jeudi, 28 juillet 2011
Platâne bâté ?
Ik ben een Brusseleir. Et en tant que Bruxellois, j'aime les platanes. Et à ce titre, j'ai une ennemie jurée, qui déteste les platanes. Elle les trouverait plats. Sait-elle que ceux du Canal du Midi ont permis de classer cette voie d'eau au Patrimoine de l'Humanité de l'Unesco ?
Ceux de l'avenue du Port, je les ai toujours connus. Au même titre que les pavés. Bon, j'admets que les pavés, c'est un peu passéiste. Les techniques évoluent et les pavés, au fond, ne sont qu'une invention de l'homme tout comme le macadam qui malgré son nom, en manque, d'âme. Mais les platanes ne sont pas aussi plats. Ils sont grands, beaux, résistants, et rappellent le temps où Bruxelles brusselait. Mais voilà : on veut nous cochonner l'avenue du Port. Madame Grouwels veut lui confisquer ses platanes, qui seraient à 60% malades. Apparemment, la réalité serait beaucoup plus embêtante que ça. Embêtante pour "Taxiwoman", pas pour les platanes, dès lors qu'il n'y aurait qu'un cinquième de ces majestueux arbres bien de chez nous sur lequel les spécialistes auraient émis "un diagnostic réservé".
Mais voilà, l'homme descend du singe, et Grouwels descend les arbres.
(Je sais, personne ne l'avait encore osée, mais on ne se refait pas : Sel, il ose.)
Des citoyens s'élèvent contre ce crime contre la platanité. J'ai bien envie de les soutenir. Dans quelques jours, une agence de pub déploiera une affiche de 180 m2 pour défendre nos sains troncs. C'est un peu notre dernière chance de ne pas voir près de 300 feuillus qui font l'image de Bruxelles envoyés au dépeçage et finir en copeaux. Brigitte aurait-elle trop aimé la célèbre chanson "les copeaux d'abord" ? (jeu de mot âcre mais justifié par la présence de péniches sur le canal tout proche).
Voici donc une lettre de Patrick Wouters, citoyen actif, très détaillée, que je vous invite à lire. Il répond aux affirmations de Brigitte Grouwels, ministre ès-abattage platanier de la Région bruxelloise. Et je suppose que les journalistes bruxellois qui aiment les platanes se fendront d'un papier, d'un billet ou d'une feuille. Le site web de l'association Avenue du Port leur donnera toute l'info nécessaire. En plus, la campagne de collage en cours est sympa. En voici quelques exemples. J'aime particulièrement la deuxième. Il a un côté "Sous les pavés, le platane".




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samedi, 23 juillet 2011
Le beurre, l'argent du beurre, le sourire de la crémière, ses nichons et son joli petit cul.
Le CD&V est un parti de merde. Oui, je sais, c’est violent. Mais je m’octroie le droit, après quatre années de blocage, après leur grève du gouvernement, après leur association à un parti nationaliste identitaire aux déclarations wallophobes, francophobes et flamandophobes (bons flamands, mauvais flamands), après leurs tergiversations, après leurs manœuvres, leurs magouilles, leur va-et-vient, leurs chantages, leurs demi-vérités, leur flamingantisme déplacé et anachronique, leur «droit du sol lié à la langue», leur jusqu’au-boutisme assassin, et surtout après plus de 400 jours sans gouvernement, de dire : «le CD&V est un parti de merde». Surtout aujourd’hui.
20:59 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (453) | Envoyer cette note |
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vendredi, 22 juillet 2011
L’Optimist flotte,mais le Belgitanic coule toujours.
Vous savez, ces petites coquilles de noix sur lesquelles les enfants apprennent à voiler ? Les Optimist. C’est un peu là-dessus que se retrouvent désormais nos négociateurs. Le grand bateau, le Belgitanic, donne des signes de faiblesse, s’il n’est pas tout simplement sur le point de couler. Allez, les gars, faut se remuer. Ouf ! À présent, on aurait donc zappé la N-VA des négociations. Parce qu’on aurait découvert qu’ils tapaient sur la coque du paquebot pour amplifier la fêlure qui le fait sombrer. C’est évidemment très bien que la N-VA soit «sortie», c’est ce que je recommandais sur ce blog il y a… euh… 403 jours. Bigre ! Que le monde politique belge est lent, mais passons. Sauf que le CD&V va devoir à son tour se départir de sa part de nationalisme à lui si l’on veut arriver quelque part. Et le monde médiatique flamand va devoir changer de braquet et passer du grand plateau Vlaanderen au plus grand plateau België. Avec moins de 50 % de Flamands qui se sentent d’abord Belges, c’est un véritable défi. Mais l’opinion publique, ça peut se retourner comme une crêpe.
14:14 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (93) | Envoyer cette note |
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mercredi, 20 juillet 2011
Slate annexé par la Belgique
Le journal en ligne Slate.fr a eu la bonne idée de se laisser annexer par la Belgique à la veille de la fête nationale, en publiant plusieurs papiers de Belges ou de Français vivant en Belgique. Outre ma contribution (Il était, une fois, la Belgique), le magazine propose d'excellents articles de José-Alain Fralon, Nicolas Baygert, mon confrère de maison d'édition Baudouin Van Humbeeck (auteur de Pourquoi les Belges ne veulent pas devenir français), de Germain Saval alias @francbelge, de Plat du Pied et de Laureline Karaboudjian. Le tout pimenté par plusieurs articles de Jean-Sébastien Lefebvre, piqués dans les archives mais toujours — étrangement — d'une actualité brûlante.
L'occasion de découvrir Slate, quelques bonnes plumes, et des points de vue toujours originaux et diablement intéressants sur notre petite crise de nerfs.
21:28 Publié dans Nouvelles de Sel | Lien permanent | Commentaires (39) | Envoyer cette note |
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lundi, 18 juillet 2011
Du bras de fer au bras d’honneur.
Wouter Beke, c’est Kris Peeters encore et encore. Souvenez-vous. Il y a trois ans, ce dernier «proposait» une négociation. Mais avant toute entrée en matière, il fallait que les partis francophones acceptent de laisser à la porte de la «praatbarak» (café du commerce) leurs revendications. En gros, tout était négociable, sauf ce que la Flandre institutionnelle avait décidé d’écarter d’office. Et qu’est-ce qu’elle écartait ? Ce dont les Francophones voulaient entendre parler. Jean Quatremer titrait quelques mois auparavant : «il n’y a rien à négocier». Et c’est toujours pareil aujourd’hui, après 400 jours sans gouvernement. Avant de s’installer à la table de négociations, Wouter Beke, comme Kris Peeters, comme Bart De Wever, établit les limites de la négociation, les tabous, les interdits, les impossibles. Ça ne va pas le faire, ça ne le fera jamais.
16:10 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (221) | Envoyer cette note |
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vendredi, 08 juillet 2011
Fin (de non-recevoir).
En 2007, j’avais attendu les élections de 2009 pour voir si la Belgique avait encore un sens. En 2009, j’avais gardé un rien d’espoir jusqu’en 2010. En 2010, au vu des élections, j’avais dit que la seule chance de notre pays était que les partis démocrates (en ce inclus le CD&V) acceptent de former un gouvernement sans les nationalistes. Les élections prochaines devraient avoir lieu en 2011, et je le promets : si le CD&V et la N-VA ne se font pas complètement ratatiner, je prendrai acte de l’inévitable conclusion : la Belgique est deux fois morte, et ce ne sera plus la peine d’essayer de recoller les morceaux : ils ne seront plus compatibles.
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mercredi, 06 juillet 2011
La note Di Rupo ? Y'a pas de mais !
La petite Mosquée dans la Prairie est une série télévisée canadienne de Zarqa Nawaz, une femme. Elle raconte les aléas de la vie d’une communauté musulmane au Canada, avec beaucoup d’humour et d’autodérision. Elle devrait être injectée à la seringue à Geert Wilders et à l’ensemble du Vlaams Belang. Dans l’un des épisodes, Aamar, jeune imam bien de sa personne, est confronté à une querelle dans la petite mosquée qu’il a aménagée dans le presbytère du temple protestant, où le pasteur lui a prêté cet espace de prière. Quelques hommes un peu intégristes exigent qu’une palissade y sépare les hommes des femmes. La plupart des femmes, elles, exigent qu’on leur laisse le droit d’assister au prêche sans devoir se trouver derrière un mur. L’imam trouve une solution : on placera une palissade sur la moitié de la largeur de la mosquée. Ainsi, les hommes qui souhaitent être séparés des femmes se mettront du côté de la palissade, et les femmes qui veulent assister pleinement à la prière se mettront du côté où il n’y a pas de palissade. La solution soulève un tollé. Vous voyez où je veux en venir ? Le jeune imam dit alors en substance «C’est donc une solution parfaitement musulmane : elle ne fait que des mécontents». C’est ce que m’a inspiré le texte que Di Rupo a diffusé hier.
Audacieux pour le PS. Pas assez pour le Vlaamse Volksbeweging (Mouvement populaire flamand, proche de la N-VA). Trahison (selon De Standaard) pour Damien Thiéry (FDF). Probablement inacceptable pour la N-VA. Imbuvable pour les syndicats. Quant au MR, il accepte de discuter sur base du nouveau texte, mais il y aura «des amendements». On peut imaginer que ces amendements s’opposeront à d’autres amendements, venus du Nord, de l’est, du sud, de l’ouest.
00:33 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (244) | Envoyer cette note |
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vendredi, 01 juillet 2011
Deborsu, un plat qui se mange droit.
Ce texte est aussi disponible en PDF
Dans sa chronique du Standaard du 16 juin 2011, le journaliste «francophone» Christophe Deborsu m’attaque de front — ainsi que Daan, que j’ai défendu sur ce blog. Le Wallon de service, mondialement connu à la télévision flamande, nous y donne les bons et les mauvais points en oubliant toutefois la poutre qu’il a dans l’œil. Il nous apprend ainsi comment s’opposer efficacement à Bart De Wever. Mais comme il écrit tout ça dans De Standaard, Christophe s’est senti obligé d’en rajouter trois ou quatre louches, dans le genre louche, d’ailleurs, de celui qui évoque sans jamais dire. Il commence par décrédibiliser Daan (un chanteur, rendez-vous compte !) tant que faire se peu et par insinuer (subtilement) qu’un musicien ne devrait pas se mêler de politique. Une bienséante collusion d’idées avec Siegfried Bracke (N-VA) — le méchant de l’Affaire Milow aux éditions Castre-man(1). Puis Deborsu étend son raisonnement en commençant un paragraphe par : «Sel, lui aussi musicien, soutient la protest-song de Daan»…
Ah ! Tiens ! Je suis «musicien» ! Bon. Je suis aussi un musicien. C’est l’une de mes multiples identités. Avec «auteur», «essayiste», «blogueur», «chroniqueur», «journaliste», «provocateur», «polémiste», «agitateur», «polyglotte», «Bruxellois», «imbécile heureux» et quelques autres particularismes. Généralement, les journalistes ont utilisé quelques-uns des cinq premiers qualificatifs pour me décrire (de «auteur» à «journaliste»), les saupoudrant quelquefois de l’un des trois suivants (de «provocateur» à «agitateur»). Alors, comment est-il venu à l’idée de Deborsu de se fendre de «musicien» ? Je vais vous le rire. En fait, je vais tout vous rire…
15:43 | Lien permanent | Commentaires (321) | Envoyer cette note |
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Communiqué suite à une campagne de harcèlement en mon nom.
Mesdames et Messieurs du Collectif des Irradiés,
amis journalistes,
Bien cordialement,
13:34 Publié dans Nouvelles de Sel | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note |
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