mardi, 21 décembre 2010

Les Boules (ou «Bart Attacks»)

Mesdames et Messieurs les démocrates, je suis au regret de vous annoncer que vous avez perdu vos couilles. Je les ai retrouvées, racrapotées, ridées comme des pommes reinettes de fin de saison, dans un caniveau de la Place Saint-Géry. Elles avaient roulé toutes seules depuis le 16 rue de la Loi. Pour l’instant, quelques rédactions, et quelques eunuques de la pensée, continuent à papoter — comme si de rien n’était — du sexe des anges, de l’élasticité de leur préservatif fiscal, du taux d’échancrure du split-rate qui se dilate, et du 1% qui séparerait la Loi de financement de la N-VA de celle du PS. Ils le font d’une voix fluette et doucereuse, censée nous rassurer sur l’avenir de la Nation (avec «N» majuscule) belge. Nous ne sommes pas rassurés. Étudions le patient.

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lundi, 13 décembre 2010

Selstradamus© (Prophéties et oracles en tout genre)

La science, l’empirisme, consistent à établir des hypothèses, et à les confronter ensuite à la réalité afin de voir si elles se vérifient. Quand c’est le cas, les théories deviennent des phénomènes. En relisant mes thèses de juin, je crois que l’on peut établir que celles-ci se sont transformées en quasi-certitudes scientifiques. Faute de quoi il faudrait m’appeler Selstradamus. Or, je ne suis pas un prophète. Je suis simplement parti du principe que le nationalisme et l’eurodémocratie sont deux doctrines incompatibles. Jusqu’ici, j’ai eu raison. Au moment où je prédisais tout ce qui est en train d’arriver, la plupart des analystes politiques, dont des journalistes éminents (Luc Van Der Kelen, Charles Bricman, et tant d’autres) se nourrissaient encore de méthode Coué, expliquant que, puisqu’une entente entre la N-VA et le PS était la seule chance de la Nation belge, Bart et Elio finiraient par s’entendre.


Dès avant les résultats électoraux, je me suis inscrit en faux contre cette vision. Quand, sur LCI, j’ai expliqué en juin que la N-VA menait une stratégie de pourrissement, Luc Van Der Kelen a balayé mes affirmations. En septembre, toujours chez Michel Field, il a même affirmé que la Belgique aurait un gouvernement avant les Pays-Bas ! Je maintins le contraire. Gros coup dans l’eau pour Luc ! Jusqu’en septembre, mes prédictions (et celles de Jean Quatremer, entre quelques autres) ont souvent été prises peu ou prou pour les délires d’un francolâtre (ce que je ne suis certes pas). Aujourd’hui, les précités feraient bien de reconnaître que nous avions raison, et qu’ils avaient tort. Pour vous en convaincre, j’ai repris quelques-unes de mes citations faites in tempore non suspecto… revue de détail.


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vendredi, 10 décembre 2010

Peumans, les Juifs, les Turcs, la VRT et le pot de rillettes.

Pas mal d’encre a déjà coulé à propos de la réponse de Jan Peumans — et du débat qui s’ensuivit — sur le plateau du jeu télévisé «De Pappenheimers», à la VRT (télévision publique flamande). Le titre de l’émission est tiré de l’expression «Hij kent zijn pappenheimers» (il connaît son monde), ce qui se traduirait grosso modo par «les grosses têtes» en français. On a beaucoup commenté le clash, mais tout n’a pas été dit, loin de là, sur la question qui mit le feu aux poudres, la réponse de Jan Peumans (président du parlement flamand), et la suite (notamment l’hilarité générale provoquée par la remarque de l’animateur sur l’association entre `Juif`et `liquider`). Dans la presse néerlandophone, une voix se distingue toutefois, celle de Mia Doornaert (conseillère indépendante du premier ministre), qui sous le titre «Odeur de ranci» (Ranzig geurtje), a publié un billet magnifique par sa justesse et sa rareté, dans De Standaard du 6 décembre. Elle n’y va par quatre chemins. «Regarder le fragment [que j’ai posté sur Youtube] m’a fait froid dans le dos sur la Flandre telle que la N-VA la conçoit». Elle reproche notamment à Jan Peumans d’«accuser la communauté juive de littéralement chercher à manipuler l’histoire». Ainsi que de suggérer «que le débat démocratique n’est pas légitime quand il est dirigé contre lui». Les rires qu’a suscités l’association de «juif» et de «liquider» lui inspirent une critique acerbe de la VRT, où «l’on peut remarquer un glissement des valeurs depuis que plus de nationalistes y ont obtenu des postes d’autorité. Autrefois, on n’aurait par exemple jamais pensé, dans une émission de cuisine, à mettre Hitler entre des artistes encensés». Pour conclure que de telles vidéos «donnent au nationalisme flamand une odeur de ranci.» Oui, il y a donc bien une réaction en Flandre, et une prise de conscience que le nationalisme entraîne irrémédiablement un glissement des valeurs.

 

Reprenons l’affaire depuis le début, et commençons par défendre Voltaire. Mais auparavant, regardez la vidéo, pour prendre connaissance de «l’Affaire Pappenheimer» et mieux comprendre la réaction de Mia Doornaert, objet d’innombrables critiques sur certains blogs. Lisez ensuite mon analyse.

 

 

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04:50 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (130) | Envoyer cette note | | |  Facebook |  Imprimer

mercredi, 08 décembre 2010

La Daerdenférence.

On dit que Michel Daerden a encore frappé. Figurez-vous qu'il a encore parlé lentement, articulé bizarrement. Et cela, dans un cadre européen. Chacun relaye le scandale. Comme à la Chambre, quand il a parlé du Groenboek et du Witboek, il donnerait une image catastrophique de la Belgique, de la Wallonie, de Liège, enzovoort. Il fait, une fois encore l'unanimité contre lui. Belle unanimité. Il faut toujours se méfier de l'unanimité. Me voilà avocat d'un (petit) diable.

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mardi, 07 décembre 2010

Faits d’asile (ou la loi du plus menteur).

Bart De Wever a donc lancé un nouveau front : l’immigration (et l’asile en particulier). Logique. À présent que la N-VA et le CD&V sont isolés sur le front de la loi de financement, autant utiliser une crise (scandaleuse au demeurant) pour s’éloigner un pas de plus de tout accord de gouvernement. Et là, la N-VA joue sur du velours. Elle déposera un projet de loi au Parlement, qui sera — le doute est-il permis ? — tout sauf acceptable pour la gauche, francophone comme flamande. Mais la stratégie N-VA/(CD&V) est claire et bien relayée par les médias flamands : il y a deux démocraties en Belgique, une «flamande» et une «francophone». La Francophonie est associée dans l’imaginaire politique flamand au PS (socialiste, «marxiste», «bolchevique», enzovoort). Elle est de fait plus à gauche que la «démocratie flamande». Mais pas pour autant exclusivement socialiste : la gauche franche (PS + Ecolo) n’y représente toujours que la moitié des suffrages (et encore, pas à toutes les élections). Et dans tous les pays du monde, quand il y a plusieurs régions, il y a plusieurs «démocraties». Cette dichotomie permet d’opposer politiques flamands et wallons dans un discours de plus en plus manichéen. La mécanique étant engagée, quand les «Francophones» refuseraient la proposition de loi de la N-VA, ce sera «l’État P.S.», assimilé à la francophonie, qui sera désigné responsable. Et si les socialistes flamands s’opposent eux aussi à cette loi, ce ne sera pas présenté comme «un refus des Flamands de gauche», mais bien comme «une rupture du Front Flamand», sous-entendu due à ces bolcheviques de Francophones. Le programme N-VA, lui, est assez clair pour susciter un nouveau blocage : zéro immigration, à l’exception principalement des ressortissants de l’UE (et encore, temporairement), et zéro asile, à l’exception des («rares») «vrais» réfugiés, ceux qui sont menacés de mort dans des pays réputés très, très dangereux. Mais pourquoi Bart De Wever s’intéresse-t-il soudain à ce dossier, et est-il si crucial pour «la Flandre». Revue de détail

 

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samedi, 04 décembre 2010

De Crem passé de date.

De Standaard nous informe aujourd'hui qu'un hélicoptère piloté par trois Flamands, disparu en 1965 au Congo, vient d'être retrouvé. «C'est le ministre de la défense Pieter De Crem (CD&V) qui a annoncé vendredi la découverte. Il avait envoyé l'expédition, après que son prédécesseur André Flahaut (PS) avait refusé une telle recherche parce qu'elle serait trop chère». 

Héroïque, donc, Pieter De Crem, délia les cordons de la bourse pour envoyer pas moins de 36 paras dans la jungle congolaise retrouver les traces d'un appareil disparu depuis la bagatelle de 45 ans. On se doute que s'il y avait eu des survivants, ils se seraient manifestés depuis. La raison ? Un ex-pilote de la Force aérienne belge entendit l'histoire en 1995, et s'émut du fait que les trois pilotes n'eurent jamais une «sépulture définitive». Il organisa alors une expédition personnelle, qui donna quelques indices. Il semble avoir fait ensuite un lobby auprès de la Défense nationale. Grâce à Pieter de Crem, on a donc enfin découvert l'hélicoptère. Reste à envoyer une nouvelle expédition pour retrouver les corps. Les corps ? Dans la jungle ? 45 ans plus tard ?

De Standaard insinue que Flahaut n'a pas voulu bourse délier pour ces trois héros Flamands. C'est entre les lignes, mais il y aura bien des lecteurs pour le lire comme ça. D'accord. Moi, j'ai une autre interprétation, qui vaut ce qu'elle vaut. De Crem, qui envoie une trentaine de militaires rechercher des corps de trois aviateurs (flamands) probablement disparus de la surface de la planète depuis des décennies, ne trouve pas les moyens nécessaires à l'acheminement de centaines de demandeurs d'asile (pas flamands) depuis Bruxelles jusqu'à une série de casernes prêtés, pas toujours de bonne grâce, pour héberger des familles qui sont aujourd'hui exposées à l'incertitude la plus absolue, et souvent au froid. Il n'avait pas non plus trouvé utile de fournir la logistique pour les voyages éducatifs à Auschwitz. Chacun en tirera sa conclusion. Mais je ne peux m'empêcher de penser que le repos éternel de trois militaires flamands a plus de valeur aux yeux de ce ministre-là que la protection de centaines de réfugiés, hommes, femmes, enfants. Mais pas flamands.

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vendredi, 03 décembre 2010

Tic, tac, faisons la bombe avec Bart.

La note de Di Rupo aura fait long feu. De Standaard annonce ce matin qu'elle sera rejetée par la N-VA, et que le CD&V n'est pas très chaud non plus. Ce qui avait été annoncé comme «un geste» par le président du PS, sorte de coup médiatique pour ne pas être pris en défaut, suppose-t-on, lui est donc renvoyé via les fuites habituelles, de la N-VA au Standaard. Cela permet-il à la N-VA d'apparaître comme les bons, ceux qui font les efforts, répondent au Flamand de la rue, pour lequel Bart montrait hier, à Villa Politica (VRT) une empathie formidable ? «Les gens en ont marre», disait-il. Sous-entendu, «marre du PS», «marre de l'Olivier», ou plus généralement : «marre des (politiciens ?) Francophones».

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mercredi, 01 décembre 2010

Quand Dati fait sa princesse (Léa).

Exclusif.
Un vent favorable m'a raconté une histoire plutôt révélatrice du respect que certains Français, en l'occurrence Rachida Dati, portent à la famille royale belge. Ou disons plutôt qu'elle a l'air de s'y intéresser quand elle peut se mettre en valeur au niveau européen, mais beaucoup moins quand il s'agit de «se bouger». Ainsi, quand la princesse Léa (belle sœur d'Albert II) lui a proposé de préfacer le guide européen des urgences pédiatriques qu'elle faisait publier (à sortir prochainement), Dati a répondu «présente». En revanche, quand il s'est agi de répondre à une invitation et de se déplacer en personne, ce fut une tout autre affaire.

Il y a plusieurs semaines, les services de la princesse ont donc invité Rachida à venir à Bruxelles pour s'entretenir des problèmes de prise en charge des urgences pédiatriques en Europe, et de la mise en place du 112, numéro d'urgence unique européen (où la France est en retard). La princesse Léa avait aussi invité plusieurs experts, dont Anne-Marie Lizin, présidente honoraire du sénat (et autotamponneuse à ses heures), à cette réunion de travail. Mais l'agenda de Rachida est apparemment si chargé qu'elle a «dû» reporter la réunion (qui devait être filmée) à plusieurs reprises. Courtoisement, la princesse Léa a alors demandé quelques dates à Dati, où elle serait absolument libre, afin de ne plus convoquer tous les autres (experts) pour rien. Rendez-vous fut donc fixé ce matin, 1er décembre, à 11 heures.

Mais hier, lundi 30 novembre, les services de Rachida ont (encore) appelé pour demander d'avancer la réunion à 10h30. D'accord, on rappelle tout le monde, pour la énième fois, aux frais de la princesse — au sens propre, la princesse Léa ne bénéficiant pas, sauf erreur de ma part, d'une dotation royale. Tout ça pour que ce matin, Dati fasse appeler les services princiers pour annoncer que, comme elle n'arriverait à Bruxelles que par le Thalys de 10h25, l'ex-garde des Sceaux avait finalement mieux à faire que de rencontrer la princesse Léa. Les mauvaises langues concluront c'est Dati qui, pour le coup, fit sa princesse !

On aime, ou pas, la monarchie belge. Force est toutefois de constater que la princesse Léa s'est engagée dans une fondation sociale d'envergure européenne et s'investit pour lutter contre un problème qui concerne chacun : la mortalité encore bien trop importante dans la petite enfance. Force est de constater aussi que la présidence tournante de l'Union européenne est actuellement occupée par la Belgique, dont le chef d'État est Albert II. Rappelons que Rachida Dati est députée européenne. Qu'elle a préfacé l'ouvrage commandité par la princesse (elle n'y était pas obligée), que la France est concernée (de par son retard sur le 112). On s'attend alors de l'éminence française à un tout petit peu de respect pour les gens qui l'invitent. Les Égyptiens diront que ce genre de mépris, Dati, ça date. L'histoire finit là. La morale ? Quand Léa prend date, Dati se dédit.

 

Note : cette histoire ne m'a pas été racontée par les services de la princesse Léa, mais par une personne extérieure.

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mardi, 30 novembre 2010

Quand Ivan De Vadder plaisante sur le «collaborationnisme» des Germanophones.

Les Francophones sont souvent accusés de prétendre que les Flamands seraient, comment dire, mus par une nostalgie d’un certain régime, euh… enfin, vous voyez, quoi. On suppose donc qu’il n’y a pas plus prudents sur ce terrain que les journalistes néerlandophones belges. Eh bien, figurez-vous qu’ils ont quand même un humour, disons, eh bien, euh… bizarre, quand ils parlent, par exemple, des Germanophones, donc, d’une certaine manière, des Allemands. Vendredi, quelle ne fut pas ma surprise en découvrant une suite de gazouillis (ma traduction française pour «tweet») suite à une info «twittée» par Ivan De Vadder en personne, auteur de l’émission de la VRT sur le Plan B.

Ivan De Vadder : «BRF zendt woensdag een Duitse versie uit van ‘Plan B’ in het Duits #dontmentionthewar». En français, ça donne : « La BRF (télévision belge de langue allemande) diffuse mercredi une version allemande de ‘Plan B’ en allemand #neparlezpasdelaguerre».

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02:37 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (127) | Envoyer cette note | | |  Facebook |  Imprimer

dimanche, 28 novembre 2010

Les Belges du 13 lancent leur Appel du 18 juin le 27 novembre.

«Marseillais, Marseillaises, Belges, Belges, Marius, Mariette. Ici l'ombre… » C'est le début de l'appel du 18 juin des Belges du 13 (département des Bouches du Rhône),  ceux de nos compatriotes qui se sont installés dans la Cité phocéenne et aux alentours, et se sont réunis en une association qui y

 entreltient la «Belgitude et la zwanzerie». Ce samedi 27 novembre, ils ont organisé un événement d'une importance capitale pour notre pays. Ayant acheté un morceau de l'Atomium (si,si, la preuve ici avec le MIBAM, «Musée International du Bout d'Atomium à Marseille» itinérant), et tracé les plans d'une ville hybride dûs au talent du bureau d'architecture BXLMRS, il y ont lancé un appel solennel à rejoindre Marseille, où le gouvernement belge est en exil (c'est d'ailleurs pour ça qu'il n'y a pas de gouvernement en Belgique, vous n'aviez pas compris ça ?)

Dans le cadre de cet événement, conscients des turpitudes qui minent nos corons et inonde nos polders, ils m'ont demandé d'écrire et de dire un appel solennel, l'appel du 18 juin marseillobruxellois, sur le mode pataphysique, ce que je me suis empressé de faire. Le message m'a d'ailleurs paru très intéressant, puisqu'il s'agit de façon apolitique, de nous encourager à vivre ensemble ou séparément, mais dans la paix. Voici donc la version audio de l'appel du 18 juin des Belges du 13, à prendre à la fois très au sérieux et au moins autant au 13e degré. La densité et l'importance du message requiert toutefois que l'on s'assoie, le pastabière à portée de main, tout ouïe, et de se remettre dans la peau du Français écoutant avec grande attention, le 18 juin 1940, l'appel d'un certain général.


podcast

BRUZIL : République Démocratique de Brüxelles

(Images © BXLMRS, Marseille)

17:32 Publié dans Nouvelles de Sel | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | | |  Facebook |  Imprimer