jeudi, 30 septembre 2010
Wild, wilder, Wilders
Les libéraux démocrates populaires du VVD, et les chrétiens du CDA ont signé un accord gouvernemental pour un gouvernement minoritaire, qui fonctionnera avec le soutien extérieur du PVV, le parti «pour la liberté» de Geert Wilders. Le PVV est considéré par la Fondation Anne Franck comme un parti d'extrême droite. Wilders est surtout connu comme auteur d'un pamphlet islamophobe titré Fitna, une version moderne des pamphlets antisémites qui fleurirent avant-guerre, dont la cible est cette fois l'islam. Dans ce «documentaire» qui n'a peur d'aucun raccourci, Wilders stigmatise l'ensemble du monde musulman à partir d'extraits soigneusement sélectionnés du Coran, prétendant que la seule ambition de tout musulman est de détruire l'Occident et la Chrétienté.
En 2009, les autorités anglaises ont interdit à l'importun l'accès au territoire d'Albion, pas toujours perfide, où il venait présenter son pamphlet au parlement britannique, à l'invitation du parti indépendantiste anglais UKIP, parti nationaliste, eurosceptique, conservateur et plutôt populiste, pour être gentil. C'est le parti du désormais célèbre Nigel Farage, qui avait traité Herman Van Rompuy de «serpillère». Mais il y a mieux : le 4 octobre commence le procès du président du PVV pour racisme au tribunal d'Amsterdam. Le verdict sera connu le 2 novembre. On s'attend à ce que le procès Wilders tourne au procès du Coran, comme au plus belles heures de la répression antiprotestante, qui vit naître la nation hollandaise, née havre de tolérance religeuse. Les deux partis coallisés n'ont pas attendu de connaître l'avis de la justice sur l'éventuel racisme de leur nouveau compagnon. Étant donné le contenu de Fitna assimile littéralement tous les musulmans à des terroristes, et considérant les déclarations de Wilders sur le Coran («un livre fasciste»), l'éventualité que le sulfureux blondinet soit condamné est loin d'être une vue de l'esprit. Si c'était le cas, on imagine le mal-être de cette toute nouvelle coallition dès après sa mise en route, cela, après une centaine de jours de crise gouvernementale.
On peut voir ici les retombées du 11 septembre, 9 ans après l'attentat : la communauté musulmane fait un peu partout l'objet de brimades, suspections, et de débats qui profitent d'un des travers de l'islam, l'obligation imposée par certains maris ou certaines familles de porter le voile — les femmes qui le font par conviction ne font néanmoins qu'exercer leur liberté religieuse. On voit bien que l'objectif que de plus en plus de pays semblent vouloir atteinde est de mettre toute une communauté au ban de la société occidentale. Minarets imaginaires, voiles scandaleux, jusqu'au contenu du Coran réinterprétés à la sauce PVV, VB ou FN, sont autant de soi-disant «preuves» de la volonté d'une religion (qui, bien sûr, doit faire son examen de conscience mais ce n'est pas aux extrémistes de le faire à sa place), d'abolir les valeurs de l'Occident. Et d'Éric Besson à Geert Wilders en passant par Filip Dewinter, les bouteurs de feu ont, depuis le crime épouvantable d'Al Qaeda, et le fuel, et les torches qu'il leur manquait auparavant pour incendier ceux de nos concitoyens qui ne seraient pas aussi blonds et chrétiens qu'il siérait à une Nation au sens racial et égoïste du terme.
De l'identité nationale à la soi-disant préservation de l'Occident, qui soit dit en passant, s'est construite sur le même Dieu que l'Islam et le Judaïsme, il n'y a qu'un pas. Il est révélateur que la société qui ait décidé de le franchir aujourd'hui soit justement celle qui s'est fondée sur les valeurs de tolérance religieuse qu'elle avait su préserver pendant des siècles. Les sous-entendus derrière des débats comme le voile intégral, qui concerne en France tout au plus 300 ou 400 femmes, alors que l'urgence est à l'économie et à l'environnement, doivent éveiller nos consciences : les combats des humanistes contre l'obscurantisme religieux ou politique ne sont jamais gagnés. Toutes nos sociétés ont en elles le potentiel de fonder de nouvelles opressions. Cette coalition hollandaise ahurissante est un signal qui appelle au réveil d'un Occident embourbé dans ses pires démons. C'est parce qu'il faut s'opposer à l'Iran quand il assassine des jeunes manifestantes ou qu'il s'apprête à lapider des femmes, que nous devons nous lever contre l'intolérance chez nous, dont Wilders est l'une des figures de proue. Khomeiny, Wilders, le Hamas ou Avigdor Lieberman sont les visages variés d'un seul et même monstre pernicieux.
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mercredi, 29 septembre 2010
La Charte pour la Flandre. Une constitution très "walen buiten".
Kris Peeters a remis hier soir le projet de Charte pour la Flandre à Jan Peumans, président nationaliste du Parlement flamand. Elle arrive comme par hasard au moment où des négociations cruciales pour l’avenir du pays, dont on sait absolument tout grâce aux indiscrétions habiles de la N-VA (Bart De Wever rompait hier matin encore le silence assourdissant en déclarant qu’il était sceptique quant au résultat de tractations dont il est l’un des deux meneurs). Elle devrait faire l’effet d’une bombe. Ou plutôt d’un pétard mouillé, les Francophones n’osant plus dire ce qu’ils pensent, tant les médias flamands s’emparent du moindre prétexte pour se scandaliser (et scandaliser les Flamands par la même occasion, c’est le but) de toute résistance du Sud. Or, lancer maintenant le prélude à la Constitution flamande est bien une provocation, et elle est de taille.
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mardi, 28 septembre 2010
The buzz in America
Notre clip «Do you want to know more about Belgium» fait l'objet d'un reportage de The World, un programme produit notamment par BBC World aux États-Unis. Vous pouvez trouver l'interview, et le film (avec un avertissement : «Please note that the video below contains some strong language which could be considered ‘not safe for work») sur le site de TheWorld, ainsi qu'un fil de discussion déjà bien «chaud» sur la page Facebook de l'émission. Qui a dit que la Belgique n'intéressait personne ?
Entre-temps, le clip a dépassé la barre des 300.000 visions en une semaine.
14:09 Publié dans Nouvelles de Sel | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note |
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lundi, 27 septembre 2010
Van Quickenvlaams.
Vincent Van Quickenborne (Open VLD), notre ministre pour l'Entreprise et la Simplification, est un fana de Twitter. C'est un précurseur. Le premier à avoir annoncé la chute d'un gouvernement par un tweet : «alea jacta est». Autant dire qu'avec lui, Twitter est devenu un outil de communication politique, et ce n'est pas pour rien que certains journaux ont, quelque temps, affiché automatiquement les tweets des politiques sur leurs versions en ligne. Pour ceux qui ne le sauraient pas, les tweets (ou «twits») sont des messages courts de 140 caractères maximum, lisibles par les «abonnés» au compte de l'intéressé. Depuis la chute du gouvernement, ceux de «Van Quick» (et d'autres) sont donc l'un des canaux de la communication politique, et en ce sens, ils ont perdu leur «innocence» — je pense notamment aux photos de conseils de ministres que Leterme envoyait sur le sien l'an passé. C'est là que le bât blesse. Parce que Vincent n'est pas du genre léger. Et il semble avoir un profil de plus en plus radicalement Vlaams.
18:17 Publié dans Rhumeurs | Lien permanent | Commentaires (55) | Envoyer cette note |
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Flandre : les indépendantistes proches de la majorité.
Le dernier sondage de la Libre Belgique donne une petite idée de ce que serait le paysage politique au Nord si on allait, comme le pense Jean-Marie Dedecker, revoter cette année. J'ai additionné les scores des partis indépendantistes (N-VA de Bart De Wever, Vlaams Belang et Lijst De Decker) et j'en ai fait un graphique, en intégrant les élections de 2007, qui marquent le début de «la crise belge». En ajoutant le CD&V, j'ai créé une catégorie «Confédéralistes + indépendantistes», en considérant que l'alternative offerte par les premiers, un maximum de pouvoir pour la Flandre, ne pourra pas aboutir sans léser gravement les droits d'au moins certains Francophones et que donc, leur seule option sera, à terme, une indépendance. Du reste, une confédération est une association d'états indépendants. Enfin, j'ai classé l'Open VLD (libéraux), le SP-A (socialistes) et les écologistes de Groen! dans la catégorie «antinationalistes», même si des signes inquiétants de nationalisme nous force à relativiser. Ainsi, c'est Van Quickenborne (libéral du parti de Guy Verhofstadt, dont le brillant message européen est donc sabordé par son propre camp) qui, dans un tweet, relançait le terme de «fédéralisme d'argent de poche» inventé par son président, Alexander De Croo, et utilisait à nouveau le terme méprisant de «Wallonisation» pour fustiger le surcoût de l'Oosterweelverbinding (dernier tronçon du périphérique d'Anvers). J'en parle par ailleurs.
En trois ans, la poussée des indépendantistes est le fait le plus impressionnant. Ils représenteraient aujourd'hui près de la moitié des électeurs flamands. Quand on sait que seuls 16 % d'entre eux se disent indépendantistes, il y a de quoi se poser des questions quant à la transmission de l'information au lecteur et au téléspectateur flamand. Ou alors, il faut admettre que ceux qui se disent pour plus de pouvoir aux entités fédérées (43 % selon La Libre Belgique) seraient prêts, s'ils n'obtiennent pas satisfaction, à rejoindre les 16 % d'indépendantistes, ce qui nous donnerait un total de 59 % de confédéralistes et indépendantistes, plus proche des intentions de vote.
Toujours est-il que la poussée des nationalistes et protonationalistes (CD&V) en Flandre est affolante. Pire : comme je l'avais prévu en juin, alors que tous les commentateurs se réjouissaient de «l'écroulement» du Vlaams Belang, celui-ci recommence à se redresser, légèrement, il est vrai, mais lorsque tous les partis démocrates (j'exclus de ce cadre la N-VA, qui est nationaliste) chutent d'un bon tiers, le maintien de l'extrême droite, qui s'ajoute au Bartie-Boom indépendantiste, ne peut pas être négligé. En cas d'échec patent de la N-VA, on peut penser qu'une part inquiétante des 31,8 % de la N-VA rejoindraient le parti raciste. L'évolution de l'électorat flamand va d'ailleurs clairement dans le sens d'une radicalisation. Bart Maddens, qui rappelait que les vlaams-nationalisten ne récoltaient qu'un maigre 5 ou 6 % avant-guerre, et atteignaient aujourd'hui des records historiques ne s'y est pas trompé : on se rapproche dangereusement du moment de vérité. Une plongée dans l'inconnu, angoissante, dangereuse. Et pour l'Europe, la perspective d'être un conglomérat de centaines d'États croupions indépendants, ingérable, et de disparaître, peut-être, un jour, dans un big bang aussi violent que celui qui l'a fait naître.
16:21 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (62) | Envoyer cette note |
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Le buzz.
Update : een aantal fouten in de Nederlandstalige versie zijn nu verbeterd dank zij de verbeteringen van Rudi.
Merci à Rudi pour ses corrections et suggestions pour les sous-titres en néerlandais qui ont été adaptés.
C'est ce qu'on appelle un buzz. Plus de 50.000 visions sur Vimeo, plus de 150.000 sur YouTube, sans compter les reprises sur des blogs privés (vimeo permet de télécharger la vidéo). En trois jours, le petit clip «Do you want to know more about Belgium?», réalisé par Jérôme de Gerlache et écrit par Marcel Sel (c'est moi), a probablement déjà dépassé les 250.000 lectures. Pratiquement toute la presse en ligne l'a reprise, et BBC World nous a interviewé cet après-midi sur le buzz. (Plus d'info ci-dessous quand à la diffusion du clip dans la presse nationale).
Voici enfin la version sous-titrée bilingue. Pour la partager, voici la page officielle Vimeo :http://www.vimeo.com/15239617 La version non sous-titrée est toujours disponible ici : http://www.vimeo.com/15049808
Dès le premier jour, le clip fut repris sur les sites du Soir, de La DH, de La Libre Belgique, de RTL-TVI, de 7sur7, mais aussi sur celui de Het Laatste Nieuws, Brusselnieuws qui titre "hilarisch". Il se retrouve sur le Facebook du Parti Populaire et — oui — même sur le site du Vlaams Belang, qui interprète le film comme un «plaidoyer fort pour l'indépendance flamande et wallonne». Comme quoi on ne peut pas empêcher les spectateurs de voir du noir quand l'écran est blanc.
Heureusement, parmi d'autres commentaires critiques, plusieurs lecteurs du Laatste Nieuws (mon bonjour en passant à Luc Van Der Kelen) ont bien compris le message. Je vous livre une réaction de Marc Jerom, de Diksmuide : «Hoe belachelijk kan een volk zich maken. Vergeet niet dat een bevolking de politiekers heeft die ze zelf kiezen hé. 30% van de Vlamingen wilden bij de vorige verkiezingen nog meer van dit, nu zitten die met hun eigen dommigheden te lachen» ou : «A quel point un peuple peut se rendre ridicule. N'oubliez pas que la populatioin a les politiciens qu'elle a élu, hein ! 30% des Flamands voulaient encore plus de ceci lors des dernières élections. Maintenant, ils rient de leurs bêtises». Qui disait sur ce blog que tous les Flamands ne juraient plus que par la N-VA ? Petits capons, vous voilà bien attrapés…
Plus décevant, Brusselnieuws.be n'a pas pu s'empêcher d'écrire «les non-étrangers pourront s'occuper en tentant de découvrir à quel groupe linguistique appartient (sic) le concepteur», en précisant qu'il faut chercher vers le 2:34 (là où je parle de la minorité de 300.000 Francophones en Flandre). J'ai la réponse : nous n'appartenons pas à un «groupe linguistique» tout court.
Mais laissons là les esprits trop occupés à tout découper dans ce pays, ils ne comprendront pas le sens du film. Quelques autres chiffres : il y a plus de 15.000 référencements dans Google. Plus de 400 tweets répertoriés, et dans toutes les langues, j'en ai trouvé en russe et en suédois : "Видео YouTube добавлено мной в избранное" ou encore"Haha, fantastiskt roligt om Belgiens problem. Fast frågar man dem själva så klagar de inte så mkt." Sonovela.net (Portugal) l'a intégré dans son classement «animaçaõ» et le blog Forse per caso a Bruxelles en propose même une traduction en italien ! Un blog bruxellois en hongrois (blog.osztrogonacz.com) la diffuse avec le commentaire suivant : «Ebből a kis animációból minden kiderül a belga politikáról - 4 percben. Sajnos csak angol változatról tudok.» J'espère que c'est positif, comme commentaire.
La vidéo a été réalisée par Jérôme de Gerlache, écrite par moi-même, avec un commentaire d'Emma Dorman et une musique originale de Laurent Aglat. Après avoir écrit un premier jet à la demande de Jérôme, j'ai demandé à Karine Quarant-Schmidt de reformuler le texte en bon anglais, et d'y mettre sa patte subtile et talentueuse, mais faute de temps et d'argent, et suite à un coupable manque de rigueur de ma part, sa version n'a pu être enregistrée. Voici donc notre version commune et intégrale du scénario en PDF, que je vous invite bien sûr à lire sans modération : Belgioum.pdf .
Je dois encore féliciter et remercier Jérôme de Gerlache, qui est l'initiateur du projet pour l'énergie qu'il a mise dans la réalisation de ce petit film, qui n'a pas été simple à produire. Sans subsides, dans l'urgence, avec des couacs, du stress, la distance (Jérôme vit en France) et le quotidien qui, vacances aidant, ne s'est pas fait oublier. Et merci à Karine, Emma, Laurent et tous ceux qui ont participé de près ou de loin à ce buzz. Si cette fois, l'union fit la farce, elle pourrait, un jour, refaire aussi la force.
00:58 Publié dans Nouvelles de Sel | Lien permanent | Commentaires (255) | Envoyer cette note |
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samedi, 25 septembre 2010
Les Flamands de Bangkok sont ils encore des Belges ?
L'ambassade belge à Bangkok propose la nouvelle mouture de son bulletin d'information. En Français, il s'intitule «Lettre aux Belges». En néerlandais, on aurait pu s'attendre à ce que la traduction soit quelque chose comme «Belgen in Bangkok», ou «Het Blad van de Belgen». Mais non. En néerlandais, c'est «Nieuwsbrief». Pourquoi ? On se doute que si l'ambassade avait écrit le mot «Belgen», les plus rabiques des Flamingants du coin auraient inondé la boîte mail de l'office de lettres d'insultes. Quand le maître de la Flandre, Bart De Wever, et le président de son Parlement, Jan Peumans, disent que le drapeau et l'hymne belges ne sont pas les leurs, qu'ils n'ont aucune affinité avec eux, les lions (noirs) sont lâchés, partout dans le monde, et jusqu'à Bangkok. «Sire, il n'y a plus de Belges» disait un importun au début du siècle passé. Aujourd'hui, force est de constater qu'il y a bien toujours des Belges, mais qu'au Nord, on n'a plus le droit de le dire, parce que les extrémistes, loin de faire la majorité de la population, ont si bien envahi les espaces médiatiques, qu'un ambassadeur du bout du monde n'ose plus prononcer le mot «belge» en néerlandais. Le nationalisme a toujours, dans un premier temps, raison de la démocratie. Autant le savoir. Parce que la sournoiserie est toujours plus efficace que la vérité.
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mardi, 21 septembre 2010
The Belgetalist
Red John sur la Une, Big Bart sur la dune.
Chronique parue dans Télépro le 8 septembre 2010.
Patrick Jane arrive, tout sourire, sur les lieux du crime — une villa sur côte, à West End. Il regarde à peine la victime qui gît, découpée en deux, dans le salon. «Elle s’appelait Labelle», dit Teresa Lisbon à son collègue. Sur le mur, un cercle beigeasse, la marque du meurtrier. «Tu crois que c’est Red John ?», demande Lisbon. «Non», assure le Mentalist. «D’abord, ça ne représente pas un smiley, mais bien une fricadelle. Et ce n’est pas dessiné avec le sang de la victime, mais avec du pickles.» Autour du corps sans vie, une famille en pleurs. Il y a là Albert, le mari de la malheureuse, Yves, son directeur, Didier, son comptable, et un certain Elio qui a les yeux baissés. Aurait-il quelque chose à se reprocher ? On l’interroge. «J’ai tout fait pour que ça n’arrive pas», dit-il désespéré. «Big Bart avait bien prévenu qu’il allait la couper en deux, mais on ne l’a pas écouté !» Lisbon et Jane se regardent. Big Bart ? Un copycat de Red John ?
Nos deux héros décident de faire le tour de la maison. Sur la dune, face à la mer, ils tombent sur un type bizarre, la tête vissée sur les épaules et des yeux globuleux. Il mange un paquet de 12 kilos de frites. Au premier regard, Patrick Jane a compris : «Lisbon ! C’est lui ! Regarde : il a une tache de pickles sur son veston !» Lisbon le fouille. Dans ses poches, il y a une dizaine de fricadelles. «Aucun doute, c’est Big Bart», fait le Mentalist. «Mais je n’ai pas tué madame Jik !» dit l’accusé. Patrick Jane regarde Lisbon, interloqué. «Je croyais qu’elle s’appelait Labelle ?» L’inspectrice répond : «Labelle, c’est son prénom. Son nom de famille, c’est Jik.» Jane murmure : «C’est donc elle, Labelle Jik ? Quel dommage. Une si belle femme !». On passe les menottes à Big Bart qui proteste : «Ça n’est pas juste, hein ! Je ne l’ai pas fait exprès, moi ! Je l’ai juste découpée en deux. Comment je savais savoir, moi, que ça allait la tuer !»
13:00 Publié dans La Fine fleur de Sel | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note |
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Oh, la belge rentrée !
Démission impossible.
Chronique parue dans Télépro le 1er septembre 2010.
Ah, ça fait du bien de rentrer chez soi ! La voiture est enfin déchargée, les enfants sont au lit, Madame vide les valises, j’ai comme prétexte pour ne pas l’aider d’avoir roulé 1.000 km d’une traite, et je me pose devant la télévision à 19h30 tapantes pour retrouver ma Belgique chérie, son journal, et découvrir le nouveau gouvernement qui se sera formé pendant que je dégustais des tartiflettes en Suisse.
Mais le générique du JT n’est pas habituel. Il y a bien la planète rouge, il y a bien Nathalie Maleux, mais il est écrit «Édition spéciale». Dans un sourire informatif, précis et sans âme, la présentatrice nous explique qu’Elio Di Rupo s’est rendu chez le roi pour donner sa démission. Bon sang ! Nous faire ça un 30 août ! Juste avant la rentrée ! À quoi ça servait qu’on parte à la montagne si c’est pour retrouver le même fatras qu’au départ ?
Ça ne va pas se passer comme ça. Je vais leur envoyer une lettre, à nos ministres et présidents de partis. Car j’ai la solution : puisqu’ils aiment négocier, ils n’ont qu’à monter un gouvernement de négociation. Ça ne servirait à rien, mais ça serait bien drôle.
Elio Di Rupo, chef de gouvernement, serait en plus ministre des Visites au Roi. Milquet recevrait le portefeuille de la Contradiction. Javaux celui de l’Optimisme Éternel, qu’il partagerait avec son homologue néerlandophone Van Bezien. Kris Peeters se verrait bombarder ministre de la Bonne Gouvernance et Bart De Wever… euh… qu’est-ce qu’on pourrait bien lui donner, à lui, d’acceptable à ses yeux ? Ah oui : le secrétariat d’État au Plat de Résistance. Parce que résister, il fait ça trop bien. Normal. Dans sa friterie préférée, il paraît qu’il mange… des mitraillettes. Comme je vous le disais : un plat de résistance. Et avec ça, je vous mets un pistolet ?
12:54 Publié dans La Fine fleur de Sel | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note |
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La télé en vacances (8. Brizougnan-le-Château))
Le choix de Paris, il tonne.
Chronique parue dans Télépro le 25 août 2010.
C’est toujours pareil. Moi, Vandenburen Félicien, à chaque fois que je pars en vacances, bardaf, je me prends la drache nationale. Et l’orage, c’est paralysant. Surtout à l’Hôtel du Moulin de Brizougnan-le-Château. Quoi ? Vous ne connaissez pas ? M’enfin, vous savez bien, le petit patelin dans la vallée de la Brisouille, entre Chapoumont-la-Brézignère et Bouzanté, après le fort de Tresqueulin ! Vous devez connaître ! Sauf évidemment si vous n’êtes jamais allé dans le Gerzayan, région superbe située entre Biarritz et la Lorraine. À visiter.
Mais ce jour-là plutôt que d’affronter le tonnerre, je suis resté dans ma chambre à zapper du satellite. Et sur la chaîne Teva, j’ai découvert une série de télé-réalité encore pire que l’Île de la Tentation (si, ça existe) ! Ça s’appelle «Une amie pour la vie». Le principe ? Devenir le ou la meilleure ami(e) de Paris Hilton. Déjà, on ne comprend pas qu’ils aient trouvé des candidat(e)s pour un job pareil, mais bon. Voilà une brochette de sculpturales «belles» sophistiquées, réunies autour de la reine Paris qui les utilise comme bon lui semble, et va jusqu’à faire circuler des rumeurs entre les candidat(e)s pour provoquer… de splendides crises de larmes filmées en gros plan par la caméra avide d’émotions artificielles. Et dire que, pendant ce temps-là, on n’arrive pas à récolter le moindre sou pour le Pakistan !
Heureusement, tandis que Paris se prend pour Cléopâtre recherchant sa «meilleure esclave», d’autres milliardaires font preuve d’humanité : ils ont proposé de donner la moitié de leur fortune pour calmer la faim dans le monde. Parmi eux, il y a Bill Gates. Curieusement, ces stars-là, on ne les voit jamais à la télé… Mais je dois vous laisser, j’ai comme un creux. Je vais appeler le room-service. Si je descends au resto de l’hôtel, je ne saurai jamais qui sera la nouvelle amie de Paris ! C’est important : elle le sera au moins le temps d’un éclair.
12:50 Publié dans La Fine fleur de Sel | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note |
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