mardi, 15 septembre 2009
67% des Flamands seraient antinazis.
Les sondages en ligne sont peu représentatifs de la réalité. Tout au plus peuvent-ils donner une idée grossière de l’opinion du lectorat internaute du journal qui organise le sondage. Mais tout de même ! Quand on lit dans De Standaard que près d’un tiers (32,67 %) des répondants pense « qu’une femme ayant des convictions nazies peut être mère d’accueil (gardienne d’enfants) », il y a matière à réfléchir. D’abord, à se rassurer : 67 % des lecteurs du Standaard s’opposent donc à la moindre tolérance au nazisme d’aujourd’hui. Ensuite, très vite, à s’inquiéter : un tiers de lecteurs trouveraient parfaitement normal que des personnes ayant des convictions nazies s’occupent de la petite enfance, c’est-à-dire du fondement de l’éducation de nos chères têtes blondes. La mollesse de Kind & Gezin (l’administration flamande qui gère la petite enfance) face au nazisme de la mère d’accueil que la VRT a révélé à Anvers, et qui avait, sans succès, été dénoncée par des parents dès 2003 correspondrait donc à une opinion assez répandue dans la population flamande.
Je crois qu’il faut que je commence par assurer ces 67% de lecteurs du Standaard de notre pleine et absolue solidarité. Mais il faut qu’ils prennent conscience qu’ils ont un problème à résoudre, parce qu’il influe sur la vie de tous les Belges. Je prétends qu’on a laissé trop de place à l’extrême-droite dans l’imaginaire public (c’est-à-dire, dans les sous-entendus des médias et de la politique). On en arrive à ce constat : trente pour-cent des Flamands trouveraient normal que des enfants soient gardés par une dame qui explique que la Hitlerjugend, c’était la bonne éducation et que Hitler a bien fait d’éliminer les Juifs. Pour un Allemand, un Français, un Hollandais, un Anglais, il y a vraiment de quoi tomber de sa chaise, tête la première ! Une telle tolérance à l’intolérable est évidemment de nature à nous inquiéter, si ce n’est à nous horrifier. Et quand j’écris « nous », c’est nous tous, les Belges démocrates, solidaires, Flamands, Francophones, Germanophones.
Ce chiffre de 30% est d’autant plus crédible qu’il correspond plus ou moins à l’ensemble des électeurs VB + NVA + LDD qui, loin d’être tous d’extrême-droite, ont en commun (et parfois pour des « bonnes » raisons) l’exigence de la disparition du cordon sanitaire, soit de laisser les élus du Vlaams Belang diriger des communes, des provinces ou même la Région ou la Communauté. Notons que la tolérance à l'intolérable n'est pas nécessairement une marque d'extrémisme : chez les populistes de LDD, elle correspond à un vœu démocratique. Jean-Marie De Decker, le patron du parti, est allé pêcher cette liberté d’expression absolue dans une grande démocratie s’il en est : les États unis. Il est convaincu qu’on ne peut la limiter, faute de lui porter atteinte. A la N-VA, ce refus du cordon anti-extrême-droite est (mais pas toujours) plus suspect, certains membres de son bureau politique étant ouvertement favorables aux coalitions locales avec le Vlaams Belang (dont la gardienne d’enfants était membre) et fréquentant les grands rassemblements de l’extrême-droite flamingante.
Pourquoi ?
Pourquoi un pays pas plus raciste que beaucoup d'autres est-il aussi ouvert à l’extrême-droite ? Je pense que c’est parce que les idées des ex-collabos ont fait en Flandre un chemin trop mal surveillé, et occupent aujourd’hui une case beaucoup trop importante de « l’imaginaire flamand ». Ainsi, on ne parlera jamais, au Nord, des « Waffen SS flamands qui ont combattu au côté des SS allemands, défenseurs de la suprématie de la race et bras armé de la Shoah », ni de leurs éventuels crimes de guerre, commis au nom de la race (germanique) supérieure. On les appellera plus prosaïquement des « Oosfronters », valeureux combattants de l’est qui ne sont pas vraiment partis à l’Est pour collaborer avec l’ennemi, mais bien pour défendre l’Occident contre le bolchévisme. Ou comment des traîtres à leur patrie se voient tout à coup transformés en héros nationaux ! On a aussi entendu des Vlaams Belang excuser publiquement jusqu’à Staf De Clercq, qui ne se sera pourtant pas privé d’exiger publiquement la disparition des Juifs de Flandre et serait en partie responsable de la nuit de cristal anversoise, où plus d’une centaine de boutiques juives ont vu leurs vitrines brisées. Quant à l’épuration d’après-guerre, qui juridiquement aurait concerné un bon millier de Flamands, c’était évidemment, pour tout Flamingant qui se respecte, une répression qui ne poursuivit que de pauvres victimes parfaitement innocentes, comme le « boucher de Breendonck », condamné à mort pour avoir créé un climat de violence épouvantable dans le camp de concentration. On arriverait presque à nous faire croire qu’il y n’aura pas eu le moindre collaborateur en Flandre : ils étaient tous innocents… ce que les photos de l’époque contredisent pourtant : à l’enterrement de Staf Declercq, à Bruxelles, en 1942, il y eut des dizaines de milliers de bras tendus, convaincus.
Du coup, tous les trois ou quatre mois, une information venue de Flandre vient nous déranger et nous rappeler qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond là-haut. Quand ce n’est pas un militant d’extrême-droite qui abat une nounou et un bébé en pleine rue, c’est la VRT et De Morgen qui lancent une pub arborant un Hitler en dessin et une croix gammée. Quand ce n’est pas un hommage public à un nazi notoire, c’est une dame qui a Hitler chez elle (ça existe aussi en Wallonie, bien sûr), et qui surtout peut, avec la bénédiction de l’administration flamande, élever des enfants avec la certitude exprimée que la Hitlerjugend, c’était de la bonne éducation. Et j’en oublie presque le dérapage de Man Bijt Hond (qui s’est pris les pieds dans un humour mal calibré) dans une vidéo qui aurait, en France ou en Allemagne, mené le réalisateur et la chaîne au tribunal.
Inquiétantes nouvelles
Et pourtant, si l’information arrive jusqu’à nous, c’est aussi parce que le débat démocratique est vif en Flandre comme ailleurs et qu’une bonne partie de la population est étrangère à ces extrémismes et les dénonce. Mais voilà. Une nazie a gardé des enfants, et Kind en Gezin l’a toléré. Un journal juif plutôt pro-israélien s’en est offusqué, et des internautes se sont mis à négationniser (voir mon article précédent). Un tiers d’internautes répondants au Standaard pensent que nazisme et éducation vont bien ensemble. Cent pour cent de ces informations prouvent que la Flandre va mal sur son extrême-droite. Et cent pour cent des Flamands devraient cesser de penser aux transferts pour se demander quelle société ils sont en train de construire pour leurs enfants, et pourquoi la future nation flamande se conçoit sur des bases aussi dérangeantes. Alors que 67 % des lecteurs du Standaard se mettent au travail : il s’agit de déconstruire l’imaginaire déviant des 32 % restants.
Dernière triste chose : Vers l’Avenir a fait un sondage en ligne pour demander ce que ses lecteurs pensaient d’Opel. Un tiers répondent que ce n’est pas leur problème, parce que ça se passe… en Flandre. Triste victoire pour les séparatistes du Nord et du Sud.
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Commentaires
Un tiers des Flamands n'aurait rien contre placer son enfant dans une telle crêche ? C'est effectivement effrayant, mais ce n'est malheureusement pas propre à la Flandre. J'ose affirmer qu'il en est de même dans mon pays à moi, la France. Il me suffisait de discuter autour de moi pour être effrayé par le nombre de gens, le plus souvent de droite mais parfois aussi « de gauche », tenant des propos ouvertement racistes. J'évaluais justement la proportion de ces gens à un tiers environ, voire même un peu plus. Simplement, beaucoup ne traduisent pas ces convictions racistes dans leur bulletin de vote. Sinon ça ferait longtemps que le Front National serait le premier parti de France.
Non, selon moi la Flandre n'est pas particulièrement malade de l'extrême droite. Il vient seulement s'y ajouter un autre fléau, qui ne lui est pas nécessairement relié : le nationalisme. L'alliance des deux peut en effet être explosive. Touchons du bois, on est encore bien loin du pire que cela peut produire. Quelle chance ont la Wallonie et Bruxelles de ne pas être touché par la peste nationaliste. Par contre, question opinions racistes, il suffit là aussi de faire un radio-trottoire pour perdre ses illusions.
Ecrit par : Franck Pastor | mardi, 15 septembre 2009
Trois posts pour ce fait divers.
Quelle chance ont la Wallonie et Bruxelles que ca c'est leur plus grand probleme. Entretemps, a Bruxelles, les "jeunes" attaquent des pompiers avec des Kalashnikovs. La police est commande de suivre la Ramadan dans les no-go zones. Et en Wallonie personne ne trouve le budget maintenant que papa a pris son calculateur au niveau federal. Mais je suis heureux de voir que vous avez les priorites fixe sur les vrais problemes.
Ecrit par : Lieven | mardi, 15 septembre 2009
@Frank : je suis d'accord avec vous sur le fait que le racisme est bien partagé partout. Mais entre le racisme et le nazisme, il y a comme un gouffre que je ne franchirais pas. Il y a certes partout des dames comme celle-là (j'ai ainsi connu un « vrai » nazi en Wallonie), mais l'administration ne leur octroie pas un droit d'éducation aux enfants (il y avait dans la crèche deux enfants de 6 et 7 ans), et le peuple ne leur trouve pas d'excuse. Encore une fois, ces 30% sont une indication de plus, pas un fait avéré.
@Lieven : le fait que vous ne voyez pas que la tolérance au nazisme de Kind en Gezin est un problème grave, le fait que tout le monde semble nier ce que dénonce le reportage du journaliste flamand (qui, fait étonnant, veut garder l'anonymat !) est assez révélateur du problème flamand. Encore une fois, si tout cela ne débordait pas sur Bruxelles et la Wallonie, et si à cause de votre nationalisme exacerbé, vous ne prépariez pas l'apartheid fiscal en Belgique, je ne m'en mêlerais pas. Je serait triste pour la Flandre, mais je n'invoquerais même pas mes ancêtres flamands. Tout au plus, je trouverais qu'ils auront eu raison, en 1945, de décider de changer de langue, le néerlandais étant devenu pour eux celle de l'oppression et de la collaboration.
Ecrit par : Marcel Sel | mardi, 15 septembre 2009
@Lieven : ah bon, j'ai dit que la Wallonie et Bruxelles n'ont pas de graves problèmes ? Dites-moi où j'ai dit ça, s'il vous plait, je vous en serai très reconnaissant.
En effet, il y a un problème qu'ils n'ont pas (contrairement à vous-même ?), c'est le nationalisme. Ça tombe bien, ils ont justement assez de problèmes comme cela à régler pour ne pas avoir en plus celui-là.
Ecrit par : Franck Pastor | mardi, 15 septembre 2009
@Marcel
Avec votre Berufsverbot et ces pratiques d'informants, vous etes assez proche du nazisme vous-meme. Je ne vais pas m'amuser a debater ce fait divers, je me trouve tout a fait a l'opinion de Prof. Storme a http://www.brusselsjournal.com/node/4091
Tant que vous etes la, http://www.brusselsjournal.com/node/4087 et http://www.brusselsjournal.com/node/4069 meritent aussi votre attention.
Et pour vous sauver le boulot, oui, Storme et Belien sont des flamingants et des nazis. Sinon, vous chercherai 7 connexions pour prouver qu'ils sont les petits-neveus d'Adolf.
Ecrit par : Lieven | mardi, 15 septembre 2009
Si tout ce qui est dit sur Paul Beliën ici (http://en.wikipedia.org/wiki/Paul_Beliën) est vrai, alors il s'agit d'un homme que je préfère ne jamais avoir à croiser. Une vraie caricature. Je serais peut-être plus conciliant avec Matthias Storme (http://en.wikipedia.org/wiki/Matthias_Storme) mais ses idées me révulsent presque autant.
Ecrit par : Franck Pastor | mardi, 15 septembre 2009
@Lieven : Je n'ai pas dit que tous les Flamingants étaient des nazis. Ceux qui fréquentent l'Ijzerbedevaart sont des nationalistes qui ne tendent pourtant pas le bras. Seuls ceux de l'Ijzerwake sont suspects de sympathies nazies, pour toute une série de raisons. Ici, l'on trouve deux membres du Vlaams Belang en possession de portraits d'Hitler, et j'affirme que ce n'est pas par hasard. Le plus troublant est peut-être le procès fait par la droite soi-disant « démocrate » envers ce journaliste qui a révélé les faits. A lire Storme, Terzake est l'ennemi de la liberté, ce journaliste aura fauté, et à voir le procès d'intentions qui lui est fait, je comprend pourquoi il préfère taire son identité !
En réalité, ce que Storme soutient, ce n'est pas la liberté individuelle, c'est la censure de la presse. En faisant croire qu'il y aurait discrimination à ne pas subsidier les crèches nazies, il exprime avant tout l'idée qu'il aurait fallu empêcher la diffusion du reportage pour protéger la mère antisémite, raciste et nazie affirmée d'une mise à la retraite par Kind en Gezin. A aucun moment, Storme n'établit l'essentiel, à savoir qu'une telle femme ne peut en aucun cas être mise en contact avec des enfants en âge d'éducation. Pire, il fait ce que je considère être une forme de négationnisme quand il compare les crimes des religions (que je ne nie évidemment pas) à la Shoah.
Ecrit par : Marcel Sel | mardi, 15 septembre 2009
@Marcel
Storme et moi maintiennent que c'est pas a Kind en Gezin de decider si les idees du gardienne conviennent pour lui confier des enfants mais aux parents de ces enfants.
Ecrit par : Lieven | mardi, 15 septembre 2009
Autrement dit, les nazis devraient avoir droit à des crèches nazies ?
Ecrit par : Franck Pastor | mardi, 15 septembre 2009
@Franck Pastor
Les nazis ont le droit qu'on leur laisse tranquille s'ils ne nuisent personne. Le portrait de Hitler etait en pleine vue si j'ai bien compris la reportage. Si ca ne genait pas aux parents des enfants, qui est-ce que je suis pour intervenir dans leur decision?
On peut regretter que c'est pas defendu d'etre con mais le cas echeant, la population des prison augmenterait par des ordres de magnitude.
Ecrit par : Lieven | mardi, 15 septembre 2009
Lieven, le nazisme, lui, a largement fait preuve de sa nocivité. Toute institution démocratique digne de ce nom n'a pas à laisser se développer le nazisme chez elle de façon officielle, sous quelque forme que ce soit. Cela reviendrait à faire entrer le loup dans la bergerie. Or le fait que cette crèche soit chapeautée par Kind en Gezin lui conférait un statut officiel. Bref, pour moi les autorités flamandes ont fait le bon choix, et je les en félicite. Dommage qu'il ait fallu attendre si longtemps.
Parce que le débat est là : oui ou non est-il légitime que les enfants d'une crèche reconnue officiellement soient abreuvés quotidiennement, de façon implicite ou explicite, de propagande et d'idées nazies, lesquelles sont par définition racistes, haineuses et anti-démocratiques ? Il est absurde de croire que la responsable de la crèche faisait taire ses convictions vis-à-vis des enfants qui lui étaient confiés. Ce genre de convictions transparaît dans des gestes, des réflexions, des attitudes en apparence anodines, mais lourdes de signification, le genre de chose qui peut marquer un enfant pour la vie. Alors que répondez-vous à la question ?
Ecrit par : Franck Pastor | mardi, 15 septembre 2009
@Lieven : « les nazis ont bien le droit qu'on les laisse tranquilles s'ils ne nuisent à personne » : c'est gravissime : diffuser, encenser le nazisme, comme la dame le fait de toute évidence, est interdit pour des raisons très simples, qui se comptent en millions de morts. Votre réaction m'invite à penser que la Flandre est si peu choquée par ces millions de mort, et par l'élimination volontaire de deux peuples (les Juifs et les Tziganes, mais aussi les Orthodoxes en Croatie, par exemple) qu'elle tolère qu'on honore aujourd'hui encore les dirigeants de l'époque. Il y a des tolérances qui reviennent à des excuses. C'est pour cela qu'elles sont, comme ici, épouvantables.
Ecrit par : Marcel Sel | mardi, 15 septembre 2009
Marcel, je pense que Lieven essaie juste de foutre le bordel et d'être contraire.... c'est quoi c'est histoire que "la Flandre est si peu choquée"....
je connais personne, moi inclu, qui n'était pas profondément choqué par le racisme de cet femme.... est-ce vous avez lu les articles et editoriaux qui condement firmement l'attitude? ou est-ce que vous les ignorez? moi j'étais profondément dégouté et je peux vous rassurez que dans mon éducation comme enfant et adolescent on a appris beaucoup de choses sur la Seconde Guerre Mondiale et jamais, mais alors jamais, un enseignant nous a expliqué que les "oostfronters" étaient ce que vous pensez qu'on enseigne aux enfants en Flandre...
la seule chose que vous faites est de prendre un sondage sur Le Standaard (2.700 personnes) pour argumenter que plus que 30% des flamands approuvent l'attitude de cet femme.... vous pensez vraiment que les votes des excités qui visitent le site du Standaard sont représentatif pour la Flandre.....? pauvre Marcel... si je devais prendre les messages et les sondages sur le site du Soir comme représentatif pour la francophonie, on pourrait prouver tout et n'importe quoi....
Lieven a quand même raison sur une chose... trois blogs sur le même sujet est un peu exageré et prouve peut-être que vous savez plus quoi écrire sur les flamands.... à moins qu'on vote dans qq mois la scission de BHV....
Ecrit par : des | mardi, 15 septembre 2009
@Lieven
D'après votre raisonnement, vous vous basez sur la liberté d'expression pour justifier la tolérance de nazis dans la vie PUBLIQUE (j'insiste très fort sur cela) puisque cette dame exerçait un métier PUBLIC, chapeauté par un organisme PUBLIC. Donc, nous ne sommes en AUCUN CAS dans la sphère privée mais bien dans la sphère PUBLIQUE.
Si tel est le cas, comment pouvez-vous condamner l'usage du français en PRIVE voire même en PUBLIC en flandre? Cette liberté d'expression que vous mettez à toutes les sauces ne justifie pas que vous puissiez tolérer une autre langue que le flamand en flandre?
Je vous met au défi !!! Comment arrivez-vous à concilier la tolérance au nazisme au nom de la liberté d'expression et l'intolérance aux francophones, qui eux, n'ont pas le droit à cette liberté d'expression?
Oui, vous pouvez tolérer qu'une crêche soit tenue par une nazie revendiquée mais vous ne tolérez pas qu'un crêche puisse être tenue en français, avec une enseigne écrite en français. Où est donc la liberté d'expression?
Réfléchissez bien.... Pour ma part, même en faisant preuve de le plus mauvaise foi du monde, il n'est pas possible d'arriver à tolérer l'intolérable en brandissant l'argument de la liberté d'expression qui devrait pouvoir s'appliquer aussi à l'intolérable et, en même temps, refuser ce même droit fondamental à une partie de la population de sa propre région sous prétexte qu'ils parlent une langue différente.
Sauf si on utilise l'argument de la liberté d'expression pour masquer ses propres sympathies envers un certain facisme qui prône la différenciation ethnique et l'apartheid d'une élite raciale qui aurait plus de droits que les autres.
Ecrit par : Rodenbach | mardi, 15 septembre 2009
Mais Des, si vous faites partie des 67%, vous pensez comme moi qu'il y a un problème, non ? Vous trouvez aussi que K&G a une attitude irresponsable et inacceptable. Et ensuite, en effet, je me pose la question de savoir comment on peut en arriver là, sachant que la société flamande n'est pas a priori moins démocratique qu'une autre société occidentale.
Comment se peut-il qu'à Anvers, on soit déjà arrivé à près de 40% de Vlaams Belang (38% dans certains cantons, en 2003)? Pourquoi y a-t-il de plus en plus de participants à l'Ijzerwake ? Pourquoi la N-VA y est-elle représentée, et pourquoi dans ce cas est-elle au gouvernement flamand avec le SP-A ?
Quand le journaliste de Terzake s'explique dans De Standaard, il y a en quelques heures plus de 140 réactions, qui défendent pratiquement toutes la gardienne nazie contre le journaliste qui a osé la filmer secrètement chez elle ! Il y a là-dedans des gens qui se disent socialistes, membres de Groen!, etc. Je ne sais pas qui est derrière, mais comme De Standaard ne modère pas grand chose, la sensation que l'on a est est amère.
J'aimerais bien avoir votre opinion à vous, Des, et votre réponse à cette simple question à laquelle j'essaye de répondre comme je le peux : pourquoi cela arrive-t-il en Flandre et pas ailleurs ? Pourquoi est-ce en Flandre qu'on a un jour déposé une loi d'amnistie pour les anciens collaborateurs ? Pourquoi tolère-t-on un musée August Borms à Anvers ? Pourquoi personne n'a été condamné suite aux cérémonies en hommage à Staf de Clercq? Pourquoi, enfin, une dame qui a Hitler dans son salon et sans son esprit et qui traite les juifs, à peu près, de "rot volkje" est-elle autorisée à élever les enfants des autres ? Ces choses ont une origine et un sens. Comme vous, j'aime la Flandre des gens, celle où l'on se promène, celle où on est accueilli dans toutes les langues. Mais je la vois s'éloigner et je lui dis ce que j'en pense. Je crois que vous avez cessé de vous battre et que vous laissez les symboles de la justice et de la liberté s'affaisser l'un après l'autre.
Je le répète : la VRT à levé le lièvre, et c'est très sain comme attitude. Les Flamands n'ont pas, loin de là, le monopole du racisme (j'ai vu des horreurs aussi sur des sites francophones à cet égard). Il y a en effet un débat au nord, et c'est nécessaire et rassurant. Mais la question lancinante persiste : pourquoi est-ce toujours en Flandre que ça arrive. Si vous avez d'autres réponses, Des, et si vous pouviez convaincre les lecteurs de ce blog que les quelques autres Néerlandophones qui viennent ici sont des extrémistes non-représentatifs de la Flandre vraie (ce que je crois aussi dans une large mesure), je suis prêt à le publier ici en tant que note, parce que je crois que cela permettrait de redresser une image probablement faussée par mon inquiétude persistante et permanente sur la santé démocratique du monde politique (et non de la population) et de l'administration flamands.
Ecrit par : Marcel Sel | mardi, 15 septembre 2009
Quelques considérations en vrac :
Tout d’abord, cette affaire de crèche de l’ordre nouveau est une bénédiction pour tous ceux qui ont un intérêt plus ou moins évident à diaboliser la Flandre et les Flamands. Ceux là constituent désormais une sérieuse cohorte dont je suppose que je fais un peu partie moi aussi, puisque appeler de ses vœux la fin de la Belgique, c’est vouloir cesser cette cohabitation forcée avec les Flamands au sein d’un même état. Il est plus facile et plus rapide de montrer que les Flamands ne sont pas fréquentables avec des clichés choquants de crèche nazie, de plat préféré d’Adolf Hitler et d’Oostfronters non-repentis que de démonter par le menu les turpitudes de 179 ans de Belgique dominée dans les faits par les Flamands depuis le premier jour.
Ensuite, je ne suis vraiment pas persuadé que les Flamands sont profondément différents des autres Européens sur ces questions. Par contre, ils sont nettement plus décontractés et infiniment moins préoccupés par le politiquement correct qui s’y rattache. Il doit se trouver aussi beaucoup de Wallons, mais aussi de Français, d’Espagnols, de Suédois etc. qui sont en quelque sorte nostalgiques d’un passé plus simple et plus doux à vivre, qui sont scandalisés par les dérives auxquelles ils assistent tous les jours, ces petites incivilités, cette immigration débridée, ce communautarisme strident (surtout dans sa version coranique), … et qui ont souvent tendance à espérer en silence des solutions simplistes, brutales mais très gratifiantes au niveau des instincts les plus bas. Simplement, la deuxième guerre mondiale a laissé dans l’inconscient collectif des autres Européens une sorte de signal biochimique qui alerte le subconscient dès la détection de réactions qu’on peut caractériser comme associées à l’expérience nazie et qui réprime l’expression en ce sens. En Flandre, il semblerait que la deuxième guerre mondiale n’ait pas laissé ces marqueurs psychologiques, ou bien que le conditionnement social des générations d’après guerre maintenant totalement dominantes dans la société flamande en soient simplement dépourvues.
Il doit forcément y avoir un lien entre le nationalisme pointu qui sévit en Flandre et cette manie nazifiante dont nous nous faisons les choux gras, mais il est certainement très difficile de le quantifier et de l’expliciter.
Ecrit par : JPBWEB | mardi, 15 septembre 2009
@Rodenbach : vous avez parfaitement raison. On peut le dire autrement : comment, Lieven, concilier le droit à défendre le nazisme et l'interdiction du voile à l'école ? Le choix de porter ou non le voile n'est-il pas aussi un argument qui touche à la liberté d'expression ? Les gardiennes d'enfants et le personnel des crèches peut donc, si l'on vous suit, porter le voile et même prôner un islam ultra-salafiste qui défendrait, par exemple, le niqab ou la burka, puisque le seul juge est le parent ?
Ecrit par : Marcel Sel | mardi, 15 septembre 2009
C'est bien que le poste de votre blog est dans le positif, c'est bien! Mais sur le fond du sujet; je pense que je suis anti-fasciste, plutôt de gauche et pourtant je fais parti des 30% qui ne veulent pas mettre au chômage la gardienne nazi. (j'ai même voté!)
Parce que je ne veux répondre l'exclusion par l'exclusion. La peine de mort n'est pas la réponse aux meurtriers.
Il y a un côté pratique aussi! Qu'est ce que c'est qu'une nazi? Si elle enlève la photo et les autres accessoires, ont va lui faire un test de citoyenneté comment? Difficile non? Supposons tous les candidats et les électeurs VB plus ou moins nazi! On va mettre 15 à 20% de la population au chômage en flandre?
Je crois que dans les 30% il y a une grande majorité qui n'est pas"pro-nazi", mais qui considère l'écartement de la femme en question pas une bonne réponse!
En tout cas la question mérite débat!
Ecrit par : wanda | mardi, 15 septembre 2009
Wanda, et on laisse cette femme entamer l'air de rien l'endoctrination nazie des enfants qu'elle garde ?
Ecrit par : Franck Pastor | mardi, 15 septembre 2009
@Rodenbach
Je n'ai nulle part dit que les gens n'ont pas le droit de parler les langues qu'ils veulent en prive, de francais jusqu'a old church slavonic. Je soutient les efforts des Vilvoordes et autre Overijses de limiter le francais dans la sphere publique parce que partout ou il y a une minorite francophone, ca donne des demandes pour ce que l'administration public utilise le francais. Si on lit sur ce site que Mr Pastor estime que c'est le devoir de chaque Flamand d'acceuillir sa mere unilingue en Francais, les conclusions sont vite tirees.
Je ne suis pas d'accord avec votre point de vue qu'une creche est la sphere publique. Il s'agit ici d'un contrat entre les parents et la gardienne et ca n'engage de nulle part des tiers.
@Marcel
Vous obfuscez la difference entre une ecole et une garderie. Une ecole est une endroit public, finance par l'etat, ou tout le monde doit suivre le reglement. Or, si la reglement interdit la porte de tout 'hoofddeksel' (?) ca s'applique aussi aux moslimas. Et oui, pour une creche, si une gardienne ultra-salafiste tient une creche, c'est l'affaire des parents qui y envoyent leurs enfants.
Ecrit par : Lieven | mercredi, 16 septembre 2009
« Si on lit sur ce site que Mr Pastor estime que c'est le devoir de chaque Flamand d'acceuillir sa mere unilingue en Francais, les conclusions sont vite tirees. »
Vous aimez décidément interpréter à votre guise les dires des autres.
Rectification nécessaire, donc : c'est le devoir civique de n'importe quelle personne de bonne volonté d'en aider une autre d'aussi bonne volonté. Ma mère est française, réside en France à 800 km de la Belgique, ne parle que le français de par son éducation, et ne vient en Belgique (Bruxelles, puis Tournai) que pour me voir pendant quelques jours par an. Si en passant en Flandre, ou ailleurs, en Allemagne, en Italie, elle s'adresse à quelqu'un en français pour demander son chemin, ce n'est pour provoquer personne. Ça, vous avez du mal à l'admettre, on dirait. Elle essaie simplement de communiquer sa pensée aussi bien qu'elle le peut. Si l'interlocuteur ne comprend vraiment pas le français, elle ne sera absolument pas vexée, elle essaiera autre chose, un langage de signes par exemple. Mais si l'interlocuteur la comprend parfaitement et lui répond sciemment dans une autre langue, alors elle se sentira niée, provoquée et rejetée.
Peut-être que cette personne flamande a subi elle-même ce genre d'affront, face à des personnes qui méprisaient sa langue. Mais là, en réagissant face à ma mère ainsi, elle n'aura réussi qu'à lui transmettre ce genre d'affront. Ça s'appelle entrer dans un cercle vicieux. C'est si difficile que ça à comprendre, Lieven ?
Ecrit par : Franck Pastor | mercredi, 16 septembre 2009
@ franck,
vous avez tout à fait raison avec votre analyse.... malheureusement cela se passe très souvent en Belgique des deux côtés de la frontière linguistique..
à cela il faut ajouter que de plus en plus de flamands ne savent plus parler le français de manière convenable...
je dois aussi ajouter que beaucoup de francophones pensent encore que chaque flamand est bilingue et quand ils recontrent en Flandre un flamand qui ne leur repond pas en français, ils assument très souvent que c'est de la mauvaise volonté....
Ecrit par : des | mercredi, 16 septembre 2009
Des, vous avez également raison. Je précise qu'étant bien placé pour savoir les problèmes linguistiques du pays, j'ai depuis longtemps averti ma mère et mes proches en général qu'il fallait être prudent avec le français en Flandre, et ne pas considérer chaque Flamand comme parfait bilingue :-) Je précise également qu'elle-même n'a pour le moment jamais eu à se plaindre. Elle n'est allée que quelques fois en Flandre, et les gens qu'elles croisaient parlaient aussi français ou ne faisaient pas preuve d'agressivité dans le cas contraire. Je n'évoquais son cas (des Français monolingues, il y en a beaucoup plus que vous ne l'imaginez…) que pour illustrer une éventualité.
Mon père lui, oui, a eu un problème. Ce n'était pas en Flandre, mais à Bruxelles, donc on s'attend à ce que les gens y soient moins sourcilleux sur l'emploi des langues. Mais si. Arrivé à la gare du Midi, il demande son chemin à une dame, qui s'énerve et l'envoie balader en néerlandais d'un air agressif. Pas besoin de comprendre le néerlandais pour sentir qu'on se fait agresser verbalement… Donc mon père s'énerve aussi et lui précise qu'il arrive de Grenoble et n'a rien à voir avec ces €Ù@# de querelles linguistiques. Là, la dame consent à l'aider dans un français parfait sans l'ombre d'un accent… Le fait est cependant qu'une dame flamande s'est sentie agressée parce qu'on lui adressait la parole en français…
Il se trouve aussi des francophones pour réagir aussi bêtement lorsqu'on leur adresse la parole en néerlandais, j'en ai croisé aussi. Mais l'un dans l'autre, c'est tout aussi stupide, et il faut que cela cesse. Il faut que dans ce pays les gens abandonnent leurs complexes linguistiques !
Ecrit par : Franck Pastor | mercredi, 16 septembre 2009
@Des : Ik ben het ook helemaal eens met u :-))
Ecrit par : Marcel Sel | mercredi, 16 septembre 2009
Juste pour info, lu dans "Le Canard Enchaîné" un article sur ce sujet dans lequel votre blog est mentionné.
Cordialement
Ecrit par : Coin Coin | mercredi, 16 septembre 2009
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