vendredi, 28 janvier 2011
La pollution des solutions (le point sur l'insituation)
Et voilà ! À peine Vande Lanotte a-t-il rendu son tablier que nos politiciens se remettent à dire des imbécillités. Reynders prétend qu’avec les libéraux, ce sera mieux (on a vu ça de 2007 à 2010…) Gennez dit qu’il faut continuer à 7 (alors que son coreligionnaire vient de faire un constat d’échec sans appel et que les 7 n’ont plus été réunis depuis Mathusalem). Milquet répète qu’on était près d’un accord (à force, elle finira par y croire). Bogaert (CD&V) explique qu’avec ce qu’on a sur la table, un «bon accord» est possible (alors que le CD&V disait tout le contraire il y a une semaine). Wouter Van Besien (Groen!) pense que c’est désormais au PS et à la N-VA de se lancer (alors qu’ils sont au bout de leur rouleau commun depuis août déjà). Et la N-VA explique qu’elle n’a jamais eu l’occasion de faire des propositions (alors que Bart De Wever a proposé un projet complet, refusé, il est vrai, mais qui a servi de base à Vande Lanote). Plus à l’aise dans la stratégie du zwartepiet (valet puant), Jan Jambon explique que «c’est la faute aux Francophones» — le jour où il trouvera en Flandre un problème qui ne serait pas dû aux Francophones, les poules auront des dents !
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jeudi, 27 janvier 2011
80% des députés flamands pour l'examen d'une loi révisionniste (MàJ du 27/1).
Note : ce texte a été enrichi le 27/01 d'un certain nombre d'informations (dont la Loi "d'amnistie" du 30 juin 1961), et de quelques précisions (sur Peumans notamment)
Ils n’ont pas lieu d’être fiers, les politiciens flamands. Le Vlaams Belang a déposé un projet de Loi d’amnistie et d’indemnisation des ex-collaborateurs condamnés après guerre (ce n’est que le énième du genre). Cette Loi prévoit non seulement l’arrêt immédiat de tout effet des peines auxquelles des collaborateurs auraient été condamnés pour «des actes d’incivisme prétendument (sic) commis entre le 10 mai 1940 et le 8 mai 1945», mais en sus, elle propose une indemnisation à l’ensemble des personnes condamnées pour leur collaboration, ainsi qu’à leurs descendants — c’est-à-dire, y compris aux descendants du bourreau de Breendonk, des pires délateurs, des chasseurs de Juifs. On pardonne tout le monde, même les pires, et on paye ! Adolf Hitler doit péter d’aise dans le tas d’immondices qui lui sert de tombeau : les ex-nazis flamands (et wallons en l’occurrence), même s’ils ne se sont jamais excusés, même s’ils n’ont jamais renié leur passé, même s’ils ont continué à militer pour l’ordre nouveau, et en catimini pour l’antisémitisme, sont non seulement pardonnés inconditionnellement, mais en sus, on leur donne du pognon ! Bart De Wever, dont le grand-père était un «petit poisson», certes, mais clairement collaborateur, et condamné, pourra donc demander une indemnisation pour la peine que son pépé a subie ! Et les rares derniers Waffen SS, s’ils ont été internés après-guerre, pourront obtenir «réparation» des dommages juridiques que la «répression belge» leur aura fait subir, qu’ils se soient excusés ou non pour leur participation, de près ou de loin, à la Shoah. J'appelle ça une loi révisionniste.
16:12 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (160) | Envoyer cette note |
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mardi, 25 janvier 2011
Belgium, a successful failed state (par PRI"s The World, USA)
Il est toujours très intéressant de voir (et dans ce cas, d'entendre) comment la presse étrangère lointaine décrit la situation belge. PRI"s The World est un programme radio diffusé aux États-Unis, et coproduit par la BBC, PRI et WGBH. Son correspondant à Bruxelles, Clark Boyd, est passé cette semaine me poser quelques questions sur la crise que traverse la Belgique. Il a aussi interviewé deux participants à la manif, ainsi que Dorian Van Bever (l'un des initiateurs de Camping 16), Sven Grothe (co-concepteur du site «Le record du monde» ) et passé un extrait du discours barbu de Benoît Poelvoorde. Le tout faisant l'objet d'une capsule radio que je vous propose d'écouter ci-dessous (ou de lire ici).
Clark Boyd c'est un peu «an American in Brussels». Son regard sur la Belgique est frais, c'est celui d'un curieux étonné (et objectif), qui n'oublie pas de traiter nos querelles avec le minimum d'humour requis pour permettre aux Américains de comprendre (tant que faire se peut) ce pays surréaliste. Il m'a proposé de commenter l'idée que la Belgique était «a successfull failed state», ce que je traduirais très approximativement par «un pays raté qui réussit». Qu'est-ce que j'en pense ? Pour le savoir, et entendre d'autres opinions, il suffit d'écouter ce programme court et clair, en anglais. Et comme on dit de nos jours : «Et pour les Wallons, la même chose !»
Quand même, je ne résiste pas à vous traduire la dernière phrase du programme : «Sel dit qu'il ne serait pas surpris que la Belgique batte à plate couture le record du monde (de la formation d'un gouvernement) détenu par l'Iraq et, plaisante-t-il, 'si la campagne 'laissez poussez votre barbe pour la Belgique' marchait, Bruxelles pourrait bientôt ressembler à Kandahar'» Faut reconnaître que la Belgique serait alors le premier pays au monde où les «autochtones» se seront intégrés en adoptant la coutume de certains de leurs «immigrés». Inch'al Lah !
11:51 Publié dans Nouvelles de Sel | Lien permanent | Commentaires (73) | Envoyer cette note |
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lundi, 24 janvier 2011
Petit billet à Simon Vandereecken
Je vous ai charrié, Simon, et je m’en excuse. Vous m’avez pris de haut, vous avez présenté mes critiques comme un manque de respect, et ça m’a sérieusement énervé. Je suis sidéré de voir qu’on doit désormais, dans cette société de l’internet, «modérer» ses critiques et ses assauts. Plus on cherchera à me l’imposer, moins je le ferai. Et quand un «étudiant contestataire» tente de me faire passer pour un vieil imbécile, ou un frustré, parce que je m’exprime toujours en toute liberté, l’étudiant toujours contestataire qui est en moi se révolte, rue, crie, crache et maltraite.
15:23 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (80) | Envoyer cette note |
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Un coup dans l'eau.
Voilà. Ils sont rentrés. Ils ont échangé les photos. Ils y étaient. Ils ont vécu des moments de joie, de fusion, ils ont parlé flamand, bruxellois, wallon, français, néerlandais. Ils ont, le temps d’une journée, contesté ensemble. C’est bien. Il faut s’indigner, écrit Stéphane Hessel. Au soir du 23 janvier 2011, les télévisions unanimes parlaient d’un grand succès, et les organisateurs ne savaient plus comment ils s’appelaient. L’un d’eux a même osé dire que c’était «le peuple belge» qui s’était levé derrière lui. Le peuple belge ? Quarante mille personnes ? Un peu moins d’un demi-pourcent de la population. Le peuple belge ? De Standaard publiera les chiffres tout à l’heure. À peine plus de 20 % de «Flamands », dira le journal, comme pour prouver déjà que cet «ensemble», organisé surtout par des jeunes Flamands, n’intéresse finalement que les Bruxellois et les Francophones. Et sur quel sujet sont-ils unanimes, semble s’interroger le journal de centre-droit ? Eh bien, 16 % des manifestants ont marché pour une Belgique unie, 15 % pour une formation rapide d’un gouvernement, 13 % pour se plaindre du monde politique, et 56 % pour d’autres raisons.
03:02 Publié dans La Fine fleur de Sel | Lien permanent | Commentaires (103) | Envoyer cette note |
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vendredi, 21 janvier 2011
Pride !
Ce texte est disponible en PDF
Shame.be ? Honte à la Belgique ? C’est ça, le mot d’ordre ? Je vous en propose un autre : «Pride.be». Car oui, je rêve d’une autre manif. Je rêve d’une manif où l’on dirait qu’on est fiers de notre pays. Un pays de cocagne. Un pays où l’on a tout ou presque, mais où pour certains, ce «tout» n’est pas suffisant. Ils veulent plus, encore plus, toujours plus. Il y a des pays où l’on n’a rien, qui regardent, exsangues, affamés, ces riches Belges se disputer, se déchirer, et pire encore, s’asperger du mot «honte». Shame.be ? Non, je ne suis pas honteux de mon pays, j’en suis fier, au contraire. Pride.be, c’est ça, mon mot d’ordre. Et qu’on sorte les drapeaux, même si les couleurs ne sont pas terribles. Et qu’on hurle la Brabançonne, même si les paroles sont à chier. Et qu’on la chante en trois langues. Et qu’on devienne, enfin, un pays.
13:52 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (186) | Envoyer cette note |
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jeudi, 20 janvier 2011
La Flandre (littéraire) de réveille.
Les quotidiens semblent surtout s’émouvoir de l’organisation d’une potentielle grande manifestation (dimanche nous dira s’il s’agissait d’un pétard mouillé ou non) pour réclamer un gouvernement belge. S’il est vrai que le seul fait que les Belges descendent dans la rue pour réclamer quelque chose est déjà en soi un événement considérable, celui-ci ne changera rien à la donne, comme je le disais ici, et comme l’expliquait très bien David Coppi dans le 11h02 d’hier sur Le Soir en ligne : c’est la donne politique, posée sur la table par l’électeur, qui rend la formation d’un gouvernement impossible. Ce ne sont pas les politiciens eux-mêmes, ni la «classe politique». Et en ciblant mal le responsable, on risque bien d’organiser une manifestation «contre la politique». Le comble étant que parmi les gens qui défileront, il y aura aussi ceux qui, en élisant particulièrement un parti indépendantiste, ont collectivement causé le problème contre lequel ils s’élèvent aujourd’hui.
En revanche, un autre mouvement se fait jour, et celui-là est beaucoup plus intéressant, même s’il est encore embryonnaire. Il s’agit d’une série d’initiatives antinationalistes, nées en Flandre même. Car — faut-il le dire ? — les Francophones sont impuissants dans le contexte actuel. Seuls les électeurs «flamands» (puisqu’on a aussi séparé ça) sont en mesure de défaire ce qu’ils ont fait. On peut même difficilement leur reprocher d’avoir choisi De Wever, ils ont simplement usé du droit démocratique d’élire qui ils voulaient. Tout au plus peut-on dire : «votre choix revient à scinder le pays ; ceci ne se fera pas sans violence». Et à «eux» ensuite, de modifier, s’ils le veulent ou s’ils le peuvent, leur comportement électoral. C’est là qu’en une semaine, plusieurs textes ont attiré mon attention (et celle de plusieurs de mes commentateurs).…
13:15 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (64) | Envoyer cette note |
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mardi, 18 janvier 2011
La véritable nature de la crise belge, (une Manifestation pour rien).
Le moins que l’on puisse dire, c’est que les gens qui s’apprêtent à manifester ce dimanche pour exiger un gouvernement n’ont pas compris en quels termes la «crise belge» devait se définir. Déjà, ce n’est pas une crise politique. Depuis juin, les discussions n’ont pas été politiques, mais structurelles. Les dissensions entre les partis le montrent bien : il y a d’une part l’ensemble des partis traditionnels, du PS au SP.a en passant par le CDH et Ecolo (et il pourrait parfaitement y avoir dans ce camp-là l’Open VLD ou le MR), et d’autre part, les partis que je qualifie de «nationalistes» (mais à deux degrés différents), la N-VA et le CD&V. La fêlure ne se fait donc ni sur un plan politique, ni sur un plan ethnique, ni sur un plan économique, mais bien sur un plan idéologique..
12:54 Publié dans La Fine fleur de Sel | Lien permanent | Commentaires (182) | Envoyer cette note |
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vendredi, 14 janvier 2011
Les relations sulführeuses de la N-VA (diabolization part 2)
Voici donc la deuxième partie de mon entreprise de diabolisation de la N-VA (ce qui n'implique aucunement ses électeurs qui pour la plupart ignorent ce que j'explique ici). Il faut dire que quand on cherche des arguments pour montrer le caractère extrémiste de ce parti, il nous aide beaucoup. Ce qui est plus étonnant, c'est que les médias flamands (et francophones) semblent systématiquement aveugles dès que l'on peut objectivement établir une relation entre la N-VA et des groupes radicaux, extrémistes. Ou carrément, le nazisme. Il faut dire aussi que depuis longtemps, certains médias flamands ont pris l'habitude de donner la parole aux pires extrémistes, et de les traiter comme n'importe quel autre politicien ou idéologue.
La complaisance à inviter des extrémistes pour évoquer des moments clés de la délicate (ultime?) négociation belge, me laisse quelquefois pantois. Ainsi, vendredi passé, Terzake invitait Peter De Roover, le secrétaire politique du VVB (Vlaamse Volksbeweging — Mouvement populaire flamand), un groupe radical, qui appelle à l'indépendance flamande avec Bruxelles pour capitale, sachant que les «habitants francophones des 19 communes recevront leur propre structure dans laquelle ils pourront exercer des compétences données en matière d'enseignement et de culture sous la surveillance de l'Autorité Flamande.» Quant aux autres Francophones, de Rhode ou Linkebeek, ils pourront dire adieu à leurs écoles, aux facilités, aux indications bilingues. Et l'on cherchera en vain «Mons» ou «Liège» sur le ring de Bruxelles. En voilà des démocrates !
Mais le plateau de Terzake n'était pas qu'extrémiste. Face à De Roover, il y avait Jos Geysels, ministre d'État et ex-député Groen!, qui batailla dignement, mais que faire face à un ultranationaliste dont les concepts ont peu à peu été répandus dans l'imaginaire politique flamand ? Peter De Roover expliqua qu'il a été désormais démontré qu'on ne pouvait pas trouver de terrain d'entente avec les Francophones. Et de sous-entendre, sans jamais le dire bien sûr, que l'indépendance flamande était la seule issue. Au passage, ceci démontre que je ne me suis pas trompé quand j'ai expliqué que la stratégie de la N-VA était de prouver à l'électeur flamand, non-indépendantiste dans sa vaste majorité, que la seule voie possible était l'indépendance (avec Bruxelles comme capitale) : à peine les négociations ont-elles capoté que le «Mouvement Flamand» se manifeste à la télévision pour tirer les conclusions que, sagement, la N-VA laisse à son «arrière-ban». Car oui, le VVB est très proche de la N-VA, on va le voir plus loin.
Reste donc à se demander s'il est pertinent de donner la parole, à un tel moment de crise, à des organisations aussi sulfureuses que le Vlaamse Volksbeweging dans une émission aussi sérieuse. Et accrochez-vous parce que je vais de nouveau établir des liens objectifs entre l'actuel «Mouvement flamand» et le national-socialisme.
00:53 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (232) | Envoyer cette note |
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mercredi, 12 janvier 2011
Dans la rue le 23 ou au théâtre le 21 ?
C'est sur la VRT, dans une émission que j'aime bien (oui, ça existe). Reyers Laat. On y voit des têtes qui sont plus rarement invitées à d'autres débats. Là, il y avait Felix De Clerck, l'un des organisateurs de la manif du 23 janvier (SHAME). Il y avait aussi une voix intéressante qui ose se démarquer de celle de son parti, celle de Mark Eyskens. Avec énormément de bonne volonté (et de lyrisme), notre vénérable ministre d'État nous dit qu'il faudrait qu'un politicien flamand de haut vol dise enfin à la télévision qu'il se sent plus solidaire d'un Wallon pauvre que d'un Flamand riche, et précise que c'est son cas. C'est suffisamment rare comme attitude (et il le dit lui même) pour qu'on applaudisse et qu'on ait envie d'accrocher une photo d'Eyskens au-dessus de son lit. Mais ensuite, il prend le contre-exemple, qui pour lui, serait qu'un politicen francophone dise ouvertement qu'il a plus de sympathie pour un Flamand qui va vivre en Wallonie et s'adapte que pour un Francophone qui va vivre en Flandre et ne s'adapte pas, puis demande des droits. Et Felix De Clerck acquiesce. Alors, je me demande pour quoi on va manifester, le 23… Et mon regard se tourne vers le 21… Parce que…
18:24 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (142) | Envoyer cette note |
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