient un doigt accusateurs.

Mme Turtelboom ferait bien mieux d'autoriser le financement des pompiers de Bruxelles. On a là un énorme problème, et la cause n'est à chercher ni à Bruxelles, ni chez les Francophones, mais bien dans la mainmise, via la Flandre et ses partis d'un pourcentage limité (10 à 12 %) de la population sur toute politique sécuritaire dans la Capitale. Quand ce n'est pas la Flandre qui crie au scandale bruxellois, c'est le gouvernement fédéral par le truchement de ses ministres néerlandophones, et quand ce n'est pas le premier ministre, ce sont les partis néerlandophones de Bruxelles déjà surreprésentés (une fois encore, je ne conteste pas cette surreprésentation). Et si, un jour, les Bruxellois avaient le droit de faire leurs choix eux-mêmes ? Avec leur argent ? Celui qui va à la Flandre par le biais de l'impôt sur le revenu des travailleurs bruxellois qui vivent en Brabant flamand ? Quand on sait qu'une indépendance bruxelloise lui amènerait 3 à 8 milliards d'euros annuels, on comprend que certains aient envie de tenter l'aventure !

samedi, 30 janvier 2010

Rudy Aernoudt teste le socialisme dans Votez pour Moi.

Ce matin dans le Vendredi de Votez pour Moi (cliquez donc ici pour voir la vidéo)i, André Lamy recevait Rudy Aernoudt, le co-président du Parti Populiste… ouille non, du Parti Populaire pour quelques scènes mémorables, dont une transformation en socialiste dont vous me direz des nouvelles.

Avec les rires de Barbara Mertens et de Pascal Vrebos, et comme le dit si bien ce dernier, la plume de Marcel Sel. Amusez-vous bien !

lundi, 25 janvier 2010

La SABAM soutient l'extrême-droite flamingante.

La Vlaams Nationaal Zangfeest, la fête du chant flamand, a lieu tous les ans. Elle est organisée par l'ANZ. Jusqu'en 2007, son président était Bruno Valkeniers, l'actuel président du Vlaams Belang. Cette année, comme tous les ans, l'affiche de l'événement ne permet pas de douter de sa dimension politique : il s'agit de promouvoir l'indépendance de la Flandre. Sans surprise, l'événement est promu sur les sites de la N-VA et du Vlaams Belang. Par amitié, on y chante Die Stem van Suid-Afrika, l'hymne national sud-africain de l'époque de l'Apartheid (aujourd'hui, il est normalement chanté en suite de l'hymne zoulou).

Le problème, c'est que cet événement nationaliste est « soutenu » par la SABAM, la SACEM belge. Autrement dit, les auteurs et compositeurs qui versent une partie de leurs cotisations à leur société d'auteurs soutiennent un événement francophobe. Pire. La fête est organisée en collaboration avec, notamment, le Vlaamse Volksbeweging dont le trésorier est président de l'Ijzerwake, commémoration d'extrême-droite s'il en est, et par Uitgeverij Egmont, maison d'édition qui publie non seulement la plupart des pamphlets du Vlaams Belang, mais aussi 60 figures nationalistes de Roeland Raes, ex-membre éminent du Vlaams Blok condamné pour négationnisme, qui a notamment mis en doute, face caméra, l'existence des fours crématoires. Les autres titres de cet éditeur sulfureux sont éloquents : Al-Hijra, l'immigration comme cheval de Troie de l'Islam, préfacé par Filip Dewinter ; Inch Allah ? L'islamisation de l'Europe, par Filip Dewinter, Vivre avec l'Islam, où l'auteur « se demande s'il est envisageable de vivre avec l'islam » ; Les portiers de Babel, Le califat de Knokke, un roman qualifié en couverture de « politiquement incorrect », avec la légende suivante : « Dans le nouvel état européen de Flandre, un avion fantôme atterrit soudain, avec une centaine d'Arabes et de gens de race noire à bord. Personne ne sait qui sont ces immigrants illégaux, et d'où ils viennent… ». A lire, probablement. Et à transmettre au Centre de l'Egalité des Chances, je suppose. Ainsi que le livre sur le « procès en répression » contre Karel De Feyter. Cet ancien combattant de 14-18 avait en effet été chargé en 1941 de la promotion de la Garde flamande qui, sous les ordres de la Wehrmacht, devait se charger notamment de la surveillance des convois en route pour Auschwitz. Feyter a dû bien faire son travail, puisqu'il a obtenu, selon les chiffres, de 900 à 3000 candidatures. Il fut fusillé en 1945 après un procès que le Vlaams Belang qualifie de « répression ».

Enfin, voilà bien du beau monde. Voir le nom « SABAM » s'afficher à-côté d'un co-organisateur qui a un pied dans la minimisation du nazisme et un autre dans l'islamophobie, savoir que tous les auteurs-compositeurs belges donnent un petit quelque chose à cette abjection, c'est en Belgique, c'est aujourd'hui, et c'est épouvantable.

SafariCapture001.jpgSafariCapture002.jpg

dimanche, 24 janvier 2010

Les Flamingants reconnaissent la minorité francophone

Oui, c'est trop beau pour être vrai, et ce n'est pas tout à fait vrai. Mais j'ai toujours dit qu'en prétendant avoir été opprimés pendant des siècles par les Francophones qui se trouvaient sur leur territoire, les Flamingants reconnaissaient implicitement que la présence francophone en Flandre était historique et que les Flamands de langue française constituaient donc une minorité à protéger impérativement. Ceci est corroboré par l'Encyclopédie du Mouvement flamand, selon un article de Christian Laporte dans La Libre Belgique inspiré notamment par M. Edgar Fonck, directeur de la très démocrate APFF, l'Association pour la Promotion de la Francophonie en Flandre, que je vous invite à lire.

samedi, 23 janvier 2010

Jetair et le séparatisme touristique.

Outré de lire qu'un tour-opérateur proposait des voyages réservés aux Francophones, j'ai publié hier un billet assez violemment caustique où je n'ai pas épargné l'ami français (ni le Belge francophone). Je n'en retirerai pas un mot, puisque qui (s')aime bien (se) châtie bien. Toutefois, il y a du neuf, et c'est saignant. Donc, l'affaire est : une entreprise propose des voyages réservés aux Francophones. Immédiatement, quelques sites flamands prennent les armes : ces salauds de Francos font de l'apartheid à présent ! Voyez ! La preuve qu'ils nous accusent à tort d'ethnocentrisme. C'est là que ça devient drôle. Car qui est l'entreprise qui propose cette formule ? Jetair. Et où est le siège de Jetair ? A Ostende. Et dans quelle langue le site de Jetair s'ouvre-t-il ? En néerlandais, avec un petit coin « FR » pour ceux qui seraient anderstalig. Et ce n'est pas tout !

Lire la suite

jeudi, 21 janvier 2010

Si tu parles pas français, dégage

Selon la DH, un voyagiste a eu l'idée ahurissante de créer des voyages en clubs réservés aux francophones. La DH ne précise pas s'ils doivent avoir les cheveux foncés et les yeux marrons, ou si les blonds nordiques (notamment les Lillois) sont tolérés. On ne sait pas non plus si l'on a le droit d'avoir un léger accent germanique, russe, espagnol ou chinois. La raison de cette offre : les Français, touristes parfaits jamais gueulards et toujours bien ordonnés, n'aimeraient pas côtoyer les Anglais, les Allemands, les Flamands, les Italiens, et les Kamtchatkis, tous beaucoup trop bruyants et vulgaires pour, ah! putain ! les titis de paname, qui causent foutrement mieux que tous ces étrangers.

Malgré les grands esprits que furent Montesquieu, Jaurès, Fernand Reynaud et Michel Colucci, ce voyagiste qui propose la discrimination touristique, devrait tout de même aller un pas plus loin, parce que pour l'instant, son ambition est de proposer la garantie que le personnel et les clients du club seront francophones. Mais qu'en est-il des habitants ? Ne pourrait-on pas remplacer les Tunisiens, les Marocains, les Sardes, les Costabraviens, et même les Basques par de bons français au look discret et à la langue châtiée (putain connard, tu vas avancer ta bagnole de mèèèèèrde, tu bouches tout le Troca, enfwâréé d'mes deux !) Mais en fait, ces Français et ces Belges francophones qui ne supportent pas de passer leurs vacances avec des « allophones » fussent-ils européens, pourquoi diable vont-ils en club à l'étranger, alors qu'il y a, dans le Puy-du-Dôme, un parc d'attraction formidable sur les volcans, où ils ne rencontreront que de bons français ! Et, ayant vérifié que, non, elle n'est pas basée à Vichy (c'eût été trop évident, je suppose), je recommande néanmoins à l'entreprise en question d'ajouter à sa devise qui ne peut être que « travail, famille, patrie » les quelques mots : « et vacances en fratrie ».

Travail, famille, patrie et vacances en fratrie. Voilà qui va vous amener du bon Français et du super Francophone.

(Merci à Wanda pour l'information)