jeudi, 11 février 2010
La presse flamande et le Vlaams Belang d'une seule voix !
C'est involontaire, évidemment, mais c'est révélateur. De quoi parlait la presse flamande dans ses grands titres depuis deux semaines ? De la sécurité à Bruxelles. Aucun journal de la VRT, que moins de 5% des Bruxellois regardent, ne passait à-côté du sujet. De Standaard et Het Nieuwsblad en ont aussi fait leurs choux gras. Les politiciens et les médias flamands ont la solution: tolérance zéro, d'une part (si peu appliquée en Flandre qu'un jeune voleur à main armée à Termonde a été relâché le jour même de son arrestation par… manque de place !) et zone unique d'autre part (alors que personne n'a jusqu'ici démontré des dysfonctionnements policiers). L'arrestation, lors du braquage à l'origine de tout, d'une dame âgée, avec une brutalité toute policière, ainsi que les insultes racistes qui auraient été proférées par des policiers néerlandophones — «pour moi, les Arabes peuvent tous se prendre une balle dans la tête » —, ont fait l'objet d'un tout petit reportage sur Terzake, puis ont été oubliés.) Les autres éléments de solution n'intéressent pas la VRT. Que Bruxelles soit sous-financée non plus. Dès qu'on touche aux nœuds du problème (justice sans moyens, manque d'effectifs policiers, cadres linguistiques obsolètes) et aux compétences de ministres néerlandophones, on constate le blocage, le terrible blocage de Bruxelles. On entend alors des petites voix prétendre que si les Francophones acceptaient une réforme de l'État, Bruxelles aurait droit à un refinancement. Ah bon ? Dans ce cas, il y aurait tout à coup de l'argent ? Donc, les partis flamand avouent avoir pris Bruxelles en otage ? Et leur presse trouve ça normal ? C'est bien ça qui mériterait dix pages ! Dans Le Soir, par exemple !
Parallèlement, la hausse de 60% de la criminalité contre les personnes à Anvers n'a pas valu à la ville les manchettes ni de reportage brutal qu'une kalach a valu à la Capitale. Sur Terzake d'hier, le bourgmestre de la ville est venu expliquer que, oui, il y avait des problèmes, et qu'on s'en occupait. En gros, il a dit la même chose que Moureaux. Sauf que Moureaux est francophone et que donc, il n'est pas crédible. La différence de traitement entre l'insécurité à Anvers et l'insécurité à Bruxelles fait peur.
Enfin, sachez que pour la VRT et la plupart des politiciens flamands, tous les problèmes de sécurité à Bruxelles se concentrent en un seul point : Cureghem. C'est à rire, même. Des journalistes émérites prétendent que les coups de feu ont eu lieu à Cureghem. Ouf! Laeken, Molenbeek, Schaerbeek, Saint-Josse, Saint-Gilles et le bas de Forest sont épargnés par l'ire flamande. C'est donc bien un mot qu'il leur fallait : Cureghem. Simplifications utile pour populisme féroce : zone unique, Cureghem, tolérance zéro, le peuple est content, les journalistes s'enfoncent. Mais le braquage manqué a eu lieu boulevard Adolphe Max, et l'arrestation, dans une rue de Laeken. Avis aux commentateurs flamands : avant de parler de Cureghem comme si vous vous y promeniez chaque jour, venez visiter Bruxelles, on vous apprendra qu'entre l'atomium (ou presque) et la gare du Midi, il y a une sacrée différence. Et oui, les problèmes de sécurité se posent dans un tiers des communes bruxelloises. Et oui, c'est dramatique. Mais pratiquement tous les acteurs de l'histoire sont… flamands. Et ça, à aucun moment, je ne l'ai lu dans les colonnes du Nord. Alors, je me demande si l'on n'est pas tombé très bas là-haut…
Parce que comme je le disais, ils ne l'ont même pas fait exprès : cette semaine, la même une fédérait un journal centriste, une télé publique et le magazine du Vlaams Belang « Brusselse Feiten » (Réalités bruxelloises) : La criminalité à Bruxelles. Mieux encore : l'article du parti raciste date de bien avant la vague médiatique flamande ! Bien sûr, les journalistes sont généralement anti-vlaams belang. Raison de plus pour réfléchir un peu à la vague médiatique qui vient de submerger la Flandre (et la ville dont elle pense encore qu'elle est sa capitale), car l'on imagine qu'ils ont dû bien saliver, au siège du Vlaams Belang de Bruxelles, quand ils ont vu la VRT et quelques journaux de premier plan foncer tête en avant dans la brèche ouverte par quelques syndicats de policiers (dont on me dit qu'une proportion importante vote extrême droite, ce n'est peut-être pas tout à fait anodin) et par trois autres partis, la NVA, LDD et la S-PA, tous trois évincés de la majorité bruxelloise. Tous les autres partis ont foncé dans le même tas. Ça doit être un sacré problème de voter en Flandre. Quand un journal centriste écrit grosso modo la même chose sur Bruxelles qu'un journal d'extrême-droite, l'électeur n'a plus trop le choix des cartes. Ou alors, il se dit que ces Francophones, décidément, c'est une belle bande de nuls ! La preuve : à Anvers, tout va bien. Si bien que la zone unique a été divisée en districts.
12:30 Publié dans Rhumeurs | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note |
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Peumans peut mieux.
Après une intervention insupportable de Filip Dewinter qui, au parlement flamand exigeait d'une jeune femme se trouvant au balcon des observateurs qu'elle retire le voile musulman (très seyant au demeurant) qu'elle portait sous prétexte que c'était un signe d'appartenance politique, le président du parlement, Jan Peumans, a montré que son parti n'était pas islamophobe en priant l'extrémiste raciste de se taire, ce qui lui a valu une volée d'applaudissement. Il ne reste plus à Jan Peumans d'admettre que les membres du VNV n'étaient pas de bons patriotes et que leur exécution était un acte de guerre. Ensuite, il lui restera à comprendre que les Francophones de ce pays n'ont rien à voir avec les Fransquillions d'autrefois, et enfin à comprendre qu'en Union européenne, les minorités ont des droits.
Peumans peut mieux. Il le montre. Quoique.
11:32 Publié dans Rhumeurs | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note |
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lundi, 08 février 2010
Le président du parlement flamand traite les résistants de « crapules ».
Ça colle comme du sparadrap. On a beau se promettre de ne plus aller chercher la collaboration avec les nazis à chaque fois qu’on parle de flamingantisme, ça revient tout seul. Le coupable, ce week-end ? Jan Peumans, président du parlement flamand, rien de moins ! Il s’était déjà fait remarquer en refusant de se rendre avec les autres Corps constitués aux vœux royaux annuels, qui se sont donc déroulés sans représentant des élus flamands. Ce samedi, dans Le Soir, Jan Peumans traitait carrément les résistants de la Seconde Guerre mondiale de lâches.
13:53 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (324) | Envoyer cette note |
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