lundi, 08 mars 2010
Freya ou le social-flamingantisme.
La jolie Freya Van Den Bossche est la ministre flamande de l'Habitat (entre autres). Elle est socialiste. A Vilvoorde, on vendait une douzaine de maisons sociales (à bas prix). L'une des conditions pour y avoir droit était de réussir un examen de néerlandais, que le conjoint éventuel devait réussir aussi (ach! on ne fa guand même bas ze mélancher afek tes édranchers* !) Un Flamand épousant une jeune Italienne, une Anglaise ou une Belge francophone n'y aurait pas eu droit. L'inspection du logement flamand a donc réagi, au bout de plusieurs années, en qualifiant le règlement de discriminatoire et demandant sa suppression, montrant ainsi qu'il y a encore des fonctionnaires courageux et respectables en Flandre. La commune a protesté auprès de la ministre : « on nous empêche de discriminer, godverdomme », a dit le bourgmestre, successeur de M. De Haene. Freya Van Den Bossche, qui est socialiste, a tranché : la commune ne peut pas exiger un examen. Ouf ! Freya serait-elle sincèrement socialiste ? Voire : au lieu de l'examen, elle impose 240 heures de cours de néerlandais à tout non-néerlandophone qui souhaiterait acheter l'une de ces maisons. C'est du reste déjà la même obligation imposée par le Wooncode (voté notamment par les socialistes flamands) dans toute la Flandre sans facilités. Discrimination oblige. Ah oui. Je crois avoir oublié de préciser que Freya Van Den Bossche était socialiste !
En réalité, Vilvoorde s'apprête à vendre l'an prochain plus de 200 (deux cents, twee honderd) maisons à un prix très bas de préférence sur base d'un examen linguistique, et au mieux en imposant deux ans de cours hebdomadaires aux candidats et/ou à leur conjoint, pour s'assurer que celles-ci aillent, selon le bourgmestre, à des gens « de la région ». Ceci implique que pour Vilvoorde, les très nombreux Francophones qui y habitent depuis parfois plus de 60 ans, ne sont pas « de la région ». L'ampleur des ventes de l'an prochain (plus de 200 maisons) montre qu'il ne s'agit pas de logements sociaux, mais bien de maisons offertes par la commune à prix avantageux, à condition de parler, ou d'apprendre activement le néerlandais. Un Francophone ou un expat est de moins en mois égal à un Néerlandophone en périphérie bruxelloise. Et c'est cette fois grâce à une… dites-le avec moi : socialiste !
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jeudi, 25 février 2010
Verhofstadt. Président européen des idées.
Guy Verhofstadt a écrit un brillant plaidoyer contre les dérives identitaires, dans Le Soir et De Standaard. Il a fait fort, comme il se doit, en affirmant que le stade ultime de l'identitaire, c'était Auschwitz. Il fallait du courage pour le dire — atroce constat ! C'est donc un des rares politiciens d'envergure aujourd'hui en Europe, et peut-être le seul belge. Il apporte des idées au débat, il ose appeler un chat un chat, et il tient tête à rien de moins que la force de frappe par excellence : la pensée unique sarkozienne. Guy Verhofstadt est un libéral qui ose tancer les libéraux égarés dans l'identité, et les coince au point que la réponse doit venir d'un (ex-) socialiste, Bernard Kouchner, pas gêné une seconde de la dérive puante que le débat a pris sous la direction d'un autre (ex-) socialiste, Eric Besson, sorte de Poujade new-look en devenir. Pourtant, Kouchner, qui a pas mal œuvré pour la paix au Kosovo, devrait le savoir mieux que ça, que l'identitaire poussé au paroxysme mène à Auschwitz.
Guy Verhofstad a toutefois commis une erreur. Il a oublié que quand on critique l'autre, il faut d'abord être propre sur soi. Et la région qui l'a élu est loin de l'être. Mais avait-il le moindre choix ? Non. Bart De Wever et Eric Van Rompuy sont là pour défendre coûte que coûte l'identité nationale. Et vous savez quoi ? Ils sont fâchés !
18:06 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (124) | Envoyer cette note
mardi, 16 février 2010
Kris Peeters : la presse réductrice ? Des Flamands scandalisés.
Qu'a dit exactement Kris Peeters hier ? Dans Het Laatste Nieuws, il aurait dit « C'est encore un jour noir pour la Flandre ». Hier, De Standaard reprenait la même phrase. Aujourd'hui, il est écrit dans le même journal : « C'est encore un jour noir pour la Flandre ou la Belgique ». Trois possibilités : soit des journaux flamands ont omis de reprendre le mot « Belgique » en fin de phrase et les journaux francophones ont suivi, soit Kris Peeters a demandé discrètement au Standaard de changer le texte, et le journal aura fait œuvre charitable envers son chef spirituel, soit Kris Peeters a redit la phrase.
Toujours est-il que les internautes de Het Laatste Nieuws ne sont pas tendres du tout pour leur ministre président. Extraits.
Le ministre wallon Rudy Demotte qui est venu directement sur place a dit que c'était un drame pour les 2 régions, une expression bien plus sympathique. Si Peeters trouve que c'est un jour si noir pour la Flandre, pourquoi n'interrompt-il pas sa visite…
Un jour noir pour la Belgique ! OK, Hal est en Flandre, mais beaucoup de Francophones passent par là ou y prennent le train…
Peeters était un zéro de petit esprit. Cette affirmation de sa part le montre encore plus.
Il n'y a pas de mots pour cette attitude. De tels gens doivent diriger (leiden) notre pays. Je dirais plutôt le faire souffrir (lijden).
Vous voulez dire « un jour noir pour la BELGIQUE.» C'est triste qu'en période de souffrance et de tristesse l'on ose encore mettre en avant la scission de ce petit pays. Nous sommes tous belges, Flamands, Bruxellois et Francophones et allophones aussi. Réveillez-vous donc, les gens ! (s'ensuit une présentation de condoléances).
Un jour noir pour la Belgique ! Invraisemblable que devant pareils événements, on ose encore faire une différence !
En gros, une immense majorité de commentateurs sont indignés. Il y a parmi eux quelques Francophones (il y a beaucoup de Francophones qui interviennent — en néerlandais — dans les commentaires de HLN.BE), mais une écrasante majorité de Flamands. Ceci confirme que je ne me trompe pas quand je souligne la distance qu'il y a entre l'extrémisme nationaliste de politiciens de l'entourage de Kris Peeters, et les comportements belgophiles de la population flamande.
Parmi les excuses, on trouvera quelques rares supporters de Kris Peeters, avec une déclaration qui montre bien l'absurdité du nationalisme flamand :
- Il ne faut pas confondre le rôle d'un ministre-président flamand et celui d'un belge.
- Kris Peeters ne peut officiellement dire que le mot « Flandre ».
12:37 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (48) | Envoyer cette note
lundi, 08 février 2010
Le président du parlement flamand traite les résistants de « crapules ».
Ça colle comme du sparadrap. On a beau se promettre de ne plus aller chercher la collaboration avec les nazis à chaque fois qu’on parle de flamingantisme, ça revient tout seul. Le coupable, ce week-end ? Jan Peumans, président du parlement flamand, rien de moins ! Il s’était déjà fait remarquer en refusant de se rendre avec les autres Corps constitués aux vœux royaux annuels, qui se sont donc déroulés sans représentant des élus flamands. Ce samedi, dans Le Soir, Jan Peumans traitait carrément les résistants de la Seconde Guerre mondiale de lâches.
13:53 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (139) | Envoyer cette note
mercredi, 03 février 2010
Le gouvernement flamand déclare la guerre à la Région bruxelloise.
Pascal Smet, ministre du Gouvernement flamand en charge, notamment, de Bruxelles (eh oui ! il y a un ministre flamand chargé de Bruxelles, alors que Bruxelles n'est pas situé en Flandre) a donné le point de vue du SP-A, le parti flamand qui se croit socialiste, et surtout du gouvernement flamand, à savoir aussi celui du CD&V et de la N-VA sur Bruxelles. Et cela revient à une déclaration de guerre structurelle et financière entre la Flandre et la Capitale de la Belgique. Les termes sont simple : soit la ville donne la moitié des pouvoirs aux Flamands, soit la Flandre (et les socialistes flamands) bloque tout nouveau financement de la région, qui a besoin d'un sérieux apport d'argent frais pour, notamment, combattre sa criminalité. Ce faisant, Pascal Smet confirme l'intention de mettre en œuvre la doctrine Maddens, à savoir étrangler la Capitale financièrement pour obtenir ce que la Flandre veut par-dessus tout : son contrôle. Entendez, son annexion et sa flamandisation forcée.
03:23 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (92) | Envoyer cette note
mardi, 02 février 2010
Bruxelles, là où les Flamands gèrent. Et se plaignent.
(Tout d'abord, je vous recommande l'édito de Philippe Walkowiak sur le délire de la presse flamande. J'aime bien, de temps en temps, être rejoint par les chroniqueurs « nationaux ». )
La presse flamande est unanime. Bruxelles est une ville épouvantablement dangereuse. Et le coupable, ce sont les 19 « baronies ». Dix-neuf bourgmestres élus démocratiquement. A remplacer, d'après absolument tous les partis et absolument toute la presse flamande, par le seul gouvernement de la Région. En commençant par retirer aux bourgmestres leurs prérogatives sur la police locale. Mais faisons un peu de benchmarking : quelle ville peut fonctionner avec un seul gouvernement central ?
16:18 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (47) | Envoyer cette note
lundi, 01 février 2010
Les médias Flamands ont une poutre dans l'oeil.
On est halluciné. Alors que les politiciens de Flandre et leurs médias associés, pour des raisons de basse politique, font feu de tout bois sur la tolérance soi-disant totale à Bruxelles envers la criminalité, on apprend qu'un braqueur de Waasmunster (Vlaanderen) qui avait attaqué une agence de la Record Band de Termonde, a été remis en liberté au lendemain de son arrestation par manque de place en centre fermé.
Pourtant, les médias flamands n'en font pas la une (ou alors, j'ai mal lu). Et au contraire, la Flandre se targue d'être un lieu sûr (sauf en Brabant flamand, mais là, évidemment, on vous dire que c'est encore à cause de Bruxelles — ce qui n'est pas tout à fait faux : là où il y a beaucoup d'argent, il y a beaucoup de criminalité, et à Bruxelles, il y a deux fois plus d'argent qu'en Flandre). Mais dites-donc ! Si dans une région aussi sécuritaire, on ne trouve pas place en centre fermé pour UN malheureux braqueur de 17 ans avec une pistolet 7,65 et des balles réelles, où allons-nous ? Ou alors, serait-ce la presse flamande qui fonctionne étrangement au rythme de l'agenda de ses politiciens ?
17:16 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note
Un bourgeois et des néo-nazis.
Le Taal Aktie Kommitte est un groupuscule qui côtoie de près le VVB, dont le trésorier est président de l'Ijzerwake, fête néo-nazie flamingante où l'on a déjà, dans un passé récent, honoré des antisémites et des nazis notoires. Geert Bourgeois est ministre flamand de l'intérieur, nationaliste et républicain. Un jour, le TAK s'en va occuper la maison communale de Linkebeek avec une violence passive (en gros, on s'assied, on reste debout, on bloque les passages et on attend d'être évacué). On rappelle que quelques mois plus tôt, le même TAK avait carrément muré l'édifice. Pour des raisons évidentes de sécurité, le Conseil perturbé par les flamingants s'est alors tenu à huis clos. Geert Bourgeois, nationaliste convaincu, et le gouverneur socialiste du Brabant flamand Lodewijk De Witte, nationaliste par défaut, ont donc tenu à montrer leur solidarité avec les groupes de pression et leur sens aigu de l'injustice et de la francophobie, puisqu'ils ont annulé toutes les décisions prises par le Conseil ce jour-là, amputant une fois de plus la démocratie francophone en périphérie. On n'en attendait pas plus de Geert Bourgeois, qui montre que la N-VA n'a pas le moindre sens de la nuance, et qu'ils ne comprennent rien au mot « droit ». Peut-être comprennent-ils trop bien le mot « Übermensch. » On m'a dit que l'un empêchait l'autre.
Les photos sur le site de Francophonedebruxelles sont éloquentes sur l'ambiance que le TAK fait régner, avec la complicité active de ministres flamands, dans les communes qui ont l'audace d'élire des Francophones.
00:20 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note
Turtelboom et les baronnies.
Un braquage à Bruxelles. Un policier blessé à la jambe. Les auteurs arrêtés. Une belle performance policière, un drame évité de justesse, somme toute, une journée comme beaucoup d'autres dans beaucoup d'autres grandes villes. Bien sûr, le système policier bruxellois doit être encore amélioré. Bien sûr, une zone de police serait peut-être une bonne idée. La couverture en Flandre est un peu différente : tous les partis flamands exigent la fusion des six zones de police bruxelloises. Et ils hurlent à la tolérance zéro. Bon, ça fait plaisir de voir que les 12 pour cent néerlandophones de Bruxelles se démènent pour trouver une solution. Formidable. C'est juste un peu gênant qu'on n'entende qu'eux à la VRT, comme toujours, et dans les journaux flamands. Comme d'hab, aucune contre-attaque, aucune interview d'un membre de gouvernement bruxellois (à 50% néerlandophone). Et évidemment, personne pour rappeler que si les partis flamands tiennent tant à unifier la zone de police, puis les communes bruxelloises, c'est pour que la parité de pouvoirs linguistiques en vigueur au gouvernement régional (50% flamands pour 12% max. de la population - déjà quelque chose de peu démocratique, mais j'ai toujours prôné qu'on défende les minorités) soit distribué partout au niveau communal, menant à un droit de vote municipal cinq fois supérieur chez les néerlandophones.
En ce qui concerne la tolérance zéro, c'est toutefois l'incompétence éventuelle du ministre de la justice qu'il faudrait étudier. Il est néerlandophone, et il est du CD&V. Quant à l'efficacité de la police, il faut notamment s'interroger sur la capacité de Mme Turtelboom à résoudre des problèmes. Elle est de l'OVLD. Elle est néerlandophone. Et quand elle parle des 19 communes de Bruxelles, cette ministre fédérale utilise un mot d'une énorme condescendance. Elle ne dit pas « les communes » elle dit « les baronnies ». Or, il n'y a de barons à Bruxelles qu'au cinéma, et en tant que ministre fédérale, la moindre des choses qu'on pourrait attendre de Mme Turtelboom est qu'elle ne tombe pas (mais c'est trop tard) dans ce triste populisme d'obédience flamingante et s'occupe de chercher des solutions plutôt que d'insulter la structure et les instistutions bruxelloises, auxquelles, mais le sait-elles, les Bruxellois sont très attachés.
On notera que la moitié du journal francophone présentait le drame de Liège, la moitié du journal de la VRT de ce midi caquetait son fiel sur un braquage à Bruxelles et montrait, une fois encore, que quand il s'agit, avec beaucoup d'hypocrisie, de pointer des manquements bruxellois (entendez : francophones), elle est toujours en tête. Le plus débile étant que c'étaient cette fois les deux ministres qui, dans n'importe quel pays, auraient été sur la sellette, qui pointaient un doigt accusateurs.
Mme Turtelboom ferait bien mieux d'autoriser le financement des pompiers de Bruxelles. On a là un énorme problème, et la cause n'est à chercher ni à Bruxelles, ni chez les Francophones, mais bien dans la mainmise, via la Flandre et ses partis d'un pourcentage limité (10 à 12 %) de la population sur toute politique sécuritaire dans la Capitale. Quand ce n'est pas la Flandre qui crie au scandale bruxellois, c'est le gouvernement fédéral par le truchement de ses ministres néerlandophones, et quand ce n'est pas le premier ministre, ce sont les partis néerlandophones de Bruxelles déjà surreprésentés (une fois encore, je ne conteste pas cette surreprésentation). Et si, un jour, les Bruxellois avaient le droit de faire leurs choix eux-mêmes ? Avec leur argent ? Celui qui va à la Flandre par le biais de l'impôt sur le revenu des travailleurs bruxellois qui vivent en Brabant flamand ? Quand on sait qu'une indépendance bruxelloise lui amènerait 3 à 8 milliards d'euros annuels, on comprend que certains aient envie de tenter l'aventure !
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samedi, 23 janvier 2010
Jetair et le séparatisme touristique.
Outré de lire qu'un tour-opérateur proposait des voyages réservés aux Francophones, j'ai publié hier un billet assez violemment caustique où je n'ai pas épargné l'ami français (ni le Belge francophone). Je n'en retirerai pas un mot, puisque qui (s')aime bien (se) châtie bien. Toutefois, il y a du neuf, et c'est saignant. Donc, l'affaire est : une entreprise propose des voyages réservés aux Francophones. Immédiatement, quelques sites flamands prennent les armes : ces salauds de Francos font de l'apartheid à présent ! Voyez ! La preuve qu'ils nous accusent à tort d'ethnocentrisme. C'est là que ça devient drôle. Car qui est l'entreprise qui propose cette formule ? Jetair. Et où est le siège de Jetair ? A Ostende. Et dans quelle langue le site de Jetair s'ouvre-t-il ? En néerlandais, avec un petit coin « FR » pour ceux qui seraient anderstalig. Et ce n'est pas tout !
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