jeudi, 29 juillet 2010
La politique des pipelettes
L'encre de mon article sur l'impossibilité d'un accord est à peine sèche que De Standaard nous fait quelques révélations bien senties qui vont exactement dans le sens que j'avais pressenti : les Francophones seront les fautifs de l'échec. Pourtant, le silence est plus ou moins respecté au Sud, apparemment. Et cette fois, à lire les deux articles du soir dans De Standaard en ligne, on apprend que «l'offre francophone est trop maigre», d'une part, et l'on obtient même des confidences joliment condescendantes, puisqu'une source indique : «quelquefois, c'est vraiment comme si tu parlais à un mur. Ça a l'air cliché, mais apparemment, les résultats électoraux en Flandre ne sont pas encore parvenus en Belgique francophone». Le journal ne note pas qu'en Wallonie et à Bruxelles, il y a aussi eu des résultats électoraux, et que la Flandre n'est pas seule à négocier.
Alors que lors des négociations précédentes, les journaux du Nord (et un peu aussi du Sud) avaient reproché à Milquet ou à Maingain de trop révéler de choses à la presse, tandis que des voix s'élevaient déjà en Flandre pour remettre le couvert de ce reproche récurrent, De Standaard prétend tenir ses informations aussi bien de gens de la N-VA que du CD&V. Ce qui est toutefois rassurant côté francophone, c'est que contrairement à certaines rumeurs, le «front» ne semble pas avoir cédé puisqu'une source flamande se plaint que les négociations avancent centimètre par centimètre, alors qu'il y aurait des mètres à couvrir. «Ce n'est pas que les Francophones ne mettent rien sur la table, mais ça reste tout simplement trop peu, certainement pour la N-VA et le CD&V.» D'où une nouvelle question communautaire que je vous soumets : le pays des babeluttes, c'est la Belgique, ou c'est la Flandre ?
«L'atterrissage est encore loin», titre De Standaard. Sans compter que c'est à l'atterrissage que la plupart des accidents ont lieu.
02:12 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (527) | Envoyer cette note |
|
|
Facebook |
Imprimer
mardi, 27 juillet 2010
Projet pour une nouvelle Belgique.
Je suis en train de lire Mathématiques congolaises d’In Koli Jean Bofane (Actes Sud), que je vous recommande chaudement. Ce livre a une vertu particulière qui peut nous aider à mieux comprendre la crise belge : l’auteur, à travers son héros Célio Mathématik, traduit les faits sociétaux et politiques en équations mathématiques. Par exemple : «x=-y» où «x» serait le parti du président et «-y» l’opposition. Ces formules permettent au personnage principal de concevoir, pour le président, des méthodes permettant de contrôler, par exemple, l’opposition. J’ai donc tenté d’appliquer les mathématiques congolaises à la Belgique, et je me suis retrouvé confronté à une impossibilité. Car si l’on postule que tout État «E» inclut des régions «R», l’on obtient pour la Belgique : E= 3R. Mais comme la région flamande R(vl) est de fait un État E, on peut remplacer 3R par 2R + 1E et l’expression devient : E = 2R + E => 2R = 0. Dans cette formule, les deux régions R(wal) et R(bru) sont donc de valeur 0, et dans ce cas, le montage n’avantage que R(vl). L’on peut aussi considérer que R(wal)+R(bru)=E, mais dans ce cas, on obtient 2E=E, ce qui nous donne une idée de l’infini, puisque cela implique que ∞ = 2∞ ou encore que ∞=∞/2, ce qui suppose que l’infini est fini, puisqu’il est divisible. Je vous sens perdu ?
D’accord, je vais le dire autrement : aucune négociation ne peut être satisfaisante, parce qu’une région ne peut pas négocier avec un État dans l’État : les positions de négociation ne sont par nature pas compatibles. Alors, quoi ? Pas de solution ? En fait, non. Mais cela signifie qu’on pourrait peut-être faire quelque chose d’intelligent : inventer un pays. On appellerait ça «la Belgique». Exploration…
19:55 Publié dans Humeurs chroniques | Lien permanent | Commentaires (91) | Envoyer cette note |
|
|
Facebook |
Imprimer
dimanche, 25 juillet 2010
Le 112 réservé aux néerlandophones autour de la Capitale de l'Europe ?
C'est le genre d'histoires qui révèlent un pan détestable du nationalisme flamingant, à l'esprit étroit, qui grappille inlassablement des petites victoires de pacotille, rogne les droits des autres. Les Flamands, dans leur immense majorité, n'approuvent pas. L'affaire est simple : il semble qu'au moins certains opérateurs du service de secours international 112 refusent catégoriquement de répondre en français ou en anglais aux appels d'urgence provenant de la Région flamande. Or, Bruxelles est encerclée par la Région flamande. Et même si plusieurs communes de ce territoire disposent de « facilités » pour la minorité francophone, le service 112 n'en tient apparemment pas compte. Dans les deux cas révélés par la presse, le refus de parler une autre langue que le néerlandais concernait d'ailleurs des localités à facilités, où les services aux habitants doivent légalement se faire en néerlandais et en français.
(Version corrigée suite aux 2 coquilles et à l'énorme faute de français relevées par Jacques Mercier que je remercie)
00:47 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (181) | Envoyer cette note |
|
|
Facebook |
Imprimer
jeudi, 22 juillet 2010
A l'examen, les Flamands ne sont pas si bilingues que ça.
Une étude, un peu ancienne il est vrai, de la VUB (financée par le gouvernement flamand) relevait qu'en août 1994, douze Néerlandophones et quarante-cinq Francophones se présentèrent à l'éxamen linguistique requis pour pouvoir devenir agent de police. Trois Néerlandophones réussirent, contre cinq Francophones. Si le taux de réussite francophone de cette classe particulière est de 12,3 % (pas top, on va dire), celle des Néerlandophones, dont on colporte qu'ils seraient tous parfaits bilingues, n'est que de 25 %. Voilà deux mythes qui s'effondrent : primo, il ne suffit pas d'apprendre une langue à l'école pour la parler, deuxio, les Néerlandophones ne sont pas si bon bilingues qu'ils disent. Dans une récente étude, près des deux tiers des jeunes Néerlandophones (15-24) prétendaient parler couramment le français, contre un petit tiers des Francophones. Autrement dit, c'est vrai, les Flamins sont deux fois meilleurs bilingues que les Wallins, mais pour stoeffer (se vanter), ils sont tous les deux à égalité !
Et aussi ceci : on suppose que parmi les douze Néerlandophones, un certain nombre vivent dans une ville à 88% francophone. Non, décidément, ces chiffres ne sont pas très bons pour la réputation de bilinguisme des Flamands…
(note 1. Ces chiffres sont très parcellaires, mais je les ai repris parce que pour la partie néerlandophone, ils correspondent à ceux retrouvés sur le site du Vlaams Parlement quant à la difficulté pour les jeunes universitaires flamands à réussir l'examen de français requis à Bruxelles !
note 2. Ces informations ne servent qu'à tordre le cou à quelque légende colportée par les flamingants, et non à critiquer les Flamands, qui restent bien meilleurs bilingues que les Francophones (ce qui est logique dans une certaine mesure, vu la nature différente des deux langues.)
16:03 Publié dans Rhumeurs | Lien permanent | Commentaires (180) | Envoyer cette note |
|
|
Facebook |
Imprimer
lundi, 19 juillet 2010
Colonie soit qui mal y pense.
Kongo sur la une. Belgium sur la touche.
Chronique parue dans Télépro le 1er juillet 2010.
19:13 Publié dans La Fine fleur de Sel | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |
|
|
Facebook |
Imprimer
dimanche, 18 juillet 2010
Quand Belleville se cantonais au mandarin.
Fin juin, des Chinois et des Français d'origine chinoise de Belleville, l'un des quartiers très asiatique de Paris, ont bruyamment manifesté contre la recrudescence de l'insécurité dans leur quartier, et l'inaction de la police. Suite à cette action citoyenne, le gouvernement français a, selon un article du Monde dont Jean Quatremer m'a gentiment fait part, décidé d'établir des formulaires de dépôt de plainte pour vol ou agression dans plusieurs langues ou dialectes. Jusqu'ici, les ressortissants chinois et les français de langues chinoises ne pouvaient en effet déposer plainte qu'en chinois mandarin, que tous ne comprennent pas, loin de là. À ceux qui ont à cœur de prétendre que la France serait un pays qui ignorerait ses minorités, voilà une mesure pragmatique qui prouve le contraire. À Belleville, les Chinois ont des facilités. C'est ça, monsieur Kris Peeters, une société chaleureuse, ouverte, accueillante. Inspirez-vous-en. Paris, wo ai ni !
(P.S. : il n'y a pas faute d'orthographe dans le titre : il y a jeu de mots).
12:25 Publié dans Rhumeurs | Lien permanent | Commentaires (77) | Envoyer cette note |
|
|
Facebook |
Imprimer
samedi, 17 juillet 2010
Le PS lâcherait-il Bruxelles ?
Une source, que je n'ai pas pu recouper, omerta oblige, murmure que le PS étudierait, parmi d'autres scénario, une réforme où les (deux grandes ?) régions recevraient pratiquement le solde des compétences fédérales, à l'exception de l'impôt et de la sécurité sociale. BHV serait scindé pratiquement sans contrepartie, et Bruxelles obtiendrait son refinancement, mais serait définitivement enclavée en Flandre. On imagine aussi que les droits judiciaires des habitants francophones de la périphérie seraient abolis. Info à prendre avec des pincettes, parce qu'elle n'est pas journalistique : c'est une rumeur que je transmets, sans plus. Mais elle concorde avec le jeu apparemment plutôt violent qui semble se mettre en place, et où Ecolo serait forcé de rompre avec son confrère au risque de perdre sa place à Bruxelles et en Wallonie. En revanche, elle ne va pas du tout de pair avec les récentes déclarations de Rudy Demotte, et encore moins avec les activités du ministre-président bruxellois, qui n'était pas au discours de Jan Peumans, et c'est un signe fort.
Que se passe-t-il derrière ce silence étouffant ? Ce silence est-il bien normal ? Qu'il y ait discrétion, on le comprend, mais au moins qu'elle serve à quelque chose. L'Octopus, ultradiscret, a accouché d'apéros qui n'ont jamais été consommés. Leterme, sur BHV n'a abouti à rien. Dehaene, pas mieux. Van Rompuy, silencieux au possible, n'a pas fait avancer la structure belge d'un millipoil. Et si on parlait ? Et si on nous disait ce qu'i y a aujourd'hui sur le grill ? Peut-être qu'on serait plus proche d'une démocratie, non ? Vous savez bien, ce machin qui serait, en principe, gouverné par le peuple et pour le peuple. Là, on a l'impression d'être pris en otage par des futurs mnistres. Faute d'ouvrir un peu le jeu, de l'exposer, de l'essayer, les socialistes et les nationalistes, ensemble, risquent bien de faire le jeu des rumeurs. Comme celle que je révélais ci-dessus, et qui est peut-être vraie, qui a un fond de vérité, ou qui est peut-être plutôt fausse…
00:50 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (69) | Envoyer cette note |
|
|
Facebook |
Imprimer
vendredi, 16 juillet 2010
Abeilles du soir, espoir.
Essaim de foot sur la Une, la Deux, TF1, France 2, France 3.
Chronique parue dans Télépro le 24 juin 2010.
19:13 Publié dans La Fine fleur de Sel | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note |
|
|
Facebook |
Imprimer
Mange des tomates mon amour…
Suite à un commentaire de Ben qui reprochait aux tomates Flandria leur manque de goût, Un Blog de Sel fut le théâtre d'une passionnante chronique sur la tomate, alimentée par des Belges du monde entier. Ainsi, notre commentateur Traveller, Néerlandophone autoproclamé flamand qui réside en ce moment à Cannes, a prétendu qu'il n'y trouvait que des cœur de bœuf trop molles et chères, à pas moins de 9 euros le kilo. Oui, mais bon, c'est Cannes.
Étant moi-même dans une région des plus onéreuses en ce joli juillet, j'ai toutefois trouvé, sur le marché des Portes-en-Ré, l'un des lieux de villégiature le plus cher en France, des cœur de bœuf à 5,9 euros. Oui, mais c'est Les Portes.
J'invite les commentateurs qui trouveraient des cœur de bœuf moins chères à m'envoyer leurs photos à marcelsel@gmail.com . Ce débat a peut-être l'air futile, mais n'oublions pas que le rouge tomate, c'est ce qui fait la différence entre le drapeau des indépendantistes flamands qui veulent opprimer Bruxelles, et celui de la Région flamande qui fondamentalement, si elle n'était pas dirigée et noyautée par de rabiques flamingants, serait l'une des régions les plus sympathiques, créatives et dynamiques d'Europe. Et comme on dit en néerlandais : beste groe(n)ten !
08:34 Publié dans Rhumeurs | Lien permanent | Commentaires (47) | Envoyer cette note |
|
|
Facebook |
Imprimer
mercredi, 14 juillet 2010
Terre d'accueil.
Le Nid d'Izel, vous connaissez ? Un lieu de villégiature très sympathique tenu, le dépliant le dit, par «Josée en Marc», des «Vlaamse uitbaters». Et pour être tout à fait clair, vous apprendrez qu'au Nid d'Izel, les Flamands sont chez eux (voir l'illu ci-dessous). Mais où se trouve ce nid si doux où Vondel a ses pénates ? Est-ce à Dilbeek ? Point. À St-Genesius-Rode ? Que nenni ! C'est à Izel. En Gaume. Voilà qui nous étend d'emblée la zone «waar Vlamingen thuis zijn» d'un bon 150 km vers le Sud. Les mauvaises langues trouveront que Josée en Marc sont gonflés, mais faisons taire ces pipelettes : le site de ce Nid si accueillant pour «les Flamands» (pas pour les Néerlandophones, hein : pour les «Vlamingen» !) est même traduit en français ! Merci, Josée en Marc, pour ce bel exemple d'intégration de la Vlaamsgezindheid en Wallonie. A quand un hôtel à Anvers qui prônerait «là où les Wallons sont chez eux» ? (merci à D. pour l'info)

01:05 Publié dans Rhumeurs | Lien permanent | Commentaires (114) | Envoyer cette note |
|
|
Facebook |
Imprimer





