dimanche, 13 juin 2010
Pourquoi la N-VA n'est pas un parti démocrate.
Première partie
Récemment, à la VRT, Didier Reynders a dit une bêtise. Il a dit que la N-VA était «een zeer democratische partij». Et il s’est trahi. Pourquoi «zeer»? Quand a-t-on besoin de préciser qu’un parti est «très» démocratique ? Quand on le soupçonne, pour une raison ou une autre, de ne pas l’être «du tout». La bêtise ? D’abord, quand on dit ce qu’on ne pense pas, on fait attention à ne pas se trahir. Et ensuite, je ne vois pas l’utilité de conforter les Flamands dans leur illusion d’un quelconque caractère démocratique de la N-VA. Cela étant dit, si ce parti nationaliste est éventuellement en passe d’enregistrer un gros succès, ce n’est pas à cause de Reynders, mais bien par la volonté d’Yves Leterme, Herman Van Rompuy, Marianne Thyssen, Kris Peeters, en noem maar op. Bref, à tous ceux qui ont conçu ou accepté le cartel qui a permis à un parti indépendantiste insignifiant de devenir, peut-être bientôt, le parti extrémiste le plus puissant dans une démocratie occidentale. Et à ce propos, le culot des éditorialistes flamands est édifiant : eux qui ont voué Béatrice Delvaux aux gémonies pour avoir osé prendre position contre Leterme fin 2009, tirent aujourd’hui à boulets rouges sur lui pour avoir permis l’ascension fulgurante d’un parti extrémiste. Oui, la N-VA est un parti extrémiste. Je vais vous le démontrer…
(Note : cet article, comme tous les autres, ne vise en aucune manière la population de Flandre. Elle est libre d'élire qui elle veut. Je prétends toutefois qu'elle n'est pas dûment informée de qui se présente à elle. Dans l'ensemble de cet article, il y a lieu de garder à l'esprit que si nous souffrons tous de la politique ségrégationniste de la N-VA, la population qui en pâtira à terme est la population flamande. Lorsque j'écris "En Flandre" ou "Les Flamands", il s'agit toujours de "la Flandre politique et médiatique" et "des politiciens et médias flamands", jamais de la population flamande.)
Qu’est-ce qu’un extrémiste ?
D’après le Robert, c’est un «partisan d’une doctrine poussée jusqu’à ses limites, ses conséquences extrêmes». Or, qu’y a-t-il de plus extrême que de vouloir la fin de la nation dans laquelle on est né, on vit, on se fait élire ? L’indépendantisme de Bart De Wever est de toute évidence la logique ultime de son flamingantisme. Jan Jambon l’a répété récemment à la télévision flamande : la N-VA veut l’indépendance flamande, le confédéralisme n’est qu’une étape. Et si Bart De Wever prétend déconstruire la Belgique en supprimant la région bruxelloise, en modifiant l’ensemble des structures de la nation, en scindant jusqu’aux retraites, c’est pour préparer cette indépendance, avec Bruxelles pour capitale.
Au même titre que le Vlaams Belang, la N-VA est un parti extrémiste et révolutionnaire, puisqu’il veut modifier fondamentalement la Belgique et ses structures. On a vu que seuls 15% des Flamands sont prêts à suivre cette évolution. Alors, pour se vendre et se rendre acceptable à cet électeur qui attend qu’on le sauve de toutes ces menaces vues quotidiennement à la télévision, De Wever laisse toujours le soin à ses acolytes de donner les détails politiques. Lui se contente de lancer au public ce qu’il veut entendre, en ne chiffrant jamais rien, et de faire figure de héros des Flamands opprimés par les méchants Francophones, ce qui fonctionne très bien, même dans la presse flamande. Ne cherchez pas les responsables du mal flamand en Flandre. Non. C’est évidemment en Wallonie qu’ils sont. Et après les transferts, la malgouvernance, Charleroi, aujourd’hui, c’est Milquet et Maingain les coupables de tout ce qui va se passer demain ! L’unanimité des médias flamands sur ce thème est effrayante.
Unanimité soviétique
On se croirai presque sous Staline : tous les journalistes Flamands me rétorqueront qu’Olivier Maingain est «(au moins) aussi extrémiste» que Bart De Wever. J’attends toujours qu’on me le démontre. Reprenons la définition ci-dessus et voyons ce que veut Olivier Maingain : en aucune manière, il ne souhaite modifier la structure de l’État, ni même la Constitution. C’est donc un conservateur. Il ne demande rien d’autre que le respect des facilités inscrites dans cette Constitution. Il est donc plus conservateur que le CD&V, l’Open VLD, et bien sûr le VB et la N-VA. Il ne reproche rien d’autre aux Flamands que leurs excès politiques, a encore rappelé aujourd’hui au Soir qu’il défendait «le strict respect des droits des Flamands de Bruxelles». Maingain est donc un loyaliste, un rigoriste, un belgicain, bref, tout, sauf un extrémiste. On m’objectera qu’il y a le «F» de «Francophone» dans son nom de parti. Admettons. Voyons en Flandre : CD&Vlaams, Open Vlaams Liberaal Democraten, Nieuw Vlaams Alliantie, Vlaams Belang, quand à Groen!, il a phagocyté le leader des Vlaamsprogressieven, auparavant acoquiné avec les socialistes. Constatez-le : certes, Maingain défend une vision francophone. Mais comment un Flamand pourrait-il le lui reprocher, lui dont la chaîne publique a fait sauter le «Belgisch» pour être plus purement Vlaams ?
Qualifier Maingain d’extrémiste revient à considérer que quelqu’un qui dénonce, par exemple, les exactions de groupuscules racistes envers la population francophone de la périphérie aurait une attitude intolérable ? Olivier Maingain est un emmerdeur et une grande gueule, il est radicalement assis sur la défense des droits francophones, sans négliger toutefois celle des néerlandophones. La preuve ? De Standaard a bien dû lui attribuer le prix de bourgmestre bruxellois le mieux coté par ses habitants néerlandophones. Que des De Wever aient pu amener la Flandre à confondre unanimement ce monsieur avec un extrémiste montre leur capacité à manipuler les foules, à imposer une vision intolérante est exclusive..
Le nationalisme, c’est le rejet de l’autre. Mettre un démocrate comme Maingain au même niveau qu’un nationaliste comme De Wever est un argument pronationaliste. Ce n’est pas nouveau : Ben Laden accuse Obama d’extrémisme. Mais on n’est pas obligé de le croire. Lorsqu’on examine les faits, c’est Maingain qui demande l’application du Traité de Lisbonne ratifié par la Belgique, ainsi que le respect des recommandations du Conseil de l’Europe auquel la Belgique adhère. Et c’est la Flandre qui refuse. Si Maingain est un extrémiste, alors, l’Union européenne est forcément aussi extrémiste. CQFD.
Relativité extrémiste
Le fait que la Flandre institutionnelle (et certains Francophones victimes d’une variante étrange du syndrome de Stockholm) présente systématiquement Maingain comme le pendant de Bart De Wever montre qu’elle a de toute évidence elle-même pris une position extrême. Si Ben Laden peut, avec un certain succès, qualifier Obama d’extrémisme, c’est évidemment parce que vu du point de vue extrémiste de Ben Laden, la position d’Obama est extrémiste «relativement» à celle d’Al Qaeda. Pour Franco, Pompidou était d’extrême gauche. De même entre De Wever et Maingain.
On notera au passage cet étrange paradoxe dû au glissement de toute une classe politique vers le nationalisme : les seuls partis flamands conservateurs au sens systémique du terme — à savoir ceux qui veulent préserver à tout prix l’union belge et ses structures sont d’extrême gauche !
Flamand, dans tout ses états
La N-VA, qui veut ouvertement une scission, est donc un parti extrémiste. Mais de quel type d’extrémisme s’agit-il ? Pour y répondre, intéressons-nous au projet de la N-VA. Que veut-elle ? Un État flamand. Bon, ça, ce n’est pas grave. Le problème, c’est que cet État n’est pas basé sur des valeurs universelles, ce qui en ferait un projet démocrate, mais bien sur des valeurs, au choix, communautaires, ethniques, raciales ou linguistiques. Tout ça, c’est un peu du pareil au même. Car la N-VA réserve ce futur État aux seuls Flamands. «Ce que nous faisons nous-mêmes, nous le faisons mieux». C’est dont un projet nationaliste exclusif, une nature qui s’oppose aux projets nationalistes inclusifs (que j’appelle «nationistes») avec une population non-identitaire et un patriotisme qui ne s’appuie que sur des valeurs, et non pas sur des critères de race, de langue, d’ethnie ou de religion. La Belgique est de cette nature inclusive. Mais pas le projet flamand de la N-VA. C’est très clair quand on examine sa position sur l’immigration.
La N-VA est contre la régularisation (massive), et déclare dans le questionnaire programme proposé par la VRT : «Il faut aujourd’hui travailler avant tout à une politique active de retour au pays.» Pour Bart De Wever, les demandeurs d’asile ne doivent pouvoir obtenir aucun soutien financier, uniquement du soutien matériel. Il est à cet égard exactement sur la même ligne que le Vlaams Belang. Comme ce dernier, il veut renvoyer immédiatement tous les demandeurs qui n’auraient pas obtenu l’asile. Quant à l’immigration, la N-VA propose, tout comme le Vlaams Belang, de limiter strictement toute immigration aux personnes «utiles», avec des contrats d’un an maximum, mais renouvelables. Plus libérale toutefois (encore heureux !) que sa voisine d’extrême droite, la N-VA donne droit à une installation permanente à ceux de ces immigrés utiles qui après 5 ans de travail ininterrompu (ayant donc obtenu 4 réengagements formels) possèdent encore une garantie d’emploi (soit un 5e réengagement). Chaque année, l’immigrant est donc suspendu au bon vouloir de son employeur, et sous la menace d’expulsion en cas de non-reconduction. Tout travailleur n’étant plus utile doit repartir immédiatement.
Le Vlaams Karakter de l'immigration
L’immigrant doit, en sus, être suffisamment intégré, et parler la langue de la région dans laquelle il habite, sinon «buiten» après 5 ans (un Gabonais travaillant en Flandre dans une entreprise francophone et n’ayant pas appris le néerlandais — quelle que soit la raison — n’a donc pas droit à rester plus de 5 ans). La N-VA porte donc sa préférence sur une immigration très sélect(ionnée), et très temporaire. Une vision quand même très proche de celle du Vlaams Belang, sans la connotation raciste toutefois. À noter que le CD&V n’est pas si loin du Vlaams Belang sur ce thème non plus : «il est parfois utile [de faire appel à une immigration économiquement ciblée venue d’Inde, par exemple], mais nous devons d’abord épuiser notre propre réserve de marché de l’emploi. Voir ensuite ce qui peut être fait à l’intérieur de l’Europe. La migration extraeuropéenne ne doit être envisagée (acceptée) qu’en tout dernier recours.»
La N-VA n’exprime toutefois aucun ressentiment envers les populations d’origine musulmane, par exemple, résidant en Belgique (ou en Flandre). À condition, bien sûr, qu’elles se soient «encitoyennées» (inburgerd) (apprentissage obligatoire du néerlandais, des règles et des «habitudes» flamandes… — devront-ils manger du Waterzooi une fois par mois ?) Mais il est indispensable de dire que Jan Peumans, qui a d’autres défauts, a expressément pris la défense d’une spectatrice voilée au Parlement flamand contre Dewinter (Vlaams Belang) qui lui priait d’ôter son voile. Ceci montre la principale différence entre le Vlaams Belang et la N-VA. L’un veut, à l’arrivée, un ordre nouveau, blanc, chrétien, hétérosexuel et débarrassé de la gauche. L’autre veut un État linguistiquement pur, plutôt blanc, mais tolérant pour les différences religieuses, sexuelles ou politiques, pour autant qu’on reste dans le cadre nationaliste strict.
Godverdomme de nom de Tudjman !
L’exemple récent qui me vient à l’esprit d’une telle nation serait la Croatie de Tudjman, qui souhaitait inclure les Bosniaques musulmans dans son État grand-croate. La comparaison avec Tudjman ne s’arrête pas là : les déclarations des deux nationalistes sur Israël (qui ont valu à Tudjman les foudres d’Elie Wiesel) sont de nature très similaire : aussi bien De Wever que le dirigeant croate minimisent le rôle de leurs prédécesseurs dans l’extermination des Juifs, et de même, les deux nationalistes comparent l’incomparable : les crimes d’un pays en état de guerre (Israël) et la Shoah. Ce «petit-négationnisme» des deux nationalistes correspond en fait à un déni de salissure sur le projet national qui doit être immaculé. L’aide de Flamands, et plus précisément, de membres éminents du gouvernement flamand, dans l’organisation de la Shoah en Belgique, et l’épouvantable épisode Oustachi en Croatie leur semblent devoir être «lissés» pour que rien n’entache la nation en devenir.
Comme De Wever, Tudjman voulait que l’État croate se forme petit à petit en se détachant de la fédération yougoslave, il voulait «rétablir la Croatie dans ses frontières historiques» au sein, (tiens, ça ne vous rappelle rien ? ) d’une confédération. Le refus de la Serbie amena la Croatie à se doter inconstitutionnellement d’une loi l’autorisant à déclarer son indépendance, la Serbie refusa, et la dispute sur la possession des zones bilingues et l’ouverture des enclaves mit le feu aux poudres. Remplacez Croatie par Flandre et Yougoslavie par Belgique, et vous comprendrez pourquoi je suis inquiet.
Un totalitarisme pas total
La Croatie de Tudjman, accusée de crimes de guerre (Tudjman est mort avant d’avoir pu comparaître devant le tribunal pénal international) avait des caractéristiques totalitaires, mais n’était pas, loin de là, un état totalitaire à proprement parler. C’est le cas du projet flamand de la N-VA. Pas totalitaire, mais pas non plus démocrate : c’est quand même avant tout un État flamand. Pas raciste, mais pas non plus à vocation multiculturelle : le parti met un frein net à toute nouvelle immigration, allant jusqu’à chercher à limiter les mariages avec des gens de «là-bas». Pour autant, l’intention est bien plus soft qu’au Vlaams Belang, puisque la N-VA veut que les citoyens d’origine extraeuropéenne deviennent, s’ils obtiennent la nationalité qui sera de plus en plus rigoureuse, des citoyens flamands à part entière. Certains y verront un agenda caché : flamandiser les primoarrivants de Bruxelles, c’est aussi une façon de reflamandiser la Capitale. Mais ça montre qu’il n’y a pas de «racisme de prétendue race» affiché à la N-VA. Quoique…
En revanche, dès qu’il s’agit des Francophones, le parti n’a absolument rien à envier à son voisin d’extrême droite. Sur BHV, voici ce qu’écrit le Vlaams Belang « tout soi-disant ‘accord’ sur BHV peut uniquement être une confirmation des propositions de scission. Il ne peut donc pas être question de compensations ou de monnaie d’échange avec les Francophones. Aucun peuple (sic) ne ‘négocie’ sur la Constitution et certainement pas dans son cadre sur les frontières ou les compétences. Ce qu’il faut, c’est utiliser politiquement et intelligemment la [menace] de l’indépendance flamande [pour obtenir satisfaction].»Et voici la version de la N-VA : «La scission de BHV est simplement la mise en application de la Constitution et d’un arrêt de la Cour Constitutionnelle.(…) Dans la pratique, il s’agit de la menace de francisation dans la périphérie flamande qui amène les Flamands à [exiger] le respect du caractère flamand de notre sol. Cela ne doit pas impliquer de négociation. Les Flamands ne peuvent entrer dans un gouvernement fédéral que si les Francophones acceptent enfin de respecter la Constitution».
La différence est aussi subtile qu’entre Becel light Omega 3 et Becel light Omega 3+6. Dans les deux cas, l’usage de la Constitution belge par des partis qui se font fort de l’abolir au profit d’une constitution purement flamande pourrait prêter à sourire si elle n’était le propre des partis totalitaires : utiliser la démocratie pour l’abattre. Et à ceux qui céderaient à cet argument «constitutionnel» brandi par ces partis antisystème, je propose d’agir dans l’ordre : d’abord, on demande à la Flandre de respecter cette Constitution qu’elle soutient si fort, en déménageant le siège de ses institutions de Bruxelles-Ville. En cessant par ailleurs de dessiner des cartes où la région bruxelloise est désignée comme «capitale» de la Flandre. Car Bruxelles, comme c’est très bien expliqué ici, n’est absolument pas la capitale de la Flandre, ni juridiquement, ni constitutionnellement. Enfin, la Constitution n’exige pas la scission de BHV, comme le prétendent les deux partis extrémistes. Et last but not least, Bart De Wever propose la fin de la Région bruxelloise et des facilités, deux choses inscrites dans la Constitution. C’est çui qui y dit qui y est !
Bruxelles, objectif capital
Sur l’objectif final à court ou moyen terme, il est identique chez De Wever et Valkeniers (j’ai failli écrire Walkyrie) : l’indépendance de la Flandre avec Bruxelles pour capitale (plus ou moins reflamandisée selon les programmes). Deux partis indépendantistes, donc révolutionnaires, partisans de l’annexion de Bruxelles et de sa flamandisation. Sur la citoyenneté, il y a encore des nuances. Le Vlaams Belang prétend, assez discrètement il est vrai, qu’il y a une différence génétique entre les Francophones et les Néerlandophones (dans son manuel à l’usage des jeunes Vlaams Belang). Dewinter, la tête de proue du VB à Anvers, explique que le fondateur historique du parti est Staf De Clercq, que je cite dans Walen Buiten (ed. Jourdan — un peu de pub ne fait pas de tort) :«Nous ne pouvons pas être cruels, mais nous devons être logiques. Nous sommes des nationalistes, c’est-à-dire que nous défendons le peuple, la culture et le sang.»
La N-VA n’a pas cette vision génétique, qu’elle dit rejeter (sans pour autant couper les ponts avec ceux qui l’ont — on le voit plus loin). Pour elle, un Flamand et un Francophone sont les mêmes personnes physiquement. En théorie, les Francophones ont, selon la N-VA, le droit de s’installer en Flandre. Mais il faut alors qu’ils «s’intègrent» et «respectent» le «caractère néerlandophone» de la Flandre. D’accord. Admettons. Il faut donc apprendre le néerlandais. Cela suffit-il ? Non ! Je reprends mon exemple préféré : Damien Thiéry. Il est bourgmestre de Linkebeek, commune francophone mitoyenne de Bruxelles, située en région flamande. Il est né dans cette commune, voici une quarantaine d’années. C’est donc, en cas de séparation sur les frontières linguistiques, un Flamand. Il a appris la langue de Vondel. C’est donc, effectivement, un Flamand francophone qui respecte la langue locale. Ce qu’on appelle «un citoyen». Eh bien, ça n’est pas suffisant ! Comme le rappelle un libéral, Willy De Waele, bourgmestre de Lennik, près de Bruxelles : pour avoir le droit de vivre en Flandre, il faut «penser comme un Flamand». Cette vision, éparse dans le parti de Verhofstadt, plutôt limitée aux cercles brabançons dans celui de Marianne Thyssen, colle à la peau de la N-VA. C’est son modus vivendi.
Ce qu'il ne faut pas faire pour être flamand de nos jours !
Pourquoi Damien Thiéry n’a pas droit aux mêmes égards que les bourgmestres «purs flamands» ? Parce que ce satané francophone n’est pas né néerlandophone. Ça lui serait bien pardonné, de penser autrement, s’il n’avait fait un choix politique «différent» : il est membre des Fédéralistes Démocrates Francophones (FDF), et ça, c’est antiflamand, donc, son statut de vrai flamand à part entière, il peut se le… enfin, vous voyez, quoi. Pire : cet «incivique» «à la morale défaillante» «indigne d’être bourgmestre» (selon Geert Bourgeois) a posé un acte injustifiable : il a, ainsi que trois autres bourgmestres de villes flamandes, envoyé des convocations électorales en français aux Francophones et en néerlandais aux Néerlandophones, conformément à la Constitution et à certaines de ses interprétations. Horrrrrreuuuuuur ! Qu’ont-ils fait là ! Envoyer à des Francophones des convocations dans leur langue dans une commune où la Constitution prévoit que ceux-ci doivent être servis en français ! N’oublions pas qu’il y a une circulaire flamande qui interdit formellement d’envoyer du français à des Francophones dans les communes où la minorité francophone est… protégée.
Cet «extrémiste» de Damien Thiéry fait donc plus confiance à la Constitution qu’à une circulaire flamande contestée par deux fois par le Conseil de l’Europe. De ce fait, il a démontré qu’il n’était pas digne d’être considéré comme un Flamand, et il est poursuivi par une oukase du ministre flamand de l’intérieur, Geert Bourgeois (N-VA, donc) qui a déclaré sans ambages à la télévision flamande, à propos de lui et de deux autres candidats-bourgmestres non-nommés pour cause de la même courtoisie linguistique : «ils ne seront jamais bourgmestres» ! Etrange promesse dans un État de droit.
Bourgeois et bourgmestres
Pire : d’autres bourgmestres, de naissance néerlandophone, et de la même région, ont été beaucoup plus loin dans la désobéissance civile : refus d’organiser les élections ; envoi de convocations électorales accompagnées d’incitation à ne pas voter pour les partis francophones (on m’a dit qu’on faisait pareil en Ethiopie, en Afghanistan, mais qu’en Algérie, on n’ose plus) ; incitation aux assesseurs et présidents de bureaux de vote à se porter pâle ; organisation de collectes pour payer les amendes éventuelles consécutives à cet incivisme ; clauses linguistiques (donc ethniques) à l’achat de certains terrains ; collusion avec l’extrême droite ; création de guichets de délation linguistique ; sélection des futurs habitants de nouveaux lotissements en fonction de leur capacité à parler néerlandais, etc. Pour tous ces délits, récidives, accumulations, Geert Bourgeois félicite les bourgmestres inciviques, parce que le but final de toutes ces actions est noble : arrêter la tache d’huile francophone, bloquer l’accès des citadins francophones et allophones à la banlieue, et plus globalement, éradiquer le français de toute la vie publique en Flandre.
Pour avoir tenté de défendre des droits inscrits dans la Constitution (les facilités), les bourgmestres francophones sont non seulement punis, mais «interdits à vie» (selon le ministre N-VA) d’exercer leur mandat ! Si ça, ce n’est pas de la discrimination, trouvez-moi le mot qu’il faut ! L’attitude invraisemblable de Geert Bourgeois a fait l’objet de timides critiques de la part du SP-a (qui trouve qu’il faut au moins faire semblant de se fâcher envers les bourgmestres flamands) et Groen! (qui n’a «que du mépris pour les bourgmestres francophones», mais en a marre de voir les journalistes internationaux taper sur la Flandre). C’est dire à quel point la N-VA amène déjà, par ses concepts, des partis de gauche à fonctionner intellectuellement sur ce thème comme des partis d’extrême droite. Il n’y a plus de contre-pouvoir en Flandre dès qu’on aborde le thème communautaire.
Un ministre rhodé à la discrimination.
Pire encore, le même ministre a décidé que les Francophones de l’étranger qui s’étaient inscrits en tant qu’électeurs francophones dans des communes à facilités en utilisant le formulaire francophone ad hoc seraient radiés pour ne pas avoir utilisé le formulaire néerlandophone. Bourgeois a pris là une décision inconstitutionnelle. Les autres partis du gouvernement flamand, socialistes et chrétiens-démocrates, n’ont même plus osé protester contre cette atteinte à la démocratie la plus élémentaire empêcher l’électeur de voter à cause de son ethnie : ils ont dit qu’ils respectaient la décision du ministre N-VA. Des socialistes ! On peut se demander si Geert Bourgeois ne leur fait pas un peu peur, lui qui a prêté serment, non pas la main plate, mais faisant le V de Vlaanderen avec les doigts. Il se réclame donc du «sacré» flamand. C’est un peu le Vlaamse Robespierre : jusqu’au-boutiste et inflexible, cherchant la moindre faille pour pouvoir faire pression sur les gens de langue autre. Sa conviction de la supériorité flamande est totale. Il a ainsi dit à un journaliste américain : «La Belgique est un mariage où l’un gagne de l’argent et l’autre le jette par les fenêtres».
Ce mépris, affiché internationalement pour la moitié du pays, est de la même nature que celui d’Umberto Bossi, néo-fasciste de la Lega Nord en Italie, qui déclarait en 2007 : «Si la Lombardie ne paye pas, l’Italie meurt en 5 jours.» En fait, la comparaison va beaucoup plus loin : la N-VA et la Ligue du Nord ont en commun le refus de solidarité avec «le profitariat» des autres régions. Ils ressassent les innombrables supériorités des citoyens, l’un de la Padanie, l’autre de la Flandre. À les écouter, ce sont les régions les plus riches et les plus productives du monde. Dans la réalité, elles sont toutes les deux très moyennes. Si la Flandre était un pays, elle aurait le 15e taux d’emploi en Europe, et ne serait même pas dans le top 10 en PIB par habitant. Si elle était indépendante, Bruxelles serait avant-dernière en taux d’emploi, mais première en PIB par habitant, très loin devant le second.
Umberto Bourgeois
Le plus inquiétant est le pouvoir que ce genre d’homme prend sur ses confrères : Lorsque Geert Bossi, pardon, Geert Bourgeois a viré les électeurs francophones de Rhode St-Genèse résidant à l’étranger, la gauche flamande de la coalition s’est tue dans toutes les langues du monde. Une autre façon de dire qu’elle coopère avec cette droite radicale nationaliste. Les électeurs socialistes flamands sont les premières victimes de cette «petite collaboration». C’est un peu comme si Ségolène Royal se soumettait à De Villiers. Pour qui pourrait voter un socialiste ? L’autre parti de la coalition, celui d’Herman Van Rompuy, s’est tu encore plus. Ce geste profondément antidémocratique, par lequel Geert Bourgeois indique clairement qu’un électeur francophone n’a pas la même valeur qu’un électeur néerlandophone, a été posé quelques jours avant que le Président du Conseil européen vînt serrer la main au Président du Parlement flamand, Jan Peumans, N-VA à 6 jours des élections.
Évidemment, dans un État qui se veut encore un peu un État de droit, les partis extrémistes ne peuvent pas donner libre cours à leurs plus obscurs penchants. Ainsi, il ne viendrait à aucun Vlaams Belang l’idée de signer un mail «Heil Hitler». Selon Jurgen Verstrepen, ancien VB reconverti dans le populisme de Lijst De Decker, deux d’entre eux, en relation extra-conjugale, s’envoyaient des courriels qu’ils signaient «88». Pour les initiés, la huitième lettre de l’alphabet est le H. «88», c’est «HH», Heil Hitler. Pour se défendre, les rédacteurs en question ont assuré qu’ils avaient été cibistes et qu’en langage CB, «88» signifie «bisous». Et c’est vrai ! De cet exemple, je tire l’enseignement suivant : soit, ils ont raison, et dans ce cas, les soupçonner pour une simple signature est honteux, soit ils mentent (à moitié ou totalement) et dans ce cas, il est impossible d’en être sûr ! Il se peut aussi que ce «88» évoque pour ces tourtereaux à la fois le code CD et le HH. Mais dans tous ces cas, on ne pourra jamais le prouver : le code est établi entre eux deux, et à vrai dire, ce qu’il y a derrière relève de leur vie privée !
La culture du secret
Dans des partis comme le Vlaams Belang, le besoin de garder à soi les troupes de la base néo-nazie (le noyau dur) impose des imprudences régulières, des entorses au silence, et l’on dispose de suffisamment d’indices pour qualifier le Vlaams Belang de parti néo-nazi. En revanche, la N-VA est beaucoup plus subtile. Là où le Vlaams Belang doit dire à son noyau : «on ne peut pas s’attaquer ouvertement aux Juifs (…) mais nous ne sommes pas dupes» (dans un mémo de 1995 révélé par Le Monde diplomatique), la N-VA peut se permettre de dire : «ceux qui le souhaitent peuvent continuer à participer aux célébrations flamandes les plus radicales, avec les nationaux-socialistes et leurs groupes d’action, mais nous ne le recommandons pas.»
Plus encore qu’avec le Vlaams Belang, avec le parti de Bart De Wever, il faut donc décoder des événements, retisser le fil de leurs véritables intentions à la lumière de petites phrases, d’attitudes pour tenter d’en révéler la nature… Travail de fourmi, dont le résultat sera toujours contesté par l’intéressé. Pire, on vous (me) répondra : «vous faites passer les Flamands pour des fascistes», car l’une des techniques favorites de ce populiste nationaliste (cumul assez lourd) est de faire rebondir tout reproche qui serait fait à son parti sur l’ensemble de la population flamande.
Propaganda
Ainsi, ce week-end, sur Phara (VRT), la députée CD&V Mia Doornaert expliquait que les Flamands allaient voter en masse pour Bart De Wever, parce qu’ils en avaient marre d’être traités de fascistes, se basant sur la fameuse phrase de Maingain où il disait que les pratiques de Geert Bourgeois lui « rappelaient certaines pratiques de l’occupation». Le président du FDF ne visait — et il l’a bien précisé — que Geert Bourgeois. Mais la traduction par des médias flamands acquis à la respectabilité de leurs nationalistes, sous la houlette de Bart De Wever, est devenue «vous traitez TOUS les Flamands de fascistes», ce qui n’a jamais été l’intention de Maingain. Victimisation, et généralisation, deux méthodes totalitaires. Au pire, si traiter un ministre de facho revenait à qualifier toute «sa» population de nazie, le parallèle établi deux jours plus tard par Bart De Wever entre le président des libéraux francophones, Didier Reynders et l’assassin pédophile Marc Dutroux reviendrait, de même, à traiter les francophones d’assassins et de violeurs d’enfants ! Je vous rassure tout de suite, les Wallons et les Bruxellois sont au-dessus de ça, eux ! Il faut bien être meilleur en quelque chose.
La députés CD&V oubliait aussi qu’avec un parti néo-nazi comme le Vlaams Belang qui a, en 2004, obtenu 25% des voix et fut alors le plus grand parti flamand, objectivement, la Flandre pourrait être considérée comme l’une des régions d’Europe où l’extrême droite (communément et à tort dite «le fascisme») est la plus puissante depuis la fin de la guerre, ce qui ne fait évidemment pas des Flamands des fascistes (ce serait un comble de qualifier de fascistes des gens qui votent pour des partis démocrates !). Mais évoquer ce problème d'extrémisme électoral est tabou en Flandre.
La N-VA aime le Vlaams belang.
Avec une tel déni de la dérive extrême de l’électorat flamand, la N-VA joue sur du velours : à côté du Vlaams Belang, elle fait figure de parti démocrate. Oui, mais seulement si on la compare au Vlaams Belang, dont la N-VA est, en bien des matières, la voisine de palier. La preuve par l’écrit : son manifeste est truffé de l’expression «het (algemeen) Vlaams belang», «l’intérêt flamand général» ! Sur les trois quarts de page que compte le document, il apparaît trois fois : « De Nieuw-Vlaamse Alliantie [is] het syndicaat van het algemeen Vlaams belang» (l’Alliance néo-flamande est le syndicat du nouvel intérêt flamand» joue carrément sur les mots : mettez une majuscule à «belang» et le sens devient : «La N-VA est le syndicat du Vlaams Belang global». Plus frappant encore : «[Ook] een onafhankelijke Vlaanderen, lidstaat van een democratisch Europa is het algemeen Vlaams belang» («une Flandre européenne membre d’une Europe démocratique est aussi l’intérêt général flamand»).
Rechercher le sens caché des déclarations de Bart De Wever prend toujours du temps, parce qu’elles sont conçues avec un soin redoutable (De Wever s’est beaucoup intéressé, en tant qu’historien, aux totalitarismes, et il sait mettre ses connaissances à profit). Ainsi, quand il dit, d’un air détaché, que les Francophones sont des «immigrants» dans ces communes où ils vivent quelquefois depuis trois, quatre, cinq générations, dans leur propre pays, la Belgique, et les compare aux «Marocains et aux Turcs» (sic) qui, «eux au moins, s’adaptent», le thème est tellement pervers que l’analyser peut le retourner contre l’analyste s’il n’est pas extrêmement prudent : la première chose qui vient à l’esprit du Francophone qui se sent «agressé» par la comparaison est en effet de s’offusquer d’être «mis sur le même plan» qu’un «Marocain» ou «un Turc» parce que les deux derniers n’ont pas la nationalité belge, et sont de surcroît extraeuropéens. Le «Francophone» dans l’acception de tout citoyen belge francophone, est un Belge du rôle linguistique français.
Il peut donc avoir n’importe quelle couleur de peau, et n’importe quelle «origine», pourvu qu’il ait la nationalité. Emir Kir est un Francophone. Fadila Laanan est une Francophone. Mais lorsque Bart De Wever oppose «Francophone» à «Marocain ou Turc», il entretient volontairement la confusion : Emir Kir est-il alors turc ou francophone ? À ce moment-là, le Francophone qui dirait : «vous n’avez pas le droit de me comparer à un Turc (étant bien entendu qu’Emir Kir est belge avant d’être d’origine turque)» s’entendra répondre par la NV-A : «c’est vous, le raciste, puisque vous êtes scandalisé qu’on vous compare à un Marocain ou à un Turc ! (sous-entendant qu’Emir Kir est turc avant d’être de nationalité belge).» La nuance entre citoyenneté et non-citoyenneté est balayée d’un coup par la force simplificatrice de Bart De Wever. Pire : dans l’imaginaire flamand, un Francophone belge n’est pas plus «citoyen de droit» de Flandre que ne l’est un citoyen marocain ou turc dépourvu d’un titre de séjour !
Brabant zoulou.
Ceci ne répond qu’à moitié à la question : «pourquoi comparer les «immigrés» francophones précisément à des immigrés marocains ou turcs ? Première réponse : pour bien faire entrer dans le crâne de chacun qu’un Francophone n’est par nature pas un Flamand, et qu’en allant s’installer en Flandre, il n’y représente pas autre chose que quelqu’un qui viendrait d’Istanbul ou de Tanger. Il s’agit donc de prétendre qu’il y a deux classes de nationaux : les Flamands, qui ont le droit naturel d’habiter en Flandre, et les Francophones, qui doivent «s’adapter», «respecter», «apprendre la langue», etc. Utilisant une méthode similaire, je vous propose de remplacer le mot «Flandre» par «Transvaal», «Flamand» par «Blank (blanc)», «néerlandais» par «afrikaans» et «Francophone» par «Zoulou» et de recomposer la phrase : «Les Zoulous ne sont pas chez eux dans le Transvaal, ‘waar Blanken thuis zijn’ ; pour avoir le droit d’y habiter, ils doivent respecter les Blancs, apprendre l’Afrikaans et penser comme un blanc». Bien entendu, c’est aussi une comparaison démagogique. Enfin, pour une partie. Parce qu’à part l’étouffante misère des Townships que même la rue la plus pauvre de Marcinelle n’égalera jamais (espérons-le du moins), je ne vois pas la différence entre «Waar Blanken thuis zijn» et «Waar Vlamingen thuis zijn».
Ana Maghrebiy !
Enfin, pourquoi comparer les Francophones précisément à des Marocains et des Turcs ? N’y a-t-il pas d’autres populations immigrées ? Ne sont-ce pas, en ce moment, les Serbes, Ukrainiens, Slovènes, Albanais qui constituent l’immigration principale ? Ne sont-ce pas les Italiens, Espagnols, Portugais qui constituent l’immigration la plus ancienne ? Pourquoi ne pas comparer les Francophones aux Canadiens ou aux Américains, ces derniers étant quasi aussi nombreux que les Turcs à immigrer en Belgique ? Tout simplement parce que dans l’imaginaire belge (le racisme n’étant pas, loin de là, l’apanage des Flamands), le Marocain et le Turc sont hélas ! l’immigration perçue comme étant la plus «dérangeante», la plus «étrangère». Si Bart-el-kebir utilise le concept «Marocains et Turcs», c’est en vertu de ce statut. Ce faisant, il brandit en fait les musulmans comme un épouvantail. Le processus de pensée est : «à quelle population pourrais-je comparer les Francophones pour bien (leur) faire comprendre qu’ils sont, non seulement des étrangers, mais en plus, les plus méprisables des étrangers en Flandre ?»
S’il choisit précisément les Turcs et les Marocains, c’est parce qu’il sait qu’ils sont tout en bas dans l’échelle de valeurs du xénophobe lambda. Mais en faisant le choix d’utiliser cette échelle, Bart De Wever la valide. Utiliser la xénophobie des électeurs pour leur faire passer un message xénophobe implique qu’on soit un démagogue patenté, ou un xénophobe, ou les deux. Il faut avoir écouté ce qu’une certaine Flandre profonde dit de ces «Marokkoanen en Teurke», et les messages du Vlaams Belang, qui diffuse l’idée que les musulmans «envahissent la Flandre pour islamiser le pays et abattre les valeurs de l’Occident» pour comprendre qui utilise ce genre d’échelle. Au passage, en arabe, «Occident» se dit «Maghreb».
Hommage de tête.
Perversité suprême : dans la comparaison, le président de la N-VA fait mine, a priori, de rendre hommage aux musulmans (qui s’adaptent mieux) «contre» les Francophones (qui ne s’adaptent même pas aussi bien que les musulmans !) Mais ce faisant, il conforte en fait les xénophobes dans l’idée que ce trio, Turcs, Marocains, (Belges) Francophones, est tout en bas de la hiérarchie de la société. Et les Flamands ne peuvent, bien entendu, que se trouver tout en haut. Est-ce ce talent de l’homme pour la subtilité démagogique qui fait dire à l’une des présentatrices-vedettes de Phara (VRT) à deux jours des élections, «c’est le meilleur politicien que nous ayons» ?
N’en doutons pas, à la N-VA, le Francophone est ressenti comme l’être inférieur moralement par excellence. J’en veux pour autre exemple le parallèle fait récemment par De Wever entre Reynders et Dutroux, où il ne dit pas «Reynders est Dutroux», mais insinue que Dutroux et Reynders ont en commun le fait d’être wallons. Autre exemple : avoir envoyé depuis la Flandre à Charleroi 12 camions plein chacun d’un milliard d’euros en billets factices pour «matérialiser» le soi-disant transfert «d’argent flamand» au «profitariat wallon» est d'une brutalité étouffante pour les 2,5 millions de Francophones qui travaillent (parfois très dur).
Les termes peuvent être très violents. Ainsi, lorsque Olivier Maingain rappela, en 2007, que la Constitution (et c’est vrai) mais aussi la circulaire Peeters autorise un conseiller communal à utiliser le français dans un conseil des communes à facilités (à majorité francophone), le député N-VA Mark Demesmaeker à émis un communiqué de presse où il va «interpeller le ministre Keulen sur cet échantillon d’arrogance francolâtre». La N-VA établit sans cesse des comparaisons entre les Francophones et les Flamands, dont les Flamands sortent systématiquement gagnants. Ainsi, De Wever porte plainte pour racisme envers un article de Jean-Paul Marthoz, proche d’Amnesty International (étrange cible…), et précise «Quel journal flamand publierait quelque chose de ce type sur les Wallons ?» Précisons que la seule critique que l’article faisait envers les Flamands était que le Wooncode n’était pas une loi démocratique et que les journaux de Flandre ne sont pas plus saints que Le Soir, loin de là.
Le bouc.
Mais peut-on parler de racisme de la N-VA vis-à-vis des Francophones à la lumière de tout cela ? Nier à une catégorie de gens leur statut de citoyen libre de s’installer où il veut, est-ce de la xénophobie ou pas ? La question a en fait peu d’importance. La discrimination est établie et logique : comme dans tout nationalisme ethnique, ou exclusif, il y a donc un choix identitaire qui revient à attribuer une supériorité de droit à l’autochtone, au «Flamand» présenté comme supérieur, qui se traduit jusque dans les médias. Le bouc émissaire, la cause de tous les malheurs, c’est le Francophone, représenté par une figure mâle (Maingain) et une figure féminine (Milquet), avec une régularité exemplaire par la N-VA et… euh… ben les journaux flamands dont De Wever disait tant de bien.
Selon la grille de lecture N-VA, l’échec des négociations de 2007, c’était donc bien Milquet, et non pas le cartel contre nature de centristes (Leterme) avec des indépendantistes (De Wever). L’échec des négociations de 2008, c’était forcément Maingain. Et non pas le fait que Leterme ait commencé une négociation fondamentale, qui aurait dû prendre six mois, deux malheureuses semaines avant le dernier délai posé par De Wever. La chute du gouvernement, c’était encore Maingain. Et non pas l’impatience et le calcul politique d’Alexander De Croo, ni même le retard invraisemblable pris par Dehaene pour lancer les discussions ! L’échec du vote sur BHV, c’était Maingain, qui influence trop le MR. Et non pas les promesses folles de De Wever et Leterme de faire passer une loi antidémocratique en «5 minutes de courage politique». Et aujourd’hui, «à chaque fois qu’elle parle, Milquet apporte des voix à la N-VA», explique ce commentateur politique. Pourtant, les Néerlandophones n’écoutent de la campagne francophone que ce que ces mêmes commentateurs leur amènent comme information du Sud…
Ce soir, au cours du dernier débat à la télévision flamande, tous les partis s’accordaient sur le fait que la N-VA devait son succès à Joëlle Milquet pour avoir évoqué un lien territorial entre Bruxelles et la Wallonie face aux velléités de suppression de l’autonomie bruxelloise et d’indépendance flamande de Bart De Wever. La N-VA a donc obtenu de pouvoir prôner la déconstruction du pays sans que personne ne s’en offusque au Nord, et de susciter, en même temps, une levée de boucliers féroce et farouche contre toute tentative de défense francophone. Et pour les commentateurs néerlandophones unanimes, Milquet est la meilleure rapporteuse de voix de De Wever.
Milquet ou mille voix ?
Quel étrange pouvoir que celui-là, où une déclaration de Milquet parviendrait à convaincre un million de Flamands (ou plus) de voter pour Bart De Wever ! Le succès du Vlaams Belang ? Ce sont les Arabes. Le succès de la N-VA ? Ce sont les Francophones. La chute du gouvernement ? Encore les Francophones. Fortis ? Les Français. Le Francophone a donc bien l’air d’être la cause de tous les problèmes flamands. À ce jeu, la N-VA est passée maîtresse. Et l’on se demande comment répondre encore aux concepts que les nationalistes (pas seulement de la N-VA) ont développés, puis colportés, installés jusque chez les journalistes les plus expérimentés et les plus internationaux. Ainsi, cette réponse du vénérable Lukas De Vos, journaliste flamand de la VRT spécialisé dans l’Union européenne, à Jean Quatremer, suite à un article du second paru dans De Morgen. Avec effarement, on y lit qu’«un parti raciste comme le FDF (…) va bien plus loin que le Vlaams Belang» ou encore, que «Bruxelles est pire qu’une ‘verrue’, c’est une tumeur créée artificiellement. Bruxelles est un furoncle, une bulle comme les banques au moment de la vague spéculative en 2008. Pourquoi Bruxelles devrait-elle continuer à exister en tant que ‘région’? Pour entériner les privilèges des eurocrates ? » De Vos parle ensuite avec condescendance de la peur des Francophones de «dire au revoir à la dépendance de la Flandre». Il est vrai que la plupart des commentateurs, et même Marianne Thyssen parlent de «l’angoisse du sevrage» des Francophones, prétendument paniqués à l’idée que la Flandre les «abandonnerait».
On peut s’étonner de l’attaque de Lukas De Vos (qui défend la N-VA dans la même réponse) envers les Eurocrates, mais à vrai dire, pour les nationalistes flamands, les expats ne sont pas mieux lotis que les Francophones : la VRT (puisque Lukas de Vos signe «Lukas De Vos, VRT») précise que les eurocrates devront apprendre le néerlandais s’ils veulent habiter (même temporairement) en banlieue bruxelloise, accrochez-vous : «Je ne vois pas pourquoi un eurocrate, qu’il parle français, anglais, hongrois ou Ouagadouguien, ne devrait pas s’adapter au fonctionnariat du «pays» où il/elle réside. On le fait chez vous. Faites la même chose chez nous.» Dans une Europe de la libre circulation des biens et des personnes, qu’un journaliste spécialisé en affaires européennes utilise si facilement le concept tribal du «chez nous», «adaptez-vous à nous, les autochtones», et méprise si facilement les Francophones et les Eurocrates, ironisant sur leurs «privilèges» fait un peu froid dans le dos. Dans le même article, Lukas De Vos défend le droit de la N-VA à être nationaliste comme étant la plus élémentaire démocratie !
Percez-moi !
Lorsque De Wever parle de ce «furoncle», Bruxelles, il explique que les Francophones représentent à peine la moitié des habitants, les autres non-néerlandophones étant «de langue autre». Or, il y a dans cette «catégorie» au moins 150.000 «Belges allochtones» (sic) — des personnes ayant acquis la nationalité belge — et autant d’étrangers installés définitivement qui, s’ils ne parlent pas toujours français «à la maison», sont de par leur citoyenneté belge, ou leurs droits de résidents bruxellois, forcément ou bien francophones ou bien néerlandophones (c’est idiot, mais c’est le choix imposé par la Loi à Bruxelles).
Dire que seuls les Francophones de souche, ou les étrangers qui étaient francophones avant de devenir Belges, comptent en tant que «Bruxellois Francophones» et que les autres sont des Arabes, des Africains, des étrangers quelconques, revient à nourrir l’imaginaire islamophobe d’un certain électorat, et à nier aux nouveaux Belges leur statut de Belges ! Quand Bart De Wever, au mépris de la réalité sociologique, dit en substance que Bruxelles n’est pas une ville francophone, parce qu’il y a au moins un tiers d’Africains, il nie qu’un Belge d’origine afghane, par exemple, ayant appris le français, puisse être considéré comme Belge à part entière, forcément possesseur de plein droit d’une des deux langues nationales, même s’il la parle très mal, et même s’il ne le parle pas à la maison ! Bruxelles est peuplée, comme le dit la statistique de la VUB la plus fiable, à 68% de personnes parlant le français à la maison, à 13% de personnes parlant le néerlandais, et à 19% de personnes parlant une autre langue, mais pratiquant pour au moins 14% le français dans les contacts extérieurs. Presque 96% des Bruxellois utilisent le français dans leurs relations hors-domicile. Cela fait de Bruxelles une ville francophone s’il en est, ce qui n’exclut évidemment, ni une origine flamande, ni un cosmopolitanisme affirmé. Mais pour parvenir à réfuter cette évidente francophonie, il faut une torsion telle que Bart De Wever, dans sa volonté hystérique de nier la réalité bruxelloise, est «obligé» d’en passer par la négation du droit des nouveaux Belges. C’est, en quelque sorte, de la «xénophobie utile ».
Dératisation.
S’il est toujours délicat d’accuser la N-VA de francophobie, force est de constater la proximité du parti avec des organisations comme le Vlaamse Volksbeweging ou le Taal Aktie Komitee, qui lancent des actions d’éradication de toute langue étrangère sur territoire flamand (dans les communes bilingues ou non), hurlant des slogans clairement racistes : «rats français, pliez bagages», «wallons dehors» ou «du cyanure pour le FDF». Ils n’hésitent pas à murer des maisons communales francophones, à cadenasser des écoles francophones, et à décorer les vitrines de commerçants de la périphérie qui osent faire usage de leur droit constitutionnel d’afficher en plusieurs langues : «ce commerçant participe à la francisation de la Flandre». Dénonciation publique, délation, voilà les méthodes de ces chevaliers du Vlaams karakter. C’est donc bien «adaptez-vous ou déguerpissez», mais plus on s’approche de la Région bruxelloise, plus il faut comprendre «déguerpissez». Ça, c’est donc bien du racisme. La N-VA ne dit pas, mais on a le droit d’imaginer qu’elle n’en pense pas moins.
Lors du vote de la Loi «habiter dans sa propre région», l’un des membres de la N-VA se serait d’ailleurs réjoui de ce que ce nouveau règlement empêcherait des Francophones d’habiter autour de Bruxelles. Dans Doorbraak, le magazine de ce VVB, Mouvement Populaire Flamand, très proche de la N-VA, on peut lire «C’est surtout dans la périphérie bruxelloise que l’immigration massive d’habitants (francophones) de la capitale et d’eurocrates rend les terrains inaccessibles pour la population autochtone (…) les juristes [du ministre flamand] Van Mechelen s’arrachent les cheveux pour voir comment ils peuvent éviter un véto de l’Europe et une levée de boucliers communautaires». Car oui, les ministres Flamands, quand ils doivent mettre en œuvre une loi inspirée par la N-VA, ne s’encombrent plus de principes ou de l’esprit des lois : le sport national est de déguiser des lois discriminatoires en lois démocratiques pour que toute critique de l’UE soit rendue au minimum compliquée.
Habiter dans sa propre région
L’auteur original du décret «habiter dans sa propre région» (Wonen in eigen Streek) est ce Mark Demesmaeker, ex-membre du bureau politique de la N-VA, tête de liste et député au Parlement flamand. Il a donc obtenu que les habitants de Bruxelles perdent la liberté inconditionnelle de s’installer en périphérie. Et de fait, plusieurs cas ont été révélés dans la presse, de Francophones bruxellois et d’expats s’étant vus refuser le droit d’acheter un bien, par exemple, à Rhode St-Genèse, commune à majorité francophone, à cause de leur manque de «lien culturel» ou parce qu’ils ne résidaient pas «dans la même région. Un Ucclois n’est donc pas considéré comme habitant la même région qu’un Rhodien, son voisin immédiat. Selon cette loi, avalisée y compris par les socialistes flamands, un Bruxellois néerlandophone aura plus de chances d’entrer en considération pour habiter ce «Brabant flamand» qu’un Francophone, un Anglais, un Russe habitant la capitale, parce que le «lien culturel» est laissé à l’appréciation d’une commission provinciale composée de… Flamands. La question toute simple de déménager en banlieue pour profiter d’un peu de campagne ou de prix abordables se complique, à Bruxelles, de l’autorisation de la région flamande, donnée ou refusée par une commission souveraine qui n’a pas à justifier ses décisions, qui sont sans appel ! Les Bruxellois sont probablement les seuls citadins du monde auxquels le droit d’habiter en banlieue est soumis à des conditions qui peuvent s’avérer linguistiques, donc «raciales». Cela, nous le devons à la N-VA.
Bien que la Flandre, bouche en cœur, ait promis de modifier ce décret, Mark Demesmaeker rappelle dans le magazine d’extrême droite «‘t Pallieterke» que le nouveau décret sera beaucoup moins sévère en Flandre, mais qu’autour de Bruxelles, des mesures spéciales préserveront son efficacité. Quant à la réaction de l’UE, elle se fait attendre. Après le Wooncode, qui oblige les Francophones de Flandre qui ne sont pas bons en néerlandais à suivre 240 heures de cours pour avoir droit à l’achat d’un terrain, à un logement social, à des maisons à bas prix, etc., c’est donc la seconde Loi qui réduit le droit à la libre installation des Francophones et «gens de langue autre». Et ça, c’est sans compter les listes de candidats-acheteurs que les bourgmestres de certaines communes exigent des entrepreneurs pour pouvoir sélectionner ceux qui auront le droit d’acheter, et ceux qui sont exclus d’office, sur la supputation qu’ils ne seraient pas enclins à devenir de bons Flamands néerlandophones.
Boer-mestres.
Là encore, la N-VA est très active : le ministre Geert Bourgeois, confronté au fait que certains bourgmestres aient avoué face caméra qu’ils triaient ainsi les gens, en violation de la Constitution et de plusieurs articles de loi (l’un des bourgmestres a même déclaré que les entrepreneurs qui n’obtempéraient pas savaient qu’ils n’entreraient pas en considération pour des adjudications ultérieures !) n’a non seulement rien fait contre ces bourgmestres (tous CD&V) en aveu chacun de plusieurs délits (discrimination, adjudications truquées, violation du secret professionnel), mais a en plus expliqué aux téléspectateurs qu’il «comprenait parfaitement» leur comportement délictueux, parce que l’objectif — la préservation du Vlaams Karakter — était noble !
La Belgique est un État de droit.
La Belgique est un État de droit.
La Belgique est… oups, pardon. Désolé. J’ai parfois un manque de foi dans la qualité démocratique de mon pays. Alors, j’ânonne ça : «la Belgique est un État de droit». Ça me fait du bien. Essayez, ça marche. Ça s’appelle la Méthode Coué.
Guerre de positions
Le même Mark Demesmaeker écrivait d’ailleurs dans Het Nieuwsblad en janvier : «Naturellement, en tant que Flamands de la Périphérie, nous devons rester sur nos positions. C’est un fait que dans les magasins et autres, nous passons trop rapidement vers une autre langue quand nous entendons que le client n’est pas de langue maternelle néerlandaise. En fait, nous ne rendons pas service aux Francophones en faisant ça. Au contraire, car nous ne leur donnons pas l’occasion de pratiquer le néerlandais.» L’idée qu’on rend service à quelqu’un en lui imposant l’usage d’une langue donne la mesure de la condescendance qui règne dans ce parti !
Dans des articles plus anciens, le même député écrivait même : «S’il y a jamais eu un génocide culturel dans ce pays, c’était bien à Bruxelles, où la majorité flamande, suite à un processus de répression sociale et linguistique, a été dépossédée de sa langue, de sa culture et de son âme en quelques générations. Ça ! c’était du génocide culturel.»
Le mot est lâché : «génocide» (culturel). Il nous amène à la partie interdite. Vous savez, ces faits et gestes de certaines personnes qu’on n’a pas le droit, en Flandre, de relever sans susciter une levée de boucliers, la suspicion de flamandophobie ou la moquerie, et chez certains Francophones, l’étrange reproche, comme me l’a signifié Charles Bricman, d’une réduction ad Hitlerum des faits.
Réduction interdite !
En 2003, des membres de la N-VA et des membres du Vlaams Belang, du Voorpost, de Were Di, du Vlaams Nationaal Jeugdverbond, et de la NSV lancent un nouveau pèlerinage de l’Yser, plus radical, nommé «la Veillée de l’Yser» ou «Ijzerwake». La bagatelle de 2.259 personnes signent le manifeste, dont 1.800 incognito. Sur les 459 qui ont révélé leur identité, on en trouve 40 ayant signé en tant que membre, dirigeant local ou mandataire N-VA. Il y a même Guido De Craemer, un ancien du Vlaams Belang (comme quoi Bart De Wever n’a pas trop de problèmes avec les transfuges venus de son voisin de palier…) qui deviendra en 2007 député au parlement flamand avant de quitter la N-VA pour Lijst De Decker en janvier 2009. Sur la même liste (http://ijzerwake.be/index.php?option=com_content&am...) se trouvent le président des jeunes Vlaams Belang, 9 membres ou dirigeants du Voorpost et des membres ou dirigeants de Were Di, dont je parle ci-après.
Que dit le Manifeste de l’Ijzerwake ? Il prétend : «militer (agir) pour la mise en place d’un état Flandre indépendant. Bruxelles et les territoires qui ont obtenu un statut francophone ou bilingue depuis 1830 doivent indiscutablement revenir à la Flandre.» On ne peut être plus clair. Comme si cette déclaration d’annexion de Bruxelles ne leur suffisait pas (la N-VA parle d’Anschluss et joue les vierges effarouchées quand l’on évoque le rattachement d’une petite commune à facilités…), en 2004, sous la régie de Luk Lemmens, conseiller communal N-VA d’Anvers, un hommage à Staf De Clercq, le Gœbbels flamand, est organisé lors de cette Veillée de l’Yser, devant plusieurs mandataires de la N-VA venus en touristes parmi plus de 1.500 participants selon la police, de 3.000 à 5.000 selon la presse ou les organisateurs. Or, Staf De Clercq n’était pas seulement un collaborateur. C’était un nazi pur et dur, dont le parti VNV a notamment organisé un pogrom antisémite à Anvers et qui a rédigé des discours virulents évoquant la solution finale («le Juif doit disparaître, c’est une question de santé publique»).
Staff ou Staf ?
Mark Demesmaeker, l’auteur du décret «Wonen in Eigen Streek» a assisté à cet hommage nazi en 2004. Chaque fois que je rappelle ce fait quand même délirant dans une démocratie occidentale, on me répond que c’est une «vieille histoire». Mais j’ai la faiblesse de la trouver révélatrice d’un état d’esprit plus que troublant à la N-VA : non seulement Mark Demesmaeker n’a pas été désavoué par sa hiérarchie, mais en plus, il est même revenu saluer ses amis nostalgiques du nazisme chaque année suivante ! Et quant à l’actualité de l’information (2004, c’est la préhistoire, je présume), le Voorpost, qui côtoie chaque année le député (et d’autres) N-VA à cette occasion et à d’autres, a encore célébré ce Führer flamand en septembre 2009, et vient d’organiser, publiquement, une commémo bathement sympatoche en souvenir de ces courageux «Oostfronters» de la Waffen SS tombés pour la patrie (flamande) sur le Front de l’Est.
L’explication de cette collusion c’est que, pour les Flamingants de la N-VA et du Vlaams Belang, même si Staf De Clercq était un grand admirateur d’Hitler, un antisémite patenté, un délateur et un collaborateur ainsi que le mentor de la Waffen SS flamande, «il n’a pas fait que des mauvaises choses». Car que voulait-il, dans le fond, ce brave Staf ? Il voulait une Flandre réservée aux Flamands ! Un territoire, un sol pour un peuple. C’est quand même facile à comprendre, non, bande de démocrates imbéciles ? Quant aux Waffen SS, ils se sont battus contre le bolchevisme, et pas du tout pour Hitler. Mais ça, évidemment, un Francophone est trop stupide pour le comprendre !
Pas vu, pas pris
Car voilà, en Flandre (médiatique), apparemment, ce n’est pas parce qu’on assiste à un hommage fait à un nazi qu’on a des sympathies nazies ! Cette opinion flamande est très influencée par les vues de la N-VA. Allez, soyez empathiques. Mettez-vous à la place de Bart De Wever et reconnaissez qu’on peut parfaitement y assister pour des tas d’autres raisons qu’une quelconque sympathie. Soit, parce que le but de ces réunions est de se retrouver entre indépendantistes flamands, et qu’on ne va quand même pas en chasser les plus virulents sous prétexte d’hitlérisme ? Et de toute manière, comme le disait placidement Bart De Wever à la VRT en substance : «il y a des gens de la N-VA qui vont à ces manifestations, moi je n’y vais pas, c’est un peu la liberté de chacun». Il faut lui laisser ceci : l’Ijzerwake étant noyautée par le Vlaams Belang, la direction de la N-VA recommanderait plutôt d’aller à la fête du chant flamand. Un autre événement où le Vlaams Belang et la VNJ (qualifiée de «jeunesse hitlérienne» par la désormais célèbre gardienne d’enfants nazie anversoise, membre du Vlaams Belang aujourd’hui exclue) viennent aussi en masse, et soutenu par l’éditeur Egmont qui publie les pamphlets racistes ou islamophobes du Belang. C’est à l’une de ces fêtes du chant nationaliste que, dans les années cinquante, l’on prit Karel Dillen en photo avec le bras très tendu.
Bart De Wever considère que chaque membre de la N-VA est donc libre de fréquenter les ultraflamingants, les néo-nazis, les commémos nationales-socialistes, etc. C’est son Credo : la liberté absolue d’expression. Et au moment où il explique cela à la télévision, il y a, à côté de lui, l’ex-journaliste vedette de la VRT (radio télé publique flamande) Siegfried Bracke, qui ne peut pas ignorer qui était Staf De Clercq et connaît par cœur tout ce décorum et cette mythologie ultraflamingante — Bart De Wever ne peut pas l’ignorer non plus, puisqu’il est historien spécialisé dans la collaboration. Donc, il y a des NV-A qui font très ouvertement copain-copain avec des gens qu’on pourrait soupçonner légitimement de néo-nazisme, qui vont à des fêtes sans ambiguïté, qui côtoient des mouvements homophobes (en l’occurrence la NSV qui ne se dit pas «national-socialiste» mais «social et national» ce qui n’a rien à voir); des groupes de jeunesse dirigés par des Gouwleiders (Gauleiter) (je parle du VNJ dont le signe reprend celui des NSJV, la jeunesse hitlérienne de l’époque), des groupes de nostalgiques de la collaboration (Were Di, qui selon Alexandre Vick (Résistances) a au programme de son manifeste : «tout État doit être constitué par une ‘communauté homogène’, c’est-à-dire un ‘peuple’ sans aucun contact — biologique — étranger. C’est pour cette raison qu’afin de la protéger, il faut imposer un système d’apartheid et la ‘loi du sang et du sol» — Were Di avait pour fondateurs le négationniste Roeland Raes, et le créateur du Vlaams Belang, Karel Dillen.)
03:05 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (45) | Envoyer cette note




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Trackback par : ローンキャッシング | mercredi, 21 juillet 2010
Commentaires
C'est ecrit en tout petit....
Ecrit par : Ben | dimanche, 13 juin 2010
Tout petit... d'esprit.
Ecrit par : wanda (iq moins de 50) | dimanche, 13 juin 2010
Au contraire, une belle ouverture d'esprit et une belle demonstration par des faits concrets et reels du caractere francophobe,xenophobe et national(socialiste) du heros de la Flandre, Bartje le sournois et de son parti NVA,...
Bon vote a tous et n'oubliez pas de voter pour des gens qui en ont dans le pantalon....
Ecrit par : Ben | dimanche, 13 juin 2010
@Marcel,
Edifiant !
Une petite pensée pour Isa, si elle a le courage de lire toute cette littérature avant de se rendre au bureau de vote.
Ecrit par : Florent | dimanche, 13 juin 2010
@ Florent,
Comme dit-on encore, ...ha oui...il n'y a que les imbeciles qui ne changent pas d'avis...
Ecrit par : Ben | dimanche, 13 juin 2010
Bravo Marcel.
@ Wanda : Je n'ai pas vu la petitesse d'esprit là-dedans. Allez plutôt voir De Mesmaeker pour cela…
Ben a dit : « Bon vote a tous et n'oubliez pas de voter pour des gens qui en ont dans le pantalon.... »
Rhétorique qu'on retrouve aussi de l'autre côté. C'est donc le concours de celui qui a la plus grande ?
Ecrit par : Franck Pastor | dimanche, 13 juin 2010
Cherche pas, Franck, j'ai gagné... ====> OK Je sors!
Ecrit par : Florent | dimanche, 13 juin 2010
@ Franck Pastor,
Pas la plus grande, c'est un message subliminal....ceux qui en ont....pas ceux qui ont la plus grande ou les plus grosses....Ceux qui en ont....
Ecrit par : Ben | dimanche, 13 juin 2010
Cette page utilise des fontes fixes beaucoup trop petites. Le chapeau est illisible.
Ecrit par : gerdami | dimanche, 13 juin 2010
http://www.lemonde.fr/europe/article_interactif/2010/06/12/les-politiciens-belges-sont-indignes-de-nous_1371433_3214.html
Ecrit par : Ben | dimanche, 13 juin 2010
Très bonne analyse, mais qu'il en a fallu des lignes pour conclure la démonstration.
C'est bien là que réside le problème : pour convaincre, il y a énormément de choses à dire.
Et donc, pour que le message passe, il faut avoir face à soi un interlocuteur qui est prêt à vous croire, qui aura la patience et la curiosité d'ingurgiter la masse d'explications, de faits qui lui sont présentés, et qui a un bagage suffisant -intellectuel, historique, politique- suffisant pour comprendre le message.
Pourtant, des articles intéressants sont régulièrement publiés dans la presse, mais de façon occasionnelle, presque fugitive. Bref, du côté francophone, on ne tape pas assez sur le clou, et on n'en fait pas assez pour augmenter la conscience politique des francophones.
Ecrit par : Pazunbrin | dimanche, 13 juin 2010
Notre leader vénéré a voté! Bart s'est rendu vers 10.30 au local de vote paroissial sous l'aimable attention de la presse internationale (anglais, polonais, italiens)...
C'est un grand jour pour la jeune nation flamande!
Ecrit par : wanda (iq moins de 50) | dimanche, 13 juin 2010
Verdomme, M'sel, il faudra faire mieux, selon un premier "exit poll" la NVA a 44% des suffrages....
http://twtpoll.com/s6bakl
En plus Bart n'est pas plus extrémiste que Ollivier, je refuse à croire cela. En tout cas Bart n'a pas d'aspirations territoriales....
Ecrit par : wanda (iq moins de 50) | dimanche, 13 juin 2010
Des extrémistes aveuglés, fous de rage impuissante ont déchiqueté des drapeaux flamands à Voeren... On se demande ou va finir la folie francophone.
Huub Broers dénonce l'incitation menée par la passionaria Milquet!
Aujourd'hui notre beau drapeau et demain? On va attendre jusqu'à ce qu'ils s'en prennent à nos enfants?
Ecrit par : wanda (iq moins de 50) | dimanche, 13 juin 2010
Bourgeois als Robespierre, waarom niet. En is De Wever dan Saint-Just? Ik ben een bewonderaar van Saint-Just. Het is bijna niet te geloven dat het een Fransman was.
Ecrit par : Lieven | dimanche, 13 juin 2010
Ca veut dire quoi "fous de rage impuissante"???
Ecrit par : Ben | dimanche, 13 juin 2010
Wanda : vous avez compté les panneaux de la périphérie bruxelloise vandalisés par les Flamingants ? Ou les drapeaux belges incendiés ou souillés lors des manifs flamingantes ? C'est pourtant kif-kif niveau bêtise.
Et puis, elle a bon dos Milquet dans cette affaire. Qu'est-ce qui a permis à Broers de s'en prendre à elle ? A-t-elle appelé à la prise d'armes ? Oui on non les habitants de Fourons peuvent-ils voter à Aubel, comme les habitants de Comines peuvent voter à Heuvelland ? Qu'on nous montre ce qu'elle a transmis aux électeurs là-bas, avant de juger !
Ecrit par : Franck Pastor | dimanche, 13 juin 2010
http://www.standaard.be/artikel/detail.aspx?artikelid=DMF20100613_017
Ecrit par : Ben | dimanche, 13 juin 2010
@ Lieven: U bent dus een bewonderaar van Saint-Just, deze moordenaar? Dat belooft…
Ecrit par : Franck Pastor | dimanche, 13 juin 2010
Le plus grave n'est pas que les Flamands pensent que Maingain est extrémiste mais bien que des Francophones en soient persuadés également.
Certains ont le belgicanisme tellement exacerbé qu'ils en perdent tout contrôle de leurs paroles. Faut-il qu'on s'applatisse devant la Flandre pour ne pas être extrémiste ???
Ecrit par : Pierre | dimanche, 13 juin 2010
@ wanda
"Des extrémistes aveuglés, fous de rage impuissante ont déchiqueté des drapeaux flamands à Voeren... On se demande ou va finir la folie francophone. Huub Broers dénonce l'incitation menée par la passionaria Milquet! Aujourd'hui notre beau drapeau et demain? On va attendre jusqu'à ce qu'ils s'en prennent à nos enfants?"
Un seul evenement face a des centaines d'autres de flamingants et tout de suite les exces de language avec des intonations a la Malraux comme si ca pouvait vraiment faire illusion, quel ridicule. Est il d'ailleurs possible de demander a Huub Broers ou il trouve de l'incitation dans la lettre de Milquet qui rappelle simplement aux fouronnais qu'ils ont la possibilite de voter a Aubel, quelle provocation !!!! Faut etre malade mental ou juste totalement hypocrite et menteur pour ecrire un truc pareil, mais venant de vous Wanda, je pencherais pour la seconde. Je crois que 50 est encore largement surrestime.
Pour ce qui est du score de la NV-A je lui souhaite personnellement le plus eleve possible, plus il sera eleve et plus la communaute internationale sera consciente du delire paranoiaque dans lequel s'enfonce la flandre.
Ecrit par : kermit | dimanche, 13 juin 2010
@Franck
In welke zin is Saint-Just meer een moordenaar dan zijn collegas en tijdgenoten? Het was nu niet bepaald een era van peace, love and understanding. Daarentegen was hij rechtlijnig (bestaat daar een woord voor in het Frans?) en laconiek. En het Comite du Salut Public is een van de meest efficiente regeringen in de geschiedenis geweest.
Ecrit par : Lieven | dimanche, 13 juin 2010
http://www.vlaanderen-flanders.org.uk/nieuws.htm
Attention ca pique aux yeux...
Ecrit par : Ben | dimanche, 13 juin 2010
Vous remarquerez l'interessante typographie utilisee sur ce site...no comment...
http://www.vlaanderen-flanders.org.uk/persons.htm
De vraies tetes de vainqueurs, surtout Karel Dillen...MDR....
Ecrit par : Ben | dimanche, 13 juin 2010
La flandre (au sens de notre hôte) est comme une grosse fourmilière, elle ne réfléchis pas, elle ne forme qu'un corps social tout entier dédier au bon soins de la reine (moeder vlanderen).
De là, critiquer un seul de ses membres, c'est attaquer le groupe au complet.
De là aussi, tous ce qui n'en est pas membre est un ennemis qu'il faut tuer. (diabolisation des Francophones via le "goed bestuurd", par ex.)
Tout comme certaine race de fourmis qui élève des pucerons esclave, la flandre qui ne prône pas la scission a comme but de faire travailler le reste du pays a sont seule bénéfice , d'où la nécessiter d'annexer Bruxelles
De là a croire que les flamands on un QI de fourmi, il ne reste qu'un pas... Que wanda n'hésite pas a franchir.
Ecrit par : Xavier | dimanche, 13 juin 2010
@Gerdani : désolé, j'ai eu un bug, c'est réparé.
Ecrit par : Marcel Sel | dimanche, 13 juin 2010
Je ne supporte tout simplement pas cette locution de "Franse raten" . C'est l'équivalence de "juden raten". De la haine à l'état pur. Le sommet d'un iceberg, en fait.
Bruxellois, je vais voter "pro Bruxsel" à la chambre et pour mon idéologie au Sénat.
Pour un fédéralisme plus ou moins confédéral : à trois ou plus.
Il est temps de cadrer la parole des deux poids lourds.
Diogène
Ecrit par : Diogene | dimanche, 13 juin 2010
@ Lieven : la traduction littérale de « rechtlijnig » est « linéaire ». En terme de caractère, on pourrait traduire cela par « constant ». Dans le cas de Saint-Just, on peut dire « rigide ».
L'époque du comité de salut public est la plus sombre de l'histoire de la république, elle a couvert de honte et d'opprobre les idéaux de la République par sa « Terreur ». Saint-Just en était le membre le plus virulent. On lui doit l'exécution des Dantonistes et des Hébertistes. Il ne faisait pas bon avoir d'autres opinions que les siennes. Il disait : « La liberté doit vaincre à quelque prix que ce soit ».
Si vous tenez à admirer un représentant de cette époque, avec une véritable élevation de pensée, je vous recommande plutôt Condorcet : http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_de_Condorcet
Ecrit par : Franck Pastor | dimanche, 13 juin 2010
@Franck
Rechtlijnig is positief in het nederlands. Geen van alle vertalingen voldoen echt. Grappig dat jullie in het frans het concept niet hebben.
Ecrit par : Lieven | dimanche, 13 juin 2010
Rechtlijning = constant, Lieven, je l'ai déjà dit. Que ce soit en néerlandais ou en français, ça peut être positifi ou négatif.
Mais « rigide », concept négatif, convient encore mieux à Saint-Just, un personnage tout aussi négatif.
Ecrit par : Franck Pastor | dimanche, 13 juin 2010
Et désolé pour les fautes de frappe. Je suis un peu fatigué, je reviens d'une balade à vélo dans les Ardennes flamandes. Qui sait, bientôt je ne pourrai plus m'arrêter dans les bars de Flandre sans risquer de me faire huer pour mon accent francophone flagrant…
Ecrit par : Franck Pastor | dimanche, 13 juin 2010
Je me suis arrêtée à la moitié de cette très belle démonstration, pour une ex-bruxelloise, habitant actuellement en France.
Je suis Belge avant tout, d'origine néerlandaise et française. Aux Pays-Bas, nous parlons le néerlandais et ces derniers ont compris depuis longtemps que la deuxième langue nationale devait être l'anglais. Ceci pour des raisons économiques évidentes.
Les différences d'opinions entre région flamande et région wallonne, hormis Bruxelles, qui effectivement est une région à part entière et la capitale de la Belgique, n'est tout cela qu'une question d'argent, et non pas d'identité.
J'ai habité Drogenbos, commune à facilité au sud de Bruxelles. J'y parlais aussi bien néerlandais et non flamand, dialecte local, que français.
Je puis affirmer qu'un flamand ne comprendra pas le néerlandais, et vice et versa. Alors économiquement parlant, j'espère qu'ils deviendront très vite indépendant, afin de mieux découvrir comment ils parviendront à se débrouiller sur la scène internationale.
La comparaison entre la Croatie et la Flandre est très pertinente. Mes propos ne visent que les partis, et quelques groupuscules minoritaires, l'homme de la rue ne souhaitant que rester belge avant tout.
En conclusion.....à suivre.....
Ecrit par : Geneviève | dimanche, 13 juin 2010
@ Geneviève
Ne vous en déplaise je comprends très bien le néerlandais (et même le néerlandais du Pays-Bas, j'ai des amis dans ma rue et dont leurs enfants sont amis avec mes enfants sans aucun problème de langue) car le néerlandais c'est ma langue maternelle et celle dans laquelle j'ai suivi mes cours à l'école et la langue parlé en Flandre, chose que bcp ont du mal à comprendre apparement très bizarre selon moi, mais j'ai l'avantage de même comprendre le bruxellois,l'anversois, le limbourgeois et avec un peu plus de difficulté parfois même le West-Vlaams,
On ne vous comprenait donc pas à Drogenbos quand vous parliez le néerlandais? M'enfin quand même!! ;))
Ecrit par : Isa412 | lundi, 14 juin 2010
@Franck : je vous ai rarement lu aussi amer…
Ecrit par : Marcel Sel | lundi, 14 juin 2010
@ Isa412.
Dans le cadre de mon travail au sein d'une entreprise commerciale, j'avais de nombreux contacts avec les deux Flandres, les provinces d'Anvers, et du Limbourg.
J'ai dû apprendre à comprendre ces dialectes, et en parlant doucement, à me faire comprendre d'eux.
Je vous parle pour Drogenbos, des années 1975 :), il s'agissait d'une dame parlant le patois de Drogenbos, je puis donc comprendre, qu'elle n'ai pas pu saisir une phrase anodine, comme par exemple : Veuillez vous asseoir et attendre le notaire va bientôt arriver. Je vous assure qu'elle n'était pas contente et cela m'avait fait sourire.
Mon père néerlandais, avait également du mal à se faire comprendre dans les campagnes sur la route pour demander son chemin etc...etc...Il y a bien entendu des régions où il pratiqué de ABN, où là aucune confusion n'est possible. Le bruxellois je ne le parle pas, il est savoureux, et je le comprends puisque l'ayant entendu à Bruxelles même.
Ayant dont été bilingue de naissance, j'ai toujours prôné un bilinguisme total pour la Belgique, puisque parler le néerlandais m'ouvraient bien des portes en matière de travail. Ce fut pour moi une véritable chance et souvent un atout d'engagement immédiat. A cette époque révolue, n'existait pas encore les problèmes de chômage rencontrés. Ma fille ne parle que le français, et ne trouve donc pas d'emplois, puisque pas bilingue. Ce qui me semble tout à fait normal.
Et pour revenir à Drogenbos, oui ce fut une découverte assez étonnante :). Je m'en suis remise depuis lors lol
Ecrit par : Geneviève | lundi, 14 juin 2010
@ Geneviève
Je comprends mieux maintenant.
Parler le bruxellois, malheureusement je ne le fais pas souvent et je ne crois pas que je le fais aussi bien que mes grand-parents le faisaient, mais que du bonheur une pièce de théatre en bruxellois :)
C'est vrai que dans les campagnes c'est parfois plus difficile, mais l'enseignement étant en ABN depuis longtemps, même si bcp parlent encore un dialecte à la maison, la majorité depuis ma géneration le parlent (l'ABN donc).
C'est vrai que le patios de Drogenbos des années 1975 je ne le connais pas :))
Ecrit par : Isa412 | lundi, 14 juin 2010
@ Marcel : hé, j'ai de quoi être amer : tout ce que je déteste a triomphé hier. Le nationalisme, la corruption de l'autre. La bêtise et le communautaire dans les deux cas.
Je vais aller souvent en Flandre ces prochains mois. J'en profiterai pour améliorer mijn (Algemeen ;-)) Nederlands bien sûr mais aussi pour « prendre la température ». Si je ne m'y sens plus le bienvenu parce que je suis Francophone, alors j'essaierai de ne plus y mettre les pieds. Comme il est des endroits chez moi en France où je ne vais plus tellement ça y schlingue le Front National.
@+
Ecrit par : Franck Pastor | lundi, 14 juin 2010
Wanda : J'avais prévu 25 sièges. Je n'étais pas si loin. Vos 44 % étaient purement et simplement ridicules !
Ecrit par : Marcel Sel | lundi, 14 juin 2010
Bienvenue, Diogène.
Ecrit par : Marcel Sel | lundi, 14 juin 2010
@Marcel
Sinds je toch zo goed bent in het bekritiseren van verdelingssleutels: de PS haalt landelijk 13.7% en krijgt daarmee 26 zetes. N-VA haalt 17.4% en krijgt daarmee maar 1 zetel meer. Blijkbaar is een franstalige stem toch nog altijd heel wat meer waard in dit onland.
Ecrit par : Lieven | lundi, 14 juin 2010
@ Lieven: Dat klopt. Maar u vergeet iets te melden: het is in ruil voor de nog veel grotere overtegenwoordiging van de Vlamingen in Brussel.
Ecrit par : Franck Pastor | lundi, 14 juin 2010
Dank je Geneviève.
Ecrit par : Marcel Sel | lundi, 14 juin 2010
@Lieven : vos chiffres ne sont pas les bons : PS 14,03 et N-VA 17,29. Le nombre de siiège dépend de la répartition de la population dans les circonscriptions. Si la N-VA obtient moins proportionnellement que le PS, le CD&V aura proportionnellement plus.
Vous n'allez quand même pas rejoindre Wanda dans le concours à celui qui a le QI le plus bas, non ?
Ecrit par : Marcel Sel | mardi, 15 juin 2010
@ Marcel, graag gelezen en geschreven
Ecrit par : Geneviève | mardi, 15 juin 2010
@Franck
Van mij mag die oververtegenwoordiging in Brussel opgeheven worden. Het heeft er in al die jaren toch niet voor gezorgd dat er een degelijke tweetalige dienstverlening is door de manifeste onwil van de franstaligen om de taalwetten na te leven.
@Marcel
De cijfers varieren nog steeds. Op dit moment geeft de standaard NVA 17.6% (1135617 stemmen) PS 13.80% (894543 stemmen). Toch een groot verschil dat niet te verklaren is door de verdeling binnen de kieskringen. De NVA heeft 42000 stemmen nodig voor een zetel, de PS 34000.
Ecrit par : Lieven | mardi, 15 juin 2010
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