mardi, 06 avril 2010

Les idées reçues de la VRT.

Dans le reportage de Panorama, vu par beaucoup comme une dénonciation de certaines pratiques des communes flamandes de la Périphérie, la VRT n'a pas manqué de diffuser quelques idées reçues qui collent à l'idéologie nationaliste flamande comme un sparadrap. Ainsi, le commentaire dit notamment «La commune à facilité de Linkebeek était autrefois néerlandophone, mais avec l'immigration de Bruxellois et de Wallons fortunés, les maisons sont devenue impayables et les Flamands sont partis» . Eh bien non :

- L'immigration de Bruxellois et de Wallons fortunés supposerait que les Flamands venus d'autres régions ne seraient pas des "immigrés" mais des autochtones… Etrange vision des choses dans un pays unitaire.

- Les Bruxellois et les Wallons arrivés après les années 60 n'étaient pas plus fortunés que les Flamands (le salaire moyen n'était pas sensiblement différent après 1970). Or, si un premier boom a eu lieu après guerre (de 26 à 40% de 1930 à 1947) — dû en partie à la francisation de certains habitants suite, pour certains, à la collaboration avérée de "beaucoup de Flamands", pour d'autres, à la réputation de collaboration massive faite injustement par les Francophones de Bruxelles, mais certainement par souci de beaucoup de Flamands de la capitale d'accéder à un niveau social supérieur associé au français — ce serait plutôt dans les années 60 que Linkebeek a changé de majorité. Quant à dire que tous les Flamands sont partis, ce n'est pas tout à fait correct : la population ayant plus que doublé depuis 1947 (ce qui prouve que la création de lotissements a été redoutablement productive!), ce sont surtout des Francophones et des expats qui se sont ajoutés, et sur les 1715 Flamands de 1947, il en resterait 800 aujourd'hui, et l'on peut supposer qu'un certain nombre des autres se seraient francisés. Linkebeek est quand même un exception qui ne confirme pas grand chose, tant la commune est petite (moins de 5000 habitants !)

- L'insinuation que des "riches" Francophones auraient fait grimper les prix à Linkebeek est ridicule : de 1973 à 2002 environ, les maisons étaient sensiblement aussi chères à Linkebeek, à-côté de la Capitale qu'à… Gooik, à 20 km de là, en plein Brabant exclusivement flamand (si ça existe). La différence n'a commencé à se faire réellement sentir que lors du boom immobilier bruxellois, à partir de 2002.

- Les Flamands ne sont absolument pas partis parce que les maisons étaient devenues impayables : la plupart d'entre eux étaient propriétaires et ont vendu leur maison à bon prix…à des Francophones. Ce sont aussi des Flamands qui ont construit et vendu une partie des lotissements et de nombreuses maisons neuves. L'arrivée de Bruxellois fortunés (en sus d'autres personnes) représentait, dans la mesure où elle a eu lieu, un apport économique important pour la "Flandre". De toutes façons, si les maisons de Linkebeek étaient devenues impayables pour les Flamands, quelqu'un pourrait m'expliquer pourquoi, au moment de cet exode, les prix des maisons étaient à peu près similaire dans tout le Brabant flamand, y compris dans les villages (et même les hameaux) où n'habitaient que des néerlandophones ?

- Aujourd'hui, à Gooik, il y a autant de salaires de plus de 40.000 euros par an qu'à Linkebeek, mais il y a plus de bas salaires à Linkebeek, ce qui prouve que les "Bruxellois fortunés" ne sont pas vraiment plus nombreux que les "Flamands fortunés", même à Linkebeek !

Tout ceci montre qu'en une phrase, le reporter de la VRT reprend sans s'en rendre compte un argument purement nationaliste qui ne se vérifie pas des masses, ce qui évidemment n'aide pas à se regarder le nombril avec la sincérité et le sens critique que la vénérable maison prétend mettre en avant. Mais bon. Il faut un début à tout.

Ah oui : quant à la "menace" que représente la francisation pour la culture flamande, reprise également en long et en large dans ce reportage, amusons-nous un peu : en 1910, 54% de la population était néerlandophone. En 1947, malgré la francisation de Bruxelles, ils étaient 55,1%. Aujourd'hui, ils seraient 58%. En cent ans, de 3.800.000 habitants, les Néerlandophones sont passés à plus de 6 milllions ! Menacé, le néerlandais ? Pas en Belgique, en tout cas : la culture flamande ne s'y est jamais mieux portée. Mais évidemment, avec des moyenâgeux du genre des bourgmestres CD&V du Brabant flamand, ça ne se voir même pas, qu'elle est forte, notre Vlaamse Kultuur !

dimanche, 04 avril 2010

Süsskind. Le combat est juste. La cible, mal choisie (billet de tristesse).

Le 2 avril 2010, Gerolf Annemans, Vlaams Belang, disait à la Chambre qu’Olivier Maingain avait eu des propos «révisionnistes si pas négationnistes» parce qu’ils revenaient «à minimaliser les souffrances de pas mal de gens, juifs et autres gens pendant la seconde guerre mondiale». Le député d’extrême droite évoquait ainsi la comparaison faite par Olivier Maingain entre le refus, par Geert Bourgeois, ministre flamand de la N-VA, de nommer trois citoyens belges démocratiquement et massivement élus au poste de bourgmestre de communes à majorités francophones. Ce refus était assorti de la menace de nommer des bourgmestres d’office et surtout de la déclaration, par le ministre Bourgeois que ces trois citoyens «ne seront jamais bourgmestres d’une commune flamande», ce qui revenait à une déclaration d’inéligibilité à vie sans procès et sans base légale, une entorse (verbale) si grave à la démocratie que seule une comparaison avec un régime totalitaire me paraît à la hauteur de l’affront.

Quelques heures plus tard, David Süsskind émettait la même idée que Gerolf Annemans ! J’ai failli tomber de ma chaise.

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Des communes flamandes trient leurs habitants. Mise à jour du 6/4

Mise à jour : Geert Bourgeois, ministre flamand compétent, soutient ses bourgmestres bien que de nombreux politiciens, Marino Keulen en tête, précisent que les accords secrets entre communes et promoteurs en vue de discriminer sont illégaux. Mais Johan Vande Lanotte précise que les promoteurs (et propriétaires) auraient le droit de réserver les maisons et appartements à des Néerlandophones au micro de la VRT ce matin : « Est-ce que les lotisseurs pourraient dire : je vais uniquement vendre à des Néerlandophones ? Je pense que la réponse est encore toujours : oui !» Vande Lanotte est professeur de droit public.

Dans l'émission Panorama de ce soir à la VRT, l'on découvre que des communes flamandes (notamment Vilvorde, Gooik, Overijse) autour de Bruxelles trient les futurs habitants éventuels en nouant des «gentelmen''s agreements» avec les promoteurs, qui doivent soumettre les candidats-acheteurs à l'administration communale. Celle-ci se charge alors de voir s'ils sont néerlandophones ou s'ils peuvent devenir «de bons flamands» C'est M.Doomst, bourgmestre de Gooik, qui le dit : «Nous nous mettons d'accord avec les promoteurs pour établir qui ils… euh… font rentrer… et que bien entendu, nous pourvons dès lors voir d'où ces gens proviennent, où ils habitent, et qu'en général, connaissant la région [d'origine], nous savons environ de quelle origine [est la personne], de sorte que nous pouvons estimer s'il s'agit de personnes qui sont prêtes à s'intégrer normalement.» M. Doomst parle ici des non-néerlandophones, à savoir aussi des Francophones belges et des Européens.

Est-ce légal, demande la journaliste. Le reporter lui répond : «Ce sont des accord informels, rien n'est mis sur papier, donc il est difficile d'interdire quelque chose qui n'existe pas, mais c'est évidemment un peu à la limite [de la légalité]». A la limite ? C'est ça l'information objective de la Flandre ? Ces accords informels relèvent de la ségrégation raciale, tout simplement. Ils sont en plein dans la zone interdite. C'est un scandale pur et simple, et ce qui est parfaitement inquiétant, c'est que la Flandre présente ça comme une «petite entorse» à une légalité que le même journaliste avoue cependant bien utile pour la discrimination : «Les bourgmestres ont par ailleurs d'autres instruments légaux : le Wooncode, les tests linguistiques, depuis peu il y a également cette loi Wonen in eigen Streek, qui a aussi subi les foudres des politiciens francophones. Cela, se sont des instruments légaux, celles-ci [les mesures prises par les bourgmestres] ne le sont pas, mais, disent ces bourgmestres, elles sont nécessaires pour lutter contre la francisation.

Et d'ajouter ensuite que le Quebec est nettement plus sévère en matière linguistique. Je ne suis pas sûr que le Canada apprécie. Pour information, chacun a le droit d'habiter où il veut en Belgique. Monsieur Doomst est membre du parti de M. Herman Van Rompuy, qui ne s'est jamais distancié de ce personnage au racisme pitoyable.

Source : http://www.deredactie.be/cm/vrtnieuws/regio/vlaamsbrabant...

Commentaires en vrac : « Les autres communes sentent la pression de la francisation. Elles essayent de l'empêcher en appliquant la loi linguistique de manière stricte, entre autre en parlant exclusivement néerlandais aux guichets des communes (…) (un employé communal à un client Francophone : nous vous comprenons bien, mais vous devez nous comprendre aussi. Notre langue est le néerlandais, pas l'anglais, pas l'allemand, seulement le néerlandais) (…) Pour s'opposer à la francisation, des communes de la périphérie bruxelloise se mettent aussi d'accord avec des promoteurs pour vendre des appartements et des terrains de préférence à des Néerlandophones. L'on demande aux promoteurs de transmettre la liste des candidats-acheteurs à la Commune»

Marc Van Asch, bourgmestre de Vilvorde  (CD&V) : «il y a des gentlemen's agreement qui jouoent. Il est demandé de donner de l'information [à l'égard des candidats] de sorte que nous puissions aussi contacter ces gens et les inciter à apprendre le néerlandais.» Commentaire du journaliste : « Sur base de ces listes, la Commune examine si les acheteurs «de langue autre» sont prêts à apprendre le néerlandais (cette obligation revient à suivre 240 heures sur 2 ans ndt)»

Dirk Brankaer, bourgmestre d'Overijse (CD&V) : «dès lors que les lottissements comprennent plus de 4 habitations, les promoteurs doivent soumettre les acheteurs à [l'avis de] la Commune.»

Le journaliste demande alors à Dirk Brankaer s'il s'agit d'un tri, et le CD&V répond : «oui, c'est une sorte de tri». On se demande ce qu'en pense Herman Van Rompuy…

samedi, 03 avril 2010

Censure sur le site de Sel.

J'ai censuré l'internaute Jean, après l'avoir plusieurs fois prévenu que son attitude conduisait tout droit à l'exclusion de mon blog. La liberté d'expression m'est chère et la présence ici de personnes venues de tous les horizons politiques, confessionnels, et évidemment linguistiques est fondamentale. Je ne peux cependant pas tolérer qu'on utilise ce blog pour se faire remarquer par des insultes directes aux autres intervenants (jean traitait ainsi régulièrement Kermit de "domme kikker" ; il s'amusait à écrire Sel avec deux "s" et autres idioties d'un goût plus que douteux), d'écrire des commentaires sans intérêt à la queue leu leu pour "remplir" la colonne de gauche donnant les dernières interventions, qui sert aux commentateurs à voir à qui ils peuvent éventuellement répondre, ou encore à diffuser des messages haineux envers les Francophones dans un néerlandais "fransquillon" plutôt vexant, avec une violence et une bêtise qui donnait une image pas sympathique des Flamands (dès lors qu'il rédigeait tous ses messages en néerlandais). Par contraste, et ça me fait mal aux fesses de le dire, il y a ici des gens d'extrême droite qui ont une attitude parfaitement civilisée.

Ik besef dat de intentie van Jean was zich uit deze webstek te laten censureren om nadien een negatieve imago van mijn blog te kunnen verspreiden. Dat hij dit zou doen laat mij totaal koud. Maar gezien sommige Nederlandstaligen hier zouden kunnen denken (of mij zouden kunnen verwijten) dat jeans systematisch gebruik van een ("franskiljoenachtig") Nederlands een effect heeft gehad op mijn beslissing (hetgeen niet het geval is), herhaal ik dus nog eens dat het gebruik van het Nederlands hier zeker mag, alleen laat het niet toe om uw opvattingen bij niet-Nederlandstaligen (vaak buitenlanders) verstaanbaar te maken.

If you do not wish to write in French, even for ideological reasons, and still want to be understood by everyone, English is also a possibility.

On this website, you may express any idea, as long as they are legal (no negationism, no racism) and as long as you do not target one human "community". Targetting one community's leaders, however, is no problem.

Vous ne direz donc pas "tous les Flamands sont… " ou "tout les Wallons sont". Je n'exclurai pas pour autant ceux qui expriment ce genre d'idées, tant qu'ils le font en respectant les autres intervenants et qu'ils ne peuvent être qualifiés d'appelant à la haine raciale. En tout état de cause, ceci est la seconde exclusion. Dans le premier cas, l'internaute créait des adresses fictives et se faisait passer pour plusieurs personnes différentes, sous la même adresse IP.

Et voilà. C'est Pâques, et après cette exclusion, je sens que je vais me faire sonner les cloches !

vendredi, 02 avril 2010

Wah ! L'honnie !

Image 65.png La femme a sa journée. Mais pas à la télé.

Chronique parue dans le Télépro du 8 mars 2010

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jeudi, 01 avril 2010

Scoop : la solution Dehaene a fuité !

D'après un vent favorable qui vient de me parvenir d'un parti francophone qui n'est pas le FDF, Jean-Luc Dehaene travaillerait en ce moment à une solution impliquant la création d'une province bilingue virtuelle qui inclurait toutes les communes à facilités, ainsi que Bruxelles, et serait gérée à 50% par la communauté flamande et à 50% par la communauté française. Les communes de Bruxelles fusionneraient en une "communauté urbaine - stedelijke gemeenschap - urban community" trilingue. Une "communauté mixte" gérerait l'enseignement qui, dans les vingt ans, devrait être en immersion tweetalig, avec une attention toute particulière pour l'anglais in Brussels et pour le platdütsch à Fourons. Afin de satisfaire la N-VA, l'ensemble du parti, mandataires et membres, seraient envoyés à Torremolinos où ils pourraient militer, exclusivement en néerlandais, pour l'indépendance de la Catalogne. José Happart serait envoyé en exploration sur Mars où on lui a promis un poste de bourgmestre unilingue dans une commune à majorité flamande (le plus drôle, c'est qu'il y a cru !) Quant à Olivier Maingain, il recevrait comme lot de consolation pour la perte de son poste de bourgmestre de Woluwe-St-Lambert l'intégrale d'Apocalypse en DVD Blue Ray afin de faire la différence entre l'occupation allemande et la politique de la N-VA. Pour ma part, je m'en vais faire de même. Histoire de me convaincre que les ressemblances apparentes ne sont dues qu'au hasard.

Enfin, on ferait croire à Filip De Winter que la mer du Nord est bourrée de Francophones, de musulmans et de socialistes carolo. On lui a même trouvé un slogan tout trouvé. Aux dernières nouvelles, il serait en train de courir face à la mer, à Ostende, en hurlant Water buiten ! Water buiten !

Allez, bon mois d'avril !

Pour entrer en primaire, être flamand, c'est plus facile.

(mis à jour le 1e avril 2010 et ça n'a rien d'un poisson).

A partir de cette année, les petits de 6 ans qui ne sont pas de langue maternelle néerlandaise, et qui n'auront pas fait leur dernière maternelle dans l'enseignement néerlandophone, à raison d'au moins 220 demi-journées dans l'année, devront, pour être admis en première primaire, réussir devinez quoi ? Un examen de néerlandais, bien sûr ! Selon la circulaire sur les conditions d'accès à l'enseignement primaire (sic), ceux qui rateront ce «taaltest» ne pourront pas avoir accès à l'enseignement primaire néerlandophone jusqu'à l'année suivante. C'est une mesure socialiste (Vandenbroucke, soutenu par Pascal Smet), ou plutôt sociale-nationaliste, comme dirait un certain Olivier. Mille quatre cents élèves à Bruxelles, autour de Bruxelles et un peu partout en Flandre sont concernés, tous «de langue autre» (anderstaligen), Belges, Européens, extra-européens. Allez, les enfants, qu'est-ce qu'on dit à notre terre d'accueil qui s'occupe si bien de nous et se soucie très, très fort de nous transformer en parfaits petits flamands ? Dank U Moeder Vlaanderen !

Que dit la source ?
«À partir du 1er septembre 2010, les enfants de six ans ne pourront entrer dans l'enseignement primaire d'une école primaire ou de base néerlandophone que si, au cours de l'année précédente, ils ont été présents en suffisance dans une classe de maternelle néerlandophone, ou s'ils ont réussi un test linguistique» (Toelatingsvoorwaarden leerlingen in het gewoon basisonderwijs). Ceci signifie que, partout en Flandre, les enfants dont la connaissance du néerlandais n'est pas «suffisante» n'ont pas accès à l'enseignement.

Et pourtant :
"L'enseignement est libre; toute mesure préventive est interdite (…) Chacun a droit à l'enseignement dans le respect des libertés et droits fondamentaux. L'accès à l'enseignement est gratuit jusqu'à la fin de l'obligation scolaire." (article 24 de la Constitution belge)

"Toute personne a droit à l'éducation (article 14 de la Charte des Droits Fondamentaux de l'Union européenne)

"Nul ne peut se voir refuser le droit à l'instruction" (article 2 du Protocole n°1 de la Cour Européenne des Droits de l'Homme)

(corrigé après un commentaire de Pieter-Jan)

Mars : mes papiers font un carton.

Le succès d'Un Blog de Sel se confirme de mois en mois. En mars, ce blog a pulvérisé tous ses records, en dépassant les 75.000 pages lues, pour 16.000 visites et plus de 6.500 visiteurs uniques. Les pages les plus regardées en mars parlent de Walen Buiten (que voulez-vous, on ne se refait pas), de la réaction du gouvernement flamand au coup de fil de Pirette à Dilbeek (Bel-RTL), du cauchemar BHV qui se prépare, de la réaction de Bart De Wever à l'article du Soir sur la Loi du Talion, de l'apartheid à la Côte belge et du Flamand de province qui ne parvient pas à acheter un bien à un Francophone à Lot.

Les mots clés dans les moteurs de recherche grâce auxquels les nouveaux venus sont parvenus à mes pages sont pour plus de la moitié pertinentes (blog de sel ; marcel sel ; blog marcel sel ; etc.) D'autres parlent de sujets que je n'ai fait qu'effleurer ici : "blog soumises". D'autres encore sont carrément hors sujet : "auguste de winne à travers les flandres" ; "conduite canalisation sel protection" et "congolees reclamebureau".

Merci à tous !

mercredi, 31 mars 2010

Collaborez, qu'ils disaient ! (billet de colère)

Steven Vanackere, modéré autoproclamé du CD&V, demande au MR de ne plus fréquenter le FDF de Monsieur Maingain, parce que ce dernier aurait fait une comparaison désagréable aux oreilles des Flamands. Il aurait dit que les paroles de Geert Bourgeois (les trois bourgmestres francophones ne seront jamais nommés en Flandre) rappelaient l'occupation allemande. Maingain visait la N-VA. Et pour que ses paroles ne soient pas prises pour une attaque antiflamande, il a même précisé qu'il y avait eu beaucoup de résistants flamands ! Mais ça, le modéré ci-avant ne veut même pas l'entendre. Il faut que Reynders vire Maingain. Voilà. Or, Maingain n'a jamais voté de loi antiflamande, n'a jamais que respecté la démocratie dans sa commune bruxelloise où les Flamands sont, d'après un de ses collègues néerlandophones, «choyés». La CD&V devrait prendre exemple sur M. Maingain, plutôt que de demander son exclusion d'un parti… francophone !

Car le CD&V dirige la Flandre avec la N-VA (Alliance néo-flamande, parti national-ethnique) dont certains membres vont saluer la mémoire d'antisémites nazis notoires sans que ça ne dérange personne(1). Le CD&V collabore activement (j'insiste bien sur collabore) avec la N-VA qui, nationaliste jusqu'au bout des ongles, veut la fin de la Belgique, l'écrasement de nos valeurs fondamentales, l'expulsion des Francophones de Flandre. A cause du CD&V, une épée de Damoclès appelée Loi BHV, signée par Herman Van Rompuy, aujourd'hui pourtant président à l'UE, menace la belgique. A cause du CD&V, un parti nationaliste dirigé par quelqu'un qui a serré la main à Le Pen, a nié implicitement le caractère exceptionnel de la Shoah (comparant l'occupation israélienne au nazisme), a prétendu que les collaborateurs anversois étaient des victimes, oui, à cause du CD&V, un parti de cette nature est au pouvoir en Flandre ! A cause de lui, trois bourgmestres ne sont pas nommés (ce qui signifie peu ou prou qu'ils travaillent pour rien).

Le CD&V est le parti qui avait déposé une demande d'amnistie pour les ex-collabos (décret Suykerbuyck). le CD&V n'a aucune, mais alors vraiment aucune leçon à donner à qui que ce soit. Monsieur Vanackere, vous avez été un modéré jusqu'à l'instant où, plutôt que de reconnaître que votre parti a foutu le bordel total dans ce pays, entre les Leterme, les Eric et Herman Van Rompuy, les bourgmestres d'Overijse, de Vilvoorde, de Hal et autres extrémistes affirmés de la Langue Unique Flamande, dont certains sont proches des néo-nationalistes flamands, et d'autres envoient les plaintes linguistiques au Tak, proche du Vlaams Belang national-raciste, allez donc, pour une fois, expliquer à vos ouailles pourquoi Maingain a raison de dire que, oui, c'est un fait, depuis l'occupation allemande, aucun ministre ne s'est permis en Belgique de décider qui pouvait ou ne pouvait pas occuper son siège de bourgmestre élu (Il y a bien eu Fourons, mais la mesure était temporaire, pas définitive!.

Et cela est aujourd'hui possible à nouveau parce que votre parti a signé des deux mains la circulaire Peeters (un socialiste flam(ing)and), qui est une insulte aux valeurs démocratiques, des pages et des pages de haine et de rancœur, dont le seul but est de décourager les Francophones d'habiter ces petites communes autour de Bruxelles qu'avec les autres partis flamands, vous réservez à votre «eigen volk». C'est d'ailleurs pour ça que le décret s'appelle «Wonen in eigen streek». Oui, je suis en colère, monsieur Vanackere. Parce que je vois que les «modérés» flamands courent à la rescousse des salopards, des casseurs de pays, des mutilateurs de la Liberté. Parce que vous jouez le jeu imbécile de ces nationalistes. Parce que vous ne savez pas vous élever contre l'intolérance, parce que vous faites de la Flandre une zone obscure, à la morale boueuse, qui ricoche sur les murs du pays que nous avons en commun, qui s'appelle Belgique. Mais quel pays préparez-vous à vos enfants ? Vlaanderen ? België ?

Steven Vanackere, le Conseil de l'Europe a donné raison à Maingain et aux Trois Bourgmestres. Les Flamands modérés feraient bien d'expliquer à la Flandre pourquoi. Si la Belgique meurt un jour, on se souviendra qu'un de ses assassins s'appelait le CD&V. Et on se reposera la question : étiez-vous vraiment un modéré ?

Quand les Flamands sont chouettes.

De l'utilité de l'humour. La blague de Pirette a fait mouche chez les gens chouettes en Flandre. Peeters & Pichal, présentateurs d'une émission homonyme, ont pris un auditeur plein de préjugés au mot. Suite à un sujet sur l'absurdité du refus de parler le français, celui-ci prétendait que si un Néerlandophone osait téléphoner en Wallonie, par exemple à Braine-l'Alleud, il se ferait traiter de sale Flamand, et on lui raccrocherait au nez. Ne reculant devant rien pour faire reculer les préjugés, nos deux sympathiques animateurs ont fait appeler un collègue à l'accent hollandais à… Braine l'Alleud. Là, on lui a gentiment et rapidement passé une Francophone bonne néerlandophone qui a pu aider notre faux diplomate. Histoire de voir si toute la Wallonie était aussi flamandophile, le vrai-faux bourgmestre hollandais a alors appelé Wavre, où un interlocuteur non-néerlandophone a rapidement passé le cornet à un francophone au néerlandais relativement correct qui a demandé de parler lentement, mais a su comprendre et répondre que, notamment, il n'aurait aucun problème à parler le néerlandais à la commune de Wavre s'il venait s'y installer.

A Liège, un tantinet plus loin de la « frontière linguistique »,  il a fallu passer à l'anglais, pour expliquer que la collègue qui parle néerlandais était partie et serait là "morgend omb negend uure". Enfin, à Charleroi, notre présentateur se fait humoriste en demandant très vite s'il peut venir habiter Charleroi sachant qu'il roulait en Jaguar, suite à quoi le fonctionnaire qui n'a pas dû comprendre un traître mot de l'accent très néerlandais, lui a demandé son numéro de téléphone, en anglais, pour que sa chef puisse le rappeler, cette fois, en néerlandais.

Et le couple radiophonique de conclure que l'auditeur si persuadé de l'infinie mauvaise volonté des Wallons, et de leur totale incapacité et leur mauvaise volonté à parler néerlandais, avait tort sur toute la ligne. Quant à moi, quand j'entends une émission comme ça, je me sens un peu flamand, un peu wallon. Pas vous ?

Ecoutez l'émission ici . En voor de Walen, hetzelfde !

 

Merci à LV pour le lien et l'info.