jeudi, 29 juillet 2010
La politique des pipelettes
L'encre de mon article sur l'impossibilité d'un accord est à peine sèche que De Standaard nous fait quelques révélations bien senties qui vont exactement dans le sens que j'avais pressenti : les Francophones seront les fautifs de l'échec. Pourtant, le silence est plus ou moins respecté au Sud, apparemment. Et cette fois, à lire les deux articles du soir dans De Standaard en ligne, on apprend que «l'offre francophone est trop maigre», d'une part, et l'on obtient même des confidences joliment condescendantes, puisqu'une source indique : «quelquefois, c'est vraiment comme si tu parlais à un mur. Ça a l'air cliché, mais apparemment, les résultats électoraux en Flandre ne sont pas encore parvenus en Belgique francophone». Le journal ne note pas qu'en Wallonie et à Bruxelles, il y a aussi eu des résultats électoraux, et que la Flandre n'est pas seule à négocier.
Alors que lors des négociations précédentes, les journaux du Nord (et un peu aussi du Sud) avaient reproché à Milquet ou à Maingain de trop révéler de choses à la presse, tandis que des voix s'élevaient déjà en Flandre pour remettre le couvert de ce reproche récurrent, De Standaard prétend tenir ses informations aussi bien de gens de la N-VA que du CD&V. Ce qui est toutefois rassurant côté francophone, c'est que contrairement à certaines rumeurs, le «front» ne semble pas avoir cédé puisqu'une source flamande se plaint que les négociations avancent centimètre par centimètre, alors qu'il y aurait des mètres à couvrir. «Ce n'est pas que les Francophones ne mettent rien sur la table, mais ça reste tout simplement trop peu, certainement pour la N-VA et le CD&V.» D'où une nouvelle question communautaire que je vous soumets : le pays des babeluttes, c'est la Belgique, ou c'est la Flandre ?
«L'atterrissage est encore loin», titre De Standaard. Sans compter que c'est à l'atterrissage que la plupart des accidents ont lieu.
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dimanche, 25 juillet 2010
Le 112 réservé aux néerlandophones autour de la Capitale de l'Europe ?
C'est le genre d'histoires qui révèlent un pan détestable du nationalisme flamingant, à l'esprit étroit, qui grappille inlassablement des petites victoires de pacotille, rogne les droits des autres. Les Flamands, dans leur immense majorité, n'approuvent pas. L'affaire est simple : il semble qu'au moins certains opérateurs du service de secours international 112 refusent catégoriquement de répondre en français ou en anglais aux appels d'urgence provenant de la Région flamande. Or, Bruxelles est encerclée par la Région flamande. Et même si plusieurs communes de ce territoire disposent de « facilités » pour la minorité francophone, le service 112 n'en tient apparemment pas compte. Dans les deux cas révélés par la presse, le refus de parler une autre langue que le néerlandais concernait d'ailleurs des localités à facilités, où les services aux habitants doivent légalement se faire en néerlandais et en français.
(Version corrigée suite aux 2 coquilles et à l'énorme faute de français relevées par Jacques Mercier que je remercie)
00:47 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (170) | Envoyer cette note
samedi, 17 juillet 2010
Le PS lâcherait-il Bruxelles ?
Une source, que je n'ai pas pu recouper, omerta oblige, murmure que le PS étudierait, parmi d'autres scénario, une réforme où les (deux grandes ?) régions recevraient pratiquement le solde des compétences fédérales, à l'exception de l'impôt et de la sécurité sociale. BHV serait scindé pratiquement sans contrepartie, et Bruxelles obtiendrait son refinancement, mais serait définitivement enclavée en Flandre. On imagine aussi que les droits judiciaires des habitants francophones de la périphérie seraient abolis. Info à prendre avec des pincettes, parce qu'elle n'est pas journalistique : c'est une rumeur que je transmets, sans plus. Mais elle concorde avec le jeu apparemment plutôt violent qui semble se mettre en place, et où Ecolo serait forcé de rompre avec son confrère au risque de perdre sa place à Bruxelles et en Wallonie. En revanche, elle ne va pas du tout de pair avec les récentes déclarations de Rudy Demotte, et encore moins avec les activités du ministre-président bruxellois, qui n'était pas au discours de Jan Peumans, et c'est un signe fort.
Que se passe-t-il derrière ce silence étouffant ? Ce silence est-il bien normal ? Qu'il y ait discrétion, on le comprend, mais au moins qu'elle serve à quelque chose. L'Octopus, ultradiscret, a accouché d'apéros qui n'ont jamais été consommés. Leterme, sur BHV n'a abouti à rien. Dehaene, pas mieux. Van Rompuy, silencieux au possible, n'a pas fait avancer la structure belge d'un millipoil. Et si on parlait ? Et si on nous disait ce qu'i y a aujourd'hui sur le grill ? Peut-être qu'on serait plus proche d'une démocratie, non ? Vous savez bien, ce machin qui serait, en principe, gouverné par le peuple et pour le peuple. Là, on a l'impression d'être pris en otage par des futurs mnistres. Faute d'ouvrir un peu le jeu, de l'exposer, de l'essayer, les socialistes et les nationalistes, ensemble, risquent bien de faire le jeu des rumeurs. Comme celle que je révélais ci-dessus, et qui est peut-être vraie, qui a un fond de vérité, ou qui est peut-être plutôt fausse…
00:50 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (69) | Envoyer cette note
dimanche, 11 juillet 2010
Bye bye Flanders
C’est une monstruosité. Ils y sont, ils ont le pouvoir : les extrémistes, les flamingants, les intégristes du Vlaamse Grond. Ils ont les clés du pouvoir. Le discours du 11 juillet, fête de la Communauté flamande ? C’est Jan Peumans, président du «parlement flamand» qui s’y colle, devant un Di Rupo impassible, un Demotte souriant. Il nous explique que la réforme de l’État n’est pas dirigée contre les «Walllons», qu’il faudra un accord entre les deux «communautés», un «contrat de solidarité», entendez que Bruxelles n’est plus qu’en Flandre, que la solidarité s’éteindra un jour prochain, que la Belgique n’a plus aucune autre raison d’être que d’être au service de la Flandre — c’est pratiquement mot pour mot ce que dit Kris Peeters ce dimanche. Un Kris Peeters qui veut toujours sa révolution copernicienne, Bruxelles plus vlaams, la scission d’à peu près tout ce qui peut l’être, les impôts, la recherche, les chemins de fer, l’emploi, et l’on voit cette semaine à quoi la Flandre utilise ce pognon : à donner 1,5 million d’euros à une compagnie chinoise pour assurer 400 emplois à l’aéroport de Bruxelles-National, donc à côté de Bruxelles, avec Bruxelles, grâce à Bruxelles, mais en Flandre, pour concurrencer, du mieux qu’elle peut, et la Capitale, et la Wallonie
17:47 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (93) | Envoyer cette note
lundi, 28 juin 2010
Le nazisme fascine la N-VA et la presse belge n'en a rien à cirer.
Après Minneke De Ridder(N-VA) et les affiches nazies dans une vidéo sur son site (voir mon article d'hier), c'est au tour de Brecht Arnaert (N-VA aussi) de nous expliquer ce qu'il faisait (ou prévoyait de faire) à la conférence donnée le 19 octobre 2009 par Oswald van Ooteghem, ex- Untersturmführer SS flamand et ex-sénateur de la Volksunie, sous le titre «Mon temps au Front de l'Est» et organisée par le KVHV (mouvement de jeunesse proche de l'extrême-droite qui manifeste régulièrement avec les néo-nazis de la NSV). On suppose que le papy ne leur a pas raconté les pogroms, l'assassinat de près de 2 millions de soldats russes prisonniers laissés sans eau ni nourriture, les villageois brûlés dans les églises. Neen ! Oswald, c'est plus le genre à dire des Waffen SS dont il faisait partie : «Ils allaient se battre pour la Flandre et continuer à se battre pour préserver l'Europe du rouleau compresseur bolchévique. Nos combattants du front de l'est n'ont pas à être honteux… leur combat fait partie de ceux du mouvement de libération flamand.» (du moins, c'est ce qu'il en disait dans les années 80).
Mais après tout, pourquoi pas ? Ecouter ce qu'un SS peut nous raconter sur la Campagne de Russie, c'est indispensable à la Vlaamse Kultuur apparemment. Mais décidément, les collabos et les SS, ça intéresse beaucoup les membres de la N-VA, non ? Vous trouvez ça bizarre pour un parti si démocrate ? Car Brecht Arnaert est collaborateur de la fraction N-VA à la chambre où il s'occupe notamment de la… défense.
Parmi les autres invités à l'événement, on avait aussi Bert Dermaut, membre du comité de direction des Jeunes N-VA à l'Université de Gand, et des gens comme Geert Neirynck, secrétaire régional Vlaams Belang au Parlement flamand et conseiller Vlaams Belang à Lovendegem, ou encore Bert Deckers, député provincial d'Anvers pour le Vlaams Belang qui affiche tranquillement la croix celtique sur son site. Les conférences du KVHV et de la NSV sont décidément des points de rencontre bien sympathiques entre les néo-nazis et la N-VA formidablement démocrate quoiqu'un tantinet francophobe. Partout en Europe, de tels liens provoqueraient un scandale, une enquète de fond, quant à la conférence de Bart De Wever chez les néo-nazis de la NSV, en France, ça vaudrait la Une du Monde, en Allemagne, du Welt, au Royaume Uni, du Times. En Belgique, il ne faut pas trop en parler. Pas en vingtième page du Soir. Même pas en cinquantième page de La Libre. Rendez-vous compte ! Oser relever la fascination du premier parti de Flandre pour le nazisme ! On ne va quand même pas faire ça ? Allez. Cachez ces nazis que je ne saurais voir ! Et félicitons ceux qui votent pour eux et qui deviennent premier homme politique de Belgique avec cet électorat-là !
Bon. Je m'énerve pour rien : sur sa page Facebook, Brecht Arnaert a des amis comme Luckas Vander Taelen, député Groen!
19:53 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (206) | Envoyer cette note
dimanche, 27 juin 2010
N-VA et führieusement lionne.
(Mise à jour : une erreur m'avait fait mettre une photo du grand Guido Gezelle — digne défenseur des opprimés et poète de renom — à la place de celle de Cyriel Verschaeve — également curé et poète, mais épouvantablement nazi — , qui se trouvait aussi sur la vidéo présentée sur le site de Minneke De Ridder. Je suis d'autant plus désolé de cette erreur qu'à mon avis, Guido Gezelle se retournerait dans sa tombe s'il savait que des Flamands l'associent aujourd'hui à des monstres comme Staf De Clercq, ou à l'autre curé-poète complice de Génocide nazi Cyriel Verschaeve. Merci à Traveller pour la remarque justifiée.)
Minneke-la-Lionne, c'est Minneke De Ridder. Fraîchement élue à la chambre sur la liste N-VA, elle n'est pas pire que les autres N-VA, pas meilleure, mais son cas est particulièrement utile. Alors que les candidats plus mûrs ont pris la peine d'effacer tout lien entre le parti nationaliste et le (néo-)nazisme, les nouveaux siégeants n'ont pas encore fait cet indispensable nettoyage. En farfouillant sur leurs sites, on peut donc plus facilement tomber sur des vidéos compromettantes, autrement dit, des preuves que le parti de Bart De Wever refuse de couper définitivement ses liens avec le nazisme et la collaboration. Or, que trouve-t-on chez Minneke ? Comme chez beaucoup de membres du Partei, l'adhésion au mouvement indépendantiste raciste VVB/TAK qui scande «rats français, pliez bagages» (mais oui, chers lecteurs, le racisme antifrancophone, c'est un racisme comme tous les autres).
Mais mieux encore, sur son blog, la jeune représentante du peuple n'hésite pas à diffuser une vidéo qui vante l'indépendance flamande sur la chanson «papillon noyé» (verdronken vlinder, de Boudewijn De Groot, chanson dont la catharsis évoque la libération, l'envol), illustrée de portraits de nazis convaincus, comme cette affiche nationale-socialiste et collaborative de Staf Declercq («le Juif doit disparaître, c'est une question de santé publique»)avec les logos du VNV qui ne sont rien d'autres que les équivalents flamands de la croix gammée,

(Voir aussi l'article original sur le site de Francophone de Bruxelles)
15:49 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (80) | Envoyer cette note
dimanche, 20 juin 2010
Alors Bart, tu vas les contester ces élections, oui ou merde ?
Ben Weyts est de son propre aveu sur sa propre page actif dans le Mouvement du Peuple flamand, le Vlaamse Volksbeweging, ou VVB. Jan Jambon, autre figure de proue de la N-VA en fut l'un des dirigeants. Bart Maddens écrit régulièrement dans Doorbraak, le magazine de cette organisation fumeuse. Les liens entre la N-VA et le mouvement nationaliste (associé aux racistes du TAK) ne sont donc un secret pour personne.
Or, la VVB vous propose désormais de contester les élections. Après avoir soutenu les bourgmestres inciviques du Brabant flamand, après avoir incité les assesseurs et présidents de bureaux de vote à refuser de remplir leur fonction, c'était logique. Et au fond, c'est formidable ! Les amis de la N-VA qui contestent la victoire de la N-VA, avouez que c'est inespéré. Je propose que nous soutenions cette initiative, et même que nous allions demander à Bart De Wever, au lieu de faire semblant de s'informer pour former un semblant d'hypothétique gouvernement, de soutenir avec ferveur cette action vitale pour notre pays. Allez tous remplir le document de contestation des élections sur le site de haviko. Aidons avec ferveur et entrain les flamingants à faire annuler les élections qu'ils viennent de gagner ! Si les cons volaient….
(Merci aux commentateurs qui m'ont fait remarquer la grosse faute d'orthographe dans le titre ("contestez" au lieu de "contester").
02:58 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note
mercredi, 16 juin 2010
C'est pourtant simple.
(C'est un message laissé sur un forum de Libé, un soir de novembre 2007. J'y réponds un peu longuement — comme à mon habitude — à un certain Oiges, sous le pseudo de Marcel Quaybir. Et puis, bien sûr, j'oublie ce commentaire. Mais deux ans plus tard, une amie m'envoie un texte qu'elle a reçu d'un ami hollandais, et dont il est précisé qu'il aurait été «publié» dans Libé. Je commence à le lire et je m'aperçois que ce texte est de moi. Je tape alors la première ligne pour en retrouver l'original dans Google, et je découvre que quelqu'un, sur un blog, l'a attribué à Jean Quatremer qui, en commentaire, en a évidemment décliné la paternité. Pensant alors que c'était une réaction que j'aurais laissée sur son blog, les Coulisses de Bruxelles, je me tape trois ans des commentaires kilométriques de moi-même tout en pestant sur cette détestable habitude que j'ai de ne jamais faire court. Un jour plus tard, je suis broucouille ! Rien ! Me vient alors l'idée de taper le premier paragraphe dans Google, et bingo ! je trouve l'origine de la promenade de mon texte sur le forum de RTL. Il y avait été publié le 29 novembre 2007, par un pseudonné Marc, qui avait laissait l'intitulé : «C'est pourtant simple Quaybir — lundi 26 novembre 2007 22:49». Et voilà le texte rentré à la maison. Je suis retombé dessus aujourd'hui sur Facebook. Après vérification, il apparaît 123 fois dans une recherche Google, je crois donc qu'il est temps de lui donner une page maison. Pour la bonne forme, j'ai simplement corrigé mes fautes. Par honnêteté intellectuelle, j'ai laissé les petites inexactitudes, et le ton radical qu'il faut replacer dans le contexte d'une réponse dans un blog. Bonne lecture.)
C'est pourtant simple.
Imaginez que de l'autre côté du périphérique parisien, l'on parle flamand et qu'à Boulogne-Billancourt, qui compterait 80% de Francophones, il soit interdit à ces derniers de parler le français au conseil municipal, sous peine de poursuites…
01:15 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (66) | Envoyer cette note
mardi, 15 juin 2010
Quand notre premier ministre donnait cours aux nationaux-socialistes (mise à jour)
MISE À JOUR
Les partis démocrates belges s'apprêtent à négocier avec Bart De Wever. Il pourrait être nommé premier ministre et nous représentera, Flamands, Francophones, Germanophones, de par le monde. En cherchant très peu, la presse internationale découvrira alors l'image d'un nationaliste apparemment bon teint, mais qui fréquente l'extrême droite néo-nazie comme vous et moi allons chez l'épicier.
Ce soir, je découvre que le 14 février 2008 (et non 2007, comme je l'avais écrit précédemment)(1), l'éventuel futur premier ministre belge donnait une conférence sur la Réforme de l'État au cercle d'étudiants national-socialiste de Gand, la NSV (Nationaal Studenten Verbond). S'il obtenait le poste "suprême", un journal suisse, français, pourrait alors titrer comme ci-dessus : "quand le premier ministre belge donnais cours aux nazis".
Si 30% des Néerlandophones veulent se choisir un dirigeant de cette nature, c'est leur choix. Que des partis flamands dirigent la Flandre dans une telle ambiance de compromission, c'est leur problème. Mais en tant que Belges, citoyens d'une des forces fondatrices de l'Europe des libertés, accueillant les Institutions européennes, en tant que démocrates refusant toute résurgence du national-socialisme, en tant qu'humanistes, nous ne pouvons en aucun cas admettre que nos partis de gauche comme de droite puissent engager des négociations avec l'homme qui explique ci-dessous aux jeunes nationaux-socialistes gantois comment il conçoit l'indépendance de la Flandre, avec Bruxelles comme capitale.
Si vous pensez que je délire, que j'hallucine, que je vois des nazis partout, vous trouverez dans la suite 13 (nous sommes le 13) indices concordants. Prévoyez un petit sac en papier avant de lire, on ne sait jamais.
(1) à cette époque, la N-VA faisait partie du cartel CD&V-N-VA d'Yves Leterme et de Herman Van Rompuy, et faisait partie de la majorité gouvernementale.

15:25 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (187) | Envoyer cette note
dimanche, 13 juin 2010
Elections belges. Premiers frissons.
Vous pouvez me suivre aussi sur Twitter (http://twitter.com/marcelsel)
Une première projection d"Un Blog de Sel sur base des résultats à 17h45 en Wallonie et à Bruxelles donnerait de 27 à 29 sièges de la chambre à la N-VA, sur 150, ce qui en ferait le premier parti belge. La première famille politique devrait être la famille socialiste, avec de 35 à 37 sièges. Quant à la famille libérale, elle pourrait être deuxième, devant la N-VA, mais ce n'est pas acquis. Les indépendantistes feraient en ce moment plus de 40% en Flandre, et chacun sait que je considère la N-VA comme faisant partie des «partis antisystème » dès lors qu'il n'y a pas plus antisystème que de vouloir abolir l'État belge en annexant sa capitale.
Généralement, le roi donne mission de formation, soit au premier parti, soit à la première famille. Mais cette deuxième considération n'a pas été appliquée pour Van Rompuy (la N-VA ayant quitté son cartel avec le CD&V, les chrétiens-démocrates flamands n'étaient plus le premier parti, ni la première famille. Ces deux lauriers revenaient alors aux libéraux) ni pour Yves Leterme III. Les électeurs flamands comprendront-ils qu'on ne donne pas «une chance» à ce Bart De Wever qu'ils ont plébiscité ? Sachant bien sûr que son objectif est de pourrir au maximum l'État belge pour qu'il disparaisse doucement. Il l'a déclaré, tout son staff l'a déclaré. Cela signifie que la seule chose qu'on puisse sérieusement négocier avec Bart de Wever, ce sont les modalités de scission du pays. Au même titre que Geert Bourgeois choisit systématiquement l'intérêt de la Flandre contre la Constitution et la Loi (tendance qui ronge d'ailleurs tous les partis flamands, du SP-A (auteur de la Circulaire Peeters) au CD&V (dont les bourgmestres trient leurs habitants potentiels)), aucun accord signé avec ce parti n'a la moindre chance d'être respecté.
Il reste donc à tous les partis traditionnels à entrer dans une coalition d'union nationale, de salut public, et à négocier la réforme de l'État rendue indispensable par un certain Yves Leterme, et la scission de BHV due notamment à une plainte de la N-VA, du Vlaams Belang et de… Herman Van Rompuy au Conseil Constitutionnel. Mais pour que les droits des Francophones de Flandre puissent être garantis dans une telle négociation, il faudra que les partis du Nord reviennent sur l'ensemble de leurs promesses électorales (notamment la confédération sur base des résolutions flamandes de 1999 promise par Marianne Thyssen à la VRT). Avec des partis indépendantistes soutenus par les médias, à plus de 40% là-haut, rien n'est moins sûr.
Allez, c'est pas bien grave tout ça. J'ai emmené une petite fille au bureau de vote pour lui expliquer la démocratie. Elle a trouvé ça sympa, ce crayon magnétique et cet écran. Je lui ai promis qu'on y retournerait l'année prochaine. Mais je ne lui ai pas promis que ce serait encore le même pays. Il faut toujours rester prudent quand on fait des promesses aux enfants !
18:19 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note




