lundi, 30 août 2010
Bart prend la parole à la VRT ce soir
Elio Di Rupo a-t-il été imprudent de cibler la N-VA comme il l'a fait ? Celle-ci va-t-elle réagir en prenant le «peuple flamand à témoin» ? En tout cas, ce soir, sur Terzake, l'émission politico-informative (fouillée et détaillée) de la VRT, il y aura Bart De Wever. Depuis ce matin, la N-VA fait silence. C'était donc pour entourer son laïus d'un cérémonial, d'une primeur télé. Nul doute que Bart De Wever saura tirer la couverture à lui. La question est de savoir s'il le fera dans l'intérêt de la Belgique ou au nom du vote exclusivement flamand, ou plutôt exclusivement nationaliste.
Ce lundi 30 août, à 20 heures sur Terzake, une émission qui nous en dira beaucoup sur l'avenir des négociations et de la Belgique.
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Presse contre presse
Alors que la royale décision d'imposer à Di Rupo de continuer à négocier (autrement dit, de faire plus de concessions, sinon on ne comprend pas bien la manœuvre) semblait rassurer les politologues francophones, tant à la RTBF (en substance : «c'est difficile, mais vu ce qui a déjà été accompli, on a avancé») que sur RTL-TVI («on n'a pas d'autre choix que de négocier»), De Standaard publie ce matin un article indiquant qu'il sera difficile d'éviter des élections anticipées en automne (soit en pleine présidence européenne, périlleux signal pour le pays), et Bart Sturtewagen termine l'article sur un ton qui a de quoi alarmer tous ceux qui pensent que la Belgique a encore de l'avenir, je cite et je traduis : «Aan de eindonderhandeling over de grote Belgische boedelscheiding zijn we nog niet toe. De geesten en de blauwdrukken zijn niet klaar. Maar we staan er sinds gisteren wel weer een stap dichter bij.» «Nous n'en sommes pas encore (sic) à la négociation finale sur la séparation de la Belgique. Les esprits et les projets ne sont pas prêts. Mais depuis hier, nous en sommes bien un pas plus proches.»
Ai-je tort de lire entre les lignes que ce divorce est inévitable, et qu'il ne serait pas pour déplaire à Sturtewagen ? À vos crayons.
Suite à une remarque justifiée de Lieven, j'ai retiré le "encore" après "les esprits et les projets" qui était une interprétation de ma part, et surtout, le "(sic)" qui suivait, que j'ai remonté d'une ligne.
03:45 Publié dans Humeurs chroniques | Lien permanent | Commentaires (47) | Envoyer cette note |
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vendredi, 27 août 2010
Les Flamands, peuple formidable.
Sur le site de Flanders.be, il y a un onglet «Population» qui nous en apprend de belles sur la génétique flamande. Nous qui croyions naïvement qu'un Flamand était un être humain (une race qui comprend, en principe, des paresseux, des travailleurs, des préretraités pépères, des chômeurs, des faux chômeurs et des mères au foyer) découvrons que pas du tout : «Les Flamands veulent aller de l’avant dans la vie. Ils aspirent à la prospérité et au bien-être pour tous ; ce sont des entrepreneurs et des initiateurs, des travailleurs acharnés. Quoi qu’ils fassent, ils le font toujours de leur mieux.» Rien que là, on sent déjà que le V de Vlaams doit référer à quelque chose de mystérieux. Serait-ce des extra-terrestres ? C'est peut-être eux, les charmants envahisseurs de la série «V» ? Mais continuons la lecture…
17:59 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (123) | Envoyer cette note |
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jeudi, 26 août 2010
La télé en vacances (5. Le grand départ)
Juilletistes et aoûtiens, aux infos et en F1.
Chronique parue dans Télépro le 4 août 2010.
Nom de nom, mais qu’est-ce qui leur a pris ? Hein ? Qu’est-ce qui leur est passé par la tête, à ces deux millions d’automobilistes qui me bloquent la route ? Je vous le demande ! Qu’est-ce qui leur a pris, à ces cons (pardon, mais c’est vrai que c’est énervant…), de partir le même jour que moi et ma petite famille ? C’est quand même un comble : je prends la route des vacances le 31 juillet en me disant qu’il n’y aura personne (un samedi ! qui a l’idée de partir un samedi, enfin !) et je me retrouve à l’entrée de Lyon, coincé dans un embouteillage monstre, au pas, sous une chaleur insupportable. Je vous le dis, moi : si le cheval est la plus belle conquête de l’homme, l’automobile en est la plus absurde. Ça ne dépasse pas le 5 à l’heure par ici. Il faut plus de temps pour aller du péage avant Lyon au tunnel de Fourvière (1) que pour faire Paris-Marseille en TGV. Marre, marre, marre de ces pots d’échappement devant moi, de cette pollution, du bruit des moteurs ! Marre des queues de poisson, de l’incivilité, des files au ravitaillement, de l’acharnement de quelques allumés qui veulent à tout prix dépasser tout le monde, pour gagner quoi ? Une place dans «Y’a pas pire Conducteur» ?
Enfin, on ne va pas se plaindre, hein ! On est en vacances. Et même si j’aurai roulé 1.019 km à 26,5 à l’heure dans une voiture qui peut en faire 190 (à quoi ça sert de construire des bagnoles qui atteignent des vitesses interdites ?), demain, je pourrai enfin m’installer à la Terrasse du Café des Pilotes à Palavas-les-Flots où ils ont une télé plasma, et regarder avec mes copains fraîchement arrivés (on s’est tous donné rendez-vous le 1er août) le grand prix de F1 de Hongrie ! Les dépassements interdits, les bolides qui se coupent la route, les embouteillages avant les virages, les vrombissements incessants ? Ça, c’est du sport !
(1) tunnel autoroutier du centre de Lyon, ceci dit pour ceux qui ne partent pas le 31 juillet.
11:07 Publié dans La Fine fleur de Sel | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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La télé en vacances (4. Liliane)
Liliane, ton univers impitoyable.
Chronique parue dans Télépro le 28 juillet 2010.
J’ai moultement insisté auprès du propriétaire du Camping du Polder, à Mousterlin (Bretagne) — où je loue une caravane pour la semaine — pour qu’il importe les journaux belges. Ça me paraît la moindre des choses quand ont se dit camping «du Polder», d’avoir des journaux du Plat Pays, même s’il y a bien un polder à Mousterlin, ce qui, avec les moules et les crevettes expliquerait pourquoi les Belges ne sont jamais tout à fait à l’étranger quand ils sont en Bretagne. Mais revenons à notre camping.
Je n’ai donc pas obtenu Le Soir, La Libre, ni la DH, la Capitale ou Vers l’Avenir. Quand j’ai râlé parce qu’il n’y avait pas de télé dans le mobile home, un voisin en tente m’a dit : «môssieur, si vous voulez de belles images, vous n’avez qu’à regarder la mer». J’ai bien pensé regarder le JT en cachette sur mon téléphone portable, mais comme un gigaoctet à l’étranger me coûte plus d’un mois de salaire (3.630 euros exactement), j’ai vite oublié jusqu’à l’idée d’être branché on ze beach. Restait alors la presse française. Et c’est là que j’ai compris pourquoi la France est vraiment la patrie des vacances : pendant les deux mois d’été, on a droit à un feuilleton humain grandeur nature. Du vécu. Et cet été, c’est Dallas revisité : imaginez que Liliane Bettencourt, la femme la plus riche de France, se dispute avec sa fille. Qu’un gestionnaire d’affaires soit soupçonné de lui soutirer des millions. Qu’une comptable révèle des dessous politiques à l’affaire. Qu’un ministre soit déstabilisé par sa femme. Qu’un président de la République chute dans les sondages ! C’est du reality show en mieux ! Un vrai scénario de série américaine ! Alors, chaque matin, je me rue à la supérette du camping, j’achète la presse française et je passe un temps délicieux à lire le feuilleton de l’été. Tenez, j’ai même trouvé un slogan pour le tourisme au pays de Sarkozy : «Des vacances en France ? Parce que vous le valez bien !»
10:46 Publié dans La Fine fleur de Sel | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note |
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mercredi, 18 août 2010
Le silence des moutons
Ce matin, 17 août 2010, le nouveau président de la Chambre, André Flahaut (un socialiste qui a reçu son perchoir en échange de la présidence du Sénat à Danny Pieters, partisan de l’apartheid social) a une fois de plus affirmé que l’échec des négociations de juillet 2007 était dû au «manque de discrétion». À l’époque, Wilfried Martens avait été parmi les premiers à dire : «on parle trop». Plus tard, l’un ou l’autre politologue avait ajouté que les négociations avaient capoté parce que les partis francophones avaient prétendu n’être demandeurs de rien. Introducing le «nihildemandisme», un autre concept qui eut, lui aussi, beaucoup de succès. C’est que, voyez-vous, les commentateurs pensent souvent qu’être objectif implique qu’on soit aussi critique envers les deux parties d’une opposition. Si cet exercice permet quelquefoir d’atteindre une objectivité souhaitable, il y a dans le cas de la Crise belge un seul agresseur, qui s’appelle «nationalisme» et qu’il faut nommer.
01:41 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (331) | Envoyer cette note |
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jeudi, 12 août 2010
La télé en vacances (3. Paul le Poulpe).
Paul prend le poulpe de la Belgique.
Chronique parue dans Télépro le 21 juillet 2010.
Enfin ! Paul est libre ! Vous savez bien, Paul ? Mais si, enfin ! Ce poulpe d’un aquarium allemand qui a prédit les résultats de tous les matches de la Coupe du Monde ! Même que des supporters lui ont envoyé des menaces de mort… Eh bien, comme il n’y a plus la coupe, le voici prêt à prophétiser au plus offrant ! Et en tant que vacancier belge à l’étranger, je cherche des gens qui seraient prêts à investir avec moi dans le rachat de ce prophète polypode. Parce que depuis trois semaines que le touriste belge se dore la pilule au soleil de l’étranger, les nouvelles du pays sont en rade de Brest. On a beau regarder les infos par satellite, internet, téléphone multimédia, rien ne filtre. Aura-t-on un formateur ? Faudra-t-il un fixateur ? Un polisseur ? Qu’est-ce qui se dit rue de la Loi ?
C’est quand même fou, non ? Il y a un bon mois, on a eu les élections les plus sismiques depuis l’invasion du Platus Paysus par Jules César, et cinq semaines plus tard, on a l‘impression que rien ne s’est passé. Calme plat. Les journalistes sont-ils tous calamars ? Non. Les politiciens coincés dans une énième négociation «octopus» ? Pas plus ! Pourtant, au JT, au lieu de déclarations politiques, tout ce qu’on voit, c’est des cyclistes sur le mont Ventouse.
Alors, pour en savoir plus, rachetons Paul-le-Poulpe et posons-lui les bonnes questions une à une. Mettez-moi face à cet invertébré et je vous jure bien que je saurai lui tirer les vers du nez ! (ça a un nez, un poulpe ?) «Paul, Elio va-t-il réussir à former quelque chose ?» «Quand ?» «Où ?» «Avec qui ?» «Et ça va tenir ?» «Combien de temps ?» Je m’en vais vous le cuisiner, moi, ce céphalopode ! Et on saura enfin si Elio parviendra à trancher le nœud (non pas gordien mais papillon) qui étrangle notre beau pays. Allons. Rachetons Paul, passons-le à la casserole, et croyez-moi, ce mollusque me répondra avant même que son encre ne soit seiche !
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La télé en vacances (2. Les fêtes nationales)
Fêtes nationales : n'allez pas vous défiler !
Chronique parue dans Télépro le 14 juillet 2010.
Vous le saviez, ça, qu’il y a des vacanciers privés de JT à cause de campings français, espagnols, tunisiens qui ne proposent pas de salle télé sous prétexte que les étoiles, les vraies, seraient dans le ciel ? Pfff ! Mais où va le monde ? Du coup, ces pauvres Belges perdus en villégiature étrangère auront perdu le fil du feuilleton national de l’été, «Crisons Bart» un remake de «Prison Break». Pour ces malheureux privés de petit écran, voici donc un rappel des épisodes précédents : Bart-la-Friture a été informateur pendant 3 semaines. Puis Elio, alias Papillon, est devenu préformateur. Mais Didier-la-Finance est toujours réformateur (1). Le prochain gouvernement est donc en train de se former, très lentement, et l’on nous promet un accord, au pire, euh… avant qu’une fusée belge n’atterrisse sur la Lune (vers 2765 si tout va bien).
Mais qu’importe, le plus important, c’est que c’est la semaine des fêt’nat’. Et pour ceux qui en ont marre de voir un peloton grimper du Galibier à chaque fois qu’ils allument la télé, c’est même le bonheur : s’ils ont raté la fête nationale flamande du 11 juillet, ils pourront passer toute la journée du 14 juillet et celle du 21 devant leur télévision portative pendant que le reste de la famille ira bêtement nager dans une eau émeraude, ou visiter une sublime citadelle millénaire. Tant pis pour eux : ils ne verront pas les Mirage traverser le ciel de Paris en étirant les couleurs nationales, ou notre bon vieux C130 bourdonner pépère au-dessus de la Grand-Place en crachouillant une fumée grisonnante. Ils n’entreverront pas Nicolas dans son char cosy, ni Albert dans sa Fiat 500.
Allons ! Tous ensemble, retrouvons notre patriotisme paresseux et chantons notre hymne national : «Allons enfants de la p…» ah non, zut, c’est l’autre : «Ô Belgique, ô mère chérie !»
(1) MR = Mouvement réformateur — cela dit pour les touristes de la politique.
11:54 Publié dans La Fine fleur de Sel | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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vendredi, 06 août 2010
Wonen in Eigen Volk Eerst ?
Début 2010, des Francophones bruxellois se sont vu refuser le droit d’acheter des maisons situées en Brabant flamand (périphérie immédiate de Bruxelles) en vertu des mesures du gouvernement flamand reprises sous le vocable «Wonen in Eigen Streek» (habiter dans sa propre région). Il y eut alors une levée de boucliers à Bruxelles, et «l’Union européenne » est encore en train d’étudier un dossier de plainte (au grand dam, donc, du frère du président de l’Europe. Entre-temps, il y eut en Flandre une autre levée de boucliers. Non pas parce que les Francophones, les Hollandais, les expats bruxellois n’avaient plus le droit d’acheter toute maison se trouvant en banlieue dans une «zone d’extension d’habitat», mais bien parce que cela limitait le droit des propriétaires flamands à vendre à qui ils voulaient. Freya Van den Bossche, la ministre (socialiste) compétente, a donc promis, dès le mois de mars, un amendement limitant la portée du décret qui aurait pour résultat de réduire à quasi rien ce petit apartheid du logement. Les «Francophones» ont cru pouvoir s’y fier et n’ont plus parlé de la question (bien que plusieurs cas d’interdiction d’achat fussent encore à déplorer). Mais à présent que l’amendement a été adopté par le Vlaams Parlement, force est de constater que le droit inconditionnel d’acheter, voire de louer et d’hypothéquer en périphérie n’est toujours pas rétabli pour les Bruxellois, et particulièrement les non-néerlandophones. État des lieux (avant expropriation)…
Les zones d'extension d'habitat à Rhode St-Genèse.
(Note : comme dans tous les articles critiquant le gouvernement flamand, il n'est ici aucunement de mes intentions de faire le moindre amalgame avec la population flamande, aussi variée, digne d'estime et accueillante que n'importe quelle autre population, qui vote tous les quatre ans, et dont la plupart des électeurs ont autre chose à faire que de s'intéresser à l'effet de la politique de leurs élus sur les minorités. J'insiste donc, comme toujours, sur le caractère exclusivement politique de mon propos.)
19:35 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (319) | Envoyer cette note |
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Quand la N-VA aime ces cons de Francophones.
Dans le journal d'extrême-droite ultraflamingante 't Pallieterke, le député N-VA Mark Demesmaeker se lâche à propos du Wooncode (avril 2010) :
«La connaissance de la langue est un instrument essentiel pour trouver sa place dans la communauté. Pour trouver du travail, communiquer avec les voisins, etc. En fait, on devrait nous être reconnaissants et saisir les chances que nous offrons [en imposant l'apprentissage du néerlandais pour bénéficier d'un logement social] des deux mains. Le fait qu'on ne le fasse pas dit beaucoup de la mentalité qui domine côté francophone»
Ah ! mais c'est vrai, enfin ! Qu'attendent donc ces cons de Francophones pour se prosterner aux pieds de Mark Demesmaeker, leur bienfaiteur ? Voilà encore un politicien flamand qui vient s'ajouter à la longue liste de ceux qui n'hésitent pas à utiliser l'amalgame envers «les Francophones».
12:55 Publié dans Rhumeurs | Lien permanent | Commentaires (34) | Envoyer cette note |
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