vendredi, 30 avril 2010

Un Blog de Sel cité dans le Figaro Magazine

Ne manquez pas l'article «Divorce à la Belge» de Véronique Grousset cette semaine dans Le Figaro magazine. J'y suis cité, ainsi que ce blog.

Dictature de la minorité.

«La dictature de la minorité peut continuer indéfiniment». Le titre revanchard de cet article ne provient pas du journal du Vlaams Belang, ni de la revue de la N-VA. Il est en page de garde du site de la télévision flamande. Il montre la position antidémocratique des médias flamands, incapables de reconnaître le droit indiscutable, inaliénable, pour les Francophones de faire usage de tous moyens de protection légaux pour empêcher «l'autre communauté» de lui imposer des choses qu'elle ne souhaite pas. Soumettre ce droit — comme le faisait hier Yves Leterme dans la version flamande de son interview — à la disponibilité à négocier (sous-entendu aux conditions de la Flandre), revient à le conditionner, ce qui l'éteint. Cela revient à prétendre que les droits des Francophones sont suspendus à ceux des Flamands. C'est le contraire de la démocratie (voir mon article à ce sujet).

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Maintenant qu'on a donné l'alarme, on est sonnés.

Hier, j’ai lancé une idée. Un peu vite, un peu abruptement. Elle n’avait aucune chance d’aboutir, mais elle a été lue. Aujourd’hui que tout va bien, que le Parlement est redevenu une zone feutrée et que les esprits sont rassurés, je me sens obligé de revenir sur la question. Bien sûr, on a évité un clash. Un quatrième clash, pour être précis. Et comment ? En utilisant, de plein droit, une mesure conçue pour prévenir un abus de la majorité sur la minorité. Rien de déshonorant, donc. L’avantage fut double : permettre aux Francophones de montrer aux Flamands qu’il faut qu’on les respecte, d’une part. Éviter aux Flamands de devoir voter une loi qui n’ira pas jusqu’au bout d’autre part. Servais Verherstraeten (chef du groupe CD&V à la chambre) était presque content, en tout cas, il était rassuré. Voilà un combat qu’on peut mettre de côté, le temps de régler le reste. Le reste ? Mais oui, vous savez, tout ce que le gouvernement devait voter d’urgence.

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mercredi, 28 avril 2010

URGENT : Il faut les laisser voter BHV !

Lettre aux partis francophones.

Demain, les partis flamands s'apprêtent à voter la scission de l'arrondissement de BHV. Les partis francophones proposent de tirer la sonnette d'alarme avant le vote. C'est une erreur. Les extrémistes du CD&V (Doomst, Van Rompuy, etc.), la N-VA et le Vlaams Belang ne demandent pas mieux. Ceci reviendrait à retirer d'avance à la soi-disant majorité démocratique (en fait à la majorité ethnique) le droit de vote. Ils pourraient ensuite brandir une fois de plus le Francophone comme l'empêcheur de fonctionner, l'antidémocrate, le méchant. Et ça, c'est excellent pour les partis antisystème. Au contraire, il faut laisser les partis flamands aller au bout de leur logique, sans broncher : les laisser voter la scission de BHV sans contrepartie. Et bien leur dire que les partis francophones ne s'y opposeront pas, ne quitteront même pas l'hémicycle, ne voteront même pas contre, mais s'abstiendront. Si vous voulez voir Servais Verherstraeten faire une crise d'apoplexie, je vous assure que c'est le meilleur moyen !

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Terminé Leterminator.

Voilà. C'est fait. Yves Leterme et sa politique de Diktat communautaire met la clef sous le paillasson, dans tous les sens du terme. Il a perdu, il s'en retourne diriger la liste west-flandrienne dont il n'aurait jamais dû partir. C'est désormais Marianne Thyssen qui mènera le CD&V à une petite victoire éventuelle, ou à un échec retentissant quasi certain. Comme du temps de Van Rompuy, cela donne une lueur d'espoir. Elle est l'une des seules personnalités du CD&V à s'être clairement distanciée de la doctrine Maddens et à avoir condamné le fédéralisme de combat. Elle vient du Parlement européen et serait de ce fait peut-être plus sensible à des réalités comme le Droit européen, garanti par le Traité européen, qu'il faudra bien un jour faire respecter autour de Bruxelles, faute de quoi la cohabitation n'est plus possible.

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mardi, 27 avril 2010

NVAAAAAAAAAAAAAAAArgh (petite analyse intermédiairerapide)

Augure n'est pas avenir. Quand même : ce soir, un sondage du Standaard fait un peu froid dans le dos. La question de ce journal traditionnellement centriste (CD&V) est «en cas de nouvelles élections, pour qui voteriez-vous ?» Il y a eu jusqu'ici plus de 9.000 participants et la réponse est : NVA, 51,25% des voix ! Bien sûr, cette information n'a aucune rigueur scientifique, il se peut même que la N-VA fasse tout pour inciter les voisins, voisines, cousins, tontons, amis (si, ils en ont !) à voter en masse. N'empêche. Dans ce petit sondage sans valeur, les partis indépendantistes antisystème ont la majorité absolue : 56,3 %, le CD&V s'écroule à un minable 7,88 % (tout comme le SP-A) et l'OVLD résiste à 15,52 %. Ne nous affolons pas : ces chiffres sont évidemment le fruit d'un sondage tout ce qu'il y a de bricolo. Et l'idée même de sondage pour des élections à arrondissements pose problème : ainsi, la N-VA ne pourrait de toutes façons pas dépasser les 20 à 25% de suffrages, parce qu'il n'aura jamais assez de candidats crédibles à proposer. Si vous souhaitez voter NVA dans un arrondissement où ce parti n'a aucune tête de liste, et que Jean-Marie De Decker se propose à vous, il se peut que vous changiez d'avis dans l'isoloir. Chiffres fantaisistes, donc. Mais quand même, ceci montre à quel point la décision d'Alexander De Croo n'est, sur base des données actuelles, une bonne affaire que pour les extrémistes. Petite analyse…

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L'Anschluss de Bruxelles "soutenu par le gouvernement flamand."

Francophone de Bruxelles (lien ci-contre), collègue blogueur et mine inépuisable d'informations dont je vous recommande de mettre le site en signet, est tombé sur une déclaration d'annexion de Bruxelles par le Vlaamse Volksbeweging. Or, cette association annonce sur son site bénéficier du «soutien du Gouvernement flamand». Et pour cause : Bart Maddens, l'auteur de la doctrine "incisive" (assertief) du gouvernement flamand actuel écrit régulièrement dans Doorbraak, le magazine du VVB, dont il est très proche. La N-VA n'a d'ailleurs jamais caché ses relations avec le VVB. Les résolutions de ce mouvement lié notamment au Taal Aktie Kommitee sont une véritable déclaration d'annexion de Bruxelles par une Flandre indépendante qu'il appelait de ses vœux ce 24 avril. Extraits :

«La Flandre doit déclarer l'indépendance pour la totalité de son territoire situé au nord de la frontière linguistique, en incluant les 19 communes bruxelloises.(…) La ville de Bruxelles est la capitale de l’Etat Flandre. (…) Les habitants des 19 communes bruxelloises, y compris ceux qui choisissent le rôle linguistique français, sont entièrement des citoyens Flamands (…) Bruxelles, limitée aux 19 communes, reçoit un statut bilingue qui sera appliqué de manière stricte (…) Les habitants Francophones de Bruxelles, limitée aux 19 communes, recoivent une structure propre pour pouvoir exercer des compétences limitées sur des matières personnelles (enseignement, culture, et bien-être).»
Le simple fait que cette déclaration lors d'un congrès prévu de longue date, soit apparue en pleine crise fait froid dans le dos. Il semble bien que l'ensemble du mouvement flamand, Vlaams Belang et VVB en tête, se soient lancés dans une offensive à l'assaut de son indépendance et de Bruxelles. La présence dans le gouvernement flamand du parti indépendantiste N-VA, qui soutient l'annexion territoriale de Bruxelles pour des raisons "historiques" et est dès lors à considérer comme antidémocratique jette le discrédit sur le gouvernement flamand dès lors qu'il le rend complice de projets tout à fait incompatibles avec l'État de droit et le droit européen, montrant par là même son caractère agressif et dangereux pour la liberté des Bruxellois et des habitants non-Flamands des communes alentour, et la nécessité pour les Bruxellois et les habitants de communes à minorité francophone, de toute langue et de toute origine, y compris néerlandophone, de s'en protéger en demandant leur rattachement à la Région bruxelloise.
L'inquiétude grandit d'ailleurs dans les communes à facilités, puisque ce soir, Linkebeek a voté une résolution demandant son rattachement à Bruxelles en cas de scission unilatérale de l'arrondissement de BHV.

lundi, 26 avril 2010

Démission acceptée, fin de l'État belge ? MISE A JOUR

Selon Belga, le roi vient d'accepter la démission d'Yves Leterme. Il reste deux possibilités : un nouveau gouvernement ou des élections. Sans règlement de BHV, il sera impossible d'organiser des élections dignes de ce nom : Eric Van Rompuy a prévenu ce matin que les partis flamands ne déposeraient même pas de listes, et que les bourgmestres de la périphérie flamingante refuseront d'organiser les élections. Autrement dit, si vous lisez dans les jours qui viennent que le Roi convoque des élections, vous lirez probablement que le pays n'existe plus. Lors d'un chat sur Le Soir, Olivier Mouton vient de me confirmer que cette éventualité n'est pas qu'une vague hypothèse.

Comme dirait Van Quickenborne : Alea jacta est.

(Quant à un rattachement à la France, depuis qu'ils croient que le port d'Anvers est en Wallonie, on a toutes nos chances ! )

 

Hideuses Wallonnes, belles Flamandes !

Image 74.pngS'il fallait se convaincre qu'en Flandre, les Francophones sont présentés comme les coupables de la crise, je choisirais assez volontiers le jeu placé aujourd'hui par le journal Gazet Van Antwerpen sur son site internet. Il s'appelle «Aidez Leterme à former un gouvernement» ou encore «Leterminateur». C'est une version apparemment belge de Pac Man où le «héros» est poursuivi par des «méchants». Ce qui est dérangeant ? C'est qu'Yves Leterme est confronté, non pas aux 7 ou 8 partis flamands, non pas aux 12 partis nationaux, mais exclusivement à 4 présidents de partis francophones : Joëlle Milquet, Olivier Maingain, Elio Di Rupo et Didier Reynders qui cherchent tous à l'avaler tout cru. Le son n'est pas la Brabançonne, mais la Marseillaise. La semaine passée, Clint.be, le site web du P-Magazine, proposait à ses lecteurs de choisir entre les beautés flamandes et les beautés wallonnes. Sauf que les premières étaient des pin-ups dénudées que l'on suppose tentantes au goût des Néerlandophones, les secondes étaient les femmes politiques belges, généralement photographiées à leur désavantage. Le commentaire : «la scission ne nous fera rien rater.» Autrement dit, les Francophones sont trop moches pour nous. Bien sûr, ce site est ce qu'il y a lieu d'appeler «un torchon». Bien sûr, il s'agit d'une forme d'humour (je vous assure ! Mais si ! Mais puisque j'vous'l dis !). Bien sûr, beaucoup de commentateurs du site trouvent la comparaison stupide, idiote, injuste. L'un d'eux se demande même pourquoi on compare des politiciennes francophones à des «putes». Mais pour ceux qui pensent que la relation entre nos communautés a encore quelque chose à voir avec une relation normale entre communautés d'un grand état, voilà deux exemples de la perception des Francophones telle que diffusée en ce moment par la presse flamande.  Image 76.png

Deux épiphénomènes qui s'ajoute à l'avis unanime de la presse flamande : l'échec futur des négociations, comme je l'affirmais dans mon article «Belgique ou démocratie», est très systématiquement mis sur le dos des Francophones. Le petit jeu ci-dessus (qui implique un certain temps de travail et un certain investissement) ne fait que le confirmer. Vous avez dit "bouc émissaire" ?

jeudi, 22 avril 2010

Belgique ou bien démocratie, à nous de choisir.

Depuis bientôt trois ans, vous croyez que «les Flamands» et «les Francophones» se disputent. Que les uns sont attachés au droit du sol et les autres au droit du sang. Ce n’est pas ça du tout ! La guerre froide qui mine ce pays n’est pas une lutte ethnique. Il ne s’agit pas d’une opposition entre «Flamands» et «Francophones», même pas entre le sol et le sang, mais bien entre nationalistes et Démocrates. L’intérêt des nationalistes (flamands) étant de faire croire qu’ils s’opposent à une entité qui s’appellerait «les Francophones» ou «les Wallons», ceux qui adhérent à cette description entrent dans leur logique. L’intérêt des Démocrates (avec un «D» majuscule : la Démocratie est notre nation à nous) de Wallonie, de Bruxelles, des Cantons germanophones, des Communes à facilités et si possible de Flandre, est au contraire d’assumer pleinement et ouvertement leur adhésion aux principes universalistes et européens selon lesquels les droits libéraux de l’individu sont les mêmes pour tous et partout. Il en va donc de la survie de nos principes que nous comprenions que le droit territorial tel que prôné par la Flandre n’est pas, comme le prétendait hier Jean-Luc Dehaene après son échec, un choix normal, ni même tolérable, mais l’expression d’une logique nationaliste qui s’oppose aux principes démocrates que nous devons défendre même si cela doit signifier la fin de la Belgique actuelle. Tous les partis flamands sont désormais entrés peu ou prou dans le nationalisme. Et le marché qu’ils nous proposent, c’est «la Belgique ou bien la Démocratie.» Nous n’aurons pas les deux. Autant le savoir. Avant de choisir. Ou d’avancer.

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