vendredi, 04 février 2011
Question à la Une au régime sans sel.
Bonjour, je suis Carmel Mel, le nègre de Marcel Sel. Je ne fais que passer, le temps de vous donner juste un tout mini petit complément d'info à "Question à la Une" de cette semaine. Il y a eu une petite omission bien involontaire. Le clip "Do you want to know more about Belgium" dont l'émission parle pendant quelques minutes, a bien été (extrêmement bien) réalisé par Jérôme de Gerlache, Belge habitant à Paris, d'une famille qui a donné à la Belgique plusieurs de ses lettres de noblesse, comme le dit le reportage (et Dieu ! qu'il passe bien à l'écran !). Et c'est bien le même Jérôme qui a initié le projet. Jusque-là, c'est tout juste. Mais le réalisateur ne savait visiblement pas que le texte, une des deux mamelles du film — quand même —, était écrit par Marcel Sel, puisqu'il ne l'a pas cité une fois de toute la séquence (assez longue).
Mais soyons clair, ceci n'est pas une critique, hein : Question à la Une ne pouvait pas savoir. D'abord, Sel est inconnu au bataillon. Ce n'est pas avec les quelque 20.000 visiteurs mensuels de son blog, quelques émissions et quelques passages médias qu'on peut se souvenir de son nom. Et puis, il n'a été contacté qu'une seule fois par une assistante de production de Question à la Une. Pas suffisant pour s'en rappeler, reconnaissez-le. En plus, son nom n'apparaît qu'à la fin du clip. Et même si ce grand échalas est repris en dessous de la vidéo comme auteur sur Vimeo et YouTube, c'est écrit en anglais ("the text was written by Marcel Sel") et en grisé ! Illisible et incompréhensible !
Bon, c'est vrai, en Italie, aux États-Unis, au Japon, en Grande-Bretagne, en France, et à la RTBF radio, les journaux, webs, émissions qui ont parlé du clip ont tous découvert que c'était Marcel Sel qui avait écrit le texte, puisqu'ils l'ont tous cité ! Mais pour trouver cette info, ils ont dû fait appel à Madame Irma, à Nostradamus, au Mentalist et à toute l'équipe de médiums du Pentagone ! Tout le monde n'a pas de tels moyens.
Bon, enfin, c'est réparé, l'info est complète à présent. C'eût été dommage autrement. L'émission, je l'ai trouvé excellente !
19:03 Publié dans Nouvelles de Sel | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note |
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jeudi, 03 février 2011
Jan Decleir et Raoul Servais. L'exemple vient d'en haut.
Le parlement flamand avait décidé d'octroyer sa Gouden Erepenning (Médaille d'honneur d'or) à l'acteur flamand Jan Decleir. Manque de bol, Jan n'était pas intéressé. Decleir ? Ça ne vous dit rien ? Mais si, vous le connaissez : c'est le génial épicier des Barons, qu'on a également vu dans Sœur Sourire, Loft et, plus anciennement, dans Verbrande Brug. C'est une mégastar en Flandre. C'est même pour beaucoup de Flamands la personnification du mouvement social flamand du XIXe, puisqu'il a interprété le rôle principal du film "Daens", une biographie du Père Daens, défenseur des ouvriers flamands contre les fransquillons, contre Woeste et même contre le pape, qui n'a pas oublié de prendre aussi la défense des ouvriers wallons.
Une mégastar refuse un prix en Flandre. C'est rare. Interrogé par De Morgen par téléphone, Jan Decleir, bourru comme un épicier des Barons, lâche : "Je ne voulais pas accepter de médaille des mains du président du parlement flamand (Jan Peumans, N-VA). J'ai pas besoin de ce type". Puis un silence. Et, dans un soupir fatigué "bande de chipoteurs". Tout est dit. Et Jan Decleir de préciser qu'il en a, en fait, contre tout le parlement flamand. Entre-temps, il a accepté une décoration de l'Université d'Anvers. Jan Peumans devrait prendre acte.
Trois lauréats ont donc accepté, et été chercher leur médaille. Mais l'un d'eux, Raoul Servais, cinéaste spécialisé dans l'animation, palme d'or du court métrage à Cannes et grand prix du festival d'Annecy, a profité de la tribune qui lui était ainsi offerte pour rappeler à "ce temple de la démocratie" les "déraillements passés du nationalisme flamand" et avertir des dangers "du virus du totalitarisme". Il fut applaudi, écrit De Morgen, "mais certainement pas sur tous les bancs" ! Dites-moi, quel genre de personnes n'applaudissent pas un discours qui met en garde contre l'ordre nouveau et le totalitarisme ?
La Flandre résiste. Un vent frais souffle de Bruges à Gand. Il vient d'en haut. Des intellectuels, des artistes, des cinéastes. Il vient de ceux qui la représentent à l'étranger et lui valent ses lauriers. Elle ferait bien de s'en rappeler. Et si elle ne s'en rappelle pas à temps, au moins, ils auront essayé, envers et contre tous. J'ai les noms. Ampe, Decleir, Hertmans, Lanoye, Brusseel, Servais, Arno, tous les participants à "Niet in onze Naam" et d'autres moins connus, comme Yves Louis et Marc Veschooris. Tous ceux qui, malgré leurs différences, ne se reconnaissent que d'une seule identité. Celle qu'on appelle "l'Humanité".
17:12 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (170) | Envoyer cette note |
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Le coup d’État lent
En septembre 2008, je m’étais amusé à écrire un scénario dans lequel j’imaginais que les partis flamands étaient en train de miner la Belgique par un « coup d’État domino ». Autrement dit, que nous étions les témoins d’un véritable coup d’État du CD&V et de la N-VA. Bien sûr, mon scénario, un peu excessif, ne s’est pas vérifié. Je prévoyais des élections anticipées en 2009 et elles n’ont eu lieu qu’en 2010. Argh ! Selstradamus avait mal calculé. Toutefois, vu qu’aujourd’hui, notre monarchie a été forcée par les circonstances, et semble-t-il par le CD&V, à violer la Constitution, et Jean Quatremer ayant vaguement évoqué un « coup d’État », je saute sur l’occasion, sous un ton quand même légèrement humoristique, mais pas trop, de vous resoumettre cette théorie, fumeuse, il est vrai, mais qui peut frapper par son actualité. On notera que depuis plus de deux ans, la plupart des questions que j’évoque sont absolument toujours d’actualité, et que le pays est face au même blocage, et aux mêmes concepts depuis juin 2007. Bientôt 4 ans. Une législature perdue ! Je vous avoue qu’en reprenant ce scénario, qui était une simple réaction sur le blog de Jean Quatremer, j’ai ressenti le besoin de reformuler certaines phrases, et de vérifier certains chiffres. Le paragraphe sur l’hôpital Brugmann est entièrement réactualisé (j’avais écrit à l’époque de mémoire, et j’ai mauvaise mémoire). Enfin, j’ai donné quelques précisions ultérieures amusantes. Ainsi, je disais qu’Aernoudt et Tony Mary avaient été écartés alors que tous les journaux semblaient penser qu’ils avaient été virés à juste titre. L’an passé, les tribunaux (flamands) ont donné raison à ces deux anciens hauts fonctionnaires flamands qui avaient, j’en suis aujourd’hui convaincu, eu le malheur de ne pas avoir une pensée suffisamment flamando-flamande, et j’ai donc mis le texte à jour. Lisez donc ce petit scénario dans la suite. C’est encore 99 % actuel, et c’est quand même plutôt, euh… disons… amusant. Quoique.
P.S. : je n'ai pas corrigé toutes les coquilles, faute de temps…
02:22 | Lien permanent | Commentaires (38) | Envoyer cette note |
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mardi, 01 février 2011
Els Ampe, héroïne flamande.
Els Ampe est députée bruxelloise de l'Open VLD. Elle s'était distinguée le 11 juillet 2010, jour de la fête « nationale » flamande, en interrompant brusquement l'allocution très nationaliste du président du parlement flamand, Jan Peumans — très nationaliste lui aussi. Mal lui en avait pris. Elle n'obtint ni le soutien de la presse flamande (ou si peu), ni même la reconnaissance inconditionnelle de son parti , dont le président Alexander De Croo martèle pourtant qu'il est antinationaliste jusqu'au bout des ongles et dont le député européen, Guy Verhofstadt, s'est fait le chantre de l'antinationalisme, en particulier contre le traitement des Roms en France. Celui-ci a même eu le courage d'un jour écrire un article brillant qui visait clairement la N-VA dans un grand journal flamand, allant jusqu'à asséner que « la logique ultime du nationalisme, c'est Auschwitz » mais suite à la violence des réactions politiques et médiatiques, il a préféré s'occuper du nationalisme des autres pays européens. Signe des temps.
L'Open VLD se veut donc, comme je le disais, antinationaliste jusqu'au bout des ongles. Force est toutefois de constater qu'il ne l'est pas jusqu'au bout du Limbourg où habite Marino Keulen, ni jusqu'au bout de la Vlaamse Kust, à en juger par les déclarations d'un certain échevin de La Panne, ni même au cœur du Brabant flamand, où le bourgmestre de Lennik, Willy De Waele, a supprimé le drapeau belge, et affirmé que pour avoir le droit de vivre en Flandre, il fallait non seulement parler néerlandais, mais aussi « penser comme un Flamand ». Voilà un parti que je crois sincèrement antinationaliste, mais laisse le nationalisme œuvrer en son sein.
Heureusement, il y a Els Ampe. Belge venue d'Ostende, elle est Belge de Bruxelles. Sa langue maternelle est le néerlandais. Elle est flamande de cœur au moins autant que de langue. De cette flamanditude que Brel observait d'un œil attendri, charmé, ébloui. Elle a ses idées, elle les défend contre les vents et marées de la Mer du Nord. Avec la Mer du Nord. La culture flamande est une culture de résistance, mais ils essayent de le faire oublieur aux Flamands eux-mêmes. Je parle de ces fous de la Flandre sublime, de ces Ayatollah du flamingantisme religieux, ceux qui étaient « nazis pendant les guerres et catholiques entre elles », ont remplacé le catholicisme par leur croyance en un Walhlalla flamingant, trouvant peut être tentant de ne plus être chrétiens jamais, et nazis tout le temps.
Els Ampe, c'est un cri qui résonne dans ce brouillard mortel. Mortel pour la Flandre, pour la Belgique, et pour l'Europe. Els Ampe, c'est la bouteille à la mer qui doit nous interpeller, parce que le nationalisme guette autant les Bruxellois, les Wallons, les Français, les Hollandais, les Italiens, les Hongrois et les Tchèques. Lisez et relisez son texte intitulé « le nationalisme est mauvais pour la Flandre » (in het Nederlands), que j'ai traduit ce matin et que vous trouverez ici au format PDF, en français. On a cherché sur les forums « le Flamand modéré ». La Flandre nous offre beaucoup mieux : une héroïne. Et une cohorte de Flamands qui l'écoutent.
Note : la virulence de mon propos ci-dessus, et ma critique de l'Open VLD ne sont évidemment que mon opinion, qui n'implique aucunement Els Ampe que je ne connais pas personnellement.
13:18 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (119) | Envoyer cette note |
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vendredi, 28 janvier 2011
La pollution des solutions (le point sur l'insituation)
Et voilà ! À peine Vande Lanotte a-t-il rendu son tablier que nos politiciens se remettent à dire des imbécillités. Reynders prétend qu’avec les libéraux, ce sera mieux (on a vu ça de 2007 à 2010…) Gennez dit qu’il faut continuer à 7 (alors que son coreligionnaire vient de faire un constat d’échec sans appel et que les 7 n’ont plus été réunis depuis Mathusalem). Milquet répète qu’on était près d’un accord (à force, elle finira par y croire). Bogaert (CD&V) explique qu’avec ce qu’on a sur la table, un «bon accord» est possible (alors que le CD&V disait tout le contraire il y a une semaine). Wouter Van Besien (Groen!) pense que c’est désormais au PS et à la N-VA de se lancer (alors qu’ils sont au bout de leur rouleau commun depuis août déjà). Et la N-VA explique qu’elle n’a jamais eu l’occasion de faire des propositions (alors que Bart De Wever a proposé un projet complet, refusé, il est vrai, mais qui a servi de base à Vande Lanote). Plus à l’aise dans la stratégie du zwartepiet (valet puant), Jan Jambon explique que «c’est la faute aux Francophones» — le jour où il trouvera en Flandre un problème qui ne serait pas dû aux Francophones, les poules auront des dents !
04:27 | Lien permanent | Commentaires (297) | Envoyer cette note |
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jeudi, 27 janvier 2011
80% des députés flamands pour l'examen d'une loi révisionniste (MàJ du 27/1).
Note : ce texte a été enrichi le 27/01 d'un certain nombre d'informations (dont la Loi "d'amnistie" du 30 juin 1961), et de quelques précisions (sur Peumans notamment)
Ils n’ont pas lieu d’être fiers, les politiciens flamands. Le Vlaams Belang a déposé un projet de Loi d’amnistie et d’indemnisation des ex-collaborateurs condamnés après guerre (ce n’est que le énième du genre). Cette Loi prévoit non seulement l’arrêt immédiat de tout effet des peines auxquelles des collaborateurs auraient été condamnés pour «des actes d’incivisme prétendument (sic) commis entre le 10 mai 1940 et le 8 mai 1945», mais en sus, elle propose une indemnisation à l’ensemble des personnes condamnées pour leur collaboration, ainsi qu’à leurs descendants — c’est-à-dire, y compris aux descendants du bourreau de Breendonk, des pires délateurs, des chasseurs de Juifs. On pardonne tout le monde, même les pires, et on paye ! Adolf Hitler doit péter d’aise dans le tas d’immondices qui lui sert de tombeau : les ex-nazis flamands (et wallons en l’occurrence), même s’ils ne se sont jamais excusés, même s’ils n’ont jamais renié leur passé, même s’ils ont continué à militer pour l’ordre nouveau, et en catimini pour l’antisémitisme, sont non seulement pardonnés inconditionnellement, mais en sus, on leur donne du pognon ! Bart De Wever, dont le grand-père était un «petit poisson», certes, mais clairement collaborateur, et condamné, pourra donc demander une indemnisation pour la peine que son pépé a subie ! Et les rares derniers Waffen SS, s’ils ont été internés après-guerre, pourront obtenir «réparation» des dommages juridiques que la «répression belge» leur aura fait subir, qu’ils se soient excusés ou non pour leur participation, de près ou de loin, à la Shoah. J'appelle ça une loi révisionniste.
16:12 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (160) | Envoyer cette note |
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mardi, 25 janvier 2011
Belgium, a successful failed state (par PRI"s The World, USA)
Il est toujours très intéressant de voir (et dans ce cas, d'entendre) comment la presse étrangère lointaine décrit la situation belge. PRI"s The World est un programme radio diffusé aux États-Unis, et coproduit par la BBC, PRI et WGBH. Son correspondant à Bruxelles, Clark Boyd, est passé cette semaine me poser quelques questions sur la crise que traverse la Belgique. Il a aussi interviewé deux participants à la manif, ainsi que Dorian Van Bever (l'un des initiateurs de Camping 16), Sven Grothe (co-concepteur du site «Le record du monde» ) et passé un extrait du discours barbu de Benoît Poelvoorde. Le tout faisant l'objet d'une capsule radio que je vous propose d'écouter ci-dessous (ou de lire ici).
Clark Boyd c'est un peu «an American in Brussels». Son regard sur la Belgique est frais, c'est celui d'un curieux étonné (et objectif), qui n'oublie pas de traiter nos querelles avec le minimum d'humour requis pour permettre aux Américains de comprendre (tant que faire se peut) ce pays surréaliste. Il m'a proposé de commenter l'idée que la Belgique était «a successfull failed state», ce que je traduirais très approximativement par «un pays raté qui réussit». Qu'est-ce que j'en pense ? Pour le savoir, et entendre d'autres opinions, il suffit d'écouter ce programme court et clair, en anglais. Et comme on dit de nos jours : «Et pour les Wallons, la même chose !»
Quand même, je ne résiste pas à vous traduire la dernière phrase du programme : «Sel dit qu'il ne serait pas surpris que la Belgique batte à plate couture le record du monde (de la formation d'un gouvernement) détenu par l'Iraq et, plaisante-t-il, 'si la campagne 'laissez poussez votre barbe pour la Belgique' marchait, Bruxelles pourrait bientôt ressembler à Kandahar'» Faut reconnaître que la Belgique serait alors le premier pays au monde où les «autochtones» se seront intégrés en adoptant la coutume de certains de leurs «immigrés». Inch'al Lah !
11:51 Publié dans Nouvelles de Sel | Lien permanent | Commentaires (73) | Envoyer cette note |
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lundi, 24 janvier 2011
Petit billet à Simon Vandereecken
Je vous ai charrié, Simon, et je m’en excuse. Vous m’avez pris de haut, vous avez présenté mes critiques comme un manque de respect, et ça m’a sérieusement énervé. Je suis sidéré de voir qu’on doit désormais, dans cette société de l’internet, «modérer» ses critiques et ses assauts. Plus on cherchera à me l’imposer, moins je le ferai. Et quand un «étudiant contestataire» tente de me faire passer pour un vieil imbécile, ou un frustré, parce que je m’exprime toujours en toute liberté, l’étudiant toujours contestataire qui est en moi se révolte, rue, crie, crache et maltraite.
15:23 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (80) | Envoyer cette note |
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Un coup dans l'eau.
Voilà. Ils sont rentrés. Ils ont échangé les photos. Ils y étaient. Ils ont vécu des moments de joie, de fusion, ils ont parlé flamand, bruxellois, wallon, français, néerlandais. Ils ont, le temps d’une journée, contesté ensemble. C’est bien. Il faut s’indigner, écrit Stéphane Hessel. Au soir du 23 janvier 2011, les télévisions unanimes parlaient d’un grand succès, et les organisateurs ne savaient plus comment ils s’appelaient. L’un d’eux a même osé dire que c’était «le peuple belge» qui s’était levé derrière lui. Le peuple belge ? Quarante mille personnes ? Un peu moins d’un demi-pourcent de la population. Le peuple belge ? De Standaard publiera les chiffres tout à l’heure. À peine plus de 20 % de «Flamands », dira le journal, comme pour prouver déjà que cet «ensemble», organisé surtout par des jeunes Flamands, n’intéresse finalement que les Bruxellois et les Francophones. Et sur quel sujet sont-ils unanimes, semble s’interroger le journal de centre-droit ? Eh bien, 16 % des manifestants ont marché pour une Belgique unie, 15 % pour une formation rapide d’un gouvernement, 13 % pour se plaindre du monde politique, et 56 % pour d’autres raisons.
03:02 Publié dans La Fine fleur de Sel | Lien permanent | Commentaires (103) | Envoyer cette note |
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vendredi, 21 janvier 2011
Pride !
Ce texte est disponible en PDF
Shame.be ? Honte à la Belgique ? C’est ça, le mot d’ordre ? Je vous en propose un autre : «Pride.be». Car oui, je rêve d’une autre manif. Je rêve d’une manif où l’on dirait qu’on est fiers de notre pays. Un pays de cocagne. Un pays où l’on a tout ou presque, mais où pour certains, ce «tout» n’est pas suffisant. Ils veulent plus, encore plus, toujours plus. Il y a des pays où l’on n’a rien, qui regardent, exsangues, affamés, ces riches Belges se disputer, se déchirer, et pire encore, s’asperger du mot «honte». Shame.be ? Non, je ne suis pas honteux de mon pays, j’en suis fier, au contraire. Pride.be, c’est ça, mon mot d’ordre. Et qu’on sorte les drapeaux, même si les couleurs ne sont pas terribles. Et qu’on hurle la Brabançonne, même si les paroles sont à chier. Et qu’on la chante en trois langues. Et qu’on devienne, enfin, un pays.
13:52 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (186) | Envoyer cette note |
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