jeudi, 03 juin 2010
Quand Israël était proche de l'Orient.
(ERRATUM : l'émission passe le vendredi 4 juin)
A tous ceux qui s'intéressent à Israël et à la Palestine, je recommande demain vendredi 4 juin à 23h10, sur La Deux, le documentaire d'Eyal Sivan sur Jaffa. Les oranges étaient cultivées et récoltées indifféremment par les Palestiniens et les Juifs. Le documentaire montre comment la sémantique nationaliste, produite à l'extérieur de la Palestine de l'époque, a petit à petit préparé le terrain pour un nationalisme israélien qui n'est ni juif (tous les Juifs ne sont pas aveuglement pro-israéliens, loin de là), ni même ne fédère tous les Israéliens. Si aujourd'hui, beaucoup d'entre eux votent à droite parce qu'ils ne voient pas d'autre issue que le raidissement, la majorité des Israéliens, comme la majorité des Palestiniens ne demandent rien d'autre que de vivre en paix. Ce qui les en empêche, c'est la mythologie nationaliste, les déclarations politiques, les médias (ça ne vous rappelle rien ?). C'est pourquoi les images de Jaffa, mon Amour sont émouvantes : elles rappellent que cette terre a pu être cultivée par des frères, devenus aujourd'hui des ennemis, et comment l'on arrive à séparer par le dogme des nations humaines destinées à vivre ensemble.
J'invite particulièrement les activistes pro-palestiniens traumatisés ou énervés par les récents événement à s'intéresser aux excellentes relations que les Juifs et les Arabes avaient alors nouées pour mieux comprendre que ce ne sont pas les populations qui oppressent, mais bien les concepts (nationalistes, ultrareligieux, etc.) et ceux qui les mettent en œuvre.
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mercredi, 02 juin 2010
Libération immédiate des Belges enlevées par Israël ou rupture des relations diplomatiques.
Quatre de nos concitoyennes ont été enlevées en haute mer dans les eaux internationales. Le fait qu’elles ne se trouvaient pas dans les eaux territoriales contredit toute thèse d’«arrestation». C’est techniquement bien d’un enlèvement qu’il s’agit. Si l’abordage des navires par la force n’est pas forcément un acte de «piraterie» (le but n’étant pas de s’approprier les biens du bateau mais de faire «respecter» un blocus), la privation de liberté, les interrogatoires, les violences faites aux passagers, la tentative de leur faire signer des documents avilissants (déclarer qu’on a été arrêté légalement alors que ce n’est pas le cas) sont des actes totalement inacceptables du chef d’une nation qui se dit démocrate. Notre premier ministre doit de ce fait soumettre la continuation de toute relation diplomatique avec Israël a, pour le moins, la libération immédiate, inconditionnelle, assortie d’excuses et de réparation éventuelle, des quatre resortissantes de notre pays séquestrées par l’État d’Israël ainsi que la restitution de tous les biens saisis (en ce compris toute source vidéo). Faute de cela, la Belgique accepterait que ses alliés assaillent militairement ses ressortissants pacifistes «impliqués» dans un convoi humanitaire circulant en haute mer.
(J'autorise les commentaires ci-dessous, à la condition STRICTE qu'aucun amalgame ne soit fait entre Israël et les Juifs, ni entre la politique d'Israël et la population israélienne qui compte, notamment, des militants pacifistes confrontés quotidiennement à la violence de ceux qui dirigent leur patrie. ).
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dimanche, 16 mai 2010
Terril on the hill (à voir absolument)
Il y a les petites maisons. Il y a le terril. Western borain. Il y a Nuage Gris, la mère, l'insoumise, venue d'une Algérie torturée. Il y a le père, mort jeune comme tous les gens de la mine, qui continue d'exister au cinéma par un de ces secrets qui font l'enfance. Il y a les trois vieilles, «le Muppet Show», l'une qui sait tout, l'autre qui comprend rien, la troisième qui boit sa vie et voit parler des cerfs. Il y a le village, un bled de par ici, aux accents de partout. Le Rital, le Boche, le Beur, le Wallon aussi. Tous ceux qui acceptent encore cette vie dégueulasse, le noir du coke, le noir de la misère, le noir du corbillard qui, pour les hommes, attend au détour de la quarantaine déjà. Il y a les enfants, dont Jamila, qui jouent au bas du terril, ces petits cow-boys du Borinage qui, pang ! pang !, s'imaginent au Montana. Non, en fait. Ils ne s'imaginent pas. C'est là qu'ils sont.
Et puis, ils deviennent grands et cherchent des horizons meilleurs. Comme Jamila Drissi, qui a fait le conservatoire. Un jour, elle a raconté son western de terril à Soufian El Boubsi. Alors, il a réécrit l'histoire. Puis, l'a rendue à Jamila. Et Jamila est arrivée sur scène pour raconter son village avec à la fois la distance que donne la réécriture et la sincérité que donne le vécu. Avec l'humour et la drôlerie des meilleurs souvenirs — on rit beaucoup, et aux éclats ! — et la douleur de chaque absence, d'autant plus émouvante qu'on les aime tout de suite, ces gens de la Cité de l'Héribus.
Elle est donc arrivée seule sur scène, Jamila, du moins, on le croyait au début de la représentation. Elle était en fait à vingt ou trente ou plus encore. Elle nous a joué tous les gens de son bled, un coron, un village western, un camp minier, avec l'accent, ou plutôt, avec leurs accents de partout, avec leurs défauts, avec un regard d'espoir, et on en sort assommé, heureux, touché, aux rires, aux larmes, parce qu'en une heure trente, on a regardé passer vingt ans d'une vie. Cité de l'Héribus. On serait passé en voiture qu'on ne se serait pas arrêté. Si seulement on avait su !
Soufian El Boubsi a écrit et mis en scène la vie d'une Algérienne inconditionnelle de Scarlett O'Hara. Jamila Drissi joue le rôle d'une fillette qui lui ressemble étrangement. Vous avez jusqu'au 22 mai pour voir ce très beau spectacle. A moins que ce ne soit pas un spectacle. C'est peut-être simplement la vie.
L'Insoumise (ou Scarlett O'Hara au pied du Terril)
Du mardi au samedi à 20h30 à l'Espace Magh jusqu'au 22 mai 2010
02 274 05 10 ou www.espacemagh.be
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jeudi, 08 avril 2010
Appel des cent jours (Hervé et Stéphane)
Ils vont là où personne ne veut aller. Ils vous rapportent les témoignages précieux de ces régions troublées et dangereuses. Ils mettent leur liberté ou leur vie en danger pour que chacun de nous puisse être informé de l'état du monde, c'est-à-dire de l'humanité. Ils le font pour que nous comprenions ce que nos gouvernements engagent à l'étranger comme forces armées, dans quelles conditions, à quelles fins. Pour que nous sachions les oppressions qui minent l'Orient, l'Occident, le Sud, le Nord. Leurs images, quand elles sont fortes, font le tour du monde.
Quand ça tourne vraiment mal, ils font l'objet d'une manchette. «Un journaliste est mort en Irak». De temps en temps, l'un ou l'autre de ces reporters se fait enlever. Ce n'est pas le moment de les oublier. Ils doivent savoir que leurs spectateurs, leurs lecteurs et leurs auditeurs mettent alors un nom — et ici un prénom — sur ces indispensables anonymes de l'information, pour les soutenir, même si nous ne pouvons pas faire grand chose de plus que relayer ce soutien. Un murmure dans le désert peut porter loin.
La prochaine fois que vous regarderez un reportage sur l'Afghanistan, vous vous souviendrez que ce que vous voyez, vous le devez aux Hervé et Stéphane et à leurs accompagnateurs, les Reza, Ghulam, Satar de partout dans le monde. Et vous garderez à l'esprit que cinq d'entre ces milliers de relais de la réalité sont aujourd'hui privés de liberté, de dignité.
Pour ceux qui le peuvent, un rassemblement a lieu ce 8 avril à 14h30 à la Place de l'Hôtel de Ville de Paris.
Voici le communiqué de presse des «amis de Hervé et Stéphane»
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vendredi, 19 mars 2010
Yabon Radio Een !
Jambo ! Radio Een (la première de la chaîne publique flamande) organise une soirée Congo le 26 mars à Anvers. Douée d'un humour digne de Hergé dans ses meilleurs moments, elle a décidé d'appeler la soirée « Bonjour Micro », qui rappelle la blague irrésistible « — Monsieur Mobutu, dites bonjour au micro / — Bonjour, micro » et donne d'emblée des Congolais une image d'autodérision tout à fait tordante. Très sympathique, la chaîne a pensé confier la réalisation du spot de pub de la soirée à des Congolais qui vivent au Congo. C'est vrai, quoi, il faut les aider, les Congolais : rendez-vous compte, beste vrienden : il y a plus de chômage là-bas qu'en Wallonie ! Mais le pompon, c'est quand Geert, le directeur marketing de la chaîne flamande, un petit blanc (bwana pas kitoko) explique sur Facebook comment les Congolais doivent faire leur film. Il parle des deux projets envoyés : « Ici à Radio Een, on les a très bien aimées. Mais on a quelques remarques… Peut-on ajouter un peu plus de couleur locale, comme de la musique ou bien des danseurs ? On doit bien mettre en évidence le nom de l'événement : "Bonjour Micro "…» Ah ! mais je ne me trompe pas ! C'est bien du bon vieux paternalisme à l'ancienne ! Le petit blanc qui vient expliquer, sympathiquement, avec un sourire qui cache néanmoins la volonté de permettre à ces « Panous » (d'après une autre blague raciste désopilante) de devenir aussi bons en marketing que les Belges pur jus, blonds aux yeux bleus ! Il est toujours là, ce bon vieux paternalisme de derrière les fagots ! Miam. Yabon ! Et les blagues sur les Niakoués, on peut aussi ? Et quand pourra-t-on ressortir les bonnes vieilles imageries d'Épinal du Marocain fainéant ? Ou du Juif radin ? Hmmm ? Le Gaulois baiseur, le Germain violeur, le Grec homosexuel, l'Anglais pédophile, le Flamand… non, c'est vrai. Ne plaisantons pas sur le Flamand. C'est un sujet bien trop sérieux.
N'empêche. Ah ! quelle belle culture qu'on nous prépare-là ! De Zemmour en France à Wilders en Hollande en passant par Berlusconi en Italie, autant de défenseurs d'une graaaaande culture européenne qui, soixante ans après la décolonisation, pense avoir toujours les autres à sa botte ! Il y a quand même un truc qui me chiffonne : comment ces Flamands peuvent-ils faire une émission sur le Congo sans parler un mot de kiswahili ou de lingala ? N'empêche, Radio Éen a décidément de l'humour ! Ha ! ha ! Sacré Geert ! Asekisaki biso !
14:03 Publié dans Humeurs d'Ailleurs | Lien permanent | Commentaires (58) | Envoyer cette note
lundi, 30 novembre 2009
Minarrêt.
Ach, wie Schade ! Les Suisses avaient plein de côtés sympathiques. Ils nous donnent aujourd'hui un sale exemple. Un terrible exemple. L'image est épouvantable. Elle vient d'amener une majorité (57,5 %) de votationneurs suisses à votationner l'interdiction des minarets. Pourquoi ? Pas parce qu'ils font du bruit (il n'y a pas de cloche dans un minaret, ceci dit pour les ignares). Non point parce qu'un muezzin y chante cinq fois par jour « bismillah-ar-rahim… etc — on ne parle pas de minarets "actifs"), mais bien parce que leur existence fait mal aux yeux intolérants de la majorité de la population helvète (le taux de participation dépassait les 50 %) qui porte ici atteinte à la liberté de culte. A la liberté tout court. C'est triste, parce qu'on en oublie le mielleux du Toblerone pour retrouver l'image d'un pays qui aurait pillé l'argent juif (mais qui ne fut pas le seul) et renvoyé se faire gazer ailleurs les réfugiés qui arrivaient à sa frontière pour tenter d'échapper aux nazis. C'est un peu comme un bel étang marbré de nénuphars dont s'échapperait soudain la vieille puanteur d'une chargogne oubliée. C'est aussi un bel exemple de ce que peut produire la démocratie référendaire quand la propagande s'en mêle. Aurait-on voté différemment ici ou là ? Allez savoir !
Il n'en reste pas moins que la votation qui aura sali l'image de la Suisse, c'était ce week-end. C'était grâce aux partis populistes de droite radicale. Et l'on voit exactement où mène ce genre de mélanges. Pour information, il n'y a environ que 50.000 musulmans pratiquants en Suisse, et à l'heure actuelle, il y a là quatre minarets. Ce seront donc les seuls. Mais il faut les comprendre, les Helvètes : si on laissait les musulmans planter des minarets n'importe où, on risquerait bien de ne plus voir les belles montagnes. Et en Suisse, les Alpes, c'est sacré. Al hamdu-lil-Lah !

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jeudi, 19 novembre 2009
Au secours, Leterme est de retour !
Une chose est sympathique dans la nomination de l'Europe. Si lors d'une interview, un journaliste demande à Her(bert)(man) Van Rompuy si la Flandre doit ratifier la Convention-Cadre des minorités, le Président du Conseil de l'Europe n'aura aucun autre choix que de répondre « oui ».
Pour le reste, alors que seuls 1/3 des lecteurs du Nieuwsblad est partisan de Leterme, c'est bien notre ex-ex-re-ex et sur-ex premier ministre Yves Leterme qui reprendrait son fauteuil du 16. Une perspective si joyeuse que Joëlle Milquet a déjà proposé à Herman de rester jusqu'en janvier pour trouver un compromis sur BHV. Si la partenaire francophone la plus proche du CD&V a de telles craintes, que dire d'Olivier Maingain.
Le scénario suivant n'est pas écrit, mais si l'Europe a désormais un président qui a décidé ouvertement d'être un maître es débat et consensus, sans aucun charisme particulier (mais avec érudition et un humour qui ne manque pas de charme), la Belgique entre dans la zone la plus sombre de son existence. Car il n'est plus possible, à l'heure actuelle, d'organiser des élections sérieuses sans régler le problème de BHV, et il était déjà pratiquement impossible avec Van Rompuy de trouver une solution à BHV. Aujourd'hui, il faut enlever le mot « pratiquement » à la phrase précédente.
L'Europe naît peut-être vraiment. Mais pour la Belgique, ce serait plutôt le contraire.
Pour voir mon site avec un haïku d'Herman, cliquez ICI.
20:32 Publié dans Humeurs d'Ailleurs | Lien permanent | Commentaires (59) | Envoyer cette note
lundi, 05 octobre 2009
Niqab ni soumises.
D'après La Croix, le Cheikh d'une école musulmane réputée du Caire a prié une jeune fille qui portait le niqab (voile noir intégral, avec accessoire facial qui ne révèle que les yeux) d'en ôter la partie qui cachait son visage parce qu'une telle pratique n'était pas musulmane mais bien traditionnelle. Ce n'est pas l'avis de l'islam salafiste pratiqué notamment en Arabie Saoudite qui recommande que les femmes cachent leur visage. Outre le fait que ceci révèle de graves dissensions dans un islam qu'ici tout le monde a l'air de penser uniforme, ceci m'inspire une question assez triviale. S'il est évident que l'obligation du port du voile chez les Saoudiens est une oppression, comment qualifierons-nous l'interdiction de ce niqab par ce cheikh égyptien dont toutes les autres élèves féminines portent toutefois le hijab ? Eclair de lucidité ? Intolérance antisalafiste ? Excès d'occidentalisme ? Délire ? Sens de l'uniforme ? Oppression ?
Décidément, dès qu'on croit approcher de la compréhension de ce problème, elle met les voiles.
(Merci à Karine qui m'a transmis l'info)
21:41 Publié dans Humeurs d'Ailleurs | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
mardi, 28 juillet 2009
Islam ? Même pas peur !
Il y a "officiellement" 17% de musulmans à Bruxelles. On nous prétend qu'ils seront une majorité dans vingt ans ? Ça va être difficile : de la moitié des naissances à Bruxelles de mères étrangères, un gros tiers (environ 3000 sur environ 8000) proviennent de pays musulmans. Les autres viennent, pour un quart, d'Europe UE-15, pour un dixième d'Europe UE-27 (nouveaux membres), et pour le reste, d'un peu partout. L'autre moitié concerne les Belges (environ 9000), dont on n'a pas de données sur la religion pratiquée. mais sur les 4000 dont on connaît le nom, j'en ai trouvé 1500 au prénom musulman. (Je ne crois pas qu'un musulman pratiquant va appeler son fils Jean-Ferdinand, Kevin ou Moïshe). Une règle de trois me permet de conclure que le nombre d'enfants de musulmans (pas forcément pratiquants, d'ailleurs) nés à Bruxelles chaque année est de l'ordre de 6.000 sur 16.000 à 18.000 naissances. Ça fait un tiers. A ce rythme-là, puisqu'il faut environ 70 ans pour remplacer une population, Bruxelles sera à moins de 30% musulmane en… 2079. Vous savez quoi ? Même pas peur !
15:34 Publié dans Humeurs d'Ailleurs | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
lundi, 15 juin 2009
A(H1-N1) Ou pourquoi j'ai pris mon journal en grippe.
Retour sur la grippe porcine, aviaire et mexicaine.
C'est à la une d'un web. Journal «sérieux» s'il en est. Un décès en écosse. C'est la grippe du cochon aviaire mexicain. On apprend qu'à Toulouse, l'hôpital se prépare à recevoir les enfants d'une école infectée. Une info qui ne passerait pas nécessairement en cas de méningite — autrement plus inquiétante. En Belgique, gros titres. Une hôtesse de l'air a chopé le virus. Waow! Ça, c'est des «news»! En début de journal télévisé, en plus! Je stresse : quand vais-je y passer?
07:58 Publié dans Humeurs d'Ailleurs | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note



